Hello !
Voici un nouveau chapitre, j'espère qu'il vous plaira !
N'oubliez pas, ma question est toujours d'actualité : Lily devrait-elle perdre l'enfant avant, ou pendant le 31 octobre, selon vous ?
Bonne lecture :)
Chapitre Quarante-quatre
16 août 1981, Godric's Hollow
Lily s'éveilla en sursaut, au premier coup de tonnerre. Le souffle court, elle regarda autour d'elle, affolée. En voyant la lueur des éclairs filtrer à travers les volets, elle se rasséréna. La pluie battait à présent les volets, comme pour chercher refuge à l'intérieur. La jeune femme jeta un coup d'oeil à son réveil, avant de se lever. Trois heures du matin. Depuis le début de sa grossesse, il n'y avait pas eu une seule nuit sans que quelque chose la réveille. Elle se leva, et jeta un plaid sur ses épaules. Pieds nus, elle s'approcha de la fenêtre, qu'elle ferma, diminuant ainsi le bruit. James marmonna quelque chose dans son sommeil, avant de se retourner, toujours endormi.
Dans la pièce attenante, la jeune femme entendit un sanglot. Harry avait sûrement été réveillé par l'orage. Lorsqu'elle entra dans la chambre, Lily alluma la veilleuse. Le visage baigné de larmes de son fils apparut alors, comme dans un songe. La jeune femme s'approcha lentement, murmurant doucement des mots censés rassurer l'enfant. En même temps, elle fit jaillir de sa baguette des sphères lumineuses, qui flottaient à présent dans la pièce. Harry regarda un moment cette nouvelle source lumineuse, oubliant presque de sangloter.
_ Maman, appela-t-il une nouvelle fois, s'arrachant à sa contemplation, tandis que de nouvelles perles salées pointaient dans ses yeux émeraudes.
_ Maman est là, mon trésor, murmura Lily en prenant l'enfant dans ses bras, où il se cala résolument, effrayé par un nouveau coup de tonnerre.
Lily s'installa dans le fauteuil installé près du lit, où elle serra son fils contre elle. À chaque éclair, Harry tressaillait, et chaque coup de tonnerre lui arrachait un sanglot effrayé. La jeune mère murmurait sans discontinuer, espérant que le ton de sa voix calmerait l'enfant. Mais rien ne parvenait à bout de ces terreurs enfantines. La jeune femme ne pouvait que continuer ce qu'elle faisait, bercer son enfant au son des comptines moldues, à la lueur qu'offraient les sphères lumineuses.
L'orage était violent, même Lily devait le reconnaître. Il ne semblait pas prêt de s'arrêter, même après une demi-heure de fracas. La jeune femme berçait toujours Harry, s'endormant elle-même contre le fauteuil moelleux qui l'accueillait. Elle avait l'impression de sentir à nouveau contre elle la chaleureuse étreinte maternelle qui l'avait tant de fois rassurée lorsque, au même âge, et même plus tardivement qu'Harry, un orage éclatait. Si l'ancienne terreur enfantine avait disparu, et si cette étreinte maternelle ne pourrait plus jamais avoir lieu, le souvenir de ces nuits hanterait à jamais la jeune femme.
Un rayon de soleil filtrait à travers les volets, réveillant la jeune femme. Lily cligna plusieurs fois des yeux, avant de reconnaître l'endroit qui l'entourait. Harry dormait contre elle, et le tonnerre n'était plus qu'un lointain souvenir. Avec douceur, la jeune femme reposa l'enfant dans son lit, avant de le recouvrir d'une couverture en laine, qu'elle avait tricotée durant l'hiver. Un mince sourire s'étira sur les lèvres de l'enfant, tandis qu'il étendant ses bras et se rendormait paisiblement.
_ Lily ? Lily !
La voix de James perçait à travers les murs, et le bruit d'une porte grinçante parvint aux oreilles de la jeune femme. Elle ouvrit la porte, et croisa le jeune homme sur le palier. Il avait les cheveux en bataille, comme toujours, et son regard trahissait sa fatigue. Un pli barrait son front, qui s'effaça lorsque son regard croisa celui de sa femme. Alors, un sourire illumina son visage, tandis qu'il la serrait contre lui en l'embrassant.
_ Tu as l'air épuisée, constata-t-il lorsqu'ils cessèrent leur étreinte. Si je dois être honnête, je dirais même que tu as une tête affreuse, ajouta-t-il en riant.
Lily le regarda un moment, figée. Puis elle sentit une colère sans borne monter en elle. Des larmes jaillirent de ses yeux, au grand dam du jeune homme, qui avait voulu plaisanter et s'en repentait à présent.
_ J'ai l'air épuisé ? J'ai une tête affreuse ? S'exclama la jeune femme avec rage. Mais tu sais ce que c'est que de porter un enfant, James Potter ? Tu sais ce que c'est que de voir ton corps changer, gonfler comme un ballon et susciter les regards de tout le monde ? Tu sais ce que c'est que de faire ton maximum pour agir normalement alors qu'au fond de moi il n'y a plus rien de normal ou de logique ? Et si ça ne te suffis pas, j'ai encore toute une liste de problèmes auxquels seules les femmes doivent faire face !
