A la fin de la semaine, Salazar et Sev' avaient mis au point le fameux sortilège pour faire rétrécir les vêtements des Maraudeurs. Depuis le coup des fringues roses, ils n'avaient rien tenté, histoire que les Maraudeurs baissent leur garde. James commençait d'ailleurs à se dire que Salazar et son abruti de Mangemort de cousin avaient fini de s'amuser et étaient passés à autre chose.
Ce n'était pas faux. Le mercredi, Severus était revenu par la porte temporelle pour passer la nuit avec sa femme. Il avait dans ses poches un cadeau, pour son jeune moi-passé : des pages copiées du rarissime Codex Septimus. Sev' devint hystérique en voyant les feuillets de parchemin. La terreur des cachots dût le menacer d'une potion calmante pour qu'il reste tranquille. Sal qui se trouvait là –puisque prévenu par Dolly– se mordit la lèvre inférieure pour ne pas hurler de rire.
« Du calme, Sev' ! Demain, on ira montrer ça à Oncle Horace, il va être fou de joie. »
Sev' se mit dans un coin avec ses feuilles et refusa de prendre le thé, de parler à quiconque, en bref, il était en mode « obsession » et il fallait éviter de lui adresser la parole. Ce fut d'ailleurs un conseil donné par Severus Rogue, qui se rappelait fort bien, combien il aimait ces moments de folle passion pour un livre ou un parchemin et ce que ça lui coûtait d'être dérangé.
Il est vrai que lui vivait depuis dix-huit ans dans les cachots tranquilles de Poudlard, mais qu'il avait dû pendant sept années, partager un dortoir et une salle commune avec des condisciples et que ça n'avait pas toujours été simple pour l'intimité et la concentration.
Le vendredi après-midi, Horace Slughorn rappela à Ellie, Sev' et Salazar qu'ils étaient attendus à sa petite soirée, le jour même. Le vieil homme était plus qu'enthousiaste et voulait essayer une des potions du Codex Septimus avec Sal et Sev', mais il devait commander les ingrédients car peu communs.
Le soir en revenant du Club de Slug, Sev' et Ellie trouvèrent Severus tout seul dans l'appartement. Il avait pris la porte temporelle, et avait traîné dans les couloirs déserts du château. Presque déserts. Il était tombé sur le Préfet et la Préfète-En-Chef qui faisaient une ronde tardive.
Severus avait été très choqué de revoir Lili Evans en vie, à dix-huit ans, presque dix-sept ans après sa mort. Il n'avait pu garder son sang-froid que grâce à son expérience de Mangemort et d'espion. James Potter, agressif, s'était enquis de son identité, tandis que Lili, intriguée, avait dévisagé avec attention le visiteur.
Lorsque Severus s'était présenté comme le Professeur Prince, ami du Professeur Slughorn, James Potter avait hoché la tête, pensant qu'il était invité à la soirée du Club de Slug. Toutefois, une petite voix douce s'était fait entendre.
« Vous êtes l'Oncle de Severus ? Le père de Salazar, non ? Vous leur ressemblez tellement, c'est fou… »
Severus avait avalé sa salive et hoché la tête. Cela faisait tellement longtemps qu'il n'avait pas entendu sa voix, pas vu ses yeux verts, ou presque, puisque ce petit con d'Harry Potter en avait hérité. Mais il avait surtout hérité du visage et de l'esprit tordu du crétin congénital qui se trouvait présentement devant lui.
« Bonne nuit, jeunes gens. Leur avait dit froidement le monstre des cachots, en poursuivant son chemin. »
Au moment où il s'éloignait à grandes enjambées Severus entendit Lili dire à James : « C'est fou, James, cet homme a exactement la même voix que Sev'. »
Severus avait poussé un soupir, et rejoint l'appartement d'Ellie. Voyant qu'il n'y avait personne, il avait appelé Dolly et réclamé une bouteille de Whisky Pur Feu.
Ellie et Sal avaient convaincu Severus de rester avec eux pour le week-end. Sev' lui, ne pensait qu'à ses potions et se disait que son double du futur devait savoir des tas de choses que lui n'avait pas encore apprises, forcément, et que le passer à la questionnette allait être super intéressant.
Toute la journée du samedi, Severus, amusé et motivé, il faut l'avouer, avait prévu de mijoter des potions avec un Sev' délirant d'excitation et un Horace rajeuni de vingt ans.
Salazar, lui, avait eu pitié d'Ellie et lui avait proposé une promenade dans le parc de Poudlard après le déjeuner dans la Grande Salle, auquel Severus avait participé, installé entre Horace et Albus Dumbledore à la Table Professorale. Sal avait avec lui également, Janet, qui n'appréciait pas d'être abandonnée pour des potions avec Slug et ce veracrasse de Sev', selon son opinion personnelle qu'elle se gardait bien de faire connaître à Sal qui semblait adorer son cousin.
Sal tenait donc Janet par le cou et expliquait à Ellie qui marchait tranquillement près de lui que Sev' était intenable et que Severus avait menacé de le stupéfixer s'il n'arrêtait pas de sauter partout. Ellie avait bien ri et près du Lac Noir, Patricia et Regulus qui s'étaient cachés pour fumer en cachette d'Argus Rusard qui traquait les fumeurs, étaient venus les rejoindre.
