Disclaimer : Tous les personnages et les lieux que vous connaissez appartiennent à JK Rowling et à la Warner Bros. Seuls le scénario, Cloé, et quelques autres persos que vous n'avez sûrement pas remarqués sont à moi.
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Note de l'auteur : Salut tout le monde, et merci pour vos reviews ! Alors, j'ai compté 273 "Enfin !", 418 "C'est pas trop tôt", et seulement un petit millier de menaces de mort si jamais Harry et Ginny en venaient à se séparer avant la fin de la fic, j'en déduis donc que le dernier chapitre vous a plu ^^ Bon, je vous préviens tout de suite, celui-là est particulièrement guimauveux (ce qui est en bonne partie pourquoi il a mis aussi longtemps à arriver), mais je vous rassure, ça ne durera pas. Normalement. Bonne lecture à tous !
RàR anonyme : Merci à ep, Guest (les deux) et Talanthyr pour leurs reviews et leurs encouragements.
Chapitre 56 : Confiance et nouveau dragon
Quand Ginny se sépara finalement de lui, Harry avait toujours un large sourire plaqué sur les lèvres. Ce dernier se fit légèrement moqueur quand il demanda :
— Est-ce que je dois prendre ça pour un oui ?
— Ça dépend de quelle question tu posais ? le taquina-t-elle.
— Je viens de te demander s'il fallait que je te tienne la main pour que tu trouves la salle Harry Potter.
— Tout le monde va croire qu'on sort ensemble si tu fais ça.
— Ils auraient tort ? quémanda-t-il en la serrant contre lui, n'appréciant pas beaucoup l'emploi du verbe "croire" dans cette phrase.
— Tu veux vraiment que tout le monde le sache ?
— Très franchement, pour une raison que j'ignore, la moitié de ce château en est déjà persuadée, alors un peu plus ou un peu moins…
— Tu n'as pas tort, sourit-elle en plaçant ses bras sur les épaules du Préfet-en-Chef. On n'aura qu'à leur donner confirmation demain soir.
— Demain soir ? Mais ça veut dire que tu veux que je passe une journée entière en faisant semblant d'être célibataire ! se récria-t-il. Tu as une idée d'à quel point j'ai dû me retenir pour ne pas te sauter dessus ces dernières semaines ?
— Justement, une toute petite journée en plus, ça ne change pas grand-chose, non ?
Non seulement elle prenait une voix suppliante, mais en plus elle trouvait le moyen de faire une moue de chien battu qui n'était pas sans rappeler la forme animale de Sirius –en beaucoup plus séduisant, cela allait sans dire. Se laissant convaincre, Harry déclara donc à contrecœur :
— Très bien, comme tu voudras. Par contre, il va falloir que tu te fasses pardonner. Je conseille de payer par avance pour ce genre d'affronts.
— Et tu crois qu'il faudra quoi pour qu'on soit quittes ? murmura-t-elle, le visage à quelques millimètres du sien.
— Je te dirai quand ce sera assez, répondit-il sur le même ton avant de prendre possession des lèvres de la rouquine.
Harry passa le tableau, seul, plus d'une demi-heure plus tard, mais sans avoir prononcé un seul mot autre que "Bonne nuit". Et même si, justement, Ginny avait insisté pour qu'il passe la nuit seul, il avait tout de même un large sourire plaqué sur le visage –sourire qu'il aurait qualifié de pathétiquement idiot s'il l'avait vu, soit dit en passant. S'il avait encore besoin d'une preuve qu'il n'avait pas rêvé leur précédent baiser, il n'avait à présent plus aucun doute : Ginny embrassait définitivement aussi bien qu'il s'en rappelait.
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Le lendemain matin, Harry devait lutter pour garder un visage neutre quand il descendit prendre son petit déjeuner. D'accord, il était toujours légèrement agacé de ne pas pouvoir passer la plus grande partie de sa journée à rattraper le retard pris ces deux dernières semaines, mais tant que le manque ne se faisait pas trop sentir, il restait de plutôt bonne humeur.
— Salut Drago, bonjour les Greengrass, salua-t-il en s'asseyant à sa place habituelle.
Les deux filles lui répondirent avec un signe de tête poli, mais Drago resta silencieux, se contentant de le fixer en fronçant les sourcils. Harry mit à profit des années passées à jouer la comédie pour paraître étonné en demandant à son meilleur ami, alors qu'intérieurement il avait un mauvais pressentiment :
— Qu'est-ce qu'il t'arrive, vieux ? Les pancakes ne sont pas à ton goût ?
— Bof, comme d'habitude. Ça s'est bien passé, l'entraînement de la belette numéro 7 ?
— Bof, comme d'habitude, imita Harry. Elle est de moins en moins irrécupérable, si tu veux savoir.
— Ce n'est pas une façon de parler de ta petite amie, Harry. Surtout maintenant que vous sortez enfin ensemble.
— Ah bon, plus que la semaine dernière ? fit le Préfet-en-Chef en prenant l'air blasé.
Intérieurement, cependant, il maudissait son meilleur ami d'être si bien capable de le lire. Comment le blondinet avait-il deviné ? Drago avait réussi à intéresser les deux sœurs Greengrass, qui ne leur portaient jusque là qu'une attention limitée.
— Toutes nos petites plaisanteries mises à part, Harry, je connais la tête que tu faisais en arrivant tout-à-l'heure. Salazar sait que je t'ai assez vu après que tu aies une nouvelle copine pour reconnaître quand c'est le cas. Et comme tu as passé la soirée avec la Weaslette…
— D'accord, tu as gagné, j'ai une nouvelle copine, lâcha Harry. Hier soir j'ai enfin décidé de t'écouter et de passer la nuit avec Granger. Et ne t'attends pas à la voir venir ici, elle compte faire une surprise à Weasley mâle en le plaquant ce soir devant tout le monde. Tu es content ?
