Chers lecteurs,
Noël approche et si, comme moi, vous êtes en vacances, vous passez peut-être certaines après-midi bien au chaud devant les téléfilms de Noël. Sachez en tout cas que ces mièvreries dont on connaît la fin au bout la troisième minute du film m'ont permis d'écrire deux chapitres en seulement quelques jours donc remercions les :) Pour ceux qui travaillent encore jusqu'au réveillon, je vous souhaite bon courage.
Je vous remercie pour toutes vos reviews, bien plus nombreuses au précédent chapitre, probablement en écho à mon inquiétude exprimée en préambule. Me voilà rassurée et j'ose espérer continuer à vous lire pour ce chapitre. C'est une réelle motivation, vous n'imaginez même pas. Ce chapitre est un peu spécial car on y verra pas Harry même s'il sera, bien entendu, évoqué !
Je vous souhaite en avance à tous un excellent réveillon de Noël. Que la joie et l'amour soit au cœur de cette soirée.
A très bientôt, Patmol25
Etat de la fic : 71 chapitres écrits - en cours d'écriture
Chapitre 54 : Parlons d'avenir
Tom venait de transplaner face à un grand portail en fer forgé dont le haut commençait à rouiller. Celui-ci s'ouvrait sur une allée de cailloux bordée de sapins d'un vert éclatant et menait à une grande porte en bois d'une vieille bâtisse en pierre imposante. Il dut lever la tête pour observer le bâtiment dans son ensemble constitué de deux étages. Sur la façade s'étalait une dizaine de fenêtres dotées de volets en bois. Sur le côte droit se détachait une tourelle dont la hauteur dépassait d'une dizaine de mètres le reste de la demeure.
En contre-bas de la bâtisse dévalait une colline verdoyante d'où jaillissait plusieurs platanes et buissons touffus. Sous ses yeux s'étendaient des kilomètres de verdure et au loin, il repéra un vaste étang. Aucune habitation ne figurait autour de lui.
Resserrant le col de sa cape sombre autour de son cou, Tom tapota deux fois le portail de sa baguette magique et celui-ci s'ouvrit dans un grincement sonore. Il avança jusqu'à l'entrée de la demeure. Une bourrasque de vent s'engouffra dans ses cheveux bruns au moment où il frappa contre la porte d'entrée.
Aussitôt, un elfe de maison ouvrit la porte et s'inclina poliment devant lui. Il lui indiqua de le suivre et Tom pénétra dans le hall lumineux et circulaire. De nombreuses plantes vertes égayaient davantage l'endroit. Sur la gauche, plusieurs chaises et fauteuils proposaient un espace d'attente. L'elfe de maison lui laissa un temps pour observer son nouvel environnement puis le guida jusqu'au centre de la pièce où se trouvait un bureau en bois imposant.
Derrière était assise une jeune sorcière aux cheveux courts vêtue d'un tailleur classique. Une paire de lunettes rectangulaire juchée sur le nez, elle était penchée sur un épais registre. À l'approche de Tom, elle releva la tête et fronça un bref instant les sourcils. Lorsqu'elle prit conscience de qui il était, ses yeux s'élargirent et elle se redressa dans son siège, fébrile.
« Bonjour Mademoiselle, » commença t-il dans un bulgare à peine hésitant. « Je souhaite voir le médicomage en charge d'Adam Jedusor. »
Sa voix soyeuse fit apparaître une rougeur sur les joues pâles de l'hôtesse d'accueil. Celle-ci hocha vivement la tête et farfouilla dans le bazar de son bureau. Elle dénicha une plume qu'elle trempa dans un encrier puis rédigea quelques mots sur un parchemin. Ensuite, elle le roula avant de le tapoter de sa baguette. Le parchemin s'envola aussitôt dans les airs et disparu vers les escaliers.
« Monsieur Georgieva est prévenu de votre présence, » déclara t-elle d'une voix chevrotante. « Il va arriver d'un moment à l'autre. »
Tom acquiesça et s'éloigna de quelques pas en observant avec délectation l'embarras de la jeune femme. Ayeline appelait cela de l'arrogance. Pour lui, c'était simplement le plaisir de noter son pouvoir sur les autres.
