Helloooo ! ^^ Je suis rentrée ! Un grand merci à tous ceux qui ont laissé des reviews ou qui ont ajouté cette histoire à leurs favoris, je suis vraiment flattée !

Finalement, ça n'avait pas été la semaine suivante, mais la semaine d'après, que Sanji avait pu pénétrer dans l'atelier du photographe. En effet, la deuxième fois qu'il s'était rendu à leur rendez-vous hebdomadaire, Veland Ewaldson (de son vrai nom) avait choisi de le frapper non plus avec sa cravache, mais avec une ceinture à boucle de métal. Sanji n'avait pas réussi à rester debout bien longtemps, et s'était retrouvé à quatre pattes, le dos en sang. Il avait également perdu le compte, et se contentait de pousser des cris de douleur à chaque fois que le métal lui lacérait la chair. Finalement, lorsque le photographe était allé s'enfermer dans la salle de bain, après avoir ordonné à l'enfant de s'en aller, Sanji avait perdu connaissance. Il s'était réveillé dans le lit de l'adulte, et avait constaté qu'il avait été pansé. Mais dès qu'Ewaldson s'était rendu compte que Sanji était revenu à lui, il l'avait mis à la porte, en lui donnant rendez-vous la semaine d'après.

Cette fois-ci, le photographe avait visiblement fait de nouvelles acquisitions, puisqu'il s'était muni d'un martinet rutilant. Le dos de Sanji avait à peine eu le temps de cicatriser, et il dut se mordre les lèvres au sang pour ne pas hurler dès les premiers coups, mais il parvint à rester conscient, se répétant comme un mantra que c'était pour les filles qu'il faisait ça. Cette fois-ci, c'était la bonne : il s'emparerait de la clé et récupèrerait les pellicules. Il ne pensait pas pouvoir tenir beaucoup plus longtemps, de toute façon… Mais c'était déjà mieux que ce qu'Alrik, Einar et Bjarni lui faisaient subir. Sanji préférait, et de loin, la douleur physique plutôt que leurs attouchements moites et l'humiliation de voir son corps réagir malgré lui. Tout le dégoûtait dans ces rapports, et lui en premier lieu. Il avait beau s'en défendre, il savait qu'Alrik avait raison : s'il prenait du plaisir à se voir ainsi souillé et usé, c'est qu'il était aussi vicieux que ses tortionnaires. Finalement, les coups de martinet étaient plutôt bienvenus : Sanji avait l'impression d'expier ses fautes. Cette pensée réconfortante lui permit de tenir jusqu'à la fin de la séance, et de se rhabiller sans plus qu'un instant de vertige. Aussitôt, il extirpa la petite boîte noire d'en-dessous du lit, et descendit les escaliers quatre à quatre pour ouvrir la porte de l'atelier.

L'atelier était impressionnant, plongé dans une lumière rougeâtre qui donnait à tout un aspect sinistre : les instruments qui s'y trouvaient ressemblaient à des engins de torture, et les photographies qui pendaient à un fil avaient l'air de saigner. Ne perdant pas de temps, Sanji ouvrit les tiroirs du premier meuble à sa droite, et eut la chance de tomber directement sur une enveloppe où il était noté « Capitaine Snorre ». Vérifiant que l'enveloppe contenait bien les négatifs qu'il recherchait, Sanji prit ses jambes à son cou, emmenant son butin avec lui.

Le soir suivant, il fut tout fier de rapporter les photos et les négatifs à Frida, qui lui adressa un sourire reconnaissant. Ensemble, ils les passèrent en revue. Leur contenu était abominable. On y voyait des scènes de combat entre des prostituées et des bêtes sauvages, ou entre elles ; certaines où elles se faisaient recouvrir de sécrétions diverses et variées, toutes aussi peu ragoûtantes les unes que les autres ; d'autres encore où se déroulaient de véritables scènes de torture, terminées parfois par la mise à mort de la victime… Il semblait n'y avoir aucune limite à l'horreur. Sanji sentit ses yeux brûler de larmes contenues, tandis qu'il se rendait compte de tout ce que Vilma et Thilda avaient dû endurer - mais il se refusait à pleurer, sachant que c'était de sa faute.

Tout semblait se passer dans le sous-sol de la villa, à en juger par l'absence de fenêtres et les plafonds voûtés. Letcher, Snorre et M. Silver étaient présents sur plusieurs photos, Letcher toujours en spectateur, Snorre souvent dans les scènes de torture, et Silver… jamais sans son masque noir à arabesques d'argent et son chapeau haut-de-forme.

- Mais ! On ne voit jamais son visage ! réalisa Sanji avec frustration. Il n'ira jamais derrière les barreaux, avec ça : on ne sait même pas qui c'est !

- Mais on voit Snorre, et Letcher, relativisa Frida. C'est déjà pas mal.

- Silver a tué ma mère ! Il mérite d'être arrêté comme les autres ! insista Sanji.

- Il reste encore deux rouleaux de pellicule à développer, tu auras peut-être plus de chance avec ceux-là… Mais ne te fais pas trop d'illusions : personne n'a jamais vu son visage, tu sais.

