Titre :La Légende des Sept Portes

Auteur : Orlane Sayan

Disclaimer : Rien est à moi (ou presque): JKR a juste une générosité à l'aulne de son imagination!

Disclaimer : Je ne possède ni les univers de Charmed ni celui de Buffy contre les Vampires (je les ai revendus il y a quelques années et... Quoi? Comment ça vous ne me croyez pas?)

Résumé:

An 2022.

Cela fait désormais vingt ans que la Grande Guerre est terminée et tous les héros, reconnus ou simples anonymes, ont retrouvé une vie paisible dans un Royaume-Uni désormais guérit.

Mais dans l'ombre de cet avenir plein de promesses s'élève un murmure de plus en plus inquiétant. Une vieille légende se réveille sous les yeux de la nouvelle génération...

RAR :

Tania :

Un immense merci pour toutes tes reviews ! J'ai été très touchée que tu prennes le temps d'en laisser autant et extrêmement ravie que mes fics te plaisent ! Je rageais parfois de ne pas pouvoir te répondre directement parce que tu avais des remarques très intéressantes ! Donc, par ordre de fic :

La légende des Sept Portes :Contente que mes personnages te plaisent d'abord ^^ Je t'avoue que j'ai pris beaucoup de plaisir à écrire la scène avec Craven (la diplomatie de Mélindra est absolument nulle et c'est un bonheur de pouvoir lui faire dire des horreurs). Si tu as trouvé le chapitre sur la fête commémorative émouvante, c'est que j'ai gagné mon pari ^^ (c'est un de mes chapitres préférés en plus:)). Pour répondre à ta remarque sur ma manie de ne pas donner les réponses à mes mystères, c'est complètement voulu, même si pour le chapitre en question, l'indice est dans la scène, sous les yeux d'Alyne et si tu relis le passage attentivement, tu devrais trouver. En tant que lectrice, j'ai horreur de lire des romans où tout est donné. J'aime réfléchir et trouver mes réponses moi-même et j'essaye de donner ce sentiment à mes propres lecteurs. Je n'exclue pas de ne pas zapper des conclusions parfois, mais j'essaye en tout cas de distiller mes réponses à un moment, soit subtilement, soit cash. N'hésites toutefois pas à me dire quand je suis trop sibylline, je ne me rends pas toujours compte (oui parce que je connais mes propres réponses et j'ai connaissance de plus de background... Heureusement quelque part ^^ Ce qui est donc évident pour moi ne l'est pas forcément pour tout le monde). Ah et oui, enfin pour les retrouvailles de Mélindra avec Sirius. Elle a mis le temps mais le contraire n'aurait pas été digne d'elle.

Harry Potter et la fille de Sirius Black I : Roh les origines de Mélindra (j'ai relu pleins de chapitres grâce à toi, c'était marrant même si mes yeux saignent devant certaines fautes... ahem). Je suis contente que tu ais aimé ce premier opus. J'ai essayé de rendre l'insertion de Mélindra aussi naturelle que possible dans l'histoire et tes compliments m'ont vraiment touchée. (Ah et vu ton nombre de reviews en quelques semaines, même un j'aime de ta part me suffit ^^)

Harry Potter et la fille de Sirius Black II : Alors déjà félicitations : tu l'as lue en entière. Moi-même, je ne m'y risque plus... Je passe trop de temps à me dire « c'est quoi cette orthographe ?! » et des « non mais cette scène est une catastrophe ». Donc je t'admire, vraiment. (Cette fic aurait besoin du même traitement que la précédente : c'est à dire une profonde réécriture mais je n'ai pas le temps... Pour excuse, j'étais jeune à l'époque et pas toujours en bons termes avec la grammaire...) Il y avait une intrigue avec la licorne, que j'ai abandonné finalement plus tard, mais le chapitre était déjà posté... Bref, comme je le disais, cette fic est un bordel monstre. Encore merci pour tes compliments sur cette fic:)

Je te détruirais : Là encore, ton courage est impressionnant. Cette fic aussi est un peu foireuse... Oui, Mélindra abuse un peu de quitter l'hôpital si vite mais c'est une Tueuse désormais. Sa vie n'est pas non plus en danger (les Tueuses cicatrisent plus vite que la moyenne). Mélindra est infernale. La franchise de sa mère, la diplomatie de son père (et son talent pour se donner en spectacle. N'oublions pas que ce cher Sirius est une véritable Diva à ses heures perdues), et tout ça dopé aux hormones (l'adolescence... ^^). La naissance de Harry et Mélindra est un de mes passages préférés dans cette fic, contente que ça t'ai plu. Eh oui, Mélindra sait aussi être une Serpentarde (Wen a mis des années à lui faire comprendre que, parfois, la subtilité peut fonctionner...).Je t'accorde que le début du harcèlement sur Ombrage est un peu mou... On va dire que c'était pour tâter le terrain ? ^^

Alors pour Chris, je suis d'accord avec tes remarques, je n'ai pas été très sympa avec lui et avec le recul, c'est complètement OOC de la part de Harry et Ron de se venger comme ça sur lui, mais bon, le mal est fait:S. Et tu m'étonnes que tu la vois bien avec Draco :p Tu as une grosse longueur d'avance vu que tu as lu la Légende ^^ Contente que le plan Ombrage te plaise (j'ai eu du mal à vraiment trouver des idées à l'époque ^^). La fin de cette fic est une lente descente aux Enfers pour Mélindra. Je n'ai pas été tendre... Merci d'avoir tout lu ^^ (Ah et désolée pour les fautes. Il faudrait que je corrige cette fic mais là encore, manque de temps... Et qui plus est, je me sais incapable de me cantonner à juste corriger des fautes...).

