Message pour « lecteur » : Euh… non… Tu pourras parler d'abandon quand j'aurais pas « updated » depuis plusieurs mois et que je ne répondrais pas aux messages privés. Enfin comme d'habitude je remarque que ce genre de message se fait toujours sous le couvert de l'anonymat alors qu'est ce que tu veux que je te dise ? Si dès que le délai de publication dépasse une semaine, cela te perturbe, ben écoute…ne lis plus. J'ai publié le dernier chapitre il y a 21 jours, ce n'est pas non plus un délai aberrant. J'essaie d'être régulière, ce n'est pas toujours possible pour diverses raisons, tout le monde semble le comprendre à une exception près… Après comme toujours, c'est ceux qui en fichent le moins qui se plaignent le plus mais bon… Et autre chose, si tu veux des réponses, il vaut mieux laisser un moyen de te joindre, sinon je ne vois pas l'utilité de poser des questions. Et pour information, je donne une explication à tous ceux qui se sont posé la question sur la publication, suffit de demander… Pour les autres, tous ceux qui comprennent qu'il y a une vie en dehors de ffnet, (c'est-à-dire 99% des lecteurs), merci de me lire et bonne lecture ! Et merci à Morphée pour son travail et pour m'avoir fait découvrir Google docs qui nous permet de travailler sur les chapitres ensemble et en direct. :) (commentaire de la bêta en question) et à Mistycal (courrez voir ses fics) qui a fait une ultime vérification d'orthographe. Enjoy
- Comment va ta famille ? Demanda Severus en posant un assortiment de légumes accompagnés d'une sauce au fromage blanc devant Evaelianne, blottie dans un fauteuil.
- Ils vont bien, répondit-elle laconiquement sans lever la tête de son livre.
Severus haussa un sourcil mais ne fit pas de commentaire. Il se servit un verre de vin blanc et se tourna à demi vers sa compagne.
- Veux-tu un verre de vin ?
Evaelianne hocha la tête, toujours sans mot dire. Severus soupira et servit un second verre avant de venir s'asseoir face à la jeune femme, devant laquelle il posa un verre plein. Elle marmonna un remerciement en le prenant, continuant sa lecture.
Severus la contempla quelques minutes avant de soupirer de nouveau.
- Me ferais-tu la tête ?
- Du tout… Je devrais ?
- Evi, il est évident que tu m'en veux. Pour quelle raison, je l'ignore…
Evaelianne se contenta de lui jeter un regard peu amène avant de replonger ostensiblement dans son livre. Severus se pencha en avant et lui enleva l'ouvrage des mains, lui arrachant un petit cri indigné.
- Je t'écoute, signifia-t-il en maintenant le livre hors de sa portée.
La jeune femme lui lança un regard furieux et croisa les bras.
- Si tu crois revenir dans mes bonnes grâces en me prenant pour une de tes élèves…
- Merlin m'en préserve, mais il est plus qu'évident que tu m'en veux et j'aimerais comprendre ce que j'ai fait… ou dit…
- Ou pas fait…
- Développe !
- Ta fille m'a écrit pour me remercier du cadeau que j'ai envoyé pour R.J en revenant du Canada. Je lui ai demandé si tout allait bien et elle m'a raconté deux ou trois petites choses que je n'ai pas franchement appréciées.
- Ma fille ferait bien de s'occuper de ce qui la regarde, marmonna Severus.
- Oh je t'en prie, j'aurais bien fini par le savoir, non ? Severus à quoi penses-tu bon sang !
- Evaelianne, je ne comprends rien. Qu'est-ce que ma gamine a bien pu dire qui te mette dans cet état ?
- Combien de temps ce pauvre gosse va-t-il rester dans l'expectative ? D'accord c'est vrai il a déconné, mais tu devrais être au dessus de ça !
Severus retint une grimace devant le langage employé par la jeune femme mais garda prudemment le silence. Evaelianne semblait contrariée et ce qu'elle disait n'était pas dénué de sens, même s'il n'avait aucune envie de l'admettre.
