Bonjour !
J'espère que tout le monde (veut devenir un cats ?) va bien.
Mon début d'année scolaire se passe bien. Mes profs nous ont emmenés faire une sortie géologique à Saint Tropez, mais pas le moindre nid de vipères en vue… Snif !
Un grand merci à Aylou, Skylia, Persona Aevum, Minea Line, Seilax, Brouchtignou, Jylle, kimo gaig et Kangoo pour leur review ! Et un autre grand merci à mes deux nouveaux (nouvelles) followers que sont Qulbutoke et MagicOnyx !
Skylia : Coucou !
Et oui, Vincent a été grillé par son look tape à l'œil. Il n'y a que lui pour penser passer inaperçu habillé comme ça !
Gros bisous et merci beaucoup !
Seilax : Salut !
Oui, j'ai essayé de faire quelque chose de complet pour me faire pardonner ma future longue absence. Contente que ça t'ait plu !
D'accord, je dirais rien ! Motus et bouche cousue !
Pourquoi un jardinier ? C'est tiré de la série Desperate Housewife et c'est d'ailleurs la seule chose que je connais de cette série : l'une des femmes finit par se payer son jardinier. Voilà :P
Merci beaucoup et gros bisous !
Kimo gaig : bonjour !
C'est exactement ça en plus. Pauvre Alix…
Bisous bisous !
Je vous rappelle qu'à part Alix, les scientifiques et les OCs, rien ne m'appartient ! Ah, si, les fautes d'orthographe...
Chapitre 43
Elle Court Elle Court La Maladie D'amour.
Il me fallut plusieurs minutes pour me remettre de mes émotions. Le simple fait de m'être assise m'avait sapé toutes mes forces et là j'essayais comme je le pouvais de ne pas le regarder. Peine perdue, toute mon attention était focalisée sur le vampire, de mon ouïe à mon odorat même si ce dernier n'était pas assez puissant pour donner des résultats concluants. J'étais en train de me demander ce que j'allais pouvoir faire pour supporter ça quand Yuffie débarqua dans le salon avec toute sa grâce naturelle. C'est-à-dire qu'elle envoya la porte frapper contre le mur et qu'elle se mit aussitôt à hurler, des fois qu'il reste une personne dans un rayon de quinze mètres qui ne l'ait pas entendu.
- On va à la plage !
Tout le monde leva les yeux vers elle.
- Tu crois vraiment que c'est le moment ? marmonna Barret.
- Les enfants tournent en rond, vous avez clairement besoin de prendre l'air et je vais finir par vous rendre folle si on ne sort pas.
Je crois que le dernier point était le plus terrible et c'est ce qui sûrement fit changer d'avis la majorité des personnes présentes.
- C'n'est peut-être pas une si mauvaise idée, marmonna Barret.
- Puis ça ferait plaisir à Marlène, chantonna Yuffie.
Voilà qu'elle appuyait sur la fibre paternelle à présent.
- C'est d'accord, finit par capituler Tifa. Tu m'attends, je vais mettre mon maillot !
Et elle bondit en direction de la sortie. La ninja jeta un regard circulaire sur la pièce. Seul Vincent refusa la sortie alors que j'essayais de me faire toute petite.
- Et toi Alix ?
Zut. Faut croire qu'un dragon, malgré tous les efforts déployés, ça ne peut pas passer inaperçu.
- J'ai pas de maillot, marmonnai-je.
Et je me voyais mal traîner sur la plage en bas de jogging et T-shirt trop grand.
- Bah c'est pas la fin du monde, s'étonna Yuffie, on va aller t'en acheter un.
J'étais à deux doigts de me planquer sous mon fauteuil quand la wutaïenne m'attrapa par le bras pour me traîner en dehors de la pièce.
- À plus tard Vinnie ! s'écria-t-elle en lui plantant un bisou sur la joue.
Quant à moi, j'étais trop mortifiée pour penser à être jalouse ou à rire de la tête scandalisée de Vincent. Par contre, ce que je sentis bien, ce fut l'impression horrible que l'on venait de m'arracher le cœur à la petite cuillère quand j'eus quitté la pièce. Je sentis ma bouche s'assécher et mon sang battre fort dans mes veines, comme lors d'un gros coup de stress. J'essayai alors de faire demi-tour mais Yuffie m'en empêcha et je manquai juste de finir les fesses par terre.
- Rho mais ne panique pas comme ça ! Tu as de l'argent, du temps et une copine spécialiste des vêtements. Tout ira bien !
Mais moi ce que je voulais c'était Vincent ! Peine perdue, je me retrouvai dehors avant d'avoir eu le temps de protester dignement.
- Heu, Yuffie, grognai-je. Je peux me débrouiller toute seule.
- Oh je n'en doute pas, babilla-t-elle. Mais moi je connais les meilleurs magasins avec le meilleur rapport qualité-prix.
Elle se tourna vers moi.
- Malheureusement, tu as beaucoup de magasins sur la plage qui vendent des articles de mauvaise qualité. Si tu veux que ton maillot tienne sur ton dos quand tu es dans l'eau, je te conseillerais de me suivre.
Un truc dans son regard me fit dire qu'elle ne plaisantait pas. Mais j'avais une certaine appréhension quand au fait de savoir qu'elle allait s'occuper de moi. Après tout ce qu'elle m'avait fait subir celle-là… Je n'avais pas oublié le coup des vêtements trop courts.
