Bonne lecture ^^


Chapitre 45- Valeur:

Cette deuxième partie de la Guerre était bien plus violente. La mort, puis la résurrection de Potter avait changé quelque chose en les combattants. Au milieu de tous les combats qui se déroulaient autour de nous, un seul déciderait de l'issu de la Guerre. Quelque part, dans le château, Potter et Voldemort s'affrontaient.
Je ne me battais plus que pour une seule raison, me rappeler qui j'étais, me pardonner mes erreurs. Je voulais tenter de me racheter, d'effacer ces mois de supplice en retournant là où j'aurais dû être. Je voulais ma rédemption. Et je savais que c'était dans le sang de mes anciens alliés qu'elle se trouvait. Aussi nous rentrâmes avec force dans la véritable bataille, oubliant nos doutes et notre pitié. Les cours que nous avions eus étaient dirigés contre ceux qui nous les avaient dispensés, notre haine, notre facilité à tuer, était devenu les acteurs de leurs morts. Mais notre revirement de dernière minute n'était connu que de nous...

Nous étions tous ensemble, de temps en temps séparés, mais jamais définitivement. C'est ainsi que nous suivîmes tous la suite d'événement qui se déroula, malheureusement bien ironiquement. Je vis un sort fendre l'air alors que la cible, qui se trouvait être Coll, ne l'avait pas vu. Je n'eus le temps de rien faire que Drew poussa Coll et s'écarta du même coup. Mais en sauvant Coll du rayon vert, Drew avait abandonné ses protections et son ancien assaillant l'avait bien vu. Je vis l'ébauche d'un sourire mêlant lassitude et apaisement se graver dans ses traits avant que sa vie ne lui soi volé. Coll perdit le contrôle, se leva et tua le Mangemort par un sort bien plus sadique qu'un Avada. Il retourna ensuite près du corps détendu et se protégea pour l'emmener au près des autres, sans un regard ni un mot. Drew, celui que je prenais pour le plus vicieux, pour le plus manipulateur, et pour celui qui aurait été le plus capable de nous trahir venait de sauver la vie de l'un de ses amis, conscient qu'il y laisserait la sienne.

Celui qui arriva ensuite n'avait vus ni qui nous avait attaqué, ni le sacrifice de Drew, ni ceux que nous combattions désormais. Non, il était aveuglé, brisé et il refusait de voir que nous n'étions pas de bons bouc-émissaire. Il attaqua trop rapidement pour que l'on réagisse, pour que l'on l'eu veuille. On nous parle souvent du pouvoir de l'amour. Pourtant, on oublie que les sentiments ne sont que des dérivations les uns des autres. Une suite logique de ressenti. Et si l'Amour est puissant, la peine ne l'est pas moins. Et lorsque celui qui avait perdu la moitié de lui-même, lança ce sort, George Weasley n'était habité que par une peine immense et aveuglante. Je sentis SES bras m'entourer avec force et possession, m'offrant son corps comme rempart et comme prison. Mon dos contre son torse, mes bras bloqués, Drago savait que j'aurais tenté de me libérer et pourtant son étreinte était douce. Il cacha sa tête dans mon cou alors que je fermais les yeux et je n'eus besoin d'aucun mot alors que nous faisions fusionner nos énergies magiques, créant un Protego autour de nous. Et une peine indicible rencontra un amour à toute épreuve. Je sentis un choc puis un tressaillement dans mon dos. Et le corps qui me serrait contre lui s'écrasa sur moi. Je me laissai tomber au sol, prenant son corps contre le mien, vulnérables. Je fixai ses yeux fermés et ses traits sereins, les caressant du bout du doigt alors que je pleurais silencieusement, incapable de plus. J'étais... inexistante. J'étais bien là, serrant SON corps encore chaud, mouillant SES joues de mes larmes; mais j'avais disparue. Je ne ressentais plus rien d'autre que ce besoin de LUI. Je tremblai, j'avais froid, j'étais dévastée. J'entendis vaguement des gens hurler et une voix trembler, je sentis Blaise s'agenouiller près de moi, ne comprenant pas bien ce qu'il m'arrivait. Mais je m'en fichais, je m'en fichais parce que quelque chose venait de renaître en moi. L'espoir. Je me penchais doucement et effleurai SON cou de mes lèvres, sentant SON sang pulser dans ses veines. Je collai mon oreille contre son cœur et l'entendis battre faiblement. Je me fichais bien des raisons, Drago était vivant! Il y avait encore un infime espoir qu'il s'en sorte. Je levai alors les yeux vers Blaise, qui fit de même.

