Chapitre 49 : Retour à la vie
Bon matin tout le monde ! J'espère que vous avez toute passé un bon week-end !
Et voilà le chapitre 49 tout beau (ou pas d'ailleurs :D) tout chaud qui marque enfin le retour du pdv de notre chère Bella !
Un grand merci à toutes comme chaque semaine d'avoir pris le temps de me laisser une review. Je suis moins disponible ces derniers temps mais je prends toujours plaisir à vous lire comme depuis le début.
Allé je vous laisse on se retrouve en bas !
Bonne lecture !
Chapitre 49 : Retour à la vie
PDV Bella
Quand j'ouvris les yeux, il faisait un soleil éblouissant dans la chambre.
Cela faisait maintenant deux jours que j'étais sortie du coma et bien que mon état de santé allait doucement en s'améliorant, je ne pouvais m'empêcher de commencer à trouver le temps long ici.
La veille, j'avais dormi une partie de la journée après la visite de Kiara et je ne m'étais réveillée que très tard dans la journée pour voir mes filles revenir quelques instants à mon chevet.
Elles n'étaient, hélas, pas restées longtemps, et j'avais dû rapidement me séparer d'elles encore une fois afin qu'elles puissent rentrer.
Quand elles avaient passé la porte, je m'étais soudain rendue compte que je ne savais pas qui s'occupait d'elles. J'ignorais qui Aro avait engagé pour prendre soin de la prunelle de mes yeux.
Kiara ne m'en avait pas parlé, je pouvais donc en conclure que la personne n'était pas horrible et qu'elle était douce et gentille avec elles. Je l'espérais de tout cœur en tout cas. Quand mon associé viendrait, il faudrait que je lui demande si je pouvais la rencontrer afin de savoir à qui j'avais à faire.
Je ne l'avais vu qu'en coup de vent le jour de mon réveil et depuis je n'avais plus de nouvelle de lui ce qui me rendait soupçonneuse pour tout dire. Aro n'était pas du genre à se faire oublier de cette façon.
Je n'avais pas posé la question à Kiara non plus, tellement mon esprit était occupé ailleurs mais je ne tenais pas à trouver une vieille femme austère incapable de les faire se sentir mieux en mon absence qui malheureusement allait se prolonger encore des semaines voir des mois. Elles ne pouvaient pas vivre avec quelqu'un qui ne saurait pas s'occuper d'elles.
Ma sortie n'était pas du tout le sujet d'actualité pour le moment, je venais tout de même d'échapper à la mort, pas plus que la compagnie dont je n'avais aucune nouvelle.
A dire vraie, je ne savais pas grand-chose de ce qui s'était passé durant ma période de coma. Je ne savais pas à qui poser la question non plus, ignorais même si ils allaient me répondre.
Mais je voulais savoir.
Notamment le sort qu'avait subi James.
Etait-il toujours en vie ? Ou croupissait-il six pieds sous terre mangé par les vers?
Je devais parler à Aro, il devait savoir que ma vie était sans aucun doute encore en danger même si James était mort. Pour l'instant au vu des gardes du corps que j'avais entraperçus devant ma porte, je savais que je ne risquais rien. Après tout il faudrait surement passer plusieurs barrières de sécurité pour m'atteindre ici.
Mais qu'en serait-il si je sortais où s'ils partaient ?
Pouvais-je affirmer avec exactitude que ma vie était encore en danger même en sachant James mort ? Je n'avais aucune preuve, juste un vieux document trouvé dans les papiers de Dimitri qui pouvait très bien être un faux d'ailleurs, rien ne pouvait le prouver en tout cas. J'ignorais si ce que j'avais lu était exact. J'espérais que non mais dans le cas contraire, cela pourrait expliquer beaucoup de choses.
En parler tout de suite ne semblait pas être une idée brillante. Je ne pouvais pas accuser quelqu'un sans preuve. Et un vieux bout de papier défraichit par le temps, datant de plus de 50 ans en arrière, ne constituait pas une preuve très solide en mon sens.
J'ignorais de toute façon comment me renseigner. Je me demandais si le coup de téléphone que j'avais passé, 24h avant que mes enfants ne soient enlever, avait une quelconque coïncidence avec l'enlèvement.
En repensant à tout ce qui s'était passé, avant, pendant et après mon coma, je me rendais compte qu'il y avait énormément de choses à régler, des tas de questions demeurées sans réponse depuis trop longtemps.
C'était dur de se dire que maintenant que j'avais des projets pleins la tête, je ne pouvais rien faire parce que j'étais clouée ici. J'étais consciente que ma rééducation allait demander de long mois, que je n'allais pas me tenir debout avant très longtemps et que surtout la mort m'avait tendue les bras.
Je n'étais pas morte et c'était sans doute un coup de chance, mais je n'arrivais pas à me sortir de l'esprit ce que j'avais ressenti en tombant au sol et en comprenant que j'allais partir, abandonnant mes filles comme mes parents m'avaient laissé plus de 25 ans auparavant.
Ma vie ne tenait qu'à un fil à ce moment-là, j'en avais eu parfaitement conscience, mais malgré tout et s'était dure de se l'avouer même à soi-même, j'étais paisible à ce moment-là. J'étais prête à quitter ce monde malgré les suppliques de Kiara. J'étais bien, je n'avais plus mal.
Maintenant en y réfléchissant, cet instant de soulagement à l'idée d'enfin rejoindre ma famille et de partir loin de se monde, faisait de moi une mère horrible. Ce n'était que quelques secondes et pourtant je me sentais coupable d'avoir hésité.
Je ne l'avais pas fait pourtant. Je n'avais pas abandonné.
Je me souvenais parfaitement de ce rêve trop réaliste, ou j'avais revu Dimitri, mes parents, ma sœur et mon frère.
C'était réel.
Les images étaient trop nettes et le souvenir trop vivace pour que ce ne soit que le fruit de mon subconscient.
Je n'en parlerais pas, à personne, jamais.
Mais je savais que cela était réel. Je refusais de croire que c'était le fruit de mon imagination trop fertile. On m'avait donné le choix, j'en étais convaincue.
