Note :
Voilà un chapitre un peu plus long que d'habitude. J'étais très inspirée pour celui-là.
Deux chapitres c'est un petit cadeau avant mon départ en vacances ^^
Enjoy
Chapitre XLIII
L'incident du Saule Cogneur
« Tu es toujours mon ennemi ce soir, mais même des ennemis peuvent se respecter. »
Priam, Roi de Troie, (Extrait de l'Illiade) Omer
Mars
A bien des égards, Remus Lupin n'était pas un garçon ordinaire. Non seulement, c'était un sorcier qui étudiait à Poudlard, l'école de sorcellerie la plus célèbre au monde, mais en plus c'était un loup-garou. Ce deuxième point était un secret, connu de seulement six personnes à l'école. Parmi ces six personnes, il y avait les meilleurs amis de Remus, James Potter, Sirius Black et Peter Pettigrow. Eux aussi étaient loin d'être ordinaires, en effet à a peine quinze ans, ils avaient réussi l'exploit exceptionnel de devenir des Animagi. Et finalement, malgré tout ce qu'il disait, Remus était bien heureux de les avoir à ses côtés les nuits de pleine lune.
Les deux premières phases de la pleine lune du mois étaient déjà passées. Ce soir, ce serait la troisième et après il serait tranquille…pendant les vingt-huit prochains jours. Remus jeta un coup d'œil sur sa montre et eut une pensée amusée pour ses amis qui devaient actuellement être en cours avec le professeur McGonagall, puis il tourna une nouvelle page de la Gazette du Sorcier. Les nouvelles n'étaient pas très bonnes ces derniers temps. Evidemment. Une guerre ravageait le monde des sorciers et Remus n'était vraiment pas pressé de quitter Poudlard. Au château ils étaient encore en sécurité, même s'ils vivaient dans un monde utopiste, sans cesse rappelés à la réalité par les journaux et les lettres du ministère qui arrivaient de plus en plus souvent à l'heure du petit déjeuner. Aujourd'hui la une était consacrée à un pont qui avait cédé. Un de plus. Mais le journal parlait également des catastrophes naturelles, qui n'en étaient pas. Le lycanthrope tourna encore quelques pages – il n'avait pas envie de lire ces nouvelles – et atteint la page des mots fléchés.
Remus se réveilla en sursaut deux heures plus tard. Il s'était endormi sur ses mots fléchés et maintenant c'était l'heure du déjeuner. Il se redressa et essaya de retrouver un peu de dignité car ses amis n'allaient pas tarder à venir lui rendre visite. Devant lui était posé un plateau-repas encore fumant et il devina que Mrs. Pomfresh l'avait déposé peu de temps auparavant. Il s'apprêtait à manger lorsqu'il entendit des pas dans l'infirmerie. Il les reconnut immédiatement et ce n'étaient pas ceux de l'infirmière. C'étaient ceux de quelqu'un qu'il avait souvent entendu ces derniers mois, ceux de quelqu'un qui les suivait un peu partout, un peu tout le temps, lui et ses amis. Conformément à ce qu'il craignait, le rideau autour de son lit s'entrouvrit légèrement pour laisser passer un élève de Serpentard aux cheveux noirs et gras.
- Rogue…, murmura Remus. Qu'est-ce que tu veux ?
Au vu du sourire mauvais qu'il affichait, le lion ne fut pas rassuré.
- Juste te mettre en garde, répondit le serpent avec un rictus. Je t'ai vu hier soir, tu traversais le parc avec l'infirmière et tu as disparut sous le saule cogneur. Je ne sais pas comment tu as fait, mais je vais le découvrir et par la même occasion, je découvrirais ce que toi et tes petits copains vous cachez.
- Tu ne crois pas que si Mrs. Pomfresh est au courant, ça signifie que Dumbledore…
- Peut-être, mais que se passerait-il si quelqu'un découvrait « accidentellement » ton secret et que cette même personne le révélait tout aussi « accidentellement » aux élèves de l'école ?
- Tu ne peux pas faire ça !
- Ah bon, et pourquoi pas ?
- Parce que…ce serait injuste et cruel.
- Oui, exactement comme ce que toi et tes potes me faites subir. C'est tout ce que j'avais à te dire. Si j'étais toi, je me préparerais à quitter le château dès maintenant.
Il écarta à nouveau le rideau et s'en alla. Remus se leva précipitamment afin de le suivre.
- Attends !
Mais au moment où il ouvrit le rideau à son tour, il se retrouva nez à nez avec l'infirmière.