- Tu t'es toujours occupé de ce gamin et, de ton propre aveu, tu as toujours été indulgent avec lui. Ce n'est pas maintenant que tu dois te montrer aussi dur avec lui ! Pas maintenant où il doit faire un choix ! S'il ne sent aucun soutien de ta part, s'il se rend rejeté par notre camp, qu'est-ce qui l'empêchera d'aller chercher ce soutien auprès de ton ex-femme ?
Severus retint une grimace, se retenant de justesse de préciser que Bellatrix et lui n'avaient jamais été mariés. Il n'était pas sûr qu'Evaelianne prenne bien cette précision. Il s'aperçut soudain que la jeune femme s'était tue et attendait visiblement sa réaction.
- Tu as raison, soupira-t-il, je devrais être au dessus de tout ça, je ne devrais pas continuer à lui en vouloir pour ses actes, d'autant plus qu'il a été puni de manière particulièrement sévère par le directeur, et, si l'on considère que c'est cette action qui l'a conduit à affronter la colère de son père, la punition a été plus que suffisante…
- Mais ? L'encouragea sa compagne, le voyant hésiter.
- Je ne voudrais pas qu'Harry prenne ma décision d'accueillir Draco chez nous comme un nouveau rejet de ma part…
- Attends… Arrête-moi si je me trompe mais ce n'est pas lui qui a proposé cette solution ?
- Oui, mais Harry…c'est le stéréotype du parfait Gryffondor, le cœur en bandoulière et ne réfléchissant qu'après coup. C'est évident que la détresse de Draco l'a interpellée mais il n'a sans doute pas pensé au fait qu'il allait devoir partager sa maison et sa salle de bain avec lui pendant des semaines, des mois ou même des années. Tant que le seigneur des ténèbres est en vie, aucun d'eux ne pourra espérer voler de ses propres ailes. Ce sera trop dangereux.
- La guerre ne durera pas éternellement, enfin j'espère en tout cas. Mais je pense que pour le moment le plus sage serait de parler avec ton fils de la situation. De toute façon, tu ne dois pas avoir enfin une conversation à cœur ouvert avec lui ? Tu sais, La conversation, celle dont tu me parles depuis septembre ?
Severus lui jeta un regard noir auquel elle répondit par un sourire moqueur en trempant ses lèvres dans son verre de vin, tout en replongeant dans son livre. Sans lever les yeux de l'ouvrage, elle posa le verre sur la table basse et tendit la main vers lui. Il soupira et répondit à l'invite sans se faire prier, la serrant contre lui. Bientôt, se promit-il, très bientôt, il aurait cette fameuse discussion avec son fils et tout pourrait enfin rentrer dans l'ordre.
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Le dimanche matin, Severus reprit la route de Poudlard après avoir accompagné Evaelianne aux trois balais. Il entra dans ses appartements, l'esprit ailleurs, repassant dans sa tête les différents points qu'il espérait pouvoir aborder avec Harry dans la journée, et se dirigea vers sa chambre avant de s'immobiliser, l'oreille aux aguets.
Après quelques secondes d'écoute attentive, il entendit un faible sanglot provenant de la chambre de Dementia. Faisant immédiatement demi-tour, il toqua à la porte de la jeune femme et, n'obtenant aucune réponse, entra dans la pièce plongée dans la pénombre.
La première chose qu'il vit fut Demi, recroquevillée sur son lit, portant une chemise d'homme et secouée de sanglots.
S'approchant d'elle, il pu constater que la jeune femme serrait contre elle un R.J enveloppé dans le même genre de vêtement, tirant à pleines mains sur les cheveux de sa mère, dans le vain espoir de la sortir de son immobilisme.
-Demi ? Qu'est-ce qu'il y a ?
Elle ne répondit pas, enfouissant son visage dans la chemise dont elle avait recouvert son fils pour étouffer ses larmes et Severus soupira. La question était inutile, il savait fort bien ce qui arrivait à sa fille : Elle venait de prendre brutalement contact avec la réalité.
