Merci pour vos reviews Rose-Eliade, Pims10, ElisaG, et Mathilde.

Oui, Tom a agi par instinct, Jenoxa : il fallait qu'il protège le plus faible des Horcruxes puisque, au fond, ce n'est rien d'autre que lui même. Il n'est pas très loin de venir à bout de l'énigme que lui pose Mary... Pas loin du tout, même.

Et... Je ne suis pas sûre que déplacer la dernière Tâche dans la forêt interdite soit vraiment une bonne idée. Il y a tellement plus de paramètres totalement incontrôlables que dans un labyrinthe. Effectivement, le bouclier anti-transplanage ne l'englobe pas entièrement. Tu vois les ennuis arriver ?

Oh mais si mimi70 ! C'est totalement et complètement de la triche ! Mais Mary compte là-dessus pour se faire disqualifier au cas où elle remporterait malencontreusement l'épreuve. Et puis elle ne va pas cracher sur un moyen supplémentaire de sauver sa peau au cas où.

Tu sais quoi helo10 ? J'adore les escargots. Ce sont peut -être même mes animaux préférés en fait. Alors oui, que je sache je l'ai inventé. Après c'est pas impossible qu'il y ait d'autres escargots chanteurs à quelque part.

Je crois que Mary n'en a pas fini avec l'imprudence. Mais c'est ça qui est drôle ! Ouais, Cedric se retrouve un peu dans le rôle du « méchant » finalement dans cette fic. Après ce qu'il a fait à Mary à Noël, moi non plus je ne l'aime plus trop. Pourtant j'adore les Poufsouffles d'habitude !


Et... Bonjour tout le monde ! Comment ça va ? De mon côté, c'est beaucoup mieux maintenant que je suis de retour au travail ! Plus de fac et de cours pendant 6 semaines, hourra ! Et vous savez quoi ? J'ai ENFIN réussi à prendre un peu d'avance sur mes fics en cours ! Ça faisait une éternité que ce n'était plus arrivé et j'espère bien que ça continue comme ça.


L'enlèvement

Mary s'éloigna jusqu'à être hors de vue de l'employé du Ministère, avant de dérouler la carte qu'il lui avait remise et de la coincer sous deux cailloux. Ensuite, elle sortit de sa poche dotée d'un sortilège d'extension une deuxième carte qu'elle avait préparée à l'aide de Sirius lorsqu'elle avait exploré la Forêt Interdite avec lui. Dessus, elle avait inscrit tous les endroits à éviter. Techniquement, elle n'avait pas le droit d'avoir sur elle autre chose que sa baguette, mais comme elle ne comptait pas gagner le Tournoi, elle n'estimait pas tricher. C'était juste mettre toutes les chances de son côtés pour sortir vivante de l'épreuve et peut –être réussir à aider Cedric. C'était son second objectif et ce qui l'empêchait de se précipiter directement vers un des abris pour y demeurer en sécurité jusqu'à la fin de la dernière Tâche.

Patiemment, elle reporta sur sa carte personnelle les abris et les endroits où se trouvaient les pièces de son puzzle. La Serdaigle ne put s'empêcher de grimacer : elle allait forcément se retrouver à un moment où à un autre proche des points les plus dangereux de la Forêt. Le Ministère avait décidé de placer stratégiquement les pièces du puzzle apparemment. Elle n'aimait vraiment pas ça. Posant sa baguette à plat sur sa paume, elle murmura :

- Pointe à Cedric.

C'était une variante de l'enchantement des Quatre-Points : au lieu de désigner l'un des points cardinaux, il indiquait la direction approximative où se trouvait une personne. Tant que celle-ci n'était pas cachée derrière un charme empêchant sa localisation ça marchait plutôt bien. La baguette tourna sur elle-même avant de finalement s'arrêter sur la gauche de Mary. Bien, au moins elle avait une direction dans laquelle aller. Elle fourra la carte dans une de ses poches, prit une grande inspiration et se mit en route. Heureusement ses toutes nouvelles bottes en cuire de dragon étaient des plus confortables : elle ne risquait pas d'avoir des ampoules.

La lumière du jour arrivait à peine à traverser la canopée ce qui maintenait dans la forêt une pénombre inquiétante et un air frais malgré le soleil de juin. Il y avait des arbres de toutes sortes, espèces magiques et moldues côte à côte, ce qui provoquait parfois d'étranges phénomènes.

Par exemple, on pouvait observer l'apparition de nouvelles espèces de plantes. Ce genre de processus prenait en général des dizaines de générations et nécessitait un environnement magique extrêmement puissant avant d'aboutir mais il était observé partout dans le monde. Dans la Forêt Interdite, on trouvait tout particulièrement des ajoncs trotteurs. Ils avaient conservé la morphologie de la plante moldue mais acquis la capacité de se déplacer d'où le nom de "trotteur". Ils étaient particulièrement étudiés par les botanistes parce qu'il s'agissait d'une plante facile à reproduire : quelques dizaines d'années suffisaient pour les créer à partir de plantes moldues contre des siècles pour la plupart des autres néo-espèces.

