Merci à Lunastrelle, Elia41, Evlan et Emokami pour leurs reviews ! Je crois qu'Avana va aimer ce chapitre. Bonne lecture.
Je suis VRAIMENT désolée de pas avoir publié hier, mais mes parents allaient partir en Suisse et je voulais profiter de la soirée pour être un peu avec eux avant qu'ils s'en aillent !
J'espère que vous aimez tous ce chapitre. Bonne lecture à tous !
DISCLAIMER : Les personnages de Final Fantasy 7 appartiennent à Square Enix. Ariale et les terriens sont nés de mon imagination.
Chapitre 56 :
Épilogue
« Je me demande si c'est une bonne idée d'y aller comme ça ? » demanda Aéryn.
Sephiroth se tourna vers la jeune femme. Tous deux se tenaient près de la fontaine sur la place de Providence.
Cela faisait deux semaines maintenant que le vortex avait été refermé.
Le docteur Hankle avait fait un check-up complet à Ariale et avait poussé de grands cris hystériques avant de dire que finalement tout allait bien.
Puis Aéryn avait fait revenir les Argentés, la jeune fille, le docteur Hankle, Cissnei, Stan et le groupe de Diego à Providence où tous avaient pu prendre du repos.
Avalanche était restée sur Gaïa pour gérer le cataclysme de Junon. Reeve avait eu le temps d'officialiser les choses avec les médias : la menace terrienne n'était plus, la Shinra ne pouvait plus mener d'expériences, le vortex était détruit, etc.
Mais il restait la menace de Rufus Shinra et des Turks. C'était pourquoi aujourd'hui, Sephiroth avait décidé d'emmener certains membres du groupe sur Gaïa pour régler le problème.
Yazoo, Loz, Cissnei et Stan étaient de la partie. Kadaj avait tenu à rester auprès d'Ariale.
« On attend quoi, au juste ? » soupira Loz.
« L'autorisation du nouveau chef de la police de Providence pour partir », dit Diego.
« Ah ? Il ressemble à quoi, ce nouveau chef ? » dit Yazoo, méfiant.
« Rassurez-vous, il n'a rien à voir avec madame Dubois… enfin, à ce qu'on m'a dit », avoua Diego.
À ce moment, dans un grand claquement de bottes, un homme vêtu d'un uniforme de général allemand apparut. Curieusement, son bras droit était raide comme un piquet, et le monocle couvrant son œil gauche était noir. Un bandeau de pirate était visible en dessous.
« Vous êtes le chef de la police de Providence ? » demanda Sephiroth.
Dans un grand crissement métallique, l'homme souleva son bras droit pour un garde-à-vous militaire.
« Ja ! Je suis Hans Wilhelm Friedrich Kemp ! Inzpecteur de polize », dit l'homme avec un fort accent allemand.
« Rien à voir, t'es sûr ? » murmura Cissnei à Diego.
« Tonk, fous foulez fous rentre sur Gaïa enkore oune vois ? » dit l'inspecteur.
« Euh… Oui. »
« Ach ! Très pien ! Fous afez mon autorization ! » dit l'inspecteur en refaisant descendre son bras droit avec une bonne pichenette du gauche.
« Euh… Blessure de guerre ? » demanda Stan en montrant le bras du doigt.
« Nein ! Il a été arraché… Mouahahaha ! Par un monstre diabolique créé par les zientifiques de la Zinra ! » dit l'inspecteur avec un gloussement de dément.
« Et… il vous a pas arraché autre chose, dites ? » demanda Diego en pouffant de rire, avant de recevoir un bon coup de coude de Yazoo.
Une fois l'inspecteur parti, Sephiroth se détendit. C'était drôle quand même, ce type lui rappelait Heidegger, version caricaturale !
« EH ! Pas si vite, attendez-nous ! » cria Diego.
Tout le monde se retourna pour voir le jeune homme courir vers eux, accompagné de Patrick et Mégane.
« On vient avec vous », dit Patrick.
« Oh non, sans façon ! » dit Sephiroth.