Était-ce l'approche de la St Valentin ? Ou son anniversaire qui approchait ? Ou encore l'anniversaire de son fils ?
Toujours était-il que Dementia n'avait pas fait le deuil de Black et qu'il s'attendait chaque jour à la voir sombrer. Juste après la mort du cabot, elle avait été soumise à un puissant sortilège puis à une potion qui avait anesthésié la douleur ; puis quand elle avait pu se libérer de cette emprise, toutes ses pensées avaient été tournées vers l'échafaudage de plans d'évasions. Enfin, revenue à Poudlard elle avait plongée dans l'angoisse quant à la santé de son fils… À présent qu'R.J était hors de danger et qu'elle était en sûreté, la mort de Black lui revenait en pleine figure, violemment, brutalement… et elle ne pouvait qu'être dévastée.
- Dementia, insista-t-il en prenant place au bord du lit, tu veux prendre un tasse de thé dans le salon ? Il faudrait que tu te lèves un peu…
La jeune femme se contenta de secouer la tête sans répondre. Jugeant qu'elle avait besoin d'un peu de temps, il lui caressa furtivement les cheveux avant de sortir de la pièce, fermant la porte derrière lui.
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- Dementia, annonça fermement Severus en entrant dans la pièce toujours plongée dans le noir, aujourd'hui tu sors !
- Je suis sortie ce matin, murmura la jeune femme en tirant la couverture par-dessus sa tête.
- Tu es allée prendre une douche avant de renfiler cette chemise immonde !
- Elle n'est pas immonde !
- Uniquement parce qu'Alima la nettoie magiquement pendant que tu te laves ! Mais ce n'est pas le propos ! Tu ne peux pas continuer à rester enfermée ici ! Depuis combien de temps est ce que tu laisses Alima s'occuper de laver, nourrir et faire faire une promenade à ton fils avant qu'elle ne te le ramène dans ce lit ?
- Laisse-moi tranquille, cria Demi depuis le fond de son lit, la voix éraillée par les larmes, tu n'as pas un Gryffondor quelconque à torturer ? Alima !
La petite elfe se matérialisa devant Severus en se tordant les oreilles.
- Alima doit faire sortir monsieur. Alima est désolée.
Severus soupira et fit signe à l'elfe de le suivre à l'extérieur.
- Alima, demanda-t-il dès qu'il fut hors de portée des oreilles de sa fille, ça ne peut plus durer, je ne sais plus quoi faire. Elle n'ira pas mieux si elle ne sort pas de sa chambre. Je sais qu'elle est malheureuse mais elle ne peut pas continuer à pleurer ainsi toute la journée. Est-ce qu'elle s'alimente au moins ?
- Alima prend soin de sa maîtresse, assura la petite créature. Et quand Alima dort, Winky vient l'aider à surveiller sa maîtresse puisque le maître de Winky n'a pas besoin d'elle à Poudlard.
- C'est bien que tu aies de l'aide mais tu ne peux pas faire grand-chose pour la sortir de son marasme : si elle t'ordonne de la laisser, tu es contrainte de lui obéir… or elle a besoin de quelqu'un qui ne l'écoute pas. Pour son bien. Malheureusement je n'ai jamais su m'y prendre avec elle. Peut-être devrais-je contacter Isabella et lui demander de venir, mais je pense que Dementia le prendrait mal.
- Alima a une idée…
- Dis-moi.
- Alima connaît la seule personne qui peut parler à la maîtresse. Alima connaît celle qui pourra aider la maîtresse même si la maîtresse ne le veut pas.
- Dis-moi, répéta patiemment Severus.C'est pour le bien de ta maîtresse.
- Miss Zoé, murmura l'elfe avant de pousser un petit cri plaintif et de disparaître brusquement, sans doute pour retourner au chevet de sa chère Maîtresse Demi.
Severus considéra un instant l'idée que venait de lui soumettre Alima et dû convenir que c'était là la solution la plus raisonnable. Il s'installa à son bureau et sortit un parchemin vierge.