Mary avait trouvé le concept extrêmement intéressant quand Sirius le lui avait expliqué et s'était étonnée de ne jamais en avoir entendu parler. Il lui avait alors précisé que c'était au programme de 7ème année à Poudlard et que seuls les botanistes et les potionnistes s'y intéressaient vraiment. Il lui avait toutefois fait un petit topo sur les ajoncs trotteurs susmentionnés parce que la Forêt Interdite en était infestée et qu'ils modifiaient beaucoup le paysage et les chemins au travers des arbres : ces arbustes remplis d'épines redoutables étaient relativement infranchissables et avaient tendance à se déplacer en amas alors mieux valait vite grimper à un arbre quand on les apercevait en mouvement. Heureusement ils n'étaient pas très difficiles à repousser : comme toutes les plantes, le feu permettait de facilement les garder à distance.

Mais ils étaient aussi farceurs, ce qui se traduisait par une tendance à poursuivre les voyageurs imprudents ou à les encercler juste pour le plaisir de les voir paniquer. Beaucoup de moldus étaient déjà passés pour des fous après avoir raconté partout qu'ils étaient poursuivis par des arbres et quand quelqu'un voulait vérifier les dires du moldu traumatisé les ajoncs trotteurs restaient trompeusement immobiles.

La Potter trouva facilement le premier endroit où était entreposé une des pièces du puzzle qui formerait la clé menant à la victoire. Il fallut qu'elle fouille un peu pour trouver là où se trouvaient exactement les objets, mais elle finit par les dénicher sous des fougères. Il y avait quatre fois la même pièce, ce qui signifiait qu'elle était la première à passer, et toutes avaient une couleur différente : une rouge, une bleue, une jaune et une verte. Mary sortit le petit anneau qu'on lui avait remis avec le plan juste avant l'épreuve. Il était vert alors elle en déduisit que sa pièce était celle de la même couleur. Elle la ramassa et la passa sur l'anneau avant de le ranger dans sa poche pour ne pas le perdre.

Après ça, elle utilisa de nouveau sa baguette pour connaître la direction dans laquelle se trouvait Cedric et elle se remit en route, toujours vigilante à son environnement. Ce qui lui permit de repérer la masse sombre qui jaillit soudainement à sa gauche. Avec un cri, elle sauta sur le côté tandis qu'un froid soudain s'emparait d'elle. Elle écarquilla les yeux avec horreur en voyant le détraqueur s'approcher d'elle. Paniquée, elle attrapa sa baguette :

- Spero Patronum ! lança t –elle.

Elle n'avait pas particulièrement avancé dans l'obtention d'un patronus corporel depuis l'an passé : pour le moment elle restait au stade du bouclier lumineux. Mais ça suffit. Le détraqueur sembla hésiter. Et trébucha. Trébucha ?!

- Tu es un épouvantard toi, comprit –elle avec soulagement. Riddikulus !

La cape du détraqueur s'envola soudainement, laissant sur place un squelette pourvu d'un caleçon décoré de petites fleurs. L'épouvantard croisa pudiquement les mains devant son caleçon et s'enfuit pour rattraper sa cape tandis qu'elle éclatait de rire. Celui là ne reviendrait plus l'embêter au moins. Elle se demandait quand même d'où il pouvait venir : les épouvantards étaient particulièrement amateurs d'endroit continuellement dans le noir et surtout clos comme des malles, des armoires ou des tiroirs. La Forêt Interdite était plutôt sombre et oppressante mais pas à ce point là. Mary finit par hausser les épaules et poursuivre son chemin. Elle repéra des botrucs qui la regardèrent passer sans l'attaquer puisqu'elle ne s'approcha pas de leurs arbres.

Quand son ventre se mit à grogner, lui signalant qu'elle n'avait pas pris de petit-déjeuner et que la marche ça creusait sacrément, elle consulta sa carte et changea un peu de cap pour aller faire une halte près d'un des abris du Ministère : elle voulait pouvoir s'y réfugier si jamais quoi que ce soit lui tombait dessus pendant qu'elle mangeait. Merlin savait que la nourriture attirait toujours toute sorte de chose ! Elle sortit des toasts qui étaient encore chauds -merci les elfes de maison- et une petite flasque de jus de citrouille avant de s'installer sur un rocher et de reposer un peu ses pieds. Ses bottes étaient confortables mais ça faisait quand même du bien.

Elle arrivait presque au bout de son petit-déjeuner quand elle remarqua qu'elle n'était plus toute seule : des dizaines de boursoufs étaient sortis de leurs tanières et la regardaient avec de petits yeux suppliants. Elle avait toujours aimé les boursoufs. Ils étaient tout rond, tout pelucheux, ils ronronnaient, étaient affectueux et par-dessous tout peu difficiles d'entretien. Mais avec Ladon, elle ne pouvait envisager de s'en acheter un. Avec un sourire, elle leur jeta les restes de son repas. Certains se précipitèrent dessus, mais les autres continuaient à la fixer.

Et elle se figea.

Quel était le mets dont raffolaient le plus ces petites créatures si adorables ? Tout ce qu'on pouvait trouver comme variante de morve dans le nez de n'importe quelle chose vivante en ayant un. Mary savait qu'ils étaient parfois utilisés pour des traitements médicaux et ça la fit frisonner. En tout cas, elle parierait que ces boursoufs là n'avaient pas souvent l'occasion de croiser des sorciers. Elle sortit doucement sa baguette : ils n'étaient pas dangereux mais elle n'avait aucune envie qu'ils mettent leurs langues dans son nez, merci bien ! Ce fut exactement à ce moment qu'ils choisirent pour lui sauter dessus en une attaque concertée. Elle tomba à la renverse, sentant leurs minuscules pattes sur ses mains et son visage. Elle se débattit mais ils étaient nombreux et elle ne tarda pas à sentir un truc chaud et visqueux remonter dans son nez. Beurk !

