Hello mes amours ! :D

Février est là et avec lui, je l'espère, un peu plus d'éclaircies. L'hiver est sombre, les ami-e-s ! (D'ailleurs, j'ai été voir Les heures sombres avec Gary Oldman cet aprem, je vous le conseille !). Plus joyeux, je vois des éclaircies au nouveau de l'écriture : les cinq premiers OS cadeaux sont terminés ! Le sixième en est à ses débuts. J'en profite pour vous motiver : avec les 920 reviews actuelles, il ne manque pas tant pour arriver à 1000, 1050 et 1100 et ainsi, gagner trois OS supplémentaires ! Eh oui, je suis dur-e en affaire (en plus, j'ai encore des idées pour... oh ! Au moins ça. (a))

Information pour celleux qui sont sur FaceBook : ce dimanche à 15h, je serai en direct vidéo sur ma page. N'hésitez pas à venir discuter avec moi ! (Vous me voyez, mais moi pas, si jamais)

Je vous laisse avec ce missing moment où même Hermione commence à trouver le temps long...

Réponse aux reviews anonymes :

Cecile : Merci pour tes reviews ! Pour Drago, je te dirais que la force de persuasion fait beaucoup de choses, mais je te laisse découvrir la suite pour t'en convaincre. (a) Quant à Ron, bon je ne l'aime pas, mais on peut aussi comprendre que la nouvelle est difficile à encaisser. Hermione n'a pas été très honnête avec lui non plus. Bisous ! :D

Aventure : Je ne sais pas si tu passeras par ici puisque tu viens de terminer l'épilogue, mais si jamais : merci ! Effectivement, le chapitre sur leur été en 1998 était un peu en dehors du temps, c'était voulu, c'était une parenthèse inattendue. Ravi-e que tu ais pris plaisir à me lire !

Merci à Lyra Muushya.


Hold me now I need to feel relief

Serre-moi dans tes bras maintenant, j'ai besoin de réconfort

Like I never wanted anything

Comme je n'en ai jamais voulu auparavant

.

I suppose I'll let this go and find a reason I'll hold on to

Je suppose que je vais lâcher prise et trouver une raison de patienter

I'm so ashamed of defeat

J'ai tellement honte d'avoir échoué

And I'm out of reason to believe in me

Je n'ai plus de raison de croire en moi

I'm out of trying to get by

Je n'essaie plus de m'en sortir

.

I'm so afraid of the gift you give me

J'ai tellement peur du cadeau que tu m'as donné

I don't belong here and I'm not well

Je n'appartiens pas à cet endroit et je ne vais pas bien

I'm so ashamed of the lie I'm living

J'ai tellement honte du mensonge dans lequel je vis

Right on the wrong side of it all

Je vais droit dans le mur

.

I can't face myself when I wake up

Je ne peux plus m'affronter moi-même au réveil

And look inside a mirror

Et me regarder dans la glace

I'm so ashamed of that thing

J'ai tellement honte de ça

I suppose I'll let it go.

Je suppose que je vais lâcher prise.

The gift, Seether.


Missing moment 6 : The gift (Le cadeau)

Mai 2004 : Élia a cinq ans

Hermione ne savait pas ce qu'elle avait en ce moment, mais elle pleurait sans cesse. Elle se levait le matin, et elle pleurait. Elle regardait Élia, et elle pleurait. Elle regardait Sébastien, et elle pleurait. Elle regardait par la fenêtre, et elle pleurait. Elle lisait, elle cuisinait, elle se lavait… et elle finissait en larmes. Parfois, même, elle pleurait en dormant. En bref, elle avait le cafard. Mais ça durait depuis des mois, à présent.

Depuis qu'elle avait reçu la lettre de Ron, en vérité. Celle-ci l'avait sacrément chamboulée. Elle avait passé les fêtes de fin d'année dans une sorte de léthargie, l'esprit ailleurs. L'esprit dans un univers parallèle, dans lequel elle n'aurait pas rencontré Malefoy un certain mois d'août 1998, et dans lequel elle serait rentrée en Angleterre pour vivre auprès de ses amis.