Drago resta un bon moment bouche bée devant lui, avant de se tourner d'un air absent vers Astoria, laquelle éclata de rire en voyant sa tête. Cela sembla le sortir légèrement de sa torpeur et il s'exclama à l'intention de Harry, qui avait commencé à manger avec irritation :
— Tu plaisantes, j'espère ? S'il-te-plaît, dis-moi que je ne vais pas réellement devoir supporter cette imbuvable je-sais-tout ?
— Si tu ne me crois pas, tu n'auras qu'à bien regarder ce soir, le spectacle devrait en valoir la peine, bluffa Harry.
— Je n'arrive pas à croire que tu sois tombé si bas. Au moins, la petite Weasley est canon ! Mais Granger… ne me dis pas que tu sors vraiment avec ce castor ?
— Je crois que je vais vous laisser, lança froidement Astoria. À ce soir, Daphné, Potter.
Elle partit ensuite brusquement sans un regard pour son petit ami, qui se tourna vers elle, fronçant les sourcils.
— Qu'est-ce que j'ai dit ?
— Malefoy, lança Daphné d'une voix dangereusement calme, si tu n'es pas parti t'excuser dans les trois secondes, tu peux dire adieu à la simple idée d'avoir un jour une descendance.
Drago parut alors remarquer le regard assassin qu'il recevait de sa part, et partit précipitamment à la suite d'Astoria. Harry avait du mal à se retenir de sourire, tant par amusement que par soulagement que la conversation ait changé de sujet. Il se tourna vers sa voisine pour constater avec une certaine surprise qu'elle avait tranquillement repris son repas, toute colère à l'encontre d'un certain futur beau-frère évanouie.
— C'est drôle, Daphné, à te voir maintenant, on jurerait que tu n'en veux pas du tout à Drago d'avoir fait de la peine à ta sœur.
— Il fallait bien le motiver pour qu'il aille lui parler, sinon il va tellement attendre qu'Astoria va finir par vraiment mal le prendre. Après, c'est vrai que j'ai un peu surjoué, il n'en méritait peut-être pas autant.
— Si ta sœur ne s'habitue pas aux remarques de Drago, ça ne va pas coller longtemps, entre eux, pointa Harry.
— Je sais, soupira-t-elle, je lui en toucherai deux mots à l'occasion. Au fait, je ne t'ai pas encore félicité pour ton mensonge de tout-à-l'heure. Je crois que tu as choqué Malefoy à vie.
— Qu'est-ce qui te fait croire que c'est un mensonge ?
— Harry, Granger représente exactement tout ce que tu détestes chez un être humain. Et puis franchement, elle, plaquer quelqu'un en public en plein milieu d'une soirée ? Ne me fais pas rire, s'il-te-plait. Je n'en reviens pas que Drago ait avalé un bobard pareil.
— Comme tu as dit, il était sans doute trop choqué pour réfléchir au fait que c'est une histoire complètement impossible, haussa-t-il les épaules en abandonnant son mensonge improvisé.
— Ça doit être ça. Et puisque tu lui as dit qu'il y aurait du spectacle ce soir, je suppose que ça veut dire que tu rendras officielle ta nouvelle petite amie pendant la soirée, je me trompe ?
— Parce que tu le crois quand même quand il dit que j'ai une copine ?
— Je n'ai pas besoin de lui pour arriver à ma propre conclusion. C'est juste que Malefoy a mis plus de temps que moi à remarquer que tu es toujours de bonne humeur le samedi matin.
— Évidemment, c'est le début du weekend, répliqua Harry tout en sachant pertinemment que Daphné ne tiendrait aucun compte de sa pseudo-explication.
La jeune femme choisit de ne pas commenter –du moins pas autrement qu'avec un regard moqueur– et ils quittèrent bientôt la Grande Salle pour passer toute la matinée en révisions diverses, au grand dam de Harry qui, sans être incollable sur ses cours, était certain que ses diplômes ne lui serviraient jamais à rien. Les joueurs de Quidditch avaient peut-être une carrière relativement courte, mais ils gagnaient suffisamment d'argent pour ne pas avoir à travailler quand elle était terminée. Et même dans le cas où il s'ennuierait pendant sa retraite sportive, son nom serait certainement suffisant pour le faire rentrer où il voulait.
Ils retrouvèrent le futur couple Malefoy, réconcilié, au déjeuner, avant que l'équipe de Serpentard ne se dirige vers le terrain de Quidditch. Le dernier match de la saison aurait lieu seulement deux semaines plus tard, et Harry avait donc multiplié les entraînements autant qu'il lui était possible compte tenu de son emploi du temps chaotique. Il avait même obtenu de Rogue qu'il repousse ses retenues avec lui de quelques heures pour pouvoir jouer le mardi, ce qui représentait un véritable exploit quand on savait l'animosité existant entre le sombre professeur et lui.
Drago le regardait toujours bizarrement, mais Harry n'y fit pas attention, trop occupé à faire travailler son équipe –ou plutôt à la martyriser, à les en croire. En toute modestie, il se demandait comment il serait possible qu'ils ne gagnent pas, à condition que personne ne se blesse. Il envisageait d'ailleurs de conseiller à Julia de ne pas aller en Potions jusqu'au match, mais craignait que ce ne soit pas très apprécié par son directeur de maison. Quoiqu'il en soit, Harry était de passablement bonne humeur quand il alla au dîner, et encore plus un peu plus tard alors qu'il allait ouvrir la Salle-sur-Demande après s'être changé.