- Expluso !

Avec de petit couinement indigné, les boursoufs furent projetés dans tous les sens, rebondissant contre les arbres et le sol avant de s'enfuir à toute vitesse.

- Dégueulasse, dit –elle en s'essuyant le nez.

Mary décida de se remettre en route suivant les caps successivement indiqués par sa baguette et elle n'aimait pas du tout la direction dans laquelle ça la menait : droit vers la tanière des acromentules. En plus la nuit tombait doucement mais sûrement. Il ne lui était pas arrivé grand chose, heureusement, mais qu'est ce qu'elle avait marché ! Elle gardait prudemment sa baguette tendue devant elle, commençant à se demander si elle devait continuer à chercher Cedric ou si elle ferait mieux d'immédiatement aller dans un des abris du Ministère.

Elle n'eut cependant pas le temps de se décider sur la question. Des craquements inquiétants de branches lui parvenaient et elle n'aimait pas du tout ça. Avant qu'elle n'ait pu se questionner sur la nature de la chose qui pouvait être derrière ce vacarme et si elle ne ferait pas bien de détaler parce que ça s'approchait quand même d'elle, quelque chose jaillit des fourrés et la percuta de plein fouet. Elle tomba brutalement au sol et ce qui l'avait percuté lui tomba dessus lui coupant le souffle. Heureusement, elle ne lâcha pas sa baguette et elle la pointa sur ce qui l'avait attaqué. Cedric eut vraiment beaucoup de chance qu'elle le reconnaisse.

- Cours ! lui dit –il. Cours !

Il sauta sur ses pieds, la mit debout de force avant de la tirer. Elle fut bien obligée de suivre le mouvement, mais devant sa panique elle ne résista pas. Ils n'allèrent cependant pas bien loin : une acromenture aussi grande que Mary leur barra le passage et ils manquèrent de tomber à nouveau quand ils freinèrent leur course brutalement. Et d'autres arrivèrent.

- Elles étaient embusquées quand je suis arrivé pour récupérer ma pièce du puzzle, expliqua rapidement Cedric en se mettant dos à dos avec elle. Je ne les avais pas vues.

- On fait quoi maintenant ?

A deux sorcier contre cinq acromentules, il n'était pas bien difficile de deviner qui allait l'emporter !

- Tu sais comment te débarrasser d'elles ?

- J'ai préparé quelques sorts, mais je ne suis pas certaine de pouvoir me débarrasser de plusieurs d'entre elles !

Elle les regarda lever leurs pattes les plus à l'avant de leur corps haut devant elle en une position classique d'intimidation et d'attaque. Un bruit de frottement l'alarma immédiatement :

- Têtenbulle ! Vite !

- Têtenbulle ! Qu'est ce qu'il se passe ?

- L'un des mécanismes d'attaque des acromentules est de frotter leur pattes sur leurs abdomens : ça libère dans l'air des poils urticants douloureux et rend les proies plus faciles à attraper.

Mary était plus qu'heureuse d'être au courant qu'il y avait des acromentules dans la Forêt Interdite et d'avoir lu des bouquins entiers à leur propos. Elle avait ainsi pu éviter d'être aveuglée ou de respirer lesdits poils qui étaient très fins et très petits et savait que si ils voulaient avoir une chance de gagner, il fallait éliminer le chef de leur groupe en premier à savoir la plus grosse d'entre elles. Sauf qu'elles avaient toutes l'air d'avoir la même taille…

- Confringo Maxima ! lança t –elle au hasard.

Il s'agissait d'un maléfice d'explosion classique qui fonctionna très bien puisque la tête de l'acromentule frappée explosa, projetant son contenu de tous les côtés. Son corps imposant s'écroula et les pattes furent prises de soubresauts si bien que Mary craignit un moment qu'elle ne se redresse de nouveau même sans tête. Elle ne le fit pas, mais ses camarades sautèrent toutes sur eux ! La rousse lança ses sorts à l'aveugle pour garder les araignées et surtout leurs redoutables crochés à venins loin d'elle. Cedric n'était pas en meilleure position qu'elle. Elle se demanda donc pourquoi leurs assaillantes décidèrent soudainement de battre en retraire. Et si quelque chose d'encore plus effrayant se trouvait non loin et les avait obligées à fuir ? Merlin que ce ne soit pas ça !

Haletante, Mary fit un tour sur elle-même, baguette tendue, avant d'apercevoir des yeux blanc et luisants, si familier qu'elle devina de quoi il s'agissait avant même que les sombrals ne s'approchent. L'un d'eux lui donna un petit coup de museau dans l'épaule avant de sortir sa langue pour lui lécher le visage, ou plutôt le sang qui avait coulé depuis sa tempe blessée lors de l'attaque. Décidément, toutes les Créatures de cette forêt voulaient la lécher aujourd'hui.

- C'est quoi çaaaaa ? hurla presque Cedric en agitant les bras.

Le sombral qui s'était approché de lui pour le lécher également renâcla, surprit. Mary s'empressa de s'approcher pour lui attraper les bras.

- C'est rien, calme toi, s'il te plaît.

- Il y a quelque chose d'invisible !

- Ce sont des sombrals, expliqua t –elle. Ils sont inoffensifs !

