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CHAPITRE QUINZE
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- C'était de ma faute, dit Rogue alors qu'ils marchaient tous les deux, côte à côte en direction d'une auberge perchée sur une falaise surplombant l'océan. J'ai été assez stupide pour ne pas alimenter la barrière autour de nous pendant notre sommeil. Il a dû s'épuiser durant la nuit.
- C'est aussi de ma faute, répondit Hermione. J'aurais dû y penser mais j'étais trop décontractée. Être au milieu d'une forêt semblait être un endroit sûr. On dirait que j'avais faux, souffla-t-elle.
- Une idée sur comment ils ont réussi à nous trouver ?
- Peut-être le vendeur, suggéra Hermione. Peut-être qu'il a eu des soupçons me concernant et qu'il a averti les Aurors. J'ai peut-être été trop flagrante.
Hermione se rappela à quel point elle était en colère quand le vendeur lui avait dit qu'il croyait bien que Zeth allait finir par la capturer.
- Rappelez-moi de ne plus vous envoyer seule nulle part désormais.
- Ça ne se reproduira plus, répondit Hermione. Comme je l'ai dit, j'ai juste été un peu trop confiance. C'est tout.
- Cela aurait pu nous coûter la vie à tous les deux, grogna Rogue en retour. Si vos marmonnements dans votre sommeil ne m'avaient pas réveillé, nous serions entre les mains du Ministère actuellement.
- Mes marmonnements ? demanda Hermione, lui jetant un regard.
- Vous parliez dans votre sommeil. Encore un de ces rêves-visions ?
Il baissa les yeux vers elle et elle détourna le regard, droit devant elle.
- Oui, répondit-elle. Voldemort est revenu me voir.
- Quelque chose en particulier que je devrais savoir ?
Hermione se remémora sa conversation avec le Lord, essayant de se rappeler quelque chose qui sortirait de l'ordinaire.
- Il n'arrêtait pas de me demander où je me trouvais.
- Où vous vous trouviez ? demanda Rogue en s'arrêtant de marcher.
Hermione hocha la tête.
- Plusieurs fois, oui. D'abord tranquillement, mais plus j'hésitais à lui répondre, puis il s'énervait.
- A-t-il dit autre chose ?
- Eh bien… On a discuté à propos de certains choses… personnelles. Il a mentionné quelque chose sur le fait de ne pas être avec moi physiquement mais par l'esprit.
Hermione plissa le nez.
- Une chose étrange aussi… Vous êtes préoccupé par ces rêves, dit-elle en le regardant.
- Bien sûr ! se moqua-t-il. Ce n'est pas tous les jours que quelqu'un a des visions du Seigneur des Ténèbres.
- Ce ne sont que des rêves, rectifia Hermione. Il ne se montre que lorsque je suis endormie ou très fatiguée.
- Quand vous êtes le plus vulnérable, répondit Rogue sans la regarder.
Elle fronça les sourcils à son adresse. Il se remit alors à marcher et elle lui emboîta le pas.
- Je n'ai rencontré qu'une seule personne comme vous qui pouvait rêver du Lord, et c'était pour de dangereuses raisons.
Hermione sentit le froid l'envahir et elle murmura :
- Harry Potter.
Elle vit Rogue opiner et la regarder du coin de l'œil.
- Les rêves de Potter lui étaient envoyés par le Lord en personne afin de lui faire voir ce qu'il voulait qu'il voit… lui mentir, dit Hermione.
Des papillons dansaient dans le ventre d'Hermione.
- Vous pensez que Voldemort m'envoie ces rêves ?
- Non. C'est impossible… Le Seigneur des Ténèbres ne se rappelle de rien…
- Je sais, souffla la jeune femme.
- Cependant, quelqu'un pourrait vous envoyer ces rêves, quelqu'un qui serait contre vous, dans le but d'entrer dans votre tête. Vous l'avez dit vous-même : Le Lord vous a demandé où vous vous trouviez. Quelqu'un aurait très bien pu vous trouver de cette manière, afin de faire cesser votre course.
