Chapitre 51 : La tentative des Poufsouffle
Après le déjeuner, les Gryffondor avait Histoire de la magie avec le professeur fantôme, Binns. Tandis que Harry, Ron, Hermione et Maena s'y dirigeaient, cette dernière pestait contre McGonagall.
- C'est vrai, quoi ! dit-elle. Pourquoi me mettre en retenue alors que c'est l'autre qui me cherche des misères ?!
- Peut-être parce que tu lui as cassé le nez ? proposa Ron.
- Il est même pas cassé, son pif ! répliqua Maena. Et puis, on n'a pas idée de mettre sa main aux fesses des filles !
Elle soupira longuement.
- C'est dommage que McGonagall ne soit pas aussi favorable aux Gryffondor que Rogue l'est avec les Serpentard ! On perdrait beaucoup moins de points !
- C'est clair, dit Harry.
- Tu sais déjà ce que tu vas faire en retenue ? demanda Hermione.
- Aucune idée… répondit Maena. Et franchement, je m'en fiche !
- Tu devras sans doute nettoyer des toilettes ou un truc du genre… commenta Ron.
- Du moment que Peeves se trouve loin –très loin !- de moi, il y a pas de problèmes !
- Hey ! Black !
Les quatre Gryffondor se retournèrent. Devant eux se tenait une jeune fille de Serpentard de cinquième année.
- Oui ? Qu'est-ce que je peux faire pour toi ? demanda Maena en haussant les sourcils, surprise.
- J'aimerais te parler.
- Non, je n'ai pas couché avec Malefoy, si c'est ça que tu veux savoir, soupira la Gryffondor.
La Serpentard la considéra avec une surprise non dissimulée.
- Euh… En effet, c'est en partie ce que je voulais savoir… dit-elle. Mais j'aimerais te parler quand même… seule à seule, si possible.
Maena regarda la jeune fille quelques secondes avant de se tourner vers ses trois amis.
- Partez devant, je vous rejoins tout de suite.
- Mais… c'est une Serpentard ! fit Ron.
- Et alors ? dit Maena. T'inquiètes, je sais me défendre, si besoin était !
- Mais…
- Ron, dit Maena. Il ne m'arrivera rien. Vous n'avez qu'à m'attendre au bout du couloir.
- Mais…
- Ron, dit Hermione en passant son bras sous le sien et en lui décochant un sourire cajoleur. Nous allons l'attendre au bout du couloir. De là, on verra ce qui se passera dans le couloir, d'accord ?
Son petit ami allait protester mais le sourire d'Hermione parvint à l'en dissuader.
- D'accord, soupira-t-il finalement.
Et les trois Gryffondor s'éloignèrent, laissant Maena et la jeune fille de Serpentard.
- Bien, dit cette dernière, je serai brève parce que je dois aller en Botanique.
- Je t'écoute, dit Maena. Mais avant ça, qui es-tu ?
- Je m'appelle Elizabeth Elatya. Et je voudrais savoir une chose : que s'est-il passé avec Drago ?
- Je te l'ai déjà dit, soupira Maena. Il ne s'est absolument rien passé entre nous ! Jamais il ne me viendrait à l'idée de coucher avec lui !
- Je ne parlais pas de ça ! répliqua Eli. Et il s'est obligatoirement passé quelque chose ! Il n'est plus vraiment le même.
Maena regardait la Serpentard avec de gros yeux.
- Plus le même ? répéta-t-elle. Que veux-tu dire par là ?
- Je le sens, il a changé. Et ça ne peut être qu'à cause de toi !
- A cause de moi ? Nan mais, tu crois quoi ? Que je lui ai jeté un sort ? Non, tout ce que j'ai fait, c'est lui dire ma façon de penser.
Eli la regarda incrédule.
- Tu lui as dit ta façon de penser ? A Malefoy… ? Ça n'a pas dû lui plaire…
- Non, pas trop, en effet… dit Maena en se rappelant sa douleur au poignet, heureusement disparue.
- Ça doit être ça, alors…
- Pourquoi tu dis ça ? Il a changé du côté négatif ? Il est pire qu'avant, si c'est possible ?
- Non, pas du tout, dit Eli en faisant non de la tête. Je dirai que tu lui as ouvert les yeux… Mais sur quel sujet lui as-tu ta façon de penser…
- Euh…
« Je peux pas lui dire que je trouvais dégueulasse qu'il sorte avec des filles justes pour coucher avec elles et qu'il ne ressent rien pour ces filles… » pensa Maena.