Voili voilou, je pense que j'ai fait le tour de tes questions et remarque. Encore un très grand merci pour toutes tes reviews. J'espère que tu continueras à aimer (ah et si tu veux discuter de Mélindra par pm, pas de soucis... il te suffit de créer un compte sur le site;)). A bientôt !

phoenux saturne :

Hello ! Merci beaucoup pour ta review ! Je crois que tu as vu juste. Des réponses sur le pourquoi de cette diversion en grande pompe très bientôt;) Bonne lecture et encore merci pour ta fidélité ^^


Note:

Bonjour à tous et à toutes !

Comment va la vie de votre existence ?

De mon côté, c'est la folie.

Et vous savez pourquoi ?

Parce que j'AI TERMINE D'ECRIRE CETTE FIC! (modulo un chapitre qui a disparu dans les abysses de mon pc et que je dois refaire mais passons...)

Vous ne savez pas à quel point je suis soulagée (oui, soulagée. Six ans de travail sur cet opus et des promesses de millions de reviews n'y feront rien, ce sera le dernier. Mélindra a eu une vie assez remplie, merci pour elle).

Vous aurez donc au final : un prologue, 75 chapitres et un épilogue.

Ceci explique donc cela : deux chapitres pour fêter cette victoire de moi-même sur moi-même et une promesse : vous aurez deux chapitres par mois désormais. D'un coup je pense, à moins que la force soit avec moi et que je poste deux fois par mois mais pas tout de suite parce que bon, je suis censée travailler durement jusqu'à fin juin ^^.

Bref, deux nouveaux chapitres : le premier suit les conséquences de l'attaque d'Abracadabra. Tenez vous le pour dit, les Voyageurs ont décidé de se prendre les choses en main. Dans le suivant, des révélations autour de Lillendrine et une discussion entre Black-Malefoy.

Sur ce, bonne lecture;)


Qui-est-Qui ?

(dès fois que vous ne soyez pas réveillés : G : Gryffondor, Serp : Serpentard, Serd:Serdaigle, P : Poufsouffle)

Harry/Ginny Potter: les jumeaux James et Lily (septième année G/G), Albus Severus (cinquième année Serd)

Ron/Hermione Weasley: Rose (septième année Serd), Hugo (quatrième année G)

Draco/Mélindra Black-Malefoy : William (26 ans G), les jumeaux Alyne et Aaron (septième année G/Serp), les jumelles Sarah et Syrielle (cinquième année Serd), Elzo (troisième année G), Emily (première année P).

Neville/Hannah Londubat : Alice (19 ans P), July (cinquième année Serd), Kiara (première année Serp)

Rolf/Luna Scamander : les jumeaux Lorcan et Lysander (troisième année G), Aïday (première année P)

Severus/Kate Rogue : Emma (24 ans Serp), Regulus (septième année G)

Remus/Nymphadora Lupin : Teddy (25 ans G), Violette (20 ans Serd)

Bill/Fleur Weasley : Victoire (19 ans), Dominique (sixième année), Louis (troisième année)

Charly/Down Weasley : Simon (première année P), Gualterio (8 ans)

Percy/Audrey Weasley : Molly (septième année Serd), Lucy (deuxième année G)

George/Angelina : Fred (sixième année G), Roxanne (troisième année G)

Lachlom/Buffy Swift : Joyce (deuxième année G), Alyssa (10 ans)

Léo/Piper Halliwell : Wyatt (28 ans), Chris (27 ans), Mélinda (24 ans)

Henri/Paige Halliwell : Henri Junior (25 ans), les jumelles Pearl et Pauline (22 ans)

Coop/Phoebe : Prudence (21 ans), Penelope (19 ans), Patricia (12 ans)


Previously on LSP :

La Porte Noire a quitté l'ombre dans laquelle l'histoire l'avait plongée. Après des siècles de préparatifs, les démons ont procédé à un immense sacrifice pour briser le sortilège qui maintient le passage fermé.

En Angleterre, la famille de Olympie – Gardien de la mémoire des Sept Portes – se sont lancés à corps perdu dans une lutte qu'ils savent inégale.

Après des recherches, les meilleurs espoirs reposent sur une ancienne théorie magique – l'Harmonique des Lignées – qui permettrait de rouvrir un passage vers Olympie afin de sommer les Dieux de leur venir en aide.

Afin de réaliser cet exploit, il faut toutefois ramener Lily Evans et Sarah Black dans l'époque actuelle afin de compléter le sortilège.

La nuit du 31 Décembre, un sortilège est lancé à cette fin, alors qu'en Grèce, la Porte Noire officie le plus grand sacrifice jamais vu depuis des siècles.

Un mois a passé depuis l'arrivée des parents de Harry et Mélindra dans un futur auquel ils ne s'attendaient pas. Tandis que les quatre Voyageurs s'acclimatent tant bien que mal à la réalité, les regards restent braqués en direction du Mont Olympe où les démons sont bien trop passifs.

A Poudlard, la lutte continue et porte le nom de l'Harmonique des Lignées. Les recherches, menées par Hermione Weasley s'annoncent encore longues.