Regulus voulait que Salazar lui prête son balai, le célèbre prototype qui était devenu l'arme secrète de l'équipe de Quidditch de Serpentard. Une dizaine de sortilèges protégeait le placard dans lequel la merveille était cachée, dans le bureau de Slug. Le capitaine de l'équipe, Bertram Aubrey, veillait jalousement sur son nouveau poursuiveur et voulait impérativement qu'il écrase cette vermine de James Potter, un des poursuiveurs de Gryffondor. Aubrey qui occupait le poste de gardien dans l'équipe, n'avait toujours pas digéré le sort que Potter et Black lui avaient jeté, et qui avait fait doubler sa tête de volume, l'année précédente. Ce méfait avait obligé le joueur de Serpentard à se faire remplacer, ce qui avait coûté la victoire à son équipe, privée de son gardien titulaire et de son capitaine.
Sal promit le balai à Reg, mais après le match et seulement sous sa surveillance. Regulus, prêt à tout pour essayer la merveille des merveilles, accepta aussitôt.
L'excitation et l'enthousiasme de Regulus Black les firent tous rire. Malheureusement, ces diverses manifestations de joie attirèrent les Maraudeurs sur le petit groupe de Serpentards comme Lord Voldemort sur un Moldu.
« Tiens, tiens… mais c'est le veracrasse qui me sert de petit frère ! Ricana Sirius Black, entouré comme d'habitude de ses compères. Les vermines se cherchent et se rassemblent ! Mais par ma Foi, il manque Servilus ! Ce naze est tombé dans son chaudron ?
-Courageux à quatre, Black, persifla Salazar, furieux que Sirius insulte Sev' encore une fois. Mais peut-être que tout seul, ça serait une autre paire de manches ! »
Sirius sortit immédiatement sa baguette de la poche de sa cape. Aussitôt Regulus et Salazar firent de même et un duel semblait inévitable. Remus poussa un soupir et tira Patmol par la manche de sa robe de sorcier. Énervé, Sirius se dégagea d'un geste violent et le loup-garou n'insista pas. James Potter sortit lui aussi sa baguette, un rictus haineux aux lèvres. Queudver se cacha derrière Remus, comme d'habitude.
« Cessez donc ces enfantillages ! Pesta Ellie. Monsieur Black, vous seriez bien aimable de cesser d'insulter mon mari. Je sais parfaitement que vous le détestez uniquement parce qu'il existe ! Vous devriez avoir honte !
-Je me demande ce que vous avez bien pu lui trouver ! Insista Patmol. Ce n'est qu'un Mangemort ! Mais peut-être que vous en êtes une aussi ! Et lui aussi ! »
En disant cela, Sirius Black désignait Salazar de la pointe de sa baguette. Cette accusation, abominable pour Sal qui avait été confronté à Voldemort récemment et lui avait courageusement tenu tête, fit voir rouge au jeune Serpentard.
« JAMAIS ! Jamais je ne m'abaisserai à m'agenouiller devant quiconque ! Même si c'est Voldemort ! Hurla-t-il, hors de lui.
-Ton cher cousin ne fait pas autant la fine bouche, poursuivit James Potter.
-Sev' n'a pas la Marque des Ténèbres, confirma Ellie tranquillement.
-Et vous pensez qu'on va vous croire ? fit Patmol.
-Pensez ce que vous voulez, Monsieur Black, mais je vous conseille de cesser vos insinuations stupides et de nous laisser tranquilles. Vous cherchez les ennuis. Menaça Ellie en toisant Sirius avec hauteur.
-Tu vas laisser Sev' tranquille ! C'est un conseil que j'te donne, grinça Salazar. Et c'est valable pour tous tes p'tits copains. Tu touches à mon cousin et tu auras affaire à moi !
-Oh, le pauvre petit bébé qui se cache… Il a besoin de quelqu'un pour le défendre !
-Et tu fais quoi, là ? Potter ! Tu défends sans cesse Black, même dans ses pires conneries ! Ça ne lui a pas suffit d'essayer de tuer Sev' une fois, on dirait !
-Il n'arrêtait pas de nous suivre partout ! se justifia Sirius.
-Parce que tu as tout fait pour ça, pauvre débile ! gronda Sal qui bouillonnait. Et si tu avais réussi, ton cher ami Lupin en aurait fait les frais, tu réfléchis parfois ? Tu mettrais la vie de ton copain en danger rien que pour t'amuser ! Tout le monde aurait su pour lui ! C'est ça que tu veux ? Pauvre nul ! »
Salazar vit Remus blêmir et baisser les yeux. Le loup-garou avait compris que Sal connaissait lui aussi son secret et avait peur.
Sirius, sentant la menace, brandit sa baguette et lança un maléfice.
« Sectumsempra ! » hurla-t-il soudain, tentant de faire taire Sal.
Ellie, voyant le danger, poussa Sal et se mit sans réfléchir sur le trajet du sortilège qui l'atteignit aussitôt. Elle hoqueta sous la douleur et sur sa robe beige apparurent alors de larges zébrures rouges et des flots de sang jaillirent.
La jeune femme s'écroula à terre et le sable de l'allée commença à rougir. Janet se mit à crier et Regulus stupéfixa son frère aussitôt. Sirius tomba lourdement à terre sans que ses amis, choqués, ne fassent un geste vers lui. Salazar poussa un cri de désespoir et se jeta à terre. Il prit la tête d'Ellie entre ses bras. « Je ne connais pas le contre sort, Ellie, tiens bon, je vais appeler Papa ! »
Ellie était pâle et ses lèvres bleuissaient. Sal avait vu mourir Drago Malefoy ainsi il y a peu, et il était terrorisé. « JANET ! Va chercher Pomfresh, VITE ! REGULUS ! Préviens Dumbledore tout de suite !
-J'y vais ! fit Reg aussitôt. »
Janet, elle, était partie en courant vers le château dès l'ordre lancé par Sal. Celui sortit sa baguette de sa poche et lança son patronus. Aussitôt un aigle magnifique et brillant disparût vers le château.