-Je l'emmène à l'infirmerie.

Je transplanai sans plus, apparaissant dans une infirmerie surchargée et en pleine ébullition. Je me relevai et fit léviter Drago, cherchant du regard quelqu'un capable de m'aider. C'est alors que je vis Promfresh s'afférer sur un corps sanguinolent. Je ne me posai pas plus de question. Je m'avançai vers elle en faisant attention à Drago, ne me sentant pas de le laisser.

-Une Mangemort!

-Tuez là!

-Regardez, c'est Malefoy! Tuez le aussi!

-Arrêtez! Elle était avec ceux qui m'ont sauvée, cria une blessée. Vous savez ces quinze Mangemorts de septième année qui ont changés de camp.

-Ah oui, c'est Elixir!

-On s'en fout! C'est une Mangemort!

- Non, ne fais pas ça!

Alors que ceux qui me pensait innocente retenait ceux qui me jugeait coupable, Mrs Promfresh accourut vers moi, ayant visiblement sauvé son patient. Elle fit léviter Drago jusqu'à un lit inoccupé et passa sa baguette sur son corps.

-Que se passe-t-il?

-Il a reçu un Avada, murmurai-je la voix cassée.

-Impossible. Il serait mort.

-Non. On a créé un Protego à deux mais...

-Oui je vois, compatit-elle.

J'attendis qu'elle ait fini son examen, me rongeant les ongles sans LE quitter du regard. Elle se tourna doucement vers moi et pris mes mains.

-Il est dans une sorte de coma. Votre sort a nettement amoindri la puissance du sort mais ne l'a pas annihilé.

-Il va s'en sortir.

-Je n'en sais pas plus Angelina, je suis désolée.

-Mais il a une chance!

-Oui, bien sûr.

Elle repartit mais s'arrêta et fit demi-tour.

-Je suis sincèrement désolée pour votre bébé.

Puis elle partit, s'activant à sauver un maximum de gens. Je me retournais vers Drago et me laissai tomber, assise à ses côtés. Je pris doucement sa main et caressai ses cheveux en m'abreuvant de lui. On aurait dit qu'il dormait, qu'il était un ange. Je sentis les larmes couler de nouveau sur mes joues. Je n'avais pas mal, tout simplement parce que je n'existais plus. Il était là, entre la vie et la mort, et je le regardais impuissante. Tout mon être souffrait affreusement, au-delà du supportable, mais je n'y avais plus accès. Je n'existais que pour lui, or ce n'était même pas sûr qu'il existe encore. Son visage se brouilla derrière mes larmes et je fermai les yeux, en me laissant aller contre son torse. Je me perdais dans son odeur, serrant mes paupières à la réalité. Je me plongeai dans nos souvenirs, dans nos échanges sans grande douceur, notre jeu, puis dans ce qui était devenu petit à petit ce que nous partagions maintenant. Je l'embrassai doucement, séchais mes larmes et me redressai pour le regarder. J'avais besoin de le lui dire, ça m'était nécessaire. Je compris alors toutes ces scènes pleines de mièvrerie dans lesquelles l'amant rester en vie criait au défunt à quel point il l'aimait. Je le savais parce que du plus profond de mon âme, j'avais besoin qu'il le sache. Parce que, oui, je l'aimais. Une boule se forma dans ma gorge, rendant ma respiration plus hachée. Mais je ne pouvais pas. Si je lui disais, ça revenait à lui dire au revoir, non? Mais il n'était pas encore parti. J'aurai encore plein de raison de le lui dire. Je n'aurai plus peur de ce que je ressentais pour lui. Nous l'aurions, notre futur loin de cette Guerre. Je devais juste attendre qu'il se réveille et me taire. Je ne devais pas me laisser aller. Je n'en avais pas le droit. Je chassais mes larmes, serrais les dents et calmai ma respiration. Je ne lui dirai rien, je ne lui promettrai rien; tout simplement parce qu'on ne parle pas à un corps qui ne nous entend pas. Je luttais alors pour garder mon sang-froid et ne pas m'écrouler de nouveau à ses côtés. On était en Guerre et je me devais de me battre pour lui. Pour un futur "nous". Je ressentis le besoin de courir hors de cette pièce, loin de ce corps qui me hurlait qu'il était sa prison. Je voulais m'aérer, me battre, ne pas me laisser couler dans le néant dans lequel je venais juste de sortir, forte de mes nouvelles décision. Mais, car il y a toujours un "mais", je ne pouvais le laisser là, si faible et si vulnérable. Je devais le protéger. Je sentis une main sur mon épaule qui me fit sursauter. Ce n'était que Promfresh.