- Et arrête de me regarder comme ça ! J'ai une réputation à tenir, je ne vais pas te mettre n'importe quoi sur le dos !
Et me voilà repartie, suivant calmement l'espèce de puce survoltée devant moi. Elle m'entraîna dans la direction opposée à celle de la plage et s'arrêta devant une toute petite boutique qui ne payait pas de mine.
- Allez, entre ! s'exclama-t-elle.
Elle me poussa presque à l'intérieur. Mais ce que je vis me fit ouvrir des yeux éberlués : il y avait des maillots de bain absolument partout. Même au plafond. La boutique était étroite et encombrée, et semblait se tenir sur deux étages.
- Bonjour mesdemoiselles.
Je tournai la tête vers la tenancière qui me fit un clin d'œil aguicheur. Je me contentai de joindre les mains pour prier en articulant soigneusement un « aidez-moi » qui la fit sourire. La caissière se contenta de faire non de la tête, un immense sourire sur les lèvres.
- Bon, alors. Vu comment tu es pâle de peau, il va falloir éviter les couleurs trop claires ou trop pâles, décréta Yuffie. Une ou deux pièces ?
- Ben heu…
Je n'avais jamais porté autre chose que des une-pièce pour camoufler mes formes et tout tenir en place.
- Tu veux essayer les deux-pièces ? me demanda beaucoup plus calmement la ninja.
Elle lisait dans mes pensées maintenant ?
- Quelle taille ? soupira-t-elle devant mon air ahuri.
- J'en sais rien ! fus-je bien obligée d'avouer.
J'étais censée m'acheter un maillot une fois au bord de la mer avec Yan et Susan. Du coup et à cause de mon « nouveau » corps, je ne connaissais même plus mes mensurations. Elle est pas belle la vie ?
- Ben va y avoir du challenge !
Elle semblait contente. Elle partit farfouiller dans les rayons, attrapant des choses en grommelant, les reposant parfois. Découragée, une impression de vide dans le cœur, je me mis aussi à chercher mais sans beaucoup d'entrain.
- Oh, Alix, j'ai le truc par-fait pour toi !
Je me tournai vers elle avant de sentir mes yeux sortirent de leurs orbites.
- T'es pas sérieuse ? soufflai-je
Le truc était composé d'un string et d'un soutien-gorge qui ne devait même pas cacher les parties essentielles. Et il était en dentelle !
- Nan, ne t'en fais pas. Même moi je ne porterais jamais un truc comme ça.
- Pourtant c'est très seyant pour une soirée intime, minauda la vendeuse.
- Je veux bien vous croire, grommela la brune.
Nous reprîmes nos recherches en pouffant joyeusement.
- Et ça ? me demanda la ninja.
C'était un une-pièce rouge vif.
- Heu, il est très joli, mais c'est très « Alerte à Malibu » non ?
- « Alerte à Malibu » ? Qu'est-ce que c'est ? s'étonna Yuffie.
Zut, j'avais oublié ce petit détail.
- Une série télé de chez moi qui se passe au bord de l'océan chez des sauveteurs côtier. La fille a exactement ce maillot là.
- Oh, je comprends ! -Elle le reposa aussitôt- Tu ne te sentirais pas à l'aise dedans.
Elle finit par me décrocher une bonne vingtaine (au bas mot) de modèles avant de me pousser dans la cabine d'essayage. Je dus TOUS les essayer, même ceux qui ne me plaisaient pas. Je compris que la ninja sélectionnait ainsi les modèles et je dus avouer qu'elle s'y prenait bien, me contemplant d'un œil critique à chaque fois. Elle dut plusieurs fois ajuster la taille mais elle jugeait plutôt bien.
- Que pensez-vous de celui-là ? demanda-t-elle une fois à la vendeuse.
- La coupe lui va bien, mais elle aura du mal à nager avec sans se retrouver hum, comment dire… Avec la laiterie à l'air.
Nouveau clin d'œil aguicheur alors que la ninja me repoussait dans la cabine. Finalement elle repartit fouiller avec une très nette idée de ce qu'elle voulait.
- Voilà ! s'écria-t-elle brusquement !
Elle revint avec un modèle qui fit se décrocher ma mâchoire et je le lui arrachais presque des mains.
- Je sais que tu préfères le blanc, mais le blanc et l'eau…
Je hochai la tête, ébahie.
- Il est… juste sublime. Tu es un génie, Yuffie.
- Je sais, on me le dit souvent.
Je m'enfermai pour l'enfiler avec hâte.
- Et bien, cette demoiselle a du goût ! siffla la vendeuse en s'approchant de moi.
Vert et bleu, le modèle était sans fioritures et mettait mon tient en valeur sans me donner l'air malade. En un mot il était génial. Je le payais sans faire de chichi, récoltant au passage le numéro de la vendeuse sous les ricanements de Yuffie.
- Tu as une touche ! ricana-t-elle en me donnant un coup de coude dans les côtes.
- Je les préfère plus virils et avec moins de poitrine, confiai-je.
- Oh, la pauvre, tu vas lui briser le cœur !
Nous explosâmes de rire avant de passer rapidement à la Villa pour nous changer. Une fois en tenu de plage, je suivis la ninja à l'extérieur. Les autres étaient probablement partis devant car il n'y avait plus personne à l'intérieur. Le trajet se passa dans le silence le plus total, jusqu'au moment où…
- Regarde maman, c'est le monstre de tout à l'heure !
