Et voilà la dernière partie de la chambre et du vent. Il en aura fallu du temps non?
Une fois les larmes taries, Jenifael sourit de bonheur. Elle prend Ginny dans ses bras. La rouquine finit par parler.
- Tu…tu es une louve ?
- Oui. Depuis mon aventure dans la forêt interdite.
- Pourquoi tu as pleuré ?
- Je l'ai obtenu. Du moins c'est Fumsek qui…
L'oiseau chante à l'autre bout de la chambre. Comme pour ordonner de quitter ce lieu. La femme explique la volonté de l'oiseau aux enfants et ensemble, ils quittent la chambre des secrets. Ils avancent rapidement dans le tunnel et entendent enfin une sorte de raclement lointain.
- Ron ! Ginny va bien ! Elle est avec moi !
Ron pousse une exclamation de joie et ils aperçoivent bientôt son visage surexcité, à travers le gros trou de Jenifael qu'il a réussi à durcir dans l'éboulis de rocs.
- Ginny ! Vivante ! Je n'osais plus y croire ! Qu'est-ce qui s'est passé ?
Il veut la serrer dans ses bras, mais Ginny le repousse, secouée de sanglots.
- Tout va bien, Ginny, c'est fini maintenant. D'où il vient, cet oiseau ?
Fumseck passe par le trou à la suite de Ginny. Jenifael dit qu'il s'agit de l'oiseau du directeur. Puis Ron voit l'objet que porte Harry.
- Comment ça se fait que tu aies une épée ?
- Je t'expliquerai quand nous serons sortis d'ici.
- Mais...
- Plus tard.
Il pense qu'il vaut mieux attendre un peu pour dire à Ron qui a ouvert la Chambre des Secrets et ne pas en parler devant Ginny, en tout cas. Harry continu de demander.
- Où est Lockhart ?
- Là-bas. Il ne va pas fort. Viens voir.
Guidés par Fumseck, dont les grandes ailes écarlates diffusent une lueur dorée dans l'obscurité, ils retournent à l'entrée du tuyau. Gilderoy Lockhart est assis par terre et fredonnait une chanson d'un air absent. Ron explique.
- Il a perdu la mémoire. Le Sortilège d'Amnésie a marché à l'envers. Le bouclier de Jeni et ma baguette en sont la cause je crois. Il ne sait plus du tout qui il est, ni où il est, ni qui nous sommes. Je lui ai dit de nous attendre ici. Il n'est plus capable de se débrouiller tout seul.
Lockhart les regarde avec bonne humeur.
- Bonjour. Drôle d'endroit, n'est-ce pas ? C'est ici que vous habitez ?
La magicienne pouffe de rire. Puis elle lève son bras pour que Fumsek le lui attrape. Ensuite elle ordonne aux autres de venir s'accrocher à elle.
- Les phoenix peuvent voler avec de lourdes charges. Et je crois qu'il en est capable. J'ai…foi en Fumsek. Comme en vous autres.
Elle fait un clin d'œil à l'élu, qui comprend de suite ce qu'elle veut dire. Un instant plus tard, ils s'envolent tous dans le tuyau avec un sifflement semblable à celui du vent. Harry entend Lockhart qui s'exclame : « Etonnant ! Vraiment étonnant ! On dirait de la magie ! » Les cheveux ébouriffés par l'air frais du tuyau, les héros trouvent cette envolée plutôt agréable, mais elle est de courte durée. Bientôt, tous quatre se retrouvent sur le carrelage humide des toilettes de Mimi Geignarde et le lavabo qui dissimulait le passage secret se remet en place. Mimi les regarde avec des yeux ronds.
- Tu es vivant ?
- On dirait que tu es déçue.
- Bah... je me disais que si tu étais mort, j'aurais été contente de partager mes toilettes avec toi, Harry.
- Beûrk, je crois bien que Mimi a un faible pour toi ! Tu as une rivale, Ginny !
Mais Ginny n'est pas d'humeur à plaisanter : des larmes continuent de couler sur ses joues.
- Où on va, maintenant ? demanda Ron en jetant un regard inquiet à sa soeur.
