Salut ! On a dépassé les cinq cents, conséquence ?

Bref ^^ merci de vos jolis commentaires !


L'Océan sonore
Palpite sous l'œil
De la lune en deuil
Et palpite encore,

Tandis qu'un éclair
Brutal et sinistre
Fend le ciel de bistre
D'un long zigzag clair,

Et que chaque lame,
En bonds convulsifs,
Le long des récifs
Va, vient, luit et clame,

Et qu'au firmament,
Où l'ouragan erre,
Rugit le tonnerre
Formidablement.

Paul VERLAINE

*£$QUEEN$£*

QUELQUES INSTANTS AVANT LA REUNION SHICHIBUKAI, ÎLE DE GETSA ENTRE JAYA ET ALABASTA, GRAND LINE.

« 126e jours de navigation, dont cinq avec La Folle. Aujourd'hui, on débarque sur l'île de Getsa. De ce que j'ai pu voir, c'est une minuscule île, pleine de bars et de casinos. J'ai cru que La Folle allait disjoncter en entendant le mot casino. A la place, elle a ricané bêtement et a applaudi. Le ronron/mégalo/tigré (rayez la mention inutile) a sauté sur place. Manifestement, casino ou bar, ça a l'air de les éclater. La Folle semble oublier que c'est pour nous réapprovisionner qu'on est là. Elle a embarqué Lauren pour faire du Shopping et je les ai pas revues depuis. Ça fait bien trois heures que j'attends sous un soleil de plomb sur le bateau dans le port. Je sais pas si tous les corsaires sont aussi fous, mais ça fait un peu peur. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle à une bonne humeur contagieuse. Lauren arrive à sourire et -miracle !- à rire. Je pense que c'est une bonne chose pour ma petite sœur, et pour nous. Quelqu'un qui fait rire un enfant n'est pas foncièrement mauvais, non ?

A moins que ce quelqu'un soit pédophile… Mmmh, c'est à creuser. »

Caleb coucha le dernier mot sur son carnet, glissa son stylo entre les pages et le ferma. Depuis cinq jours qu'il naviguait, ou plutôt se laissait dériver avec Queen Akira, il n'arrivait pas à trouver en elle quelque chose de dangereux. Elle ne l'était pas ? Jamais elle ne les avait menacé, leur donnait à manger tout ce qu'ils désiraient et était incroyablement sympa comme pour les amadouer. C'était trop louche venant de cette tordue ! Pourquoi les avait-elle traqués pendant des semaines ? Pour les emmener dans ce Centre ? Ce Centre qu'était-il ? Le jeune garçon l'ignorait.

Sur le port, les gens s'excitaient autour des docks, emplissaient les cales de vivres et de cargaisons dans de grands vaisseaux imposants. Certains étaient pirates, il n'y avait pas des masses de marines dans les environs. Ce qui était un peu rassurant, car sans la présence de la Shichibukai, l'adolescent était en danger, il avait une prime sur sa tête à sept millions de berrys. Bien qu'il fut peu probable qu'on le remarquât un jour, mieux valait ne pas tenter le diable. Une minuscule silhouette se glissa entre les pieds des passants, chapardant au passage plusieurs poissons dans des caisses en bois avant de sauter à bord de la chaloupe de Cal.

-A table ! ronronna Pat en se jetant ravi sur les poissons entre ses griffes. J'ai une faim de loup !

-T'as volé des poissons…

-Ouais et ça fait quoi petit humain ?

-Mistigri, pourquoi voler des poissons séché tandis que ta maîtresse peut t'acheter de la viande tendre ?

-Ne me nomme pas ainsi ! Mistigri et puis quoi encore ? Je suis un fier tigre, je n'ai besoin de personne pour me nourrir, et elle n'est pas ma maîtresse !

Le chaton tigré se redressa en hérissant le poil d'une façon se voulant imposante, mais le rendant plus pelucheux encore et indubitablement plus mignon encore, si on excluait le fait que cet animal était un tueur en plein échafaudage de plan de domination mondiale, bien sûr. C'était mignon et effrayant.

-Tu étais sérieux pour ce que tu as dit l'autre jour sur le bateau ? A…

-A propos de Queen ? Ouais, petit humain. Je ne l'aurais pas volontairement suivie si elle n'était pas plus puissante que moi.

-Mais t'es un putain de tigre plus intelligent qu'un homme et plus gros que tes potes ! C'est pas logique !