« Si, avec façon ! Vous avez besoin d'aide, d'autant qu'Ariale n'a plus de pouvoirs pour vous aider, alors on ne discute pas ! » dit Mégane.
Oh, et puis après tout, s'ils voulaient mourir ! C'était leur problème.
Enfin, tout le monde était prêt. Aéryn se mit à danser.
XxXxXxXxXxXxX
Kadaj gravit les marches du perron menant à la porte de la serre. Ariale avait dit qu'elle aiderait sa mère aujourd'hui.
Le jeune homme n'aimait pas trop cela. Même si elle avait guéri de toutes ses blessures, il continuait de s'inquiéter pour elle. D'autant qu'elle semblait l'éviter dès que l'occasion se présentait. Pourquoi ? Elle semblait avoir peur de lui depuis… depuis qu'elle était devenue une simple humaine. Était-ce cela ? Il avait un peu de mal à y croire, mais c'était le seul prétexte qui lui semblait possible.
C'était pour cela qu'il avait décidé d'aller la voir aujourd'hui, pour lui faire comprendre que ça n'avait aucune importance à ses yeux.
Arrivé devant la porte, il réfléchit. Comment ouvrir ? Il y avait deux sonnettes. Soudain, la tête d'un homme brun avec des lunettes surgit de celui de gauche.
« Eh ! Appuie sur ma sonnette ! »
Kadaj recula près du pot de droite d'où sortit une deuxième tête.
« Non, non, non, sur la mienne, sur la mienne ! Cette sonnette-là va te filer de l'urticaire », dit l'autre.
Kadak recula sans lâcher ces drôles de jumeaux des yeux. Sa tête heurta la sonnette de droite. Des trompettes retentirent.
« OUI ! Deux partout, la balle au centre ! » dit la tête de droite.
« Tricheur ! » dit celui de gauche.
« Arrête ! Relis le manuel ! »
« Weuh, l'autre, eh ! Le manuel ! »
Ignorant leur dispute, Kadaj franchit la porte de la serre et se mit en marche à travers la jungle.
L'endroit sentait fort le gazon et la chlorophylle. De gros insectes voletaient d'une fleur à l'autre, tous ressemblant à un étrange croisement entre l'abeille et le moustique. Il y avait aussi quelques papillons.
Un bruit de cisaille résonna vers le fond à l'ouest de la serre. Kadaj se laissa guider au bruit et arriva bientôt devant un grand lac où flottaient des nénuphars. Quelques grues se tenaient au bord de l'eau et se désaltéraient, leurs plumes blanches scintillant sous les rayons du soleil.
Ariale se tenait assise au bord de l'eau, le regard perdu dans l'onde. Sans un bruit, le jeune homme vint s'assoir au bord de l'eau, à un mètre d'elle.
« Je ne pensais pas que tu viendrais ici », dit Ariale.
Surpris, le jeune homme mit quelques secondes à réaliser que c'était à lui qu'elle parlait. Depuis quand pouvait-elle deviner sa présence ? Lui et ses frères avaient pourtant toujours réussi à la surprendre, tant ils étaient silencieux !
« Comment tu savais que j'étais là ? »
« Ton reflet dans l'eau », mentit Ariale. Comment pourrait-elle lui dire que c'était grâce aux cellules de Jenova en elle qu'elle avait ressenti sa présence dès qu'il avait franchi la porte de la serre ?
« Qu'est-ce qui t'arrive ? Pourquoi tu m'évites depuis que tout est fini ? » demanda Kadaj en venant s'asseoir plus près d'elle.
« Je ne t'évite pas ! C'est juste que tant de choses se sont produites ce dernier mois… et j'ai du mal à me faire à l'idée que tout est fini, maintenant. »
« Tu te sens différente de nous parce que tu n'as plus de pouvoirs ? »
Ariale serra les dents. Il n'avait pas si tort que ça sur ce point. Depuis que les esprits l'avaient quittée, la jeune fille ressentait une étrange solitude en elle. Mais elle se consolait en pensant au fait qu'il y avait une autre vie elle maintenant, qui grandissait. Pourtant, c'était dur de se faire à l'idée qu'elle ne pourrait plus nager comme une sirène, faire pousser des plantes, fusionner avec l'air pour parer des attaques… En plus, à Providence, tous les terriens avaient des pouvoirs sauf elle. Mais pour rien au monde, Ariale n'aurait voulu qu'on lui fasse une injection Mako.
