Chapitre 54 : Les Forêts de Kodrulles.
À travers l'épais feuillage, Harry sentit le soleil filtrer sur son visage.
- Neville, dit Soazick, tu ne sens toujours rien ?
- Non, répondit Neville désolé.
- Et si tu essayais de faire fonctionner ta colère comme lors des tous premiers cours particuliers, lorsqu'on repoussait les sorts, suggéra Harry.
- Oui, dit Soazick, on va faire une pause et tu vas essayer !
Elle se dirigea vers un tronc d'arbre tombé à terre et s'y assit. Harry et Neville l'imitèrent.
Harry commençait à fatiguer, il avait sommeil et cela faisait plusieurs heures qu'ils marchaient autour de la zone qui était
supposée renfermer Les Forêts de Kodrulles.
- Alors ? demanda Soazick au bout de quelques minutes.
- Je suis vraiment désolé, mais je ne sens toujours rien, avoua Neville, je ne suis peut-être pas la personne qu'il vous faut.
- Si, dit brusquement Soazick, les Mangemorts t'ont donné un pouvoir immense dont tu sous-estimes la puissance.
- Les Mangemorts ? demanda Neville, stupéfait.
- En mettant tes parents dans cet état, expliqua Soazick.
- Il faut que tu fasses fonctionner ta haine, dit Harry.
- Je ne sais même pas se qu'on cherche, dit Neville. Je sais que j'ai dit que je ne poserais pas de questions, mais tout de même.
- Si on trouve l'entrée on te dira directement ce qu'on cherche, promit Soazick, d'ici là ce n'est pas la peine de t'embêter avec ça.
Harry regarda le soleil, on en voyait distinctement le contour en entier à présent. Le ciel gardait une teinte rouge qui diminuait lorsque le soleil montait.
- Peut-être… commença Neville.
Harry tourna immédiatement la tête vers lui.
- Oui ? demanda Soazick impatiente.
- Ce mont… dit Neville en montrant une montagne un peu plus haute que les autres et avec une forme étrange
- On te suit, dit Soazick.
Après un moment d'hésitation, Neville se leva et marcha en direction de la montagne.
Ils marchèrent durant de longues minutes et commencèrent à escalader la montagne. Neville filait droit devant lui.
- Neville ralentit l'allure, supplia Soazick essoufflée.
Neville ne s'arrêta pas.
Puis brusquement, il s'arrêta sur un terrain plat qui coupait l'ascension vers le sommet.
- C'est beaucoup mieux ici, commenta Soazick.
Fatiguée, elle s'assit sur un rocher. Harry s'approcha de Neville qui scrutait un point dans le vide en face de lui.
- Neville ? demanda Harry.
- C'est ici, répondit Neville.
Soazick se redressa et s'approcha.
- Revelarum, dit-elle en pointant sa baguette vers l'endroit désigné par Neville.
Rien ne se passa.
- Prenez vos baguettes, ordonna Soazick, à trois !
Harry sortit sa baguette.
- Un…deux…trois.
- Révélarum, s'écrièrent t-il en chœur.
Deux arbres apparurent, entre les deux un large sentier commençait. Au loin Harry aperçut les fameuses Forêts de Kodrulles.
- Un gant de fauconnerie, dit Soazick à Neville. C'est ce qu'on cherche. Les Forêts vont probablement nous attaquer.
- Comment ? demanda Neville.
- Aucune idée, répondit Soazick.
Harry
avança le premier entre les deux arbres.
Soazick et Neville
le suivirent.
Ils firent quelques pas.
- Je ne pensais pas qu'on aurait pu entrer à trois, dit Harry.
- Moi non plus, dit Soazick, mais peut-être que ce n'est pas si étonnant que ça.
Harry se tourna vers elle.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- C'est pas vraiment le moment pour les questions, dit Soazick.
Un bruit sourd retentit à côté de Soazick.
- Neville ! S'exclama-t-elle effrayée.
Harry accourut.
- Mes jambes ! dit Neville.
Les jambes de Neville étaient agitées de violentes convulsions.