Yuffie grogna alors que D se redressait immédiatement, à l'affut.
- Ne la regarde pas, glapit la mère en se jetant devant elle pour la protéger.
Je sentis mon cœur se serrer.
- Ne vous approchez pas d'elle ! rugit le père. C'est un monstre horrible ! Je l'ai vu dévorer un homme pas plus tard que ce matin !
Les touristes se mirent à chuchoter entre eux, me dévisageant avec crainte, dégoût et animosité. Sans que je n'ai eu le temps de dire quoique ce soit, ils s'écartèrent devant nous.
- Sale monstre ! rugit un badaud.
- Mais c'est Yuffie Kisaragi, d'AVALANCHE ! Le monstre est avec eux ?
- Oui, j'en ai entendu parler. Il parait qu'elle a détruit la moitié du port et qu'elle a tué de nombreux hommes sans raisons valables.
La princesse de Wutaï m'attrapa par le bras pour me trainer littéralement en dehors de cette foule hostile. Je me fis huer comme une vulgaire criminelle alors qu'on arrivait à la plage. Il ne fut pas difficile de repérer les autres grâce à la tenue de Vincent et à la silhouette splendide de Tifa.
- Ah, vous voilà ! s'écria cette dernière. Tu as trouvé ton bonheur, Alix ?
- Oui, lui répondis-je doucement.
Mais voilà, quand vint le moment d'enlever ma bonne vieille robe de plage, un doute me prit. Et si j'avais l'air ridicule dans mon ensemble ? Cette idée me surpris car jamais auparavant je ne m'étais posé ce genre de questions. Puis mon cœur battit brusquement la chamade et je compris que Vincent avait bougé pour venir s'installer sous les larges parasols déployés par le groupe. Je n'avais pas réellement peur d'être ridicule, j'avais peur de ce que LUI allait penser de tout cela. Yuffie me jeta un regard interrogateur et je finis de me déshabiller sans y mettre une grande conviction. Quand je vis que personne ne me jetait un coup d'œil, je me permis de respirer.
- Je vais cramer sous ce Soleil moi, grognai-je.
- Mais non ! me coupa gaiment Nanaki. Tu as passé plusieurs heures dans une cheminée, alors tu penses bien que les UV ne te feront rien !
Je souris à cette réponse avant de me diriger vers l'eau en compagnie du lion rouge. Le reste de l'après midi, nous le passâmes à jouer comme des gosses à nous asperger et à nous couler. Cloud lui-même y participa bien qu'un bref instant et seul Vincent resta sur le sable.
-A-
En début de soirée, les autres étaient tous retournés sous les parasols alors que je restais seule à profiter de l'eau. Je prenais un bain de pied, les orteils profondément enfoncés dans le sable.
- Hey, mais ce n'est pas le « monstre » dont tout le monde parle ? fit une voix pas loin de moi.
Je tournai lentement la tête pour faire face à trois hommes de mon âge qui me contemplaient d'un air ahuri.
- T'es sûr que c'est elle ? demanda l'un d'entre eux, tatoué. Elle est vraiment banale !
- Mais oui, fit le deuxième avec un short rouge. Ils parlaient d'une fille rousse avec les cheveux tressés !
- Je m'attendais à mieux que ça, conclut le troisième.
Ils se rapprochèrent de moi, me détaillant sous toutes les coutures comme un animal de foire.
- Elle n'a pas l'air très dangereuse, fit celui au short rouge.
- Elle n'est même pas jolie ! grogna le troisième.
Le tatoué me poussa alors doucement.
- Vas-y, attaque nous pour voir, le Monstre ! ricana-t-il.
D s'énerva mais je lui fis comprendre qu'abonder dans leur sens serait leur donner raison.
- Ça a bon goût l'humain ? demanda le troisième. Je suis sûr que t'as aimé ça !
- Si tu veux manger de l'homme, je suis là, susurra l'homme au short rouge. T'es pas très jolie mais je pourrais me targuer d'avoir eu le Monstre d'AVALANCHE dans mon pieu.
Je fis bien gaffe à ne pas ouvrir la bouche alors que l'un d'entre eu me poussa à nouveau mais plus violemment, manquant de me faire chuter.
- Putain mais allez, réagis merde ! grogna le troisième.
Il m'assena un coup dans le dos qui m'envoya rouler dans l'eau, me faisant boire la tasse.
- Si j'étais vous je la laisserais tranquille.
La voix glaciale me surprit alors que je me redressai en crachant toute l'eau de mes poumons. Nanaki contemplait les hommes, les crocs bien en évidence, sa queue à l'horizontale.
- Ouais c'est bon, on faisait que s'amuser ! grogna le tatoué, mauvais.
Ils s'éloignèrent enfin, non sans me jeter une poignée de sable à la figure. Minable, j'étais toujours assise les fesses dans l'eau quand le félin vint passer sa tête sous mon bras.
- Debout, il faut rejoindre les autres.
J'obtempérai comme une automate, encore sous le choc de ce qu'il venait de se passer.
- Allez ! répéta Red.
Je me retrouvai ainsi devant le reste du groupe, hagarde.
- Que lui est-il arrivée ? s'enquit Barret.
- Elle vient de se faire agresser par des types qui en avaient après « le monstre d'AVALANCHE »
- Je vois… soupira Cloud.
- Yuffie, je t'ai dit stop !