- Euh… je lui ai dit que j'en avais marre qu'il insulte les Gryffondor… Et que j'en avais marre qu'il dise des choses méchantes sur mon père…
« Ouf… » pensa Maena en se disant qu'après tout, elle ne mentait qu'à moitié.
Soudain, elle surprit l'expression horrifiée de son interlocutrice.
- Euh… ça va ? Qu'est-ce qu'il y a ?
- Ton parfum… c'est quoi ?
- Mon parfum ? fit Maena, surprise. C'est juste un parfum qui sent la pêche. Pourquoi ?
Maena commença à s'inquiéter en la voyant fortement pâlir.
- Hey ! Ça va pas ? Tu vas pas tomber dans les vapes, hein ?
Eli secoua la tête et la garda baissée.
- Je… je comprends pourquoi…
- Pourquoi quoi ? demanda Maena, interloquée.
- Pourquoi… il sort avec moi…
Puis, la Serpentard fit demi-tour et partit en courant. Maena la regarda partir, se sentant coupable pour une faute inconnue d'elle.
*****
Et la semaine de retenue commença pour Maena. Tous les soirs, elle devait se rendre dans le bureau de McGonagall pour subir ses retenues. Nettoyer les toilettes de Mimi Geignarde, trier les bons reins de lapins des mauvais, nettoyer la volière des hiboux et chouettes… Bref, McGonagall semblait vouloir de toutes ses forces faire entrer dans la tête de Maena qu'elle ferait bien de calmer ses instincts combattifs et de suivre le règlement.
Dès qu'elle en avait l'occasion, Maena pestait contre sa directrice de maison. De plus, elle devait subir les moqueries et les sous-entendus de bons nombres d'élèves qui croyaient la rumeur. Certains garçons avaient même des propos très déplacés… Elle avait de plus en plus de mal à supporter tout cela. Sans ses amis auprès d'elle, elle aurait déjà sauté aux cous de bons nombres d'élèves…
Le soir de son avant-dernière retenue, McGonagall lui fit nettoyer un couloir du sixième étage entièrement dévasté par Peeves. Lorsqu'elle eut fini et qu'elle eut récupéré sa baguette magique chez sa chère directrice de maison, c'est exténuée et sa robe de sorcière sous le bras qu'elle se dirigea vers sa salle commune pour rejoindre avec empressement son lit qui lui manquait tant.
En marchant, Maena bâilla une énième fois. Elle entendit un bruit derrière elle et se retourna rapidement, craignant l'apparition d'une Acromentule. Mais elle ne vit rien d'autre qu'un couloir vide éclairé par des torches. Elle reprit sa marche, s'obligeant à être méfiante tout de même. Sait-on jamais avec ces stupides araignées géantes !
Elle marchait à présent dans un long couloir quand soudain…
- Experlliamus !
La baguette de Maena, que celle-ci tenait fermement dans sa main, lui échappa soudainement. Elle se retourna aussi vite qu'elle le put pour voir sa précieuse baguette magique atterrir dans la main d'un garçon de septième année de Poufsouffle. Ce dernier n'était pas seul : un de ses camarades de maison l'accompagnait.
- Très drôle ! dit-elle avec moquerie. Vraiment, je suis morte de rire… Bon, c'est pas que je m'ennuie mais c'est tout comme, alors rendez-moi ma baguette.
- Qu'on te rende ta baguette ? Hum… Qu'en dis-tu, Christopher ?
- J'en dis que non, Marc. Ce sera plus amusant si elle n'a pas sa baguette.
Maena se raidit et blêmit. Ces prénoms ne lui étaient pas inconnus ! Elle entendait encore parfaitement les paroles d'Edward Elric : " Ben… Marc Carstone et Christopher Richards ont l'intention de… euh… comment dire... ? … de te… violer ! " Elle se souvenait aussi de Malefoy les attaquant à la Bibliothèque et Zabini Blaise qui sous-entendait que Malefoy l'avait fait pour l'aider…
Elle fit un pas en arrière, sentant la crainte lui nouer complètement l'estomac.
- Pourquoi tu recules devant nous ? demanda Christopher qui n'était pas très mince ni très beau.