- Remus, qu'est-ce que vous faites debout ? Recouchez-vous immédiatement !
- Mais je dois…
- Aucune discussion, dans votre lit, dit-elle en le forçant à se recoucher. Et mangez un peu. Je reviens dans un moment.
A peine eut-elle tournée le dos que Remus donna un violent coup dans son plateau repas qui valsa pour finir sur le sol. Surprise, Pomfresh se retourna. Elle le regarda un court instant, puis, comme si elle comprenait qu'il valait mieux le laissait seul, elle fit disparaitre les dégâts d'un coup de baguette magique avant de partir s'enfermer dans son bureau. Remus inspira et expira profondément pour se calmer. Il était rare qu'il se mette en colère, mais lorsque ça arrivait, il valait mieux ne pas se trouver dans les parages.
Un peu plus tard, Remus entendit la porte de l'infirmerie s'ouvrir et il reconnut les pas de ses amis qui entraient. L'instant d'après, ils étaient autour de lui.
- Comment ça va Lunard ? lui demanda James. On t'amène du réconfort, ajouta-t-il avec un clin d'œil.
- Des devoirs ? lui demanda un Remus de mauvaise humeur.
- Euh, je n'vois pas le réconfort dans les devoirs, dit Sirius surprit.
- Non, répondit James, du chocolat.
Il sortit une tablette de sa poche et la tendit à Remus qui semblait quelque peu en manque.
- Oh merci Cornedrue ! Si tu savais comme je t'aime ! dit le lycanthrope en attirant violemment la tablette à lui.
- Non mais ça va bien ? commenta Sirius avec un sourire amusé.
Pour toute réponse, Remus lui tira puérilement la langue avant d'ouvrir sa tablette et de casser quatre carreaux qu'il distribua à ses amis. Le chocolat est bon pour le moral, tout le monde le sait, Remus retrouva donc une partie de sa bonne humeur. Mais les menaces de Rogue l'inquiétaient toujours. Voyant bien que quelque chose n'allait pas, James posa la question.
- Qu'est-ce qui ne va pas ?
- Rien, tout va bien, pourquoi ?
- Je te connais Remus, quand tu es comme ça, c'est qu'il y a quelque chose qui te tracasse.
Remus hésita un instant, puis se dit que ça les concernait aussi.
- Promettez-moi de rester calme vous deux, annonça-t-il à l'adresse de Sirius et de James.
- Pourquoi ne le serions-nous pas ? demanda Sirius.
- Parce que moi aussi je vous connais.
- Tu…
- Oh ça suffit vous deux, on dirait un vieux couple, interrompit le brun à lunettes. Laisse-le parler Patmol. On te le promet.
Peter accompagna la première phrase d'un rire, mais les deux concernés ne semblèrent pas s'en offenser.
- Donc voilà, commença le lycanthrope craignant à chaque instant un peu plus la réaction de ses amis. Rogue est venu ici.
- Rogue ? Qu'est-ce qu'il voulait ?
Remus leur fit alors un récit détaillé de sa conversation avec le Serpentard. Quand il eut finit, Sirius et James se lancèrent des regards éloquents mais ne dirent rien. Ce fut Peter qui parla.
- Mais quel enfoiré ! s'exclama-t-il.
Les trois autres le regardèrent étonné.
- Ben quoi, je n'ai rien promis moi…
Ses amis rirent à ça. Ensuite, James intervint.
- Ne t'inquiètes pas Remus, on ne le laissera pas découvrir quoi que ce soit de plus.
- Peut-être qu'on devrait, soutint Sirius d'un ton mauvais.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Quelle peur il aurait s'il voyait…
- Non Sirius, c'est hors de question, c'est trop dangereux.
- Oh, ça va, je disais juste ça comme ça. J'en ai assez que cet imbécile fourre son énorme nez partout.
- Oui, on est tous d'accord sur ce point. En tout cas, il ne découvrira rien de plus ce soir.
- Ne faites rien de stupide, s'il vous plait, demanda Remus.
- Bien sûr que non. Fais-nous confiance.
~...~
- N'oublie pas, tu le retarde juste assez pour qu'il ne puisse pas voir Remus disparaitre, dit James.
- Oui, oui, je sais. Et je te retrouve devant le grand escalier, et on s'occupe de la suite ensemble, lui répondit Sirius.
- Exact. Ne fais rien d'inconsidéré.
- J'aimerais vraiment que tout le monde arrête de me dire ça.
