Attention ! Comme le chapitre 1 de cette année, ce chapitre contient des spoilers sur le tome 7 de Harry Potter. Si par hasard vous ne l'aviez pas encore lu et ne souhaitiez pas découvrir des éléments importants de l'intrigue, il vous faut savoir que ce chapitre en contient. Si vous décidiez tout de même de le lire, je ne pourrais être tenu pour responsable de vous avoir gâché une partie du plaisir de découvrir HP et les Reliques de la Mort.
7
Albus Dumbledore
Le jeudi, Heather passa donc le plus de temps possible avec Dean, qui se fit néanmoins un peu prier pour lui pardonner de lui avoir posé un lapin la veille. Mais sitôt qu'il eut accepté ses excuses, il devint pire qu'un filet du diable. Si dans la journée, Heather ne s'en était pas trop plainte, et elle aurait eu mauvais jeu de critiquer, le soir, elle essayait tant bien que mal de faire une rédaction que le professeur Binns leur avait donnée à faire, mais Dean ne cessait de la déranger en lui faisant des bisous dans le cou, ou en la chatouillant, et là, ça commençait à l'agacer. Néanmoins, elle se retint de critiquer son petit ami. Après tout il ne faisait que rechercher ce qu'elle ne lui avait pas accordé la veille : son attention. Et puis elle avait tout le week-end pour faire cette rédaction.
Quand elle fut sur le point d'aller se coucher, le tableau de la Grosse Dame pivota et Harry et Ron entrèrent dans la salle.
- Donc, je disais que tu devrais le faire, dit le rouquin.
- N'insiste pas Ron, j'ai décidé que je ne dirai rien et je me tiendrai à ma décision.
- Bonsoir vous deux, fit Heather. Qu'est-ce qui se passe ?
- Rien du tout, fit Harry comme s'il avait justement quelque chose à se reprocher.
- Tu appelles ça rien ! s'indigna Ron. Tu sais les "lignes" qu'il fait depuis trois soirs dans le bureau d'Ombrage ?
- Ron tais-toi ! intima Harry.
- C'est ta sœur, se défendit le rouquin. Elle devrait savoir, d'autant qu'elle pourrait elle aussi se retrouver en retenue chez Ombrage. Et je le dirai aussi à Hermione ! Bon, donc je disais, les "lignes" qu'elle lui fait faire, il doit les écrire avec son propre sang.
- Quoi ? s'étonnèrent Dean et Heather en même temps, lui plutôt dégoûté alors qu'elle était alarmée.
- Elle a une sorte de plume magique, soupira Harry. Quand on écrit sur le papier, ce qu'on écrit se grave sur la main qui tient la plume, et le sang prélevé magiquement sert d'encre. Normalement, la coupure disparaît immédiatement, mais à force d'écrire tout le temps les mêmes mots… Il montra le dos de sa main à sa sœur et à Dean.
- Elle a pas le droit de faire ça ! s'emporta Heather. Demain, on fonce tous les deux chez Dumbledore et on lui dit ce qu'elle te fait.
- Non ! fit Harry soudain déterminé. Il n'est pas question que je laisse à ce vieux crapaud la satisfaction de savoir que je suis allé me plaindre.
Heather plongea un regard farouche dans celui déterminé de son frère. Elle comprit qu'elle ne le ferait pas changer d'avis. Mais foi de Heather Wright, cette vieille sorcière ne l'emporterait pas au paradis.
Le vendredi, elle expliqua à Abigail et Rebecca ce que cette vieille peau faisait subir à son frère. Mais elles ne s'attardèrent pas sur le sujet Ombrage. Elles s'étaient réunies pour une autre raison.
- Alors, fit Abigail. Comment allons nous nous venger de cette saleté d'Enola Grey et de sa basse-cour ?
- Pour ça, j'ai eu une idée lumineuse, déclara Heather. Vous vous rappelez que j'avais dit l'an dernier, que je pouvais lui faire découvrir des substances bien plus ignobles que la boue. En voici une, et on pourra en avoir des litres !
Elle sortit de son sac une bouteille qui contenait un liquide verdâtre et poisseux.
- C'est de l'empestine, expliqua Heather. Elles s'amusaient à froncer le nez sur mon passage après m'avoir lancé une bombabouse dessus il y a deux ans. Et bien je vais leur apprendre que la vengeance est un plat qui se mange froid… très froid.
Abigail et Rebecca étirèrent leurs lèvres dans un sourire ravi.