-Excusez-moi, je vais essayer une potion de réveil.

-Attendez. C'est sans danger?

Elle réfléchit au mot à employer pour faire preuve de tact.

-Si, mais très peu. Nous n'avons pas vraiment le choix. Il faut tenter quelque chose.

-Vous ne savez pas, pas vrai.

-Non, je n'ai jamais été confronté à ça. C'est la solution la plus douce pour tenter de le ramener.

J'hochai doucement la tête et me relevai, gardant sa main dans la mienne. Mrs Promfresh versa sa potion dans une seringue avant de la planter dans le bras de Drago. Elle lui injecta le remède et retira l'aiguille, nettoyant la petite plaie d'un sort. 70 battement de cœur plus tard*, le médicament fit effet. Il se mit d'abord à trembler puis hurla. Un cri à m'en déchirer l'âme. Il se contorsionnait sur le lit, les traits crispés par la douleur et les yeux fermés avec force.

-Ça c'est votre solution douce?! Faites quelque chose!

L'infirmière s'activai alors que Drago me pressai la main à m'en briser les os. Je voyais bien qu'elle était dépassée, qu'elle n'y arriverait pas. Quelqu'un me poussa légèrement sur le côté, s'activant à son tour pour Drago. Je relevai les yeux et vit que des médecins de Ste Mangouste s'occupaient de lui sauver la vie, alors qu'avant seule Promfresh acceptait d'aider des Mangemorts. Je ne comprenais rien à ce qu'il faisait, alors je gardais les yeux fixé sur Drago, me contentant de les écouter. Il ne cessait d'hurler, foudroyé par une douleur dépassant les Doloris.

-Mrs Promfresh, des calmants, vite!

-Injectez les dans le cœur!

-Retenez-le, il risque de se blesser!

Quelques secondes plus tard, Drago se calma, arrêtant d'hurler mais serrant les dents. Il trembla de moins en moins et finit par être parfaitement calme. L'espace d'une seconde, je crus qu'il était mort. Mais il ouvrit les yeux, timidement. Ses cheveux était décoiffés, ses vêtements déchirés, ses traits encore crispés de douleur, ses joues baignés d'un mélange de nos larmes et ses yeux à moitié ouvert. Je restai pétrifiée, incapable de faire quoi que ce soit, n'osant croire à la vie qui s'immisçait de nouveau en moi alors qu'elle le ramenait.

-Angel, prononça-t-il difficilement d'une voix cassée.

Je me jetai alors sur lui, le serrant contre moi et cachant ma tête dans son cou alors que je pleurais de nouveau. Il me serra lui aussi, passant sa main dans mes cheveux. Je me relevai suffisamment pour l'embrasser, et posait délicatement mes lèvres sur les siennes. Je me relevai ensuite et lui sourit, incroyablement heureuse.

-Mademoiselle?

Je me retournai vers le médicomage qui me souriait malicieusement.

-Votre main?

J'enlevai ma main de celle de Drago, retenant un hurlement en me rendant compte qu'elle était cassée. Le médicomage la pris délicatement et jeta un sort. Il me sourit et rejoignit ses collègues. Je le retins par la manche.

-Excusez-moi, est-il complétement tiré d'affaire?