Quelques minutes à peine s'écoulèrent avant qu'un homme d'une cinquantaine s'approche de lui. C'était un petit blond et efflanqué au front fuyant. Il portait un costume vert bouteille dont la chemise était tirée par son ventre bedonnant. Ses yeux bruns clairs se fixèrent sur lui avec une certaine fascination et Tom retint le rictus mauvais tenté d'apparaître sur son visage.
« Monsieur Jedusor, » salua t-il en lui tendant une main vigoureuse. « C'est un honneur de vous rencontrer. Maîtrisez-vous le bulgare ? »
Ayeline et Adam étaient bien plus habiles avec cette langue après avoir vécu en Bulgarie pendant plus de sept ans. Cependant, il possédait quelques bases de ce dialecte et s'était aidé en avalant une potion de langage juste avant de transplaner. Mais cela, personne n'avait besoin de le savoir.
« Nous pouvons échanger en bulgare. Je viens voir mon fils, » annonça t-il sans préambule. « Comment se passe son séjour ici ? »
L'institut Petrova, un établissement de santé sorcier, se situait au cœur des plaines inhabitées à une centaine de kilomètres au sud de la ville de Kazanlak. Seuls les sorciers les plus riches pouvaient se payer un séjour dans ce lieu luxueux afin de se démêler de leurs problèmes d'addictions variées, de dépression, de fatigue chronique et autres pathologies nécessitant un repos strict.
Évidemment, le prix exorbitant assurait une discrétion et une sécurité infaillible convenant pour la plupart aux célébrités souhaitant se soigner loin du grand public.
Le médicomage Georgieva afficha un air professionnel et l'enjoignit de le suivre. Ils se dirigèrent vers une volée d'escaliers menant au premier étage de la bâtisse. Le sorcier prit quelques secondes avant de lui répondre.
« Votre fils est un sorcier étonnant, Monsieur. Il est arrivé ici de plein gré mais avec un degré d'addiction à l'Apathia très élevé. Les premiers temps furent extrêmement pénibles pour lui. L'arrêt de cette drogue entraîne un sevrage violent sur plusieurs jours constitué de convulsions, de fièvre, d'hallucinations auditives et visuelles, d'insomnies et de vomissements. »
Tom hocha brièvement la tête, prenant conscience de l'épreuve difficile à laquelle son aîné faisait face. Après leur confrontation terrible, Adam s'était enfui du Manoir Serpentard sans donner signe de vie pendant plusieurs jours. Plus tard, il avait envoyé une lettre annonçant son souhait d'intégrer l'Institut Pétrova pour entamer une cure de désintoxication. Sans hésiter, Ayeline l'avait soutenu dans cette direction en versant la somme nécessaire à l'entrée.
« Quelques unes de ses explosions magiques ont fait tremblé à plusieurs reprises les fondations de l'établissement, » ajouta le médicomage en affichant un pâle sourire. « Il a une telle puissance en lui que l'état de manque a été ardu à supporter pour sa magie. Il montre une certaine difficulté à maîtriser quelques émotions, notamment la colère. »
« Adam est en effet un sorcier puissant. »
Une certaine fierté résonna dans ses mots. Le regard éberlué du médicomage attisa son amusement. Adam ne leur avait probablement pas facilité la tâche.
« Cette drogue sorcière est un véritable fléau Monsieur Jedusor. Votre fils, malgré sa volonté, va devoir affronter encore des moments difficiles pour poursuivre son chemin vers une abstinence totale et sereine. »
« Il ne quittera pas cet établissement tant que la moindre envie de se droguer persiste. »
« Les conduites addictives demandent un travail de longue haleine tant au niveau du rapport au produit qu'au cheminement thérapeutique entamé avec un psychomage, » précisa l'homme avec une légère hésitation. « Cela demande un temps considérable pour comprendre ce qui pousse quelqu'un à essayer puis à répéter des comportements nocifs. Votre fils consomme énormément de cigarettes également mais notre priorité ne s'axe pas sur ce produit. Sachez qu'un mal-être est souvent la source d'une telle problématique. »
Le médicomage sembla mortifié de ses propres mots, craignant que le puissant sorcier ne se sente visé d'être le mal-être d'Adam Jedusor. Le silence et le manque de réaction de l'homme accentua son incertitude. Comment comprenait-il ce qu'il tentait de lui expliquer au sujet de son fils aîné ? Georgieva passa une main tremblante sur son ventre arrondi puis s'arrêta devant une porte close.