Le soir venu, Heather se rendit sur le terrain de quidditch. Elle fut surprise d'y apercevoir Ron, mais cela expliquait sans doute pourquoi il avait son balai à la main quand il était rentré avec Harry, la veille au soir. Il comptait postuler pour devenir le nouveau gardien de l'équipe. Il y avait six autres personnes qui s'étaient présentées. Quatre garçons et deux filles.
- Bien ! Il est six heures, on commence ! lança Angelina Johnson. Je suppose que la plupart d'entre vous connaissent au moins de vue les membres de l'équipe ! Fred et George sont les batteurs, Alicia, Katie et moi sommes poursuiveuses, Harry Potter est l'attrapeur. Il n'a malheureusement pas pu se libérer ce soir. Enfin, Olivier Dubois était notre gardien, et c'est pour le remplacer que vous êtes là. On va lâcher un cognard. Fred se chargera de défendre les postulants tandis que George jouera pour Alicia, Katie et moi. Vous allez passer chacun pendant cinq minutes pendant lesquelles on essaiera de vous inscrire un maximum de buts. Allez ! Tous en selle !
- Heu ! Capitaine ? intervint Heather.
- Oui ? Excuse-moi, tu es… ?
- Heather Wright, troisième année. Je voulais juste dire que personnellement, ce n'était pas le poste de gardien qui m'intéressait. J'aimerais voir ce que je vaut en tant que poursuiveuse.
- C'est bien gentil, fit Alicia Spinnet. Mais les trois places sont prises. Tu pourras revenir l'année prochaine. Angelina et moi ne seront plus là !
- Remarque, fit Katie Bell. Ça pourrait être intéressant de voir ce qu'elle vaut. Imaginez qu'il faille remplacer l'une de nous.
- Effectivement, fit Angelina. Bon, alors tu vas attendre, on va déjà faire passer les gardiens. Ensuite on jouera deux contre deux, un batteur dans chaque équipe, et les deux meilleurs aux essais de gardien pour défendre les buts.
Les prestations des gardiens ne furent pas terribles comparées à ce dont Heather avait l'habitude avec Olivier Dubois et le match spécial de l'année précédente. Ron fut assez bon, mais selon elle, deux autres se montrèrent bien meilleurs. Une fille de sixième année, et un garçon de quatrième année. Ce fut ces deux-là que Angelina choisit pour jouer le mini-match. Heather fit équipe avec Angelina contre Katie et Alicia. Leur gardien était le garçon, Geoffrey Hooper. Il n'arrêtait pas de se plaindre : du vent, du fait qu'il faisait trop sombre, et quand il prit un cognard dans l'épaule, il prétendit ne plus pouvoir jouer alors que le choc n'avait pas été très violent. Angelina demanda alors à Ron de venir remplacer Hooper, et proposa à Heather et Alicia d'échanger leurs place.
Heather comprit vite qu'elle n'était pas au niveau des trois autres poursuiveuses. De plus, quand elle jouait avec Angelina, c'était cette dernière qui avait inscrit tous les buts. Elle sembla mieux s'entendre avec Katie. Elle inscrivirent moins de buts que Angelina et Alicia, mais cette fois, Heather en marqua un, et ensemble, elles réussirent même une fois à subtiliser le souaffle aux deux autres.
- Bien, fit Angelina. Tous le monde au sol !
Tout le monde se posa donc, et Angelina rendit son verdict.
- Déjà, Heather, j'admets que tu as des dispositions, mais tu ne prendras pas la place de l'une de nous. Par contre, si tu veux assister aux entraînements, tu pourras ainsi t'améliorer et augmenter tes chances d'êtres sélectionnée s'il nous fallait un remplaçant, ou au pire, l'année prochaine.
Heather ne pu qu'accepter la décision d'Angelina. Si déjà elle pouvait s'entraîner avec l'équipe cette année, cette soirée n'aura pas été perdue.
- Ensuite, pour le gardien. Honnêtement, la personne que j'aimerais sélectionner, c'est Vicky Frobisher, mais tu m'as dit toi-même que tu ferais passer ton club de sortilèges en premier. Donc je suis désolée, mais je ne te sélectionne pas. Je veux quelqu'un qui aura un engagement total pour l'équipe. Donc je vais choisir… Ron Weasley.
Ron laissa éclater sa joie, les jumeaux, bien sûr, ne purent s'empêcher de le charrier.
Dans la salle commune, les jumeaux et Lee décidèrent de célébrer la nomination de Ron comme il se devait, et lorsque Harry revint de sa retenue avec Ombrage, il fut agréablement surpris d'apprendre la nomination de son ami. Il compatit avec Heather au fait qu'elle n'ait pas obtenu de poste dans l'équipe, mais pour la réconforter, fit valoir que Angelina, Alicia et Katie étaient toutes les trois excellentes, et que ça ne signifiait pas qu'elle n'avait pas de talent.