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— Bon, tu ne m'en veux pas, mon vieux, mais j'ai deux ou trois choses à faire du côté des Gryffondor, annonça Harry.
Son meilleur ami eut un regard horrifié tandis que Harry se retenait à grand peine de rire. Il venait de repérer Granger qui discutait avec les deux Weasley, ce qui était exactement l'occasion qu'il cherchait. Drago n'allait pas tarder à se rendre compte qu'il s'était moqué de lui –dès qu'il reconnaitrait la fille avec qui il allait danser, en fait– mais en attendant, Harry comptait bien faire durer la supercherie le plus longtemps possible. Et si Drago avait une attaque entre-temps, ce serait bien fait pour lui, pour toutes les fois où il avait été insupportable à propos de Ginny cette année.
— Salut les griffies ! s'exclama-t-il joyeusement. J'espère que vous vous amusez bien ?
— Qu'est-ce que tu veux, Potter ? l'accueillit Weasley d'un ton las –encore une nouveauté le concernant.
— Inviter la deuxième plus jolie fille du château à danser.
— Et tu crois que lui dire qu'elle n'est que deuxième va lui donner envie d'accepter ? nargua Ginny.
— Qu'est-ce qu'il y a, tu es jalouse de ta filleule, Ginny ? répliqua-t-il.
Ginny ouvrit la bouche pour répondre, mais sembla changer d'avis en secouant la tête :
— D'accord, tu m'as eue, cette fois.
— Content de te l'entendre dire. Alors, tu viens danser, oui ou non ?
— Pourquoi pas, après tout ?
Harry l'emmena donc sur la piste de danse non sans remarquer le regard suspicieux de Granger, ou sans entendre le commentaire éclairé de Weasley, qui comprenait avec un –voire plusieurs– temps de retard :
— Attends, mais il ne vient pas de dire qu'il trouvait que sa sœur et Ginny étaient les deux plus jolies filles de l'école ?
— Tu en as mis d'un temps, pour venir me chercher, se plaignit Ginny en mettant ses mains sur les épaules de Harry. Un peu plus, et c'est moi qui allais t'inviter directement.
— C'était simplement pour faire marcher Drago un peu plus longtemps. Il m'a agacé, ce matin, alors je lui ai dit que Granger allait plaquer ton frère pour moi ce soir.
— Tu lui as fait croire que tu sortais avec Hermione ? répéta-t-elle en écarquillant les yeux. Et il a avalé ça ?
— Il faut croire que son cerveau ne fonctionnait pas très bien ce matin. Mais bon, maintenant je n'ai plus le choix, je vais devoir lui confirmer que c'était une blague.
— Faire comprendre quelque chose d'un peu subtil à Malefoy ? Je te plains, quelle corvée ! plaisanta-t-elle avec un sourire.
— Je ne trouve pas que ce soit une corvée, et je n'ai absolument pas l'intention d'être subtil.
Harry lui rendit son sourire en se penchant vers elle, sans cesser de danser. Il l'embrassa doucement mais longtemps, leur baiser durant presque la totalité du slow qu'ils dansaient. Quand ils se séparèrent, passablement essoufflés tous les deux, Harry avait parfaitement remarqué qu'on entendait plus la moindre conversation dans la Salle-sur-Demande, le silence ambiant n'était troublé que par la musique –beaucoup plus rapide à présent que leur danse.
— Les gens vont s'imaginer qu'on sort ensemble, si tu fais ça, Harry, murmura la rouquine.
— Seulement imaginer ? Il va falloir que je continue, alors, répondit-il sur le même ton avant de prendre à nouveau possession de ses lèvres.
Leur embrassade fut cette fois bien plus passionnée, et Harry aurait certainement cherché à la déshabiller sur place s'ils n'avaient pas été dans une salle remplis d'élèves –dont une partie non négligeable les fixait avec jalousie.
— Heureusement que je m'étais coiffée avant de venir, fit remarquer Ginny après qu'ils se furent légèrement écartés pour respirer. Mes cheveux n'ont sans doute jamais été aussi emmêlés que maintenant que tu as mis les mains dedans.
— Tu n'avais qu'à faire comme moi et t'abstenir, j'avais prévu le coup.
— Ce n'est pas plutôt parce que tu es incapable de les faire tenir droits ?
— Ils étaient parfaitement droits avant que tu ne t'en mêles, signala Harry.
— Si tu considères que je m'en suis mêlée à ta naissance, ça doit être vrai, parce que je ne me rappelle pas t'avoir vu une seule fois avec une coiffure digne de ce nom depuis que je suis à Poudlard.
— Alors comme ça, tu passais déjà ton temps à me regarder avant ? sourit-il. Je savais que tu as toujours été folle de moi.
— Mais tu vas arrêter de raconter des idioties plus grosses que toi, oui ? Tu ne crois pas que j'aurais profité d'une des nombreuses occasions que j'ai eues de te rendre fou, en début d'année ? Tu te rappelles, quand tu sortais déjà avec Daphné mais que ça ne t'empêchait pas de m'inviter un jour sur deux pour prendre un râteau ?
— Certes. Donc si je comprends bien, tu es finalement tombé sous mon charme à ce moment là. J'aurais dû m'en douter, personne ne peut me résister.
— Idiot, rit-elle en se mettant sur la pointe des pieds pour déposer une petite bise sur ses lèvres. Tu penses vraiment que c'est en me proposant de coucher avec toi toutes les deux phrases que je suis tom… que tu as commencé à m'intéresser ?
— Vraiment, ce n'est pas pour ça que tu t'es décidée ?
— Idiot, répéta-t-elle avec, cette fois, un léger froncement de sourcils et une tape légère sur l'épaule. C'est si difficile de comprendre que je te préfère largement quand tu n'essaies pas de faire ton intéressant ?