Soazick marmonna une incantation. Aussitôt les jambes de Neville redevinrent normales.
- Ça m'étonnerait que ce soit tout, dit Soazick, on reste tous les trois ensemble et on accélère le pas.
Ils obéirent et marchèrent au semi pas de course.
Soudain
Harry vit une ombre passer entre les arbres, il s'arrêta.
Neville et Soazick avaient disparu du sentier.
Harry scruta les
arbres, l'ombre réapparut, elle avait fait une dizaine de
mètres le temps qu'Harry tourne la tête. Harry pointa
sa baguette dans la direction de l'ombre. Soudain l'ombre
réapparut plus loin sur la droite, elle était encore
plus près. Comment faisait-elle pour se déplacer aussi
vite ? Une nouvelle fois, Harry sentit plus qu'il ne vit, l'ombre
derrière lui. Harry tournait sur lui-même à
présent. Il sentait ses entrailles se glacer, il savait qui
était l'ombre. Brusquement au milieu du sentier, il le vit.
Lord Voldemort se tenait face à lui en souriant.
- Potter ! dit-il.
Harry pointa sa baguette vers le sorcier.
Harry entendit un faible murmure.
- Harry ! Disait le murmure.
- Tu crois que tu peux venir ici sans que je sois au courant ? dit Lord Voldemort. Les Forêts de Kodrulles appartiennent aux
Ténèbres,
tu vas mourir alors que l'Horcruxe ne se trouve pas ici, ce n'est
même pas le Gant de Serdaigle.
L'état de panique
dans lequel Harry était s'amplifia. Voldemort savait que la
quête aux Horcruxes avait commencé.
- Trois Horcruxes sont déjà détruits dit Harry d'une voix assurée.
Lord Voldemort éclata de rire, à travers le rire glaçant, Harry entendit le murmure.
- On ne peut pas t'aider…
Harry reconnut la voix de Soazick.
- Tu n'as pas compris, dit Voldemort. Je reconnais que la bague des Gaunt a été détruite mais en confiant la destruction du médaillon et de la coupe à Soazick, tu as fait une grosse erreur. Vois-tu, l'enseignement de Dumbledore ne lui plaisait pas, alors elle s'est alliée à moi.
Harry sentit la panique grandir de plus en plus en lui.
Soudain Soazick apparut à côté de Voldemort, mais ce n'était pas la même Soazick. Elle avait les cheveux noirs, les yeux rouges et le teint blafard.
- Maintenant tu comprends pourquoi je ne voulais pas que Ron et Hermione viennent avec nous, dit-elle.
- Où est Neville ? demanda Harry.
Soazick et Voldemort éclatèrent de rire. Puis Soazick pointa son doigt derrière Harry. Il se retourna, Neville était accroché à
un arbre. Mort.
Pourtant Harry l'entendait murmurer.
- Harry revient, elle est partie…
- Trêve de plaisanteries, dit Voldemort nous avons un duel légendaire à accomplir Harry.
- Vous voulez que je le fatigue avant ? Proposa Soazick à Voldemort.
- Je m'en sortirai seul, dit Voldemort en s'approchant d'Harry.
Harry avait l'impression d'être en plein cauchemar, la pire version de ce qui pouvait arriver se déroulait devant ses yeux. Pourtant si Soazick était traître, pourquoi n'avait-elle pas livrée Harry plus tôt ? Et pourquoi avait-elle aidé à capturer les Mangemorts le soir d'Halloween ?
- Harry, appela la voix murmurée de Neville.
- C'est l'un des tests des forêts ? demanda Harry à Voldemort, c'est ça.
Le sourire de Voldemort se figea.
- De quoi tu parles ?
Pendant une seconde Soazick et Voldemort disparurent du sentier.
- Oui, dit Harry, c'est moi qui vous ai créé…
Harry se retourna dans l'espoir de trouver un panneau de sortie.
- Harry, s'écria Neville bien vivant à côté de lui.
Voldemort et la Soazick maléfique avaient disparu.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda Harry.