Le lendemain, l'entraînement au quidditch fut catastrophique. Ron, sous les quolibets des Serpentard qui assistaient à leur séance, fut incapable de faire quoi que ce soit de bien. Il réussit même à faire saigner Katie du nez en lui envoyant trop fort le souaffle.
L'après-midi, Heather alla le passer à la bibliothèque avec Abigail et Rebecca. Toutes trois firent leurs devoirs, en s'aidant mutuellement pour les expédier au plus vite afin de pouvoir rechercher toutes sortes de sortilèges qui pourraient leur être utiles. Elles trouvèrent un sortilège d'éclaboussement qui consistait a enfermer une substance dans une bulle magique que l'on faisait ensuite éclater, éclaboussant ainsi sa cible. Elles s'entraînèrent le dimanche à le pratiquer et cherchèrent même à le modifier pour obtenir un éclatement de la bulle à un certain moment où sous certaines condition. Cependant, ce n'était pas évident, et dès qu'elles se déconcentraient, les bulles matérialisées éclataient. Finalement, leur vengeance devrait attendre encore un peu.
Le dimanche soir, Hermès, le hibou de Percy Weasley, vint apporter une lettre à son frère. Il lui conseillait de rompre tout lien avec Harry qui constituait une menace pour son insigne de préfet et annonça que les jours de Dumbledore à Poudlard étaient comptés. Heather vit bien que cette lettre affectait Harry plus qu'il ne voulait le laisser paraître. Elle tenta de le consoler tandis que Hermione faisait de même avec Ron qui prenait très mal la trahison et l'aveuglement de son frère. C'est alors que le professeur McGonagall entra dans la salle commune.
- Ah ! Potter, Wright, vous êtes là !
- Qu'y a-t-il professeur ? demanda Harry qui semblait craindre d'avoir fait une bêtise sans s'en rendre compte.
- J'ai parlé au professeur Dumbledore de votre envie de discuter un peu avec lui, et il se trouve qu'il n'y a guère que ce soir qu'il a un peu de temps à vous accorder. Si vous voulez bien m'accompagner à son bureau.
Harry et Heather se levèrent et suivirent donc leur professeur. En route, Harry chuchota à Heather.
- Dis donc ! T'aurais pu me dire que t'avais demandé à voir Dumbledore. Et surtout que tu m'avais mis dans le coup.
- Allons Harry. Fais pas semblant de ne pas être content de cette entrevue. Je sais que tu veux autant que moi avoir des précisions sur la maison de nos parents à Godric's Hollow.
Harry ne répondit rien mais hocha brièvement la tête. McGonagall les emmena jusque devant la gargouille et prononça le mot de passe :
- Plume en sucre !
La gargouille pivota et Harry et Heather montèrent sur les marches de l'escalier en saluant le professeur McGonagall.
Ils frappèrent à la porte du bureau de Dumbledore. Et la voix du directeur leur demanda d'entrer.
- Ah ! Heather, Harry ! Le professeur McGonagall m'a fait part de votre envie d'en savoir plus sur le sortilège qui protège la maison de vos parents à la vue des moldus ?
- C'est exact professeur, dit Heather qui semblait moins intimidée que Harry. En fait, nous nous demandions comment était-il possible que ma mère, qui est une moldue, puisse voir la maison.
- Ah ! En fait… l'explication en est que Mr et Mrs Wright entrent dans ce que j'appellerais une faille de la protection. Voyez-vous, lorsque vos parents devaient se cacher de Voldemort, on a décidé que le moyen le plus sûr était de soumettre l'endroit où ils se trouvaient au sortilège du Fidélitas. Par conséquent, il était impossible à quiconque n'ayant pas été mis dans le secret par le gardien de voir la maison ou ses occupants tant qu'ils restaient à l'intérieur. Cependant, une fois que James et Lily furent tués par Voldemort, le sortilège est devenu nul, les Wright ont donc pu te trouver, Heather, et prendre connaissance de l'existence de cette maison. Par la suite, environ deux mois après la mort des Potter, le ministère a installé un sortilège, sur mon conseil, qui empêchait toute personne ignorant l'existence de cette maison de la voir, la plupart des sorciers ayant été informés des évènements par la Gazette, les gens ont fait l'amalgame, d'autant que j'ai également conseillé sur le panneau de préciser que les moldus ne pouvaient la voir.
- Mais pourquoi n'avoir pas simplement utilisé un sortilège qui excluait les moldus ? demanda Harry.