Et j'avais pris la décision la plus importante de mon existence. Je voulais vivre non seulement pour mes enfants mais également pour moi.
Je voulais faire partir du monde des vivants, je voulais vivre. Malgré mes pensées les plus profondes depuis des années et durant ces quelques secondes dans cet entrepôt, je tenais à la vie. Ma famille était morte, mon mari était mort mais je voulais continuer à vivre.
En ouvrant les yeux sur le plafond blanc au-dessus de ma tête et en comprenant que j'étais revenue parmi les miens, j'étais soulagée et heureuse d'être revenue. Mes filles ne vivraient pas la même chose que moi.
Pourtant j'avais rapidement compris que cela n'allait pas être simple. Les douleurs dans mon corps avaient vites faites leur apparition. Bien entendu, les antis douleurs étaient puissants et m'empêchaient de trop souffrir mais les dégâts étaient-ils moins importants qu'ils en avaient l'air ?
J'osais l'espérer.
Le Docteur Carlisle Cullen m'avait sauvé la vie. Durant mon état de semi conscience dans l'ambulance et avant que l'on m'endorme, je me souvenais de sa voix dans ma tête me priant de tenir le coup. La douleur était insoutenable à ce moment-là mais sa présence avait eu quelque chose de rassurant. Une profonde gratitude envers cet homme s'était emparée de moi.
Je lui devais la vie.
Certes d'après lui, mon état était grave mais pas irréversible maintenant que j'étais réveillée, c'est ce qui importait. Et je lui serais à jamais reconnaissante pour cela.
Puis était venu le temps de l'attente et surtout de la réflexion.
En ayant dormi une partie de la journée, j'étais donc restée l'œil ouvert durant un long moment aux petites lueurs de l'aube, et j'avais pensé ou plutôt ressassé ce que j'avais un temps oublié.
Mon cerveau s'était mis en marche.
Je n'en avais pas parlé mais quand Kiara était venue la veille, je ne pouvais m'empêcher de repenser à son expression dans mon « rêve ». Son visage était figé par la terreur pure. Elle était ma fille quoi que puisse en dire le reste du monde.
Revivre même de façon brève les instants les plus marquants de mon passé donc pas conséquent les plus durs, et ces moments du présent que je ne partageais pas, avait fait remonter à la surface une douleur un temps enfouie au plus profond de mon cœur.
Mes blessures autant physiques que mentales étaient à vifs et j'avais peur de ce sentiment de faiblesse qui s'était emparé de moi. J'avais l'impression d'être une petite chose fragile que la moindre broutille pouvait briser définitivement.
Je n'avais jamais ressenti une telle faiblesse. Je m'étais toujours battue pour tout, les deuils m'avaient ébranlé à chaque fois mais je ne m'étais pas effondrée. On avait tenté de me violer et bien que j'aie été marqué par cette agression et par celles que j'avais subies durant mon enfance, j'avais avancé, toujours. Je n'étais pas du genre à baisser les bras. Pour Kiara puis pour Charlotte et Lise je ne pouvais pas me laisser aller.
Mais cette force en moi que j'avais cru inébranlable depuis toutes ces années, avait laissé place à autre chose que je n'identifiais pas et qui me terrorisait.
J'ignorais de quoi il s'agissait ni quelles conséquences cela allait avoir mais l'agression, avoir frôlée la mort et les mots de James, m'avaient marqué, plus que je ne le voulais.
J'espérais de tout cœur que cet état ne fut que temporaire le temps que je retrouve la maîtrise de moi-même et de mon corps mais sans savoir vraiment pourquoi, j'en doutais fortement.
Un léger coup à la porte, me fit sursauter et relever la tête.
Un autre point. Je ne sursautais pas d'ordinaire. Jamais. Et pourtant mon cœur s'emballait à chaque bruit suspect depuis deux jours.
Je devais retrouver la maitrise de moi-même, il le fallait.
- Entrez …, lançais-je d'une voix claire et la plus calme possible.
Sans bouger, j'attendis que mon visiteur ouvre la porte et entre.
Il ne fut pas long à se montrer et je ne pus m'empêcher de sourire légèrement en reconnaissant le visage familier et surtout ami, devant moi.
- Aro … soufflai-je lasse.
Je n'avais pas besoin de faire semblant avec lui, pas comme si c'était une infirmière ou bien mes enfants auxquelles je devais cacher ma mélancolie et surtout ma soudaine faiblesse.
Je ne voulais pas les inquiéter.
Certes je n'allais pas l'avouer à Aro mais je n'avais pas besoin de lui cacher à quel point j'étais lasse.
- Isabella, dit-il sur le même ton en refermant la porte derrière lui.
Il s'approcha de moi et me lança un grand sourire.
Ce que je vis dans ces yeux, me fit plaisir. J'y lus le soucis et la peur qu'il avait ressenti pour moi mais surtout la joie de savoir que j'allais aussi bien que possible et que ma vie n'était plus en danger.
Je m'en étais rendue compte depuis un moment. Aro était mon meilleur ami, même si il était mon associé et je me souciais autant de sa vie, qu'il semblait se soucier de la mienne.
- Comment allez-vous ? Demanda-t-il sur le ton de la sollicitude.
Il resta debout près de mon lit et pris ma main non plâtrée dans la sienne.
- Je vais bien, du moins autant que la situation peut me le permettre.
Il eut un regard triste vers le boulet qu'était mon corps maintenant avant de reporter son regard sur mes yeux.
- Et la vérité ?
Je ne pus m'empêcher de rire avant de me calmer, comprenant que cela me provoquait des douleurs dans tout le torse.
Aro me connaissait visiblement très bien et il savait reconnaître mes mensonges.
- Je n'irais pas courir un marathon avant longtemps, je pense … et pour ne rien vous cacher … je souffre beaucoup mais avec les antis douleurs, je ne ressens presque plus rien …
Il hocha la tête visiblement plus convaincu par ma dernière remarque que par les précédentes.
- Votre rééducation sera longue mais je ne doute pas que vous serez rapidement sur pieds … ou sur talons …
Un nouveau sourire échangé mais je ne répondis rien à ses paroles.
