Chapitre LIII :

Personne ne sut ce qui s'était vraiment passé, mais la soudaine explosion qui retentit dans le dortoir de Gryffondors fit sursauter tout le monde et ébranla Poudlard. Les élèves se précipitèrent dans le dortoir pour voir ce qui venait de se passer. Pour le moment, personne ne pouvait rien distinguer, un nuage de poussière, de fumée avait envahi toute la pièce.

Est-ce que ça va ? cria une voix un peu apeurée ?

Que s'est –il passé ?

Sais pas, murmura la voix apeurée de Neville.

Tout va bien ? crièrent plusieurs élèves.

Je crois que oui, répondit faiblement Ron.

A travers la poussière, les gryffondors purent apercevoir deux silhouettes qui avançaient vers eux : Ron et Neville couverts de poussière de la tête au pieds, pâles comme des fantômes, les yeux hagards.

- Nous étions les seuls dans le dortoir, renchérit Ron. Alors je crois que tout va bien.

- Mais que s'est-il passé ici, cria une grosse voix.

Tout le monde se retourna : Hagrid venait de faire son entrée.

Par la barbe de Merlin, rugit le géant ! Ron ! Neville ! Qu'avez-vous fait ?

Rien, Hagrid, répondirent les deux jeunes gens.

Rien ? Ne serait-ce point encore une farce des Sorciers Facétieux ?

Non ! protesta Ron. Nous allions nous coucher quand il y a une explosion.

Une explosion ?

Vous n'avez rien ?

Non, non, c'est bon répondirent en chœur Neville et Ron.

Hum … Je verrai tout ça avec la directrice … Vous m'assurez qu'il ne s'agit pas d'une blague de tes frères, Ron ?

Juré !

On n'a rien fait, insista Neville.

Très bien, je vous crois ! Ne touchez à rien dans le dortoir, je pense que Minerva voudra y jeter un coup d'œil.

Je peux jeter un sort pour empêcher quiconque d'y entrer, lança soudain une voix.

Hagrid se retourna. Un grand sourire illumina son visage fatigué.

Quelle bonne idée, Hermione !

La jeune sorcière sortit sa baguette et murmura quelques paroles.

Voilà, c'est fait, plus personne ne pourra rentrer dans le dortoir jusqu'à ce que le sort soit levé.

Bon travail !

Tout en disant cela, le géant gratifia la jeune fille d'une caresse plutôt bourrue sur les cheveux. Hermione ne sembla pas apprécier cette marque de gratitude à sa juste valeur. Elle grimaça, ce qui fit sourire Ron et Neville.

Tout le monde retourne se coucher, ajouta Hagrid. Et interdiction de quitter votre dortoir ! Je vous rappelle que le couvre-feu est toujours d'actualité tant que nous n'aurons pas résolu les problèmes !

Hagrid quitta les Gryffondors. La plupart des élèves retournèrent dans leurs dortoirs, ils n'étaient pas tous très rassurés.

Devant le dortoir dévasté, Ron, Hermione et Neville restaient planté là.

Euh, s'exclama soudain Ron. Où on va dormir nous ?

Bah vous n'avez qu'à vous installer avec des Premières Années ou dans les fauteuils de la Salle Commune, rétorqua Hermione.

Mouais … maugréa Ron.

Neville s'était approché du seuil du dortoir. Il essayait d'apercevoir quelque chose à l'intérieur, mais le nuage de poussière était toujours aussi épais.

Ron regarda Hermione s'éloigner. Il grommela encore quelques paroles à son attention, mais elle ne lui répondit pas.

Puis machinalement, il fit un pas vers son dortoir, il dépassa Neville et voulut s'avancer à l'intérieur de la pièce. Mais un mur invisible le repoussa. Le pauvre Ron fut projeté de quelques mètres dans les airs et alla s'écraser au sol. Le fracas de la vieille armure qui avait amorti sa chute fit revenir Hermione en courant.

Ron ! Que t'est-il passé dans la tête ! Je viens d'ensorceler la pièce …

Mais, je pensais pouvoir aller récupérer quelque chose à me mettre sur le dos.

C'est à ce moment qu'Hermione se rendit compte que son ami n'était vêtu en tout et pour tout que d'un simple caleçon. Elle rougit violemment avant de détourner les yeux.

Débrouille-toi ! je sais pas, moi …

Super, tu jettes un sort à mon dortoir et c'est de ma faute si j'ai rien sur le dos ? Tu n'as qu'à enlever le sort pour que je puisse aller chercher ma robe de sorcier …

Je ne peux pas, j'ai fait en sorte que le sort ne se lève que lorsque McGonagal sera là …

Ron regarda Hermione bizarrement.