- Ça bouffe de la viande et ça peut tuer un sorcier ces choses ! répondit –il en brandissant à nouveau sa baguette.

- Ils sont apprivoisés : ce sont eux qui tirent les calèches de Poudlard ! Je vais souvent les voir ! Ils ne nous ferons rien ! Baisse ta baguette par Merlin ! s'énerva t –elle en voyant qu'il ne l'écoutait pas.

Ça sembla fonctionner puisqu'il cessa de s'agiter pour finalement lui accorder vraiment son attention. Il cligna plusieurs fois des yeux, semblant chasser sa panique autant due aux acromentules qu'à la présence de créatures invisibles.

- Tu peux les voir ? se troubla le garçon.

- Depuis toujours : ma mère est morte sous mes yeux quand j'avais un an, lui rappela t –elle.

- Oh ! Désolé.

- Tu n'y peux rien et le gens ont de toute façon tendance à oublier qu'en devenant la Survivante, je suis aussi devenue orpheline.

Bon, elle ne l'avait pas été bien longtemps puisque sa marraine l'avait récupérée chez sa tante moldue rapidement. Mais quand même.

- Tu es sûre qu'ils ne nous veulent pas de mal ?

- Certaine. Avec un peu de chance, ils vont même nous laisser monter sur leurs dos et nous transporter : avec ça aucun doute que tu remporteras le Tournoi !

- Et toi ? cilla t –il.

- Je pensais avoir été claire dès le début : il est absolument hors de question que je gagne ce Tournoi.

- Effectivement, Miss Potter et pour cela vous avez contrarié les plans de mon Maître.

Les deux élèves de Poudlard sursautèrent brutalement quand une voix grave et inconnue prit part à leur conversation. Ils levèrent de nouveau leurs baguettes tandis que Mary observait d'un œil inquiet les sombrals détaler comme s'ils avaient le diable aux trousses. Un homme se rapprochait d'eux, vêtu d'une robe et d'une cape noires qui avaient toutes deux l'air coûteuses et étaient beaucoup trop distinguées pour que quiconque se promène avec au beau milieu de la Forêt Interdite. Sa cape, rejetée dans son dos, frôlait le sol. Il avait des cheveux bruns retenus par un catogan et un demi-masque en argent représentant le haut d'un crâne humain qui rappelait à Mary de mauvais souvenir : les Mangemorts avaient des masques semblables lorsqu'ils avaient essayé de la kidnapper à la finale de la coupe du monde de Quidditch, sauf que les leurs recouvraient tout leur visage.

Sa bouche s'assécha et elle leva sa baguette vers l'homme qui ne semblait pas du tout inquiet. Ses mains gantées reposaient tranquillement le long de son corps.

- Qui êtes vous ? demanda Cedric en faisant un pas en avant pour dépasser Mary.

Le Poufsouffle avait vraisemblablement lui aussi deviné le danger et il se plaçait clairement en tant que son protecteur ce qui ne la gêna pas du tout : elle n'avait aucune envie que l'homme masqué s'approche et Cedric savait sans doute mieux se défendre qu'elle. L'inconnu jeta à peine un regard à Cedric avant de se tourner vers Mary sans répondre.

Une seconde plus tard, un sort balaya le garçon et avec un cri il fut projeté dans les fourrés. Mary cria elle aussi et recula, avant de crier de nouveau quand des mains se refermèrent sur ses bras. Que Merlin soit damné : elle était tellement concentrée sur l'homme en noir qu'elle n'avait pas pensé qu'il pouvait y avoir d'autres personnes ! Son bras fut écrasé par une poigne impitoyable et sa main s'ouvrir toute seule, laissant sa baguette tomber au sol. Paniquée, elle se débattit pour essayer de récupérer sa seule et unique arme. Se faisant, elle tomba nez à nez avec la personne qui l'avait attrapée.

Fleur. C'était Fleur Delacour ! Avec le regard vague et le visage inexpressif. Et Merlin, qu'est ce qu'elle était forte ! Est-ce que ça venait de son côté Vélane ? Pourquoi aidait –elle l'homme ?

- Amenez moi la fille, ordonna le concernée.

"Amenez" comme s'ils étaient plusieurs ? La Potter eut la réponse à sa question quand Viktor Krum jaillit aussi d'entre les arbres pour lui attraper les pieds. Elle cria, même si ce n'était d'aucune utilité, et se débattit. Mais entre la force surnaturelle de Fleur et celle d'un joueur de Quidditch une maigre adolescente de quatorze ans ne pouvait rien.

- Impedimenta !

Le sort happa d'un seul coup les champions de Durmstrang et Beauxbâtons, la trajectoire était vraiment parfaite, et Mary tomba sur les fesses au sol. Sans demander son reste, elle rampa vers sa baguette tandis que Cedric revenait sur le devant de la scène.

Avec soulagement, elle attrapa sa baguette, mais la seconde d'après un talon impitoyable lui broya le poing, la forçant à nouveau à lâcher son arme, et une grande main se glissa dans ses cheveux pour la redresser de force. Avec l'impression qu'on essayait de la scalper, elle suivit le mouvement et tenta de se débattre sans grand succès jusqu'à ce qu'une baguette se pose sur sa gorge. L'inconnu l'avait attrapée : elle était faite comme un rat.

Cedric était tout ébouriffé mais semblait globalement indemne. Il avait dans le regard une lueur féroce et une expression décidée.

- Lâchez Mary, ordonna t –il.