-Oui, allez-y doucement mais sa vie n'est plus en danger.

-Merci. De tout cœur.

-Dites-moi, que lui est-il arrivé? Je n'avais jamais vu ça avant...

-Il a été touché par un Avada qui avait traversé la fusion de nos deux Protego.

-Ah bon, dit-il surpris. Je dois y aller.

Je lui souris et me retournai vers Drago. Je m'assis à côté de lui, l'embrassant doucement.

-Désolé.

-Pourquoi?

-Pour ta main.

-Ce n'est rien, Drago. Après ce que t'as traversé...

-Oui mais je t'ai quand même cassé la main!

-Tu veux t'excuser? Alors pourquoi pas pour m'avoir fait ratissé tout Poudlard à ta recherche? Ou encore pour avoir risqué ta vie bêtement?

-Ce n'était absolument pas bête, ronchonna-t-il.

Nous nous fusillâmes du regard un moment avant que je ne craque et fonde de nouveau sur ses lèvres.

-N'empêche, tu m'as appelé "Drago"...

-N'empêche tu t'es excusé, toi, le Grand Drago Lucius Malefoy !

Il me sourit et me fit taire de la plus agréable des façons.

-Drago, je...

-Je sais, me coupa-t-il.

-Non, ne me coupe pas. Je...

-Angel, non. Je refuse que tu me dises ça comme ça. J'aurais l'impression que c'est un adieu. Ce soir, t'auras plus l'occasion, me promit-il en prenant un sourire pervers.

Je l'embrassai de nouveau.

-Je veux y retourner, déclara-t-il.

-Quoi? Non, mais t'es SUICIDAIRE!

-Mais non regarde (il se leva) je vais parfaitement bien.

-C'est pas ce que tu disais il y a cinq minutes.

-Je veux voir si l'élite va bien, dit-il en me fusillant du regard.

-Et ce ne serait pas mieux de rester en vie pour ça?

-Dis-moi, tu préfères rester ici, à attendre que ça se passe, peut-être?

Je pesai le pour et le contre, sachant pertinemment que la vie de Drago était plus importante à mes yeux. Mais il avait vu mon hésitation.

-Angelina... s'il te plait...

-Non Malefoy!

-Très bien.

Il passa devant moi, se dirigeant dangereusement vers la porte.

-Attends! Tu n'as même pas de baguette!

-Et alors?

-Malefoy!

Il se retourna, me souriant narquoisement. Il allait sortir de toute façon. Je me devais de le protéger…

-Très bien, je viens.

Je râlai pour la forme, incapable de lui en vouloir de quoi que ce soit: il était en vie. Il me prit la main. Je le sentais trembler et compris rapidement qu'il n'allait pas aussi bien qu'il le prétendait. Il m'adressa un sourire rassurant, puis nous passâmes la porte. Les sorts, les hurlements, eurent raison de lui et ses genoux se mirent à trembler trop violemment pour le supporter. Je le fis s'appuyer contre moi, le laissant se reprendre.

-On devrait...

-Non, me coupa-t-il en se redressant. Ça va mieux. T'en fais pas, rajouta-t-il en me regardant avec un sourire attendri.

Non mais quelle tête de mule! Je soupirai et nous avançâmes, lui cachant sa vulnérabilité et ses tremblements, et moi nous protégeant et vérifiant discrètement qu'il ne s'effondrait pas. Nous arrivâmes finalement jusqu'à la Grande Salle et vîmes que le gros des combats s'y déroulait. Nous rejoignîmes l'élite qui se battait en groupe, tentant d'aider comme il le pouvait. Blaise fut le premier à nous voir. Il courut jusqu'à Drago qu'il serra dans ses bras.

-Pansy!

Elle se tourna alors et nous rejoignit en se jetant à son tour sur Drago.

-Espèce d'imbécile! Ne refais jamais un truc comme ça!

-Non, il a eu raison. J'aurais fait la même chose pour toi.

Elle se retourna en marmonnant quelques chose ressemblant vaguement à " 'sont con ceux-là". Les garçons sourirent puis un hurlement attira de nouveau notre attention, nous ramenant à la dure réalité.

