Chapitre 55
Le portable de Mary Margaret vibra tandis que celle-ci était attablée en compagnie de son mari et de son petit fils. Ni Emma ni Regina n'avaient donné signe de vie donc Mary Margaret avait jugé bon de nourrir Henry. Elle s'empressa de prendre l'engin entre ses mains et ouvrit le message provenant de sa fille.
- Elles sont gonflées tout de même ! Pesta la jeune femme en reposant le portable sur la table.
- Que se passe t-il Blanche ? Demanda David inquiet.
- Elles sont sorties prendre un verre, Regina n'a pas tenu l'alcool, Emma va la surveiller un partie de la nuit. Je te jure ! Quand elles ne se prennent pas la tête, elles sont insupportable ces deux-là !
Henry se retint de rire. Il préférait quand ses mamans s'entendaient plutôt que lorsqu'elles se disputaient. David posa sa main sur celle de sa femme. Après tout ce n'était pas dramatique, ils profiteraient de leur petit-fils rien que tous les deux.
Regina arracha le portable des mains de Swan et lu le message inscrit sur l'écran.
- Quel maroufle vous faîtes Swan ! Je ne vous permet pas ! Puis pour votre gouverne, je tiens très bien l'alcool ! Grogna Regina en lançant un regard assassin à Emma.
Les deux mamans étaient apparues dans la chambre privée du caveau de la Reine. Au bout milieu d'un beau tapis soyeux bordeaux.
- Qu'importe Madame le Maire, fit Swan en soulignant bien le titre de fonction de la brune d'une façon sensuelle, oubliez ça et profitez, voulez-vous ?
Emma rompu le seul pas qui les séparait et arracha de nouveau son portable aux mains de la Reine avant de le balancer sur un fauteuil qui traînait au hasard. Elle prit d'assaut les lèvres rougeoyantes du maire et l'embrassa. Regina commença alors de défaire le chemisier d'Emma qui tombait déjà le long de ses épaules.
Ses lèvres d'un rouge sang se mirent à couvrir la peau d'Emma de baisers dans son cou puis elles finirent allongées l'une sur l'autre en recouvrant la saveur mutuelle de leurs échines perçant le silence nocturne de leurs gémissements.
Le hululement d'une chouette résonnait dans la forêt qui bordait la ville, un cris de loup-garou sous la pleine lune accompagna le grognement du volatile.
Emma suffoquait, le visage face au plafond, elle remonta le drap et couvrit sa poitrine. Regina reposait à ses côtés dans le même état.
- Vous savez ce qui me ferait plaisir en ce moment même ? Questionna Emma subitement.
- Je ne suis pas télépathe Swan.
" Et c'est une chance " se dit Emma à elle même.
- J'aimerai une cigarette, pas vous ? Ça fait longtemps.
Regina réfléchit à la question. Elle ne fumait pas non.
- Vous fumez ?
- Fumais. J'étais gamine à l'époque. Ça m'ait passé. Mais après ce soir, ce ne serait pas de refus. Sourit Emma.
- Vous êtes une femme... épatante. Jamais je n'en ai connu comme vous Mademoiselle Swan. Remarqua Regina à la fois avec ironie et surprise.
- Je suis unique en mon genre. Sourit Emma en tournant sa tête vers le visage du maire.
Regina sentit son regard et lui rendit son sourire. Leurs yeux échangeaient des messages que leurs cœurs n'arrivaient pas encore à totalement traduire et transmettre. Elles étaient à la fois si proches l'une de l'autre et si distantes.
Emma la trouvait si radieuse ainsi exposée, dévoilée. Elle aimait imbibé son esprit de l'image du drap qui épousait ses formes alléchantes. Elle pourrait la détailler toute la nuit.
- Nous devrions rentrer. Règle numéro une... chuchota Emma en soutenant le regard silencieux du maire. J'ai passé une excellente soirée à vos cotés, Regina.
Une autre règle non prononcée mais fortement pensée ne devait pas être transgressée : aucun signe affectueux en dehors des ébats. Pourtant Emma voulait, brûlait d'envie de déposer un petit baiser même furtif sur les lèvres de son amante. Regina le désirait aussi secrètement. Mais elle se devait de montrer l'exemple, elle racla sa gorge et tourna la tête face au plafond. Emma comprit qu'elles devaient s'en tenir là pour ce soir.
La blonde s'assied sur le matelas et ramassa ses affaires. Elle les enfila une à une sous le regard de la brune et disparut pour trois quarts d'heure de marche en direction du loft. Regina elle, contempla encore la porte par laquelle venait de sortir Swan. Ce soir elle dormirait au caveau dans les draps imprégnés de l'empreinte de leurs deux corps.
Les jours s'étaient succèdés à une allure fulgurante. Regina et Emma trouvaient toujours une excuse pour se retrouver et faire l'amour, qu'importait l'endroit : Le Granny's Bed and Breakfast, le caveau, le bureau du Shérif, le bureau du Maire. Tout y passait. Elles ne pouvaient passer plus d'une journée sans re-goûter à la délicatesse de leurs corps. C'était devenue quelque chose d'addictif pour elles. Elles ressentaient sans cesse cette envie de se revoir et de se dévoiler. Regina avait beaucoup de mal à comprendre ce besoin de sentir la présence de Swan, tout comme Emma trouvait étrange de ressentir ce même sentiment pour celle qu'elle qualifiait autre fois de sa pire ennemie.
La Reine raccrocha bruyamment son téléphone, à la fois angoissée et colérique. Elle avait ordonné un rendez-vous au plus vite avec le Docteur Hopper. Elle avait peur. Peur de ce qui se tramait dans son corps. Son cœur. Sa tête. Son âme.
Regina fut accueilli par Archibald qui l'invita à s'asseoir. Elle s'assied donc sur la banquette et rassembla ses mains sur ses genoux. Elle sentait que ses cordes vocales étaient pétrifiées, comme si elle devait demeurer muette et garder ce qui la rongeait.
- Prenez votre temps Madame Mills. Sourit le psychologue.
La brune plongea son regard inquiet dans les yeux du rouquin. Pongo écoutait lui aussi, sur son tapis derrière le fauteuil du docteur. Regina savait qu'il garderait tout, par simple secret professionnel. Elle regarda ses mains et tenta de puiser la force au plus profond d'elle même. Elle releva le menton et commença à ouvrir les lèvres.
- Eh bien...