Puis elle se sentait coupable parce que c'était profondément injuste pour sa fille. Il y avait, certes, cette multitude de sentiments assimilables à du regret et de la tristesse. Mais, d'un autre côté, il y avait tout cet amour qu'elle portait à Élia. Et cet amour était plus que suffisant pour l'empêcher d'exploser en milliers de morceaux. À la place, elle explosait d'amour pour sa fille.

Ce qui lui faisait aussi atrocement peur. Parce que, quand elle regardait sa fille, elle voyait aussi Malefoy. Ce n'était pas l'être abjecte qu'elle avait connu du temps de Poudlard qu'elle imaginait, mais c'était celui qu'elle avait connu le temps d'une semaine à Los Angeles. Celui qui lui avait changé les idées dans sa dépression, celui qui avait fait naître en elle des désirs inavouables.

C'était non seulement des désirs sexuels, mais également des désirs absurdes. Tels une relation de couple… rien de plus idiot, en somme. Granger et Malefoy, c'était risible au plus haut point, tellement c'était improbable. Sang-de-bourbe et Sang-pur. Sauveuse du monde sorcier et fils de Mangemort. Le duo de l'inimaginable.

À la place de ses rêves idiots de romance à l'eau de rose, elle se retrouvait en France, mère d'une enfant qui ne connaissait pas son père biologique et qui ne le connaîtrait sans doute jamais. C'était de sa faute, évidemment. Elle ne savait pas comment parler de Malefoy à Élia. Elle ne savait pas comment parler d'Élia à Malefoy. Si six ans étaient passés depuis sa conception, c'était entièrement de sa responsabilité.

Certes, elle avait tenté de rattraper les dégâts, en gardant tout de même un contact épistolaire avec ses amis. Certes, elle permettait à Élia d'avoir une présence masculine à ses côtés. Certes, c'était mieux que rien. Mais Hermione sentait qu'elle pourrait offrir tellement mieux à sa fille. Elle méritait tellement plus qu'une vie où son existence était ignorée.

Un jour, peut-être… Quand Hermione se sentirait suffisamment forte. Quand elle aurait vaincu sa dépression. Parce que là, tout semblait plus lourd qu'une montagne. Et rien que l'idée de la gravir lui paraissait tout aussi impossible que de la porter.

La seule chose à laquelle elle se raccrochait, c'était la promesse qu'elle avait faite à sa fille, alors qu'elle n'était encore qu'un poupon : elle ne la mêlerait pas à ses problèmes d'adultes. Et pour ça, il fallait qu'elle reste à l'écart de la réalité de ses erreurs.

Juillet 2004

Cette année-là, Hermione et Sébastien avaient décidé de prendre leur semaine de congé en même temps, afin de pouvoir partir en vacances ensemble. Prenant la voiture, ils étaient descendus jusqu'au quartier sorcier de Barcelone.

Voir le regard émerveillé et le visage joyeux d'Élia en découvrant cette nouvelle ville, avec sa culture propre, ses couleurs chaleureuses, avait quelque peu éloigné les pensées sombres d'Hermione. L'émerveillement de sa fille était comme un baume au cœur. Le changement d'air y était peut-être pour quelque chose aussi.

Elle avait donc profité de leur escapade et des découvertes qu'elle leur offrait pour penser à autre chose, et s'oublier dans la joie de vivre d'Élia. En compagnon attentif, Sébastien jouait le guide enthousiaste et comblait la curiosité intellectuelle de la mère et de sa fille.

La Catalogne avait cette ambiance si particulière, entre la plage et le marché ouvert de Las Ramblas, entre culture et chaleur. Ils n'avaient évidemment pas manqué de visiter le parc Güell de Antoni Gaudi, la cathédrale de la Sagrada Familia, le stade de Quidditch et, enfin, l'Aquarium et le Vivarium des Animaux fantastiques, où les créatures recevaient des soins avant d'être relâchées dans leur environnement naturel (l'AVAF).