Un espoir demeure tout de même puisque l'ultime Reine du Royaume Gardien et lointaine descendante de Mélindra Black et Harry Potter est arrivée en même temps que les parents de ces derniers.

Dans le chapitre précédent :

L'Ecole de Magie Italienne Abracadabra est violemment attaquée par la Porte Noire, donnant l'occasion aux Alliances Magiques de tester leurs stratégies pour la première fois. Les élèves sont tous évacués par les Êtres de Lumières, tandis que Tueuses, Sorciers, Acathlants et Elémentaires se battent côtes à côtes pour repousser la menace.

A la surprise de tout le monde, les démons battent en retraite précipitamment, laissant une ombre inquiétante derrière eux...

Chapitre 55

Mélindra réapparut à Poudlard, au pied des hautes portes du château et resta quelques secondes hébétée. La fatigue accumulée au cours de ces derniers mois, ajoutée aux deux derniers jours durant lesquels elle n'avait pas pu fermer l'oeil, pesait plus que jamais sur ses épaules.

Pourtant, elle avait conscience que ce n'était que le début. Les offensives des Démons Majeurs se multiplieraient sans doute tant qu'ils n'auraient pas atteint le but qu'ils s'étaient fixés et même en oubliant les batailles à venir, elle devait désormais se consacrer à l'Harmonique des Lignées, veiller sur Lillendrine et s'arranger pour que ses enfants restent aussi éloignés que possible de la guerre.

De tous ces défis, elle ne savait pas vraiment lequel serait le plus difficile à relever...

Avec un soupir lasse, elle se glissa dans le hall désert à cette heure matinale et entreprit de rejoindre Lillendrine.

Le trajet jusqu'à la pièce où la jeune femme se reposait lui permis de rassembler ses pensées en prévision d'une entrevue dont elle ne savait que penser. Si Lillendrine avait oublié tout ce qui la concernait, l'éventualité qu'elle la haïsse tendait à s'atténuer et Mélindra n'arrivait pas à décider si cela était une bonne ou non : après tant d'années de mensonges, gagner la confiance de la jeune femme s'annonçait difficile...

Elle était également inquiète quant aux séquelles d'une vie passée auprès des Dieux. Elle-même ne s'en était jamais remise et seule sa propre mort l'avait apaisée. Comme si, une fois dépossédée du sang qui faisait d'elle une De Olympie, l'emprise des Dieux sur son esprit avait enfin pu disparaître. Seulement, Lillendrine ne pourrait pas en faire autant et il restait essentiel qu'elle se libère de ce passé pour pouvoir accomplir son destin.

Face à la porte, Mélindra hésita quelques secondes avant de frapper quelques coups secs. Des bruits de pas précipités lui firent froncer les sourcils et elle n'eut pas le temps de pousser le battant de bois que William sortait avec empressement avant de la faire reculer.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? Demanda-t-elle tout en essayant d'esquiver le jeune homme.

- Une bonne et une mauvaise nouvelle.

- Je n'aime pas ça.

- Puisque tu insistes, je vais commencer par la bonne nouvelle : Lillendrine va de mieux en mieux.

- Mais ?

- Mais elle n'est pas l'ultime Reine du Royaume Gardien pour rien et elle a hérité de dons d'empathie et de télépathie qui valent largement celui d'Emily et le mien.

- Je ne vois pas où est le problème... Les Dieux ont dû lui apprendre à les maîtriser.

- Où as-tu été chercher que les Dieux connaissent quelque chose en sentiments humains ?

Mélindra referma sa bouche sans avoir parlé : William disait vrai. Son fils approuva sa réaction avec un sourire en coin avant de reprendre.

- Bref. Lillendrine va avoir besoin d'un peu de temps pour s'habituer à l'idée. Emily va lui donner des cours accélérés pour qu'elle canalise son empathie. En attendant, il vaudrait mieux éviter qu'elle se retrouve trop proche de bombes à émotions.

- Je suis une bombe à émotions ?

- Peut-être la pire que je connaisse. Alyne exceptée bien sûr.

Mélindra ne put s'empêcher de le dévisager avant de froncer les sourcils en réalisant qu'il était tout à fait sérieux.

- Tu peux m'expliquer ça ?!

- Bien sûr. Tu gardes tout pour toi jusqu'à l'explosion. En temps normal, tout le monde s'en accommode mais je crains que Lillendrine n'ait pas notre pratique.

- Tu es en train de me dire que je ne peux pas la voir ?

- C'est à peu près ça.

- J'ai une grande nouvelle pour toi, jeune homme, je suis non seulement capable de garder mes émotions pour moi, mais aussi de les refouler dans un tout petit coin de ma tête. Je vais la voir.

- Hors de question !

Ce fût le ton de son fils, bien plus que sa tentative pour paraître plus grand et plus intimidant qu'il ne l'était en réalité qui la fît réfléchir. Peut-être avait-il raison. Peut-être était-ce plus raisonnable d'attendre que Lillendrine puisse maîtriser son empathie sans avoir l'impression de devenir folle pour... Elle ne savait même pas pourquoi. Elles étaient devenues des étrangères l'une pour l'autre. La petite fille de cinq ans n'existait que dans ses souvenirs. Des souvenirs qu'elles ne partageaient plus qu'avec William. Qui était-elle pour lui imposer sa présence ? Lillendrine n'avait peut-être même pas envie de la voir...

- Ça va aller, William... Intervint Lillendrine depuis le pas de la porte. C'est supportable quand il n'y a qu'une seule personne.