« Miss Finebois,
Bien que nous ne nous soyons pas revus depuis votre remise de diplôme à l'académie Beaubatton, je crois savoir que ma fille et vous êtes restées très amies.
Je vous écris en dernier recours car j'imagine bien que votre occupation professionnelle réclame tout votre temps mais j'avoue avoir épuisé toutes mes ressources.
Depuis la mort de Sirius Black, les évènements se sont enchaînés avec une telle frénésie que Dementia n'a pas eu la possibilité de faire son deuil. Or il semblerait que la réalité l'ait rattrapée avec une violence peu commune. Je ne sais si c'est l'approche de son anniversaire, de l'anniversaire de R.J ou de la St Valentin mais toujours est-il que Demi n'a pas quitté son lit depuis plus de 5 jours et qu'elle ne cesse de pleurer, enveloppée dans une chemise de cet individu.
J'avais envisagé de contacter sa mère nourricière mais Alima m'a convaincu de vous contacter vous, arguant que vous aviez toujours eu une grande influence sur ma fille.
Je vous serais gré de bien vouloir venir quelques jours à Poudlard afin d'essayer de redonner l'envie de vivre à ma fille.
Dans l'attente d'une réponse que j'espère positive, veuillez recevoir mes meilleurs souvenirs.
Severus Rogue.»
Le professeur de potion monta à la volière et appela d'un sifflement bref son hibou qui vint se poser majestueusement sur le perchoir le plus proche. Il lui attacha le parchemin roulé à la patte et lui ordonna :
- Porte ceci à Miss Zoé Finebois, en France. Je suis sûr que tu connais l'adresse exacte.
Le volatile poussa un cri qui pouvait passer pour un oui et s'en fut à tire d'aile vers le continent.
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- Il va falloir qu'on s'organise des tours de rôle dans cette salle, bougonna Harry.
- Désolé, soupira Ron, je n'ai pas pensé que tu voudrais toi aussi passer la soirée dans la salle sur demande. Il y a certaines choses concernant ma petite sœur que j'ai tendance à occulter.
- Ah non, hein, protesta celui-qui-avait-survécut-et-n'était-pas-sûr-de-survivre-à-la-colère-de-sa-petite-amie, ne me fait pas le coup du grand frère ! Dis-moi plutôt que tu voulais être sûr d'avoir la paix pour… euh… ben pour faire ce que tu fais avec Hermione quand je ne suis surtout pas là pour le voir…termina-t-il piteusement en rougissant.
- Je suis sûr que tu peux trouver un autre endroit pour passer la soirée avec Ginny, insista Ron s'attirant un regard noir.
- Oui et bien si je ne trouve pas, je ne mourrais pas seul, je te préviens ! Tu me suivras dans la tombe quand ta sœur saura que c'est à cause de toi qu'elle n'a pas eu sa soirée en tête à tête !
Ron soupira théâtralement. Il n'était en fait pas plus contrarié que cela d'avoir soufflé la salle sur demande à son ami. Non pas qu'il voulait à tout prix empêcher Ginny et Harry de se retrouver, il avait accepté l'idée de leur couple depuis longtemps. Mais il espérait faire un sans faute et ainsi prouver à Hermione qu'il n'était pas qu'un adolescent poussé par les hormones. Et puis… Harry finirait bien par trouver une solution, non ?
Il ouvrait la bouche pour proférer de nouvelles excuses dénuées de sincérité quand on frappa à la porte. « Sauvé par le gong » se dit-il en se levant pour aller ouvrir.
- Monsieur Weasley, salua sobrement Severus en entrant dans la salle commune. Harry, ajouta-t-il à l'attention de l'adolescent qui s'était redressé dans son fauteuil, on peut discuter ?
- Demi va mieux ? Demanda Harry en se levant vivement.
- Pas vraiment, mais son amie Zoé va venir voir si elle peut l'aider. Mais je voudrais te voir pour tout autre chose. Mon bureau te convient-il ? Ou préfères-tu discuter en marchant ?