En détaillant son visage j'y lisais sa lassitude et surtout une fatigue grandissante que je ne lui avais jamais vraiment vue.
- Que se passe-t-il Aro ? Vous semblez épuisé …
Ce n'était qu'une simple constatation mais je le vis parfaitement pincer les lèvres et se détourner pour se planter devant la fenêtre. Il cherchait à me cacher ses émotions. Je le savais parce que j'adoptais souvent la même attitude.
- Des problèmes … avec la compagnie … mais tout va s'arranger …
J'écarquillais les yeux surprise et choqué par les mots, mais il ne pouvait le voir parce qu'il me tournait le dos.
- Des problèmes ? Demandais-je dans un souffle.
- Ne vous préoccupez pas de cela … nous sommes entrain d'y remédier … pensez juste à votre rétablissement …
- Aro ! L'appelai-je pour éviter qu'il ne me sorte ses bobards que je ne gobais pas. Quelles difficultés ?
Il se tourna vers moi avec réticence et ses lèvres se transformèrent en un pli amer que je ne lui reconnaissais pas non plus.
- Une baisse dans les actions … mais nous sommes entrain de les racheter … maintenant que vous êtes réveillée … cela va s'avérer plus simple … mais laissez-moi gérer cela … vous me faîtes confiance non ?
- Bien sûr Aro vous le savez bien …
Il nous avait retrouvés dans cet entrepôt. Je savais que c'était lui, j'avais entendu sa voix résonner avant de perdre connaissance. Il m'avait sauvé la vie lui aussi, ainsi que celles de mes filles et de la famille Cullen.
Nous avions tous une dette envers lui. La mienne était énorme quand on songeait à tout ce que cet homme avait fait pour moi ces dix dernières années.
- Alors laissez-moi gérer ça … et si je juge nécessaire de vous en parler … je le ferais …
Peu convaincue mais me rangeant à son jugement, j'hochais la tête.
Il avait toute ma confiance et de toute manière, je n'étais guère en état de faire quoi que ce soit sur mon lit d'hôpital.
- Vous nous avez fait peur vous savez …
Je ne répondis rien à sa remarque. De toute façon qui avait-il à dire ?
M'excuser n'était pas dans mes habitudes et de toute façon de quoi ? Quand à se demander si les choses auraient pu se passer autrement, je n'en savais trop rien. Peut-être que oui si je l'avais prévenu mais nous ne pouvions pas en être sûr. Les choses auraient pu être pires encore.
- Je sais Aro.
Une vive émotion sembla le parcourir et quand il se tourna vers moi je vis ses yeux gris briller.
- Je me suis rendu compte de l'importance que vous aviez, Isabella … non seulement pour la compagnie mais également pour moi … de façon plus personnel … je ne vous l'ai jamais dit mais … je vous apprécie énormément … pour être honnête je ne pensais pas que l'amitié homme-femme pouvait exister dans notre monde mais le fait est que c'est le cas … c'est rare mais ça existe …
J'étais touchée, vraiment touchée que ces paroles fassent écho à ce que je ressentais à son égard.
Je n'étais pas la seule à m'être rendue compte de beaucoup de choses ses derniers temps.
- Vous avez la même importance pour moi …
Il me sourit et reposa sa main sur la mienne, une fois qu'il se fut avancé.
- Vous êtes une rescapée … une force de la nature. Je l'ai toujours su, mais je peux vous dire que j'en ai véritablement pris conscience ces derniers jours … et vos petites filles sont de la même trempe que vous …
La fierté dans ses paroles, me fit esquisser un véritable grand sourire. Il n'était pas le seul à en être fier, je l'étais également. Surtout de Kiara.
- Kiara est une vraie femme … elle sera une excellente épouse et surtout une excellente mère un jour … je n'ai jamais vu une adolescente de cet âge avec un tel tempérament … elle tire de vous …
Je plongeais mes prunelles dans les siennes, grises aciers et c'est alors que je compris qu'il savait.
J'ignorais comment ni depuis combien de temps mais il savait.
Pour ma maternité et sans doute pour la paternité d'Edward.
Je n'avais pas encore évoqué le sujet avec Kiara. J'ignorais totalement qu'elles avaient été les conséquences sur ma fille. J'avais eu peur de poser la question la veille mais je savais que cette conversation allait avoir lieu. Tout comme celle avec lui.
Je n'y avais pas pensé. J'avais refusé que mes idées dérivent vers lui et vers ce que j'avais découvert trois mois plus tôt.
Kiara le savait maintenant et toute la famille Cullen aussi.
Je n'avais évoqué le sujet qu'avec Carlisle et je n'avais pas voulu trahir Esmée donc je n'avais rien dit.
Mais même si le docteur était magnanime, il en était surement pas de même avec les autres membres de la tribu, ni avec le principal intéressé.
- Vous savez ?
- Depuis un long moment je dois dire … je vous connais … peut-être plus que vous ne vous connaissez vous-même … la question de la paternité était le seul élément que j'ignorais enfin … jusqu'au jour de la révélation de Monsieur Cullen ou j'ai commencé à avoir des doutes …
- Pourquoi ne m'en avoir jamais parlé ?
Il haussa les épaules et s'installa sur le siège de plastique m'évitant ainsi de me tordre le cou pour pouvoir le regarder dans les yeux.
- Parce que j'estimais que ce n'était pas à moi de vous poser la question … si vous ne vouliez pas vous confier, je n'avais pas à me mêler de ce qui ne me regardait pas …
J'avais des doutes.
Aro était intrusif dans la vie des gens et surtout dans la mienne. S'il ne m'avait pas posé la question directement c'est qu'il ne tenait pas à savoir la réponse.
Je ne lui fis pas part de mes doutes mais je lui lançais plutôt un drôle de regard auquel il répondit par une œillade.
Après cette petite joute, je baissais le regard vers mes mains. Je jouais distraitement avec un de mes ongles, me demandant si j'avais le droit de poser la question.
- Que vous arrive-t-il Isabella ? Si vous avez une question posez-là … n'ayant donc pas peur de mon jugement …
- Vous savez si Kiara le voit ?
