Chapitre 44 : Vision inversée
Lise se leva quand elle vit Kazuma entrer dans la pièce. Il avait l'air furieux.
- Qu'est-ce qui vous a prit ?
- Je suis désolée.
- Amener un civil ici. Un étranger !
- Nous n'avions pas le choix.
- Comment va Léos ? S'inquiéta Aria.
- Mon médecin, Vera, s'occupe de lui. Mais il n'a rien a faire ici ! A-t-il vu le chemin pour se rendre au manoir ?
- Non, le rassura Lise. Il est inconscient depuis qu'il s'est blessé. Ça s'est produit à au moins un jour de marche d'ici. Nous avons été attaqués par des soldats impériaux.
- Vous êtes sûre de ne pas avoir été suivis ?
- J'en suis sûre.
- Bon. J'espère que notre cachette n'est pas compromise, sinon nous paierons tous les conséquences.
- Elle ne l'est pas. A présent, cessez de vous inquiéter et laisser moi vous présenter les héritiers du royaume de Raggs.
Kazuma reporta son attention sur Teito et Aria, les observant plus attentivement.
- Alors voici Tiashe et Mira de Raggs, dit-il finalement. Je me nomme Kazuma.
Teito et Aria inclinère la tête respectueusement.
- Pour des raisons de sécurité, intervit Lise, Tiashe se nomme à présent Teito et Mira se nomme Aria. Personne à par vous ne doit savoir qui ils sont en réalité. Même entre ces murs.
- Je comprend. Je ne veux pas non plus déclancher l'effervescence dans mon clan. Les enjeux sont trop importants pour que nous fassions une erreur suite à un trop plein de zèle. Le fait de vous savoir en vie troublerait leur concentration.
- Est-ce vraiment la seule raison ? Demanda Teito.
- Que voulez-vous dire ?
- Je pense que garder notre existence secrète vous arrange personnellement.
- Teito ! Le prévint Lise.
- Continuez, dit Kazuma.
- Vous ne voulez pas perdre votre autorité. Et rester le maître des Raggsiens.
- Seriez-vous venu revendiquer le trône de Raggs ? J'ai succédé à mon père à la tête de mon clan, tout comme lui à succédé au sien. Les Raggsiens me suivent parce qu'ils me font confiance. Je ne suis le maître de personne.
- C'est ce que je voulais entendre.
Kazuma fronça les sourcils.
- Comment ça ?
- Je voulais savoir quel genre d'homme vous étiez. J'aurais été très déçu que vous ne vous souciez que de votre pouvoir personnel.
- Hum... A présent que vous êtes rassuré, vous allez pouvoir me dire ce que vous êtes venus faire ici. Elisabeth m'a dit que vous vouliez discuter avec moi.
- Nous aimerions savoir ce que vous avez fait des otages. Et ce que vous comptez leur faire.
- Il ne leur a été fait aucun mal. Nous avons seulement prélevé une mèche de cheveux sur l'un d'eux afin de faire avancer les choses plus rapidement.
- Qu'en avez-vous fait ?
- Nous l'avons envoyé au palais. Nous espérons avoir une réponse rapidement.
- Tous les otages sont en bonne santé ?
- Oui. A l'exception de Mme Grant qui souffre d'une maladie incurable. Mais mon médecin surveille son état de près.
- Risque-t-elle de mourrir ? S'inquiéta Aria.
- Pas pour l'instant.
- ça veux dire oui. Est-ce que vous comptez la relacher ?
- Non. Elle est notre otage le plus précieux. Tant que les choses n'auront pas avancé en notre faveur, je ne peux pas me permettre de la laisser partir.
- Mais cette femme est innocente ! Et elle va mourrir pour un crime qui n'est pas le sien ?
- Les impériaux sont responsables.
- C'est faux. Et vous le savez.
- Ils nous ont attaqué, asservis.