Sa voix ne tremblait pas, un bon point pour lui.

- Les cafards sont toujours d'une ennuyeuse résistance, répondit l'homme masqué.

Il retira sa baguette de la gorge de Mary pour la pointer vers Cedric, sans doute pas pour lui lancer un sort inoffensif.

- Avada… commença l'inconnu.

La formule raviva dans la mémoire de Mary le souvenir cuisant de la mort des moldus, le soir de la finale de Quidditch. Non ! Elle ne pouvait pas laisser Cedric mourir ! Certainement pas ! Malgré la poigne toujours fermement accrochée à ses cheveux, elle se jeta sur la droite vers le bras tenant la baguette et tendit les siens pour dévier le sort. Le rayon de lumière verte alla frapper un arbre qui perdit brutalement toute ses feuilles. Mort.

- Cours Cedric ! hurla t –elle.

Un violent coup s'abattit sur sa mâchoire et elle crut un moment qu'elle était déboîtée sous la douleur fulgurante.

- Va prévenir ma mère ! cria t –elle de nouveau.

- Je…

- COURS PAR MERLIN ! s'époumona t –elle.

Il ne pouvait de toute façon rien faire ici. Elle fut plus que soulagée quand il l'écouta. Après un dernier regard pour elle, il détala. Il allait prévenir sa mère. Sa mère viendrait la chercher. Et tout irait bien. Tout irait bien. Hein ? Tout irait bien ?

- Tu ne me facilites pas la tâche, soupira l'homme qui la tenait. Vous !

Elle sursauta devant la brutale injonction et remarqua de Viktor et Fleur s'étaient extirpés des buissons pour revenir. Le bras gauche de Fleur formait un angle bizarre et le nez de Viktor était cassé et saignait abondamment. Mais ils étaient toujours l'air aussi vides qu'auparavant. Comme s'ils ne sentaient rien.

- Poursuivez le garçon et tuez le. Puis tuez toute personne qui s'approchera de vous.

Et tels deux robots, ils se tournèrent dans la direction dans laquelle Cedric était parti et se mirent à le pourchasser.

- Imperium ? demanda t –elle.

- Évidemment, répondit aimablement l'homme.

- Depuis quand ?

- Le lendemain de leur sélection. Barty maîtrise toutes les subtilités du sort et a très bien employé ses connaissances.

Mary n'avait aucune idée de qui était ledit "Barty" mais elle soupçonnait que ça ait à voir avec le Mangemort qui avait usurpé l'identité de Maugrey Fol Œil en début d'année.

- Vous êtes un Mangemort ? couina t –elle.

- Que tu aies mis aussi longtemps à le deviner te fait baisser dans mon estime Mary Potter.

Elle eut l'impression qu'un sceau d'eau glacée venait d'être déversé sur elle. Sa respiration s'étrangla dans sa gorge tandis qu'elle paniquait… Et une claque la stoppa net dans sa crise de panique.

- Tu peux choisir la manière dont on va procéder, lui dit ensuite le Mangemort. Soit tu obéis gentiment et tu arrives entière auprès de mon Maître, soit tu joues les fortes têtes et je te mutile un peu avant de t'emmener à Lui. Il veut te tuer en personne, mais je suis sûr qu'il ne verra aucun inconvénient à ce que je te coupe les deux jambes pour t'empêcher de fuir et de causer du grabuge.

Maru déglutit péniblement : il était si sérieux qu'elle ne doutait pas un seul instant qu'il puisse mettre sa menace à exécution. Elle réfléchit rapidement à ses options : s'enfuir était impossible, obéir la menait vraisemblablement à Voldemort. Mais si elle résistait elle risquait de ne plus être en état de fuir quand l'opportunité se présenterait et elle voulait pouvoir courir pour sauver sa peau si la plus petite occasion arrivait.

- Je vais être sage.

- Peut –être es – tu aussi censée que Barty l'a décrit alors.

Il relâcha sa poigne dans ses cheveux pour l'attraper fermement par le bras. Il la serrait si fort qu'elle eut l'impression qu'il essayait de lui couper la circulation et quand il se mit en route, non sans avoir ramassé la baguette de la rousse, elle crut qu'il allait lui arracher le bras.

- Où va t –on ? s'enquit –elle.

D'un côté, elle voulait vraiment savoir où il l'emmenait, de l'autre elle espérait juste le faire parler pour… Elle ne savait pas pourquoi, mais c'était plus rassurant qu'il parle plutôt qu'il reste silencieux et qu'elle ne sache rien.

- Nous sortons des protections entourant le château, lui expliqua t –il. Après nous transplanerons auprès de mon Maître.

- Vous avez un léger accent, vous n'êtes pas anglais ?

C'était vraiment très léger, mais vu l'état de panique dans lequel elle se trouvait, son cerveau avait l'air décidé à la divertir en lui fournissant des éléments inutiles. Mais mieux valait ça que de s'évanouir de trouille. De un, ce n'était pas très glorieux et de deux c'était en général très mauvais pour la sécurité de la personne évanouie.

- Non : je suis russe.

- Un Mangemort russe… Vous connaissez Karkaroff alors ?

- Ce rejet puant d'intestin de moldu, cracha l'homme. Il me payera l'affront qu'il m'a fait.

- Et qu'est ce qu'il vous a fait ?

Elle voyait bien qu'il était énervé, et ça, ça l'intéressait : il avait été si impassible jusque là qu'elle avait pensé que rien ne pourrait fissurer son masque –au sens figuré.