Avec une tape sur l'épaule de son ami, James s'éloigna vers le hall, tandis que Sirius descendait dans les cachots. Il devait juste trouver Servilus et le provoquer un peu, histoire de l'occuper une dizaine de minutes. Et il n'eut pas longtemps à chercher, Rogue était là, seul face à lui. Il marchait rapidement, la tête baissée, et Sirius savait pourquoi il était si pressé.
- Tiens, tiens, Servilus.
Rogue s'arrêta brusquement et leva la tête vers le Gryffondor qui lui faisait face.
- Qu'est-ce que tu fais là ? demanda-t-il avec hargne.
- A ton avis, répondit le lion sans détour.
- Si ce n'est pas aujourd'hui, ce sera un autre jour, mais je finirais par savoir ce que cache ton petit pote Lupin.
- Et quoi ? Ti iras le dénoncer à Dumbledore ?
- Non, je sais bien que ce serait inutile, mais que se passerait-il si les autres élèves du collège l'apprenait ?
- Tu te fiches du mal que ça ferait à Remus, n'est-ce pas ?
- Au-moins autant que vous quand vous vous en prenez à un Serpentard.
- Remus ne s'en prend pas aux tiens.
- Il ne vous a jamais arrêté pour autant. Et pourtant il est préfet.
- Tu es pitoyable.
A ces mots, Rogue se jeta sur Sirius et ils entamèrent un combat silencieux, sans être vus. Au bout d'un moment d'une lutte acharnée, Sirius prit finalement le dessus et plaqua Rogue contre un mur.
- De toutes manières…commença le serpent. J'ose à peine imaginer à quel point le secret de Lupin doit être horrible pour que vous agissiez ainsi. C'est vraiment tout ce que mérite ce type. Tout comme toi et les deux autres. Vous quatre là, le groupe des défenseurs des sangs-de-bourbe. Un jour où l'autre, dit-il à voix basse, le Seigneur des Ténèbres vous aura.
A cet instant, sous le coup de la colère, Sirius se dit qu'il pourrait presque le tuer. Alors il retint ses coups et fit quelque chose de beaucoup plus stupide à la place.
- Si j'étais toi Servilus, dit-il à mi-voix, je toucherais le nœud de la racine du saule cogneur, ça me permettrais peut-être de passer.
Il le lâcha brusquement. Surprit, mais malgré tout sans prendre le temps de réfléchir, Rogue se précipita dehors pour mettre en pratique ce que Black lui avait dit. Dans le hall il croisa Lily.
- Sev, qu'est-ce qui t'arrives, ça va ?
- Ah Lily…je suis pressé…Black…saule cogneur, marmonna-t-il.
Il continua son chemin vers le parc laissant une Lily intriguée par le comportement de son meilleur ami. La jolie rousse le regarda sortir et, toujours étonnée, elle s'apprêtait à rejoindre la salle commune lorsqu'elle vit…
- Sarah Jane.
- Ah, Lily.
- Comment ça va ?
- Bien, bien et toi ?
- Oui, ça va.
Voyant que Sarah Jane était gênée, Lily s'apprêta à mettre un terme à ce début de conversation, lorsqu'elle repéra Potter qui arrivait vers elles. Sarah Jane le vit à son tour et son regard s'illumina. Elle lui offrit un magnifique sourire. Lorsque le jeune homme le remarqua, il répondit par un sourire plus timide, puis s'arrêta devant elles.
- Mesdemoiselles, dit-il alors poliment, vous n'auriez pas vu Sirius ?
- Non, répondit Sarah Jane, vous aviez rendez-vous ?
- Oui, il y a déjà cinq minutes en bas du grand escalier.
- Je n'ai pas vu Black, mais j'ai croisé Severus qui parlait de lui. Il était bizarre d'ailleurs.
- Rogue ? Qu'est-ce qu'il disait ? demanda le brun à lunettes qui sembla s'inquiéter.
- Je n'ai pas tout compris. Il parlait de Black et aussi du saule cogneur.
- Quoi ? s'exclama Potter en faisant un pas en avant vers Lily. Où est-il allé ?
Il semblait soudain très inquiet.
- Dans le parc, répondit Lily étonnée par le comportement de Potter.
Sans ajouter un mot, James se précipita dans le parc.
- James, où tu vas ? l'appela Sarah Jane.
- Potter, le couvre-feu est dans cinq minutes.
James se tourna vers elles et leur dit :
- Ne vous mêlez surtout pas de ça, retournez à la salle commune et restez-y !