-Et pourtant ça l'est. J'ai mes instincts, Queen est mon alpha. Toute créature ayant ses instincts de prédateurs le sait. Elle doit devenir plus puissante, pour l'instant elle est très faible, mon véritable maître m'a confié son vrai potentiel.

-Mais pourquoi me racontes-tu ça ? s'exclama Cal', indifférent du regard des passants en voyant un enfant discuter avec une peluche.

La peluche en question lécha consciencieusement l'une de ses petites pattes blanches, la passa derrière son oreille noire, et ses yeux orangés pétillèrent presque machiavéliquement :

-Parce que tu as toi aussi des instincts de prédateur, petit humain. Tu as déjà fait ta place dans notre chaîne alimentaire, n'est-ce pas ?

Caleb sursauta et s'écarta le plus possible du petit animal venant de parler. Pat afficha encore ce petit sourire goguenard et fier de lui qu'il semblait graver sur ses babines en toute circonstance. Ce ronron était plus intelligent que la moyenne, mais comment pouvait-il être au courant de ça ? C'était impossible !

-Je vois… j'ai bel et bien raison.

-Hey vous faites quoi ? Raison à propos de quoi mon Patounet ?

Même plus besoin de sursauter ou s'écarter pour deviner à qui appartenait ce soprano ronronnant et victorieux.

-Femelle ratée… Hey ? Comment tu m'as appelé crétine ? s'énerva le chat tigré.

-Mon Patounet ? Parce que t'es mon patounet-chan d'amour, je t'aime-euh, dis-moi que tu m'aimes-euh !

La corsaire manifestement d'humeur très joyeuse saisit la peluche et la porte en plein contre son cœur juste à l'emplacement requit que pourrait avoir un troisième sein, étouffant au passage Pat sur les deux autres. Gné ?

-Mais qu'est-ce qui se passe à la fin ? T'as fumé quoi ? gronda le chat.

-J'ai pas fumé ! J'ai bu ! Néhéhéhé ?!

-Elle a pris une coupe de saké au casino, intervint Lauren timidement, montrant le sac rempli de pièces que la jeune femme avait sur le dos. Pendant qu'elle jouait au euh… Black Jack, apparemment, ça lui a pas réussit.

-Vous avez amenez ma petite sœur au casino espèce de folle dingue ? explosa Caleb en attirant les regards de tout le port.

-Bah quoi ? C'est quoi le problème, néhéhé ? T'es vilain Cal-chan ! Patounet d'amour, Cal-chan est pas kawaii !

-Si tu veux pas que je t'ampute de ce qui te reste de sein, femelle stupide, relâche-moi ! rétorqua l'animal.

Queen le lâcha, et se mit à bouder, manifestement en train de décuver . Elle croisa les bras sur sa poitrine menue et lâcha :

-C'est pas drôle-euh, je m'ennuis moi. Je veux aller aux bars-euh. Il y en a plein sur cette île-euh !

-Non, répondit Patoune. A chaque fois qu'on va dans un bar tu finis par te battre et tu te prends une gueule de bois canonique. On a pas besoin de ça, maintenant qu'on a trouvé de l'argent plus ou moins honnêtement, on va pouvoir s'acheter de quoi manger. J'ai la dalle !

La rousse acquiesça mollement et les deux Ericksen soupirèrent en comprenant qui portait la culotte dans le duo infernal. Manipulée par un chat, quelle déchéance ! Le jeune adolescent eut du mal à croire que la jeune femme à moitié soûle pour avoir bu une coupe de saké, pouvait être si dangereuse. Mais compte tenu de ce qu'elle lui avait montré auparavant concernant ses facultés, mieux valait ne pas s'y laisser prendre.

-Et moi je veux boire-euh ! Néhéhé ! De l'alcool !

-Tu vas le regretter…

-Non ! Tous au bar !

Quelques heures plus tard :

-Si elle le regrette pas, au moins, elle commence à piger la leçon, constata Patoune calmement en déchiquetant au passage la gorge d'un pirate. A chaque bar, il y a de la casse.

Les deux enfants Ericksen acquiescèrent mollement, un peu figés en voyant leur sauveuse se livrer à un véritable combat de catch sauvage dans le bar tant désiré avec une vingtaine de pirates à peu près aussi éméchés qu'elle. Ce n'était pas beau à voir, mais le moins que l'on puisse dire ce fut qu'elle semblait enfin s'amuser… à esquinter des types.

