Une si fragile flamme.
2e partie : le Purgatoire.
Disclaimer: tous les personnages sont à JK Rowling, sauf ces 8 là: Aurelius, Mireán, Kermar, Eric Sidle, Mathilde Soledango, Adrian Celas, Crimson Lance et Elric. Les poèmes et citations qui sont en tête de chapitres ne sont pas de moi non plus. Et la track-list, c'est juste pour l'ambiance…
NdA: je ne vais plus tarder à charger le chapitre Harry/Draco que tout le monde attend. Encore un peu de patience, s'il vous plaît.
Track-list: « Extreme ways », Moby (1)
Chapitre 20: Solution extrême.
Harry commençait à regretter d'être venu. Ron lui avait parlé de ce qui s'était passé à Square Grimmaurd, et son cœur s'était mis à battre violemment. Sirius disparu une deuxième fois… Il prononça le mot de passe et la gargouille glissa le long du mur en laissant apparaître l'escalier en colimaçon qui montait au bureau de Dumbledore.
Le Gryffondor frappa doucement à la porte, et une voix fatiguée lui répondit.
- Entre, Harry.
Il pénétra dans la pièce et se trouva face à un visage que Dumbledore n'avait jamais eu jusqu'à maintenant. Un mélange de tristesse, d'épuisement et de colère se lisait sur ses traits.
- Je peux repasser, déclara Harry un peu précipitamment.
- Moi je crois que tu ne serais pas venu jusqu'ici si ça n'avait pas été important. Alors assieds-toi et dis-moi ce qui se passe.
Le jeune homme leva les yeux et regarda le directeur de Poudlard. Il était rentré de Londres depuis deux jours, et l'enquête qu'il avait menée au quartier général de l'Ordre avait manifestement porté ses fruits et confirmé son hypothèse.
- C'est à propos de Neville. Je crois qu'il est en train de faire une énorme bêtise.
- Qu'est-ce qui te fait dire ça ?
Harry réfléchit un instant et chercha ses mots. Comment parler à Dumbledore du sort que Neville lui avait lancé pour le contraindre à le lâcher sans le trahir ?
- Depuis le début d'année, il a demandé à prendre des cours supplémentaires pour s'améliorer et réussir à ses examens.
- Ce qui lui réussit plutôt bien, puisqu'il a fait de très gros progrès.
- C'est sûr, et je suis très content pour lui. Mais depuis l'assassinat de la femme du professeur Snape, il a changé. Il se met en colère pour un rien et il disparaît pendant des heures sans nous dire où il va. J'ai bien essayé la legilimancie, mais sans succès.
- Le professeur Snape lui a donné des cours d'occlumancie à sa demande. Ne cherche pas à savoir pourquoi. Je l'ignore moi-même. Mais continue, je t'écoute.
- Ça s'est encore aggravé après la mort de sa grand-mère. Le jour où nous sommes allés récupérer des affaires chez ses parents, il a absolument voulu savoir pourquoi je ne lui avais pas parlé de la prophétie. Il s'est énervé quand il a cru qu'on le sous-estimait. Il a même dit que je parlais comme le professeur de potions. Puis dimanche dernier, il y a eu le gobelet explosé à votre table.
- Tu l'as remarqué aussi ?
- Oui. Et quand je lui ai demandé si il avait vu quelque chose, il a simplement répondu que vous aviez « de la poigne ».
- Mais tu ne l'as pas cru ?
- Non. Il est arrivé la même chose à ma tante Marge un jour où elle avait insulté mes parents. Ça m'avait mis en colère et un verre avait éclaté dans sa main.
- Donc tu penses qu'il m'en veut aussi ?
Harry se tut. Dire oui pourrait avoir des conséquences.
- Á vous comme à moi. Je l'ai rattrapé dans le couloir pour qu'il s'explique, et nous nous sommes presque battus.
- Tu veux dire qu'il a utilisé des sorts contre toi ?
- Je crois qu'il m'a envoyé un Imperium pour que je le lâche.
Dumbledore s'apprêtait à poser une question, mais il resta muet, une expression étrange sur le visage.
- Qui le lui aurait appris ? demanda-t-il.
- Je ne sais pas, répondit Harry. Mais je suppose que si il sait utiliser l'Imperium, il sait aussi lancer les autres Sortilèges Impardonnables. C'est pour ça que je suis venu vous voir.
- Tu as bien fait, Harry. Je vais essayer de lui parler pour en savoir plus et si c'est nécessaire, je prendrai les mesures adéquates.
- Vous allez le renvoyer ? demanda le Gryffondor dont l'estomac s'était crispé à cette idée.