En fin de journée, une légère brise décoiffa Hermione qui passa ses mèches derrière son oreille. Elle observait les rayons du soleil couchant se réfléter dans l'étendue marine, un digestif à la main, installée sur le balcon de l'hôtel. Assis en face d'elle, Sébastien souligna à quel point il appréciait le fait que ses taches de rousseur ressortent sous le soleil espagnol. Il dit avoir l'impression de voir un ange tombé du ciel avec le halo lumineux autour de son visage.

À ces mots, le coin des lèvres d'Hermione se soulevèrent en un sourire. Ne manquait peut-être que l'éclat dans ses yeux pour parfaire le tableau.

Août 2004

Assise sur le rebord de la fenêtre, un thé à la camomille à côté d'elle, Hermione tentait de se retrouver ses esprits. Elle venait d'évacuer des larmes dans un silence honteux, après avoir lu la dernière lettre d'Harry. Elle était arrivée en début d'après-midi et elle continait de hoqueter dans un sanglot misérable.

.

Hermione,

James est né. C'est déjà un véritable lion, braillant à tout va et bravant les dangers de la vie à une heure où sa maman n'est pas encore tout à fait réveillée, épuisée de son accouchement. Nous en avons déjà parlé, et j'insiste, car tu es notre meilleure amie à tous les deux : sois sa marraine.

J'espère que tu vas bien. J'attends de tes nouvelles avec impatience. Je suis assez triste à l'idée de savoir que tu ne reviendras pas en Angleterre, mais, comme toujours, si tu sens que c'est là que tu dois être… J'accepterai tout ce qui te rendra heureuse.

Ne t'en fais pas pour Ron. Je sais qu'il a été particulièrement dur avec toi dans sa dernière lettre, et je sais aussi qu'il n'aurait jamais dû te parler comme il l'a fait, mais la grossesse de Ginny l'a quelque peu chamboulé. Tout n'est pas lié qu'à votre rupture, mais, disons plutôt que ça a ravivé des souvenirs et le fait qu'il se voyait un avenir avec toi.

Quand on lui a annoncé qu'il allait être tonton, je crois qu'il a réalisé qu'il était toujours célibataire et, inconsciemment, il ne t'en a voulu, comme si tu l'avais abandonné une deuxième fois. Comme d'habitude, ça lui passera. Tu le connais aussi bien que moi.

Je pense à toi. Je t'embrasse,

Harry.

.

Hermione était marraine. Elle n'était pas certaine de pouvoir assumer cette responsabilité à distance. Bien sûr, elle pourrait lui envoyer des cadeaux. Mais elle savait que ça ne remplacerait jamais la présence réelle d'une marraine.

Malgré tout, elle n'avait pas le cœur de refuser. Comment pourrait-elle justifier ça à Harry et à Ginny ? Jusqu'à présent, elle leur avait trouvé des excuses pour se tenir à distance. Refuser ce rôle, c'était signifier qu'il y avait un problème, signifier que leur amitié n'était plus ce qu'elle était. Et ce n'était définitivement pas ce que ressentait Hermione. Sans parler du risque encourru qu'ils se posent davantage de questions.

Non, ce n'était assurément pas le message qu'elle voulait faire passer, et elle accepterait, même si c'était injuste pour James. Combien de vies allaient devoir supporter les conséquences de ses erreurs ?

D'un murmure, elle s'excusa auprès de James, qui ne méritait pas cela. Cela lui faisait une raison supplémentaire de ne pas trop traîner en France. Mais la perspective était plus angoissante que stimulante. Rien que d'y penser, elle sentait l'étau se resserrer autour de sa gorge.

Au moins, elle avait un alibi en béton. Avec une relation… il y avait de quoi tenir le mensonge encore quelques temps. Le temps de voir la lumière au bout du tunnel.