- Oh, ce n'est pas n'importe quelle personne, grogna le jeune homme en s'écartant à regret.

- Je sais. Ses émotions sont très fortes. Même si je ne les comprends pas encore.

Elle avait dit cela en la regardant droit dans les yeux et Mélindra frémit quand elle fût happée par un regard identique au sien. Par delà les années écoulées, elle eut l'impression de revivre le moment où elle l'avait croisé pour la première fois.

Des bruits de pleurs. Ceux d'un enfant.

Mélindra revint à elle dans un sursaut et resta un long moment à fixer les mosaïques magnifiques au-dessus d'elle sans oser bouger. Les douleurs qui déchirait sa poitrine lui donnait l'impression d'être une immense plaie à vif et elle ne voulait pas vérifier si elle avait raison ou non.

Les pleurs lui parvinrent à nouveau, trop irréels dans ce palais sans âme pour qu'elle y prête vraiment attention. Avec un peu de chance, Arès avait tapé trop fort sa pauvre tête et elle était en train de faire une hémorragie qui se révélerait fatale.

Elle ferma les yeux, soucieuse de profiter du repos qui lui était accordé, quand les pleurs revinrent. Plus puissants que quelques secondes plus tôt, vibrants d'une angoisse qui trouvait un étrange échos en elle.

Mélindra se leva avec difficulté et mit un temps certain à garder son équilibre. D'une démarche chancelante, elle s'éloigna en direction des pleurs, mettant à profit les prouesses dont était capable son ouïe.

Il ne lui fallut pas marcher longtemps pour trouver ce qu'elle cherchait : une porte qu'elle n'avait jamais remarqué jusqu'alors était entrouverte.

Mélindra ne chercha même pas à vérifier si des Dieux étaient dans les parages et se faufila à l'intérieur, sa fatigue reléguée au second plan par sa curiosité. Depuis quatre mois qu'elle était là, rien n'était venu troublé le silence de cette aile du palais, à part ses propres cris quand les cauchemars hantaient son sommeil.

La pièce où elle venait d'entrer était en tout point semblable à celle qu'elle occupait : un large lit à baldaquins occupait une grande partie de l'espace, tandis qu'une banquette était installée près d'une bibliothèque aux rayonnages vides. Une seule porte -celle qui menait à la salle des bains- était visible. Cet état des lieux effectués, Mélindra dût se rendre à l'évidence : excepté une imposante boîte ovale en métal posée sur le lit, il n'y avait aucune trace d'une présence humaine comme elle l'avait cru.

Elle était pourtant certaine de ne pas avoir rêvé !

Elle soupira en comprenant qu'il s'agissait d'un énième test et se mit en garde sans grande conviction.

Les pleurs revinrent, assourdissants, et Mélindra se retrouva à fixer bêtement l'étrange enveloppe de métal. Elle l'observa avec attention sans y découvrir d'ouverture et l'attrapa dans le but de la retourner.

Au moment où ses mains le touchèrent, l'objet émit plusieurs cliquetis avant de s'ouvrir en deux.

Une fillette apparu alors et sous l'effet de la surprise, Mélindra laissa échappé un cri.

La petite ne devait pas avoir deux ans : menue, un visage tout en rondeur et au nez retroussé, entourés par des mèches folles qui ne finissaient pas de changer de couleur, elle lui fît immédiatement penser à sa cousine Nymphadora Tonks.

Finalement, la petite cessa de pleurer sous le feu de son regard et ouvrit les yeux, comme pour la détailler à son tour.

Mélindra sentit son cœur manquer plusieurs battements quand elle croisa deux prunelles identiques aux siennes.

- J'étais donc si jeune ? Demanda-t-elle.

Absorbée par ses pensées, Mélindra ne comprit pas à quoi Lillendrine faisait référence.

- J'ai encore du mal à ne pas lire dans la tête des gens, expliqua-t-elle avec une grimace.

- Ça te passera.

- J'espère.

Le silence s'installa entre elles et Mélindra ne tarda pas à se sentir nerveuse. Que pouvait-elle dire ? Que devait-elle faire ? Elle n'avait pas la moindre idée de ce qui pourrait aider Lillendrine à cet instant. D'ailleurs, sa petite protégée ne semblait pas avoir besoin d'aide.

L'expression douloureuse de Lillendrine lui rappela soudainement qu'il ne faisait pas bon se poser tant de questions près d'elle.

- William a raison. Tu es différente. Ta tête n'arrête jamais de réfléchir ?

- Non, répondit William pour elle.

Mélindra l'ignora et continua à fixer la jeune femme qui lui faisait face, cherchant un détail qui lui échappait : légèrement plus grande qu'elle, sa silhouette s'était considérablement amaigri à cause du mois écoulé à ne manger que des bouillons, pourtant, elle ne laissait rien paraître de sa faiblesse. Elle se tenait droite, le menton légèrement relevé et les épaules en arrière. Mélindra détailla son visage : malgré ses joues creuses, on devinait encore la beauté qui était la sienne grâce à ses pommettes hautes et ses traits fins. Mais comme toujours, c'étaient ses yeux qui attiraient l'attention et en s'y plongeant à nouveau, Mélindra comprit ce qui la troublait.
Durant quatre ans, elle y avait trouvé une flamme qui brûlait haut et fort. Aujourd'hui, elle devina difficilement les quelques braises qui luttaient pour ne pas s'éteindre.