Au moins, son asthme n'était pas réapparu. Et ça, c'était parfait. Alors non, elle ne voulait aucun changement.
« Ce n'est pas ça qui me tracasse. »
« Alors qu'est-ce que c'est ? Si c'est pour Rufus et ses Turks, mes frères sont partis régler leur compte, tu n'as pas à t'en faire. »
« Je ne pensais même plus à eux depuis longtemps », dit la jeune fille dans un soupir.
« Alors qu'est-ce qu'il y a ? Dis-le-moi ! »
Ariale plaqua brusquement la main sur sa bouche et se pencha en avant pour vomir.
Surpris, Kadaj la regarda rendre son petit-déjeuner avec inquiétude. Oh non ! Elle était encore malade ?
« Tu aurais dû rester plus longtemps au lit ! Bouge pas, je vais chercher Hankle », dit-il en se tournant vers le chemin de la sortie.
« Kadaj, non ! Attends ! Je ne suis pas malade ! »
« À d'autres ! Regarde-toi, tu es toute pâle ! »
« Je te dis que c'est pas ça ! » hurla Ariale.
« Alors qu'est-ce que c'est ? » explosa le jeune homme.
« Je suis enceinte ! Voilà ce que c'est ! »
Ça y est, elle l'avait dit ! Elle attendit sa réaction avec inquiétude. Mais le jeune homme ne parut pas aussi surpris ni choqué qu'elle l'avait craint. Il parut plutôt… contrarié ?
Son visage affichait de la tristesse.
« Oh… Je vois. Et de qui ? »
De qui ? Quelle question, de lui, voyons ! Elle le lui dit, mais il secoua négativement la tête avec un calme qui la désarçonna plus encore.
« C'est impossible. Tu ne peux pas être enceinte. De moi, je veux dire. »
« Quoi ? Mais enfin, tu… »
« Cet enfant ne peut pas être de moi, Ariale. »
« Explique-toi. »
« Quand Hojo crée des spécimens d'expérience, la première chose qu'il fait est de les rendre stériles, pour avoir le contrôle des ''effectifs'', comme il dit. Ni moi ni mes frères ne pouvons donc avoir d'enfants. C'est aussi une mesure de sécurité pour éviter que la population ait une raison supplémentaire de se plaindre des expériences de la Shinra. Je ne t'en avais jamais parlé parce que je pensais que tu n'aurais pas envie d'en avoir un, surtout après ce qui t'était arrivé, j'avais peur que tu ne veuilles pas revivre ça, encore moins avec quelqu'un comme moi. Tu ne peux pas être enceinte à cause de moi. »
Et il croyait aussi qu'elle l'avait trompé avec un autre homme, comprit la jeune fille.
« Kadaj, je t'assure que je ne t'ai pas trahi. Tu me connais, voyons ! »
« Je ne sais pas comment tu es enceinte, mais je suis sûre d'une chose : je ne peux pas être le père de cet enfant ! »
Il se dirigea vers la sortie de la serre, mais Ariale l'arrêta à mi-chemin. Doucement, elle lui prit la main.
« Écoute, ça fait un bout de temps que je suis enceinte, et les dates coïncident avec le début de notre relation. Ce bébé est le tien, et il a tes cellules, donc aussi celles de Jenova. C'est ce qui m'a sauvé la vie et empêchée de mourir. Tu dois donc pouvoir le sentir, comme lorsque tu sens la présence de tes frères. »
Le jeune homme poussa un soupir dépité. Pourquoi s'obstinait-elle ? Ariale lui serra plus fort la main et ferma les yeux. Soudain, elle sentit le jeune homme se raidir. Il poussa un juron, puis se tourna vers elle et regarda son ventre. En effet, maintenant qu'elle en parlait, il avait machinalement tenté de sentir de l'ADN de Jenova en elle et il l'avait senti. Elle en avait en elle.