Maena dit un nouveau pas en arrière, sentant ses temps battre.
- Oui, pourquoi recules-tu ? demanda Marc avec un sourire que Maena qualifia de tout simplement ignoble.
Il était grand, maigre mais encore plus moche que son compagnon.
Maena recula encore, en proie à une intense panique intérieure.
- On ne te fera pas de mal, ajoute Marc. Il suffira d'être gentille avec nous…
Ce fut le signal. Faisant volte-face, elle s'enfuit en courant le plus vite possible. Mais elle savait qu'ils la suivaient : elle entendait leurs pas rapides derrière elle. Le mieux qu'elle pourrait faire, c'est atteindre sa salle commune pour y être en sécurité. Sans baguette, elle ne saurait pas se défendre…
Courant toujours à perdre haleine, Maena entendait les deux garçons se rapprocher de plus en plus à chaque mètre. Elle se doutait bien qu'ils finiraient par la rattraper : ils avaient de plus grandes jambes qu'elle…
Soudain, ses pieds s'entremêlèrent et elle tomba lourdement sur le sol.
« Maléfice du Croche-Pied… » constata-t-elle en sentant le goût âcre du sang s'insinuer dans sa bouche : elle avait maintenant la lèvre fendue à cause de la chute.
Elle sentit qu'on la soulevait et qu'on la plaquait sans ménagement contre le mur de pierres. Elle entendit alors des bruits de vêtement déchiré et ouvrit les yeux. Christopher, rouge à cause des efforts fournis dans la course, prenait apparemment beaucoup de plaisir à déchiré la robe de sorcière noire que la jeune fille avait lâchée. Marc la maintenait contre le mur.
- Tu nous as bien fait courir ! dit Christopher, encore essoufflé.
- Mais pour rien, vu qu'on a quand même réussi à te rattraper, dit Marc.
- Lâche-moi !!
Et elle entreprit à se débattre comme un beau diable. Elle entendit un grognement de douleur et sut qu'elle avait réussi à toucher Marc. Mais, bientôt, elle fut dans l'incapacité de faire le moindre geste car Christopher était venu aidé son ami à maintenir Maena contre le mur.
- Garce !
- Lâchez-moi !! cria Maena.
- Qu'on te lâche ?
- Après tout le mal qu'on a eu à te rattraper ?
- Sûrement pas ! firent-ils en chœur.
Christopher tira sur la chemise de la jeune fille qui se déchira. Elle commença à crier.
- Tu vas te taire, oui ?! Silencio !
Plus aucun son ne sortit de ses lèvres. Elle ferma les yeux et continua à se débattre. Elle sentit des mains caresser sans retenue sa poitrine et ses cuisses et sentit les larmes perler aux coins de ses paupières. Elle continuait de se débattre, voulant se soustraire à ces mains dont le contact la révulsait.
- Oh… Mais ne serait-ce pas des larmes que je vois, là ?
Elle sentit qu'on lui prenait durement le menton et elle ouvrit les yeux.
- Mais si, Christopher. Ce sont bien des larmes ! affirma Marc.
Et il posa durement et brutalement ses lèvres sur celles de la jeune fille qui en eut le souffle coupé.
« De l'aide… » implora-t-elle intérieurement.
Elle sentit les larmes couler sur ses joues et aurait voulu mourir plutôt que subir ce qu'elle allait subir. Se décollant d'elle, Marc lui sourit. Un sourire pervers.
- Et si tu nous montrais comment tu as réussi à séduire Drago Malefoy, hein ?
C'est alors qu'une main se posa sur l'épaule du jeune homme de Poufsouffle et la lui serra.
- Pourquoi ne pas me le demander à moi, dans ce cas ?
Marc se retourna et eut juste le temps d'apercevoir Drago avant de se recevoir un coup de poing en plein visage. Marc fit plusieurs pas en arrière en chancelant et lâcha Maena. Ensuite, Drago se tourna vers Christopher et lui assena, à lui aussi, un coup de poing dans le visage, lui faisant lâcher prise sur Maena. Les deux Poufsouffle sortirent alors leurs baguettes et les pointèrent vers le Serpentard. Lorsque les premières étincelles jaillirent, Maena ferma les yeux et se couvrit le visage de ses mains, sans savoir si le sort avait atteint sa cible, mais en espérant que la réponse soit non. Elle entendit ensuite des bruits de lutte, de coups qu'on s'échangeait, de grognements de douleur, de frustration.