« Voici sa chambre. Vous êtes sa première visite. » ajouta t-il. « Il est assez taciturne et peu bavard. »
Le regard narquois de Jedusor le liquéfia alors qu'il réalisa que l'homme connaissait son fils et devait déjà probablement le savoir. Sans un mot de plus, le petit sorcier fit volte-face et déguerpit rapidement, le front luisant de sueur.
Tom resta un moment figé devant la porte fermée. Après avoir grimpé une volée d'escaliers, les deux hommes avaient traversé un long couloir décoré de différents tableaux et éclairés de torches. La chambre d'Adam se trouvait dans la tourelle, probablement la meilleure zone de l'établissement. Et la plus chère. Il inspira puis frappa à la porte.
« Entrez ! »
Il poussa la cloison en bois et pénétra dans une chambre lumineuse et spacieuse. Un énorme lit à baldaquin, encadré par deux tables de chevet en bois, trônait du côté droit de la pièce. Une armoire figurait sur le coin gauche de la pièce accolée à une porte menant probablement à la salle d'eau. Se trouvait également un bureau sur lequel une pile de livres et de rouleaux de parchemins était posée. Une baie vitrée donnant sur un balcon courait tout le long de la pièce, faisant entrer une luminosité naturelle éclatante malgré le ciel gris.
« Papa ? »
La surprise était perceptible dans la voix d'Adam. Ce dernier était affalé sur un fauteuil de style bergère, les genoux remontés contre sa poitrine. Un parchemin posé sur ses genoux, il dessinait fiévreusement avant d'être interrompu. Il posa son crayon de papier et se mit sur ses pieds, ébranlé de le voir ici.
« Adam, » salua Tom. « Je suis venu te rendre visite. »
Le jeune homme tressaillit sous son regard inquisiteur. Ses joues étaient amincies tout comme l'ensemble de son corps. Vêtu d'un jean foncé et d'un sweat gris à capuche, il était loin de ses tenues chics et de qualité habituelles. Ses mains étaient recouvertes de trace de crayon de papier alors il resta les bras ballants au lieu de le saluer.
Leur dernier échange s'était soldé par une confrontation violente et virulente, tant verbalement que physiquement. Cela avait créé un nouveau fossé entre eux, un gouffre déjà si grand depuis la disparition de Tom en 1981. La tension et l'incertitude étaient palpables dans l'air puis Tom, se fiant à son corps, fit un pas de plus vers son fils aîné et referma ses bras autour de lui.
Adam se tendit, peu habitué aux étreintes physiques de son père. Ils restèrent maladroitement ainsi un instant puis le plus jeune passa des bras tremblants autour de l'autre sorcier. Aussitôt, une vague d'émotions le submergea et il ne put la canaliser. Des larmes jaillirent de ses yeux à sa grande horreur et il enfonça son visage dans le creux de l'épaule droite de Tom, à la fois pour se dissimuler et pour laisser échapper toute sa peine.
Tout aussi embarrassé par cette effusion sentimentale, Tom resta immobile et se contenta de le garder dans ses bras. Harry s'était à plusieurs reprises glissé dans ses bras pour l'étreindre mais ça n'avait jamais été aussi long et gorgé de larmes. Et Adam ne s'était pas ainsi blotti contre lui avec la force du désespoir depuis sa sixième année.
Le silence dans la pièce était uniquement brisé par les sanglots du jeune homme dont les jambes s'étaient mises à trembler. Tom déglutit, ignorant ce qu'il était censé faire. Ayeline ne lui avait jamais expliqué ! Comment pouvait-il le savoir ?
« Je suis désolé, » croassa finalement Adam au bout d'un moment qui paru interminable à Tom. « Je suis désolé d'avoir jeté un tel déshonneur sur toi et maman. »
Le jeune adulte se recula en glissant hors de son étreinte avec douceur. Son visage pâle s'était constellé de tâches rouges et le bout de son nez avait pris la même teinte. Ses yeux ternes étaient encerclés de cernes et brillaient toujours de larmes. Ses émotions à nouveau son contrôle, il s'empressa d'éviter son regard et se détourna de lui pour rassembler inutilement les nombreux dessins jonchant le bureau.