Nous savions tous les deux de qui je voulais parler. J'ignorais si Aro connaissait ou non la réponse à ma question mais je me devais de poser la question à mon associé avant de le faire avec ma fille. Au moins pour me préparer.
Le silence que je perçus me fit relever la tête et je fus presque choquée de voir les sourcils d'Aro en accent circonflexe me montrant à quel point il était surpris par une telle question.
- Pourquoi êtes-vous si surpris par ma question ?
- Kiara ne vous a rien dit ? Souffla-t-il toujours ébahi.
Sa voix n'était qu'un simple murmure alors qu'il semblait se demander s'il devait me révéler son information apparemment incroyable.
- Elle aurait dû me dire quoi ?
J'avais presque peur de l'expression d'incrédulité se peignant sur ses traits.
Je savais d'ores et déjà que ça avait un rapport avec lui et avec ma fille. Si c'était vraiment ce que je croyais, je m'étais promis bien avant l'enlèvement et de ce qui s'en était ensuivit, de ne rien dire, de laisser faire Kiara. Je m'étais juré de la laisser partir et de la laisser vivre sa vie comme elle l'entendait.
Je me doutais de sa réaction en lui avouant la vérité mais je n'avais aucun droit sur elle et il avait été privé de son enfant durant de trop nombreuses années pour que je l'éloigne encore maintenant.
J'aurais juste aimé que Kiara m'en parle avant et qu'elle m'avoue qu'elle quittait la maison pour vivre avec son père biologique.
- Kiara vit chez Edward depuis 10 jours Isabella …
C'est ce dont je me doutais mais cela ne m'empêcha pas d'avoir un coup au cœur en entendant cette confirmation.
- … Charlotte et Lise également …
Je relevais la tête avec la bouche grande ouverte, me demandant si j'avais bien entendu ce qui venait de traverser mes oreilles.
- Je vous demande pardon ?
Il sembla réfléchir à ce qu'il allait dire avant que je n'aboie que je voulais tout savoir.
- Vous étiez dans le coma Isabella … vous étiez entre la vie et la mort … que pensez-vous que j'allais faire à ce moment là ? Séparer vos trois filles ? Vous n'étiez pas là … vous n'avez pas vu la réaction d'Edward Cullen en apprenant que votre vie ne tenait plus qu'à un fil … vous n'avez pas vu comment Kiara et lui se sont soutenus … pour moi c'était une évidence qu'elle devait rester avec lui … qu'auriez-vous préféré ? Que j'engage une inconnue pour s'occuper de vos enfants plutôt que les Cullen avec lesquels elles ont été choyées et écoutées ?
C'était le discours le plus enflammé que je n'avais jamais entendu de sa bouche. Il était presque en colère alors qu'il pensait que je remettais en cause la décision qu'il avait prise.
Sans doute avait-il pris la meilleure décision en effet mais je n'arrivais pas à penser de manière cohérente en imaginant mes enfants s'attacher à lui.
Elles l'avaient déjà fait auparavant et elles en avaient été blessées.
- Combien de temps allez-vous continuer à faire payer à Edward Cullen les soit disant crimes qu'il a commis ? Combien de temps allez-vous mettre pour vous rendre compte qu'il n'avait que 18 ans et qu'il n'était qu'un gosse cherchant à dépasser les limites ?
Il me regardait durement et cette fois c'est moi qui me fis toute petite comme si je n'étais qu'une enfant. Les larmes me montèrent aux yeux et je les essuyais d'un geste rageur de la main.
- Il vous a menti … je le sais. Vous vous sentez trahis et tout le monde peux le comprendre, Isabella … mais ne lui fermez pas la porte au nez. Pas à un homme qui vous aime plus qu'il ne peut vous le dire.
Je sentis un sanglot me monter le long de la gorge alors que mes larmes, ses traitresses, se mirent à couler encore plus abondamment.
Aro ne dit rien alors que je tentais de reprendre contenance.
Je n'avais jamais vraiment craqué devant lui. Il me fallait garder le contrôle mais en cet instant qu'importe qu'il s'aperçoive à quel point cette histoire m'avait marqué, je n'arrivais de toute manière pas à me contenir.
- Cela fait trop d'année que vous vous morfondez Isabella, trop d'années que vous passez seule en pensant que la compagnie et vos enfants sont les seules choses dont vous avez besoin. Vous ne pouvez plus laisser le chagrin et les deuils vous dicter votre vie. Dimitri aurait voulu que vous viviez … que vous soyez heureuses, vous et les filles …
Penser à mon défunt mari fit revenir mes larmes mais pour la première fois ce n'était pas de manière douloureuse.
Je me rappelais les bons moments, notre rencontre, notre mariage, nos enfants, nos fous-rires et notre vie à trois, puis à quatre …
J'aimais mon mari et je l'aimerais toujours mais Kiara avait raison depuis le début. Reprendre les rênes de la compagnie puis rester dans la villa où nous avions vécue n'avait fait que contribuer à m'enfoncer un peu plus dans mon isolement.
Une idée germa dans mon esprit, mais en étais-je capable ? Après toutes ces années ?
Je savais que Kiara serait plus qu'heureuse que je franchisse enfin le pas.
C'était précipité, je venais à peine de penser à cette décision mais si je n'en parlais pas maintenant, je ne prendrais sans doute jamais la décision.
Je relevais la tête et après une profonde inspiration pour être sûre de ma décision, je regardais Aro droit dans les yeux.
- Je vais le laisser partir … mais pour ça j'ai besoin de tourner la page Aro ?
Il fronça les sourcils et m'intima de continuer.
PDV Kiara
Cela faisait trois jours maintenant que maman avait repris conscience. Elle allait un peu mieux.
Je n'avais passé qu'une seule petite heure avec elle hier parce qu'elle devait encore passer une série d'examen pour savoir comment elle se portait.
Carlisle nous avait ensuite appelés pour nous rassurer, une nouvelle fois. Tout allait bien. La cicatrisation de maman se faisait doucement mais au moins elle se faisait.
Pour le moment j'étais dans la Volvo d'Edward et il me conduisait à l'hôpital.