-Qu'est-ce qu'il s'est passé?

-Tyron a reçu un sort. Il n'est pas mort. Il est... c'est compliqué. En fait on n'en sait rien.

Nous fûmes coupés par l'arrivée spectaculaire des deux combattants les plus importants. Au milieu de la salle, Harry Potter et Voldemort se faisaient face faisant taire tous les autres. Les deux camps se tenaient en respect pour écouter les dernières paroles de l'un de leurs derniers leaders. Restait à savoir lequel s'en sortirai, et à quel prix.

-Que personne n'essaye de m'aider, lança Potter. Il faut qu'il en soit ainsi. Il faut que ce soit moi.

-Ce n'est pas ce que veut dire Potter. Ce n'est pas comme ça qu'il se comporte. Qui vas-tu utiliser comme bouclier, aujourd'hui, Potter?

-Personne. Il n'y a plus d'Horcruxes. Il n'y a plus que vous et moi. Aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre survit, et l'un de nous va partir pour de bon.

Je ne comprenais pas la moitié de ce qu'ils se disaient, mais j'en saisissais l'essentielle. Drago s'appuyai contre moi, me serrant dans une étreinte protectrice.

-L'un de nous? ricana l'autre.

-Tu penses que c'est toi qui va l'emporte, n'est-ce pas, celui qui a survécu par hasard et parce que Dumbledore tirait les ficelles?

-C'était un hasard quand ma mère est morte pour me sauver? Un hasard lorsque j'ai décidé de combattre dans le cimetière? Un hasard lorsque, ce soir, j'ai renoncé à me défendre et que j'ai quand même survécu pour revenir me battre?

-Des hasards! Le hasard et la chance et aussi le fait que tu te réfugiais et pleurnichais dans les robes de sorcières et des sorciers plus grands que toi, des hommes et des femmes que tu me laissais tuer à ta place!

-Vous ne tuerez personne d'autre cette nuit. Vous ne tuerez plus personne, plus jamais. Vous ne comprenez donc pas? J'étais prêt à mourir pour vous empêcher de faire du mal à ceux qui sont ici...

-Mais tu n'es pas mort!

-J'en avais l'intention et c'est cela qui a tout déterminé. J'ai fait ce que ma mère avait fait. Ils sont protégés, vous ne pouvez plus les atteindre. N'avez-vous pas remarqués qu'aucun des sortilèges que vous leur avez jetez n'a eu d'effet? Vous ne pouvez pas les toucher. Vous n'avez rien appris de vos erreurs, Jedusor, n'est-ce-pas?

-Tu oses...

-Oui j'ose. Je sais des choses que vous ne savez pas. Tom Jedusor. Je sais des choses très importantes que vous ignorez complétement. Vous voulez que je vous en dise plus avant que vous ne commettiez une autre grande erreur?

Potter, Potter, Potter, même avec Voldemort, il avait suffisamment de considération pour lui expliquer pourquoi il allait mourir avant de le tuer. Du moins, j'espérais. En fait, plus Potter parlait, plus j'avais l'impression qu'il allait gagner. Il émanait de lui une assurance, un calme... Potter avait survécu deux fois à un Avada sans aucune protection, il était prêt pour ce combat.

-S'agit-il d'amour encore une fois? railla Voldemort. La solution préférée de Dumbledore, l'amour, dont il prétendait qu'il était plus fort que la mort. Mais la mort ne l'a pas empêché de tomber de la tour et de se briser comme une vieille figure de cire.

Drago se tendit à l'appellation de notre ancien directeur.

-L'amour qui ne m'a pas empêché d'écraser ta Moldue de mère comme un cafard, Potter... mais cette fois, personne ne semble t'aimer suffisamment pour courir à ton secours et recevoir mon sortilège à ta place. Alors, qu'est-ce qui te protégera de la mort lorsque je frapperais?

-Une simple chose.

-Aujourd'hui ce n'est pas l'amour qui te sauvera. Tu dois croire que tu possèdes une magie dont je serais dépourvu, ou peut-être une arme plus puissante que la mienne?

-Les deux, je pense.