Classe.

Oui, la leçon à retenir était qu'il ne fallait pas aller aux bars, Queen se faisait immanquablement remarquer puisqu'elle finissait soûle rapidement, on tentait de l'embêter, elle les rembarrait, et les coups partaient. Le même schéma s'était produit à Jaya et la corsaire ne semblait pas piger. Fallait expliquer ça à cette cintrée de façon plus didactique sûrement.

En tout cas, pour le fruit des perles, Caleb pouvait le voir, elle les balançait un peu partout, entaillant la peau des ennemis et les mettant à terre.

-C'est à chaque fois comme ça ? demanda Lauren à Pat, pas rassurée s'abritant derrière un tonneau de bière en compagnie de son frère.

-Ouais. Depuis que je suis avec elle en tout cas-ouch ! Femelle ratée ne balance pas tes macchabés sur moi ! Ais un peu de décence !

-J'en ai rien à battre de la décence-euh ! On ne me met pas la main aux fesses sans en payer le prix, voilà ! Perlu Perlu Blaze Nacre !

La jeune femme mit ses mains devant elle, créant un bouclier de perle, arrêtant les balles qui filaient à vive allure vers elle. Une fois la protection disparue, elle mâchonna un instant avant d'asséner un coup de latte envoyant valser tous les hommes dans un périmètre proche. Soudain un téléphone sonna.

Surprise, la corsaire envoya un coup de poing à un pirate se relevant et prit dans sa poche son mini escargophone sombre et répondit :

-Moshi Moshi ?

Elle grimaça en écrasant les paquets de deux hommes prêts à lui foncer dessus.

-Arrg, j'arrive pas à comprendre, là. Y'a une réunion de corsaire ? Qu'est-ce que vous voulez que ça me fasse ? J'y suis paaaaas !

L'interlocuteur continua de parler, vannée la fille jeta l'appareil en l'air et atterrit… sur les genoux de Cal.

? OUAT ?

-Cal'-chan répond pour moi ! Dis à la vieille-euh dame que je suis un peu occupée, oky ! Néhéhé.

L'alcool la rendait soit très inconsciente, soit très bête… C'était navrant.

-MAIS QUE VEUX-TU QUE JE FASSE AVEC ÇA ? hurla le jeune garçon en tendant l'appareil en l'air.

-Réponds, point barre, grogna la rousse, tirant une rafale de perle coupante sur une autre série d'homme.

-Moshi Moshi ? demanda l'appareil.

Caleb déglutit et regarda le DenDen mushi entre ses mains ayant pris les rides et l'air un peu acariâtre d'une personne âgée. C'était… les marines ? Ça craignait. Doucement, le métis prit le téléphone entre ses doigts et répondit :

-Oui ?

-Queen Akira The Doll ?

-Euh… pas tout à fait…

-Comment ça pas tout à fait ? Je suis Tsuru La Grande Tacticienne Vice Amirale de la Marine… Veuillez me passer la Poupée.

Une… vice… amirale ? L'adolescent n'était pas une tête, mais il savait qu'il n'y avait qu'une seule femme à ce poste, et c'était une légende aux yeux du monde… Il était en train de parler avec La Grande Tacticienne avec des majuscules ? Il manqua de faire tomber l'escargophone mais se reprit. Lauren s'approcha à son tour l'air effrayée en entendant le mot marine :

-Euh… je peux pas vous la passer… euh madame… elle est un peu occupée.

-Êtes-vous l'un de ses subordonnés ? A qui ai-je à faire ? quémanda la vieille femme.

-Euh pas… vraiment… moi c'est… euh… Caleb.

Pitié que son nom ne lui dise rien ! Normalement tant qu'il ne se présentait pas sous son nom complet il ne risquait rien. Et la vice amirale ne sembla pas faire le rapprochement entre lui et Caleb Ericksen primé à sept millions de berrys.

-Très bien, Caleb… Jeune homme, je parlais à la Doll, que fait-elle en ce moment ?

-Euh… là ? Elle écrase le paquet d'un mec avec ses chaussures.

-Je suis sérieuse.

-Bah… euh, moi aussi. Et là elle force les types qui l'ont embêté à se prosterner.

-Mouhahahaha néhéhéhé ! Plus jamais vous ne toucherez une femme de votre vie, pigé ? Les femmes veulent la paix ! Capisce ? Néhéhé !