« Tu fais partie de la famille et nous nous soutenons les uns les autres même si nos actions peuvent êtres dérangeantes, » répondit Tom d'une voix qu'il espérait assuré. « Rita Skeeter et Xenophilius Lovegood vont bientôt comprendre les risques de vouloir accabler notre famille. Notre priorité est à présent ta convalescence. »
Un son étranglé lui répondit mais il ne s'en formalisa pas. Il s'installa sur le fauteuil sur lequel Adam était installé à son arrivée. Il tendit une main curieuse vers les parchemins et en attrapa quelques uns. Les talents de dessinateurs de son fils se révélaient à nouveau sur ces croquis. Des paysages. Des personnages inventés et réels. Des scènes de vie.
« J'aime dessiner. »
L'hésitation dans la voix d'Adam lui fit relever la tête et il le détailla soigneusement du regard. Il connaissait l'attrait de son fils pour cet art. Un pan du mur de sa chambre au Manoir était d'ailleurs recouvert de dessins. Cependant, il n'avait jamais pris le temps de s'y intéresser entièrement.
« Que fais-tu de tous ces dessins ? »
« J'en jette beaucoup. J'en garde quelques uns. Ceux que je préfère. »
« La capacité de création est à promouvoir, notamment chez les jeunes sorciers qui sont l'avenir de notre société. Garde tout et ton répertoire artistique s'étoffera et te sera un jour probablement utile. »
Sidéré par les mots de son père, Adam le dévisagea ouvertement. Il se laissa tomber sur la chaise face à lui et poussa un soupir fatigué. Trois semaines s'étaient écoulées depuis son arrivée à l'Institut. Hormis les médicomages, psychomages, infirmiers et elfes de maison, Adam n'avait vu personne ! Faire face à son père, notamment de façon inattendue, était déroutant.
« Qu'es-tu venu faire ici ? »
Inconsciemment, il attrapa une cigarette qu'il alluma d'un rapide mouvement de baguette magique. Tom plissa les yeux, mécontent mais s'abstint de tout commentaire. Les deux Jedusor, face à face, s'observèrent silencieusement un moment.
« M'informer de ton avancée, » répondit Tom. « Je suis satisfait d'apprendre que la période de sevrage est achevée pour laisser place à un autre travail. Tu n'abandonnes pas. »
La dernière phrase sonnait à la fois comme un compliment et comme une menace à l'oreille d'Adam. Pourtant, il inclina doucement la tête et sentit une douce chaleur se diffuser en lui.
« Comment va maman ? »
Adam n'avait pas eu de nouvelles des membres de sa famille durant ces dernières semaines, hormis un courrier d'Ayeline. Il était plus qu'étonné que celui qui fasse le déplacement soit son père et non elle.
« Elle travaille ardemment pour mettre sur pied les premières écoles primaires sorcières pour la rentrée de septembre. Quelques mois vont encore s'écouler d'ici là mais c'est un travail conséquent et prenant. Je ne l'ai pas informé de cette première visite. »
« Tu ignorais dans quel état tu allais me trouver, » supposa t-il avec une pointe de rancœur dans la voix. « Tu ne voulais pas lui infliger la vue de son fils dépravé. »
« C'est vrai, » approuva Tom. « Ayeline s'est beaucoup remise en question sur son rôle de mère suite à ce fâcheux article et sur la révélation de tes problèmes avec la drogue. »
La franchise de l'homme était toujours piquante mais elle l'obligeait à faire face à la réalité. La culpabilité d'Adam se multiplia à ses mots. L'isolement lui avait permis de réfléchir profondément sur son addiction, aux conséquences de celle-ci sur sa vie privée et sa santé mais aussi sur sa famille. Il avait craché des horreurs à ses parents avant de fuir en Bulgarie, s'effondrant contre la porte d'Irina Iordanov.
« Je voulais être certain de ta réelle motivation à cesser cette destruction de toi-même avant de l'inciter à venir ici. »
« J'ai essayé plusieurs fois de décrocher mais… cette fois-ci, je le sens bien, » confia Adam d'une voix faible. « J'accepte toutes les consultations du médicomage et celles du psychomage. Ici, je me consacre uniquement à cela en étant enfermé dans cette foutue chambre tous les jours. »
« Une foutue chambre plutôt luxueuse, » observa Tom.