« Se… verus… balbutia Ellie, les mains crispées sur son ventre.
-Il arrive, tiens bon… je lui ai envoyé mon patronus, il arrive… »
Salazar pleurait à présent. Remus Lupin, livide, s'agenouilla près de lui. « Qu'est-ce qu'on peut faire ? Je suis désolé…
-Attendre Severus… murmura Sal dont les mains étaient rouges du sang de sa mère à présent. Je n'ai jamais réussi à déchiffrer le contre sort dans les notes de mon père, seuls lui et Sev' le connaissent. Pourvu qu'ils viennent vite… »
Un attroupement horrifié commençait à se former à présent. Lili, Jenna et Alice en faisaient partie. La Préfète-En-Chef s'agenouilla à la place de Remus qui venait de se relever.
« Que s'est-il passé ?
-Sirius a lancé un sectumsempra sur moi et Ellie s'est mise devant pour me protéger. Sanglotait Salazar, pâle comme la mort.
-Merlin… le bébé ! S'écria Lili, horrifiée, JENNA, viens m'aider, il ne faut pas qu'elle s'endorme, il faut qu'elle reste consciente ! ELLIE ! Regardez-nous, restez avec nous ! S'il vous plaît !»
Lili tapotait les joues blêmes d'Ellie dont les yeux violets commençaient à se voiler. Sal leva brusquement les yeux en direction du château. Severus, tel une chauve-souris géante arrivait en courant avec son moi-passé, sa cape noire flottant comme deux ailes sinistres. Il était suivi d'Horace Slughorn qui se dandinait sur ses petites jambes grasses très loin derrière. Le patronus de Salazar était apparu dans le labo de potions et la voix du jeune homme en était sortie. « Papa, vite ! Sirius a lancé un sectumsempra sur Maman et je ne connais pas le contre sort, on est près du Lac ! »
Severus et Sev' avaient aussitôt quitté la pièce en courant, le maître des potions avait juste eu le temps de lancer à son collègue. « HORACE ! Vite, des potions de régénération sanguine ! »
Horace Slughorn s'était aussitôt dirigé vers son armoire après avoir lancé un sort de pause sur les chaudrons, et avait rempli ses poches de fioles. Il était ensuite sorti de son labo pour suivre les deux Severus.
Au Lac Noir, Severus Rogue agenouillé par terre devant le corps ensanglanté d'Ellie était livide. « Papa, fais quelque chose… vite ! Elle va mourir ! Gémit Salazar.
-Sev', aide-moi, on lance le contre sort à deux, on aura plus de chance ! Ordonna Severus à son double. »
Severus déchira la robe d'Ellie à la main afin de voir la gravité des blessures. Sev' était au bord des larmes, sa bouche tremblait. « Tiens l'coup, Sev' ! J'ai besoin de toi pour la sauver !
-Severus… gémit Sev' atterré. Le bébé…
-J'espère que ça va aller ! Merlin… j'espère… Je vais tuer ce salopard ! Gronda Severus qui jeta un coup d'œil rapide vers la forme inerte de Sirius Black.
Il vit Regulus en larmes, balancer des coups de pieds dans les flancs de Sirius en le traitant d'assassin. Le jeune Serpentard était revenu en courant le plus vite possible du bureau directorial. Mulciber et Avery qui venaient de voir Albus Dumbledore arriver avec Poppy Pomfresh et Janet McNair, attrapèrent le jeune Black par les bras et l'éloignèrent de son frère.
Dans un silence religieux, les élèves présents regardèrent les deux Severus Rogue pointer leurs baguettes sur chaque blessure et prononcer en même temps une longue formule latine. Inlassablement, ils continuaient sur chaque plaie. Horace agenouillé près de Salazar versait dans la bouche d'Ellie des fioles de potions de régénération sanguine.
« Professeur Slughorn, ordonna Poppy Pomfresh, laissez-moi votre place ! Je vais vérifier son état et celui du bébé pendant que son époux et le Professeur Prince lancent leurs contre sorts. »
Horace se releva péniblement et sortit un mouchoir de sa poche. Il s'épongea le front et regarda Albus Dumbledore qui interrogeait Lili Evans sur les évènements. La jeune Préfète-En-Chef avait les mains et les avant-bras couverts du sang d'Ellie. Jenna Stanton qui était avec elle, pointa sa baguette sur son amie et murmura un « tergeo » pour la nettoyer.
« Miss Evans ! Dites-moi ce qui s'est passé, ici !
-Je suis arrivée, c'était déjà fait, Professeur Dumbledore. Salazar Prince était agenouillé par terre comme maintenant, avec la femme de Severus dans les bras. Remus m'a dit il y a quelques minutes que Sirius avait commencé la bagarre. James, bien sûr, a suivi. Remus a tenté de raisonner Sirius, mais il n'a rien écouté. Il a lancé un sort sur Salazar et la femme de Severus l'a poussé et c'est elle qui a reçu le sort. Je n'en sais pas plus.
-Vous connaissez ce sort, Miss Evans ?
-Ou… oui… balbutia Lili, atterrée. Je crois que c'est un sort de Magie Noire inventé par Severus ou bien son oncle, je ne sais pas trop. Il était écrit dans une des marges du livre de potions de 6ème année de Severus. Je l'avais lu avec un autre, je me demandais ce que c'était, il n'y avait pas d'explications. J'en ai parlé à James et à Sirius à l'époque. Ils avaient déjà essayé l'autre, le levicorpus, ils s'en servent sans arrêt contre Severus. Je ne suis pas sûre que Sirius savait ce que ce sort allait faire lorsqu'il l'a lancé sur Salazar, Professeur.