Le cœur d'Hermione manqua un battement. Elle éprouvait de la colère à se sentir utilisée. Un étranger quelque part dans le monde, tentait d'entrer dans sa tête. De plus, elle détestait le fait d'abandonner l'idée que Voldemort n'ait rien à voir avec ses rêves-visions. Il semblait tellement réel ! C'était très difficile de croire qu'il n'était que le fruit de l'amusement de quelqu'un d'autre…
Rogue et Hermione furent en vue de l'auberge peu de temps après. C'était un petit bâtiment qui semblait avoir plusieurs siècles avec sa peinture écaillée par le vent salé de l'océan. La seule source de lumière provenait d'une lampe à pétrole, suspendue à l'entrée.
Sans frapper, Rogue entra, suivit par Hermione. Elle avait hâte de quitter le froid et de profiter de la chaleur d'un bon feu et d'un lit douillet.
De petites tables étaient disposées tout autour du rez-de-chaussée, avec toutes ces petites chandelles qui lui donnaient une ambiance éthérée. Comme aucune des tables n'étaient occupées, Rogue et Hermione semblaient être les seuls clients.
Le tavernier, un homme d'âge mur, se tenait derrière le bar, la tête entre les bras, assoupi. Rogue se rendit jusqu'à lui, mais l'homme ne se réveilla pas. Hermione tira alors sur les robes de Rogue et il lui jeta un regard. Elle indiqua une petite cloche de service argentée. Rogue abattit alors sa paume dessus, plus brutalement que nécessaire, et la cloche résonna à travers la pièce aussi bruyamment qu'un coup de feu. Le tavernier bondit aussitôt avant de trébucher.
- Une chambre, dit Rogue, regarda l'homme avec impatience.
Hermione tira de nouveau sur ses robes et il la regarda lever deux doigts. Il secoua la tête.
- Pas deux, je n'ai pas assez d'argent.
Il ignora les marmonnements d'Hermione, et soupira pour le tavernier qui se remettait sur ses pieds.
L'homme lui jeta un regard plein de reproches. Ses yeux se posèrent ensuite sur Hermione, la regardant de haut en bas, puis il reporta son regard sur Rogue avec dégoût.
- Dix Mornilles la nuit, dit-il sournoisement. Un Gallion de plus pour le repas et…
Il regarda les cheveux ébouriffés d'Hermione et ses joues rougies.
- Une Mornille supplémentaire pour que vous ne soyez pas dérangés.
Hermione comprit aussitôt pour l'homme semblait dégoûté par Rogue, et elle décida d'intervenir.
- Excusez-moi, je ne suis pas…
- On ne restera pas longtemps, la coupa Rogue en lui jetant un regard dur.
Il claqua deux Gallions sur le bar devant le tavernier.
- Nous acceptons l'assurance de ne pas être dérangés.
Hermione devint aussitôt rouge vif. Le regard que lui jeta le tavernier lui donna aussitôt envie de disparaître entre les planches du sol.
- Par ici, dit alors l'homme en les précédent jusqu'à des escaliers.
Hermione suivit Rogue, furieuse. Ils furent installés dans la première chambre, juste à gauche au sommet des escaliers. Le tavernier tendit les clefs à Rogue et se détourna.
- Appréciez votre nuit, grinça-t-il en s'éloignant.
Hermione se mordit la lèvre d'exaspération, humiliée. Rogue ouvrit alors la porte et entra. La première chose qu'Hermione remarqua fut une grande fenêtre qui donnait sur l'océan. Juste à côté de la fenêtre, il y avait un lit qui semblait très confortable, recouvert d'un boutis.
Il n'y a qu'un seul lit…
Hermione rigola doucement sur le ridicule de la situation, elle se tourna vers Rogue comme il fermait la porte.
- J'espère que vous aimez dormir sur le sol, dit-elle en grimaçant un sourire qui se fana aussitôt comme Rogue restait stoïque. Je plaisante… Je suppose.
- J'espère que ça ne vous dérange pas.
Hermione agita la main.
- C'est bon. J'ai l'habitude de partager…
- Non, je veux dire, dormir sur le sol.
- Quoi ?
Hermione fronça les sourcils à son intention.
- J'espère que ça ne vous dérange pas de dormir sur le sol.
Hermione sentit sa bouche s'ouvrir toute seule.
Il est sérieux ? se demanda-t-elle.
Après quelques secondes d'un silence gênant, Rogue esquissa un sourire, ou une grimace.
- Je deviens drôle.
- Oh ! Vous avez tenté d'être drôle… C'était… bizarre.
Rogue baissa le regard en déposant ses affaires sur le sol. Tandis qu'ils déballaient leurs maigres possessions, Rogue reprit la parole.