Le ton brusque de Vincent nous tira de notre conversation. La ninja se tenait face à lui, aguicheuse, l'air d'en avoir encore derrière la tête.
- Mais moi je n'ai pas envie d'arrêter Vincent, fit-elle doucement.
Et pour appuyer ses dires elle se hissa sur la pointe des pieds pour l'embrasser sur la joue et alors l'impensable se produisit. Dans un flash de lumière Chaos remplaça Vincent et je me demande encore comment j'avais fait pour bondir aussi vite pour tirer la brune de son périmètre d'action.
- Et bien, on ne m'embrasse pas, moi ? fit semblant de s'étonner le démon.
Sa voix me rappela des mauvais souvenirs alors que Yuffie reculait de plusieurs pas, me laissant seule face à lui.
- Tiens tiens, la fille-dragon. Cela faisait longtemps je crois. Je garde un bon souvenir de notre dernière rencontre, j'ai bien envie d'aller plus loin cette fois, pas toi ?
Il s'approcha dangereusement de moi, pourtant je ne bronchai pas. Je plantai mon regard dans le sien, cherchant Vincent dans les prunelles rouges sang.
- Sans façon, lui répondis-je. Tu es bien trop mauvais pour que j'accepte d'aller plus loin.
Il eut un sourire narquois.
- C'est dommage, tellement dommage. Je vais être obligé de me rabattre sur quelqu'un d'autre. La petite brune m'a l'air d'être une grosse cochonne. J'aimerais beaucoup l'entendre hurler de douleur.
Il fit un pas vers elle et Yuffie recula encore alors que je ne bougeai pas d'un pouce. Il essayait de nous intimider mais ça ne marcherait pas sur moi.
- Rend-nous Vincent maintenant, exigeai-je.
Il ricana.
- Oh non, bien sûr que non. Des jours que j'attends une ouverture pareille. Je dois une fière chandelle à la petite : sans son attitude d'allumeuse à deux balles je serais encore coincé dans la tête de cet abruti même pas capable de sauter une midinette qui n'attend que ça !
Yuffie glapit.
- Je crois que je vais aller faire un tour. Il y a des endroits où les populations ne me connaissent pas et ça fait longtemps que je n'ai pas tué d'humains.
Et le démon décolla, nous laissant tous abasourdis. J'eus de nouveau l'impression qu'on m'arrachait le cœur à la petite cuillère.
- Que… soufflai-je.
- Il reviendra, m'assura Cloud. Allez chercher vos affaires, nous repartons de suite.
- Mais, et Vincent ? balbutiai-je.
- Il ira sûrement se planquer dans sa caverne et nous ne le reverrons pas avant un bon bout de temps.
Je gémis alors que je suivais les autres. Le soir, je me couchai avec le cœur au bord des lèvres dans ma cabine sur le Shera, l'impression qu'il fallait que je retrouve Vincent le plus vite possible imprimée au fer rouge dans mon esprit.
-A-
J'ouvris les yeux sans surprise sur la plaine fleurie du monde des morts. Je ne l'avais peut-être jamais dit, mais c'est endroit était vraiment cool pour un au-delà. Je veux dire, contrairement aux descriptions des grecs il y avait des fleurs partout. Je relevai la tête pour plonger mon regard dans celui de Genesis, qui me contemplait calmement, Loveless à la main.
- Prête ? me demanda-t-il comme bonjour.
Je hochai la tête, peu convaincue. J'avais surtout la tête remplie de questions depuis les évènements des derniers jours. Je me levai quand même, attrapant l'épée qu'il me tendait. Nos entrainements étaient devenus assez étranges depuis que je maniais une lame contre le rouquin. Je prenais petit à petit de l'assurance alors que j'enchainais les mouvements qu'il m'avait appris, ma lame butant à chaque fois contre la sienne. Nous ne nous battions pas vraiment, en fait j'avais toujours plus l'impression de danser. La sensation que nous produisions un ballet mortel me venait fréquemment à l'esprit et me laissait pantoise. Genesis était un entraineur dur, je devais le reconnaitre. Il ne mâchait pas ses mots et n'hésitait pas à me mettre au sol quand mes erreurs l'énervaient trop. Mais je ne voyais aucun jugement dans son regard. Il me prenait telle que j'étais, sans faire un foin si je réussissais ou ratais quelque chose. J'étais au final étonnamment à l'aise avec lui, et cela même quand Sephiroth venait observer nos entrainements. Ce jour-là il était absent, sûrement retenu autre part. De toute façon, je n'étais pas vraiment présente à l'entrainement. Peut-être que physiquement je me tenais devant Genesis, une épée à la main, mais mon esprit était ailleurs. Partit courir après Vincent. Partit se mettre à l'abri des autres personnes et de ce qu'il m'arrivait ces derniers temps. Partit oublier mon soudain cannibalisme et la peur qui nouait mon estomac quand je me retrouvais au milieu d'une foule de plus en plus hostile.
- Tes jambes, nom de Dieu !
Je n'eus pas le temps de comprendre ce qu'il m'arrivait que quelque chose me fauchait les pieds, me faisant tomber lourdement au sol.
- Concentre-toi un peu ! grogna le SOLDAT.
Je détournai les yeux.
- J'n'y arrive pas, marmonnai-je.
Il leva un sourcil.
- Et pourquoi donc Madame n'arrive pas à se concentrer ?
- Je… Je ne me sens pas bien… J'ai plein de chose dans la tête… Et pas des plus agréables.
Genesis se figea.