Sa culpabilité revint la hanter, plus dévorante que jamais, et elle eut l'impression que son cœur allait exploser.

Il lui fallut une seconde de plus pour comprendre que son cœur explosait vraiment.

Mélindra tomba à genoux en se tenant la poitrine, les ongles enfoncés dans sa chair. Si elle avait pu, elle aurait volontiers déchirer sa peau et arraché ses os pour anéantir la douleur, mais c'était comme si elle avait perdu le contrôle de son propre corps.

Le Calice de Vie se mit à vibrer, puis à la brûler, lui tirant un cri de douleur qui s'éteignit dans un râle. Alors qu'elle luttait pour reprendre une bouffée d'air, sa réalité s'estompa l'espace d'une folle seconde et un visage s'imposa à son esprit. Mélindra reconnu avec stupeur son ancêtre Mélindra Eirenikos.

Lillendrine est notre seul espoir pour détruire la Porte Noire et il te revient de veiller sur elle, comme moi j'ai veillé sur toi. Cela seul doit t'importer.

La douleur disparut aussi soudainement qu'elle était venue et Mélindra resta un long moment à fixer les dalles de pierres du château, peinant à retrouver son souffle, et ne sachant que penser de ce qu'il venait de lui arriver.

- Que s'est-il passé ? Demanda William tout en se penchant pour l'aider à se relever.

- Je ne sais pas...

Son fils marmonna quelque chose qu'elle ne pu entendre. Il profita qu'elle soit encore sous le choc pour poser ses mains de part et d'autre de son visage. Mélindra sentit une chaleur familière chasser sa fatigue.

- Je vais bien William, soupira-t-elle.

Il grogna et lui rendit son regard insistant tandis qu'il terminait de l'examiner.

Mélindra choisit de se laisser faire, consciente qu'il était sûrement aussi têtu qu'elle, et préféra se concentrer sur ce qui venait de se passer... Si cela c'était vraiment passé !

En effet, pour ce qu'elle en savait, Mélindra Eirenikos avait disparu peu de temps après qu'elle ait accepté de devenir un Être de Lumière. Les rumeurs disaient qu'elle était devenue une Aînée, quand d'autres soutenaient qu'elle avait simplement transmis son pouvoir comme le voulait l'usage. Dans les deux cas, elle ne pouvait donc pas s'adresser à elle aussi directement ou en admettant qu'elle en soit capable, Mélindra ne comprenait pas ce qu'elle attendait de sa part.

- Tu es devenue étrange tout à coup... Lui expliqua son fils en la secouant un peu pour obtenir son attention.

Mais Mélindra ne l'écouta pas pour autant, désormais trop occupée à détailler Lillendrine. La jeune femme observait leur scène avec indifférence et ne semblait pas du tout affectée par l'inquiétude de William. Ainsi retranchée en elle-même, elle était aussi inaccessible que la lune.

Surgit de nul part, la discussion qu'elle avait eu avec Phoebe quelques jours plus tôt lui s'imposa à elle dans un flash fulgurant :

- Il n'empêche que Lillendrine sort de l'Enfer !

- Exactement. Elle va avoir besoin que quelqu'un soit là pour l'aider à se reconstruire. Tu ne trouves pas cela formidable qu'elle se trouve dans notre époque ? Tu es la seule personne en mesure de la soutenir. Malgré tout ce qu'il s'est passé, tu es ce qui se rapproche le plus d'une mère pour elle.

- C'est une coïncidence.

- Ma chère petite, il n'y a pas de coïncidence en magie.

L'apparition de son ancêtre prit un sens nouveau et Mélindra eut l'impression que les pièces d'un puzzle se mettaient en place dans son esprit, éclairant d'un jour nouveau tout ce qu'elle avait vécu depuis le moment où elle avait rencontré la fillette dans le Royaume des Dieux.

L'évidence lui donna l'impression d'avoir été aveugle durant toutes ces années !

Elle était née pour aider l'ultime Reine du Royaume Gardien à accomplir son destin. D'abord en étant une mère dans ses premières années. Maintenant pour la guider dans sa reconstruction après la terrible épreuve des Sept Jours et Sept Nuits. Ensuite...

Ensuite...

Ensuite, la course des siècles lui apporterait la réponse. Une fois Fondatrice, elle aurait tout le temps d'y réfléchir.

- Je vais bien William, d'accord ? Dit-elle tout en accompagnant ses paroles de son meilleur regard décidé.

Son fils eut une exclamation excédé puis s'écarta à regret.

Lillendrine n'avait toujours pas bougé.

Mélindra se décida à combler la distance qui la séparait de la jeune femme. Lillendrine croisa les bras sur sa poitrine et sembla la mettre au défi de faire un geste de plus vers elle.

- Toutes ces choses que j'ai vu dans ton esprit. Tous mes rêves... C'était vrai ?

- Oui.

Lillendrine déglutit bruyamment mais son expression resta impénétrable. Mélindra devina qu'à cet instant, même un télépathe tel que William aurait été incapable de passer les barrières qu'elle dressait contre elle.

- Pourquoi m'avoir laissée là-bas ?

Elle avait posé la question d'une voix froide, dénuée de sentiment, presque indifférente. Son expression figée, la tension dans sa mâchoire, sa façon de serrer ses bras avec force... Tout criait pourtant que c'était la seule question dont la réponse lui importait.

- On ne m'a pas laissé le choix.