- On peut aller vers le lac, avança l'adolescent avec hésitation, pas certain d'avoir la bonne réponse.
- Si tu veux, acquiesça Severus,va chercher ta cape, je t'attends dans le couloir.
Dès que le portrait se fut refermé sur le professeur de potion, Harry et Ron échangèrent un regard perplexe.
- Je ne sais pas de quoi il veut te parler, mais il a l'air calme, c'est plutôt bon signe, finit par dire le rouquin.
-Ce qui est bon signe, répliqua Harry, c'est qu'il accepte de me parler dehors, là où il y aura plein de monde.
Sur ces paroles, il monta en courant à son dortoir chercher sa cape, peu désireux de contrarier l'homme en le faisant attendre anormalement longtemps.
Quelques minutes plus tard il s'éloignait en compagnie de son père en direction du lac. Celui-ci garda le silence un long moment, et ils étaient presque arrivés de l'autre côté du lac lorsque Severus se décida à parler.
- Il y a longtemps que toi et moi devons avoir une conversation, commença-t-il maladroitement.
- C'est à cause de cet été ? Demanda prudemment Harry.
- Non, enfin oui ça en fait partie. Mais ce n'est qu'un aspect du problème. Il y a beaucoup de points qui nécessitent une discussion : ton départ au square, la magie noire, Draco…
- Je suis…
- Non, laisse-moi parler.
Harry haussa les sourcils, surpris, et hocha la tête en silence. Severus s'assit sur un banc de pierre et fit signe à Harry de le rejoindre. Après une hésitation, réalisant qu'ils s'étaient éloignés des élèves flânant dans le parc, l'adolescent se résigna à obéir.
- Harry… je suis profondément désolé pour tout ce qu'il s'est passé l'année dernière, soupira Severus, ne sachant pas comment commencer la conversation autrement.
- Vous êtes désolé… murmura Harry d'un ton incrédule.
- Oui, je ne sais si cela suffira mais je le suis. Je sais que tu conserves une certaine crainte à mon encontre et j'aimerais la faire disparaître, mais je ne sais pas comment m'y prendre. Mais j'espère que le temps suffira à te montrer ma bonne foi et à te convaincre que je ne te ferai plus de mal. Tu es adulte Harry, à la fin de l'année tu pourras prendre tes affaires et ne plus jamais me revoir si tu le souhaites mais j'espère vraiment que tu me donneras une chance d'être ton père. Un meilleur père que je n'ai été jusqu'à présent.
Harry, abasourdi, ne put que hocher une nouvelle fois la tête, ne sachant quoi répondre. Il n'avait jamais imaginé réellement couper les ponts avec Rogue, il s'était plus imaginé devoir assister à quelques repas de famille où lui et son père se regarderaient en chiens de faïence au désespoir de Dementia. Il n'avait pas pensé une seconde que celui-ci puisse vouloir rétablir de bonnes relations entre eux. Il n'était pas sûr de le pouvoir. Mais il n'avait pas non plus envie de rejeter l'homme alors que, pour une fois, il faisait un pas vers lui.
- Concernant Draco, reprit Severus d'un ton calme, je voudrais bien évidemment lui offrir un foyer mais je ne voudrais pas que tu prennes cela comme un rejet de ma part te concernant.
- Comment ça, demanda Harry d'un air perdu, c'est moi qui ai eu l'idée…
- Oui mais je crains que ton impulsivité ne t'ai conduit à faire une offre que tu regrettes peut-être déjà. Draco t'a causé du tort et…
- Il était désespéré, le coupa Harry. Il savait que son père était fou de rage contre lui et il cherchait un moyen de se racheter. Il n'a pas réfléchi. Il s'est même excusé, mentit-il.
Severus haussa un sourcil sceptique mais ne releva pas, se contentant d'enchaîner.
- Donc tu ne verras aucun inconvénient à ce que Draco emménage au manoir, tu en es sûr ? Ne te sens pas obligé de dire oui, il y a bien d'autres solutions envisageables.
- Je sais mais non, si Draco est d'accord, je pense que ça serait bien qu'il vive au manoir.