- Pour toi, Soazick avait l'air de penser que ce n'était pas grave, que tu arriverais à revenir.
Harry regarda autour de lui, il était toujours sur le sentier.
- Où est Soazick ? demanda Harry.
- Elle est partie en courant, dit Neville, apeuré.
-
Il faut la retrouver.
Harry et Neville se mirent courir côte
à côte. Parfois ils s'arrêtaient pour écouter
des bruits qui pourraient les amener à Soazick.
- C'est quoi les Horcruxes ? demanda Neville.
- J'ai parlé tout haut ? demanda Harry.
- Oui, répondit Neville.
- On t'expliquera, dit Harry.
Un cri déchirant retentit.
Harry et Neville se mirent à courir dans sa direction.
Quelques courtes minutes plus tard, ils trouvèrent Soazick.
Elle était assise dans les feuilles mortes et se frappait avec une pierre qu'elle tenait dans sa main.
- Non, partez ! hurla Soazick.
Harry se rapprocha et lui prit l'épaule pour que Soazick puisse les voir. Harry n'eut pas le temps d'esquiver la pierre que
Soazick lui lança avant de s'enfuir.
Le nez en sang, meurtri par la douleur, Harry se releva.
- Neville, viens, dit Harry.
Il se remit à courir pour rattraper Soazick. N'entendant pas les pas de Neville derrière lui, Harry se retourna, Neville était face à un arbre immobile.
Harry se rapprocha de lui.
- Neville ? dit Harry.
Neville regardait fixement l'arbre devant lui sans remarquer Harry.
- Neville, reviens, hurla Harry paniqué.
Neville ne montra aucun signe qu'il avait entendu Harry hurler dans ses oreilles.
- Neville, si tu m'entends, si tu vois des choses atroces ou des cauchemars, ce n'est pas réel, alors reviens ! hurla Harry.
Au loin, Soazick hurlait de douleur.
- Ne bouge pas je reviens, dit Harry.
Harry courut aussi vite qu'il put à travers les arbres. Enfin il trouva Soazick, en sang, elle continuait de se frapper avec une bûche cette fois.
Harry lui sauta dessus pour empêcher de se frapper.
- Soazick ! hurla-t-il.
Elle se débattait violemment sans voir Harry. Immobilisée par Harry, elle commença à cogner sa tête contre la terre.
- Arrête ! hurla Harry.
Soazick continua de frapper sa tête et de se débattre. Harry ressentit des violentes brûlures là où sa peau entrait en contact avec celle de Soazick.
Harry se jeta sur le côté, et Soazick essaya de s'enfuir.
- Pétrificus totalus, dit Harry.
Soazick tomba à terre. À peine Harry se relevait-il que les effets du sortilège se dissipèrent. Soazick se leva et repartit en courant. Harry la suivit et la fit tomber dans une pente.
- Soazick, réveille-toi, tu ne me vois pas, reviens, supplia Harry.
Harry immobilisa à nouveau Soazick.
- Reviens, j'ai besoin de toi, Neville est seul…
Soazick recommença à frapper sa tête contre le sol. A nouveau Harry ressentit les brûlures, mais malgré la douleur, il ne bougea pas.
- Harry ?
La douleur cessa. Harry regarda Soazick, le visage en sang et contusionné, mais elle le regardait.
- Viens, dit Harry, j'ai laissé Neville.
- Aïe, dit Soazick.
Harry aida Soazick à marcher. Harry sentait la douleur des brûlures disparaître peu à peu.
- Qu'est-ce qui m'est arrivé ? demanda Soazick.
- Tu t'es frappée avec des pierres et des bûches, dit Harry.
- Je ne comprends rien de ce qui arrive dans cet endroit, avoua Soazick.
- C'est ici, que j'ai laissé Neville, dit Harry quelques secondes plus tard.
Neville avait disparu.
- Par là, dit Soazick en montrant des branches de fougères cassées.
Harry et Soazick marchèrent péniblement. Ils trouvèrent Neville qui arrivait à leur rencontre.