La face de la tacticienne sur l'escargot sembla perplexe, mais elle se contenta de soupirer brièvement :

-Et encore une psychopathe chez les corsaires, il nous en manquait... Je désespère. Bien, où vous trouvez-vous ?

-Sur l'île de Getsa, répondit Lauren rapidement.

-Il y a un enfant ? s'écria la femme en reconnaissant le timbre fluet. Sur l'île de Getsa ? Que faîtes-vous avec la Doll ?

-Euh… c'est un peu compliqué…

-Queen-sama nous à kindernappé ! Mais elle a dit que c'est pour notre bien, fit la petite blonde radieuse. Et mmmh !

Caleb l'empêcha de continuer sur sa lancée en lui mettant la main sur la bouche sachant pertinemment que si la corsaire plongeait, ils plongeraient avec elle. Lauren ne savait pas ce qu'elle disait.

-Un enlèvement, releva Tsuru offusquée.

-Elle s'est trompé, on n'est pas kindernappés… hum, kidnappés, hein ! On la suit de notre propre chef. Elle est pas disponible, hein, là elle est en train d'ordonner à des pirates de creuser leur propre tombe, donc on peut raccrocher ?

-Une minute, attendez un peu jeune gens. Y'a-t-il d'autres enfants avec vous ?

-Euh non… on est les seuls.

Cela semblait sincère pour la simple et bonne raison que ça l'était, il n'y avait personne d'autres avec eux à part Pat qui souriait de toute ses dents en voyant la corsaire faire la leçon aux pirates tant est si bien qu'il ne semblait pas suivre la conversation. La tacticienne sembla le croire et hocha la tête depuis son escargophone :

-Très bien. Faites-lui passer le message qu'elle a manqué la réunion, une autre sera prévue très prochainement. Il serait dans son intérêt d'y être.

Caleb hocha la tête, raccrocha et poussa un soupir. Cela avait été juste mais cela amenait d'autres problèmes bien plus graves…

*£$QUEEN$£*

-J'ai un de ces mal de crâne moi… pitié, quelqu'un à de l'aspirine ?

-C'est ta faute femelle ratée. A cause de toi, la ville est détruite et on en est chassés définitivement, du coup on peut pas dormir dans un vrai lit, on est obligés de camper sur le sable comme des animaux.

-Pat ?

-Quoi ?

-Tu es un animal, remarquèrent aimablement Queen, Cal et Lauren d'une même voix.

Le mini tigre mutant fronça les sourcils puis leva le nez hautain puis replongea la tête entre ses pattes blanches, vexé comme un pou.

-Oui mais on dort dehors... C'est nul.

-Je préfère dormir dehors que dedans, rétorqua une Queen à moitié défoncée passant ses mains sur ses tempes. J'ai mal à la tête, mon âme pour du doliprane !

-Voilà ce qui arrive quand on boit une coupe de saké. D'ailleurs je remarque que tu as une très mauvaise tolérance à cet alcool là, c'est effrayant.

-Ta gueule Pat ! Bon les pétios, si vous voulez manger, y'en a dans le sac, ensuite au lit, on part tôt demain, pigé ? Je vais dormir.

La lune montait lentement dans les cieux noirs d'encre et la rousse se coucha sur le côté à même le sable avant d'enfouir sa tête dans son coude. Les deux enfants la regardèrent, puis virent Patoune faire de même après avoir grignoté une cuisse de poulet dépassant d'un sac en plastique. Lauren ouvrit précautionneusement le sac à son tour pour en dévoiler le contenu. Avidement, la petite blonde se saisit d'un pilon, de pain, de riz frit avec du l'huile de tomate dans une barquette et l'avala. Caleb en fit de même, toisant le feu dans l'obscurité et la rousse de l'autre côté à entendre le reflux des vagues le berçant avec lenteur. Lauren ne tarda pas à succomber à la fatigue qui traçait un sillon noir et cerné sous ses petits yeux pétillants.

Quand la respiration de la petite fille se fit plus calme et mesurée attestant de son endormissement, le jeune garçon se pencha sur sa sœur et baisa doucement son front. Sur l'Intégral, il ne s'accordait jamais des gestes tendres et fraternels qui pourtant faisaient un bien fou, craignant les moqueries et les insultes de leur bourreau. Dans un cœur glacé par le manque d'amour, la chaleur d'un baiser ou d'une simple étreinte était aussi réconfortante qu'un brasier en hiver. Les lèvres pâles de Lauren formèrent un sourire joyeux, comme si depuis ses rêves elle avait pu sentir le simple bonne nuit de son frère.