- C'est vrai que ça aurait été plus simple, dit Dumbledore tristement. Mais vois-tu, je me suis montré d'un optimisme qui frisait la stupidité. J'ai pensé qu'un jour, ta tante voudrait t'emmener te recueillir à l'endroit où sa sœur a perdu la vie.
- Effectivement… vous ne deviez pas bien connaître tante Pétunia.
- Voilà, est-ce tout ce que vous vouliez savoir ?
- Non, répondit Heather aussi sec. En fait, on se demandait aussi. Cette maison, où nos parents se sont cachés. C'était la vôtre avant, n'est-ce pas ?
- Effectivement, répondit Dumbledore. C'est dans cette maison que j'ai passé toute mon adolescence.
- On… hésita Harry. On a vu la tombe de votre mère et de votre sœur. Et l'on se demandait… enfin… Est-ce qu'il vous reste encore de la famille ? Mrs Tourdesac nous avait parlé d'un frère, mais elle ne nous a rien dit de plus.
- Je me demandais quand viendrait le jour où tu me poserais ces questions Harry. Je pense effectivement que toi, plus que quiconque, mérite d'en savoir un peu plus sur moi. Mais je vous préviens, c'est une longue histoire, qui n'est pas toujours très drôle.
- Ça… Ça ne nous fait pas peur, hésita Harry. De toutes façons, je pense que vous ne nous direz que ce que vous jugerez utile.
- Effectivement. Bien, il se trouve que les malheurs de ma famille ont commencé le jour où ma sœur, Ariana, âgée alors d'à peine quatre ans, à découvert ses pouvoirs. Elle a eu le malheur de le faire en présence de trois enfants moldus. Ils l'ont traitée de monstre et l'ont battue. Si bien qu'elle en a à jamais été traumatisée et n'a plus jamais voulu utiliser la magie. Seulement, quand on contient trop longtemps la magie en soi, il arrive qu'elle explose brutalement, ce qui peut s'avérer dangereux pour le sorcier et pour son entourage. Mon père, ivre de rage, a voulu faire payer ces trois enfants. Il n'aurait pas dû, et je ne cherche pas à l'excuser. D'ailleurs, le ministère ne lui a pas trouvé d'excuse et l'a envoyé directement à Azkaban où il est mort avant la fin de sa peine. Par la suite, ma mère nous a emmenés moi, mon frère et ma sœur à Godric's Hollow, où nous avons vécu comme nous le pouvions. Ma mère passait tout son temps à s'occuper de ma sœur, elle ne pouvait la laisser sortir le jour, mais tous les soirs elles jouaient ensemble dans le jardin. Moi, et mon frère, Aberforth étions élèves à Poudlard. Bien que nous étions très différents, j'étais considéré comme un génie, et lui comme un cancre, nous nous entendions bien. A la fin de mes études, j'avais certains projets que j'ai du abandonner. En effet, une crise de ma sœur a coûté la vie à ma mère, et dès lors, j'étais responsable de ma famille. Pendant cette année, je ne voyais guère de monde à part le neveu de Mrs Tourdesac. Nous sommes devenus très proches. Mais un jour, nous nous sommes assez violemment opposés. Aberforth s'en est mêlé lui aussi. Un sortilège perdu a touché Ariana, je crois qu'elle a essayé de se protéger. Il y a eu une violente explosion. Quand nous avons repris nos esprits, Ariana était morte. Mon frère m'en a grandement voulu. Nous sommes restés fâchés pendant des décennies. Aujourd'hui, ça va un peu mieux. Disons que si nous ne nous entendons pas cordialement, au moins, Aberforth accepte de me parler et de me rendre service pour l'Ordre au besoin. Il est le patron d'un bar à Pré-Au-Lard : la Tête de Sanglier. Mais je ne vous conseille pas d'y aller… l'hygiène de l'endroit laisse à désirer, et sa fréquentation n'est pas des meilleures.
Un silence s'installa, jusqu'à ce que Heather se décide à changer de sujet.
- Sinon… dit Heather. On se demandait aussi, à propos de l'arrestation de Sturgis Podmore, est-ce que c'est parce qu'il gardait l'arme à laquelle Sirius a fait allusion quand il a parlé des projets de Voldemort ?
- Je vois que vous êtes toujours aussi perspicaces, vous, ainsi que Ron et Hermione, sourit le directeur. Cependant, nous nous demandons encore pourquoi Sturgis a voulu entrer dans cette salle. Il devait normalement se contenter de monter la garde devant l'entrée.
- Et… intervint Harry. Cette arme… Sirius et Mrs Weasley n'ont pas voulu nous dire de quelle nature elle était. Est-ce qu'il s'agit d'un sortilège, ou d'un objet ?