- J'étais où ? demanda Neville à Soazick.
- Je ne t'ai pas vu, je n'en sais rien…
- Je ne te parle pas de ça, je t'ai vu parler avec des aurors, des anciens collègues de mes parents, expliqua Neville. Lorsque les Mangemorts sont venus torturer mes parents, j'étais là n'est-ce pas ?
Soazick regarda Neville. Elle paraissait effrayée.
- Oui, dit-elle, tu étais soumis à un sort de protection qui empêchait les ennemis de te voir et de t'entendre.
- Alors, j'étais bien là, je n'ai pas inventé ? C'était ma mémoire.
Soazick regarda Neville avec inquiétude
- J'ai trouvé votre gant, dit Neville, il est sur un piédestal un peu plus loin.
Neville prit Soazick par l'autre bras et tous les trois marchèrent sous les directives de Neville jusqu'à un sentier beaucoup plus large que les autres. Au bout du sentier Harry aperçut le piédestal sur lequel le gant de Serdaigle devait être disposé. Ils marchèrent le long du sentier. Harry et Neville s'arrêtèrent juste devant le gant. Soazick, elle, déchira un morceau de son pull, puis elle le métamorphosa en jetant des coups d'oeil au gant. Quelques secondes plus tard, Soazick tenait une copie conforme du Gant de Serdaigle dans ses mains.
- Accio, dit Soazick en direction du Gant, Harry se doutait que Soazick ne cherchait pas à récupérer le gant de cette manière, juste vois les protections du Gant.
Un bouclier rouge sang apparut autour du Gant.
Harry regarda Soazick.
- Alors ça, dit-elle, je ne sais vraiment pas ce que c'est…
- On fait quoi ? demanda Harry surpris.
- A moins que les Forêts acceptent de nous aider, comme elles ont accepté de nous laisser entrer à trois, je ne vois pas comment…
Instantanément, un éclair s'abattit sur le gant, le bouclier céda et le gant tomba par terre.
- Elles nous aiment bien, dit Neville.
- Oui, dit Soazick en ramassant le gant.
Elle déposa le faux gant sur le piédestal et murmura une incantation, le bouclier s'alluma une nouvelle fois en protégeant le faux gant à présent.
- On rentre, annonça Soazick.
Ils sortirent sans incident des Forêts, Harry et Neville soutenant toujours Soazick.
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- Il va falloir m'aider pour transplaner, dit Soazick.
- À trois, dit Harry.
Harry compta et tous les trois transplanèrent. Aussitôt arrivés devant la grille de Poudlard, Harry sortit sa cape d'invisibilité. Avec la cape de Soazick en plus, ils rentrèrent au château encore silencieux. On était dimanche matin, la plupart des élèves dormaient encore.
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Harry referma la porte du bureau de Soazick, Neville l'aida à s'asseoir sur une chaise. Elle prit un flacon dans un tiroir de son bureau et le lança à Harry.
- Pour les brûlures, dit-elle.
Harry ouvrit le flacon et étala le liquide sur ses brûlures qui disparurent automatiquement.
- Détruis-le, ordonna Soazick à Harry.
Elle déposa le Gant sur le bureau.
Harry obéit et commença à jeter les sorts sur le gant. Trop concentré, Harry entendit à peine Soazick expliquer à Neville ce qu'étaient les Horcruxes. Soazick fit disparaître ses blessures à l'aide de potions et de sorts qu'elle se lançait.
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Harry lança le dernier sort.
- A qui l'honneur de le détruire ? demanda Harry.
- A Neville ! dit Soazick.
Neville s'approcha du gant, pointa sa baguette dessus, et le gant s'enflamma.
- Laisse-en un peu, dit Soazick qu'on puisse montrer les restes de la relique.
Neville éteignit les flammes.
- C'est fini, dit Harry, soulagé.
- Pas tout à fait, dit Soazick.
Elle marqua un temps de silence.
- Il est temps d'aller réveiller Sibylle Trelawney, elle a l'intégralité d'une prophétie à révéler.