Le feu craqua et subitement Caleb se retourna pour voir Queen Akira les regarder couchée à même le sol avec ce qui semblait être de la curiosité et de l'envie ? La bouche rose de la Shichibukai sociopathe se forma en un mot :

-Profite.

-Pardon ? chuchota le Ericksen.

-Profite des gens qui te sont chers, chéris-les de ton mieux, Cal. Car le jour où tu les perdras, tu n'auras que tes larmes pour pleurer, et beaucoup de regrets.

Cette autre phrase sibylline fut le coup de trop pour le cerveau de l'adolescent qui disjoncta. Marre de son attitude lunatique et des remarques étranges de Patoune bienheureux endormi sur le sol. Marre de subir ses regards bleus et étranges. Comment suivre quelqu'un dont on ignore les intentions ?

-Pourquoi dîtes-vous ça !? Que nous voulez vous à la fin ? Je ne comprends pas ! Vous vous rendez compte qu'aujourd'hui on vous a sauvé la mise ? Vous auriez été accusée d'enlèvement d'enfant et perdu sûrement votre poste, et c'est ce que vous faites des kidnappings ! Donnez moi une vraie raison de ne pas rappeler la vice amiral pour tout lui avouer…

-Tu ferais ça ? Alors vas-y, voilà l'escargophone, répondit la jeune femme en lui lançant l'appareil d'un geste vif.

Il suffisait d'une touche, la touche rappel pour se sortir de ce pétrin et s'embourber encore plus. S'il rappelait la marine et racontait tout ce qu'il s'était passé, on le capturerait pour les crimes qu'il avait aidé à commettre. Il serait mit à Impel Down et Lauren en maison de correction ou en famille d'accueil marine. C'était inenvisageable. Ce fut pour cela que le garçon regarda l'escargot dans le sable et le repoussa d'un geste de pieds en détournant la tête.

-Expliquez-moi… je veux savoir si on peut vous faire confiance. Vous avez tué notre père sous nos yeux après tout.

-Tu l'as jugé, tu es aussi coupable que moi. Si cela avait été un tribunal, tu aurais été les jurés, moi le juge et Pat le bourreau. Si tu as donné cette sentence, c'est parce que tu la trouvais juste.

-Et vous trouvez ça normal d'avoir la vie et la mort de quelqu'un entre vos mains ? Je ne veux pas vivre avec ça ! J'ai que treize ans.

-Je ne vis pas avec mes crimes non plus… Cal'… je les encaisse.

La rousse se releva, balançant d'un coup de main ses boucles rousses derrières son dos, manquant de déloger Pat de son piédestal, elle sortit une cigarette de sa botte et l'alluma sur les flammes du brasier.

-Alors pourquoi continuez-vous ? A tuer, je veux dire… si vous n'avez pas de plaisir à faire ça, pourquoi le faire ?

-Parce qu'il le faut bien Cal. Tu veux savoir ce que je fais ? Comment je vis ? A chaque vie que je prends, j'apporte la compensation de deux vies innocentes. Je me donne bonne conscience, en somme, même si cela ne marche pas comme je le voudrais. Si je tue, je sauve deux autres personnes d'un destin peu joyeux. Je ne fais pas ça en tant que Corsaire, mais en tant qu'humain.

-Vous trouvez ça humain de tuer ?

Queen détourna le regard pour souffler un râle de fumée blanche dans la nuit noire et soupira en se tordant les mains :

-Non. C'est pas humain. C'est animal. Je vais te confier quelque chose Cal… peut importe ce que tu fais, si tu n'as pas peur d'un jugement divin, et que tu peux encaisser, rien ne peut t'atteindre.

-Comment… comment vous encaissez ? Aidez moi, à …

-Je te le déconseille, petit. C'est trop douloureux pour toi et plus encore pour moi de te le montrer. Tu n'aurais pas la force physique et morale pour ça et tu me traiterais sans doute de folle comme tu le fais dans tes cahiers.

Caleb s'empourpra, gêné d'être découvert et craintif d'une réprimande violente qui ne vint évidemment pas. A la place la fille sourit :

-Je ne vis pas Cal, je survis. Un jour, je ne pourrais plus encaisser et alors là… mais j'ai des choses à faire avant, des gens à tuer.