— Comment ça, j'essaie ? J'ai besoin de me forcer pour être intéressant, moi ?
— Tu ne changeras jamais, hein ?
— Bien sûr que non, confirma-t-il en la rapprochant encore de lui. C'est comme ça qu'on m'aime, non ?
— C'est malgré ça qu'on te supporte, tu veux dire.
Harry eut un brusque sentiment de déjà-vu, mais il n'y fit pas attention. De toute façon, il fut pendant un certain temps beaucoup trop concentré sur ce qu'il faisait de sa langue pour réellement penser à autre chose. Son cerveau s'était momentanément mis en pause, et il ne fit provisoirement que fonctionner à l'instinct.
— Harry, tu réalises qu'on a changé de chanson ? fit remarquer Ginny après un –très– bon moment.
— Oui, trois ou quatre fois, et alors ?
— Alors, on danse toujours un slow et c'est du rock qui passe. De quoi on a l'air, à ton avis ?
— De deux personnes qui sortent ensemble et qui en profitent, je dirais, fit mine de réfléchir Harry. Ça tombe bien, puisque c'est exactement ce qu'on est !
— Quand même, on est en plein milieu et pas du tout dans le rythme, on empêche les gens de danser en restant là.
— Très franchement, je m'en fiche complètement, mais on peut toujours aller s'asseoir et boire un verre, si ça te dérange.
En quittant la piste de danse pour rejoindre l'un des canapés sur le côté, Harry s'aperçut qu'ils étaient de nouveau le centre d'attention de pas mal de gens, même si cette fois, la plupart se montraient plus discrets dans leur espionnage. Ils s'assirent sans s'occuper des autres et Harry appela son elfe pour qu'elle leur amène quelque chose à boire. Ils eurent à peine le temps de commencer à discuter avant d'être interpelés une première fois par les amis de Harry.
— C'est marrant, Harry, commença Drago dès qu'il fut à portée de voix, j'ai comme l'impression que Granger a changé de tête depuis la dernière fois que je l'ai vue.
— En bien, j'espère ? rétorqua son meilleur ami.
— Je ne me prononcerai pas là-dessus, je ne regarde pas les filles avec qui je ne sors pas, moi.
— Et tu n'as pas intérêt, renchérit la jeune Greengrass. Merci de vous être décidés, tous les deux, un peu plus et j'aurais perdu dix Gallions.
— Dix Gallions ? Dis-moi que ce n'est pas ce que je crois, Greengrass, menaça Ginny, plissant les yeux sur la Serdaigle.
— Oh, ça dépend de ce que tu crois. Ma chère petite sœur avait juste parié que vous seriez officiellement ensemble avant la fin des vacances. Je ne lui ai pas encore dit qu'elle avait perdu.
— Qu'est-ce que tu racontes, Daphné ? Les cours ne reprennent que dans deux jours, donc j'ai gagné !
— Techniquement, on n'est plus en vacances mais en weekend, intervint alors Harry, autant amusé par l'échange entre les deux sœurs que par l'air renfrogné de sa petite amie.
— Exact ! conclut Daphné. C'est Fred qui va être content, lui qui perd tout le temps ses paris sur sa sœur !
— QUOI ? Mon propre frère fait des paris sur le temps que je reste célibataire ?
— Pas exactement : vous lui avez fait perdre cinq paris d'affilée, avec le temps que vous avez mis pour rendre votre couple officiel. Ce serait plutôt à lui de t'en vouloir, quand on y réfléchit bien.
— Il va me le payer ! explosa Ginny. Préviens-le : la prochaine fois que je l'ai en face de moi, il reçoit le pire Chauve-Furies de l'histoire de la sorcellerie !
Harry ne put s'en empêcher plus longtemps et éclata de rire, récoltant immédiatement un regard assassin de la rousse en colère. Un autre que lui en aurait sans doute été intimidé, mais il se pencha pour déposer une petite bise sur les lèvres de sa petite amie avant de lui chuchoter à l'oreille :
— Je t'ai déjà dit l'effet que tu me fais quand tu es en colère ?
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Le mercredi suivant, Harry arriva au premier cours de Défense du trimestre… frustré, c'était le mot. Une semaine qu'il sortait avec Ginny Weasley, probablement sur le podium des filles les mieux faites de cette fichue école, et toujours rien. Oh, bien sûr, il ne se passait pas un jour sans qu'ils ne se retrouvent pour mutuellement vérifier le fonctionnement de leur langue, mais quand venait le moment où Ginny trouvait une excuse pour s'éclipser, il en venait presque à regretter qu'elle embrasse si bien. Il ne l'avait jamais considérée comme le genre de fille à se jeter dans son lit à la première occasion, mais quand même.
Harry pensait avoir une bonne idée de ce qui retenait la jeune femme, et il pouvait difficilement l'en blâmer, mais il espérait qu'elle commencerait rapidement à lui faire confiance dans ce domaine, parce que dans le cas contraire, il ne savait pas combien de temps il pourrait se retenir avant de faire quelque chose de stupide. Il ne la forcerait jamais à quoi que ce soit, évidemment, mais il était à peu près certain que Ginny le prendrait très mal, a posteriori, s'il la convainquait de se laisser aller dans le feu de l'action. Il n'avait pas vraiment envie de vérifier cette théorie, mais il s'impatientait.