Son léger sourire amusé démentit la désapprobation dans sa voix. Adam haussa les épaules d'un air embarrassé mais laissa ses lèvres s'étirer également.
« Et Harry ? J'ai laissé mon miroir à double sens au Manoir et je ne lui ai pas encore envoyé une lettre. »
« Ton frère poursuit son entraînement pour la troisième tâche avec Diggory. Je lui ai dispensé deux leçons avec Bellatrix avant la fin de ses congés scolaires. J'ignore si ça sera suffisant pour cette dernière épreuve. Il se montre plutôt assidu en cours d'après Severus et Aurélius. »
« As-tu une idée plus claire du responsable de sa participation au Tournoi ? Après tout ces mois, il n'a toujours pas été démasqué. »
Tom reçut la remarque comme un reproche personnel et il s'efforça de ne pas rabrouer Adam sèchement. Il le fixa jusqu'à lui procurer une sensation de gêne. Satisfait à ce moment là, il secoua négativement la tête.
« Difficile d'étudier la Coupe de Feu en raison de sa puissance magique et du nombre de sortilèges autour d'elle. Tant que nous n'en savons pas plus, la priorité est de l'accompagner dans ce Tournoi. »
« Diggory est un septième année. Il est un peu plus expérimenté pour faire face à ces épreuves. Harry ne l'est absolument pas. Sa participation est une aberration. »
« Harry est incroyablement plus puissant que ce misérable avorton. Il doit simplement apprendre à maîtriser sa magie et développer ses connaissances en sortilège. »
Adam fut un instant tenté de taquiner son père sur la fierté évidente qu'il percevait. Cependant, il n'osa pas franchir ce pas alors qu'ils partageaient le moment le plus apaisé qu'ils avaient depuis des mois. Il se contenta d'approuver ses mots d'un mouvement de la tête avant d'écraser le mégot de sa cigarette.
« Les rumeurs courent sans être fondées réellement. Penses-tu que Diggory tente vraiment de séduire Harry ? »
« Harry ne m'en parle guère. Il évoque parfois ses amis de Gryffondor mais ne l'a jamais clairement nommé. Toutefois, lorsque je les ai surpris aux Trois Balais, Diggory avait une attitude tout à fait enjôleuse avec lui. Il le tenait dans ses bras, riait avec mais ça ne paraissait vraiment pas être amical. »
Cette question n'obtiendrai jamais une réponse franche de la part de Harry. Tom le savait et songeait que le regard aiguisé de son fils aîné pouvait l'aiguiller. Notamment suite à cette soirée inappropriée pour un gamin de quatorze ans.
« Harry n'y est pas insensible. »
« Clairement pas, » approuva Adam en fronçant les sourcils. « Quand j'ai rappelé à Diggory qu'il avait seulement quatorze ans, Harry était horrifié et considérait ça comme une humiliation. Il était blotti contre lui. Je ne crois pas qu'il saisisse encore le sens de tout cela. Je pense qu'il est encore perturbé sur les relations entre les hommes. Diggory lui plaît même s'il n'ose pas l'admettre. »
« Ce n'est pas une situation acceptable. Harry ne peut pas tomber sous les charmes de ce garçon. »
« Représente t-il un danger ? »
Jusque là, Adam s'était surtout arrêté sur la différence d'âge entre les deux garçons. Et la proximité de la famille Diggory avec Albus Dumbledore. Ces deux éléments étaient suffisants pour l'alerter mais il n'avait pas considéré cette relation comme un danger en particulier.
« Il est le fils d'Amos Diggory, membre actif de l'Ordre du Phénix. À présent majeur, il va certainement suivre les pas de son père à sa sortie de Poudlard. »
« L'acharnement de Dumbledore à freiner tes affaires ne faiblit donc pas ! » s'exclama Adam en secouant la tête. « N'a t-il pas compris que tu avais conquis une majorité des sorciers du pays ? »
« Je sais de source sûre que l'Ordre se détache de Dumbledore sans difficulté. Il n'a plus la main mise sur son petit monde. Les cartes sont en train d'être redistribuées. Cela promet d'être intéressant. »
Tom se frotta pensivement le menton, repensant à son dernier échange avec Aurélius Selwyn. L'évolution du Mangemort depuis sa chute était remarquable tant au niveau magique que dans ses relations sociales. Il s'était rapproché de certains membres de l'Ordre du Phénix en toute tranquillité, lui permettant de récolter des informations. Celles-ci étaient précieuses pour anticiper, contrecarrer et détourner ses actions. Cela expliquait probablement la jalousie de Severus dont les accusations infondées contre Selwyn étaient de plus en plus présentes.