- Mon âme, empoisonnée par le désir de vengeance, A vécu dans la tourmente mais s'éteindra avec mon salut Et ton sommeil éternel.
Il me fallut quelques instants pour reconnaitre le passage de Loveless.
- Loveless, hein ? grognai-je
Le rouquin me toisa un long moment avant de soupirer.
- Debout ! me lança-t-il.
Voyant que je ne bougeais pas, il m'attrapa par le coude pour me remettre sur mes pieds.
- Allez viens.
Sans attendre ma réponse, il rengaina son arme et coula sa main dans le creux de mes reins, me forçant à avancer. Le contact de sa main me sembla étrange mais pas déplacé car je n'y percevais aucune intentions, quelles qu'elles soient. Il me lâcha au bout de quelques mètres pour prendre la tête et se mettre à avancer dans la plaine fleurie. Je me rendais bien compte que l'on n'allait pas en ligne droite sans pour autant comprendre la logique de ces déplacements. En effet, il n'y avait aucun changement dans le paysage. Est-ce que Genesis avait un GPS ou une carte mentale ? Du style « à la troisième pâquerette tournez à droite » ? Cela reste encore aujourd'hui un mystère. Néanmoins, le SOLDAT finit pas s'arrêter au milieu de nulle part et leva les yeux. Je fis de même que lui pour voir descendre Sephiroth, sa longue aile déployée. Il atterrit souplement devant nous, nous contemplant d'un air interrogateur.
- Que se passe-t-il ? demanda-t-il froidement.
- Elle ne va pas bien, répondit Genesis.
Le Général sembla comprendre quelque chose car il replia son aile aussi sec, faisant voler des plumes partout. J'en attrapais une alors que le roux se laissait tomber au sol souplement, suivi de son supérieur hiérarchique.
- Autant nous asseoir, plaqua calmement Sephiroth devant mon air ébahi.
Je fis tout de même la même chose qu'eux, m'asseyant en tailleur face à Sephiroth aux côtés de Genesis. Est-ce que j'étais la seule à trouver cette scène surréaliste ? Je restais muette alors que le silence devenait lourd. Le Général finit par lever un sourcil.
- Et bien, que t'arrive-t-il ? demanda-t-il froidement.
Ce qui me mit plus mal à l'aise encore. Je baissai les yeux pour contempler la plume que je me mis à faire tourner entre mes doigts.
- Quand les gens s'inquiètent pour toi et se préoccupent de ton bien être, le minimum est quand même de leur répondre.
La voix de Sephiroth trancha l'air plus habilement qu'une lame, me faisant sursauter alors qu'une pointe de honte m'envahissait.
- Dé… Désolée ! bégayai-je.
Genesis se contenta de ramasser une fleur et de me menacer avec.
- Des ailes de lumière et d'ombre se déploieront au loin, Elle nous guidera vers le bonheur, de son don éternel, cita-t-il.
Sephiroth leva les yeux au ciel alors que je louchais sur le morceau de verdure que j'avais sous le nez.
- Loveless, acte1, fit le Général.
Genesis hocha positivement la tête.
- De ce que je vois, la jeune femme ici présente a tout aussi peur de nous parler que de rien dire. Alors dans le doute elle se tait, philosopha le rouquin.
- Si seulement tu pouvais faire de même, grogna l'argenté.
Je pouffai malgré moi alors que le lieutenant assassinait son supérieur hiérarchique du regard.
- Tu sais, fit brusquement Sephiroth, tu peux tout nous dire. Je pense qu'on a déjà tout entendu.
J'ouvrai la bouche, hésitante, puis la refermai. Je baissai de nouveau le regard sur la plume, faisant miroiter les reflets noirs qui l'animaient avant de me décider sans pour autant relever les yeux.
- J'ai mangé quelqu'un, murmurai-je.
Je savais que malgré mon ton très bas ils m'avaient parfaitement entendu.
- Je vois, fit la voix de l'argenté, calme.
Brusquement, une main s'abattit sur ma tête. J'eus un peu de mal à appréhender que le geste venait bien de mon coach et que celui-ci essayait apparemment de me consoler en me tapotant le haut du crâne maladroitement. Je n'osais pourtant toujours pas croiser leur regard.
- Comment ça se fait ? me questionna-t-il gentiment.
Il me faisait peur quand il parlait comme ça, allez savoir pourquoi.
- Je… D avait faim, et il y avait cet homme et son arme et… et elle l'a attrapé et elle l'a avalé… Il y avait le goût du sang et celui du reste et….
Je crus que j'allais vomir lorsque la main gantée de Genesis m'attrapa par les cheveux pour me forcer à relever la tête et à planter mon regard dans les yeux de Sephiroth. Il avait l'air mortellement sérieux et ses yeux bleus-verts de chat me sondaient calmement.
- Cela ne change rien pour nous Alix, me dit-il d'une voix moins froide qu'à l'ordinaire. Crois-moi quand je te dis qu'on a fait pire que ça tous les deux.
Genesis hocha la tête avant d'arrêter de martyriser mon cuir chevelu et de poser sa main sur mon épaule.
- Ce n'est pas toi qui as mangé cet homme, c'est D.
J'eus brusquement envie de pleurer mais je me retins. Déjà que l'estime qu'ils devaient avoir de moi devait frôler les pâquerettes (ici présentes) ne leur rajoutons pas quelque chose qui pourrait me déprécier encore plus. Distraitement je commençai à tresser les fleurs, espérant me calmer.