Septembre 2004

Lorsqu'Hermione était rentrée de vacances quelques semaines auparavant, son supérieur lui avait annoncé une grande nouvelle : une affaire de grande ampleur, représentant les intérêts d'un haut dirigeant du Ministère français face aux allégations de maltraitance envers un elfe de maison, nécessitait un grand Manitou pour l'accusation. Il voulait que ce soit elle.

En effet, en France, il existait une loi qui interdisait aux sorciers de porter atteinte à l'intégrité morale ou physique de leur elfe de maison. En d'autres termes, on pouvait être poursuivi pour avoir fait subir divers sévices, corporels ou moraux à son elfe de maison. Ainsi qu'à toute autre créature magique, d'ailleurs. Hermione n'était pas spécialisée dans la traite des créatures magiques, mais les enjeux politiques suffisaient à justifier la légitimité de son mandat.

Évidemment, ça lui avait fait peur. Est-ce qu'elle était réellement capable d'assumer une telle responsabilité ? Après tout, elle n'avait que vingt-cinq ans. Le temps semblait être passé si vite. Mais Hermione avait finalement accepté le poste. En grande partie en souvenir de son investissement pour la S.A.L.E., qu'elle avait créée durant son adolescence.

Elle avait donc été promue, passant du service public attaché au Magenmagot au service des relations internationales. Il était évident qu'elle se trouvait encore au bas de l'échelle, avec les autres avocats de la défense, mais elle côtoyait quotidiennement les Moyens et Grands Manitous du Département de la Justice magique. Elle espérait bien, un jour, atteindre leur renomée…

Ses journées s'étaient donc considérablement allongées, bien qu'elle réalisait la plupart de ses heures supplémentaires à domicile, pour ne pas qu'Élia se sente délaissée et le soit effectivement. Heureusement pour Hermione, sa fille n'avait pas perdu son caractère autonome. La présence de Sébastien l'aidait également beaucoup dans les tâches quotidiennes.

Et, régulièrement, emportée par la fatigue, Hermione s'endormait sur le canapé. Parfois, même, elle s'endormait, tendue comme un balai sur une chaise de la salle à manger, se réveillant avec des douleurs de tension assez importantes, et en se demandant comment elle avait pu tenir dans cette position sans se réveiller dans une sensation de chute imminente.

En cet instant, elle ne dormait pas encore, mais elle luttait contre l'endormissement en se répétant des encouragements à haute voix, se frottant les yeux trop souvent pour que ce soit encore raisonnable de se forcer.

Tout à coup, elle se rendit compte qu'un bruit étrange, en prévenance de la cuisine, se faisent entendre.

Cela ressemblait au sifflement d'une locomotive. Même fatiguée, Hermione avait bien conscience que ça n'avait aucun sens. Il devait y avoir une explication plus logique. Intriguée, elle se leva, trouvant Élia une tasse fumante à la main.

« Qu'est-ce que tu fais, ma chérie ? » lui demanda Hermione, qui fronçait les sourcils.

« Je voulais t'apporter un café, maman. Parce que tu es tout le temps fatiguée, mais que tu as encore beaucoup de travail », lui répondit naturellement Élia.

Hermione porta son regard sur l'infuseur à café, duquel s'échappait encore de la vapeur d'eau. L'appareil n'était pas branché par souci d'économies et de sécurité, Élia n'aurait pas pu l'allumer pour le mettre en marche. Seule la magie pouvait expliquer le café qu'elle venait de lui préparer.

« Mais… comment est-ce que tu as fait ? » formula malgré tout Hermione, sur un ton étonné.

Élia haussa les épaules.

« J'en sais rien. J'ai fermé les yeux et j'ai pensé très très très fort que tu étais fatiguée », dit-elle en plissant les paupières, mimant la concentration. Son nez se froissait d'une manière attendrissante et comique à la fois, dans l'exagération de son jeu d'actrice. « Je voulais te donner un café, parce que t'as dit « la caféine ça m'aide à rester éveillée ». Puis quand j'ai rouvert les yeux, y'avait de la fumée au-dessus de la machine, alors j'ai mis de la poudre dans le papier brun là. Et tadaaaa ! Le café était prêt. » (1)

Hermione resta coite durant un moment, partagée entre la surprise et l'attendrissement. Secouant la tête, envahie par l'émotion, ses yeux s'humidifièrent. Sa fille était tout simplement extraordinaire. Sa fille était remplie d'amour. Et Hermione était remplie de fierté.