— Bonjour tout le monde ! entama Sirius en entrant dans sa salle de cours, le sortant de ses pensées avec une bonne humeur qui laissait présager qu'il n'avait pas les mêmes ennuis que Harry. Comme vous le savez, j'ai organisé un petit tournoi de duel pour ce trimestre avec les sixièmes années pour vous préparer à la partie pratique de vos ASPIC. Tous les cours du jeudi après-midi y seront consacrés jusqu'à environ la fin du mois de mai. Comme vous êtes une soixantaine à participer, il faudra que nous arrivions à disputer une petite quinzaine de duels par après-midi, ce qui voudra dire des duels limités à quinze minutes et nous laissera une dernière séance pour la finale et le match pour la troisième place. Les duels auront lieu dans la Grande Salle pour avoir plus de place, et les autres élèves seront les bienvenus pour y assister. Ceux qui ne concourent pas et ne veulent pas regarder leurs camarades seront dispensés de cours. Maintenant, pour ce qui est du règlement…
Sirius continua encore un bon quart d'heure à expliquer que tous les sorts étaient autorisés, qu'il serait seul juge pour décider du vainqueur d'un duel si celui-ci arrivait à la fin de la limite de temps, et que chaque victoire rapporterait dix points pour la maison, avec un bonus de dix points pour les finalistes. Il donna ensuite le tirage du premier tour, et Harry apprit donc qu'il ouvrirait le tournoi contre Ernie Macmillan, et que Ginny devrait se débarrasser de Parkinson. Il vit distinctement le Poufsouffle pâlir en lui coulant un regard appréhensif, mais Parkinson ne semblait pas réaliser la correction qu'elle allait recevoir.
— Je n'ai pas fait attention, vous tombez contre qui ? demanda Harry à ses amis alors qu'ils étaient censés réviser quelques sorts de duel.
— Owen, répondit Drago d'un ton un peu morose alors que Daphné souriait d'un air mauvais.
— Vous allez rire. Mon premier duel est contre Ron Weasley.
— Sérieux ? Ne sois pas trop dure avec lui, ce serait dommage de blesser votre beau-frère, prévint Drago.
— Ne t'en fais pas, je vais essayer de le laisser entier. Et toi, Harry, qui est le malchanceux ?
— Macmillan. Ce sera le premier duel de demain.
— Et sans doute le plus court, compléta-t-elle.
— Très bien tout le monde ! les interrompit le professeur. Apparemment, vous avez gardé de bonnes bases pour ce qui est du duel, donc j'aimerais voir si vous vous rappelez de ce qu'on a fait en tout début d'année. Vous allez tous passer individuellement et me faire le meilleur Patronus dont vous soyez capable. Allez, Miss Bones, vous n'avez qu'à commencer.
Harry continua de parler du tournoi avec ses amis en regardant les autres lancer des Patronus, beaucoup devant s'y reprendre à deux ou trois fois avant d'y arriver. Ni lui ni Sirius n'en furent étonnés, le sortilège étant probablement le plus difficile qu'ils avaient appris cette année, toutes matières confondues. Quand ce fut enfin son tour, il s'avança en face de son parrain, visualisa intérieurement le sourire de sa petite rouquine préférée et prononça la formule, regardant le cerf habituel faire le tour de la salle.
Sauf que ce n'était pas un cerf. À la grande stupéfaction du Préfet-en-Chef, ce fut un reptile au corps massif qui sortit de sa baguette, avant de déployer des ailes membraneuses et de s'envoler, cherchant du regard la menace qu'il était fait pour détruire. Ne voyant ni Détraqueur ni Moremplis, il disparut, non sans avoir au préalable salué celui qui l'avait lancé d'un mouvement de tête. Harry resta immobile, la baguette levée, incapable de comprendre ce qui venait de se passer. Pourquoi, par Salazar, son Patronus était-il devenu un dragon ?
— Professeur, pourquoi est-ce que le Patronus de Potter a changé ? demanda Granger, qui devait être la seule de la classe à se rappeler de la forme habituelle de son Patronus. C'était un cerf en début d'année.
— Eh bien, comme vous l'a sûrement expliqué Rogue l'an dernier, le Patronus d'un sorcier représente ce en quoi il place sa confiance, ce à quoi il se fie le plus. Sans doute que cette confiance a changé pendant cette année, dans le cas de Mr Potter.
Cela, ajouté à la sonnerie de fin de cours, fit sortir Harry de ses pensées, et il répondit vivement en levant des yeux colériques vers son parrain :
— Je n'ai jamais fait confiance à aucun cerf dans ma vie.
— Très bien tout le monde, vous pouvez y aller, révisez bien et bonne chance à ceux qui commencent le tournoi demain. Et toi, Harry, reprit-il à voix basse, tu lui as confié ta sœur pendant près de douze ans, alors ne me fais pas croire que tu ne lui as jamais fait confiance.
Harry ne répondit rien, principalement parce qu'il ne savait pas vraiment ce qu'il pouvait répondre à cela. Autant qu'il refuse d'accepter l'idée qu'il avait apprécié son père pendant des années, malgré le comportement de ce dernier avec sa sœur, il savait au plus profond de lui que c'était vrai. Comme le disait Sirius, il n'aurait jamais permis que Cloé reste sous la responsabilité d'un homme en qui il n'avait pas confiance. Ce qui ne changeait absolument pas le fait que James Potter avait trahi cette confiance, et qu'il n'y avait rien qu'il puisse faire pour la récupérer.
Ses amis eurent le bon goût de ne pas lui poser de questions à propos de ce changement, même s'ils remarquèrent sûrement son air soucieux pendant une bonne partie de la journée. Ils avaient dû expliquer ce qui s'était passé à Ginny, parce qu'elle non plus n'y fit pas allusion pendant le déjeuner. Les autres cours lui changèrent un peu les idées, puisque les révisions intensives occupaient la quasi-totalité des séances, et ni Chourave ni Rogue ne leur laissèrent un moment de répit. Le soir, ils se retrouvèrent tous comme d'habitude dans le salon des Préfets-en-chef, mais les Greengrass et Drago partirent assez rapidement, prétendument pour aller réviser.