Depuis trois jours, son visage était fermé et j'avais l'impression qu'il se murait de plus en plus dans le silence. En rentrant la veille, j'avais essayé de lui parler de maman mais il avait coupé court à la conversation.
Je l'avais laissé quitter la pièce sans rien dire mais il n'allait pas m'échapper encore longtemps.
Il fallait que j'en parle à maman. Surtout que maintenant elle savait que nous vivions avec lui.
Oh elle ne m'en avait pas parlé, ce qui était étonnant du reste. C'est Aro qui me l'avait dit. Je l'avais croisé quand il sortait de la chambre de son associé.
Je n'avais pas évoqué le sujet mais il était sans doute temps maintenant d'évoquer les vrais problèmes avec ma mère et avec Edward.
Mes petites sœurs étaient sur les sièges arrière de la voiture. Il était convenu qu'il me dépose et qu'il accompagne les filles dans un parc jusqu'à ce que je l'appelle pour qu'il vienne me chercher permettant ainsi à mes sœurs de voir un peu maman.
Je ne fis aucun commentaire quand il stationna devant l'hôpital. Je claquais la portière avec un « à tout à l'heure » et me dirigeai vers la porte entendant Edward redémarrer derrière moi.
Quand j'arrivais à la chambre de maman, je toquais légèrement et elle me répondit d'entrer.
Elle avait meilleure mine de jour en jour.
Certes les marques étaient toujours visibles mais comme Maria, sa maquilleuse et coiffeuse, venait chaque matin, maman avait l'air en meilleur état.
- Bonjour maman.
- Bonjour ma fille.
Je l'embrassais et la serrais contre moi avant de poser mes affaires sur la table de chevet et de m'asseoir sur la chaise de plastique.
Je lui posais l'éternelle question « Comment vas-tu ? » et elle me mentit encore en me disant qu'elle allait très bien. J'aurais aimé qu'elle soit honnête mais ce n'était pas encore d'actualité visiblement.
Le silence tomba entre nous et maman ferma les yeux.
- Maman … nous n'avons évoqué aucun sujet …
- Je sais …
Sa voix était claire et douce mais montait légèrement dans les aigus à la fin de sa phrase me faisant comprendre que cette conversation allait surement être aussi dure pour elle que pour moi.
- J'aimerais juste savoir pourquoi ?
Le regard de ma mère se baissa sur ses mains, dont l'une était plâtrée. Elle paraissait tellement fragile en cet instant à mille lieux de la PDG que décrivaient les journaux. Elle était tellement plus que cette femme sans cœur que cherchait à dépeindre certain dans leurs écrits.
Elle était ma mère et je l'aimais tellement.
- Pourquoi tu ne me l'as jamais dit maman ?
Elle détourna son regard de moi et le porta sur la fenêtre comme pour s'éloigner de la réalité de notre conversation. Elle savait de quoi je voulais parler bien sûr.
Je savais que je pouvais être patiente, je pouvais attendre qu'elle organise ses idées et qu'elle mette des mots sur ce qu'elle pensait.
Le silence dura un moment avant qu'elle ne reprenne la parole, d'un ton claire mais d'où perçaient des accents de détresse.
- Pendant des années, j'ai pensé que s'était mieux pour toi, que si tu ne savais pas la vérité alors tu serais protégée de ce père que je pensais mauvais pour toi. J'avais tellement … peur qu'il soit mauvais … Tanya aurait pu tomber enceinte de n'importe qui et je refusais que tu tombes entre les mains d'un homme qui pouvait aisément te faire du mal pour me soutirer de l'argent ou même pire …
Je le savais déjà bien sûr mais il y avait une autre zone d'ombre.
- Mais pourquoi ne pas me le dire à moi ? Demandai-je en tentant de capter ses prunelles demeurant fixée sur la fenêtre. Ce n'est pas quelque chose que j'aurais divulgué !
Elle reporta enfin son regard sur moi et renifla doucement me montrant par la même occasion une larme s'échappant de son œil.
- Quand tu as commencé à me poser des questions … j'ai longuement réfléchi à ce que je devais te dire ou non. Devrais-je avouer toute l'histoire ? Qu'est-ce qui était bon ou non pour toi ? Je voulais te le dire … je savais que dans la même situation, j'aurais voulu le savoir … mais j'étais terrifiée …
Qu'elle admette ça devant moi, était sans doute une première et je restai un moment interdite devant son visage qui en effet reflétait cette peur qu'elle ne cessait jamais de ressentir.
- Terrifiée ? Mais pourquoi ?
Cela semblait tellement saugrenu de sa part.
Maman n'avait peur de rien, même pas de la mort. A mes yeux, elle était la femme la plus forte que je connaissais.
- Je refusais de te perdre Kiara … c'est égoïste mais … je ne voulais pas que tu me détestes … et je pensais que c'est ce que tu ressentirais si je te parlais de toute cette histoire … sans compter que j'ai cru à un moment donné que tu étais la fille biologique de James …
Même moi je l'avais cru pendant un moment.
- Mais je suis celle d'Edward …, murmurai-je tout bas mais assez fort pour qu'elle m'entende.
La douleur qui traversa ses prunelles me confirma aisément ce que je supposais jusque-là.
- Depuis quand le sait tu ?
Ça aussi je le savais mais je voulais l'entendre de sa bouche.
- Je n'ai jamais pensé … même quand j'ai découvert ses liens avec Tanya … je n'ai rien vu venir … jusqu'à ce qu'Esmée Cullen franchisse la porte de la maison et me fasse comprendre qu'il y avait peut-être des chances pour qu'il … soit … ton père. J'ai fait faire un test et j'ai compris …
Sa voix n'était plus que chuchotement alors qu'elle tentait de se plier en deux pour atténuer le poids de la douleur qui la terrassait. Comment une femme pouvait-elle souffrir autant et pourtant rester encore debout ?
- C'est pourquoi tu t'es senti aussi trahit ?
Elle renifla de manière pas très élégante pour elle mais je n'allais surement pas lui faire remarquer. Les apparences importaient peu ici. Elles n'avaient même aucune importance.