Lillendrine lui donna l'impression de vouloir l'écorcher vive tant la haine la défigura et Mélindra ne put l'en blâmer. Seulement, son instinct lui soufflait qu'il y avait autre chose. Que la petite fille qu'elle avait quitté n'était pas tout à fait morte malgré les tentatives des Dieux et que c'était peut-être la première fois depuis très longtemps qu'elle se réveillait, laissant Lillendrine face à un combat intérieur qui la dépassait.

Consciente que Lillendrine ne maîtrisait pas son empathie, Mélindra cessa de refréner pensées et sentiments pour s'ouvrir entièrement. La jeune femme sursauta aussitôt, comme frappée par la foudre et une série d'expressions fugaces passèrent sur ses traits jusque là immobiles.

Mélindra franchit le dernier mètre entre elle et l'attira dans ses bras malgré ses réticences. Elle sut ce qu'elle devait dire. Ce que Lillendrine avait besoin d'entendre.

Ce qu'elle devait entendre.

- Tu n'es plus seule, ma petite Princesse. Tu ne seras plus jamais seule.

Lillendrine hoqueta et tout son corps sembla se tendre.

- Je t'aime, Lillendrine... Du plus profond de mon cœur et de toute mon âme.

La résistance de la jeune femme se fissura.

- Mamé ?

- Je suis là. C'est fini.

Un sanglot se répercuta le long du couloir et Mélindra resserra son étreinte tandis que Lillendrine se raccrochait à elle.

Aucune des deux ne vit le sourire satisfait de William alors qu'il s'éloignait.

Aaron quitta la salle commune des Serpentards de bonne heure, bien décidé à éviter ses condisciples de Maison. Depuis l'attaque d'Abracadabra deux jours plus tôt, l'école toute entière était avide d'informations sur l'alliance démoniaque qui était entrée en guerre avec le monde magique, et les élèves de Poudlard semblaient s'être soudainement souvenus que les enfants des résistants les plus célèbres de la dernière guerre vivaient sous le même toit qu'eux.
A l'image de toute la famille Weasley, Aaron avait dû faire face à un harcèlement qui n'avait pas tardé à l'énerver au plus au point, le faisant regretter l'annulation des cours toute la journée du vendredi et l'arrivée du week-end.

En comparaison de l'agitation qui avait régné sur le château la veille, le calme des couloirs lui parut presque miraculeux et il s'interdit de gâcher ce moment en pensant à ce qui pouvait bien les attendre maintenant que la guerre était officielle. Il arriva à la Grande Salle de très bonne humeur et rejoignit Alyne à la table des Gryffondors. Elle était la seule de leur groupe à être déjà levée et cela ne l'étonna pas puisqu'elle se réveillait avec le soleil.

Il déposa un baiser sur sa joue et prit place à sa gauche.

- Bien dormit ? Demanda-t-il.

- Comme une masse. Le cours de Cornedrue était plus épuisant que je ne le pensais. Et toi ?

- J'ai dû menacer les gars du dortoir de leur jeter un sortilège avant qu'ils ne me laissent tranquille.

Alyne eut un léger rire à ses côtés et Aaron eut l'impression que ce n'était pas à cause de ce qu'il venait de dire.

- Quoi ?

- Lily a vraiment ensorcelé la bande de Spencer.

Aaron grimaça : connaissant le caractère volcanique de la jeune femme, ça avait dû être un spectacle qui valait le détour.

- Il y a eu des morts ?

- Non. Mais une fille est quand même partie à l'infirmerie et Lily a eu de la chance que Neville soit absent sinon elle aurait écopé d'une sacrée retenue.

- Je regrette presque de ne pas avoir été réparti à Gryffondor...

Alyne lui rendit son regard complice puis se replongea dans son assiette. Aaron en avisa le contenu et fût satisfait de voir que sa sœur retrouvait peu à peu l'appétit. Il se servit à son tour en œufs brouillés et porridge sans pour autant cessé de surveiller Alyne. Cela faisait maintenant plus de trois semaines que sa sœur s'était confiée à leur grand-mère et si en se libérant de son secret, elle s'était apaisée, Aaron ne voulait pas crier victoire trop vite. Il notait des progrès chaque jour puisqu'elle s'isolait moins, parlait plus, mangeait à nouveau normalement, suivait les cours avec un peu plus d'intérêts mais ses moments de mutisme étaient encore récurrents et il n'avait pas encore vu un seul vrai sourire sur ses lèvres. Quand il en avait parlé avec leur grand-mère, Sarah l'avait rassuré en lui promettant qu'elle était confiante : Alyne était tombée si bas qu'elle ne pouvait que remonter et Sarah semblait bien décidée à veiller elle-même sur sa petite-fille.

- Tiens donc, ne seraient-ce pas mes lieutenants préférés ?

Alyne et lui se retournèrent en même temps vers leur frère aîné : William souriait de toutes ses dents et vint les enlacer l'un après l'autre, sans oublier de leur ébouriffer les cheveux comme il le faisait depuis qu'ils pouvaient se souvenir.

- Tu es chiant, Will', grogna Alyne en replaçant ses mèches blondes du bout des doigts.

- Moi aussi, je t'aime Aly', répliqua William avec un clin d'oeil tout en s'installant à sa droite.

- Qu'est-ce que tu fais ici ? Demanda Aaron. Tu ne devais pas rester avec Lillendrine ?

- Maman est avec elle.