- C'est Ayanami qui a tué la reine de Raggs. Notre mère.
- Il était mandaté par l'Empereur.
- Non Kazuma, dit Lise. C'est la recherche du pouvoir qui l'a poussé à agir. Même maintenant, il ne pense qu'à son profit personnel. Il cherche à acquérir un pouvoir incommensurable.
- Quel pouvoir ? Il ne peut pas devenir Empereur.
- Il veut réveiller le pouvoir du temple.
- Il n'y a plus de gardiens...
- Il y en a de nouveaux. Et il a déjà réussit à s'emparer de deux pendentifs. Dont celui d'Aria.
Kazuma tourna la tête vers la jeune fille.
- Vous êtes une gardienne ?
- Celle de l'Air.
- Ben voyons ! Dit-il en lançant un regard accusateur à Lise.
- C'est pas moi qui l'ai décidé ! Se défendit-elle.
- Où sont les autres ?
- A l'église. Quoi qu'en ce moment, il se pourait qu'ils soient encore en pleine forêt...
- Quel autre pendentif a-t-il récupéré ?
- Celui du Feu.
- On pouvait s'y attendre.
- Oui. Et il fera tout pour récupérer les deux autres. C'est pour ça que nous avons été attaqués. Il nous cherche. Il veux récupérer les pendentifs et les yeux de Michael et de Raphael par la même occasion.
- Parce que vous avez aussi l'oeil de Raphaël ? Qui le porte ?
- Je préfère garder ça secret. Vous savez déjà que Teito porte celui de Michael.
- Oui. C'est une chance que l'oeil n'ai pas été perdu.
- C'est un héritage, dit Teito. Je le protègerai.
-... Vous ressemblez énormément à votre père. Et vous à votre mère.
- Je suis sûre que ma mère n'aurait pas été d'accord avec votre plan, dit Aria. Prendre des otages... cela peut mener au bain de sang. Je vous en prie, relachez-les.
- Désolé princesse mais...
- Kazuma-sama ! L'interrompit l'un de ses hommes en entrant.
- Qu'y a-t-il ?
- Nous avons des nouvelles du palais. Une annonce officielle à été publiée. Ils ouvrent les négociations et nous avons le choix du lieu et de la date.
- Des négociations ? Va me chercher Hikaru.
Quelques minutes plus tard, Hikaru entra dans la pièce. Quand ils virent son tatouage, les trois invités retinrent une exclamation de surprise.
- Le garçon tatoué sous l'oeil gauche ! S'exclama Teito.
- Vous vous connaissez ? Demanda Kazuma.
Hikaru fit non de la tête. Lise observait le garçon attentivement, les sourcils froncés. "Ce pouvoir... Il est..."
- Nous ne nous sommes jamais rencontré, dit-elle finalement. Mais quelqu'un a eu une vision de ce jeune homme. Cette personne à prédit sa mort. Vous êtiez attaqué.
- Vous voulez dire que nous allons subir une attaque ? S'exclama Kazuma.
- Peut-être pas dans l'immédiat. Mais ça viendra.
Kazuma réfléchit rapidement. Il ne fallait prendre aucun risque.
- Je vais faire doubler la garde. Hikaru va chercher Louise. Oblige-la à te suivre s'il le faut, mais emmène-la loin d'ici. Protège-la.
Le garçon partit aussitôt rejoindre les otages. Il ouvrit la porte avec fracas et se dirigea immédiatement vers Louise. Effrayée, celle-ci recula.
- Qu'est-ce que vous voulez ?
Sans ménagement, il la saisit par le bras et l'entraina avec lui. Il y avait de l'agitation dans les couloirs.
- Où est-ce que vous m'emmenez ?
-...
- Qu'est-ce qui se passe ici ? Pourquoi tout le monde à l'air aussi agité ?
-...
- Bon sang ! Mais répondez !