Le son que produisit alors Voldemort aurait pu être qualifié de rire. Mais alors d'un rire froid à vous retourner les entrailles et vous glacez le sang.

-Toi, tu penses connaître d'avantage de magie que moi? Que moi, Lord Voldemort, moi qui ai accompli des actes de sorcelleries dont Dumbledore lui-même n'aurait jamais rêvé?

-Oh si, il en a rêvé, mais il en savait plus que vous, il en savait suffisamment pour ne pas faire ce que vous avez fait.

-Tu veux dire qu'il était faible! Trop faible pour oser, trop faible pour s'emparer de ce qui aurait pu être à lui, de ce qui sera à moi!

-Non il était plus intelligent que vous, meilleure que vous, comme sorcier et comme homme.

-C'est moi qui ai provoqué la mort d'Albus Dumbledore!

-Vous croyez cela mais vous vous trompez.

J'étais hypnotisée, et lorsque Potter décréta que ce n'était pas Voldemort le responsable de ce meurtre, ce fut comme un retour à la réalité. Les spectateurs étaient en état de choc, partagés entre besoin de savoir la suite et de la nier. Je me tournai vers Drago qui était incrédule, se détournant de moi dès que Potter avait repris la parole. Pour lui, c'était vraiment important.

-Dumbledore est mort! cracha Voldemort. Son corps se décompose dans sa tombe de marbre, dans le parc de ce château, je l'ai vu, Potter, et il ne reviendra pas!

-Oui Dumbledore est mort, mais ce n'est pas de votre fait. Il a choisi sa propre façon de mourir, il l'a choisie des mois avant le jour de sa mort, il a tout arrangé avec l'homme dont vous pensiez qu'il était votre serviteur.

-Quel est encore ce rêve puéril.

-Severus Rogue n'était pas des vôtres. Rogue était dans le camp de Dumbledore, dans son camp depuis le moment où vous avez commencé à traquer ma mère. Vous ne vous en êtes jamais rendu compte, à cause de cette chose que vous ne pouvez pas comprendre. Vous n'avez jamais vu Rogue produire un Patronus, n'est-ce pas, Jedusor? Le Patronus de Rogue était une biche la même que celle de ma mère, parce qu'il l'a aimé pendant presque toute sa vie, depuis qu'ils étaient enfants. Vous auriez dû vous en apercevoir.

Cette façon que Potter avait de parler de Rogue au passé... Ça voulait dire que Rogue était mort? Mort et amoureux?

-Il vous a demandé d'épargnez la vie de ma mère n'est-ce pas?

-Il la désirait, voilà tout. Mais quand elle est morte, il a admis qu'il existait d'autre femmes, et d'un sang plus pur, plus dignes de lui...

-Bien sûr c'est ce qu'il vous a dit, mais il est devenu un espion pour le compte de Dumbledore dès le moment où vous avez menacé ma mère et depuis ce temps, il a toujours travaillé contre vous! Dumbledore était déjà mourant lorsque Rogue l'a achevé!

-Cela n'a aucune importance! rit Voldemort en se reprenant. Cela n'a aucune importance de savoir si Rogue était dans mon camp ou dans celui de Dumbledore, ou quels médiocres obstacles ils ont essayé de placés sur mon chemin! Je les ai écrasés comme j'ai écrasé ta mère, le prétendu grand amour de Rogue! Mais tout cela est très logique Potter, et dans un sens que tu ne peux pas comprendre. Dumbledore a essayé d'empêcher que je m'empare de la baguette de Sureau! Il voulait que Rogue devienne le vrai maitre de la baguette! Mais je suis arrivé avant toi... Je me suis procuré la baguette avant que tu ne puisses mettre la main dessus. J'ai compris la vérité avant que tu ne me rattrape. J'ai tué Rogue il y a trois heures et la Baguette de Sureau, le Bâton de la Mort, la Baguette de la Destinée, m'appartient véritablement, désormais! Le dernier plan de Dumbledore a échoué, Harry Potter!

La Baguette de Sureau? Ce vieux contes des Trois Frères qui peuplent les enfances des enfants de la Magie? Réel? Oui, j'avais du mal à y croire, mais c'était bien cette Baguette mythique que tenait Voldemort. Et merde...