Il posa la main sur son ventre et ferma les yeux pour mieux se concentrer. Puis il rouvrit les yeux et prit un air hébété.
« C'est une fille… »
« Quoi ? Comment tu l'as senti ? »
« Et un garçon ! »
Ariale écarquilla les yeux. Comment ça ? Une minute… Des jumeaux ?
Elle ne put lui poser une question de plus. Le jeune homme la serra fort contre elle avec l'air fou de joie.
« Comment c'est possible ? » demanda-t-il.
« Peut-être les cellules de Jenova ? Tu ne m'as pas dit qu'elles avaient un pouvoir de régénération ? Si elles m'ont sauvé de la mort, pourquoi ne réparent-elles pas aussi certains dégâts que Hojo a infligés à ses porteurs ? »
En effet, ça se tenait. Les jeunes gens demeurèrent enlacés un moment devant la porte. De l'autre côté, les deux têtes dans les pots géants émirent un petit reniflement ému.
XxXxXxXxXxXxXxXxX
« Sans rire, ils se cachent là-dedans ? » dit Diego, ahuri.
Aéryn les avait téléportés sur la plage de Costa Del Sol, devant une villa au sommet d'une falaise surplombant l'océan.
« Moi, j'les comprends ! Le climat est super, et y'a plein de jolis garçons », dit Mégane en lançant un regard à un homme bien bronzé qui lui faisait signe depuis un bar, au bord de la plage.
« Bon, allons-y ! » dit Patrick en dégainant une dague.
« Woh, woh ! Allez-y mollo ! Y'a plein de monde sur cette plage, j'vous signale ! » dit Mégane.
Mais tout le monde avait soit un journal sur la tête soit les yeux fermés pour mieux profiter du soleil.
Le groupe arriva bientôt au pied de la falaise. Une clôture de barbelés électrifiés leur barrait la route, néanmoins. Megane activa son pouvoir pour aspirer l'énergie de la clôture, permettant ainsi à tout le monde de passer.
Bientôt, tous se tinrent devant la porte d'entrée de la villa. Curieusement, elle était ouverte. Sephiroth n'aimait pas cela, ça sentait le piège.
« Megane, tu peux ralentir l'espace autour de nous pour qu'on ait un avantage sur l'ennemi ? » demanda l'ex-Général.
« Euh… Sans problème », dit la jeune fille.
Elle ferma les yeux, puis tendit ses mains dans les airs. Un halo rouge se forma autour, puis se répandit dans l'air autour d'eux sans pour autant les toucher. L'air parut soudain lourd, les plantes semblaient évoluer dans une espèce de glu invisible.
« Diego, rends-toi invisible. Si on a des ennuis, tu interviendras », continua Sephiroth.
Le jeune terrien acquiesça puis ferma les yeux à son tour et disparut.
« Vous autres, tenez-vous prêt », finit le Soldat en dégainant Masamune.
Arme à la main, tous franchirent la porte. Ils déambulèrent à travers un grand couloir en verre où trônaient de nombreuses plantes.
Ils se dispersèrent, chacun fouillant une des multiples pièces de la villa. Patrick fut le premier à trouver un Turk : Tseng. Il gisait par terre, un liquide grisâtre s'échappant de sa bouche. Yazoo en trouva un autre, Rude. Il comprit en examinant ses dents : ils avaient mordu dans une petite bille de poison coincée à un endroit stratégique de la mâchoire. L'ultime recours pour se suicider, plutôt que de tomber entre les mains de l'ennemi.
Heureusement, c'était un poison mineur et, à en juger le rythme respiratoire de l'homme, il ne l'avait pris que deux minutes plus tôt. Yazoo sortit un Antidote de sa poche et le lui fit avaler. Puis il décrocha son PHS et prévint les autres.
Tous accélérèrent les recherches et finirent par trouver les autres Turks et à leur faire boire un Antidote standard à temps.