Soudain, un bruit d'explosion se fit entendre et le manoir entier trembla. Hikaru protégea Louise en la plaquant contre un mur alors que des débris tombaient du plafond. Louise rougit légèrement. C'était la première fois que le garçon la touchait d'aussi près. Puis il reprit son chemin au pas de course.
- Qu'est-ce que c'était que ça ? Nous sommes attaqués ? Et les autres otages ? On ne peux pas les laisser.
Louise tenta de lui faire rebrousser chemin, le tirant en arrière avec toute sa force. Hikaru ressera sa prise sur son bras et la força de nouveau à avancer.
- Ah ! Lachez-moi ! Vous me faites mal !
Tout à coup, un nouveau tremblement se produisit, faisant s'effondrer la moitié du couloir. Ils ne pouvaient plus avancer. Hikaru jeta de rapides coups d'oeil autour de lui et appercevant une bouche d'aération, il en décrocha la grille.
- Je ne rentrerai pas là-dedans, le prévint Louise.
Il leva les yeux au ciel et la força à entrer dans la conduite. Ils avancèrent lentement une fois à l'intérieur, accompagnés par les ralements de Louise qui résonnaient sur les parois métalliques.
- J'arrive pas à croire que je sois en train de crapahuter dans une bouche d'aération ! Je ne vois rien devant moi, ça pue, je vais ressortir pleine de crasse et la seule personne qui me tient compagnie dans cette galère ne veux même pas prendre la peine de m'adresser un mot ! Je sais pas moi... vous pouriez au moins me rassurer, me dire que tout ira bien. Ou que tout ira mal. Mais dites quelque chose enfin !
-...
- Vous êtes muet peut-être ?
-...
- A moins que vous soyez sourd et muet. Ça expliquerait tout.
-...
- ça doit être ça.
Elle était arrivée au bout du tunel et s'arrêta. Ne voyant rien, Hikaru se cogna contre elle.
- Hé ! Faites attention à ce que vous touchez.
Hikaru tendit le bras et lui appuya sur la tête, la forçant à s'allonger à plat ventre. Puis il l'enjamba précautionneusement, passant par dessus elle pour décrocher la grille.
- Qu'est-ce que vous fabriquez ? Vous me marchez dessus !
Une fois la grille enlevée, il sortit du tuyau. Puis il aida Louise à sortir.
- Non mais regardez-moi ! On dirait un plumeau à poussière.
Sans attendre, il la saisit de nouveau et il reprirent leur course à travers les couloirs toujours entrechoqué des vibrations des combats. Soudain les vibrations se rapprochèrent. Hikaru obligea Louise à courrir à toute allure. Il devait l'éloigner du danger. Il tenta d'ouvrir une porte derrière laquelle se trouvait le chemin vers la sortie. Mais elle était fermée. C'était la procédure d'urgence. Les issues avaient été condamnées pour que l'ennemi ne puisse pas s'enfuir. Alors qu'il allait enfoncer la porte d'un coup d'épaule, il entendit Louise crier :
- Attention !
Le temps qu'il se retourne, il était trop tard. Louise s'était jetée devant lui pour le protéger et elle tomba dans ses bras.
- Louise-sama ! S'exclama-t-il.
Elle avait du mal à respirer, le sang coulant d'un plaie profonde.
- Alors... tu n'es pas muet, dit-elle difficilement.
- Louise-sama ! Pourquoi avez-vous fait ça !
Louise ne répondit pas, ses paupières se fermant lentement.
- Non ! Louise-sama ! Ouvrez les yeux, répondez-moi ! Louise-sama !
Il ne faisait même plus attention à la personne qui avait lancé l'attaque et qui se dirigeait maintenant vers lui, la main tendue. Mais l'attaque ne vint pas, car leur ennemi fut abatu dans le dos et tomba au sol raide mort.
- Vous allez bien ? Demanda Lise en s'approchant, suivie d'Aria et Teito.
- Louise-sama...