Dumbledore hésita longuement à répondre, puis il se décida.
- Ni l'un ni l'autre, non. En ce qui concerne les sorts et les objets de magie noire, Voldemort n'a, malheureusement pour nous, plus rien à apprendre. Mais beaucoup de choses peuvent devenir des armes entre ses mains. Cependant, je ne pense pas qu'il soit judicieux de vous mettre dans la confidence pour le moment. Bien. Si vous n'avez plus de questions, je crois qu'il est grand temps que vous alliez regagner vos lits.
- Une dernière chose professeur, demanda Heather. Un courrier de Percy Weasley nous laisse à penser que le Ministère va nous mettre encore plus de bâtons dans les roues. Est-ce que vous avez un moyen de répliquer ?
- Hélas, je n'en ai pas pour le moment. Vous verrez vous-même de quoi il retourne demain en recevant le journal. Je ne peux vous dire que deux choses. Dorénavant, nous ne pourrons plus nous voir comme maintenant, je crains de devenir l'objet d'une surveillance rapprochée. La deuxième chose que je vous dirai, c'est que les lois, ça se contourne et se manipule. Fudge va se servir de la loi pour nous "mettre des bâtons dans les roues" pour reprendre ton expression Heather. Mais aucune loi n'est infaillible. Sachez jouer sur les mots, et vous saurez passer entre les mailles du filet.
Heather acquiesça et fit mine de s'en retourner, mais Harry ne bougea pas.
- Oui, Harry, tu voulais me dire encore quelque chose ? demanda Dumbledore.
- En fait… lors de notre retour à Poudlard, Heather et moi avons vu quelque chose d'étrange.
Heather eut un sursaut, elle avait faillit oublier l'histoire de ces étranges chevaux.
- Nous sommes dans le monde magique, Harry. Il y a beaucoup de choses qui peuvent vous paraître étranges, dit Dumbledore d'un ton amusé.
- Il s'agissait de chevaux noirs, avec des ailes et des yeux tout blancs qui tiraient les calèches. Nous étions surpris et inquiets, parce que nous deux, les amies de Heather et une fille de Serdaigle mis à part, personne ne semblait les voir, expliqua Harry.
- Ah ! fit Dumbledore qui visiblement comprenait où Harry voulait en venir. Ce que vous avez vu ce jour-là, ce sont des Sombrals. Je crois que Poudlard possède le seul troupeau domestique au monde. Ce sont des animaux très pratiques, leur seul inconvénient, c'est qu'on ne peut les voir qu'à une seule condition. Est-ce que vous pouvez deviner laquelle ?
Harry fit tout de suite non de la tête, mais Dumbledore semblait vouloir le pousser à se servir de ses neurones.
- Réfléchis Harry. Quelle expérience toi et Heather avez-vous connu pour la première fois l'année dernière et qui vous a profondément marqué ?
Heather comprit alors, et visiblement, Harry aussi.
- Il faut… avoir vu quelqu'un mourir ?
Dumbledore hocha la tête.
- Triste condition, s'il en est. Bien… Maintenant, si vous voulez bien m'excuser, je dois encore faire deux ou trois petites choses avant de m'accorder quelques heures de repos.
Harry et Heather revinrent dans la salle commune de Gryffondor qui avait été désertée, à l'exception de Ron et Hermione. Ils n'eurent pas le temps de leur raconter ce qu'il s'était dit que la tête de Sirius apparut dans l'âtre de la cheminée. Il venait répondre au courrier de Harry. Hermione reprocha à Harry d'avoir écrit, mais celui-ci assura que personne n'aurait pu savoir de quoi il parlait. Sirius rassura Harry sur le fait qu'il ait ressenti un élancement de sa cicatrice, il leur parla d'Ombrage qui avait les hybrides en horreur, et de Fudge qui pensait apparemment que Dumbledore voulait se servir des élèves de Poudlard pour monter une armée afin de le renverser. C'était bien sûr tout à fait ridicule, mais ça avait le mérite d'expliquer pourquoi on ne leur enseignait pas à se défendre. Il leur parla également de Hagrid, mais ne leur apprit rien d'encourageant. Selon lui, le demi-géant aurait déjà dû revenir. Il se contenta d'appliquer le vieil adage : "pas de nouvelles, bonne nouvelle". Enfin, lorsqu'il proposa de leur rendre visite lors de la prochaine sortie à Pré-Au-Lard, Harry et Hermione refusèrent aussitôt, lui apprenant que dans le train, Drago Malefoy avait fait une allusion, que son père avait dû le reconnaître, et qu'il serait dangereux qu'il déambule dans les environs de Poudlard, même sous sa forme de chien.