Mais Reno n'était pas là. Curieux. Sephiroth se dirigea à l'étage, devant la porte du bureau de Rufus. Il inspira profondément, puis ouvrit la porte et entra, Masamune tenue contre son épaule, prêt à frapper.
Mais il n'y avait personne. Pourtant, il sentait une présence !
« Comme on se retrouve, Sephiroth. »
L'ex-Général se retourna lentement. Rufus se tenait devant lui, son fusil à la main.
« Tout est fini. Grâce à votre chère amie, vos frères, Avalanche et vous-même, j'ai perdu le dernier moyen qui m'aurait permis de retrouver le pouvoir et le contrôle sur cette planète. »
« Tu peux encore te racheter. Si tu te rends, le WRO te gardera en vie. »
Rufus haussa un sourcil surpris.
« Depuis quand crois-tu que les péchés peuvent être pardonnés ? »
« Depuis que j'ai aidé une jeune terrienne à trouver quatre esprits et à sauver le monde », dit-il, tout en prenant conscience lui-même du changement qu'Ariale avait exercé sur lui.
Rufus émit un léger rire méprisant.
« Mon pauvre Sephiroth, tu es aussi naïf qu'autrefois, c'en est pathétique ! Jamais je ne me rendrai. Et si je dois partir, alors ce sera la tête haute ! »
Avec une vitesse surhumaine égalant celle de Loz, il tira. Sephiroth reçut une balle qui fit exploser l'une de ses épaulettes.
Il tenta une attaque, mais Rufus tendit la main à nouveau. Une étrange boule de masse noire et gluante se colla sur la blessure de l'ex-Général, puis il disparut. La porte du bureau se referma. Le jeune homme serra les dents et émit un flot de jurons. Ce satané ex-président avait des pouvoirs vraiment énervants !
Il essaya de détacher la boule de saleté de sa plaie, mais rien à faire. Il réalisa soudain que cette chose bloquait ses pouvoirs et aspirait sa force !
Soudain, Sephiroth perçut un sifflement. Il regarda les murs et s'aperçut que des trous s'étaient ouverts, laissant un gaz en sortir pour envahir la pièce.
Le jeune homme courut à la porte et frappa dessus, essayant de l'ouvrir avec son sabre. Mais le bois recouvrait une couche de mithril ! Décidément, ce type avait tout prévu.
Furieux, Sephiroth regarda autour de lui, puis vit une boîte de mouchoirs posée sur le bureau. Il en saisit plusieurs qu'il roula en boule et mit sur son nez.
Il courut vers la fenêtre et tenta de les faire éclater, mais elles aussi étaient renforcées. Si seulement il avait eu toute sa force ! Il allait donc mourir comme ça, faible et empoisonné ?
Soudain, il se souvint d'Aéryn. Le jour où il l'avait sauvée, elle lui avait dit que si elle avait besoin de son aide, il n'aurait qu'à crier son nom, et elle arriverait, qu'importe dans quelle dimension elle se trouvait.
Risquant le tout pour le tout, il ôta le paquet de mouchoir de sa bouche et cria le nom de la jeune femme. Il ne se passa rien. Il recommença en hurlant cette fois, puis fut saisi d'une violente quinte de toux. Il se pencha en avant et vit du sang tomber sur le sol, tandis qu'un goût de fer envahissait sa bouche.
Il tomba à genoux en gémissant. Le poison lui brûlait les poumons, et sa blessure ne guérissait même pas ! Soudain, il vit le parquet en bois ciré disparaître, laissant place à un blanc lumineux familier.
Il ne put lever les yeux, mais il vit les bras fins d'Aéryn se poser sur ses épaules.
« Que vous est-il arrivé ? » demanda la jeune femme.
« Poison », souffla Sephiroth.
Aéryn comprit et se leva alors pour se remettre à danser. Sephiroth n'y comprit rien. Pourquoi faisait-elle ça ? Mais soudain, il sentit la douleur disparaître. Sa vue se fit plus nette.
Le poison le quittait. Aéryn expulsait de cette dimension le poison présent dans son organisme.