-Il est grand temps que Monsieur Black et aussi Monsieur Potter se calment, Miss Evans. Avant qu'il n'y ait un drame ! Ils auraient pu tuer Salazar, à la place c'est une innocente jeune femme enceinte qui va peut-être mourir !
-Merlin… Non ! C'est affreux ! »
Lili au désespoir, se tordait les mains. Jenna lui frottait le dos en cercles apaisants, sentant son amie trembler, visiblement bouleversée.
« Ce sera tout pour le moment, merci Miss Evans. Lui dit alors le Directeur de Poudlard. »
Lili hocha la tête et s'éloigna. Horace Slughorn s'approcha du vieil homme à barbe blanche. « Severus et le petit ont refermé les blessures, Albus. Poppy va prendre le relais. On ne sait rien de plus pour l'instant. Il faut un examen approfondi pour connaître les dommages internes. Severus craint que le bébé ne soit blessé aussi, ce maléfice est conçu pour provoquer également des blessures internes.
-Merlin, soupira le vieil homme. Horace, occupe-toi du jeune Severus et de Salazar, veux-tu ? Je m'occupe d'Hélèna avec Poppy et le Professeur Prince.
-Compte sur moi, Albus. Est-ce que je peux compter sur toi par contre pour que Minerva prenne ses Maraudeurs en charge ? On ne peut plus les laisser agir, Black est dangereux !
-Je sais. Et stupide aussi ! Malheureusement dans l'état actuel des choses, je ne peux même pas les renvoyer. Si Hélèna et Salazar retournent chez eux après la fin des évènements que tu sais, je devrais utiliser un sortilège d'amnésie, et ils ne comprendraient donc pas leur renvoi.
-J'espère quand même que tu vas les punir efficacement, Albus. Je te préviens, je ne laisserai pas passer ça.
-Moi non plus. Nous allons attendre le retour de Minerva, elle est à Pré-Au-Lard pour l'après-midi. »
Poppy Pomfresh, aidée de Severus Rogue, avait placé Ellie sur un brancard et le faisait léviter à présent, baguette tendue devant elle. Sev' tenait la main de la jeune fille, dont le corps sanglant disparaissait sous une couverture marron. Severus suivait la marche, le visage fermé, soutenant son fils par la taille. Salazar semblait vraiment très choqué et Janet McNair le regardait avec inquiétude.
Les Serpentards ne quittaient pas leur Directeur de Maison, voulant impérativement savoir ce qu'on allait faire aux Maraudeurs. Albus s'approcha de Sirius baguette tendue : «Enervatum» !
Lorsque Sirius fut debout sur ses deux pieds, Albus le toisa sévèrement.
« Dans mon bureau, tout de suite ! Monsieur Black ! Et vous également Monsieur Potter ! Ainsi que Messieurs Lupin et Pettigrow. Et je vous garantis que vous allez avoir à me donner de sérieuses explications, ainsi qu'à votre Directrice de Maison et au Professeur Slughorn ! Tu viens, Horace ? »
Le Professeur Slughorn tira sur sa robe de sorcier et redressa sa toque. « Avec plaisir, Albus !»
Sirius et James se regardèrent et avalèrent leur salive. Ils avaient vraiment des ennuis cette fois-ci…
Le triste équipage se dirigea vers l'infirmerie au premier étage, Salazar et Sev' ayant refusé de quitter Ellie et Severus. Les élèves qu'ils croisaient murmuraient sur leur passage. Que s'était-il donc passé ? La rumeur commençait déjà à circuler : Les Maraudeurs avaient failli tuer la jeune femme enceinte de Severus Rogue.
Les vert et argent de toutes les années était fous de rage. Ce n'était pas que Severus était particulièrement apprécié ni populaire, mais on avait aussi attaqué Salazar qui était leur idole, et par Merlin, la jeune blonde était la nièce de Slughorn leur Directeur de Maison, en plus d'être la femme de l'un d'entre eux. De plus, Ellie était enceinte, les filles de Serpentard étaient toutes choquées.
L'affront était de taille. La révolte grondait.
Dans la salle commune des cachots, Mulciber et Avery avaient organisé un meeting en urgence. Tous ceux qui avaient été témoins de l'altercation, comme Janet McNair, Regulus Black et Patricia Parkinson, donnèrent tous les détails à un auditoire silencieux et attentif.
« Où est Rogue ? Demanda un 6ème année. Et Prince ?
-A l'infirmerie sûrement, où veux-tu ? S'énerva Regulus en haussant les épaules.
-Et l'homme en noir avec eux, c'était qui ? Fit Geraldine qui avait aperçu Severus adulte soutenant son fils.
-Le père de Sal, il est là depuis hier soir, invité par Slug, répondit Evan Rosier. Sal nous a dit que son père était maître en Magie Noire, et c'est vrai. Regulus l'a vu. Lui et Sev', ils ont balancé des contre sorts, fallait voir ! Salazar savait pas le faire, il l'a dit.
-Me souviens, ouais, soupira Mulciber. Sal a dit qu'il connaissait pas la Magie Noire mais que son père l'enseignait à Sev'. On en a la preuve, là.
-Dites… s'inquiéta Patricia Parkinson. Elle va pas mourir, Ellie ? Merde, elle va avoir un bébé, ça craint !
-Dumbledore a dit à Slug que le maléfice était conçu pour provoquer des blessures internes et que le bébé pouvait être blessé. Avoua Janet, dégoûtée.
-Putain, si son gosse est blessé ou tué, ou que sa femme meurt, Sev' va disjoncter, il va les tuer. Ou même Salazar, fit Avery. Ils sont vachement « famille » tous les deux.