« Pourquoi ferait-il cela ? Quel est son intérêt de se retirer ? Il a passé des années à œuvrer pour te défaire. »
« Dumbledore vieillit, » répondit Tom avec un sourire mauvais. « La longévité des sorciers est remarquable mais rares sont ceux capables de tourner le dos à la mort indéfiniment. »
Les mots énigmatiques de son père le mit mal à l'aise sans qu'il ne puisse l'expliquer. Il fronça les sourcils, l'enjoignant à développer ses propos.
« Il se serait montré moins vindicatif à mon encontre ces derniers mois alors les plus réfractaires à mon avancée se sentent trahis et l'évincent de leur pitoyable organisation. »
« Ça ne t'inquiète pas. »
La confiance qui émanait de l'homme était surprenante et Adam l'envia un instant. Il ne manquait pas cruellement de confiance en lui mais il avait un degré de doutes et d'incertitude permanent au quotidien. Notamment depuis qu'il s'était effondré la tête la première dans la drogue. Cela n'avait que contribué à sa dépréciation personnelle.
« Leur rébellion est très divertissante mais je continue à avancer. De nouveaux éléments vont d'ici peu faire leur apparition et avoir un écho retentissant sur l'ensemble de notre société. Lucius a habilement distribué quelques mauvais conseils à Fudge sans que son nom n'apparaisse nulle part. »
« Et je suppose qu'à la révélation de ces conseils, notre cher Ministre va être hors jeu. »
La réponse à sa question fut un sourire sardonique de Tom. Il sentit son amusement s'accroître et secoua la tête avec un faux air de dépit. Au fond de lui, Adam était fier de l'homme face à lui. En presque deux ans, il avait accompli de vrais progrès et sa place dans la société n'était plus à questionner : les sorciers l'avaient adopté.
Bien sûr, une poignée de réfractaires résistait. Enfin, Adam ignorait le nombre de résistants ! Est-ce que son père faisait bien en les ignorant avec mépris ? Lors de la guerre, il n'avait pas pris suffisamment au sérieux la menace représentée par l'Ordre du Phénix.
« Ce qui m'amène aujourd'hui à avoir une discussion à ce sujet avec toi. »
Adam arqua un sourcil avec surprise. Il se redressa sur la chaise avec nervosité et frotta ses mains recouvertes de traces de crayon sur son jean sombre. L'embarras d'être dans un tel état de faiblesse et de négligence face à son père était puissant. Il avait l'impression que le mot « drogué » était gravé sur son front ! Leur précédente dispute faisait encore écho dans son esprit, lui tordant les entrailles comme ça avait souvent été le cas depuis son arrivée à l'Institut Pétrovia.
« Il est vrai qu'à mon retour, nous n'avons pas pris le temps de parler de ton avenir. Tu démarrais tes études en droit et semblait t'y épanouir. L'arrêt abrupt de ta scolarité universitaire en janvier a démontré ton désintérêt pour cette matière. »
« Je m'ennuyais, » se justifia Adam en grimaçant. « Avaler des tonnes de lois et décrets sorciers me rendait fou ! J'ai besoin d'action et de travailler, d'avoir des objectifs professionnels. Continuer en droit signifiait signer pour encore trois années d'études au minimum. »
« L'apprentissage est un privilège dont chaque sorcier devrait se saisir malgré la difficulté qu'il peut représenter. »
Adam tressaillit alors qu'une vague de colère mêlée à la culpabilité le heurta de plein fouet. Comment son père pouvait-il lui dire cela ? Si le droit ne lui plaisait pas, il n'allait tout de même pas y rester. Il voulait exercer un métier dans lequel il pourrait s'épanouir. Il détourna le regard, préférant poser ses yeux sur le parc vide de l'établissement. Le vent soufflait fort et le ciel gris était chargé de nuages.