- Revenons-en à notre conversation sur vos visions.
- Rêves.
- Oui. J'ai, comme je le disais, aidé Potter à contrôler ses rêves dans le but de fermer son esprit pour l'empêcher d'être envahi. Ça s'appelle l'Occlumancie. Je peux vous apprendre à contrôler votre esprit quand il est le plus vulnérable. Vous serez alors en mesure de vous débarrasser du Lord, de cette man…
- Non ! s'exclama Hermione, lui faisant face.
Elle se surprit elle-même par sa réaction. Rogue se figea. Ses yeux la regardèrent frénétiquement, confus. Hermione chercha aussitôt une excuse.
- Ces rêves pourraient être très précieux. Ils pourraient nous aider. Le Lord m'a parlé des Mangemorts en train de se rassembler. Il pourrait en dire plus encore.
- Néanmoins, si quelqu'un vous envoie ces rêves, comme un Mangemort, les accepter ne ferait que leur donner ce qu'ils veulent : vous contrôler. Vous devez rester sur vos gardes.
- Très bien, lâcha Hermione. Je serais prudente, mais je ne veux pas me débarrasser de ces rêves, pas encore.
- La prochaine fois que vous recevrez un rêve, vous avez intérêt à vous taire sur notre localisation, c'est compris ? dit Rogue en la pointant du doigt.
Hermione se retint de lui balancer un regard noir. Quel droit pensait-il avoir pour la commander ? Si elle avait été avec Voldemort, là maintenant, Rogue serait déjà sous sa botte, dans la boue.
Voldemort ne l'avait pas habituée à recevoir des ordres, mais à en donner. Elle avait été sa pupille. Ça ne faisait-il pas d'elle la plus puissante sorcière au monde ?
Hermione releva le menton en sachant que Rogue était insensible à ses pensées. Une petite voix dans sa tête lui susurra de le provoquer en duel, mais utiliser la violence pour résoudre les problèmes n'avait jamais été une de ses méthodes.
Comme Rogue voulait quelques heures de sommeil, et qu'Hermione voulait quelques heures avec Voldemort, ils s'installèrent difficilement sur le petit lit. Rogue n'était pas très généreux en terme d'espace et Hermione était très à l'étroit de son côté. Elle semblerait qu'elle ne pourrait avoir qu'un bras et une jambe sur le lit en même temps, le reste étant par-dessus le bord du lit. Elle s'en fichait un peu de toute façon. Elle aurait très bien pu dormir sur un lit fait de dents de dragons, du moment que le sommeil venait.
Et il apparut que Rogue ronflait. C'était une expérience nouvelle pour elle. Son nez anormalement grand ne lui rendait pas seulement sa voix nasillarde il donnait à ses ronflements un bruit étrange haut perché qui donnait l'impression à la jeune sorcière qu'une mouche lui tournait autour sans arrêts. La première fois que Rogue soupira dans son sommeil, Hermione bondit de frayeur avant de comprendre que le son venait de Rogue et qu'elle allait devoir faire avec jusqu'au matin.
À la longue, son esprit finit par dériver, allant de pensées en pensées, avant qu'elle ne plonge dans le sommeil. Des images apparaissaient derrière ses paupières, allant de l'expression méfiante d'Harry, à Rogue lui parlant du Polynectar et des ingrédients disparus, en passant par Voldemort tendant un bras elle, puis au tavernier et son regard dégoûté quand il les avait regardés, Rogue et elle.
Elles étaient apparues aussi rapidement qu'elles disparurent et elle se retrouva de nouveau sur le lit, dans la taverne. Elle regarda le plafond, au-dessus d'elle, observant chaque rainure du bois dans l'obscurité. Il apparut alors que la chambre était trop calme. Les ronflements de Rogue s'étaient tus.
Tournant la tête pour voir son professeur, son regard rencontra une paire d'yeux bleus, la faisant hoqueter. Elle bondit aussitôt pour s'éloigner de lui. Voldemort haussa alors les sourcils et la jeune femme regarda ailleurs.
- Qu'est-ce qui ne va pas ? demanda-t-il en lui attrapant le menton pour qu'elle le regarde.
Ses doigts brûlaient comme de la glace.
- Ne demandez pas, répondit-elle.
- Demander quoi ?
- Où est-ce que je suis actuellement. Parce que je ne vous dirais rien.
- Pourquoi pas ? demanda Voldemort en ricanant.