Ses yeux lançaient des éclairs, dignes de l'orage de la nuit passée. James se mordit les lèvres, et leva les bras en signe de reddition. Il multipliait les excuses, sans que celles-ci ne trouvent grâce aux yeux de sa femme. Les souvenirs de la première grossesse de Lily lui revenaient, tandis que la jeune femme poursuivait son discours, hurlant que lui aussi aurait une tête affreuse, s'il avait passé la nuit à rassurer leur enfant, au lieu de dormir comme un loir.
_ Je suis vraiment désolé, Lily, je ne voulais pas te blesser. Je plaisantais seulement, je m'excuse, murmura le jeune homme.
_ Désolé ? Ça oui, tu peux l'être, renifla la jeune femme.
Elle n'ajouta rien, et descendit et les marches, avant d'entrer dans la cuisine. James la suivait, se maudissant intérieurement. Il savait qu'à cause de sa grossesse, la jeune femme pouvait facilement prendre la mouche, et il savait également que faire le malin ne lui avait jamais réussi avec Lily. Il s'attendit à la trouver assise, un regard enragé planté sur lui, mais il n'en fut rien. Les volets, qu'elle venait d'ouvrir, laissaient les rayons du soleil entrer à flots dans la pièce. Lily était accoudée au plan de travail, ses cheveux roux illuminés par les reflets des rayons lumineux. Sa silhouette était secouée par de violents sanglots, qui firent craindre le pire au jeune homme.
_ Lily, qu'est-ce qu'il y a ? Demanda-t-il en s'inquiétant, voyant défiler la liste de ceux auxquels il tenait, et qui auraient pu être les victimes potentielles du mage noir.
_ Adalbert Waffling* est mort, sanglota la jeune femme en se réfugiant contre lui.
_ Ada qui ?
Le jeune homme avait beau chercher, ce nom ne lui disait rien. Cette amnésie le rassurait, cependant il demeurait perplexe. Ce nom lui semblait lointain, mais il l'avait déjà entendu. Un nouveau membre de l'Ordre ? Un jeune homme qui aurait été élève en même temps qu'eux ? Non, décidément il ne se souvenait pas. Serrant la jeune femme contre lui, il tendit le cou pour lire l'article. Celui-ci annonçait qu'Adalbert Waffling, célèbre théoricien de la magie, avait rendu l'âme dans son sommeil, de cause naturelle. Sa famille avait précisé qu'il avait eu une belle vie, et que si elle devait s'achever ainsi, alors ils étaient heureux. Aucune souffrance, aucune torture, seulement un sommeil duquel il ne se réveillerait pas. Le rêve de tant de sorciers, à l'heure où les assassinats devenaient monnaie courante.
James poussa un soupir de soulagement. Tout lui revenait en mémoire, et il aurait éclaté de rire si Lily n'avait pas été dans cet état. Ce fameux Adalbert, n'était en réalité que l'auteur d'un de leur livre de cours de première année. Il l'avait oublié, depuis tout ce temps, et il soupçonnait Lily d'avoir fait de même. Néanmoins, l'annonce d'une mort la mettait toujours en émoi, surtout en ce moment. Il se contenta de tapoter maladroitement le dos de la jeune femme, en se retenant de pouffer.
_ Je suis désolée, murmura soudain Lily en se dégageant des bras de James. Je ne voulais pas te crier dessus, tout à l'heure.
_ Aucun soucis, répondit James en souriant. Je l'avais mérité.
_ Et je ne voulais pas pleurer pour cet Adalbert, parce qu'au fond j'étais en désaccord avec toutes ses théories fumeuse, ajouta la jeune femme en riant à travers ses larmes. Je suis vraiment ...
_ Lily, tu n'as pas à t'en vouloir, ce n'est rien, coupa Jame, avant de se mettre à rire, en ajoutant : J'avoue quand même que pleurer pour cet Adal .. machin chose était un peu absurde.
Lily lui sourit, et comme le temps, qui était revenu au beau fixe, elle sentit une certaine bonne humeur remonter en elle. James prépara du café, et tandis que l'odeur envahissait la cuisine, ils s'assirent devant les tasses fumantes. Iris était repartie das son nichoir, et le courrier qu'elle avait ramené trônait sur la table, mais ni James ni Lily n'y avaient jeté un oeil. Ils profitaient simplement de leur matinée, en silence, contemplant cette nouvelle journée qui s'ouvrait devant eux.
Aux alentours de neuf heures, James monta auprès d'Harry, qui se faisait entendre. Le jeune père le prit dans ses bras, et s'occupa de lui un moment, tandis que Lily ouvrait les volets des autres pièces. Le tas de lettre resta ignoré jusqu'aux environs d'onze heures. James avait promis qu'il s'essayerai à un plat complexe, et Lily, curieuse, était descendue avec Harry pour s'assurer que tout irait bien. Elle prit le paquet de lettre et se dirigea dans le salon, où Harry s'emparait déjà de son balai-jouet. Son esprit vaquait à mille autres choses, tandis qu'elle lisait en diagonale les noms des expéditeurs lorsqu'une enveloppe en papier kraft lui fit froncer les sourcils. Plus attentivement, elle relu les quelques lettres qui formaient le nom des expéditeurs :
M. Tom et Miss Gabrielle Beckett
Et je coupe ici ...
* Connu sous le nom d'Albert Lasornette, en français. Mais j'aimais mieux Waffling ^^'
Merci d'avoir lu :)
N'hésitez pas à me dire ce que vous pensez de ce chapitre.
À bientôt !