- Il n'y a pas que ça, n'est-ce pas ? questionna simplement Sephiroth.
Je hochai les épaules, peu désireuse de parler de la personne qui me causait tant de soucis émotionnels ces derniers temps.
- J'ai senti l'énergie de Chaos, insista l'argenté. Il s'est passé quelque chose ?
Je déglutis mais relevai la tête. Le porteur de Masamune fit un geste évasif de la main.
- Il est tellement puissant que n'importe qui sait quand il se manifeste.
Je hochai à nouveau la tête compréhensive. Puis je compris que je ne pouvais pas leur cacher ce qu'il s'était passé. Je n'étais pas obligé de dire toute la vérité mais je leur devais au moins ça.
- Yuffie Kisaragi a poussé Vincent dans ses limites et Chaos a profité de sa distraction pour se manifester. D et moi lui avons tenu tête et il est parti.
Je vis une lueur étrange passer dans les yeux de Genesis mais le SOLDAT n'ouvrit pas la bouche.
- Tu as tenu tête à Chaos ? répéta Sephiroth. Je n'ai pas assisté à votre dernière confrontation mais tu avais passé un bon moment assise par terre dans cette ruelle. Pourquoi recommencer ?
Un soupir de soulagement m'échappa : au moins il n'avait pas vu le « baiser » que m'avait accordé le démon. Puis quelque chose me sauta aux yeux.
- Comment sais-tu que j'ai passé autant de temps dans cette ruelle ?
Le SOLDAT fronça les sourcils.
- Et bien cela me semble évident, je m'occupe de toi depuis que tu es là, non ?
Je rougis et repris ma tresse de fleurs.
- Si tu t'endors dans cinq minutes, souffla-t-il, venimeux, je te course jusqu'à épuisement.
Je sursautai alors que Genesis ricanait ouvertement. Il se souvenait toujours de cette mauvaise habitude que j'avais quand j'étais encore au laboratoire ?
- Mais je ne comprends pas, lui avouai-je. Il y a tellement de choses qui n'ont plus de sens ces derniers temps.
- Comme quoi ? s'étonna Genesis.
- Comment mes amis sont venus ici ? Comment ont-ils pu passer et pas moi ? Pourquoi je suis là et pas ailleurs ?
J'avais l'impression de me plaindre pour rien, mais il y avait un tel capharnaüm dans mon esprit que certaines questions devaient trouver des réponses avant que je ne devienne folle.
-On en sait rien nous aussi, fit doucement le roux. Le don de la déesse est un mystère infini.
- Ce qu'il veut dire, traduisit Sephiroth, c'est que tu as changé tellement de chose dans cet univers que ce n'est plus de notre ressort. Aerith s'est littéralement arraché les cheveux lors du bref passage de tes amis. Nous ne pouvons pas répondre à tes questions non pas parce que nous ne le voulons pas mais parce que nous sommes aussi perdus que toi, si ce n'est plus.
Je hochai la tête, compréhensive.
- Tu devrais aller dormir un peu, me conseilla Genesis.
Je le souris doucement.
- Pas de problème, lui répondis-je.
Je sentis que mes yeux commençaient à se fermer. Juste avant de sombrer dans le néant je bondis devant moi, embrassant délicatement chacun des SOLDATS sur les joues pour emporter avec moi leur tête stupéfaite.
-A-
Le lendemain, j'ouvris les yeux avec difficulté, le cœur au bord des lèvres. Me levant difficilement, je partis me doucher avant de rejoindre le salon, non sans auparavant planquer une longue plume noire sous mon oreiller. Le voir vide m'arracha une plainte et manqua de me faire paniquer. Ma dragonne essaya de me rassurer mais peine perdue. Je voulais Vincent. Plus que ma propre vie, je le voulais avec moi ici et maintenant. Sans même avaler autre chose que mon café, je m'assis contre le rebord des baies vitrées. Je n'entendis même pas les autres se lever et venir se regrouper dans la pièce commune. Seul Nanaki vint à un moment m'apporter une couverture et à ce moment précis seulement je me rendis compte à quel point j'étais gelée.
- Il te manque ? me souffla-t-il discrètement.
Je hochai la tête, hagarde.
- Va en parler à Cloud, me conseilla-t-il. Lui seul sait où se trouve la grotte de Vincent.
Je me levai péniblement pour me diriger vers le SOLDAT.
- Cloud, murmurai-je. Je veux aller chercher Vincent.
Il me jeta un regard interloqué.
- C'n'est pas une bonne idée, fit-il en secouant la tête de gauche à droite.
- S'il te plait ! le suppliai-je.
Il me contempla, étonné.
- Il va revenir tu sais. Rien de ce qui c'est passé n'est de ta faute.
- Mais il faut que je le ramène ! insistai-je.
Il soupira.
- Et pourquoi ? grogna-t-il.
Je pris une brusque inspiration.
- Pour D. Elle cherche Chaos partout et c'est infernal.
Il me regarda longuement.
- Je suppose que c'est une raison valable, même si je pense que c'est une bien mauvaise idée. Je vais demander à Cid qu'on te parachute au plus près de la grotte.