- C'est moi qui l'ai présenté au Maître et il l'a trahi : il a entaché ma relation avec le Seigneur des Ténèbres.

- Pourquoi vous suivez Voldemort ?

- Ne prononce pas son nom !

Il la gratifia au passage d'une nouvelle gifle violente et elle était sûre qu'il avait dû imprimer la trace de sa main gantée dans sa joue à force.

- Une sang-mêlée n'est pas digne de prononcer son nom. Surtout pas sans utiliser son titre.

Pour le coup, elle dut se retenir de toutes ses forces d'éclater d'un rire jaune. Quelque chose lui disait qu'il ne l'aurait pas bien pris. Mais c'était risible non ? Voldemort était un Sang-Mêlé et il n'avait de Lord que le titre qu'il s'était lui-même approprié.

- Je ne sais toujours pas votre nom ? tenta t –elle à la place.

- Ça t'intéresse ?

- Bien sûr : quand ma mère m'aura récupérée, elle voudra savoir qui elle devra réduire en charpie pour mon enlèvement.

Et hop ! Une petite menace ! Mais Mary y croyait vraiment. S'il y avait une personne sur terre capable de la retrouver et de la sauver après un kidnapping par les Mangemorts, c'était bien sa mère. Elle n'accorderait pas autant de crédit à Merlin lui-même, c'était dire la confiance qu'elle avait en la sorcière !

- Tu m'intrigues : ça fait déjà deux fois que tu parles de ta mère. Pourtant, tout le monde sait que ta Sang-de-Bourbe de mère est morte sous la baguette du Seigneur des Ténèbres.

- Ça vous intéresse ? répondit –elle en reprenant la même formulation que lui un peu plus tôt.

- Je ne poserais pas la question sinon.

- J'ai été élevée par ma marraine après la mort de mes parents.

- Qui est – elle ?

- Si je vous donne son nom, vous me donnerez le votre ?

Un sourire amusé fleurit sur le visage dur du Mangemort et il lui jeta un coup d'œil avant de reporter son attention sur leur chemin et de répondre :

- Tu ne perds pas le Nord. Mais soit. Dis moi son nom et je te donnerai le mien.

- Elle s'appelle Crystall Entwhistle et elle va vous botter le train quand elle vous retrouvera !

Le Mangemort s'arrêta alors brutalement, obligeant Mary à l'imiter. Il la regarda une seconde fixement… Avant d'éclater de rire. Mais pas un rire joyeux. C'était un grand rire incrédule, fou et quelque peu effrayant.

- Crystall Entwhistle ? Quelle probabilité y avait –il pour que ça arrive ? demanda t-il.

Il ne s'adressait sans doute qu'à lui-même, mais ça souleva à nouveau des interrogations chez Mary. Tous les Mangemorts qu'elle rencontrait, et même Voldemort en personne quand elle l'avait empêché de voler la pierre philosophale, semblaient connaître sa mère. Pas bien étonnant vu qu'elle s'était fermement opposée à eux lors de la dernière guerre. Mais il y avait quelque chose dans leur manière de réagir qui la faisait frémir d'effroi.

- Vous la connaissez ?

- Elle et moi nous nous connaissons très bien. Et savoir que je suis celui qui va emmener sa si précieuse protégée au Seigneur des Ténèbres m'apporte un grand bonheur !

Effectivement, il ressemblait à un gamin le jour de Noël. Pour peu qu'un Mangemort effrayant puisse avoir l'air d'un gamin à Noël en tout cas.

- J'espère que tu as raison et qu'elle sera là pour te voir agoniser. Le Seigneur des Ténèbres me la laissera sans doute. Nous avons des comptes à régler elle et moi.

Et la façon dont il dit ça appris à Mary qu'elle n'avait absolument aucune envie de savoir quel était exactement la nature de ces comptes. Nerveuse, elle passa nerveusement une main dans ses cheveux et demanda :

- Et votre nom ?

- Je suis Vadim Kniasev.

Autant dire un illustre inconnu. Ça ne l'avançait vraiment à rien de savoir son nom au final. Ils marchèrent pendant ce qu'il sembla être une éternité avant qu'il ne s'arrête et ne lui apprenne qu'ils allaient transplaner. La boule au ventre, Mary hocha la tête : elle n'avait vu aucune possibilité d'évasion. Il avait sa baguette, était plus fort et extrêmement vigilant. Ce n'était sans doute pas son premier enlèvement. Elle avait prié Merlin de toutes ses forces pour que sa mère débarque avec les secours avant qu'ils ne transplanent mais c'était sans doute irréalisable. Cedric et elle étaient loin dans la Forêt quand le Mangemort était arrivé. Il n'avait probablement pas encore eu le temps d'en sortir de de prévenir quelqu'un. S'il s'en sortait avec Fleur et Krum sous imperium qui avaient eu l'ordre de le tuer. Non ! Il devait réussir.

Mary sentit son estomac se révulser tandis que son corps était écrasé et qu'ils tourbillonnaient. Mais ayant l'habitude, elle réussit à atterrir et empêcha sans trop de mal le contenu de son estomac de ressortir. Quoique, elle aurait bien aimé vomir sur le Mangemort puisqu'elle avait une raison valable. Le concerné, inconscient de ses pensées, la tira brusquement pour l'obliger à avancer tout en sortant sa baguette pour éclairer les environs. Il faisait noir comme dans un four et la Potter crut que ses cheveux allaient se dresser sur sa tête quand la lumière éclaira des pierres tombales par dizaines. Un cimetière ! Ils étaient dans un cimetière !

