Bonjour bonjour ! Voici la suite, presque en temps et en heure.
Pour la dernière partie, playlist conseillée : The Downfall & Invincible de Ruelle. Ca crée une certaine ambiance... (les citations en anglais en italiques sont tirés des titres susmentionnés).
Bonne lecture !
Partie IV – Chapitre 4
« Riposter »
1er octobre 1978, Wisteria cottage, comté du Whiltshire
Terreur. Violence brutale. Désespoir.
Lily tournait distraitement sa petite cuillère dans sa tasse de café outrageusement sucrée. Le vent gémissait à la fenêtre et la pluie chantait sur les dalles de la cour. Sur la table s'entassaient les journaux aux couvertures froissées des derniers jours. Le Times moldu, La Gazette du Sorcier, Le Monde Magique, le Chicaneur... tous étalaient les mêmes images sordides en première page.
Les maisons brûlaient. Les magasins fermaient les uns après les autres. Des quartiers entiers moldus avaient été décimés. Universités, magiques ou non, envisageaient de fermer leurs portes. Les rues étaient désertes, et l'automne avait déjà jeté sur la Grande-Bretagne son manteau de grisaille humide.
L'escalade de la violence avait été prodigieuse au cours des quinze derniers jours. On murmurait que les Vingt-huit familles avaient retourné le Ministère à leur compte. Les kidnappings d'opposants notoires à la doctrine Sang-Pur se multipliaient. Les urgences de Sainte-Mangouste ne désemplissaient pas – et les gens sciemment torturés restaient silencieux, trop effrayés pour dénoncer leurs attaquants. Lily joua nerveusement avec ses cheveux flamboyants. La fatigue se lisait sur son visage habituellement si lumineux.
La veille au soir avait été sa troisième garde à l'hôpital – les élèves Médicomages secondaient les infirmières et géraient les blessures bénignes pour soulager le travail faramineux des Guérisseurs. C'était ce qu'elle avait voulu, se rendre utile, aider de son mieux. Mais à quel prix ?
Elle n'avait pas pu fermer les yeux depuis son retour, hantée par l'odeur douceâtre du sang, les cris de douleurs, les gémissements des blessés désorientés, les appels au secours.
La veille au soir, les Mangemorts avaient fait sauter le cossu restaurant La Gargouille à deux pas du Chemin de Traverse. Son équipe avait été dépêchée sur place pour parer au plus pressé. De l'élégant bâtiment victorien, il ne restait qu'un monceau de pierres, de verre brisé et de poussière.
Ils avaient mis trois heures à sortir tous les corps des décombres.
Le décompte avait été terrifiant.
Dix-huit personnes avaient trouvé la mort instantanément, dont six enfants.
Morts d'avoir voulu braver le climat de terreur pour s'offrir un semblant de vie normale. D'avoir bravé le couvre-feu pour célébrer qui un anniversaire, qui des fiançailles. D'avoir osé montrer à l'Ombre que la Vie perdurait.
Treize personnes étaient en soin intensifs à Sainte-Mangouste, dont les deux frères de Marlène McKinnon. Lily se souvenait de Marlène comme d'une Gryffondor tenace et enjouée, dont le coup de batte extraordinaire avait assuré maintes fois la victoire des Rouge et Or sur le terrain de Quidditch. La veille, ses longs cheveux noirs mêlés de poussière et de sang, elle n'était plus qu'une sœur angoissée et terrifiée, serrant la main de Lily à l'en broyer, les yeux brillants de larmes et de fureur.
Lily passa une main lasse sur son visage marqué par l'épuisement nerveux tant que physique.
Identifier les corps, prévenir les familles, avait pris le reste de la nuit.
Lorsque sa garde avait fini, le pire était pourtant arrivé.
Alastor avait surgi dans les urgences de Sainte-Mangouste en vociférant comme jamais auparavant. Cette image la hanterait toute sa vie.