- Elle est gravement blessée, constata Lise. Mais elle est en vie. Elle doit voir un médecin immédiatement.
- Elle est en vie ? Demanda Hikaru d'une voix faible.
- Oui.
"On dirait que la vision s'est inversée. Cette jeune fille n'aurait pas dû se trouver ici. C'est en les prévenant que le futur a changé."
- Oh mon Dieu ! S'exclama Aria.
- Qu'y a-t-il ?
- C'est Léos, dit Teito qui avait retourné le corps de l'agresseur.
- Bon sang ! S'exclama Lise rageuse. J'en étais sûre !
- Alors c'était lui depuis le début ? Demanda Aria. Il a prévenu les soldats que nous étions à l'auberge... et il m'a sauvée exprès pour que nous lui fassions confiance. Il voulait qu'on le mène jusqu'ici.
- Et son plan a marché ! Kazuma va nous tuer. C'est de notre faute si sa nièce est dans cet état.
- Emmenons-la rapidement voir le médecin, dit Teito.
Hikaru prit Louise dans ses bras et ils partirent rejoindre les autres Raggsiens au plus vite.
- Vera ! Cria-t-il en apercevant le médecin.
- Hikaru ? Je te croyais parti... Qu'est-il arrivé à Louise-sama ?
- Une attaque de zaiphon... elle m'a protégé.
- Viens vite.
Elle le mena jusqu'à l'infirmerie où il la déposa sur la table d'examen. Vera se saisit de son matériel, et s'employa à déchirer la robe de Louise afin d'exposer la plaie.
- Seigneur... elle a perdu beaucoup trop de sang.
- Elle va s'en sortir ? S'inquiéta Hikaru. N'est-ce pas ?
Vera ne répondit rien, bien incapable de répondre à cette question. Pour l'instant les choses se présentaient très mal. Elle fit de son mieux pour arrêter l'hémoragie, vérifiant régulièrement le poul de Louise.
- Louise ! S'exclama Kazuma en faisant claquer la porte.
Quand il vit l'état de sa nièce, il son visage devint pâle. Puis la colère prit le dessus et il attrapa Hikaru par le col.
- Je te l'avais confiée !
- Je sais. Je mérite un chatiment.
Kazuma sortit un long couteau qu'il posa sur la gorge du garçon.
- Kazuma-san ! Intervint Aria en lui agrippant le bras. Arrêtez, je vous en prie !
- Ne vous mêlez pas de ça !
- Pas question ! C'est ma faute si elle est blessée. Lachez-le ! Par pitié !
Kazuma relacha Hikaru, se trournant vers Aria qui venait de s'agenouiller au sol.
- Tout est de ma faute. C'est moi qui ai ammené Léos jusqu'ici. Si vous devez tuer quelqu'un, tuez-moi.
- Aria ! S'exclama Teito interloqué.
- Je vous en prie, continua-t-elle en baissant la tête jusqu'au sol. Ne faites pas payer mon erreur à quelqu'un d'autre.
Kazuma l'observa un moment sans rien dire. Aria ne tremblait pas. Elle était parfaitement consciente qu'elle portait le poid de toutes les personnes blessées ou tuées par Léos. Si Kazuma réclamait sa tête, il était de sa responsabilité de la lui donner sans protester.
- Vous tuer... Cela règlerait nombre de nos problèmes.
Teito lui lança un regard scandalisé.
- Vous n'allez tout de même pas...
- Votre mort, continua Kazuma, soulagerait ma soif de vengeance et mettrait fin aux plans d'Ayanami. Car sans vous, les pendentifs disparaîtraient de nouveau et le temple serait scellé.
- C'est exact.
- N'avez-vous personne à qui vous tenez ? Votre frère n'est-il pas important pour vous ?
- Il l'est. Et ce n'est pas le seul.