- Maman est avec elle ? Répéta-t-il, alarmé à cette seule idée. Et tu les as laissées toutes les deux ? Toutes seules ?

- Ne faites pas cette tête là, tout va bien se passer...

Alyne se tourna vers lui et Aaron partagea son expression incrédule. William s'entendait-il parler parfois ? Il voulut tout de même avoir plus de détails sur ce qui rendait son frère aussi confiant quand il remarqua que William détaillait Alyne avec insistance.

- Quoi ? Marmonna-t-elle sur la défensive.

- Tu sembles aller mieux que la dernière fois que je t'ai vu, petite sœur.

Alyne se tourna vers lui, le regard sombre :

- Tu lui as parlé ?!

- Absolument pas. Ce n'est pas à moi de le faire, Alyne. Mais si tu veux mon avis, William mérite de savoir au moins autant que James, Lily, Rose et Regulus. Au cas où tu aurais oublié, c'est ton grand frère.

Alyne détourna les yeux vers son assiette et commença à jouer avec son contenu. William en profita pour l'interroger du regard : il se contenta de le rassurer avec un sourire mais laissa le soin à sa jumelle de raconter son histoire elle-même.

Finalement, elle se redressa et fit face à leur aîné :

- Je t'avais parlé de la fille que j'avais rencontré en Russie, commença-t-elle d'une voix mal assurée. Celle qui était dans ma chambre.

Il hocha la tête.

- Elle est morte.

Le visage de William se décomposa et il passa un bras autour des épaules d'Alyne pour lui apporter son soutien. Aaron la vit se battre contre les larmes puis abandonner quand William commença à la bercer doucement, comme il le faisait quand elle était plus petite. Elle finit par lui raconter toute l'histoire du bout des lèvres et William fit preuve d'un tact inhabituel en ne lui posant aucune question.

- Et cette lettre là ?

Emma Rogue plissa les yeux et se rapprocha significativement de l'écran.

- Je ne suis pas sûre mais je dirais un r.

Sarah haussa un sourcil et tenta de reconnaître la lettre dans le symbole cabalistique qu'affichait son ordinateur : Severus Rogue devait avoir une plume de très mauvaise qualité pour que l'espèce de deux tordu ait un sens. Malgré ses doutes, elle rentra la signification dans le logiciel. Plusieurs textes défilèrent rapidement sur l'écran alors que la machine ronronnait plus fort encore. L'espace d'une minute, Sarah crut sincèrement qu'elle en avait terminé de paramétrer le programme qui était censé reconnaître n'importe quelle écriture manuscrite et la transformer en document dactylographié. Quand un nouveau gribouillage apparut, encadré de rouge, elle ne put retenir une exclamation rageuse.

- Il en fait exprès ! Je suis sûre qu'il en fait exprès ! Comment peut-on écrire aussi mal !

- Il faut des années de pratique, s'amusa Emma tandis qu'elle se concentrait pour déchiffrer son père. Ah ! C'est un v.

Sarah s'abstint de commentaires et se contenta de rentrer cette nouvelle donnée dans le logiciel avant de croiser les bras pour attendre le prochain problème. Un coup d'oeil à l'horloge de l'appareil lui apprit qu'elle se battait avec l'écriture de Severus Rogue depuis plus de trois heures ! A un moment, elle avait même envisagé de tout taper à la main tant la tâche était fastidieuse.

- Et tu m'expliques ce que tu vas faire une fois que ça sera traduit en anglais ?

- Dans un premier temps, les imprimer pour pouvoir les lire.

- Ça je me doute. Et après ?

- Sissi et moi allons arranger un logiciel de traitements des données. Si on lui rentre assez d'informations, il devrait nous sortir les points communs entre toutes les magies, les points forts et les points faibles et ce qui risque d'être utile pour ce qu'on entend de faire.

Emma haussa un sourcil appréciateur.

- Je suis contente de vous compter dans notre équipe, ta sœur et toi.

- Vous n'avez aucune chance de parvenir à quelque chose sans nous.

Une alerte sonore les interrompit et Sarah crut rêver quand elle vit le message acquisition complète.

- Merlin tout puissant, je n'y croyais plus, souffla-t-elle tout en effleurant la flèche en bas de son écran pour passer à l'étape suivante.

- Et maintenant ?

- Il faut le laisser travailler. L'écriture de ton père est compliquée, ça prendra plus de temps que pour les autres. Je te propose d'aller manger quelque chose, je crois qu'on a bien mérité ça.

Emma approuva sa proposition d'un signe de tête et Sarah se dépêcha de la suivre quand elle prit la direction de la porte du Repère des Maraudeurs.

James arriva dans la Grande Salle avec Regulus et ils rejoignirent le reste de leur famille à la table des Gryffondors. En parcourant les différents visages, James apprit qu'ils étaient sans conteste les derniers arrivés. Regulus trouva une place à côté de Rose et il dut se résoudre à s'installer à l'écart en bout de table, ignorant le siège libre en face d'Alyne, même si ce n'était pas l'envie qui lui manquait de s'asseoir en face de la jeune femme.

Twyla ne serait sans doute pas ravie d'apprendre qu'il entamait une tactique de rapprochement aussi tôt.

Toutefois, quand il passa près d'Emily, sa petite cousine l'attrapa par le bras et le força à s'asseoir. Son air malicieux lui fit comprendre qu'elle s'était arrangée pour que cette place reste libre.