L'homme la plaqua soudainement contre une pierre en particulier et elle eut juste le temps de lire le nom du propriétaire de la tombe avant de se trouver saucissonnée au dessus de lui : Tom Jedusort. Ça n'avait aucun sens ! Voldemort n'étant pas mort, il n'y avait aucune raison qu'il soit enterré ici, et surtout pas sous ce nom. A moins qu'il porte le même nom que quelqu'un d'autre dans sa famille moldue ?

Oh Merlin ! Elle avait le Journal dans sa poche ! Le Journal avec sa cape d'invisibilité ! Si Tom se montrait elle était fichue ! Et Voldemort volerait par la même occasion sa cape ! Mary essaya de se délivrer, mais elle était attachée si serrée qu'elle pouvait à peine respirer : elle ne réussit qu'à se faire mal et les liens semblèrent se resserrer.

Soudainement, des torches s'allumèrent en cascade tout autours d'elle, formant un cercle lumineux qui lui permit d'y voir clair, enfin. Le cimetière semblait ne pas avoir été entretenu depuis un moment. L'herbe était haute, certaines pierres tombales de travers et la petite église qu'elle voyait au bout avait l'air à l'abandon.

Le Mangemort russe qui avait brièvement disparut de son champ de vision revînt en faisant léviter devant lui un immense chaudron en pierre. Cette matière était peu courante pour un chaudron, tout comme l'était sa taille : un homme adulte aurait pu s'y asseoir convenablement et elle y disparaîtrait probablement presque entièrement si elle y entrait. Et Merlin ! Elle espérait qu'elle n'ait pas à le faire ! Ce qui clapotait dedans aurait pu passer pour de l'eau parce que c'était relativement clair, mais semblait plus épais.

Un bruit de pas lui fit tourner la tête et la personne qu'elle vit apparaître la laissa bouche bée. Ses vêtements étaient en bien meilleur état qu'à leur dernière rencontre, il était plus propre et avait maigri, mais il était encore reconnaissable : passer douze ans sous forme de rat avait laissé des stigmates bien visibles.

- Pettigrow, siffla t –elle.

Alors c'était là qu'il se trouvait depuis qu'on l'avait fait évadé ? Est-ce que c'était ce Vadim Kniasev était celui qui l'avait empêché de se retrouver à Azkaban, ce qu'il avait plus que mérité ? Mais il ne lui accorda aucune attention. Il semblait particulièrement précautionneux dans sa démarche et tenait un petit paquet contre lui de la manière dont on transporterait un enfant. Peut-être y en avait –il un dans le tissus qu'il tenait, ça ne paraissait pas aberrant. Mais dans ce cas une question demeurait : ou était Voldemort ?

- Maître, s'inclina Vadim Kniasev.

Et il était tourné vers Pettigrow. Alors là, ça n'avait aucun sens.

- Je vois que tu as accompli ta tâche avec efficacité mon fidèle Vadim.

Le bébé. Oh bon sang de Merlin ! C'était le bébé, ou ce qu'elle croyait être un bébé, qui parlait d'une voix glacée et sifflante qu'elle ne reconnu que trop bien ! Voldemort ! Un grand feu apparut soudainement sous le chaudron de pierre

- Plus vite, plus vite, siffla quelqu'un.

C'était du Fourchelangue mais ça ne venait pas de Voldemort, ça sifflait comme un reptile, avec un léger accent. Mary le chercha du regard, et tomba sur une forme menaçante repliée derrière Queudver. De là où elle se trouvait, elle ne pouvait pas en évaluer la taille, mais ce serpent là était vraiment immense.

- Patience Nagini, ma renaissance ne saurait tarder.

- Pourrais – je avoir la fille quand elle sera morte ? s'enquit le serpent.

- Quand je l'aurais tuée, tu pourras festoyer de son cadavre.

Voldemort n'était apparemment pas au courant qu'elle-même parlait Fourchelangue et elle se garda bien de le lui dire. Si elle avait eu un doute jusqu'à présent sur son sort, ils s'étaient envolés maintenant. Pas que ce soit surprenant.

- Tout est prêt Maître, déclara le Mangemort russe.

- Très bien. Fais le maintenant Queudver.

Le concerné s'approcha du chaudron où le liquide s'était mis à bouillonner. Mary ne put étouffer un hurlement de stupeur, d'horreur et de dégoût quand elle vit ce que contenait le tissus noir. Quoi que ce soit, ce n'était certainement pas un bébé. Il en était à peu près la taille, mais là s'arrêtait la ressemblance. L'être avait une grosse tête chauve avec un abdomen –elle ne pouvait même pas dire un corps –difforme recouvert de ce qui ressemblait à de minuscules écailles noires qui rougeoyaient à la lueur des flammes. Ses bras et ses jambes grêles semblaient faibles et étaient totalement disproportionnés. Mais le pire restait son visage. Il était plat et mangé par deux yeux énormes, rouges et flamboyants qui fixèrent Mary droit dans les yeux pendant la plus dérangeante des secondes. Puis, Queudver plongea la chose dans le chaudron bouillant.

La Potter n'était pas quelqu'un de particulièrement violent. Mais pour la première fois de sa vie, elle souhaita consciemment et de toutes ses forces la mort de quelqu'un. Pitié, que cette chose se noie ou meure ébouillantée, pitié, tout sauf qu'elle ressorte du chaudron !