Puis il repartit vers le parc. Surprises par son ton autoritaire, les deux jeunes filles entreprirent de faire ce qu'il leur avait demandé après un court instant d'hésitation passé à le regarder s'éloigner.
~...~
Severus avançait dans le tunnel sous le saule cogneur sans avoir aucune idée d'où ça menait ou de ce qu'il allait trouvait au bout. Il savait bien que c'était stupide, très stupide, mais il ne pouvait pas s'en empêcher, il les détestait tellement James Potter et ses amis. Dès qu'il le voyait s'approcher de Lily, il n'avait qu'une envie… Pourtant, ça n'était pas très rationnel non plus, il ne haïssait pas le petit ami de Lily comme il haïssait Potter. Il reprit ses esprits, il était bientôt arrivé, il le savait car il apercevait le bout du tunnel. Il y avait de la lumière qui filtrait et quelque chose en bois qui bloquait le passage. Il le poussa et se rendit compte que c'était une commode qui avait été mis là. Il entra alors dans une espèce de vieille maison en ruine et comprit. Il n'y avait pas trente-six solutions possibles, il était dans la cabane hurlante. Mais que diable Lupin était-il venu faire ici ? Il crut entendre un bruit et sursauta. Ouf, ce n'était qu'un rat qui traversait la pièce de part en part pour entrer un peu plus loin. Intrigué, Severus s'apprêta à visiter encore un peu la maison lorsqu'il entendit un hurlement. Et ça n'avait rien de fantomatique. Il n'avait jamais entendu de loup-garou auparavant, mais il fut soudain persuadé que c'en était un. Des bruits de pas animal se rapprochèrent et une grande créature pénétra dans la pièce. Le Serpentard se figea, mais la bête l'avait vu. Elle se précipita alors sur lui et Severus ferma les yeux. Au moment où il crut que tout était fini, il sentit quelqu'un le tirer en arrière.
- Recule ! cria Potter tandis que le loup-garou (car s'en était bien un) abattait ses griffes et crocs à l'exact endroit où le garçon s'était trouvé à peine quelques secondes plus tôt.
Le serpent voulait s'enfuir. Pourtant, paralysé par la peur, il ne pouvait détacher son regard du lycanthrope. Potter se tourna vers lui et lui parla à toute vitesse, mais le Serpentard était incapable de comprendre ce qu'il lui disait. Alors le Gryffondor le gifla. Ramené à la réalité, Rogue ne se fit pas prier lorsque Potter lui dit :
- Cours jusqu'à la sortie, ne t'arrêtes surtout pas !
Severus courut, courut jusqu'à l'autre bout du long tunnel. Il ne s'arrêta pour reprendre son souffle que lorsqu'il fut dans le parc du château, hors de portée du saule cogneur et d'un coup, il comprit pourquoi cet arbre avait été planté là. Il se rendit également compte que Potter n'était pas derrière lui, pas qu'il s'inquiète pour cet imbécile, mais s'il était… Ses doutes (ou espoirs) furent vite contrariés par un brun à lunettes qui sortait de sous le saule. Severus remarqua qu'il était blessé. Potter se dirigea droit vers lui et lui asséna un violent coup de poing. Sous le choc, Rogue tomba par terre. Le Gryffondor ne s'arrêta pas là, il se jeta sur son ennemi de toujours et en ajoutant des paroles à ses actes.
- Tu – es – vraiment – un – crétin ! dit-il en assénant un coup à chaque mot. Tout ça pour nous faire renvoyer, poursuivit-il. Tu te rends compte que c'est ta vie que tu as mis en jeu, espèce d'imbécile.
Comme si Rogue se réveillait et décidait de ne pas se laisser faire plus longtemps, il se défendit et parla à son tour.
- C'est toi qui dis ça, alors que c'est ton meilleur pote qui m'a envoyé ici ! Qu'est-ce qui t'arrives Potter, tu as changé d'avis à la dernière minute ? Tu t'es dit que votre petite blague allait trop mal tourner ?
- Tu racontes n'importe quoi ! s'exclama James toujours furieux prêt à frapper une nouvelle fois.
- Il suffit messieurs, intervint une voix calme mais ferme qu'ils connaissaient bien.
Ils se stoppèrent aussitôt et se tournèrent d'un même mouvement vers le directeur. Debout à quelques pas d'eux, Albus Dumbledore les regardait et fait très rare, il paraissait très en colère.
- Suivez-moi, se contenta-t-il d'ajouter avant de faire volte-face vers le château.