- Tu as fait la grâce matinée, James ? Lui demanda-t-elle après l'avoir embrassé.

- On est dimanche, Emily. J'essaye de profiter du peu de temps libre que nous avons. Tu ne devais pas faire des recherches aujourd'hui ?

- Toute à l'heure... Il me reste plein de chose à lire avant de pouvoir être utile de toute façon.

Son sourire contrastait étrangement avec ses paroles et James secoua la tête.

- Quelqu'un sait si Cornedrue a prévu quelque chose ?

- Il veut sa liste de points faibles des démons... Répondit Aaron sans enthousiasme. Donc on a rendez-vous à la bibliothèque.

James soupira et préféra se servir un copieux petit-déjeuner pour se donner du courage : il commençait à en avoir plus qu'assez de passer son temps le nez plongé dans des bouquins.

Emily ne tarda pas à les laisser et James écouta d'une oreille distraite les conversations qui allaient bon train : Elzo résumait le dernier match de Quidditch Serdaigle/Serpentard à William, Lily menait un débat pour déterminer quels sorts leur seraient utiles face aux démons, Roxanne, Molly et Kiara échangeaient les dernières rumeurs qui couraient à propos des Voyageurs Temporels (apparemment, certains élèves avaient fait le lien entre le surnom de Sarah Mamily et le fait que les nouveaux venus soient très proches de leur famille : les voyageurs temporels étaient naturellement le fruit des tentatives d'Harry Potter et Mélindra Black pour ramener leurs défunts parents à la vie).

Le reste des discussions se perdaient dans le brouhaha.

- Tu as des nouvelles de Zabini ?

Il redressa la tête, désireux de vérifier si Alyne venait bel et bien de lui adresser la parole de son plein grès.

- Elle rentre demain avec son frère.

- Super.

Et sans crier gare, elle quitta la table, le laissant légèrement perdu face à son comportement. Certes, elle semblait faire des efforts pour lui adresser la parole (et sûrement se faire pardonner) mais si elle s'enfuyait juste après, il n'était pas sûr de pouvoir dire qu'il y avait un véritable progrès.

Quand elle eut disparu, il reporta son attention sur ses voisins de table, soucieux de vérifier que Lily n'avait pas repérer leur bref échange, et remarqua les mines attentives d'Aaron et William :

- Pourquoi vous me regardez comme ça ?

Les deux frères échangèrent un regard complice et haussèrent les épaules en même temps.

- Pour rien, répondit finalement Aaron.

William se contenta de lui faire un clin d'oeil et reprit sa discussion avec Elzo.

Hermione sortit de la cheminée qui trônait dans le bureau de Severus Rogue et ôta les cendres sur ses vêtements d'un geste de la baguette. Elle ne fût pas surprise de trouver la pièce vide : à cette heure, le directeur de Poudlard était dans la Grande Salle. Ses yeux se posèrent sur le tableau de Dumbledore et elle soupira en le découvrant vide. Parfois, elle avait l'impression qu'il faisait exprès de disparaître quand Harry, Ron, Mélindra ou elle venait ici. Finalement, elle quitta le bureau directoriale et prit la direction de l'ancienne salle de classe que Rogue avait fini par leur attribuer pour leurs recherches, espérant ainsi décourager les enfants de les écouter en installant bon nombre de sortilèges protecteurs. Il lui fallut ainsi cinq longues minutes pour pouvoir déverrouiller la porte.

Elle resta figée sur le seuil quand elle découvrit Rose, Molly, Emma, Albus, Violette, Emily et Prudence assises aux côtés de Sarah Black et Lily Potter.

La colère succéda à la surprise et elle allait lui laissait libre cours quand Lily la coupa :

- Hermione ! Il ne manquait plus que vous ! Willow nous a envoyé un...

- Que font-ils là ?! Demanda-t-elle en désignant sa fille et ses amis.

- Nous les avons recrutés, répondit Sarah.

- Vraiment ? Et il ne vous ait pas venu à l'esprit de m'en parler d'abord ?!

- Nous aurions bien aimé mais comme vous n'étiez pas là, expliqua Lily. C'est d'ailleurs parce que les sœurs Halliwell, Willow, Severus et vous-même étiez absents que nous avons été obligées de demander de l'aide à qui de droit. Ces jeunes gens sont très capables.

- Ça suffit ! Vous six, laissez-nous.

Ils obéirent sans chercher à négocier et Hermione ne put s'empêcher de trouver cela étrange. Le regard accusateur que lui lança sa fille faillit affaiblir sa détermination avant qu'elle ne se rappelle les raisons pour lesquelles elle ne voulait pas que Rose soit mêlée à ça : elle avait dix-sept ans, elle aurait bien le temps de s'engager contre la Porte Noire plus tard.

Elle les suivit du regard alors qu'ils quittaient la pièce et elle ne réalisa que trop tard que Lily et Sarah semblaient rassembler leurs affaires également.

- Qu'est-ce que vous faites ?

- Et bien nous allons trouver un autre endroit pour travailler, répondit Sarah. Ne le prenez pas mal, Hermione, mais je pense très sincèrement que nous avancerons plus vite avec eux. A plus tard.

Elles s'en allèrent sans un mot de plus et Hermione se surprit à fixer les cinq piles de parchemins avec embarras : privée de sa petite équipe, elle ne voyait pas comment ses recherches allaient progresser aujourd'hui.


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Mis en ligne le 10/05/2015