-Le père de Salazar a dit qu'il allait tuer Sirius. Déclara Regulus.
-Whaouuu… pesta Mulciber. Alors là, les mecs, va y avoir du sang parce que ce type n'a pas l'air de rigoler.
-C'est un Mangemort, avoua Janet d'une petite voix.
-QUOI ? brailla Avery. D'où tu tiens ça ?
-Ben… je devrais pas le savoir, mais j'ai entendu Salazar dire à Sev' qu'il espérait que son père ne soit pas appelé par le Seigneur des Ténèbres pendant qu'il serait avec eux ici. J'étais pas sensée écouter. Alors vous dites rien, s'il vous plait.
-On est allé avec Sev' à des réunions d'information pour devenir Mangemorts, fit Evan Rosier, mais on n'a jamais vu ce type. Et Sev' n'a rien dit à ce sujet.
-Il y était peut-être, objecta Mulciber. Rappelez-vous ces mecs en capes avec des masques d'argent.
-C'est le Cercle Intérieur, avoua Avery. Les plus fidèles et les plus loyaux des Mangemorts, presque personne ne connaît leurs identités. Tu crois qu'il en fait partie ?
-Possible, faudrait demander à Salazar mais ça m'étonnerait qu'il le dise. Et Sev' parlera pas de toute façon, sinon il nous aurait dit déjà que son oncle en est un.
-Putain, les mecs, si le père de Sal est un des Mangemorts du Cercle Intérieur, Black et Potter sont foutus. En attendant, je me mets pas sur le chemin de ce type. On le laisse gérer sa vengeance, ça vaudra mieux pour nous.
-Je comprends pourquoi Sev' est bien vu par Lucius Malefoy, lui on sait qu'il fait partie du Cercle, soupira Regulus Black. Je suis sûr que c'est à cause de son oncle, un sang-mêlé comme Sev' n'aurait jamais été accepté à la réunion s'il n'avait pas été pistonné. »
A l'infirmerie, Poppy Pomfresh avait installé Ellie dans un des lits et l'avait isolée avec quatre paravents verts. L'infirmière l'avait déshabillée et à présent, passait sa baguette sur tout le corps de la jeune femme inconsciente. Un sortilège de diagnostic coordonné à une Plume à Papote médicomagique remplissait un parchemin posé sur la table à roulettes près du lit. Severus et son jeune moi-passé attendaient silencieusement assis tous les deux côte-à-côte sur un des lits vides.
« Tu crois qu'elle va bien aller ? Murmura le jeune, qui avait besoin d'être rassuré. Je regrette d'avoir inventé ce maléfice. J'aurais jamais pensé qu'ils auraient osé le lancer sur quelqu'un sans même savoir ce qu'il provoquerait.
-Il y a longtemps que je n'attends plus rien de bon venant de ces crétins, Sev'. Tu comprends pourquoi je me méfie d'Harry Potter ? Il n'est pas aussi idiot que son père mais il n'écoute jamais rien de ce qu'on lui dit et les résultats ne sont pas joyeux, parfois, tu peux me croire. Et quand tu penses que Black est son parrain…
-Arrête Papa ! Râla Salazar qui déambulait nerveusement dans l'infirmerie en proie à une extrême agitation. J'ai été élevé par Sirius Black et je ne suis pas un criminel !
-Tu as été élevé par Black, s'horrifia Sev'. Comment ça se fait que tu m'as rien dit ? Ajouta-t-il, agressif, à l'adresse de son moi-futur.
-Je t'ai dit des tas de choses mais certains de tes souvenirs ne t'ont pas été restitués, Sev', soupira Severus. Tu changerais l'avenir proche et il n'en est pas question tant que cela n'est absolument pas nécessaire. Si je meurs d'ici cet été, Dumbledore te les rendra.
- Raconte-moi, tout de suite ! Gronda le jeune Severus. Pourquoi tu dis que tu vas mourir cet été ? Je sais bien que dans le futur de Salazar, je suis mort, Harry me l'a dit, mais je ne sais rien de plus, alors il est temps que tu parles !
-Dis-lui, Papa.
-Ok. Je suppose que je peux sans risque, de toute façon si je meurs le mois prochain, il pourra changer son avenir. Si je survis, Albus lui effacera définitivement la mémoire pour ne pas que la ligne du Temps soit perturbée. »
Sev' regarda alternativement Salazar et Severus, croisa les bras, en une parfaite copie de son double adulte et attendit.
« Le mois prochain, le Seigneur des Ténèbres doit lancer son offensive finale pour tuer Harry Potter. Ce morveux est l'Elu, le seul capable de le défaire.
-Pourquoi Harry tuerait le Seigneur des Ténèbres ? Pesta Sev'.
-Parce que c'est un fou furieux, un dément qui va détruire le monde si on le laisse faire. Il faut l'arrêter par tous les moyens. Il a tué Lili déjà pour avoir son fils. Il n'a pas réussi, Harry a survécu à son Avada Kedavra, mais Lili a donné sa vie pour sauver son fils, il avait quinze mois et elle vingt et un ans.
-Il… il a tué… Lili ? Bredouilla Sev' horrifié.
-Et Potter juste avant, il a tenté de la protéger mais ce crétin n'avait même pas de baguette. Stupide jusqu'au bout celui là ! Enfin bref… Harry Potter a été élevé par Petunia et Vernon.
-Ah bravo ! Cette idiote et son gros lard ! Étonnant qu'Harry soit encore en vie !
-Il parait ouais… Ellie m'a dit qu'il n'avait pas eu une enfance très reluisante.
-Tu t'étonnes ? Tu la connais pourtant… cette salope ! Elle déteste la magie ! Ensuite !