- Et toi ? As-tu l'intention de revenir ? Ou vas-tu rester au square ?
Harry se sentit rougir. Lui qui croyait berner Rogue se rendait compte que ce dernier n'avait pas été dupe un seul instant.
- Je ne sais pas.
- Quelque soit ta décision, je la respecterai. Et la porte du manoir te sera toujours ouverte, ta chambre sera toujours la tienne, même si tu ne vis plus là de manière permanente.
- Merci, murmura l'adolescent, ne sachant que dire d'autre.
- Concernant la magie noire, reprit l'homme après quelques secondes de silence, je suppose que tu as continué à t'entraîner.
- Euh oui, en effet, murmura Harry, incertain de la réaction de son père.
- Je t'ai déjà donné mon point de vue sur la question, je n'ai rien contre le fait que tu apprennes à t'en servir si tu prends toutes les précautions utiles. Tu penses à ta méditation ? Tu n'as rien ressenti de bizarre, de désagréable depuis que tu pratiques ? Pas de tiraillement dans le corps lorsque tu cesses de t'entraîner pendant un certain temps ?
- Non, non rien de tout cela. Je médite avant et après et je lance mon patronus si je me suis entraîné plus d'une demi-heure.
- C'est parfait. Harry j'insiste sur le fait que tu ne dois pas hésiter à venir me trouver en cas de problème quel qu'il soit et particulièrement concernant cette pratique.
L'adolescent acquiesça sans répondre et Severus reprit le chemin du château, estimant que la conversation avait porté ses fruits et qu'il était inutile de risquer de braquer Harry en la poussant plus avant.
Après avoir parcouru quelques mètres, il s'arrêta et se tourna vers l'adolescent.
- Et… Harry… Une dernière chose : Tu es toujours mon fils. Draco ne sera en aucun cas un fils de remplacement, que j'aurais choisi de mon plein gré… Je l'accueille uniquement parce que je suis en capacité de le protéger. Je voulais être sûr que tu en sois bien conscient.
- D'accord… Souffla Harry.
Ils reprirent leur route en silence, chacun se repassant la conversation intérieurement. Arrivé devant les portes du château, Severus se tourna vers Harry.
- À propos, j'ai cru comprendre que Monsieur Weasley t'as soufflé la salle sur demande sous le nez pour la St Valentin.
Harry écarquilla de grands yeux, se demandant comment son père pouvait savoir une chose pareille. Celui-ci eut un sourire moqueur.
- J'ai croisé Miss Granger qui discutait de la chose avec Miss Padma Patil. Toujours est-il que mes appartements seront vides. Ta sœur refusera sans aucun doute de sortir de sa chambre et je passerai moi-même la soirée avec Evaelianne. Tu peux donc, si tu le désires, y inviter Miss Weasley. Draco sera retourné dans sa chambre.
- Ah… euh… oui ça serait bien… Merci.
Severus hocha la tête et tourna les talons pour rejoindre ses appartements et annoncer à Draco qu'il viendrait au manoir à la fin de l'année scolaire.
Harry le regarda s'éloigner quelques secondes avant de détaler dans les étages à la recherche de Ginny.
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Le soir de la St Valentin, attendu par les unes, redouté par les autres arriva enfin. Partout dans le château, et malgré la désapprobation évidente de Minerva, Albus avait ouvert des salles d'étude pour aménager une cinquantaine d'alcôves, permettant aux élèves à partir de la 4ème année de se retrouver en tête à tête. Les plus jeunes prendraient leur repas dans la grande salle où, exceptionnellement, ils n'auraient pas à s'asseoir selon les maisons, les quatre grandes tables ayant été remplacées par des tables plus petites, leur permettant de se regrouper selon les affinités. Peu de professeurs étaient absents : le professeur Vector avait rejoint son mari au restaurant, promettant toutefois à Albus de venir assurer la surveillance en deuxième partie de soirée. Les professeurs Lupin et Rogue avaient prévenus qu'il ne faudrait pas compter sur eux avant le lendemain et enfin le professeur Bibine avait prévenu qu'elle ne serait présente que jusqu'à 20h, son ami finissant de travailler assez tard. Albus avait également prit la décision de repousser le couvre feu des quatre dernières années à minuit, tandis que les plus jeunes pourrait bénéficier d'une heure supplémentaire.