Enfin, il sentit la douleur disparaître. Les cellules de Jenova commençaient déjà le guérir.
Soulagé, il s'assit en tailleur et reprit son souffle. Aéryn s'arrêta de danser puis s'agenouilla devant lui.
« Il faut que je vous ramène. Mais il y a un problème. »
« Quoi ? » demanda Sephiroth.
« Cette chose noire. Elle bloque vos pouvoirs et les miens aussi. Je sais ce que c'est, plusieurs terriens en ont reçu aux laboratoires, pour les mettre en difficulté et les pousser à utiliser leurs pouvoirs avec plus de force. Il faut que vous arrêtiez de penser à quoi que ce soit, si vous voulez l'enlever. »
Sephiroth fronça des sourcils. Faire le vide ? Arrêter de penser ? Mais cette chose lui collait à la peau, sa blessure lui faisait mal, il devait repartir, les autres allaient sûrement avoir besoin d'aide contre Rufus, il restait Reno aussi, et… Bon, il allait essayer.
Il poussa un soupir et ferma les yeux. Rien à faire. Quand il arrêtait de penser à quelque chose, un autre sujet venait assaillir son esprit.
« Non, j'y arrive pas », dit-il.
Aéryn le regarda quelques secondes puis soudain, elle prit son visage entre ses mains et l'embrassa. Sephiroth se figea seulement deux secondes avant de poser ses mains sur le cou de la jeune femme et l'attirer contre lui afin d'approfondir le baiser.
Aussitôt, la masse noire glissa de sa veste et tomba au sol. Des tentacules en jaillirent, un petit cri d'animal mourant résonna, puis l'horreur disparut dans un nuage de fumée.
Les jeunes gens restèrent ainsi quelques instants, à s'embrasser, jusqu'à ce que le manque d'air les oblige à s'éloigner. Aéryn voulut reculer, mais Sephiroth passa les mains autour de sa taille et l'attira contre lui en enfouissant son visage dans le cou de la jeune femme. Celle-ci se laissa faire avec un léger sourire. Depuis combien de temps en avait-elle rêvé ?
Sephiroth finit par ouvrir les yeux et s'aperçut qu'ils étaient réapparus tous les deux dans le bureau de Rufus. Mais le poison avait disparu, l'air était à nouveau respirable, et il n'avait plus cette saleté noire sur lui.
Intrigué, il se tourna vers la porte. Celle-ci s'ouvrit, et Reno apparut.
« Voilà, je… Oh ! »
Il croisa les bras.
« Le boss veut vous tuer avec du poison et vous pensez qu'à ça ? Tsss, et on dit que je suis qu'un coureur de jupons sans professionnalisme ! »
Sephiroth roula des yeux, puis se leva en aidant Aéryn à faire de même. Il lui dit de retourner dans une autre dimension. La jeune femme hésita, puis obéit. Sephiroth regarda sa grâcieuse silhouette s'effacer dans le vide, puis se tourna vers Reno.
« Je peux savoir pourquoi tu as fait ça ? Tu aides, maintenant ? »
Reno se retourna avant de répondre :
« Je paie juste ma dette envers la gamine… Cherchez plus le patron, il va mourir. »
« Comment ça ? »
« Les gènes des terriens ! Il s'en est aperçu hier, un médecin de la ville est venu lui faire un check-up et a découvert une incompatibilité d'ADN. »
Reno fit volte-face, puis dit : « Moi et mes collègues n'avons plus de boulot, maintenant. »
Sephiroth allait répondre, quand le bruit d'un hélicoptère retentit. Par les fenêtres de la villa, il vit l'engin atterir et des hommes du WRO en sortir pour entourer le bâtiment. En effet, c'était fini.
XxXxXxXxXxXxX
Une petite fille brune de cinq ans et demi se tenait au bord de la rivière bordant Providence. Elle jouait avec une poupée Barbie de sirène. D'après sa mère, il s'agissait de la Princesse Ariel, un conte de fées de sa planète, la Terre.
Soudain, un éclat de voix retentit.