Sanji pencha la tête sur le côté, interloqué.

- Personne ? Moi, je l'ai vu. Le soir où il a tué ma mère. Je m'en rappelle parfaitement !

Frida pâlit à vue d'œil devant cette affirmation.

- Sanji, écoute-moi bien. Tu ne dois jamais, JAMAIS, dire à personne que tu connais le visage de M. Silver. Il te tuerait, s'il était au courant. Promets-le-moi !

Sanji était choqué d'apprendre qu'il était l'unique détenteur d'une information capitale, mais il promit. A présent, il lui restait juste à trouver le moyen de développer les deux rouleaux restants…

Il n'avait pas fallu longtemps, après que Luffy ait annoncé au reste de l'équipage que Sanji était réveillé, pour que l'infirmerie soit envahie par le reste de leurs nakamas, venus lui souhaiter un prompt rétablissement et beaucoup de bonheur dans son couple. Ce n'était que plus tard, lorsque Robin avait déclaré que le repas était prêt (oh, le cœur de Sanji saignait à l'idée que sa précieuse mellorine ait dû salir ses jolies mains en cuisine !), que le chef-coq s'était retrouvé seul et avait eu le temps de réaliser.

Il était en couple. Avec Zoro. Il n'arrivait pas à y croire ! Il n'avait rêvé que de ça depuis son retour de Kamabakka, mais c'était un rêve inaccessible, et il s'était fait à l'idée que ça ne se produirait jamais. Après tout, Zoro le détestait, pas vrai ? Et maintenant, il apprenait d'un coup que non seulement la tête d'algue ne le méprisait pas, mais qu'en plus il partageait ses sentiments ! C'était inespéré. Est-ce que la chance de Sanji tournait enfin ?

Ou bien, Zoro avait juste dit ça pour pouvoir coucher avec lui. « Non, Zoro ne ferait pas ça à un nakama » se dit Sanji en secouant la tête. Quoique ? Mais non, le marimo avait exposé ses craintes sur leur avenir en tant que couple, c'est donc qu'il se projetait à long terme avec le chef-coq. C'était plutôt encourageant, pas vrai ?

Mais… Depuis Alrik, Sanji n'avait plus eu de relations sexuelles avec un autre homme. Il y avait encore eu des attouchements, quelques baisers peu ragoûtants… Mais ça n'était plus jamais allé jusqu'à la pénétration. Comment réagirait Zoro si Sanji se mettait à paniquer ? Le blond savait que le sabreur en avait envie. Ses mains baladeuses pendant qu'ils s'embrassaient le lui avaient suffisamment fait comprendre. Et si Sanji se refusait à lui ? Est-ce que Zoro le quitterait ?

« Mais il n'est pas avec moi que pour ça… Pas vrai ? » se dit le cuisinier en se mâchouillant la lèvre inférieure. Impossible de le savoir sans le demander à Zoro. Et ça, Sanji s'y refusait catégoriquement : le marimo allait le traiter de gonzesse, si jamais il commençait à le soûler avec ses questions ! Non, le plus simple était d'attendre, et de voir. Et si Zoro devait le quitter, eh bien…

Ce ne serait pas étonnant qu'il le fasse. Après tout, Sanji ne comprenait déjà pas qu'il puisse l'aimer. Comment Zoro pouvait-il avoir des sentiments pour lui, sachant tout ce qu'il savait ? Ça dépassait l'entendement. Sûrement, ça ne durerait pas. Est-ce qu'il ne valait pas mieux que Sanji prenne les devants, et ne quitte le marimo avant que celui-ci ne le fasse ? Au moins, il n'aurait pas le cœur brisé au moment de la rupture...

Oui, mais si jamais ça marchait entre eux ? Ce serait vraiment incroyable, mais… Sanji ne le saurait jamais s'il ne donnait pas une chance à leur relation. S'il y mettait un terme avant même d'avoir commencé, il aurait des regrets toute sa vie. Et puis, le chef-coq n'était pas un lâche : s'il devait avoir mal à l'avenir, quand Zoro se serait lassé de lui, eh bien il aurait mal, voilà tout. Mais au moins, il n'aurait pas de remords.

Les jours qui suivirent, Sanji fit donc taire ses doutes en présence du marimo, bien déterminé à en profiter un maximum tant que ça durerait. Il était toujours cloué au lit, donc ils n'avaient pas pu faire grand-chose d'autre que s'embrasser et se peloter, mais c'était toujours mieux que de discuter. Dès qu'ils essayaient d'avoir une conversation civilisée, ils finissaient par se chamailler. L'habitude, sans doute…

Zoro avait bien essayé une fois de le masturber, mais ils avaient été interrompus par Chopper, qui s'était mis à s'excuser bruyamment et était ressorti aussitôt en glapissant « Continuez, faites comme si je n'avais rien vu ! ». Comme si c'était possible !

