Rogue avait beaucoup pensé aux conséquences des gestes de Vernon Dursley sur Harry. Cet homme ne devait pas demeurer impuni, mais Harry devrait confronter le système judiciaire, et il n'avait aucune preuve matérielle, la loi moldue ne leur serait d'aucune utilité à moins de réussir à glisser du Veritaserum dans le verre de Vernon, mais encore là l'entreprise était risquée et les chances de réussir étaient très minces. Il est vrai que si un des membres de la famille Dursley avouait, en confirmant les dires de Harry, cela serait fort simple, mais ceci ne risquait pas réellement de se produire. Personne n'allait avouer. Il restait toutefois une solution : la loi des sorciers, mais Rogue n'était pas persuadé que cela serait plus simple pour Harry, à la limite, cela serait davantage éprouvant. C'était son dernier cours de la journée et Harry était dans cette classe, un peu avant que la cloche annonce la fin du cours, Rogue annonça.

− Potter, restez après la classe.

− Oui père, fit Harry sans grand enthousiasme.

Hermione le questionna du regard et il lui murmura quelque chose comme « Je ne sais pas plus que toi ce qu'il me veut, je n'ai rien fait de mal pourtant ». Le cours se termina, la classe se vida tout aussi rapidement qu'habituellement. Il est assez drôle de voir la lenteur avec laquelle les élèves entraient dans la classe et la fureur avec laquelle ils en sortaient. Même le plus imbécile des imbéciles auraient comprit qu'il valait mieux quitter le plus rapidement possible surtout si nous étions de Gryffondor, afin d'éviter un « moins 30 moins pour Gryffondor! ». Harry s'avança vers le bureau de son père, ce dernier se rongeait l'ongle du pouce nerveusement en corrigeant des copies d'élèves. Ceci n'était pas bon signe, vraiment pas, lorsque Rogue se rongeait les ongles cela signifiait qu'il pensait à quelque chose qui le tracassait beaucoup.

− Père, fit Harry faiblement, vous vouliez me voir?

− Apparemment, répondu Rogue toujours aussi sarcastique, assoyez-vous, je termine ceci et je suis à vous.

Harry prit place et attendit, c'était affreusement long et cruel comme attente. Harry commençait à sentir les effets d'une trop grande charge de stress, mais heureusement pour lui, Rogue rangea ses copies.

− Jeune homme, fit-il, j'ai longuement discuté avec le professeur Dumbledore, j'ai longuement réfléchi aussi ces derniers temps, et je crois que nous devrions porter plainte contre votre oncle pour ce qu'il vous a fait subir.

Harry était devenu aussi pâle que la neige, aussi secoué qu'un tremblement de terre.

− P-P-Père… vous... vous ne pouvez pas me faire cela, je ne peux pas voir oncle Vernon, je ne veux pas le voir encore, laissez les choses comme cela je vous en supplie. Nous avons aucune preuve contre lui, nous perdrons de toute façon….

Harry pleurait maintenant, traumatisé d'avoir à confronter celui qui avait ruiné sa vie, celui qui était supposé le protéger et qui avait fait de lui un petit esclave, un objet sexuel même.

− Allons, Harry (ouf, pensa-t-il, je l'ai dit, merde que ça peut être difficile!) venez dans mon bureau, nous allons discuter plus confortablement, voulez vous?

− D'accord, père, répondit Harry en faisant aussi un léger signe de tête.

Ils s'installèrent sur un divan dans le bureau de Rogue. Rogue fit signe à Harry de se coller. Il prit l'enfant par l'épaule et tenta de le sécuriser.

− Je dois vous expliquer deux options que nous avons, en fait nous en avons trois, mais je préfère ne pas envisager la dernière. Je veux que vous m'écoutiez sans m'interrompre, après vous pourrez me poser toutes les questions que vous avez en tête, compris?

− Oui, père.

− Bien. La première option, commença Rogue lentement, est de se référer à la police moldue. Le problème est que nous n'avons aucune preuve comme vous me l'avez mentionné. Vous ne seriez pas obligé de témoigner devant votre oncle, car vous êtes un mineur, vous ne serez pas obligé de le voir pour la même raison. Par contre, ce sera votre témoignage contre le sien. Je pourrais vous donner du Veritaserum pour que votre aveu soit plus facile, mais pour mettre toutes les chances de notre côté, il faudrait aussi mettre la même potion dans le verre de votre oncle, ainsi il dirait la même chose que vous, puisque cela serait la vérité. Le problème avec cette « technique » c'est que votre oncle refusera de prendre un liquide venant de vous ou de moi et qu'il serait très risqué de se faire prendre, s'ils venaient à avoir des doutes, ils pourraient prendre des prises de sang et remarqueraient la présence d'une substance inconnue, puisque magique. Ainsi, nous aurions des problèmes avec le ministère de la magie, en plus de la justice moldue. La seconde option, est de porter plainte devant le ministère de la magie. Le Veritaserum est légal dans certains cas, lors de procès et le serait dans le cas du vôtre, le problème avec cette option c'est que vous ne pourriez pas être isolé de votre oncle, vous allez être dans la même pièce que lui pendant tout le procès. Ce qui est un peu embêtant. Après son procès, votre oncle serait sûrement envoyé à Azkaban. Enfin, j'imagine. La troisième possibilité serait que j'aille rendre une petite visite à votre oncle, mais là encore je risque d'avoir des ennuis, car je ne suis pas sûr depouvoir me contrôler devant cette ordure! Qu'en pensez-vous?