Sans oser répliquer quoi que ce soit, les deux garçons se relevèrent et le suivirent. Ils traversèrent le hall, montèrent le grand escalier de marbre, grimpèrent jusqu'au deuxième étage, s'arrêtèrent un court instant devant une gargouille de pierre qui tourna pour les laisser passer, montèrent encore un escalier en colimaçon et entrèrent dans le bureau du directeur. James eut la surprise de voir que Sirius était déjà là. A ses côtés, le professeur McGonagall semblait ne pas comprendre ce qui se passait.
- Merci Minerva, laissez-nous, dit Dumbledore.
La directrice de Gryffondor sortit de la pièce en lançant un dernier regard intrigué à ses élèves, avant de refermer la porte.
- Asseyez-vous, ajouta Dumbledore à l'adresse de Potter et Rogue (Black étant déjà assit).
D'un coup de baguette, il fit apparaître deux chaises supplémentaires et les deux jeunes hommes prirent place sans un mot.
- Messieurs, recommença le directeur. Certaines choses m'échappent dans l'incident de ce soir, si vous voulez bien vous expliquer. Chacun à votre tour, ajouta-t-il. Nous écouterons les trois versions.
C'est donc Rogue qui commença. Il expliqua honteusement comment il suivait les Maraudeurs depuis plusieurs mois afin de trouver quelque chose pour les faire punir et même renvoyer, comment il avait donc découvert que Remus disparaissait sous le saule cogneur et comment Sirius avait « essayé de le tuer ». Sirius faillit le contredire, mais un regard noir de James l'en empêcha. Puis Rogue expliqua qu'il avait suivit les « instructions de Black » à la lettre et qu'il était tombé sur un loup-garou, « Lupin donc ». Enfin, il raconta comment « Potter avait changé d'avis sur la petite blague » et était venu « se donner le rôle du héro, comme d'habitude ».
Une fois qu'il eut fini, Dumbledore donna la parole à Sirius qui, pour la première fois de sa vie, parlait avec une toute petite voix. Il expliqua comment Remus, grâce à son ouïe très développée, avait repéré Rogue qui les suivait depuis plusieurs mois, il raconta comment le Serpentard avait menacé le lycanthrope le matin même et comment il avait « perdu son sang-froid » en entendant cela. Il précisa qu'aucun de ses amis n'était impliqué dans son acte et assura qu'il n'avait « pas réfléchit avant d'agir » et qu'il n'avait « jamais eu l'intention de causer du tort à qui que ce soit ».
Pour finir, c'est James qui parla. Il sembla qu'il était celui des trois qui avait le moins à se reprocher dans cette histoire. Il confirma ce qu'avait dit son ami sur Rogue, sa filature et ses menaces. Il expliqua qu'ils s'étaient mis d'accord avec Peter et Sirius pour l'empêcher de suivre Remus le soir même, le rôle de Sirius étant seulement de retarder le Serpentard suffisamment longtemps pour qu'il arrive trop tard. Il dit que s'il avait plus réfléchit, il aurait deviné que Sirius allait perdre son sang-froid. Il raconta comment il avait compris ce qui se passait en parlant avec Lily Evans et comment il s'était précipité sans réfléchir pour sauver Rogue et surtout, surtout Remus.
Lorsqu'ils se furent tous les trois exprimés, Dumbledore les observa avec ses yeux perçants, comme s'il lisait dans leurs esprits. Et puis, au bout d'un long silence, il parla enfin.
- Monsieur Rogue, vous avez agis de façon extrêmement imprudente ce soir, j'espère que vous vous en rendez compte. Et vous n'aviez pas à suivre ces jeunes hommes. Nous sommes dans une école, pas dans une prison. Ce ne sont pas des criminels en fuite et vous n'êtes certainement pas un Auror. Aussi pour ce comportement, je me vois dans l'obligation de vous donner une retenue tous les soirs des deux prochaines semaines. Et je vous interdis de continuer vos filatures, est-ce que vous m'avez compris ?
Il marqua une pause en lançant un regard insistant à Rogue qui semblait avoir compris.
- Monsieur Black, quand à vous, vous avez agis de façon plus que stupide. Je peux comprendre votre exaspération, ainsi que la crainte que vous avez pu ressentir pour votre ami, mais on ne joue pas avec la vie des autres. Je crois que pour vous, la retenue sera chaque soir durant un mois. Estimez-vous heureux que personne n'ait été gravement blessé, ou vous auriez été bon pour l'expulsion.
Il marqua une nouvelle pause en lançant cette fois son regard insistant à Sirius.