Le troisième jour, enfin, Chopper décréta que Sanji pouvait sortir du lit, et le blond l'aurait presque embrassé pour ça. Il allait de nouveau pouvoir fumer ! Le chef-coq n'en pouvait plus, et bien que les médicaments prescrits par le petit renne atténuaient les effets du manque, Sanji était littéralement obsédé par son envie de cigarette. Ses doigts étaient agités de spasmes par moments, comme s'ils cherchaient à saisir un cylindre qui n'était pas là. C'était sans doute aussi pour ça que le blond perdait très rapidement son sang-froid dès que Zoro ouvrait la bouche. Il avait des choses plus intéressantes à faire avec sa langue, bon sang ! Est-ce qu'il ne voyait pas que Sanji avait besoin d'un palliatif ?!

La première chose que Sanji fit en sortant de l'infirmerie, donc, fut de s'en griller une. Il s'accouda au bastingage, aspirant avec délice la fumée qui lui avait tant manqué.

- C'est bon, tu te sens mieux, maintenant ? grogna une voix dans son dos.

Evidemment. Comptez sur le marimo pour gâcher ses rares moments de plaisir.

- Tais-toi, je savoure, rétorqua Sanji, prenant une autre bouffée.

- T'es vraiment accro, commenta la tête d'algue en se mettant à côté de lui.

- Est-ce que je te demande combien de bouteilles tu as siphonnées pendant que j'étais enfermé ? Mêle-toi de tes oignons !

- Ahahah ! On ne dirait vraiment pas que vous êtes en couple, tous les deux !

C'était Ditwin, et Sanji lui sourit aussitôt avec chaleur. Il avait eu une longue explication avec son ami d'enfance, après que celui-ci ait déclaré son intention de rester et de se battre auprès des Chapeaux de Paille. Le blond avait été surpris : après tout, il avait passé ses années d'orphelinat à mentir à ses deux meilleurs amis, n'ayant pas réussi à leur faire suffisamment confiance pour tout leur raconter. Néanmoins, Ditwin avait haussé les épaules, et dit qu'il comprenait. Que les choses que Sanji leur avait cachées n'étaient pas faciles à avouer. Et qu'il était sûr que, de là où il était, Harding lui avait déjà pardonné aussi. Les deux hommes s'étaient rapidement retrouvés dans les bras l'un de l'autre, puis Sanji avait félicité Ditwin pour son nouveau titre de capitaine. Après cela, ils avaient pu reprendre les relations cordiales qu'ils entretenaient auparavant, et Sanji en était vraiment heureux. Décidément, il avait des amis en or, et il ne savait pas ce qu'il avait fait pour les mériter !

Ditwin était venu le voir plusieurs fois pendant qu'il était alité, et contrairement à ce qu'on pourrait penser, il n'avait pas été choqué d'entendre que Sanji et Zoro étaient ensemble. Il s'était contenté de féliciter le blond, s'attirant une nouvelle fois sa gratitude. Il l'avait également tenu au courant des derniers développements, entre autres que Bjarni s'était réveillé. Son vieil ami avait demandé à Sanji quel sort il voulait lui réserver, mais le blond avait permis à Ditwin d'en décider : après tout, Bjarni était juste un imbécile, et il n'avait jamais fait que suivre Alrik et Einar. Ditwin lui avait donc exposé la situation actuelle, et lui avait laissé le choix entre rester dans l'équipage, et se battre aux côtés des Chapeaux de Paille, ou bien rejoindre les Marines en hibernation au fond des bois. Bjarni avait choisi de rester. Enfin un signe d'intelligence !

- Ah, Ditwin. Quel bon vent t'amène ?

- Ahahah ! On m'a prévenu que tu sortais aujourd'hui, alors je voulais voir comment tu t'en sortais, et si ça te tentait qu'on fête ça tous ensemble ce soir.

- Une FÊTE ?! répéta aussitôt Luffy, dont les oreilles étaient décidément bien pendues. YOUPIE ! Sanji, il faut que tu prépares un BANQUET !

- Luffy ! Sanji est encore convalescent, il ne peut pas… commença Chopper, en triturant son chapeau avec désespération.

- Compte sur moi, capitaine, sourit simplement Sanji.

- OUAIS ! BANQUET !

Luffy se mit à sautiller partout, excité comme une puce, et Ditwin, Sanji et Zoro le suivirent d'un regard attendri.

- Tu es sûr que ça va aller, cuisiner pour vingt-sept personnes dans ton état ? demanda Zoro après un bref silence.

- Qu'est-ce qu'il y a, marimo, tu me proposes ton aide ? ricana Sanji.

- Ouais. Je ne vois pas ce qu'il y a de mal à ça, répondit Zoro d'un ton bourru.

Sanji ouvrit de grands yeux, complètement éberlué, et Ditwin parut étonné aussi, avant d'éclater de rire.

- Bon, bon ! Je vais vous laisser gérer les préparatifs, dans ce cas ! déclara-t-il avec bonne humeur. A ce soir !

Sanji adressa un signe de main à son ami qui s'éloignait, mais son esprit était ailleurs. Zoro voulait l'aider en cuisine ? Voilà qui était inhabituel ! Mais pas franchement désagréable. Etre en couple avait pas mal d'avantages, tout compte fait.

- Bon. Allons-y, marimo. On a du pain sur la planche !

- Il reste un peu de temps. Tu ne veux pas interroger Brand d'abord ?