J'en aurais pleuré de joie. Cloud se dirigea vers le pilote qui hocha la tête d'un air compréhensif avant d'ajuster son cap. Une heure plus tard, je me tenais debout dans une plaine désertique, seule au milieu des cailloux. Cloud m'avait averti : il n'y avait aucune activité humaine dans les parages et il ne soutenait pas mes projets. J'allais devoir me débrouiller toute seule. Le cœur battant, j'entrepris de chercher Chaos comme Vincent cherchait ma dragonne pour me retrouver. Au bout de vingt minutes, je dus m'avouer vaincue : je n'y arrivais pas. Gémissante, je me laissai tomber au sol alors que D grognait des encouragements
- Je ne le trouve pas ! gémis-je.
- Je cherche.
Elle ne me dit plus rien pendant un moment puis tout d'un coup une lumière rouge vive se mit à briller dans mon esprit. Elle enfla, désenfla, et finalement se stabilisa.
- Au-dessus. Chaos être au-dessus.
Je souris à l'entente de cette phrase avant de me diriger vers le sommet, doucement.
-A-
J'entrai dans la grotte, silencieuse. L'endroit était immense, irréellement lumineux. Il ne me fallut pas longtemps pour découvrir l'origine de cette lumière. Un immense cristal de ce que j'identifiai comme de la mako trônait au centre d'une petite mare. Et à l'intérieur de ce cristal demeurait une femme, et l'une des plus belles qui m'ait été donnée de voir. Je repérai Vincent, de nouveau humain, assis dans un coin en appui sur sa main de métal. Mon cœur fit un bond à cette vision mais je ne fis pas mine de me diriger vers lui. Seule la vision que j'avais devant moi m'importait. De longs cheveux bruns, une longue robe blanche ne couvrant pas ses épaules, le visage d'une irréelle douceur. Ses mains étaient croisées sur sa poitrine, comme si elle priait pour quelque chose. Il ne me fallut que peu de temps pour comprendre qui j'avais devant moi tant la ressemblance était frappante. C'était la mère de Sephiroth. La femme enfermé dans ce cristal était Lucrécia.
- Mon dieu, avec une mère aussi belle, tu m'étonnes que le Général le soit aussi, soufflai-je doucement.
Une boule me serra la gorge. Je ne tenais pas la comparaison. Vraiment pas. La seule femme que je connaissais qui pouvait jouer au même niveau était Aerith, et encore il lui manquait quelque chose. La maturité, peut-être.
- Que fais-tu ici ?
La voix de Vincent, bien que froide, n'était pas méchante. Il semblait las à en mourir. Je n'osais pas tourner la tête vers lui, de peur de ce que je pourrais lire dans son regard. Peur de l'indifférence, somme toute. Alors je continuais de contempler Lucrécia, me demandant si Sephiroth avait la moindre idée de ce à quoi sa mère biologique pouvait bien ressembler. Ce fut à ce moment-là que D se manifesta. Jusque là silencieuse, se contentant d'essayer de me remonter le moral, elle me demanda la permission pour prendre le contrôle sur moi. Le fait qu'elle me demande mon consentement plus le fait qu'elle me paraissait sérieuse ne me firent pas douter un instant. Je fermais les yeux et quand je les rouvris j'étais à nouveau dans cet espace noir où mes yeux faisaient deux fenêtres colorées s'ouvrant sur un monde étrange pour moi, même encore aujourd'hui. La dragonne, aux commandes de mon corps d'humaine de faible constitution, s'approcha du cristal mais sans pour autant dépasser une certaine limite. Elle se mit à observer la femme avec un intérêt particulier, suivant ses veines du regard. Ce fut uniquement à ce moment-là que je me rendis compte du problème : j'étais trop loin de Lucrécia, je n'aurais pas du pouvoir observer avec autant d'attention son système sanguin. Et pourtant je voyais les veines ressortirent presque en fluorescence du corps pâle de la femme. La vision de prédatrice de D était fantastique.
- C'est extrêmement bizarre, fit-elle à voix haute.
Si elle s'était améliorée sur le français, le ton restait néanmoins encore un peu monocorde. Mais j'étais tout de même impressionnée. La dragonne se retira tout doucement et nous laissa toutes deux prendre les rênes. Cet exercice nous était de plus en plus facile avec le temps.
- Qu'est-ce qui est bizarre, D ? questionna Vincent.
Le fait qu'il nous distingue ne m'étonna même pas.
- Elle est morte mais pas tout à fait, s'expliqua le reptile géant.
Cette fois, j'entendis clairement un bruis de cape. Vincent venait de bouger.
- Que veux-tu dire ?
Son ton me fit mal. Il y avait tellement d'espoir dedans que cela me fit presque pleurer. D, elle, resta de marbre.
- Son cœur ne bat plus. Plus rien ne fonctionne au-dedans de elle. Mais il y a quelque chose de vivant dans le cristal.
Elle pencha la tête sur le côté. Personnellement je ne voyais pas de différences, mais elle sembla y trouver son compte.
- Toutes les âmes retournent à la Rivière de la Vie après la mort ?
- Oui, lui répondit Vincent.
D sembla brusquement heureuse.
- Alors voilà le problème. L'âme de cette humaine est coincée dans le cristal et ne peut pas en sortir.
- Donc il y a un espoir pour que… commença Vincent.
- Non, coupa la dragonne.
Elle me demanda de l'aide pour ce qui suivait et je parlais à sa place, disant néanmoins tout exactement comme ma colocataire l'exprimait dans mes pensées.