Elle lui prit la tasse des mains, l'embrassant avec émotion avant de la serrer très fort contre elle. Elle avait de la chance d'avoir cette merveille dans sa vie.

Décembre 2004

Hermione était installée à la fenêtre de la cuisine, tenant une tasse de thé d'une main et une lettre de l'autre. Décidément, c'était son lieu de réconfort tout désigné après une lecture difficile.

Elle l'avait reçue à la fin du mois de novembre, et il lui était particulièrement épineux d'y répondre. C'était pénible, parce qu'elle n'avait pas de justification valable à donner pour refuser l'invitation d'Harry et de Ginny à venir passer Noël à Londres, chez eux, et enfin rencontrer son filleul. Mais elle ne pouvait décider pas être séparée d'Élia pendant les fêtes.

Elle sursauta lorsqu'elle sentit une main se poser sur son épaule. C'était Sébastien, qui n'avait plus pu garder le silence face à sa détresse.

« Pourquoi tu ne leur présentes pas Élia ? Ce serait tellement plus simple pour toi », lui demanda-t-il avec douceur.

« Comment tu réagirais si ta meilleure amie t'avait caché pendant six ans qu'elle était maman ? » lui répondit Hermione sur un ton las, ramenant son regard à travers la fenêtre, sans réellement voir le paysage qui s'y étendait, perdue dans ses pensées.

« Je lui en voudrais », admit-il. « Mais j'essayerais de comprendre, je pense. C'est ce que Harry ferait, lui, non ? »

« Je ne veux pas les perdre », s'entêta-t-elle, bien qu'elle soit d'accord avec lui. Harry était tellement compréhensif, elle ne l'imaginait pas lui en vouloir. En tout cas, pas raisonnablement. Parce que le doute s'insinuait malgré tout en elle, la paralysant.

« Plus tu attends, plus tu augmentes ce risque », lui rappela-t-il.

Hermione soupira, fermant les yeux, comme pour ne pas céder.

« Je ne sais pas pourquoi, mais je sens que ce n'est pas encore le moment », avoua-t-elle.

« Est-ce qu'il y a un bon moment pour annoncer que tu as menti pendant six ans ? »

Sébastien avait raison, bien sûr. Hermione ne pouvait pas le nier. Qu'attendait-elle ? Elle ne savait pas. Mais il lui faudrait une très bonne raison pour remettre en cause l'équilibre de vie qu'elle avait instauré pour sa fille. Elle se trouvait au pied du mur, sachant pertinemment ce qu'il fallait faire pour le détruire, mais redoutant ce qu'elle allait découvrir derrière celui-ci. Le doute et l'inconnu étaient parfois pires que la certitude de foncer droit dans le mur.

Face au silence prolongé d'Hermione, Sébastien abandonna l'idée de la convaincre.

« Tu n'as qu'à lui dire que tu as ton affaire en cours. Ce n'est pas un mensonge, et tu as besoin de rester en France pour la gérer », lui suggéra-t-il. « Et, quand tu auras un peu de temps, tu pourras partir le temps d'un weekend, pendant que je m'occuperai d'Élia. »

Hermione acquiesça. C'était encore la meilleure solution, même si c'était à court terme. Elle avait du mal à assumer sa décision, la situation devenant de plus en plus délicate. Plus le temps passait, plus il était difficile de justifier son silence. En plus, voir Élia grandir lui rappelait le temps qui passe, et les années s'égrénaient avec horreur.

« Hermione ? » l'interrompit Sébastien dans le cours de ses pensées.

Elle leva la tête vers lui. Il l'observait d'un air bienveillant.