— Alors, Harry, si tu me disais ce qui te tracasse depuis ce matin ?
— Rien d'important, ne t'en fais pas, éluda-t-il. Tu as appris contre qui tu allais disputer ton premier duel ?
— Oui, Parkinson, mais ne change pas de sujet. C'est cette histoire de Patronus ? Daphné et Drago m'en ont un peu parlé ce midi, mais je ne vois pas ce qu'il y a de si grave.
— Il n'y a rien de grave, c'est juste la discussion qu'il y a eu après qui m'énerve.
Harry lui raconta ensuite l'explication que Sirius avait donnée pour le changement de forme de son Patronus, et surtout la conclusion logique qui en découlait.
— Tu n'as pas à t'en vouloir, tu sais, répondit-elle prudemment. Après tout, même s'il est horrible avec Cloé, il ne t'a jamais rien fait directement, donc tu n'as jamais eu de raison de le détester. C'est ton père, c'est normal que tu tiennes à lui, au fond de toi.
— Bien sûr que non, ce n'est pas normal ! Il a toujours traité Cloé comme une moins que rien alors qu'il avait juré…
— Qu'il avait juré quoi ? tiqua Ginny. Harry, tu sais que tu peux me faire confiance, ajouta-t-elle en voyant qu'il ne répondit pas.
Harry s'en voulut instantanément d'avoir laissé échapper ce qu'il avait dit. Ce secret là ne concernait absolument que lui, et il n'avait jamais eu l'intention de le raconter à qui que ce fût, et encore moins à quelqu'un susceptible de le répéter à Cloé. Sa sœur n'avait pas besoin de savoir ce qu'il avait fait pour elle. La connaissant, elle serait capable de se sentir coupable alors qu'elle n'y était strictement pour rien dans son choix.
— Ce n'est pas important, Ginny, mentit-il.
— Non, c'est juste la vraie raison pour laquelle tu en veux à ton père, et donc c'est pour ça que tu as broyé du noir toute la journée. Et en plus, ça concerne ma filleule, je te rappelle, ajouta-t-elle en voyant qu'il s'apprêtait à répliquer.
— Si j'avais su que tu me ferais du chantage à la moindre occasion, j'aurais réfléchi plus longtemps avant de marquer ton nom sur cette déclaration d'adoption.
— Oui, mais tu ne le savais pas, donc maintenant tout ce que tu peux faire c'est assumer. Allez, je suis sûre que tu te sentiras mieux si tu en parles. Et en plus, si ça concerne vraiment Cloé, j'ai le droit de le savoir.
Harry soupira intérieurement, elle n'avait pas totalement tort quand elle disait que ce qui concernait Cloé la regardait aussi, mais il n'avait aucune envie de raconter les circonstances dans lesquelles son père avait juré cela. En même temps, réalisa-t-il, rien ne l'obligeait à tout lui dire…
— Si tu dois vraiment savoir, quand Cloé est née, mon père a juré qu'il nous traiterait de la même façon, qu'il ne ferait aucune différence entre nous juste parce que Cloé n'était pas l'héritière. Il a commencé à m'entraîner et à m'apprendre ce que j'avais besoin de savoir pour reprendre les rênes de la famille alors qu'il laissait presque toujours Cloé avec les elfes, quand Mère ne pouvait pas s'occuper d'elle à cause de son travail. Et moi, je ne lui ai jamais rappelé sa parole, j'ai laissé faire comme si de rien n'était. Cloé devrait me détester pour ce qui s'est passé à cette époque !
— Arrête, Harry, tu avais cinq ans ! Comment tu veux que Cloé puisse t'en vouloir avec tout ce que tu as fait pour elle ?
Et encore, elle n'en connaît pas la moitié, renchérit une petite voix rassurante au fond de lui.
— Tu as peut-être raison, mais dans tous les cas, ça ne change rien. Un Potter digne de ce nom tient toujours ses promesses, donc je n'ai jamais eu aucune raison d'avoir confiance en James Potter.
— Ça n'en reste pas moins ton père, Harry, insista Ginny d'une voix douce, et si je me rappelle bien, il s'est toujours occupé de toi. Je ne te dis pas que ça en fait quelqu'un de bien, juste que tu n'as pas à t'en vouloir si tu ne l'as pas toujours détesté comme maintenant. C'est derrière toi, maintenant.
Harry ne répondit rien, mais fut légèrement rassuré de ce que Ginny lui disait. Il n'arrivait pas à s'empêcher de se reprocher d'avoir accordé de l'affection à son père, mais les arguments de sa petite amie avaient du sens. Même si son cerveau tout entier lui hurlait depuis des années que son père était une ordure, il était en un sens logique qu'il continue de se fier à celui qui lui apprenait presque tout ce qu'il savait.
— Et si on changeait de sujet ? proposa-t-il avec un léger sourire qui était moins forcé que les autres qu'il avait affichés depuis le déjeuner.
— À une seule condition. Je veux que tu me promettes que la prochaine fois que quelque chose te donne cette tête là pendant une journée, tu m'en parleras. Et avant que tu le dises, je sais très bien qu'il y a des choses que tu veux garder pour toi. Tout ce que je te demande, c'est de me faire confiance.
— Pourquoi c'est si important pour toi que je promette de te faire confiance ?
— Parce qu'on sort ensemble, ça me parait évident. Et puis aussi parce qu'après tout ce que tu as fait pour moi, j'aimerais bien pouvoir te renvoyer l'ascenseur. C'est la moindre des choses, non ? expliqua-t-elle d'un ton légèrement timide sur la fin.