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Pansy entra dans la chambre de Draco et regarda autour d'elle. Des dizaines de chandelles rendaient l'endroit un peu moins sinistre et un guéridon faisait office de table. Elle fit un sourire chaleureux à l'adolescent qui haussa les épaules d'un air désabusé.
- Je sais que je t'ai habitué à mieux, soupira-t-il, mais…
- C'est très bien ainsi, le coupa-t-elle avant de froncer les sourcils. Ce n'est pas l'elfe de Potter là ?
Draco tourna les yeux vers Winky, gracieusement prêtée par Harry. Il ne s'était pas attendu à ce que Pansy la reconnaisse. Comme Dobby avait offert de s'occuper d'Harry ce soir, il avait accepté avec joie l'aide de la petite créature. Pansy étudia quelques minutes l'air embarrassé de Draco avant de secouer la tête.
- Merlin, j'espère que tu sais ce que tu fais Draco…
- Qu'est-ce que tu veux dire par là ?
- Tu n'a pas l'intention de retourner auprès du Maitre, n'est-ce pas ?
L'adolescent garda le silence. Merlin, Severus allait le tuer. Il organisait un diner clandestin dans sa chambre et il se faisait griller moins d'une semaine après avoir écrit à sa tante pour l'assurer de sa fidélité.
- Ne t'inquiète pas, reprit la jeune fille, le sortant de ses pensées, je n'aimais pas l'idée que tu t'engages. Je n'ai rien dis parce que j'avais peur que ça arrive aux oreilles de mon père… Mais si tu as trouvé un moyen sûr d'échapper à tout ça… tant mieux…
Draco respira, soulagé. Il avait toujours cru que Pansy adhérait aux idées de ses parents et l'idée de la perdre avait été douloureuse. Il réalisait que l'adolescente s'était contentée de ne pas faire de vague, vivant pleinement sa jeunesse sans se préoccuper de ce qu'il adviendrait plus tard. Les filles étaient en général moins sollicitées que les garçons sur le sujet de l'engagement et il était peu probable que sa fidélité soit remise en cause, du moins pas avant la fin de l'année.
- Tu partirais avec moi ? demanda-t-il spontanément.
- Tu crois que ça serait possible ?
- Je me renseignerai… Et maintenant passons à une partie plus agréable de la soirée, sourit-il en faisant signe à Winky de leur servir à boire.
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- Tu as l'air bien détendu ce soir, ronronna Evaelianne en se lovant contre Severus, un apéritif à la main.
- Et bien sans parler de ta compagnie, j'ai parlé avec Harry comme tu me l'as…
- Conseillé ?
- Si tu veux… conseillé. Et ça s'est bien passé. Tu seras aussi contente d'apprendre que j'ai informé Draco qu'à la fin de l'année il pourra venir vivre au manoir.
- J'en suis ravie Severus !
Elle l'embrassa tendrement et se leva, le tirant à sa suite.
- Viens passons à table, je meurs littéralement de faim et je crois que Baker s'est surpassé, ça sent divinement bon !
- Tu ne penses donc qu'à ça, se moqua Severus.
- Non, pas qu'à ça, rétorqua Evi avec un clin d'œil coquin, faisant sourire l'ancien mangemort.
Pendant que Baker s'affairait autour d'eux pour servir la rosace de saumon fumé qu'il avait préparé, Severus s'éclaircit la voix et, prenant la main d'Evaelianne, se pencha vers elle.
- En parlant d'emménager au manoir…
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- Je n'arrive pas à croire que le professeur Rogue nous ait laissé ses appartements, murmura Ginny en regardant autour d'elle.