« Tu es une bonne mère. Tu fais ce que tu peux pour Élia et c'est le plus important. Le reste, tu t'en accommoderas, parce que tu es une femme forte. »

Posant sa tasse et la lettre sur l'appui de fenêtre, elle tendit le bras en direction de Sébastien, l'incitant à s'approcher d'elle. Alors elle diminua l'espace qu'il restait entre eux, l'embrassant avec douceur.

C'était sa façon à elle de le remercier pour tout ce qu'il faisait. Pour elle et pour Élia. Il venait de lui dire exactement ce dont elle avait besoin d'entendre pour cesser de rechigner et appliquer les décisions qu'elle avait prises, quoi que cela lui coûte et lui en coûterait.

Février 2005

Harry et Ginny avaient, bien sûr, été déçus d'apprendre qu'Hermione ne saurait pas se déplacer au Royaume-Uni pour l'instant. Mais, la presse internationale ayant relayé l'affaire, ils avaient pu considérer l'ampleur des enjeux pour la carrière d'Hermione, et comprenaient qu'elle ne puisse pas passer les fêtes avec eux. Le problème était donc postposé. Comme toujours.

Hermione avait de toute façon beaucoup plus urgent à traiter que l'inconfort généré par ses mensonges : son affaire était réellement tendue. Il était difficile de défendre un sorcier qui manquait cruellement de considération pour les avocats. Hermione était supposée lui parler avec diplomatie alors qu'elle rêvait de le pétrifier sur place. Elle sentait qu'un jour, sa verve lui porterait préjudice.

D'autant plus que ses propos étaient relayés par les médias et avaient une influence plus importante que si elle était responsable d'un dossier lambda. Malgré tout, tout le monde avait confiance en elle, à commencer par son supérieur direct et le Ministère de la magie français. C'était peut-être ce qui était le plus stressant, en fin de compte. Mais elle s'accrochait.

Plus encore, Élia aurait six ans dans les mois à venir. Comme elle devenait une grande fille, il allait falloir lui organiser une fête d'anniversaire. À n'en pas douter, elle inviterait les voisins, Léon et Louis, qu'elle connaissait déjà depuis plus de cinq ans. Depuis la crèche, pour être plus précise. Cela ne la rajeunissait pas.

Hermione soupira. Le temps passait tellement vite. Beaucoup trop vite.

« ça va, maman ? » entendit-elle, avant de voir dépasser la tête d'Élia par l'entrebaillement de la porte.

Hermione lui sourit. Sa fille était toujours là, attentive à son bien-être. Hermione lui ouvrit les bras. C'était un amour, et elle l'aimait de tout son cœur. Qu'importe les difficultés de la vie, c'était son rayon de soleil.

« Oui. Viens là, mon cœur », l'enjoint-elle.

En une dizaine de pas, Élia la rejoint, grimpant dans le lit. Elle se blottit alors dans les bras que sa mère lui tendait.

« Parfois, tu es triste », affirma Élia après un moment de silence.

Hermione observa sa fille, dont elle ne distinguait pas le visage, puisqu'il était enfoui dans le tissu de sa blouse.

« ça arrive, oui », admit-elle. « Des fois, on est un peu fatigué de la vie, puis ça va mieux. »

« Pourquoi tu es fatiguée de la vie aujourd'hui, maman ? » demanda Élia, sur un ton alliant curiosité et attention.

Hermione marqua une pause, surprise de la réflexion dont lui faisait part Élia.

« Parce que, aujourd'hui, mon pays et mes amis me manquent », admit-elle enfin.

« On devrait aller au Royaume-Uni, un jour. Tu pourrais voir tes amis comme ça », affirma Élia avec un grand sourire.

Hermione sourit tristement. Si ça pouvait être aussi simple… Enfin, peut-être que ça l'était et que c'était elle qui se faisait une montagne pour pas grand-chose. C'était difficile de savoir quand on avait les idées embrumées.

« Tu aimerais bien aller là-bas ? » répliqua Hermione, détournant la conversation de son idée première.