— Tu sais très bien que je ne l'ai pas fait pour que tu me doives quoi que ce soit.
— Pourquoi tu l'as fait, alors ? s'enquit Ginny en s'approchant de lui.
— Tu aimes tellement te l'entendre dire ? Parce que je tiens à toi, Ginny Weasley. Tu entends ? Je. Tiens. À. Toi.
Alors qu'il prenait sa petite amie dans ses bras, il ponctua chaque mot de sa dernière phrase d'un baiser sur ses lèvres, et l'embrassa franchement –et plus longuement– ensuite. Ils ne s'interrompirent qu'en entendant une horloge sonner minuit quelque part dans le château, et que Ginny le repoussa juste assez pour pouvoir respirer et lui parler :
— J'ai encore raté le couvre-feu, il va falloir que j'y aille si je ne veux pas me prendre une dizaine de retenues de la part de Rusard.
— Alors tu n'as qu'à rester là. Tu seras certaine de ne pas te faire avoir, comme ça.
— Harry…
— Je sais, Ginny, interrompit-il aussi doucement qu'il le put. Tu te souviens, l'autre jour, quand tu me disais que tu étais bien dans mes bras ? Eh bien je trouve aussi, et c'est tout ce que je te demande. Contrairement à ce que Drago raconte sans arrêt, je ne suis pas aussi obsédé que lui, tu sais.
D'accord, la dernière phrase était peut-être un peu exagérée si on considérait qu'il passait rarement cinq minutes en compagnie de Ginny sans avoir envie de lui sauter dessus, mais ça eut au moins le mérite de la faire sourire –juste une fraction de seconde, mais c'était déjà ça. Au moins, elle avait gardé ce côté Gryffondor : ne jamais rater une occasion de rire de Drago Malefoy.
— Je ne sais pas Harry, j'ai… j'ai peur. Je sais que je n'ai aucune bonne raison à te donner, mais je ne peux pas m'en empêcher !
— Et ce n'est pas typique des Gryffondor de foncer sans faire attention à ce qui les effraie ?
Harry décida que ce serait son dernier argument pour la soirée, étant donné que Ginny était déjà passablement secouée par tout ce qu'ils s'étaient dit. En plus, même lui admettait volontiers que faire du pseudo-chantage affectif sur le courage des rouge et or était un coup bas. Il ne lui restait plus qu'à retourner la discussion qu'ils venaient d'avoir sur la confiance pour définitivement justifier sa réputation d'être prêt à tout pour atteindre son but –réputation totalement imméritée, bien entendu. Ginny parut réfléchir un bon moment, et finit par inspirer profondément, comme pour rassembler ses forces.
— C'est vrai, tu as raison. C'est arrivé il y a plus de quatre mois, et il est parti. Il faut que j'arrête de laisser ça m'empêcher de vivre. Et puis, ce n'est pas comme si je risquais quelque chose avec toi. Je veux dire, si je ne peux pas avoir confiance en toi, qui est-ce qu'il me reste ?
Harry ne l'interrompit pas pour lui dire qu'elle prêchait un convaincu, puisqu'il était évident que la seule personne que Ginny voulait convaincre était elle-même. Quand elle arrêta sa tirade pour reprendre son souffle, en revanche, il la fit gentiment taire en l'embrassant, ce qu'elle ne parut pas refuser. Il l'emmena ensuite en direction de sa chambre en essayant de ne pas en faire une grosse affaire pour éviter de déclencher une crise de panique –ce dont certaines des réactions de sa petite amie s'étaient rapprochées, cette dernière semaine.
— Je peux… emprunter ta salle de bain, Harry ? demanda-t-elle timidement en s'éloignant légèrement de lui.
— Bien sûr. Fais comme chez toi.
Harry s'allongea ensuite sur un côté de son lit, se décidant rapidement pour garder son uniforme sur lui. Ginny l'avait déjà vu sans plusieurs fois, mais il préférait y aller lentement. Il se demanda brièvement depuis quand il prenait autant de précautions juste pour une fille, mais balaya ces pensées quand Ginny revint dans sa chambre, l'air plus nerveuse qu'il ne l'avait jamais vue. Elle s'assit sans le regarder de l'autre côté du lit, et elle était si différente de la jeune femme qu'il avait appris à apprécier en début d'année qu'il aurait volontiers ressuscité Nott pour le simple plaisir de le faire de nouveau agoniser.
Ginny finit par s'allonger à côté de lui en lui tournant le dos, et il voyait qu'elle tremblait. Il s'approcha et l'étreignit, lui murmurant doucement des paroles réconfortantes à l'oreille jusqu'à ce qu'elle se calme et qu'elle se tourne vers lui, les yeux rougis et les joues détrempées.
— Sers-moi fort, Harry, s'il-te-plait, chuchota-t-elle.
Il ne fut que trop content de s'exécuter, pressant le dos de sa petite amie contre son torse à lui en prenant bien garde à ne pas mettre sa main autre part que sur le ventre de la rouquine. Il la sentit mettre ses propres mains sur la sienne, emmêlant ses doigts aux siens. Se penchant par-dessus son épaule, il lui murmura un "bonne nuit" avant de l'embrasser sur la joue. Elle lui répondit à voix basse et il continua de la serrer dans ses bras jusqu'à ce qu'il s'endorme, en espérant tout de même que la rouquine réussirait à l'imiter assez rapidement.
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Quand Harry Potter se réveilla le lendemain matin, il remarqua rapidement plusieurs choses. Tout d'abord, Ginny avait bel et bien réussi à s'endormir, s'il devait en juger par sa respiration profonde et régulière. Ensuite, la même jeune femme était toujours pelotonnée au creux de ses bras, serrait toujours sa main contre elle comme un doudou, et paraissait même plus détendue que quand il s'était endormi. Enfin, et c'était un peu plus problématique, lui-même ne pouvait pas être considéré comme détendu, au contraire même. Si Ginny se réveillait dans ces conditions, il serait plus difficile de prétendre à l'avenir qu'il n'était pas aussi obsédé que Drago. Beaucoup plus difficile.