« Crysta ! Tu es où ? »
« Ici, papa, j'arrive ! » dit l'enfant.
Elle se leva, puis courut jusqu'au jardin de la maison. Son père, Kadaj, l'attendait sur le pas de la porte. En la voyant courir vers lui, il se pencha, la saisit sous les aisselles puis la fit tournoyer un instant au-dessus de lui avant de la caler contre lui pour la porter confortablement.
« Alors, prête pour ton premier jour d'école ? »
L'enfant prit l'air boudeur.
« J'veux pas y aller, les autres enfants vont se moquer de moi ! »
« Allons ! Pourquoi ils feraient ça ? »
« Ben, mes cheveux, et mes yeux ! »
Kadaj soupira. Si l'on regardait Crysta de plus près, on pouvait voir une petite mèche d'argent sur le devant de sa tête. Et parfois, quand elle se concentrait ou s'énervait, on pouvait voir ses pupilles s'étrécir comme celles d'un chat. Le fait qu'elle soit l'enfant d'une terrienne et d'une personne de Gaïa n'arrangeait pas beaucoup les choses, mais les habitants avaient évolué en six ans, depuis que tout avait pris fin.
« Je te promets que ça se passera bien, ma puce. Ton frère sera là, et puis tu sais qui est le professeur d'histoire et géographie de Gaïa à l'école ? »
« Non ? »
« C'est ton oncle, Sephiroth ! Et son fils Zack sera dans ta classe. Alors ne t'inquiète pas. »
La fillette retrouva le sourire.
« Alors, vous êtes prêts ? » dit Ariale.
Crysta et son père tournèrent la tête vers la porte. Ariale en sortait, tenant par la main un petit garçon aux cheveux argentés qui sautillait, l'air tout excité.
« On va aller à l'école ! On va aller à l'école ! » chantonna l'enfant.
« Du calme, Danny ! »
« À tes ordres, maman ! » dit l'enfant en se mettant au garde-à-vous.
Soudain, quelque chose remua dans la poche avant de la chemise du petit garçon. Ariale fronça des sourcils.
« Danny, tu ne vas quand même pas emmener Frognon ? »
« Quoi ? Oh, maman, s'il te plaît ! » dit l'enfant en joignant les mains.
« Non ! On ne peut pas amener d'animaux à l'école, voyons ! »
« Mais… C'est la journée Les animaux & nous, aujourd'hui, dans l'après-midi ! »
« J'veux venir ! » plaida la boule de poils roses en sortant de la poche du garçon pour supplier Ariale du regard.
« Et y'a un garçon, Bobby, qui amènera un oiseau autruche gris, un Levrikon ! » dit Crysta.
Kadaj fit la grimace. Ces bestioles étaient peut-être fascinantes mais elles sentaient mauvais !
Ariale fit la moue. Bah, après tout, c'était mieux que des poissons rouges chanteurs. Tiens, maintenant qu'elle y pensait, elle n'avait jamais rendu à ceux de Marlène et Denzel leurs capacités de poissons ordinaires. Mais personne ne s'en était plaint.
Finalement, Kadaj se pencha pour ébouriffer les cheveux de son fils en lui disant que c'était d'accord, il pouvait emmener Frognon. Les parents se mirent en route à travers la ville, leurs enfants marchant à leurs côtés.
Arrivés devant l'entrée de l'arène faisant office d'école, ils aperçurent Aéryn qui arrivait depuis une autre rue, avec un petit garçon aux cheveux bruns ébouriffés. Elle leur fit un signe auquel ils répondirent avec le sourire.
Une fois les enfants entrés dans l'école avec les autres, les parents prirent ensemble la route de la serre. Ils passèrent devant le stade où les terriens venaient quotidiennement apprendre les arts martiaux que leur enseignait Loz avec l'assistance de Patrick. Yazoo dirigeait la section magie avec l'aide de Megane et Diego.
Ariale, Aéryn et Kadaj s'occupaient des visites diplomatiques qu'Avalanche faisaient souvent en venant ici.
Cela faisait cinq ans que les choses se déroulaient sans anicroche. Tout était pour le mieux désormais.