Son visage n'était plus qu'un morceau de chair sanguinolente. La joue droite n'était que lambeaux masquant à peine gencives et dents rougies de sang. Une partie du nez lui manquait, et une ecchymose d'un bleu-violet inquiétant tapissait toute la partie gauche de son visage. Il claudiquait avec peine, hurlant à pleins poumons, postillonnant des glaires sanglantes partout. Lorsque Lily s'était approché de l'illustre Auror, elle avait réalisé qu'il pleurait.
Elle-même avait hoqueté en reconnaissant le corps si fragile qu'il serrait contre lui.
- Il l'a tuée de sa main, il n'a pas voulu laisser ce plaisir à un autre. Il l'a tuée de sa main, et il a posé son regard sur elle, il osé la regarder, je ne pouvais pas lui laisser, je ne pouvais pas leur laisser son corps, il fallait que je la ramène, tu comprends ? Il l'a tuée de sa main, il fallait que je la ramène.
Bouleversée, Lily sentait les larmes se disputer à l'envie de vomir. Elle avait pourtant tendu les bras vers l'Auror qui bégayait, et saisi sa main aux doigts brisés.
- C'est fini, Monsieur Maugrey. C'est fini, nous sommes là. Je vais m'occuper d'elle.
Comme dans un rêve, Lily se vit détacher avec douceur les mains crispées d'Alastor Maugrey du corps sans vie qu'il avait ramené en risquant la sienne. Délicatement, la Gryffondor avait recouvert d'un linceul blanc le corps rigide et froid de Dorcas Meadows.
La Guerre était là, et elle avait le visage de la Mort.
4 octobre 1978, Le Terrier, Devon, Grande-Bretagne
Pour la première fois, aucune délicieuse odeur de cuisine ne flottait au Terrier. Il faisait chaud dans le grand salon des Weasley illuminé par un immense feu de cheminée, mais sa lumière dansait sur des visages fermés.
Molly Weasley avait déposé sur la grande table du salon maintes bouteilles d'alcools, un immense thermos de café et un samovar fumant. La nuit promettait d'être longue.
Erinya Selwin se resservit un troisième verre de whisky Pur-feu, aussitôt imitée par Augusta Londubat. Les deux femmes n'avaient pas quitté leur uniforme d'Aurors depuis plus de trois jours. Erinya avait le visage pâle, les traits durcis par la colère. Personne n'osait l'approcher de trop près.
Lily s'était assise près de James, le dos droit et les yeux grands ouverts sur la souffrance qui l'entourait. Si elle avait été elle-même bouleversée par la disparition de Dorcas, qu'elle connaissait pourtant très peu, elle ne s'était pas préparée au choc que cela causerait à leurs aînés.
Kinglsey Shackelbolt semblait anéanti. Les yeux gonflés, les mâchoires serrées, il n'avait pas décroché un mot de la soirée, son regard glissant sur le monde qui l'entourait avec une morne indifférence. Alastor Maugrey restait lui en retrait, son visage couvert de cicatrices encore rosées, fumant cigarettes sur cigarettes en regardant la pluie tomber. Parfois, un spasme crispait sa mâchoire, et il inspirait une plus longue bouffée de tabac pour contrôler le tremblement de ses mains.
Minerva McGonagall tamponnait à intervalles réguliers ses yeux humides avec un mouchoirs aux motifs écossais, et Albus Dumbledore sirotait sa tisane avec une espèce de résignation triste. Même le professeur Flitwick était là, perdu dans la contemplation de son verre de brandy.
Sally-Anne s'était blottie contre Jonathan, qui pleurait doucement contre elle. Il devait sa vie à Dorcas.
Arthur avait fermement envoyé Percy et Charlie au lit, mais Bill était resté blotti dans les bras de son oncle, sanglotant doucement au creux de son épaule. Dorcas était sa marraine. Fabian Prewett berçait le petit avec toute la douceur possible, masquant mal le trouble qui l'agitait lui-même. Son frère jumeau fumait à la fenêtre – qu'il avait cassée du poing quelques heures plus tôt – mâchoire serrée et yeux brillants. Il n'était inconnu pour personne que Dorcas et Gideon avaient joué au chat et à la souris depuis leur rencontre à Poudlard. Temps perdu, temps gâché en peurs et fiertés mal placées. Il l'avait aimée, furieusement, passionnément. Ça n'avait pas été suffisant.