« Mais bien sûr, il faut trouver un sujet suscitant une motivation. Selon tes mots, ton intérêt se trouve plutôt sur l'expérimentation et sur le terrain. La majorité de ton entourage occupe des postes à responsabilité au Ministère de la Magie. Je pense qu'au moment venu, une place s'ouvrira pour toi dans le domaine de ton choix pour faire tes preuves et apprendre. »
« Tu me proposes une place au Ministère ? »
Adam était incrédule et il dévisagea ouvertement son père. Celui-ci hocha la tête et une brusque explosion d'enthousiasme éclata en lui. Certain d'être une gêne, un embarras pour son père, ce dernier venait de lui prouver le contraire ! Il avait assez confiance en lui pour le faire entrer au Ministère de la Magie. Il n'y avait eu aucune excuse, aucun remord clairement énoncé entre eux. Cependant, ce geste et cette reconnaissance de sa qualité en tant que sorcier était bien plus important à ses yeux.
« Ma seule condition sera de te voir passer un diplôme en parallèle sur la spécialisation que tu souhaites choisir au Ministère, » ajouta Tom d'un ton sérieux. « De nos jours, la valeur d'un diplôme est inestimable et justifie tes compétences professionnelles. »
Le jeune homme acquiesça vivement, lui aussi conscient de la nécessité d'avoir un bagage scolaire autre que les ASPICS. Plusieurs idées se bousculèrent. Quel département correspondait le plus à ses intérêts et ses ambitions ? Oh Merlin, il n'en avait aucune idée.
« Afin d'éviter toute accusation de favoritisme, l'idéal serait de te faire intégrer un des départements avant l'éviction de Fudge, » poursuivit l'homme. « Cependant, notre priorité est ici, dans cet Institut Pétrovia. J'ose seulement espérer que cette offre sera suffisamment alléchante à tes yeux et propice à de grands changements dans ta vie. »
Une heure plus tard, Tom quittait l'établissement d'un pas rapide. Après avoir passé le portail d'entrée, il se tourna une dernière fois en direction de la tourelle et vit la silhouette de son fils aîné l'observer attentivement. Tom inclina la tête vers lui et un léger sourire apparu sur son visage lorsque ce dernier lui répondit d'un mouvement de la main.
Il se détourna puis décida de ne pas transplaner dans l'immédiat au regard de son état de fébrilité. Le vent était glacial alors même que le mois d'avril touchait à sa fin. Il s'efforça de prendre une grande inspiration mais la chaleur dans son corps s'accroissait de minutes en minutes. Il avait écourté sa visite auprès d'Adam, sentant les premiers effets de son malaise apparaître.
Quelques minutes plus tard, Tom s'engouffrait dans un bosquet situé au bas de la colline. Il s'approcha d'un platane tronc et posa une main tremblante sur l'écorce enrobant le tronc se fissurant en petites écailles. L'aspect peau de serpent le fit sourire avec une certaine tendresse.
« Salveo Maleficia, » chuchota t-il. « Protego Maxima. »
Les sortilèges de protection englobèrent l'ensemble du bosquet. Tom s'autorisa alors à fermer les yeux et à se concentrer sur sa respiration. Elle était erratique, douloureuse. Des fourmillements parcouraient l'ensemble de son corps, de plus en plus forts, de plus en plus désagréables. Il savait ce que cela signifiait : l'appel de la magie noire.
Cela faisait quatre jours qu'il n'avait pas lancé le moindre sortilège de magie sombre. Son corps réclamait de plus en plus régulièrement une utilisation de cette forme de magie. Lorsque cette envie n'était pas satisfaite rapidement, des signes de malaise se dévoilaient. Il essuya les gouttes de sueur perlant sur son front.
Ayeline s'inquiétait de son besoin de plus en plus pressant. Elle l'observait avec suspicion, repérant son besoin avec acuité grâce au lien mental contracté au moment de leur mariage. Tom ignorait s'il devait réellement s'inquiéter de ce fait ou simplement y répondre. Était-ce si grave finalement ? Qui cela dérangeait ?
Tom agita sa baguette magique et invoqua le sortilège du feudeymon. Une flamme orangée de la taille d'un tronc d'arbre jaillit de sa baguette et fonça droit sur le centre du bosquet. Aussitôt, une vague de plaisir et de bien-être traversa le puissant sorcier dont un soupir d'aise traversa les lèvres.
Oui, la magie noire faisait partie intégrante de son corps et de son âme.
Que pensez-vous de ce retour en fanfare de Tom et Adam ? :)