Harry montre du doigt le phénix, entouré d'un halo de lumière doré, qui vole le long du couloir. Ils le suivent à grands pas et quelques minutes plus tard, ils se retrouvent devant le bureau du professeur McGonagall. Jenifael frappe à la porte et entre avec les autres. Il y a un long moment de silence, tandis que Jeni, Harry, Ron, Ginny et Lockhart se tiennent immobiles à l'entrée du bureau, couverts de boue, de saleté et—dans le cas d'Harry—de sang. Puis il y a un grand cri. C'est Mrs Weasley qui, jusqu'à présent, est restée assise devant la cheminée à pleurer toutes les larmes de son corps. Elle se lève d'un bond, suivie de près par Mr Weasley, et tous deux se précipitent sur leur fille
Mais la princesse tourne son regard ailleurs. Le professeur Dumbledore se tient près de la cheminée, le visage rayonnant, à côté du professeur McGonagall qui respire profondément, les mains croisées sur sa poitrine. Fumseck fond sur le professeur Dumbledore et vient se poser sur son épaule pendant que Mrs Weasley se jète sur Ron et Harry pour les serrer dans ses bras.
- Vous lui avez sauvé la vie ! Vous lui avez sauvé la vie ! Comment avez-vous fait ?
- C'est ce que nous aimerions tous savoir.
Mrs Weasley libère Harry de son étreinte. Il hésite un instant, puis s'approche du bureau et y pose le Choixpeau magique, l'épée incrustée de rubis et ce qui reste du journal intime de Jedusor. Il raconte alors toute l'histoire. Suspendu à ses lèvres, tout le monde l'écoute parler pendant près d'un quart d'heure. Il révèle comment il a entendu la voix désincarnée, comment Hermione a découvert qu'il s'agissait d'un Basilic qui se déplaçait dans les tuyaux, comment Ron et lui ontt suivi les araignées dans la forêt, comment Aragog a fini par leur dire où était morte la dernière victime du Basilic, comment il a deviné que cette victime était Mimi Geignarde et que l'entrée de la Chambre des Secrets se trouvait peut-être dans ses toilettes...
Harry, la voix rauque d'avoir tant parlé, laisse la place à Jenifael qui leur raconte alors l'arrivée de Fumseck, puis la façon dont le Choixpeau magique a donné l'épée à l'élu. Mais elle hésite soudain dans la poursuite de son récit. Jusqu'à présent, elle a évité de parler du journal intime de Jedusor, et de Ginny. Celle-ci se tient debout à coté de Mrs Weasley, la tête sur son épaule, et des larmes continuent de couler sur ses joues. Et s'ils la renvoyaient ? Le journal intime a perdu son pouvoir... Comment pourraient-ils prouver que c'était Jedusor qui l'avait manipulée malgré elle ?
Instinctivement, la magicienne regarde Dumbledore. Celui-ci esquisse un sourire. Les flammes qui dansent dans la cheminée se reflètent dans ses lunettes en demi-lune.
- Ce qui est le plus intéressant à mes yeux, c'est de savoir comment Lord Voldemort a réussi à envoûter Ginny alors que, d'après les informations qu'on m'a données, il se cache à l'heure actuelle dans les forêts d'Albanie.
Jenifael ressent une merveilleuse impression de soulagement se répandre dans tout son corps. Elle sourit avec des larmes d'émotion. Madame Weasley n'en revient pas. La magicienne laisse Harry continuer l'histoire en désignant le journal intime. Une fois avoir expliquée que Tom Jedusor en souvenir communiquait avec Ginny, le directeur pardonne à l'enfant et dit avec sa mère qu'elle a besoin de repos. Mais avant de quitter le bureau en laissant Jeni et Harry ensemble, elle regarde la princesse.
- Alors vous êtes bien la femme dont parlait Ronald. Je ne le croyais pas. Sachez que vous êtes la bienvenue chez moi si vous avez besoin de repos.
- Merci beaucoup madame.
- Appelez-moi Molly, princesse.
Puis le sujet tourne sur Lochkart que le trio a totalement oublié. Ron explique que c'est un imposteur et qu'il a failli faire oublier leur mémoire quand Jeni a lancé son bouclier et que le sort s'est retrouvé inversé. La femme sourit de défis à Dumbledore. Il ne dit rien mais rend tout de même son sourire à Jenifael. Ensuite il ordonne au rouquin d'amener le professeur amnésique à l'infirmerie. Une fois la porte refermée, Dumbledore s'approche d'un des fauteuils devant la cheminée.