- Son âme est piégée ici mais son esprit n'existe plus. Cette femelle est morte, ce n'est plus qu'une coquille vide coincée dans un cristal de mako pure. Même si par je ne sais quel miracle son âme réintégrait son corps, elle ne serait plus la même. En fait, elle aurait la conscience aussi développée que celle d'un nouveau né. Telles sont les lois de la nature.
Après ce laïus, D se retira, me laissant presque essoufflée. Terrifiée par la portée de mes mots sur le vampire, je tournai vivement la tête vers lui. Ce que je vis me glaça. L'homme ne me regardait même pas. Il avait les yeux fixés droit devant lui et ne cillait pas. Il ressemblait presque à une statue, si ce n'est le léger mouvement qui animait sa poitrine à chaque respiration. Je ne sais pas combien de temps je passais à le fixer, le cœur battant la chamade et les yeux à deux doigts de pleurer. Puis, brusquement, il se tourna vers moi, manquant de me faire sursauter.
- Vincent, je…
- Alix, pourquoi es-tu venue ici ?
Il semblait presque en colère à présent. Très mal à l'aise, je franchis à petits pas la distance qui me séparait de lui pour m'arrêter à moins d'un mètre. Son regard me glaçait les os. Il semblait me défier d'ouvrir la bouche à nouveau et je sus qu'à ce moment-là précisément, le vampire me haïssait. Mos os se changèrent progressivement en plomb et ma langue sembla enfler dans me bouche, remplissant tout l'espace disponible. Ce n'était peut-être pas une si bonne idée que ça finalement, de venir ici. Un sursaut éloigna ces pensées de mon esprit, et D grogna, me rappelant à l'ordre. J'étais venue ici parce que j'aimais l'homme en face de moi. J'étais venue parce que je ne supportais pas son absence, aussi courte soit-elle. Je voulais qu'il me revienne, aussi égoïste que pouvait être cette demande.
- Je suis venue te chercher, quelle question ! finis-je presque par hurler.
Je détournai la tête, nerveuse. Pourtant son regard ne me lâchait pas, me faisant perdre mes moyens petit à petit.
- Pourquoi ? grogna-t-il.
- Parce que nous avons besoin de toi ! Parce que j'ai besoin de toi…
J'avais presque murmuré cette assertion mais le vampire n'était pas sourd. Je sentis son regard sur ma personne changer. De haineux il devint surpris.
- Mais Chaos… soupira-t-il.
- Mais moi je m'en fous de Chaos ! sifflai-je. Et qu'est-ce que tu veux que ça me fasse ? Regarde-moi ! Je me retrouve à défendre un monde que je ne connaissais pas il y a un an ! Un monde qui me déteste en plus ! J'échouerais dans tout ce que j'entreprends si vous n'étiez pas là pour me secouer les puces ! Il y a un an, mon plus grand rêve était d'aller à la Fac pour étudier la génétique. Aujourd'hui j'en suis réduite à prier que je ne tuerais pas trop de monde en laissant le contrôle à D. Alors je m'en fous complètement de Chaos à partir du moment où tu n'es pas trop loin.
Ma voix se brisa sur ma dernière phrase et je me mis à contempler le mur de roche à ma droite, refusant ne serait-ce que de poser les yeux sur Vincent.
- Mais je te regarde.
Sa voix s'était considérablement adoucie et je sentis mes yeux s'arrondirent alors qu'une chaleur agréable me montait aux joues.
- Et que vois-tu ? soufflai-je doucement.
Jamais une question ne m'avait semblée si importante, et jamais je n'avais attendu une réponse avec autant d'impatience et de peur combinées.
- Une bien étrange personne qui a bien changé nos vies.
Je ne sais pas si c'était un compliment mais je le pris bien. Un poids sembla s'ôter de mon estomac et j'eus l'impression de pouvoir respirer à nouveau. Pour la première fois depuis le début de notre entrevue, j'acceptais de regarder le vampire et d'admettre les conséquences de mes mots. Ce que je vis me surprit. Toute trace de haine avait quittée son regard et son regard carmin exprimait à présent quelque chose que je n'arrivais pas à saisir.
- Allons sauver le monde ! déclarai-je en lui tendant la main.
Il la contempla quelques instants avant d'accepter de la saisir.
- Allons sauver le monde, acquiesça-t-il.
Je l'aidai à se remettre debout en souriant.
- Tu sais, tu es vraiment une femme impressionnante.
- C'est un compliment ? grimaçai-je.
Il ne lâcha pas ma main.
- Il faut croire que oui.
Je me sentis rougir alors qu'il me lâchait enfin. J'avais l'impression d'avoir déjà eu cette conversation.
- Allons-y, les autres doivent nous attendre.
Voyant que je n'avançais pas, il glissa sa main humaine dans mon dos et me poussa en avant doucement, réitérant sans le savoir le geste de Genesis. Je me mis en marche doucement alors que ce simple contact m'électrisait. Comment pouvait-il être si différent de celui du SOLDAT roux ? D, au lieu de se moquer de moi, semblait contente. Ce fut dans ce drôle d'état d'esprit que nous quittâmes la grotte.
Fin du chapitre 43
Alors, qu'en avez-vous pensé ? Perso j'adore la scène de la grotte, c'est ma préférée de tout le chapitre !
Concernant le bonus des 300 reviews, j'avais pensé à une espèce de questions-réponses où vous posiez des questions aux personnages (et à moi-même) auxquelles ils seraient obligés de répondre. Si ça vous tente…
A dès que possible tout le monde, et gros bisous !