- Tu me détestais Kiara … tu me haïssais. Je savais qu'il ne te faudrait pas longtemps pour que tu le choisisses, lui. Tu ne m'as pas laissé te le dire, tu es partit avant mais … j'allais t'avouer la vérité quand tu es partit … même si je savais que je sonnais ma propre mort, je savais aussi … je sais aussi … que tu mérites cette vie qu'il t'offre …
Il y avait plus, tellement plus que ça.
- Dis-moi la vérité, maman. Si tu n'es pas honnête avec lui soit le avec moi.
Quand elle plongea ses yeux dans les miens, je vis parfaitement la culpabilité dans ses prunelles. J'eus du mal à comprendre pourquoi elle se sentait coupable. Elle n'avait aucune raison de l'être. Elle avait fait ce qu'elle pensait le mieux à ce moment-là. Sans elle, je ne serais pas celle que je suis aujourd'hui. Sans elle, je n'aurais pas eu une vie à peu près heureuse. S'il y avait une personne sur qui je pouvais compter dans 5, 10 ans ou même 40 ans, c'était ma mère.
- C'est ton père Kiara … ton père biologique … tu aurais dû grandir avec lui … et je ne t'en voudrais pas si aujourd'hui tu décidais de le faire … tu as des grand parents … des cousins, cousines … des tantes, des oncles … tu as le droit à ce que je ne t'ai jamais offert. Il peut t'offrir ce que je n'ai jamais pu t'apporter. Une vraie famille … et de la joie à ne plus savoir qu'en faire. Les Cullen sont des gens bien … Edward est quelqu'un de bien …
Le mal qu'elle eut à prononcer le nom de mon père, me fit froncer les sourcils. Que ressentait-elle au juste envers lui ? Elle n'avait rien dit non plus sur ce qu'elle pensait du fait que nous habitions toutes les trois avec lui.
Mais quelque chose d'autre m'interpella.
- Tu te sens coupable n'est-ce pas ? Tu te sens coupable parce que tu te dis que je n'ai pas pu vivre avec lui ?
Dans quel méandre, le cerveau de ma mère l'avait-elle conduite ? Quand cesserait-elle de se sentir coupable de chose dont elle n'avait eu aucune prise ?
- Tu aurais dû grandir avec lui … et avec Tanya …Kiara. Tu aurais dû être leur enfant. Si nos parents avaient vécu … si Tanya ne t'avait pas confié à moi. Si Edward l'avait aidé …. Alors tu serais leur enfant et moi … je serais ta tante …
Je me levais de la chaise de plastique sur laquelle j'étais installée, et me rapprochais d'elle en m'asseyant sur son lit. J'attrapais ses mains et je pus constater à quel point, elles étaient gelées.
- Tu n'es pas coupable, maman. Tu n'es pas coupable de ne pas m'avoir offert tout ça. J'ai grandi avec de l'amour, avec de la joie aussi. Certes, nous avons souffert, toutes les deux … mais je n'aurais pas voulu une autre mère que toi. Tu n'es pas coupable de ne pas avoir su qu'Edward était mon père biologique, pas coupable d'avoir voulu me protéger. Maman tu t'es jeté sous les balles pour moi ! Tu as manqué de mourir pour me protéger ! Qu'elle mère est capable d'un tel sacrifice ? Beaucoup sans doute mais qui le ferait réellement ? Tu ne m'as pas seulement sauvé il y une semaine, tu m'as sauvé il y a 16 ans maman ! Tu aurais pu m'abandonner, tu aurais pu me jeter après ce que Tanya avait fait mais tu ne l'as jamais fait !
« Oui j'aurais aimé connaître Edward, oui j'aurais aimé qu'il soit là dès le début … et nouer une relation avec lui après ce qu'il s'est passé ne va pas être une chose très simple mais on ne peut pas refaire le passé et tu ne peux pas t'en vouloir de ne pas être devin ! Je peux t'assurer que lui non plus ne t'en veux pas ! Maman tu pensais que mon père était un poltron et ensuite que c'était un meurtrier … tu ne peux pas t'en vouloir d'avoir eu du mal à l'encaisser quand tu as découvert la vérité !
Les larmes coulaient en abondance sur ses joues alors qu'elle avait maintenant du mal à respirer.
- Et je ne te déteste pas … je ne t'ai jamais détesté et tu as raison… je serais peut-être partie … mais je serais revenue … je serais toujours revenue …
Elle secoua la tête et me lâcha les mains pour essuyer ses larmes mouillant ses joues. Le rouge sur son visage et ses yeux bouffis me serra le cœur.
Je détestais voir ma mère pleurer. Elle méritait plus que n'importe qui de rire et d'être heureuse enfin après toutes ces années.
- Tu serais partie Kiara … et je ne t'en aurais pas voulu … tout le monde part un jour non ? Charlotte et Lise … elles aussi elles partiront … comme tout le monde …
Comme ses parents, Tanya, Quil, Dimitri … et Edward.
Tous les gens qu'elles avaient aimé été partis et moi aussi. Durant des mois, je l'avais laissé toute seule. J'avais moi aussi participé à cette insécurité qu'elle ressentait. Elle n'avait pas eu l'enfance que tout enfant méritée, celle que j'avais eu.
- Oui, elles partiront … mais nous reviendront toujours, maman. Nous aurons nos vies … un jour mais jamais nous ne pourrons te laisser. Moi je ne te laisserais jamais. Tu es ma mère, que tu m'es porté ou non je m'en fiche. Tu es la mère que j'ai choisie …
- Ma fille … ma petite fille …
Secouée de nouveau par de violents sanglots, elle me tendit les bras et je me serrais contre elle pour ressentir cet amour maternel dont j'avais été privée si longtemps.
Je m'en voulais beaucoup mais ça je ne le lui avouerais pas parce que je savais qu'elle ne m'écouterait pas. Mais j'allais me rattraper et lui faire oublier mes excès de rébellion.
- Je t'aime maman. Je t'aimerais toujours.
- Je t'aime mon bébé d'amour, je t'aime plus que le ciel ne compte d'étoiles je t'aime depuis le premier jour ... sans toi … je n'aurais pas pris la peine de me battre. Tu m'as redonné la vie, il y a 15 ans et demi.