- Oui c'était inattendu, sourit Harry en la serrant dans ses bras. Bon bien sûr Demi, le bébé et son amie Zoé sont à côté, mais j'ai vu ladite Zoé tout à l'heure et elle m'a dit qu'elle mettait un charme d'isolation sur la chambre et que nous serions tranquilles.
- C'est tout simplement parfait, sourit l'adolescente en s'approchant de la table mise pour l'occasion au milieu de la pièce.
Dobby s'avança alors en s'inclinant à maintes reprises et posa sur la table basse un plateau contenant des bouchées apéritives et deux verres d'un cocktail sans alcool.
- Dobby ? S'étonna la rouquine. Tu as deux elfes à toi et c'est Dobby qui s'occupe de tout ça ce soir ?
- J'ai demandé à Kreattur de s'occuper de Remus et Tonks, quant à Winky… je lui ai demandé de s'occuper de Malefoy… ajouta-t-il d'une petite voix, n'étant pas certain de la réaction de sa petite amie.
Ginny resta silencieuse quelques secondes avant de prendre le visage d'Harry en coupe dans ses mains.
- Tu as un cœur d'or, souffla-t-elle avant de l'embrasser.
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- Merlin, Ron, s'exclama Hermione en pénétrant dans la salle sur demande, c'est magnifique ! Tu as fait ça tout seul ?
- Oui, presque, répondit le rouquin. Je savais que tu ne voudrais pas qu'on accapare un elfe ce soir alors je suis allé les voir plus tôt dans la soirée pour prendre notre repas et j'y ai placé un sort de stase. Puis j'ai demandé au professeur Chourave de m'aider à transformer des lochifères ailées en roses jaunes, je sais que ce sont tes préférées. J'avoue que Dobby est venu m'aider à décorer la salle cet après-midi.
Hermione se tourna vers le rouquin, les yeux brillants étrangement et, sans crier gare, se jeta dans ses bras pour l'embrasser passionnément.
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- Voilà, tu es beaucoup plus jolie avec cette robe, magnifique je dois dire, et pas seulement parce que c'est moi qui l'ai créée.
Dementia jeta un regard peu amène à son amie avant de lorgner vers son lit qui semblait lui tendre les bras.
- Non, siffla Zoé en interceptant le regard de la brune, pas question, tu restes debout et nous allons fêter ensemble l'anniversaire de ton fils !
Demi eut un hoquet étranglé et une larme coula sur sa joue.
- Merlin j'avais oublié ! J'ai oublié l'anniversaire de mon bébé !
- Ne t'inquiète pas, la rassura Zoé, super marraine a tout prévu, j'ai des cadeaux en pagaille et Alima va apporter un bon repas et un gâteau. On doit juste rester ici parce que le môme roucoule avec sa chérie à côté !
Cette information arracha un sourire triste à Dementia qui se laissa tomber dans un fauteuil, regardant distraitement la rouquine jouer avec son fils. Le premier anniversaire de R.J aurait dû être un moment de pur bonheur. Il aurait dû y avoir Harry et ses amis, Draco, Zoé et son frère, son père et Evaelianne également, Sirius aurait lancé R.J en l'air et Severus aurait marmonné que ce cabot ne grandirait jamais, et Demi aurait passé la soirée à crier des « papa ! » et des « Sirius ! » indignés alors même qu'elle aurait été amusée de leurs chamailleries incessantes. Puis elle aurait couché l'enfant de bonne heure et chaque couple serait parti de son côté fêter la St Valentin. Sirius et elle auraient jeté un œil dans le berceau de leur fils endormi avant de s'embrasser tendrement.
Elle éclata soudain en sanglots et dans la seconde qui suivit, Zoé la serrait dans ses bras.
- Il est là, l'assura-t-elle en l'embrassant sur la joue, il a rejoint sa constellation et de là-haut il veille sur toi et sur votre bébé. Il ne voudrait pas que tu te vides de tes larmes !
- Et qu'est-ce que je peux faire d'autre ? gémit Dementia.
- T'occuper de ton fils. Reprendre ta thèse. Vivre…