− Umm, je crois que la dernière option est vraiment à éviter, vous ne méritez pas d'avoir des troubles pour lui. Je crois qu'entre les deux qu'il reste, la seconde est la meilleure, nous pourrons à coup sûr faire avouer légalement mon oncle, même si je dois témoigner face à lui. Par contre je vous donne seulement mon opinion, mais cela ne veut pas dire que j'accepte de témoigner. Père, comprenez-moi, je n'ai pas envie de revivre tout cela encore, puis d'avoir la pression du regard de mon oncle, de ma tante et de mon cousin et de me retrouver encore une fois à la une des journaux. Tout le monde va savoir ce qu'il ma fait, je vais en mourir de honte.

− Premièrement, l'histoire ne sera pas diffusée car cela sera un secret très bien conservé, de plus ils ne pourraient pas direvotre nom dans les journaux carvous êtesmineur et s'ils le font j'irai lancer un Oubliette sur tous ceux qui auront lu l'article. Mais je comprends votre hésitation et je respecte voter choix, mais sachez que vous avez besoin de faire le point sur cela une fois pour toute. Et peut-être que votre action pourrait empêcher votre oncle de recommencer.

− Est-ce que je peux y penser et vous donner ma réponse au début des vacances d'été.

− Bien sûr, Harry.

− Père, j'aime que vous m'appeliez par mon prénom.

− Sachez que je le fais au prix de grands efforts.

− Oui, je le sais.

− Admettons que tant que vous ne vous mettez pas dans le trouble je vous nommerai Harry ou M. Harry, comme mes enfants, mais si vous êtes dans le trouble alors ne soyez pas surpris que je vous nomme Potter ou M. Potter.

− Bien sûr, père. Je peux aller sur le terrain de Quidditch, j'aimerais m'entraîner?

− Oui, allez-y Harry, mais faites attention et revenez à l'heure pour le souper.

− Oui, père.

Harry quitta le bureau de son père et se dirigea vers les appartements de ses parents. Il s'habilla assez chaudement, car même si le mois de mai avait débuté récemment, il faisait froid à l'extérieur. Il passa par la tour de Gryffondor pour voir si Ron voulait l'accompagner, ce dernier accepta. Rendu à l'extérieur, Harry remarqua qu'il avait oublié de laisser sa baguette à l'intérieur, il devrait se pratiquer avec, car il ne l'aurait jamais laissé sur un banc, sans surveillance.

− Harry, as-tu vu Hermione aujourd'hui?

− Oui, je l'ai vu dans les classes, pourquoi?

− Non, je veux dire après le dernier cours, l'as-tu vu?

− Non.

− Je l'ai cherché partout, elle n'était nulle part, j'ai regardé à la bibliothèque, dans le dortoir des filles, dans la grande salle, à la volière, dans la tour de Gryffondor et même dans la salle des professeurs, elle n'était pas là.

− As-tu été voir chez Hagrid?

− Non, avoua Ron, allons-y, d'accord?

− Ouais, c'est étrange.

Ils descendirent de leur balai, allèrent le mettre en sécurité et se dirigèrent vers la cabane d'Hagrid, rendu près de leur destination, Harry commença à avoir mal à sa cicatrice, il se sentit dériver vers la forêt interdite, il résista, mais cette fois-ci, il en n'était pas capable, même Ron semblait soumis au sort.

− Ron, as-tu ta baguette?

− Ouuuuaiiiis, dit Ron totalement effrayé.

− Tout cela à un petit goût de déjà vu, je pense que je vais encore voir ce stupide Voldemort aujourd'hui.

Au son de ce nom, Ron devint encore plus pâle et fit une grimace horrible, Harry ne s'en inquiéta pas, sachant que son ami réagissait mal à entendre ce nom. Les deux amis s'armèrent de leur baguette et s'engagèrent dans la forêt. La cicatrice de Harry brûlait de plus en plus et il tentait vainement de faire disparaître la douleur. Harry avait déjà vu cette scène, mais il n'arrivait pas à se rappeler où c'était, il y pensait fortement lorsque soudain il se rappela, c'était dans l'un de ses derniers rêves, lorsqu'il avait vu Voldemort derrière un arbre. Ils avancèrent, sans avoir la moindre idée de ce qu'ils s'apprêtaient à faire.

− Ron, fit Harry tout à coup en sentant que l'attraction était moins forte, fais tout ce que tu peux, résistes au charme et sort de cette forêt, va prévenir Dumbledore, McGonagall, père, ou Flitwick, si tu y tiens, mais avertie quelqu'un, je vais rester ici et continuer le chemin, ne t'inquiète pas pour moi, il ne m'a pas tué les trois premières fois, il ne se débarrassera pas de moi aussi facilement. Je sais que sortir d'ici va être difficile pour toi, tu devras contrer le sort, mais concentre-toi sur quelque chose d'autre. D'accord?