-Black a été accusé du crime et a passé douze ans à Azkaban.
-Hé hé hé… Tant mieux pour sa gueule.
-Il s'est évadé et a été reconnu innocent, mais ça on s'en fout. En plus ça date que de cette année, cette innocence. Dans le passé de Salazar, le sale cabot pouilleux a épousé Hermione Granger juste après que moi et Ellie on soit morts tous les deux. C'est sa marraine. Révéla Severus en donnant un coup de menton vers Salazar qui écoutait sagement.
-Ok, bon choix, elle est chouette. Et c'est Dumbledore son parrain, je sais ça aussi.
-Oui, enfin il le sera, parce que du temps de Salazar, Albus est mort avant sa naissance. Mais on a changé ça déjà.
-Bien. Et pourquoi tu es mort ? Et Ellie ?
-Il parait que je gênais dans la pièce. Le Seigneur des Ténèbres était énervé, on était dans la Cabane Hurlante, il fallait qu'il passe ses nerfs d'une façon ou d'une autre. Il a lancé son serpent géant venimeux sur moi, et cette saloperie m'a égorgé.
-Bordel ! Fit Sev' soudain livide et au bord de la nausée. Et Ellie ? Harry a refusé de me le dire.
-Quand le Seigneur des Ténèbres a quitté la pièce, elle est sortie de sa cachette et s'est jetée sur moi en pleurant, il parait. Il l'a entendue, il est revenu, et il lui a balancé un Avada. Et on est mort en même temps.
-Au nom de Merlin… ce mec est cinglé ! Pas question que je prenne la Marque !
-Si je ne reviens pas chercher Ellie, Sev', tu ne prendras pas la Marque des Ténèbres et tu changeras ton avenir. Si je reviens, tu auras oublié de toute façon cette conversation que nous avons en ce moment.
-Salazar ? Sirius Black a été correct avec toi ? S'inquiéta Sev' en regardant son futur-fils qui tentait d'apercevoir Ellie et Pompom entre les paravents.
-Oui, il a été correct. Mais c'est grâce à Hermione. Il rampe devant elle, sans elle je sais pas ce que ça aurait donné, il est vachement immature et un peu dérangé, faut l'dire. Mais Hermione gère vachement bien et il se tient à carreau avec elle dans les parages. Toutes les conneries qu'on a faites Ted et moi, c'est lui qui nous les a apprises. Et tous les trucs pour draguer aussi.
-Ted ? C'est ce mec qui était en classe avec toi, nan ?
-Ouais, c'est le fils de Remus Lupin et de sa femme Nymphadora Tonks.
-Je me souviens ! Ellie m'a parlé de ce gamin, la dernière fois ! Le petit-fils d'Andromeda, la cousine de Regulus.
-C'est ça ! C'est lui. Remus et sa femme sont morts pendant la bataille finale. Bellatrix a tué sa propre nièce.
-Merlin, mais c'est quoi ce futur de merde ! Gémit Sev' déboussolé. »
Severus n'eut pas le temps de répliquer, Salazar non plus, Madame Pomfresh venait de refaire son apparition, un parchemin à la main.
« Professeur ? Tout ira bien. Il n'y a plus d'hémorragies internes, par contre elle va garder des cicatrices sur le corps, j'en ai bien peur. C'est dommage, une jolie jeune femme comme ça… Enfin, elle est en vie, c'est le principal. Le bébé n'a rien, il semblerait que la magie de sa mère se soit focalisée sur lui et l'utérus est intact. Le bébé semble par contre stressé, j'ai donné à votre femme une potion calmante et comme les principes actifs vont passer à travers la barrière placentaire, le bébé va se calmer et dormir dans quelques minutes.
-Merlin soit loué, soupira le maître des potions, les yeux fermés et le pouce et l'index pinçant fermement l'arête de son nez crochu.
-Je vais la garder quelques jours en observation, elle a perdu beaucoup de sang, elle sera faible pendant un moment. Et il faudrait qu'elle reprenne de cette potion au placenta de licorne qu'elle avait avec elle la dernière fois. Je crains que si le travail ne se déclenche, j'aie du mal à l'arrêter et le bébé serait trop prématuré pour survivre.
-Je peux en faire ! Bondit Sev' avant que son double n'ait eu le temps de réagir.
-Tu sais faire ? S'inquiéta la terreur des cachots. Sinon je peux te montrer tout à l'heure.
-Non, non c'est bon. Je l'ai analysée la dernière fois et j'ai retrouvé la recette, pas de souci.
-C'est bien, Sev'. Fit Severus avec un petit sourire.
-On peut la voir ? Insista Sev' en regardant l'infirmière.
-Juste quelques minutes, il faut qu'elle se repose. »
Comme les trois hommes se dirigeaient vers le lit d'Ellie, Poppy Pomfresh, d'un coup de baguette, ferma les rideaux de la grande pièce gothique et baissa l'intensité des lampes à gaz. « C'est pour qu'elle dorme mieux. Essayez de ne pas faire de bruit. »
Ils acquiescèrent en silence. Severus s'assit au bord du lit et caressa la joue exsangue de sa femme. « Les garçons, promettez-moi que vous prendrez soin d'elle, quand je serai reparti.
-Bien sûr, voyons, fit Sev' d'une voix qui se voulait ferme. »
Salazar posa sa main sur l'épaule de son père. « Promis, Papa. Tu veux qu'on leur fasse quoi aux Maraudeurs ? Je ne peux pas les tuer, ça changerait trop l'avenir… Harry, Ted… tout ça… Mais on pourrait leur faire peur, non ?