Élia acquiesça énergiquement.

« C'est mon pays aussi, même si je ne le connais pas. »

« C'est vrai. Alors un jour, on ira », lui promit Hermione.

Un silence s'installa entre mère et fille, bercées par le sommeil qui les guettait.

« Maman ? » fit Élia après quelques instants, la voix ensommeillée.

« Oui, ma chérie ? »

« Moi, je serai toujours là, parce que je t'aime. »

« Han ! » fit Hermione alors que son cœur fondait d'amour pour Élia. Elle la serra encore plus fort contre elle. « Moi aussi, je t'aime. Tellement, tellement, tellement fort. »

Hermione se sentait tellement chanceuse d'avoir Élia et cet amour qu'elles partageaient au quotidien. Elle représentait tout ce que la vie lui avait donné de plus beau c'était le meilleur cadeau qui puisse être.

Et, même si ce n'était pas facile tous les jours, que la situation l'avait éloignée de son pays, de ses parents et de ses amis, Hermione n'aurait changé pour rien au monde cette relation qu'elle avait avec sa fille. Quand bien même elle avait peur, peur de l'influence qu'elle avait sur le bien-être ou le mal-être de sa fille.

OoOoO

Ajustant son col de chemise, Drago s'observa dans le miroir pour nouer sa cravate. Derrière, devant, dans la première boucle, dans la seconde boucle. Il ajusta le nœud avant d'accorder une plus grande attention à son reflet.

Ses cheveux blonds étaient peignés avec élégance et figés par un sort pour les empêcher de bouger durant la cérémonie. Il portait un costume noir, et des rappels vert et argent pour la cravate, la pochette et les boutons de manchettes. Ses yeux anthracite s'accordaient également, mais ils se trouvaient sensiblement plus proches de la couleur de la pierre que de la brillance de l'argent.

Ce jour, c'était supposé être le leur, à Astoria et à lui. Ce jour où Astoria deviendrait officiellement Astoria Malefoy, et rejoindrait leur noble lignée. Ce jour où Drago se sentait comme un imposteur.

Une part de lui était soulagée, parce qu'il quitterait enfin le Manoir. Il ne vivrait plus quotidiennement avec son père, il ressentirait moins la pression et ce besoin douloureux de le rendre fier. Et une autre part de lui était en panique. Il éprouvait de l'affection pour Astoria, qu'il considérait comme une femme digne, entre tradition et modernité. Mais il ne l'aimait pas. Et il allait passer sa vie avec cette femme pour laquelle il ne ressentait aucune once d'amour.

Le fait que ça soit injuste pour elle lui était complètement égal. Ça fonctionnait de cette façon depuis des lustres chez les Sang-pur. Par ailleurs, il ne voyait pas d'objection à ce qu'elle exerce un métier, ce qui était contesté, elle serait donc plus épanouie et plus libre qu'avec n'importe quel autre sorcier. C'était presque contradictoire, puisque ça risquait de remettre en question la fierté de son père.

Le cœur battant, Drago échappa à son propre regard dans le miroir. Plus que jamais, il avait besoin de la reconnaissance de son paternel. Sinon, il aurait fait tout cela pour rien. Mais seul l'avenir lui dirait s'il avait posé les bons choix. Il n'avait que son instinct pour le guider sur sa destinée.


(1) Je remercie une fois de plus MissPika42 pour son idée. Sans le savoir, elle a trouvé LA manifestation magique qui caractérise le mieux le caractère d'Élia.

Rendez-vous la semaine prochaine pour voir Hermione s'enliser dans ses mensonges et Drago prendre c... Non, j'ai rien dit. Hein Cecile ? *Clin d'œil* (Quand tu écris cette note à 7h46 et que tu as du mal à te réveiller et que tu racontes de la merde mais que c'est quand même sadique. Signé, Cailean. Enfin moi hein, pas le Cailean de TALYPE. Ça sonne narcissique comme phrase...)

Paillettes de licorne sur vous !