Hermione recula le menton et ils s'assirent sur le lit.
- Rogue m'a mise en garde, vous n'êtes qu'une illusion pour une personne qui tenterait d'entrer dans ma tête pour me contrôler. J'admets volontiers que je refuse de le croire, mais je dois prendre toutes les précautions nécessaires.
Voldemort se rapprocha, ses yeux bleus rivés sur Hermione.
- Non, dit-il. Rogue devient fou. Il ne doit pas me connaître aussi bien que toi. Aucune personne encore en vie n'est aussi proche de moi que toi actuellement.
Il lui caressa le menton.
- Alors dis-moi Harmony, suis-je réel ou bien seulement parce que toi tu le voudrais ?
Hermione se mordit l'intérieur de la joue, forcée de regarder Voldemort droit dans les yeux.
- Je vais vous poser une question à laquelle seul le véritable Lord Voldemort saura répondre, dit-elle après quelques secondes.
Le Lord serra les mâchoires et un mince sourire étira sa bouche. Il était partant.
Hermione chercha alors un moment où elle avait été seule avec Voldemort. La Chaumière aux Coquillages. Elle se remémora quelques-unes de leur conversation avant qu'elle ne soit contrainte de lui effacer la mémoire.
- Quand nous étions au cottage, vous m'avez dit avoir vu votre futur dans cette chambre, au Manoir Jedusor. Que m'avez-vous dit avoir vu ?
Le sourire du sorcier s'étira et son regard se perdit dans ses souvenirs.
- J'avais toujours cru que cette chambre était une légende avant de la trouver. Après ça, je mourrais d'envie d'y entrer. Je pensais m'y voir en train de diriger le monde j'ai été très déçu quand j'ai vu que ce n'était pas le cas. Je marchais dans un cimetière, il y avait du brouillard partout, et j'ai découvert la tombe de Lucius Malefoy. Je n'oublierais jamais ce qui y était gravé : « Ici repose un homme que les femmes rêvent d'avoir, et que les fils rêvent d'être. »
Ses yeux revinrent alors au présent et il regarda Hermione. Sa main se glissa tendrement jusqu'à son cou puis sur sa poitrine, au niveau de son cœur. Hermione pouvait jurer qu'il le sentait battre sous ses doigts.
- Je voulais ça, Harmony. Je voulais ces mots. Je ressens un besoin désespéré d'absorber leur signification, de les transformer, et en quelque sorte, les faire miens.
Hermione ravala une vague d'émotions.
- Je… je ne me souviens pas que vous ayez décrit cela de cette manière, dit-elle. Mais ça m'ira.
Il lui retourna un sourire.
- Je dois m'excuser.
- Pour quoi ?
- Je suis quelque peu sentimental quand je rêve. Le manque de contrôle de mes actions, et le reste.
Hermione se pencha en avant jusqu'à ce que son front rencontre le menton du Lord. Elle l'entendit prendre une profonde inspiration, comme il respirait son odeur.
- Ça change tout, dit la jeune sorcière. Vous n'êtes pas juste une partie de mon rêve, ou une illusion d'un quelconque imposteur.
- Oui, souffla-t-il. C'est vrai.
Hermione s'assit et le regarda droit dans les yeux.
- Cela ne signifie qu'une chose : ces rêves me sont envoyés, et par personne d'autre que vous.
Le sourire d'un kilomètre de long qui s'étira sur les lèvres de Voldemort confirmèrent les soupçons d'Hermione. Elle relâcha un long soupir en se couvrant le visage de ses mains.
- Merlin, il y a bien des jours, j'aurais été terrifiée par tout ça. Mais c'est pareil à chaque fois que je suis avec vous toutes ces pensées et ces terribles sentiments disparaissent, dit-elle en le regardant à travers ses doigts. Je suis une personne complètement différente près de vous.
- Comme c'est sensé l'être, je me sens vide sans mon héritière, dit Voldemort, lui retirant les mains de son visage. Tu me rends plus fort que jamais c'est pour cela que tu dois me revenir, et rejoindre ma famille.
Son regard se fit alors dur.
- Que tu le veuilles ou non. Avec le temps, tu comprendras.
Hermione esquissa un sourire triste et déposa une main douce contre son visage.
- Je m'inquiète pour vous, dit-elle doucement. Beaucoup.
Elle saisit le devant de sa robe dans son poing et le tira à elle.