-Faites attention à ce que vous aller faire, ne vous mettez pas en tort. Albus et Minerva vont sûrement faire quelque chose cette fois-ci. Ça m'étonnerait qu'Horace laisse passer ça. Tenez-moi au courant.
-Tu restes demain, papa ?
-Bien sûr. Je ne peux pas repartir et la laisser dans cet état. Albus là-bas en 1998 est au courant de toute façon, il a gardé tous ses souvenirs. »
Albus Dumbledore, le visage fermé et l'œil glacé, conduisait les quatre Maraudeurs dans son bureau, suivi par Horace. Pris d'une soudaine inspiration il se retourna vers son vieil ami. « Horace, voudrais-tu envoyer un hibou à Minerva pour lui dire de rentrer immédiatement, s'il te plait ? Je crois que tu as le tien chez toi ? Ça t'éviterait d'aller jusqu'à la volière.
-J'y vais tout de suite et j'arrive. Fit le vieil homme en toisant avec mauvaise humeur les quatre Gryffondors. »
Sur le passage des trublions, les élèves chuchotaient, certains les regardèrent même avec hostilité. La côte de popularité de Sirius Black et de James Potter était très largement en baisse, voire même en chute libre. Lili Evans et Jenna Stanton se trouvaient dans le couloir du premier étage avec Alice et Frank. Jenna portait un curieux tee-shirt rouge dont une manche était déchirée et raccrochée avec des épingles à nourrice. En plein sur sa poitrine l'inscription « No Future » s'étalait en lettres noires.
« No future, ben si ça continue, songea James Potter, on va pas en avoir de futur. »
Il jeta un coup d'œil vers Remus Lupin qui baissait la tête et suivit le Professeur Dumbledore dans l'escalier à vis. Vu la tête que Jenna avait faite à Sirius, il était évident qu'il n'allait plus avoir de petite-amie en sortant de chez Dumbledore.
« Entrez, Messieurs, leur dit le Directeur d'une voix sèche. »
Le vieil homme conjura de nouvelles chaises et les quatre garçons s'assirent sans un mot. « Messieurs, je dois vous faire part de mon mécontentement le plus profond. Vous me décevez énormément. Dit-il en s'asseyant dans son fauteuil sculpté. Nous avons été très généreux avec vous au cours des années passées. Les Professeurs et moi-même avons fermé les yeux sur vos petites blagues pas toujours de très bon goût. Certaines sont même allées très loin, n'est-ce pas ? Messieurs Potter et Black ! Je pense notamment à ce que vous avez fait subir à Severus Rogue depuis la première année. J'avais espéré que la mauvaise blague impliquant Monsieur Lupin et sa condition particulière lors d'une certaine nuit de pleine lune, n'avait été qu'un regrettable accident. Permettez-moi aujourd'hui d'émettre des réserves ! Monsieur Lupin, je vous ai nommé Préfet des Gryffondors afin que vous canalisiez les ardeurs de vos amis, je vois que j'ai fait une erreur, vous n'avez jamais levé le petit doigt pour limiter leurs débordements. »
Deux petits coups secs se firent entendre à la porte du bureau et le Professeur Horace Slughorn entra sans attendre d'invitation. « C'est fait Albus, j'ai envoyé également un messager par cheminette à Rosmerta, au cas où Minerva serait aux Trois-Balais.
-Bien Horace, je te remercie. Assieds-toi ! »
Le vieux maître des potions prit un fauteuil près d'Albus, derrière le bureau et regarda sévèrement les Maraudeurs. Le Professeur Dumbledore poursuivit ses reproches.
« Il semblerait que vous ayez encore provoqué des élèves de Serpentard, Monsieur Black ! Un petit groupe composé de la nièce du Professeur Slughorn, de mon filleul, de Miss McNair, de votre propre frère et de Miss Parkinson. Ceci, selon notre Préfète-En-Chef que j'estime être une personne digne de foi. Pourquoi les avoir provoqués, puisqu'ils ne vous disaient rien ? »
Les Maraudeurs se regardèrent alternativement. « Il riaient. Avoua Sirius.
-C'est un crime de rire à Poudlard ? gronda le Directeur. Ils ne se moquaient pas de vous, il me semble, non ? Alors ! Vous n'aviez aucune excuse, à part celle de vouloir faire du mal. Vous croyez que je ne sais pas que vous haïssez Severus Rogue ? Me pensez-vous aveugle ? Depuis que sa femme est ici, vous êtes mort de jalousie, Monsieur Black ! Envieriez-vous ce pauvre garçon ? Il a enterré sa mère la semaine dernière, il a besoin du soutien de sa famille, et tout ce que vous trouvez à faire c'est de jeter un maléfice mortel sur sa jeune femme enceinte ! Si elle meurt ou son bébé, c'est Azkaban ! Je vous préviens ! Je ne vous couvrirai plus, c'est terminé. Je devrais vous renvoyer sur le champ ! Je ne sais pas ce qui me retient de vous envoyer faire vos malles et prendre le Poudlard Express demain matin à la première heure, et ceci à titre définitif. »
La cheminée s'alluma soudain d'une lueur verte et un « vlouff » caractéristique se fit entendre. Minerva McGonagall, le chapeau de travers, les yeux étincelants de rage et une lettre à la main fit son apparition dans le bureau.
« Je suis au courant, Albus, je viens d'avoir le hibou d'Horace, j'étais chez Madame Piedodu à prendre le thé avec sa mère. Le temps de prendre la cheminette et me voici. Bien. Si vous me donniez les détails ? »
Albus résuma rapidement les évènements au Professeur de Métamorphose qui se décomposait sur place au fur et à mesure. Horace Slughorn se leva et alla lui chercher un petit verre de jus d'œillet pour la requinquer.