-En effet. Vous avez raison. Mais avant que vous ne tentiez de me tuer, je vous conseillerais de tenter de réfléchir à ce que vous avez fait... Réfléchissez et essayez d'éprouver un peu de remord Jedusor...

Quoi? C'était tout?! Non! Potter avait forcément un autre plan!

-Qu'est-ce que c'est que ça encore?

-C'est votre unique et dernière chance. C'est tout ce qui vous reste. Sinon, j'ai vu ce que vous deviendrez... Soyez un homme... Essayez... Essayez d'éprouver du remords...

-Tu oses...

-Oui j'ose. Parce qu'il ait vrai que le dernier plan de Dumbledore a échoué, mais ce n'est pas moi qui en ait subi les conséquences, c'est vous, Jedusor...

-Cette baguette continue à ne pas marcher pleinement pour vous, parce que vous n'avez pas assassiné la bonne personne. Severus Rogue n'a jamais été le véritable maitre de la Baguette de Sureau. Il n'a jamais vaincu Dumbledore.

-Il l'a tué...

-Vous ne m'écoutez donc pas? Rogue n'a jamais vaincu Dumbledore! La mort de Dumbledore avait été planifiée par eux deux! Dumbledore voulait mourir sans avoir été vaincu, il voulait rester le dernier vrai maitre de la baguette! Si tout s'était passé comme prévu, le pouvoir de la Baguette de Sureau serait mort avec lui, car elle n'aurait jamais été conquise!

-Dans ce cas Potter, c'est comme si Dumbledore m'avait donné la Baguette! J'ai volé la baguette dans la tombe de son dernier maitre! Je l'ai prise contre la volonté de son dernier propriétaire! Son pouvoir m'appartient!

-Vous ne comprenez toujours pas Jedusor? Possédez la baguette ne suffit pas! La tenir entre vos mains, vous en servir, ne vous en donne pas réellement la maitrise. N'avez-vous donc pas écoutez Ollivander? C'est la baguette qui choisit son sorcier... Or la Baguette de Sureau s'est reconnu un nouveau maitre avant que Dumbledore ne meure, quelqu'un qui n'avait jamais posé la main dessus. Ce nouveau maître a enlevé la baguette à Dumbledore contre la volonté de celui-ci, sans jamais très bien comprendre ce qu'il avait fait, sans comprendre que la baguette magique la plus dangereuse du monde s'était soumise à lui...

Voldemort semblait effrayé par les paroles de Potter, mais il n'était pas le seul. Drago tremblait contre moi.

-Le véritable maître de la Baguette de Sureau était Drago Malefoy.

Je me tournais vers lui pour le voir, un air de totale incompréhension sur le visage. Il me regarda d'un air perdu alors qu'il revisitait en souvenir, la mort de Dumbbledore. Il se ressaisît et se retourna de nouveau vers Voldemort.

-Qu'est-ce que ça change? Même si tu as raison, Potter, cela ne fait aucune différence, ni pour toi, ni pour moi. Tu n'as plus la baguette à la plume de phénix. Notre duel reposera sur la seule habileté... Et quand je t'aurais tué, je m'occuperais de Drago Malefoy...

Non ce n'étais pas possible. Potter n'aurait jamais condamné Drago, malgré sa haine pour lui. Il n'aurait jamais utilisé ses dernières secondes pour le tuer, lui. Il devait y avoir encore autre chose. Drago ne pouvait pas mourir. Ce dernier fixait Potter, calmement. Je compris alors que Drago ne risquait rien. Il se pencha vers moi et m'embrassa sur le front, m'apaisant.

-Mais c'est trop tard pour vous, répliqua Potter. Vous avez laissé passez votre chance. Je suis arrivé le premier. J'ai vaincu Drago, il y a quelques semaines. Je lui ai pris sa baguette.

Je fixais alors mon regard sur la baguette que tenait Potter et reconnut celle qui avait été à Drago. Qui avait bien tenté de la reprendre, d'ailleurs...