− Ouais, mais toi…fais attention Harry…

Ron commença à faire demi tour, souffrant chacun de ses pas, Hary s'en voulait à mort de faire subir cela à son ami et lui cria un « Je m'excuse Ron, mais c'est la seule solution! », Ron lui répliqua de ne pas s'inquiéter. La forêt devenait plus dense, la multitude d'arbres laissaient de moins en moins de lumières pénétrer à travers leurs branches, soudain Harry vit une silhouette allongée par terre, sa cicatrice brûlait toujours, mais Harry avait finit par s'accoutumer à la douleur, comme si à force d'avoir mal, son corps s'était rebellé, engourdissant ainsi ce qui gênait ses actions actuelles. Harry approchait de la forme humaine, lentement, faisant attention à où il mettait les pieds et à ce qu'il y avait autours de lui. La forêt était tellement calme, trop calme, pensa-t-il. Il était maintenant à quelques pas de la forme lorsqu'il la reconnue,

− Hermione, dit-il doucement.

Elle avait l'air plongé dans un profond sommeil. Il parvint jusqu'à elle, tâta son pouls et fut soulagé de la savoir encore en vie. Mais que diable faisait-elle dans cette forêt? La même chose que toi tête vide, lui lança sa conscience toujours aussi courtoise. Il l'a prit dans ses bras, l'installa de manière plus confortable et constata qu'elle était glacée, il prit son manteau et le déposa sur elle, il jeta aussi quelques sorts pour la garder au chaud, puis finalement il fit une barrière magique autour d'elle pour la protéger de la majorité des bêtes et autres créatures magiques. Il commença à inspecter les environs, il ne voyait rien, il n'entendait toujours rien et il se dit que s'il ne faisait rien il était pour mourir de froid ou mourir d'un charme stupide car quelqu'un l'aurait bêtement surpris par derrière. Il avança un peu plus et là il vit. Il vit la douzaine de mangemorts avec leurs cagoules, postés comme des canards derrière leur maître. Pettigrew s'accrochait toujours aux basques du dit maître et semblait plus nerveux que jamais.

− Harry Potter, fit Voldemort de sa voix creuse et lourde.

− Quoi Tom Elvis Jedusor?

− Tu m'impressionnes, Potter, il a fallu que 12 de mes fidèles s'unissent pour réussirent à te faire soumettre à l'Imperium.

− Je ne dois pas avoir une tête à obéir, alors!

− C'est le moins que l'on puisse dire.

− Qui vous a redonné votre forme humaine?

− Celui qui est venu me retrouver en premier, mon cher Petter Pettigrew, il m'a fait l'offrande de son bras et grâce à des potions compliquées et des incantations noires, j'ai réussit à réintégrer le corps que tu m'avais prit!

− Ben, vous n'aviez qu'à ne pas tenter de vous attaquer à un bébé, c'était lâche et vous avez bien été puni pour cela, vous n'êtes qu'un idiot de première, Serpentard, qui plus est.

− Comment oses-tu?

− Je ne vous dois rien! ABSOLUMENT rien, c'est plutôt l'inverse, vous me devez quelque chose, quelque chose que vous ne pourrez plus jamais me donner. Vous m'avez volé la vie de mes deux parents, mais je ne suis pas le seul, vous l'avez fait pour beaucoup, allant même jusqu'à tuer aussi les enfants.

− Brave petit Gryffondor, c'est bien, vide-toi le coeur avant de mourir!

− Je ne pense pas que je vais mourir ce soir, Voldemort. Je vous propose un duel!

− Bien, alors, tu es plus stupide que je ne l'aurais imaginé.

− Mais dites à vos sbires sans cervelles, Malefoy, Goyle, Crabbe et compagnie qu'ils ne devront pas intervenir, ceci est entre vous et moi et a toujours été entre vous et moi, alors personne ne s'interpose! En passant, Voldemort, j'aurais moi-même imaginé vous voir plus intelligent, franchement, ces mangermorts pourraient très bien être remplacés par des elfes de maisons, au moins vous seriez persuadé qu'ils vous obéissent. Il me semble que votre groupe est bien petit ce soir. Vous ne ferez pas le poids longtemps.

− Mais bien sûr, ce combat se déroulera entre nous deux. Et ne te fies pas à la quantité mais à la qualité, Potter, mes serviteurs valent bien des aurores!

− C'est vous qui le dites! Crabbe et Goyle ne sont bons qu'à reluquer les jupes de Lucius Malefoy, Pettigrew, on n'en parle même pas, je m'en servirais, à la limite comme brosse à ongles et là, c'est tout juste, alors si c'est ça votre armée, alors le jeu peut bien commencer.

Harry se sentait tellement arrogant, il ne savait pas comment il avait fait pour dire cela, tout ce qu'il savait c'était que cela lui avait fait du bien.

− Finitton petit discours, Potter? Place au duel, annonça-t-il clairement.