Puis, ce fut le silence dans le couloir. Un silence seulement troublé par les sanglots étouffés de Maena. Lorsqu'une main se posa sur son épaule, la jeune fille sursauta et repoussa le quelqu'un qui l'avait touchée, dans un geste instinctif. Elle recula et arrêta son geste lorsqu'elle reconnut le Serpentard.
- Ça va ? s'inquiéta celui-ci.
Il était décoiffé et ses vêtements étaient un peu en pagaille. Pleurant un peu plus, Maena se jeta contre lui et l'entoura de ses bras. Elle fut heureuse de constater qu'il ne la repoussait pas.
La sentant bouleversée et choquée, Drago l'entoura de ses bras et la berça doucement. Ils restèrent ainsi, enlacés, pendant un certain temps durant lequel Maena se calma.
Lorsqu'elle se fut totalement calmée, il s'éloigna un peu d'elle et Maena en profita pour essuyer ses larmes.
- Ça va ? redemanda Drago.
Elle fit oui de la tête, toujours incapable de parler. Drago sortit alors sa baguette magique et la sortit du sortilège de mutisme et soigna sa lèvre fendue.
- Merci… dit-elle. Heureusement que tu… tu étais là… ou ils… ils…
- Chut, ne pense plus à ça ! J'étais là et ils ne t'ont rien fait, ok ?
Elle leva les yeux vers lui et hocha la tête à nouveau.
- J'ai eu… si peur… !
Il la sentit trembler et comprit qu'elle tremblait aussi bien de peur que de froid à cause de ses vêtements déchirés. Il retira alors sa robe de sorcier et la mit sur les épaules de la jeune fille.
- Enfile-la, lui dit-il doucement. Ce sera un peu grand, mais bon.
- Merci…
Et elle enfila la robe de sorcier du jeune homme tandis que celui-ci regardait les Poufsouffle avec dégoût et mépris. C'est alors que Maena remarqua qu'ils étaient inconscients sur le sol.
- Ils ont ma baguette ! dit-elle soudain.
Drago pointa s baguette et dit :
- Accio baguette de Maena !
Et la baguette s'envola pour atterrir dans la main du jeune homme qui la lui tendit.
- Merci.
Et elle récupéra sa chère baguette magique.
- Pourquoi ne l'as-tu pas utilisé ? demanda Drago en regardant les corps inconscients.
- Parce qu'ils me l'avaient prise ! Comment veux-tu que j'utilise ma baguette s'ils l'avaient dans leur poche ?!
- Je ne parlais pas de ça, mais de ton bracelet.
- Mon bracelet… ?
Mais oui ! Son bracelet de Protection acheté chez Fred et George !
- Je… Je ne sais pas… Je… n'y ai pas pensé…
- Le choc, je suppose.
- Mais… Comment sais-tu… que j'ai ce bracelet… ?
- Je l'ai remarqué quand on était chez Hagrid…
- Ah…
Il ramassa les lambeaux de la robe de sorcière de Maena et les fit disparaître d'un coup de baguette magique.
Drago prit ensuite la main de la jeune fille et la serra.
- Je vais te raccompagner.
- Oui, merci beaucoup.
Elle pensa alors qu'elle le remerciait beaucoup, ce soir-là… Mais avec raison.
Et c'est ainsi, main dans la main, que Drago raccompagna Maena jusque devant le portrait de sa salle commune.
- Voilà, dit-il.
- Encore merci, dit Maena. Je ne sais pas comment te remercier…
Et là, il lui prit son menton, leva son visage vers le sien et posa ses lèvres sur les siennes. Lentement, doucement, il l'embrassa et elle répondit à son baiser. Il était si doux…
Lorsqu'il prit fin, Drago regarda la jeune fille dans les yeux.
- Voilà. Il n'y pas de plus beaux remerciements, sauf peut-être l'un de tes sourires… Allez, va dormir maintenant !
Après quoi il tourna les talons et partit.
Maena, donna le mot de passe et entra. Telle une somnambule, elle monta dans le dortoir des filles, se coucha dans son lit et referma le baldaquin. Elle se mit en boule sur ses couvertures et ferma les yeux, s'endormant avec le parfum de Malefoy sur elle.