- Asseyez-vous, Harry et Jeni.
Harry obéit. Il se sent étrangement inquiet. Le directeur commence par s'adresser à l'élu.
- Pour commencer, je voudrais te remercier. Tu m'as été vraiment fidèle, dans la Chambre des Secrets. Seule une parfaite loyauté de ta part pouvait amener Fumseck à venir à ton secours.
Il caresse le phénix qui s'est posé sur son genou. Harry a un sourire timide.
- Et donc, tu as rencontré Tom Jedusor, dit Dumbledore d'un air songeur. J'imagine qu'il s'est beaucoup intéressé à toi...
Soudain, quelque chose qui tracasse Harry franchit enfin ses lèvres, presque malgré lui. Il déclare que Tom et lui sont semblables. Que le choixpeau magique avait même tenté de le mettre dans la maison Serpentard. Il ne sait pas trop où il en est. Jenifael ne répond pas. Mais est très attentive à la réponse que donne le directeur en montrant l'épée. Il la tend à Harry et lui dit de lire ce qui a d'écrit sur la lame : Godric Gryffondor
- Seul un véritable Gryffondor pouvait trouver cette épée dans le Choixpeau magique, Harry, dit simplement Dumbledore.
Pendant un long moment, tous deux restent silencieux. Puis Dumbledore ouvre l'un des tiroirs du bureau et y prend une plume et une bouteille d'encre.
- Tu as besoin de manger et de dormir, Harry. Je te suggère de descendre prendre part au festin pendant que j'écris à la prison d'Azkaban. Il est temps de récupérer notre garde-chasse. Je dois aussi rédiger une petite annonce pour La Gazette du Sorcier. Il nous faudra un nouveau professeur de Défense contre les Forces du Mal. Décidément, ils ne durent jamais bien longtemps...Quand à vous mademoiselle, en français bien sûre, je sens qu'une question vous tracasse je me trompe ?
- Non.
Harry se lève et s'approche de la porte. Il vient de poser la main sur la poignée lorsque la porte s'ouvre si violemment qu'il est projeté contre le mur. Lucius Malefoy fait son entrée, le visage marqué par la fureur. Recroquevillé sous son bras, le corps enveloppé de bandages, il y a Dobby.
- Bonsoir, Lucius.
- Alors ! Vous êtes à nouveau là ! Le conseil d'administration vous a suspendu, mais vous estimez que vous avez le droit de revenir à Poudlard !
Jenifael sent la colère envahir son cœur. Elle sent les ténèbres chez cet homme. Elle se relève. Aussi droite qu'une statut. Le père de Malefoy tourne ses yeux vers la femme. Il est alors surpris. Il dit à voix basse.
- Magicienne.
La femme le fixe de ses yeux d'or. La beauté et l'instinct sauvage prend place sur l'humaine assujettie. Lucius n'en revient pas de voir une princesse comme elle. Sauvage, belle mais intouchable. Il ressent également une autre source de magie positive qui n'a rien avoir avec ses dons d'élémentaire. Une magie qui fait brûler son bras gauche. Il y met sa main dessus. Dumbledore lève un sourcil devant cette scène. Puis Jenifael s'exprime avec toute la fierté qu'elle a en elle.
- Oui, il est ici. Qu'est-ce que vous croyez ! Que quelqu'un comme lui ne reviendrait pas ! Et bien vous avez tort ! Quand Ginny a été enlevé, seul Dumbledore aurait pu la sauver. Mais…
Le directeur finit sa phrase en disant que le duo ainsi que Ron ont pu la sauver. Lucius regarde méchamment Harry, enflammant le cœur de la magicienne. Le directeur continu son discours en déclarant que Voldemord s'est servi de la fille Weasley via le journal intime. L'élu réagit aussitôt en déclarant qu'il a vu le père Malefoy mettre ce journal dans ceux de Ginny. Malheureusement, faute de preuve, le coupable part. Harry demande à Dumbledore de partir le lui remettre. Il lui donne son accord. A présent, reste que Jeni et le directeur.
- Que veux-tu savoir, Jenifael ?