Jetant un coup d'œil rapide à sa montre et déterminant qu'il avait encore pas mal de temps avant le petit déjeuner, il décida d'aller prendre une douche avant de réveiller sa petite amie, le temps de calmer son léger problème. Ce ne fut pas simple de retirer sa main de la prise de la rousse –qui serrait relativement fort– mais il finit par y arriver, et quand il revint dans sa chambre, un peu plus frais et dispos qu'auparavant, il constata que Ginny dormait toujours. Il s'assit au bord de son lit et en profita pour admirer sa petite amie, qui n'avait pas mis de temps à s'étaler et à prendre ses aises dans son lit.
Voir les traces de larmes séchées qu'il y avait encore sur ses joues ranima ses envies de meurtre envers un certain Serpentard qui avait autrefois compté parmi ses meilleurs amis, mais il ne pouvait s'empêcher de remarquer les similitudes entre sa sœur et sa petite amie. Peut-être que c'était pour ça qu'il avait autant envie de les protéger et de les voir sourire l'une que l'autre à chaque fois qu'il les voyait. Avec quand même une différence notable : il n'avait jamais eu envie de réveiller Cloé en l'embrassant, contrairement à ce qu'il se retenait difficilement de faire à ce moment.
— Ginny, dit-il doucement en caressant ses cheveux. Il va falloir te lever si tu ne veux pas rater ton premier cours.
— Hmm. M'en fous… dors, marmonna-t-elle.
Harry ricana et se pencha, cédant à son envie de départ et posant ses lèvres de sa petite amie. Il se retira juste quand elle commença à répondre, et la gourmanda pour la motiver à se lever :
— Peut-être que si tu es gentille, tu en auras d'autre, mais il faudrait que je sois sûr que tu ne dors plus pour ça, Ginny.
— Rabat-joie, fit-elle mine de se plaindre en ouvrant quand même les yeux. Tu sais, je pourrais presque m'habituer à me réveiller comme ça.
— Mais tu peux t'habituer autant que tu veux, Ginny. Ma porte t'est encore plus ouverte maintenant qu'elle ne l'était avant. Je dois en déduire que tu as bien dormi ?
— Oui, et ça faisait longtemps. Quelle heure il est ?
— Sept heures moins cinq. Pourquoi, tu es pressée de partir ? taquina-t-il.
— Non, mais il faut que j'aille me changer, je ne peux pas arriver en Sortilèges avec un uniforme tout froissé.
— Si tu le dis. Comment tu vas expliquer que tu n'étais pas dans ton dortoir ?
— Qu'est-ce que ça change ? haussa-t-elle les épaules. Je peux dire n'importe quoi, ils s'imagineront toujours la même chose. Et puis ce n'est pas la première fois de l'année que je ne passe pas la nuit à la tour. Les autres filles ont fini par s'y habituer.
— Bon cours, alors. À cet après-midi. Ne sois pas en retard, le premier duel ne durera pas longtemps.
— À tout-à-l'heure, vantard.
Harry l'embrassa une dernière fois avant de la regarder partir, un sourire aux lèvres. Il avait hâte d'être à la fin du déjeuner, ne serait-ce que pour voir la tête de Parkinson quand elle comprendrait qu'elle allait se faire humilier par une Gryffondor de sixième année. Il décida de se recoucher en attendant de devoir aller en Métamorphose, il pourrait toujours aller faire un tour aux cuisines pour avoir un petit déjeuner plus tard s'il avait faim.
Quatre heures plus tard, il entrait dans la Grande Salle en compagnie de ses meilleurs amis, après un cours passé à réviser la métamorphose humaine. Il fit un petit signe de la main à sa sœur et sa petite amie et mangea rapidement, faisant des pronostics sur les différents duels qui auraient lieu après sa victoire. Celui entre Drago et Owen devrait être particulièrement intéressant, et quand Parkinson s'excusa par avance d'abîmer Ginny, il se contenta de lui sourire d'un air amusé.
— Ne t'en fais pas, Pansy, je te promets que je ne t'en voudrais pas si tu touches Ginny avec un sort.
— Mr Potter, je peux vous dire un mot ? demanda son parrain derrière lui.
— Bien sûr, professeur. Qu'est-ce que je peux faire pour vous ?
— Le tournoi va bientôt commencer, et j'ai pensé que ce serait une bonne idée d'avoir une arène digne de ce nom. Si vous voulez bien me donner un petit coup de main.
— Avec grand plaisir. Je m'en occupe.
Harry se leva et se dirigea vers le mur derrière la table de Gryffondor. En voyant comment certains le regardaient, il décida de prendre la précaution de jeter un petit sortilège de Silence autour de lui avant d'annoncer qu'il était l'héritier de Godric. Il faudrait qu'il pense à le révéler à ses amis d'ailleurs. Comme la dernière fois, il y eut un léger délai, comme si le château cherchait à vérifier qu'il ne mentait pas sur son identité, avant que les murs ne commencent à s'écarter pour former des gradins. Il y eut quelques exclamations de surprise, mais qui moururent quand les responsables se furent aperçus que les tables ne bougeaient pas.
— Si vous avez du temps libre cet après-midi, je vous conseille de passer voir par ici, je suis certain qu'il va y avoir des duels intéressants. Par contre, ne soyez pas en retard, ils ne vont pas tous durer un quart d'heure entier. Hein, MacMillan ?