- Non. Rassure-toi. Je n'aurai pas à aller jusque là.
Le jeune homme poussa un soupir de soulagement qui fit sourire Dumbledore.
- Est-ce que tu pourrais aller me chercher Neville, s'il te plaît ? J'aimerais savoir ce qu'il a à dire à propos de toute cette histoire.
- Vous êtes vraiment sûr que je suis le mieux placé ? Il va croire que je l'ai dénoncé.
- Ne crains rien. Il comprendra que c'est dans son intérêt.
Harry quitta le bureau pour partir à la recherche de Neville, qu'il trouva dans la Salle Commune. Il hésita un moment, puis il monta dans le dortoir pour se donner une contenance. Il sortit alors la paire d'Oreilles à rallonge de sa malle et redescendit.
- Si tu as quelque chose à me dire, Harry, vas-y franchement. Mais ne tourne pas autour du pot. Dumbledore veut me voir, c'est ça ? lâcha Neville d'une seule traite en levant les yeux.
Le Gryffondor y lut de la déception, mais pas de la colère. Neville se leva du fauteuil où il était installé et se tint immobile devant la cheminée.
- C'est bon, j'y vais, déclara le jeune homme d'une voix morne en sortant.
- Attends, il m'a demandé de t'accompagner !
Harry le rejoignit dans le couloir, et ils se rendirent d'un pas lent au bureau de Dumbledore.
- Je reste là, dit le Gryffondor en regardant Neville qui montait les escaliers.
- Je crois que ça vaut mieux, lui répondit ce dernier. Qui sait ce qui se passera là-haut ?
Il disparut de sa vue, et Harry sortit une des Oreilles qui s'étira alors en un log filament rose qui allait jusqu'à la porte du bureau.
Dumbledore se tenait devant la fenêtre quand Neville entra.
- Assieds-toi, s'il te plaît. J'aimerais te dire deux mots.
Le jeune homme prit la chaise qui se trouvait devant lui et attendit. Le vieux sorcier regagna son fauteuil et le fixa un instant.
- N'essayez pas avec moi, professeur. Vous savez que j'ai pris des cours d'oclumancie.
- Je voudrais que tu m'expliques pourquoi tu fais tout ça. Tu as pris des cours de soutien et d'occlumancie, et j'ai eu des échos comme quoi tu travaillais même le dimanche. Je sais que tu veux réussir à tout prix et c'est tout à ton honneur. Mais ça ne justifie pas certains de tes actes, ni le fait que tu t'en prennes à tes camarades.
- Je vous dirais la même chose que ce que j'ai déjà dit au professeur Snape quand il m'a posé la question. C'est une affaire entre Voldemort, ses Mangemorts et moi.
- Tu sais que la vengeance n'est pas toujours la meilleure solution.
- Bellatrix Lestrange a essayé de me tuer au ministère il y a presque deux ans, au cas où vous auriez oublié. Mais vous avez raison sur un point. La vengeance n'est pas ce qu'il y a de mieux. C'est plus qu'une simple vengeance.
- J'ai cru comprendre que tu maîtrisais… certains sortilèges. Qui te les a appris ?
- Le professeur Maugrey nous en a parlé au début de notre quatrième année. Mais pour la pratique, j'ai fait comme lui. Je me suis entraîné sur des araignées, acheva-t-il assez froidement.
- Tu sais ce que ça coûte de les utiliser sur des sorciers ou des Moldus ?
- La prison à vie à Azkaban. Je ne suis pas idiot, professeur. Je n'ai pas l'intention de m'en servir sur le premier venu (2) serait-ce qu'à cause de ce que mes parents ont vécu.
- Je préfère entendre ça, Neville. Ça m'ennuierait beaucoup d'avoir à prendre des sanctions à ton égard. Je suis responsable de ce qui se passe dans cette école et à ce titre, je ne peux pas laisser quelqu'un -à fortiori un élève- s'engager sur un terrain glissant sans réagir. Tu me comprends ?
- Très bien, professeur. Mais je suis assez grand pour savoir ce que je fais. Et puis ma décision est déjà prise. Quoi que vous fassiez, je n'en changerai pas, dit Neville en souriant.
- Et quelle est-elle ? demanda Dumbledore stupéfait par tant de détermination.
- Vous le saurez bien assez tôt.
(1) Ça résonne comme une sirène d'alarme.
(2) C'est pourtant ce qu'il a fait sur Harry.
Prochain chapitre: une sortie à Pré-au-Lard où Neville fait des siennes et où Goyle ridiculise les Serpentards.