- J'ai eu tellement peur, maman. J'ai vraiment eu peur que tu meurs. Je ne l'aurais pas supporté. Charlotte et Lise non plus … sans parler d'Edward …
Elle se ferma un peu quand j'avançais son nom.
Je comprenais mieux maintenant ce qu'elle ressentait.
Découvrir que j'étais la preuve vivante de l'aventure entre sa sœur et Edward, avait été douloureux pour elle, parce que non seulement elle était terrifiée par les droits que pouvait faire jouer mon nouveau père mais aussi parce qu'elle était sans doute persuadée que dans d'autres circonstances, Edward ne l'aurait pas aimé. Il aurait dû être son beau-frère.
Pour ma mère, bien plus que d'être relié à son passé, il était mon géniteur, un homme qu'elle croyait dangereux depuis des années. Dans un sens, elle se sentait trahit par toute cette histoire, une nouvelle fois parce qu'elle venait tout juste de le découvrir après avoir pensé Edward coupable d'un crime dont il n'était que la victime. C'était encore trop frais pour elle. Je savais que pour Edward ce n'était que de l'histoire ancienne ayant lieu il y a plus de 15 ans. Il n'avait pas été amoureux de Tanya.
Je n'étais pas un enfant de l'amour.
Edward aimait ma mère. Il aimait Bella, surement pas Tanya.
- Maman, je ne veux pas te mentir. Je veux apprendre à le connaître. J'ai besoin de …
- Je le comprends, mon ange, me coupa-t-elle le sourire aux lèvres. Bien sûr que je le comprends et je t'y encourage de toutes mes forces. Les Cullen sont des gens qu'il faut apprendre à connaître … ce sont des gens bien, des gens vraiment très bien et Edward … il fera un père merveilleux …
Ces paroles à mille lieux de l'attitude qu'elle avait eus depuis le début me réconforta. Elle ne voulait pas exclure Edward de ma vie et je l'en remerciais.
Je me rendis compte que quelque chose se dénoua en moi me faisant comprendre à quel point l'avis de maman concernant cette histoire, était importante à mes yeux. J'avais besoin qu'elle l'accepte.
Mais il y avait autre chose que j'aurais aimé également.
- Tu peux faire partie de cette famille tu sais ?
J'avais peur de la réponse qu'elle pouvait donner à cette simple question. Elle me donnait sa bénédiction pour que j'entretienne des relations avec Edward mais je voulais aussi que mes petites sœurs et elle aussi fasse parti de cette vie.
Quand je relevais les yeux, je la vis secouer la tête et je compris que rien n'avait changé de son côté, de ce point de vue-là.
Je ne lui avouerais pas mais cela me brisa le cœur, non seulement pour moi mais également pour Charlotte et Lise.
Elle vit parfaitement l'expression de mon visage et baissa les yeux visiblement consciente que je n'étais pas d'accord.
- Edward et moi … je l'ai aimé tu sais. Cela fait un moment que je m'en suis rendu compte. Je l'aime sans doute encore. Je ne le hais plus tout du moins. Je lui en ai voulu pourtant et je lui en veux surement encore de ne pas m'avoir dit la vérité. De ne pas avoir assez eu confiance en moi, pour me dire qu'il avait eu un passé avec ma sœur. J'aurais été choqué mais je sais que tout se serait passé différemment mais … il s'est passé trop de choses … je … je ne peux pas donner à quelqu'un les armes pour me détruire Kiara. Je ne suis pas prête et je ne le serais probablement jamais. Je peux pardonner à Edward tout ce qui s'est passé bien sûr que je le peux et une part de moi le veut sans doute mais … cela ne vas pas plus loin. Je sais que je vais finir par le revoir. Il n'est pas encore venu mais il va finir par le faire, parce que lui et moi avons besoin de parler. Mais j'ai trop espéré dans ma vie, j'ai trop souffert pour laisser encore la possibilité à quelqu'un de jouer avec moi.
« Je me suis toujours réalisée à travers quelqu'un. Quand je n'étais encore qu'une enfant on pouvait le comprendre. J'ai perdu mes parents alors que j'avais encore besoin d'eux. Je me suis ensuite accrochée à Tanya. Elle m'a trahit tellement de fois et quand je pensais que le chagrin était derrière moi, et que j'ai voulu recommencer … c'est Dimitri qui est parti.
« Je n'avais plus d'espoir aucun espoir de m'attacher à une personne et de vivre avec lui. J'avais abandonné l'idée de tomber une nouvelle fois amoureuse. Je vivais tout simplement avec vous à mes côtés et quelque part ça me suffisait.
« Et puis il y eu Edward. Il a été comme une bouffée d'oxygène dans cet océan de douleur et de chagrin dans lequel je m'étais enfermée depuis tant d'années … Avec lui je me suis rendue compte que je n'avais plus besoin de souffrir, que je pouvais parfaitement vivre et être autre chose qu'une mère ou une PDG. Il m'a fait espérer de nouveau et j'y ai cru. L'espace d'un instant, j'ai vraiment cru que la vie me donnait enfin ce cadeau.
« Pour une fois il n'avait rien à voir avec mon passé, ni avec ma famille, ni avec Dimitri, ni avec la compagnie. Il était une sorte d'illusion à laquelle je pouvais me raccrocher … mais il n'était que ça … une illusion …
« Tu sais pourquoi je n'ai pas eu de mal à me détourner ? Pourquoi j'ai cru si facilement aux paroles de James ? Pourquoi j'ai trainé ton père en justice alors que je savais au fond de mon cœur qu'il n'était pas le responsable de tout ça ?