- Alors jeune fille ne soyez pas aussi pronte à demander la mort. Vivez pour réparer vos erreurs. C'est dans la vie qu'on les assume, pas dans la mort. Vous êtes la princesse de Raggs. Soyez-en digne et conduisez-vous comme tel !
Vera et Hikaru tournèrent la tête vers eux. La princesse de Raggs ?
- Maintenant relevez-vous.
Aria fit ce qu'il lui avait demandé et s'inclina de nouveau devant lui.
- Je paierai ma dette, dit-elle simplement.
- Je la paierai avec elle ! S'exclama Teito. Tu es ma soeur, et tu n'es pas arrivée seule ici avec Léos.
- Vous discuterez de cela plus tard ! Intervint Vera. J'ai besoin de calme pour soigner Louise.
- Où en es-tu ? Demanda Kazuma.
- J'ai arrêté le saignement. Je suis en train de la recoudre.
- Tu l'as endormie ?
- Non, elle risquerait de ne pas se réveiller. Hikaru vérifie son poul.
Le garçon prit le poignet de Louise afin de sentir les pulsations.
-...
- Alors ? Demanda Vera.
- Il... il n'y a rien.
- Quoi ?
Vera se saisit du poignet, vérifiant par elle-même que le coeur de Louise s'était arrêté. Puis elle plaça sa main au dessus de son visage.
- Elle ne respire pas ! S'exclama-t-elle.
Aussitôt, Vera commença le massage cardiaque, alternant insuflations et pulsations. Le temps passait et Louise ne revenait pas à elle.
- Allez Louise-sama, murmura Vera. N'abandonnez pas.
Elle continua ainsi encore une minute avant d'arrêter, les bras dénués de toute force.
- Je... je ne peux plus...
- Tu veux dire que c'est fini ? Demanda faiblement Kazuma.
Vera leva les yeux vers lui une expression d'impuissance sur le visage.
- Non ! S'exclama Hikaru.
Il prit la place de Vera et reprit le massage cardiaque.
- Louise-sama vous ne pouvez pas mourrir ! Mon maître m'a ordonné de vous protéger et c'est ce que je vais faire.
Le regard de Louise était toujours aussi vide. Même si elle avait les yeux ouverts, Hikaru savait qu'elle ne le voyait pas.
- Je vous en prie regardez-moi ! Regardez-moi Louise-sama !
Alors Louise battit des paupières et une étincelle s'alluma dans son regard. Puis elle porta ses mains à sa bouche et toussa fortement.
- Louise ! S'exclama Kazuma en se précipitant à son chevet.
Sa respiration était difficile, elle était à moitié consciente.
- Vera ? S'inquiéta Kazuma de voir que sa nièce ne lui répondait pas.
Celle-ci sortit une petite lampe de sa poche et vérifia la réaction pupilaire de Louise.
- Elle est en état de choc. Mais ses jours ne sont plus en danger.
- Merci Vera.
- Remercie plutôt Hikaru. Sans lui, ta nièce ne serait pas revenue à elle.
Kazuma se tourna vers Hikaru qui s'était laissé tomber à genoux près de Louise, fixant la jeune fille. Son maître posa une main rassurante sur son épaule et dit :
- Merci. Merci de l'avoir ramenée.
Hikaru hocha la tête, les mots restant coincés dans sa gorge. Il avait vraiment crut qu'il ne réussirait pas à sauver Louise.
- Il vaut mieux l'emmener dans une chambre, dit Vera. Elle doit rester au calme. J'irai contrôler son état quand j'aurai soigné tous les blessés.
- Je vais vous aider, dit Aria. Même si je n'ai plus mon zaiphon de soin, je sais maintenant qu'il y a d'autres façons de sauver les gens.
Avant qu'ils ne sortent Kazuma dit :
- Vera ! Hikaru ! Vous êtes tenus au secret de ce que vous avez pu entendre dans cette pièce.
- A vos ordres ! Dirent-ils.