« Une honte ! C'est une honte ! Des Gryffondors, oser s'en prendre à une femme enceinte !
-On n'a pas fait exprès, Professeur McGonagall, elle s'est mise devant lui. Tenta Sirius en baissant les yeux.
-Imbécile ! Un simple duel près d'elle était un risque pour elle et son bébé, mais à quoi pensez-vous ? gronda la Directrice des Gryffondors. Et bien entendu, pas un de vous n'a tenté de l'en empêcher ! N'est-ce pas Messieurs Lupin et Pettigrow ! Oh, vous Monsieur Potter, vous avez dégainé votre baguette pour suivre votre ami bien évidemment ! Vous ne méritez pas votre titre de Préfet-En-Chef, je vous le retire ! Albus ? Qu'allez-vous faire de ces irrécupérables ? Moi je vous préviens j'envoie une lettre aux parents, pour commencer, ensuite vous allez être en retenue tous les soirs jusqu'à votre diplôme, avec moi, le Professeur Slughorn et Monsieur Rusard. Je suis certains que ces messieurs sauront vous trouver des occupations dignes de vous ! Fit-elle à l'adresse des Maraudeurs. Monsieur Lupin, je vous retire votre titre de Préfet de Gryffondor puisqu'il ne vous a jamais servi à rien. Monsieur Potter, je vous exclus également de l'équipe de Quidditch de Gryffondor, et je vous interdis tous les quatre, de sorties et de match de Quidditch pour le reste de vos études. Vous avez encore de la chance il ne reste que deux mois à peine. »
James Potter ferma les yeux, livide. Il venait de perdre son titre de Préfet-En-Chef, et sa place dans l'équipe de Quidditch. Le monde s'écroulait. En plus ses parents allaient être avertis. Lui et Sirius allaient en entendre parler pendant des mois, voire des années. En plus, Lili risquait de retourner vers Servilus. Et si ce sale Mangemort était marié et plus vraiment une menace, il avait un cousin qui plaisait beaucoup aux filles.
Sirius s'en fichait beaucoup plus. Il n'avait rien à perdre : Pas de titre de Préfet ou de joueur de Quidditch, ses parents se fichaient de lui comme de leur premier Maléfice Cuisant, Jenna lui ferait la tronche huit jours et reviendrait en rampant. Les retenues n'étaient pas un problème. Comme d'habitude, rien ne semblait avoir de prise sur lui.
Remus avait perdu son titre de Préfet, c'était embêtant mais pas la mort, et Queudver n'avait que les retenues. James avait perdu beaucoup plus dans l'affaire.
« Messieurs, je vous renvoie de l'école pour une semaine. Dès ce soir, des hiboux seront envoyés à vos parents qui viendront vous chercher. Je vous épargne Azkaban, bien que je serais en droit de le faire. Hélèna Rogue est ma pupille, le jeune Prince mon filleul. Le Professeur Slughorn est également un parent d'Hélèna. Sans compter l'éminent Professeur Prince qui venu ici en visite, a vu son fils attaqué et sa nièce presque tuée. Vous avez jeté le discrédit sur cette école ! Un seul faux pas, et vous ne passerez pas vos examens. Vous quitterez cette école entre deux Aurors. Est-ce que c'est clair pour vous ?
-Oui, Professeur. Firent les quatre garçons en chœur.
-Retournez dans votre salle commune et n'en sortez que pour le diner ! Je ne veux plus vous voir déambuler dans les couloirs. Monsieur Potter vous laisserez votre cape chez vous et je vous confisque votre carte, oui je suis au courant. Vous la donnerez à Argus Rusard. Allez-vous-en ! »
Les Maraudeurs ne se le firent pas répéter deux fois. Ils sortirent sans demander leur reste et une fois dans le couloir du premier étage laissèrent libre cours à leur colère et à leur haine.
Sirius fut le plus vénéneux comme à son habitude. Il était tellement furieux qu'il ne remarqua même pas Lili et Jenna s'avancer vers eux.
« C'est terminé, lui fit la jeune américaine, je ne veux plus te voir ! Tu n'es qu'un sombre crétin ! Depuis le temps que je te dis que ça finira mal ! Jamais je ne sortirai avec un criminel ! »
Elle lui balança une claque retentissante dans la figure et tourna les talons. Lili s'approcha de James et le gifla également. « Un seul pas de travers et je te quitte ! Tu touches à Sev' une seule fois, ou à sa femme, ou à Salazar et c'est terminé ! Compris ?
-Lili, déconne pas ! paniqua James. J'ai pas lancé de sort sur cette fille !
-Tu avais ta baguette en main et tu étais prêt à le faire, je le sais ! »
Lili n'attendit pas de réponse, elle tourna les talons et s'éloigna vivement des Maraudeurs.
« Je me vengerai, brailla Sirius, humilié. Je vais flinguer Servilus et son salopard de cousin.
-STOP ! SIRI ! s'énerva James. Tu laisses tomber maintenant ! On est dans la merde jusqu'au cou, si la fille meurt c'est Azkaban ! Et tu t'en fiches peut-être de Jenna mais moi, il est hors de question que je perde Lili pour tes petites vengeances.
-James a raison, Patmol, dit Remus d'une voix calme. C'est allé trop loin, depuis le temps que je te dis de laisser Rogue tranquille, mais tu veux jamais écouter. Tu veux te venger ? Très bien, vas-y, mais moi je ne veux rien avoir à faire avec ça. Allez, viens Pete, on s'en va. »
Remus et Queudver laissèrent Sirius et James en plan dans le couloir. James soupira et regarda Sirius en secouant la tête de désapprobation.