- Mais je ne serais jamais comme vous.
Elle sentit un poids lui être retiré du cœur et elle réalisa que c'était la première fois qu'elle admettait une telle chose en face de lui. Elle éprouva un sentiment de liberté en sachant que maintenant, il savait ce qu'elle ressentait.
Elle s'était attendu à ce qu'il s'énerve en entendant ça, mais il se contenta de sourire. Quand Hermione le relâcha, il lissa le tissu de ses mains.
- Avec le temps, tu comprendras, répéta-t-il sans que son sourire ne l'ait quitté.
Hermione soupira par rapport à son manque de clémence.
- Je me suis battu contre une armée entière d'Aurors pour vous atteindre… mais peut-être que vous devriez réaliser que vous n'avez pas choisi la bonne personne pour devenir votre héritier.
Voldemort regarda la jeune femme silencieusement, son sourire se décrocha lentement tandis que son visage arborait une expression attristée. Pendant un moment, Hermione se demanda s'il allait réellement prendre tout ça en considération, mais quand son sourire se reprit, il parla d'une voix forte.
- Je ne me suis pas trompé.
Il la scruta pendant plusieurs secondes avant de secouer la tête.
- Je pense que tu risques de te surprendre toi-même, Harmony.
- Comment en êtes-vous si sûr ? demanda Hermione en haussant les sourcils.
Comment pouvait-il en savoir plus sur elle, qu'elle-même ?
- Pare que… commença-t-il, son visage donnant l'impression de hurler « J'en sais plus que toi ». Parce que tu n'es pas seulement mon héritière, pas seulement ma protégée ou un fidèle. Tu es tellement plus.
Il posa ses deux mains sur ses épaules, serrant plus que nécessaire.
- Tu es moi.
- Je ne comprends pas, dit Hermione en fronçant les sourcils.
- Du moins, une partie de moi, marmonna-t-il en fixant quelque chose près de l'oreille d'Hermione.
Quand ses yeux se reposèrent sur elle, il ajouta :
- À présent, Harmony, j'aimerais que tu m'accordes une faveur. Je veux que tu te réveilles maintenant, et qu'ensuite, tu quittes ce lit, et cette chambre.
- Pourquoi ?
Voldemort posa son index sur les lèvres de la jeune sorcière.
- Une fois que tu auras fait ça, marche directement jusqu'à la chambre voisine, ouvre la porte, et entre à l'intérieur.
- Ça n'a aucun sens.
- C'est pourtant simple, Harmony. Fais-le.
Sur-ce, Hermione ouvrit les yeux. Elle était sur le dos, à regarder le plafond de bois. Elle tourna la tête sur l'oreiller pour voir Rogue endormi près d'elle. Son ronflement haut-perché résonna à nouveau dans la chambre.
La jeune femme s'assit alors lentement, repoussant les couvertures. Elle ne pensait plus à rien sauf aux instructions de Voldemort et, comme un zombie, elle quitta le lit et sorti dans le couloir. Là, elle regarda la porte en face d'elle. Aucune lumière ne filtrait entre les planches elle semblait aussi vide qu'auparavant. Mais comme Voldemort le lui avait ordonné, elle traversa le couloir et se dirigea vers la porte. Elle ne percevait rien d'autre que le silence. Elle enroula ses doigts autour de la poignée et la tourna. Quand elle cliqueta, elle poussa la porte qui s'ouvrit. La chambre était semblable à la sienne, sauf qu'au lieu d'un seul lit, il y en avait deux.
Hermione remarqua aussitôt que les deux lits étaient occupés par un homme chacun. Le lit le plus proche était occupé par le rude Mag Crochet, qui était assis au bord du lit, les pieds pendant du lit. Le second lit était occupé par Marek, l'homme à la cape. Il avait dû s'être allongé, mais il s'était assis juste quand Hermione était entrée.
Il fallut quelques secondes aux deux Mangemorts pour reconnaître la jeune femme plantée sur le seuil de leur chambre. Mag fut la premier à la voir, et il cligna des paupières, ses yeux s'agrandissant sous la surprise. Marek la regarda à son tour, inébranlable.
Hermione laissa échapper un hoquet, se sentant revenir à la réalité, elle fit un pas en arrière.
Au moment où elle pivota pour s'enfuir, Marek jaillit de son lit et se mit à la pourchasser.
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À suivre…
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Traduit par Azzarine le 26 janvier 2016