XxXxXxXxXxXxXxX
Cissnei ferma son casier et se prépara à sortir quand elle vit l'espace changer autour d'elle. Zack lui apparut, souriant.
« Salut ! »
« Pitié, ne me dis pas qu'après cinq ans de paix, je dois encore retourner sur Gaïa ! » dit la jeune femme.
« Quoi ? Oh non ! Je venais juste te passer un dernier petit coucou. Mais dis-moi, tu sais que tu me vois sans effort ? »
Cissnei sourit. Oui, elle voyait Zack naturellement, sans changement d'environnement, dans les couloirs du stade.
Sans doute le bébé qu'elle attendait de Stan avait-il hérité de ses pouvoirs de médium car depuis, elle voyait pas mal de gens qui semblaient surpris qu'elle les voie aussi aisément.
Lorsque tout avait fini par s'arrêter, après la fouille de la villa de Rufus, Aéryn les avait ramenés sur Terre, elle et Stan. Ils avaient pu reprendre leur relation là où elle s'était arrêtée.
Soudain, un coup de klaxon résonna dehors.
« Ah, mon fiancé m'attend ! Bye, Zack ! »
« Bonne chance », dit-il, en la regardant s'éloigner.
Une fois qu'elle eut disparu au bout du couloir, son image s'effaça.
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Sephiroth gravit les marches menant au centre de l'arène puis se tourna vers les gradins où des enfants d'âge différent se tenaient.
Il examina les enfants du regard, et sourit en voyant que les jumeaux d'Ariale et Kadaj étaient assis à côté de son fils Zack.
« Bon, quelqu'un peut me dire où nous en étions, la dernière fois ? »
Une fillette blonde leva la main.
« Oui, Morgane ? »
« Aux fouilles des mines du Da Chao ! »
« Exact ! Alors aujourd'hui, avant de poursuivre, je vais résumer, pour les nouveaux… »
Crysta écoutait comme les autres, quand soudain, elle sentit son jumeau lui donner un coup de coude. Elle se tourna vers lui. Il lui fit signe de regarder sur la gauche de Sephiroth.
Au fond de la scène, dans l'ombre, nul n'avait vu une mystérieuse silhouette humaine qui scrutait les enfants.
Ils ne purent s'empêcher de frissonner devant les yeux glacés qui les fixaient. Encore un fantôme ! Ils en voyaient depuis leur naissance, un effet sans doute des esprits qui avaient habité le corps d'Ariale alors qu'elle était à peine enceinte.
Ce fantôme-là était différent, tout de même. Il portait un costume de bureau blanc et ses cheveux blond pâles se balançaient sous la brise d'un vent inexistant.
Les jumeaux se prirent la main, fermèrent les yeux puis firent un vague salut au fantôme.
Celui-ci cligna des yeux avec surprise, puis disparut dans un nuage de filaments verts.
Soulagés, les jumeaux se tournèrent vers leur professeur qui posa une question :
« Quelqu'un peut maintenant me dire qui est la reine de Wutaï, actuellement ? »
Les enfants levèrent la main et répondirent ensemble : « Youffie Kisaragi ! »
« Exact ! Maintenant, nous allons aborder le sujet du dirigeant à l'époque de la guerre, le seigneur Godo… »
Les jumeaux sortirent leurs cahiers de la poche de leurs vestes, puis se mirent à écrire avec les autres.
Soudain, un doux vent fit s'agiter les feuilles de leurs cahiers. Ils sourirent en reconnaissant le parfum de fleurs qui régnait dans l'air.
« Rufus est bien arrivé dans la Rivière de la Vie. Bien joué, les jumeaux ! »
« On a un bon professeur, Aéris », souffla Danny.
« On a des bons professeurs, frérot ! » corrigea Crysta.
Les enfants émirent un petit rire étouffé, puis se mirent à noter la leçon qu'énonçait Sephiroth.
Cela faisait cinq ans et demi que la paix régnait sur Terre et sur Gaïa. Tout était donc pour le mieux.
FIN