« J'avais besoin d'un coupable Kiara. Qu'une personne paye enfin pour ce que je vivais au quotidien. Dans ma tête avec ce que me disait James, Edward avait contribué à la plus grande souffrance de ma vie … mon petit frère. C'est là que je me suis rendue compte que je m'étais attendue à ce qu'il s'en aille … je savais au fond de moi qu'un jour arriverait ou Edward partirait lui aussi. Je me suis toujours attendue au départ de chacun. Tout le monde est parti et m'a laissé … je savais que se serait le cas pour Edward aussi. Alors je l'ai détruit avant qu'il ne le fasse …
« Je n'ai rien pour les retenir, je n'ai jamais rien eu. La maison, l'argent, la compagnie, les belles robes … tout cela ce n'est rien. Oh certes, j'aime m'habiller comme une femme du monde, j'aime les talons, le maquillage et les vêtements. J'aime m'offrir et vous offrir des trucs hors de prix parce que je n'ai jamais eu le droit ne serait-ce qu'à un centième de tout ça …
« Et aussi bizarre que cela puisse paraître, j'aime mon travail à la compagnie. J'ai appris à l'aimer. Aro est sans doute l'un de mes meilleurs amis. Il est venu tu sais. Il m'a parlé comme jamais auparavant il ne l'avait fait. Et j'ai découvert que j'aimais cet homme aussi. Je n'ai jamais eu d'amis auparavant, jamais. Mais je m'attends à ce qu'il parte lui aussi, tout comme Marcus.
« Kiara … si je perds encore quelqu'un … je ne m'en relèverais pas … pas cette fois … je suis fatiguée. Je suis épuisée par toutes ces années. Je ne veux que votre bonheur à toi … à Lise et à Charlotte …et je veux redevenir quelqu'un. J'en ai besoin …
« Durant toutes ces étapes de ma vie, je me suis accrochée à quelqu'un en espérant que cette personne me sauve de moi-même et de la noirceur de mon passé et de mes souvenirs … et je n'ai pas fait mieux avec Edward. Il était ma bouée de sauvetage, celui capable d'atteindre mon cœur gelé. Et j'ai cherché à le détruire pour me sentir mieux. Je voulais qu'il paye pour ce qu'il avait soit disant fait à Quil mais aussi à moi.
« Et je me suis effondrée parce que c'est à ce moment-là que j'ai compris que j'avais à nouveau recommencé. Je ne peux pas me reposer sur les gens indéfiniment. Vous êtes mes filles et c'est vous qui devez-vous appuyer sur moi pas le contraire.
« J'aime Edward, mais parce que je l'aime, je dois renoncer à lui. Pour toi … pour les filles … et pour moi … je dois devenir une femme. Celle que je n'ai jamais été. Je suis une mère, une sœur, une épouse, une PDG mais je ne suis pas une femme.
« Et j'en ai besoin pour arrêter de m'effondrer quand les gens que j'aime me laisse …
Je pleurais. J'étais terrassée par de gros sanglots en comprenant que ma mère était entrain de renoncer. Pour la première fois de sa vie, elle reculait devant un obstacle.
- Maman … je ne peux pas te laisser faire … tu vas souffrir …
Parce qu'elle aimait Edward, elle aimait mon père.
Maman essuya mes larmes mais laissa les siennes lui emplir les yeux.
- Sans doute mais c'est ma décision … J'ai réfléchis a beaucoup de chose depuis que je suis réveillée … je vais vendre la maison et en acheter une autre. Nous avons besoin d'un nouveau départ toutes les quatre. Pour la compagnie, je vais former Jacob pour qu'il devienne mon bras droit de sorte qu'il puisse prendre ma place quand je serais absente. Je vais engager quelqu'un pour qu'il reprenne son travail pour que je puisse enfin souffler. Je continuerais à travailler mais jamais comme avant. Je passerais chaque week-end avec vous … ou à m'occuper de moi si vous n'êtes pas là. Je vais reprendre ma vie en main et arrêter de laisser les autres la dicter.
« Je vais reprendre l'écriture de mon livre. Cela fait tellement d'année que j'ai arrêté, j'ignore si je suis douée pour ça mais pourquoi pas après tout. Nous allons sortir et faire toute ces choses qu'une famille fait : le cinéma, la patinoire, la fête foraine, la plage, le shopping. Je pense que toi et moi avons besoin de nous retrouver aussi. Tu te rappelles de nos journées filles ? Cela fait tellement d'années que nous y avons renoncé … je pense même que Charlotte viendra avec nous … ou alors toutes les deux …
J'aimais la ferveur de ses paroles et l'étincelle de vie qu'elle avait dans ses prunelles chocolat. Mais j'avais pourtant du mal à m'en réjouir quand on songeait que même si elle comptait enfin dire stop à Isabella Masen Voltury, elle renonçait au reste. Elle renonçait à Edward.
- Alors c'est tout ? Tu renonces à Edward … point final ?
C'était le point le plus dur à encaisser. Surtout après avoir vu Edward souffrir autant que moi de la situation.
- On continuera à se voir bien sûr. Essentiellement pour toi mais … oui je renonce à lui.
- C'est vraiment ce que tu veux ? Demandai-je presque durement.
- C'est ce dont j'ai besoin …
Je n'y croyais pas. Elle avait besoin d'Edward et lui avait besoin d'elle.
Elle détournait le regard pour éviter que je ne lise dans ses yeux ce qu'elle pensait réellement me faisant douter de ces intentions réelles. Mais bien que j'avais envie de lui poser la question, je m'en abstint.
Peut-être qu'il était encore trop tôt. Pas maintenant, pas demain ou après-demain, mais peut-être qu'un jour dans quelques années, elle changerait d'avis.
Peut-être qu'elle se rendra compte qu'elle est devenue quelqu'un par elle-même et qu'elle reviendra vers Edward.
Le temps allait sans doute faire son œuvre et panser les blessures que le passé avait provoqué en eux.
Je l'espérais de toutes mes forces.
Pour le bonheur de mes parents, je priai pour que ma mère un jour, trouve en elle la force de tourner la page et de se concentrer sur son avenir. En tout cas je n'allais pas abandonner.
Jamais.
Et voilà !
Alors vos avis ?
On sait enfin les pensées de Bella et ce qu'elle a ressenti ! Personnellement elle m'avait manqué et c'était une joie de la retrouver enfin ^^ J'espère que vous aussi
Pour la prochain chapitre … on va enfin avoir la conversation que vous attendez toutes … mais je n'en dit pas plus !
Bonne semaine à toutes et surtout à la semaine prochaine.