-Tout revient donc à cela n'est-ce pas? La baguette que vous tenez dans votre main, sait-elle que son dernier maitre a subi un sortilège de Désarmement? Si c'est le cas... je suis le vrai maître de la Baguette de Sureau.

Et soudain, alors que l'aube se faisait doucement sentir, la tension accumulée explosa entre les deux ennemis.

-Avada Kedavra!

-Expelliarmus!

Lorsque les deux sorts se percutèrent, la Baguette de Sureau s'envola vers son véritable possesseur, renvoyant le sort mortel à son expéditeur. Quelques secondes de silence plus tard, la Grande Salle explosa en cris de joie et de soulagement. Les Mangemorts fuirent sans demander leurs restes, les Aurors promettant de les rattraper. Tout le monde se précipita vers le Survivant puis, la foule se divisa naturellement, retournant auprès des blessés, des morts, ou des survivants. Un moment de paix incroyable se déroulait devant nous, alors que le soleil montait doucement dans le ciel. Nous aussi, nous profitâmes de la félicité dans lequel la fin de la Guerre nous avait plongés, tombant dans les bras les uns des autres. L'aube sanglante apportait des nouvelles bouleversantes, ou des soulagements infinis. Les survivants se retrouvaient, apportaient leur soutient, aidaient. Plus aucune barrière ne séparait ceux qui avaient combattus la mort côte à côte. Certes, nous devrions bientôt répondre de nos actes, mais on était tous prêts à les assumer. Tant que nous le pouvions, nous aidions comme on nous le permettait. En soulevant des rochers, des pans de murs, évitant de nous approcher des autres. Oui, bientôt, nous serions jugés pour nos actes lors de cette guerre. Mais pas tout de suite. Je me tournais vers celui à qui je tenais toujours la main, le prenant dans mes bras. Il sourit contre ma peau face à mon attitude câline qu'il ne me connaissait pas.

-Drago?

-Oui? demanda-t-il, son sourire s'étirant en constatant que je n'étais pas revenu au "Malefoy".

J'adorais prononcer son prénom. Ça sonnait comme l'interdit, ça me ramenait à des souvenirs... intimes.

-On est obligé d'attendre jusqu'à ce soir?

Il comprit immédiatement à quoi je faisais allusion et se recula pour m'embrasser.

-On sera dans les dortoirs de Serpentard, déclara-t-il aux autres membres de l'élite.

Sur ce, nous transplanâmes jusqu'à nos anciens appartement, où j'eus enfin le droit de le lui dire. J'aurais le droit tout le temps maintenant. Peu importe ce qui pouvait nous arriver. Après ça, on était prêt à tout, tant qu'on était ensemble. Même à assumer nos sentiments, en laissant notre orgueil de côté sans pour autant abandonner nos querelles constantes qui nous définissaient et nous rapprochait. Parce qu'on peut très bien aimer son pire ennemi…


*Ce n'est pas un chiffre aléatoire, notre cœur bat, en moyenne, 70 fois par minute et une goutte de sang met une minute pour faire le tour du corps. Ce sont des informations trouvées sur internet.

Petit blabla:
Alors voilà le dernier chapitre de cette fiction qui sera suivi d'un épilogue (ou peut-être deux, je ne sais pas encore) et de fins alternatives pour ceux qui trouveront celle-ci trop douce par rapport au reste de la fic. Pourquoi ce suspens sur la vie de Drago? Alors oui, j'avoue, c'est pour l'effet dramatique mais pas que. Après ce qu'ils ont traversés, et ce qu'ils vont encore traversés en tant qu'ex-Mangemorts et bien, j'ai pensé qu'il leur fallait une bonne raison de vivre. Ça leur fait estimer la valeur de la vie.
Ensuite le combat final entre Harry et Voldemort est copié du livre (à part le fait que ils se battent avant et qu'ils arrivent dans la Grande Salle ensemble).

Dernière chose, j'ai trois fins alternatives en tête (que j'espère toutes écrire si j'y arrive), donc si vous avez des idées: je suis preneuse. Si vous voulez une fin spéciale, si vous imaginiez quelque chose: dites le moi.

Voilà voilà, à bientôt pour la suite et la fin ^^