Le jeune garçon frissonna, regardant tour à tour sa sœur, Pat et le sac de victuaille.

-Vous avez des gens à tuer… il y aura une compensation pour eux ?

-Le premier est un sale type, le second un idiot, et le troisième l'homme le plus froid qu'il m'ait été donné de rencontrer. Un sale type tué, vaux deux innocents c'est ma logique, les deux premiers en vaudront autant, quant au troisième…

Doucement, la Poupée prit l'air rêveur, teinté de mélancolie. Elle tisonna le feu du bout d'une branche et ajouta comme si elle chérissait chaque mot autant qu'elle les honnissait :

-… le troisième en vaudra cent. Oui… J'aiderais cent personnes dans le besoin pour oublier ce que m'a coûté le prix de sa vie. Et ensuite…

Envolée la Queen survoltée et énergique comme une pile électrique à la bonne humeur agaçante, ce que Caleb avait en face de lui était un tableau fragile et fugitif d'un être brisé. Comme un oiseau à qui l'ont aurait coupé les ailes, la corsaire semblait à nouveau si frêle et malade, que le jeune Ericksen remarqua qu'à part une glace quelques jours plutôt, il ne l'avait vu rien avaler.

-Est-ce que… pour encaisser, vous avez besoin de ne rien manger ?

Le coin des lèvres de la jeune fille se retroussèrent, toute tristesse subitement envolée pour une attitude nettement plus désinvolte :

-Non, Cal-chan, ça c'est un autre problème, néhéhé.

Et revenait sur le devant de la scène la corsaire ironique, moqueuse comme un geai à l'air enfantin. Cela avait-il été l'œuvre d'une farce ? Queen avait-elle jamais semblé malheureuse ? Les seuls témoins de cette image aurait été Caleb et les palmiers austères de la crique qui les abritait ?

-Allez, il faut aller dormir, on aura une longue journée demain. Néhéhé.

-Euh…

Comment pouvait-on mentir à ce point sur ce qui semblait être si personnel ? Cela relevait-il d'idiotie ou bien de manipulation ? Cela ne pouvait pas être une fable, Cal en était persuadé. La Doll avait semblé profondément peinée, il avait pu voir dans son regard bleu une vraie tristesse. Mais encore une fois, il n'en saurait rien.

L'adolescent tapota machinalement le revolver de petit calibre dans sa poche qu'il avait subtilisé à un pirate abrutit par l'alcool. Il n'aurait finalement pas besoin de l'utiliser. Queen semblait bien assez préoccupée par ses propres démons -et ce, quoi qu'elle en dise- pour représenter une vraie menace pour les deux Ericksen. Cela semblait fou, mais Caleb décida de lui faire confiance, pas parce que sa vie était menacée, mais presque pour offrir ce plaisir à la poupée. Il n'aimait pas cette femme, il la détestait, mais il avait décidé de collaborer pour leur survie. Elle semblait faire de sauver des gens un devoir, pour compenser ce qu'elle faisait à côté. Le garçon choisit de l'aider, pour enfin que la Shichibukai Akira soit en paix avec elle-même.

Et ce n'était pas une mince affaire, se dit-il en se couchant silencieusement auprès de sa sœur après cette ultime résolution.


Remarques pas drôles de l'auteur :

ça n'a rien à voir hein, mais je participe au concours AMOUR PIRATE, j'ai fais un petit truc baptisé Mr Freud, un friendship Hina/Smoker et léger Yaoi Smofy ! Je l'aime bien Mr Freud ^^

LES QUESTIONS QUE TOUT LE MONDE SE POSE (PAS) :

Anna-chan17 : Queen emmène sa garde robe partout ? Comment elle fait pour changer tout le temps de fringues alors que dans le chapitre d'avant elle n'avait qu'un magazine et un tigre ?

Queen : C'est évident... j'ai piqué l'armoire magique du monde de Narnia. Je suis habillée par la sorcière blanche du monde de Narnia, z'avez vu comme je suis trop stylé fashiooooooon ? Non sérieux ? Bah il s'est passé quatre mois entre les chapitres précédents, alors vi, je me suis changée de fringue quoi. Non sérieux tu changes de fringue tout les combien de temps que j'évalue mon niveau de craderie par rapport à une moyenne.

Marco : Hum, Taylor était si douce et délicaaaaaaaate !SBONK !

La chauve souris requin transgénique des mers des caraïbes !