Toi et tes idées ! Mais où as-tu appris tout ça ? On n'a jamais vu ce genre de sortilèges …

Dans les bouquins, voyons ! Si tu avais un peu plus écouté en cours, tu auras su que le prof de sortilèges nous a conseillé la lecture d'un ouvrage intéressant, De la magie pour usage courant et moins courant par Kaly Nigellus !

Ouais super ! J'ai droit de nouveau à un cours … comme si j'avais le temps de lire les livres qu'on nous conseille !

Tu devrais !

Mouais … et ton bouquin ? Il n'y a pas une formule pour m'habiller ?

Hermione réfléchit un court instant. Les yeux de Ron s'illuminèrent quand elle acquiesça.

Super !

Je te previens que si tu n'es pas content ! La prochaine fois tu te débrouilleras tout seul !

T'en fais pas ! Hermione ! Tout sauf rester en caleçon ! Je commence à geler sur place.

Très bien.

Hermione visa Ron de sa baguette.

Un éclair violet en jaillit en enveloppa le sorcier. Une douce chaleur l'envahit.

Ah, je me sens déjà mieux ! J'ai plus froid !

Parfait alors !

Euh ? Hermione ?

Oui, répondit-elle avec un sourire innocent.

C'est normal que ça gratte ?

T'inquiète, ça va passer dans quelques instants.

Hermione ?

Oui !

C'est normal ça ?

La sorcière qui avait tourné le dos se retourna et pouffa de rire.

HERMIONE, cria Ron ! C'est pas drôle ! Je préfére rester en caleçon plutôt que comme ça ! Annule ton sort !

Je peux pas, réussit à répondre la jeune fille entre deux rires. Il s'annulera de lui-même au lever du jour …

Tu me le paieras !

Quoi ? demanda-t-elle innocemment. Tu avais froid …

Je t'avais demandé des habits … pas ça.

Neville lui aussi était mort de rire : pour une fois que ce genre de mésaventures ne lui arriva pas, il pouvait se moquer. Ron le fusilla du regard.

Le jeune Weasley était recouvert des pieds à la tête d'une épaisse toison d'un violet vif du plus bel effet. Ca et là sur les poils, il y avait d'horribles pustules vertes et jaunes.

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Quand Anae rouvrit les yeux, pendant un instant, elle se demanda ce qu'elle faisait là, par terre, au milieu des débris d'une console dans un couloir de Poudlard. Puis tout lui revint en mémoire.

Elle se releva d'un bond et parcourut des yeux le couloir : il était désert. Quelques tableaux pendaient lamentablement tandis que les personnages à l'intérieur hurlaient leur indignation.

Par terre, ça et là, il y avait quelques traînées de sang qui semblaient lui indiquer le chemin. Elle récupéra sa baguette qui gisait à quelques pas d'elle et se mit en route. Elle n'eut pas à aller très loin. Le couloir fit un coude : le principal du combat s'était déroulé là. Les armures explosées en témoignaient tout comme les meubles brisés : il ne restait plus rien d'une chaise ni de la commode. Les chandeliers qui avaient été piétinés étaient tous éteints. Le couloir était plongé dans la pénombre.

Lumos, murmura Anae.

Il n'y avait aucun bruit, mais le Minotaure pouvait être tapi dans l'ombre …

La lueur qui sortait de la baguette d'Anae avait dispersé les ténèbres. Le monstre n'était pas là.

Elle progressait lentement, du sang avait maculé le lourd tapis aux fils d'or.

Un instant, son cœur se serra, un instant seulement … Là-bas, devant elle, une silhouette allongée sur le sol. Les flaques de sang étaient encore plus nombreuses. Anae s'agenouilla et retourna le corps de Severus. Une longue balafre lui courait sur le front. Sa robe de sorcier était déchirée à plusieurs endroits, laissant voir quelques blessures, plus ou moins profonde.

Sentant une main fraîche sur son front, Severus ouvrit les yeux.

Le Minotaure, murmura-t-il d'une voix faible.

Anae le fit taire en posant délicatement son doigt sur sa bouche, comme on l'aurait fait pour un enfant.

Il n'est plus là … Il a disparu. Laisse-moi soigner tes blessures.

Severus voulut protester mais Anae ne céda pas.

Voilà, annonça-t-elle quelques instants plus tard, je crois que ça devrait aller.

Elle l'aida à se relever. C'est dans un triste état que les deux sorciers s'en retournèrent dans leurs chambres.