Peter sortit sa baguette et ferma les yeux avant de dire :

- Que les ossements du Père, donnés en toute ignorance, fassent renaître son fils !

La potion s'était mise à luire dès qu'il avait entonné la phrase et Mary blanchit nettement quand le sol bougea sous ses pieds pour s'ouvrit et laisser passer un os –le fémur, l'informa son cerveau alors qu'elle s'en serait bien passé –qui fut ajouté au chaudron. Son contenu passa alors du blanc au bleu profond et quelques étincelles s'en échappèrent avec un long sifflement.

- Que la chair du-du serviteur do-donnée vo-volontairement fasse re-revivre son maître…

Pettigrow avait sorti des plis de sa robe un poignard qui étincela à la lueur des flammes et elle le regarda avec une fascination morbide tendre sa main droite au dessus du chaudron –celle où il lui manquait déjà un doigt –et la trancher nette. Le couteau devait être magiquement affûté pour être capable de découper des os comme du beurre. Le hurlement de l'animagus lui vrilla les oreilles et sembla la transpercer, la faisant tressaillir. Il s'effondra au sol, du sang s'échappant de son moignon à gros bouillons. La potion dans le chaudron prit une couleur rouge vif éblouissante.

Le deuxième Mangemort qui était resté jusque là soigneusement immobile s'approcha et agita sa baguette au dessus de la plaie pour la bander et arrêter l'hémorragie. Ça sembla apaiser le blessé qui se redressa. Et se tourna vers Mary. Oh oh. Mauvais ça ! Très mauvais ! Et il avait encore son couteau en main.

- Que le sang de l'ennemi, prit par la force, ressuscite celui qui le combat.

Il s'approcha et elle sut qu'elle devait faire quelque chose. Quelque chose pour ne pas qu'il prenne son sang et surtout pour ne pas qu'il achève ce rituel dont elle ne voyait que trop bien l'objectif.

- Il te faut juste mon sang ? Mais je te le donne sans problème moi !

Il avait dit "prit par la force" alors si elle était volontaire pour en donner, ça allait poser problème, non ? Sans doute parce que le rat se figea, l'air ébahi.

- Et puis, je suis venue sans résister jusqu'ici, continua t –elle à babiller. Alors on ne peut pas dire que ce soit "par la force" que je me suis retrouvée ici.

Queudver jeta un regard incertain à Vadim Kniasev dont les yeux brillèrent dangereusement. Il s'approcha en deux enjambées et lui attrapa brutalement le bras, l'arrachant aux liens qui le maintenait soudé à la tombe avec plus de force qu'elle n'aurait pu en déployer. Il saisit le couteau que tenait encore l'animagus et lui fit une profonde entaille sur toute la longueur de son avant bras gauche tandis qu'elle résistait instinctivement à sa prise en hurlant.

- La manière dont on interprète "par la force" peut –être très variable.

Il appuya sa paume sur la plaie béante et elle cria de nouveau tandis que la douleur remontait le long de son bras. Elle se débattit, et sentit à peine un flacon être déposé contre son bras pour collecter le sang. Merlin qu'est ce que ça faisait mal ! Elle avait l'impression qu'il venait de lui découper le bras en deux et ça brûlait ! Ça ne devrait pas brûler comme ça ! Elle rata le moment où il jeta son sang dans la potion, et le reste aussi.

Parce que sa tête menaça de se fendre en deux. Elle eut l'impression qu'on venait de lui transpercer le crâne avec une lame chauffée à blanc plantée dans sa cicatrice. Qu'on lui ébouillantait le cerveau, puis tout le corps, qu'elle était remplie d'un liquide à la fois incandescent et glacial et que tous ses os se brisaient d'un coup. Elle s'entendit à peine hurler à s'en détruire les cordes vocales et capta confusément, au fin fond de son esprit, un cri qui lui faisait échos. Tom criait aussi. Il criait dans sa tête depuis le journal qui était devenu tellement brûlant dans sa poche qu'elle en sentait la chaleur malgré le sort d'extension et la peau de dragon.

Puis, tout cessa soudainement et elle s'affaissa. Sans doute se serait –elle écroulée si elle n'avait pas été attachée. Elle avait le corps endolori. La blessure à son bras n'était plus qu'une vague pulsation. Sa gorge était en feu d'avoir trop hurlé, sa respiration haletante et elle était couverte de sueur. La vision floue, elle vit quelque chose sortir du chaudron.

C'était un humain réalisa t –elle. Un humain squelettique et grand, à la peau blanche et nu comme au jour de sa naissance. Sans doute parce qu'il venait effectivement de renaître. Le Mangemort russe s'empressa de s'approcher pour le draper d'une longue robe de sorcier noire avec une déférence écœurante.

Une fois habillé, l'homme se tourna vers elle, et Mary pu constater qu'il était encore moins humain que lors de leur rencontre à la fin de sa première année à Poudlard. Une peau livide, une face écrasée avec uniquement deux fentes en guise de nez, il avait quelque chose du serpent dans son visage. Mais surtout ses deux yeux écarlates qui la fixaient.

Lord Voldemort venait de renaître.


Juste un petit rappel : je ne vais plus publier que toutes les deux semaines à partir de maintenant. Alors rendez vous le 25 février pour la suite :)

A suivre...