- J'attends de vous deux que vous réfléchissiez à votre comportement et aux enjeux de toute cette histoire et que vous tiriez des leçons de vos erreurs.
Il marqua encore une pause avant de tourner un regard bien plus doux vers James.
- Monsieur Potter, vous avez agis de façon irréfléchie mais très courageuse. Vous avez sauvé deux vies ce soir, alors je pense que vous méritez une récompense.
- Je ne veux pas de récompense, dit James avec modestie.
- Voyons, voyons, j'allais accorder soixante points à la Maison Gryffondor.
Ne se voyant pas refuser des points pour sa Maison, James se contenta d'acquiescer en silence.
- Vous devez peut-être aussi savoir que lorsqu'un homme sauve la vie d'un autre homme, un lien très spécial se créé entre eux… ajouta-t-il d'une voix mystérieuse. Bien sur ce, vous pouvez y aller. Monsieur Potter, infirmerie.
Les trois garçons se levèrent et s'apprêtèrent à sortir lorsque :
- Ah et Monsieur Rogue, encore une chose, le secret de Monsieur Lupin est un secret et il doit bien évidemment le rester.
- Mais…, commença Rogue qui s'interrompit instantanément sous l'attention de Dumbledore.
- Je ne vous demande pas votre avis, dit le directeur avec fermeté. Je pourrais facilement vous faire oublier ce que vous avez vu ce soir, mais je ne le ferais pas. Je vous demande simplement de la décence et du fair-play. Monsieur Lupin n'a rien à voir dans ce qui s'est passé, du moins pas directement, alors vous serez bien gentil de vous taire.
Ne sachant que répondre, Rogue se contenta d'acquiescer, sellant ainsi une promesse.
Une fois hors du bureau de Dumbledore, Rogue se hâta sans un regard en arrière et James n'en fut pas fâché. Qu'est-ce qu'il aurait détesté l'entendre lui dire merci. Sirius quand à lui le suivait, au début silencieusement, puis il commença.
- James…
James s'arrêta et se tourna vers son ami. Il ne se souvenait pas avoir jamais été autant en colère. Il ne se souvenait pas avoir jamais été fâché après Sirius.
- Non, surtout ne dit rien. Sérieusement Sirius, je ne veux pas t'entendre pour le moment. Je ne sais pas ce qui t'ai passé par la tête, tu imagines ce qui aurait pu arriver si le secret de Remus avait été découvert, si notre secret avait été découvert ! Tu imagines ce qui serait arrivé à Remus si Rogue avait été blessé ou pire ! Alors, penses-y un peu et en attendant, hors de ma vue !
Sirius le regarda un instant tristement puis pensa qu'il était préférable de s'arrêter là pour le moment et s'en alla sans rien ajouter. James soupira et se dirigea vers l'infirmerie, espérant que tout se passait bien pour Peter et Remus. Lorsqu'il entra dans l'infirmerie, Mrs. Pomfresh ralla sur les dangers d'étudier dans cette école, mais se stoppa lorsqu'elle vit le regard du jeune homme. Un regard qu'elle ne lui connaissait pas, depuis le temps qu'il venait ici, pour lui-même ou pour Remus, elle ne l'avait jamais vu comme ça, aussi sombre. Alors sans poser de questions, elle le soigna. Elle voulut insister pour le garder, mais il lui répliqua qu'il n'avait rien de grave et que ça ne valait pas la peine de passer une nuit en prison pour ça. Elle n'insista pas plus et, après lui avoir fait promettre de rejoindre immédiatement la tour de Gryffondor, le laissa partir à contrecœur. Fidèle à sa promesse, James rejoignit donc sa salle commune où il ne trouva plus grand monde, excepté Evans lovée dans les bras de Shane Conelly au coin du feu et sa propre copine, terriblement inquiète. Alors qu'elle se précipitait vers lui, son regard à lui se posa sur le couple devant la cheminée et son cœur se serra. Alors, sans lui laisser le temps de lui poser la moindre question, il observa sa petite amie et lui dit :
- Sarah Jane, il faut qu'on parle.
Note :
Alors, Sevy-chou est vraiment pas très sympa dans ce chapitre, Siri-chou agit bêtement aussi.
Mumus addict au chocolat ? A peine xD
Combien de temps James et Remus vont-ils rester fâchés contre Sirius ?
Et que va donner la conversation entre SJ et James ?
Et sur cette fin un peu sadique, je pars deux semaines en Irlande ^^
Bonnes vacances à tous.