Marlène McKinnon était venue aussi, portant le deuil d'un frère et d'une amie. La Gryffondor s'était assise près d'Alena et Roman, qui avaient silencieusement levé leurs verres de vodka à la mémoire de celle qui les avait intégrés à l'Ordre. Caradoc Dearborn était là aussi, drapé dans un masque de froide impassibilité, mais ses doigts tremblaient sur son verre de liqueur.
Frank finit de resservir les verres de chacun, et vint s'asseoir près de sa mère. Alice le rejoignit, les doigts serrés sur sa tasse de café – assez fort, elle l'espérait, pour chasser les cauchemars de la nuit. Les Londubat soupirèrent. Frank avait eu maintes fois l'occasion de travailler avec Dorcas, pour l'Ordre comme pour le Bureau. Elle avait été son Aurore Référente depuis le début de la formation.
Heather restait appuyée contre le mur de la cuisine, le ventre retourné par l'envie de vomir. Elle aurait dû pouvoir empêcher ça. Elle aurait dû pouvoir extorquer l'information de l'attaque sur le restaurant à Lucius, elle aurait dû savoir que Dorcas était devenue une cible privilégiée pour Voldemort. Elle aurait dû... la main ferme de Sirius la tira de ses ruminations. « Ne t'ajoute pas un fardeau inutile, Heather. Dorcas ne l'aurait pas voulu. »
Remus s'assit en tailleur sous la fenêtre où se levait une lune presque pleine. Amarok se tenait près de lui, percevant avec une acuité terrible la profondeur du chagrin qui animait ses « hôtes ». Le chaman secoua la tête, plus touché qu'il n'aurait voulu l'admettre. Dorcas était une belle âme, lumineuse et spirituelle. Une danseuse de feu et de rire au milieu de l'horreur de la guerre.
Une Aurore droite, talentueuse et dévouée, avait murmuré ses collègues.
Ma meilleure élève, avait gémi Maugrey – ce qui n'était pas peu dire pour le meilleur Auror jamais connu par le Ministère.
Une des meilleures sorcières de sa génération, avait confirmé Dumbledore.
La meilleure élève de Sortilèges depuis des années, avait soufflé Flitwick.
Une amie, drôle, pertinente et tellement généreuse, avaient fait écho les voix de tant d'entre eux.
Le silence portait les hommages silencieux des hommes et femmes qui avait aimée Dorcas Meadows, qui avaient combattu à ses côtés, ri à ses blagues piquantes, écouté ses conseils avisés ou calmé ses tempêtes intérieures. Le feu craquait dans la cheminée. Heather se blottit un peu plus contre le corps chaud de Sirius.
Alors Remus Lupin se leva, et leva avec douceur son verre en direction de ses compagnons.
- A Dorcas. Puisse sa mort nous donner la force d'avancer, la bravoure de riposter et le courage de vivre.
- A DORCAS !
15 octobre 1978, manoir Proskoff, Whilsthire, Grande-Bretagne
Lucius Malfoy finissait de rapporter au maître de maison le succès de leur dernière mission, lorsque la silhouette superbe de sa future épouse apparut dans le contre-jour de la porte du petit salon. Elle portait une lourde cape de laine d'un rouge bordeaux très Gryffondor, qui lui fit hausser un sourcil circonspect. Mais son regard froid ne lui laissa pas le loisir de placer la pique qu'il avait sur le bout de la langue, et il jugea plus prudent de se taire
La Gryffondor hocha sèchement la tête en direction de son père, qui lui désigna la bouteille de vodka sur le buffet.
- Sers-toi, nous parlerons après.
Un rictus mauvais déforma le visage si altier de l'héritière. Elle n'avait pas besoin de trouver du courage dans l'alcool, et trouvait décidément que ces Mangemorts tendaient à boire plus que de raison.
- Je n'ai pas beaucoup de temps.
Vladimir haussa un sourcil surpris devant la froideur du ton de sa fille. Derrière lui, Evan Rosier et Dolohov Senior avaient tiqué de même. Heather les ignora avec toute la superbe dont elle était capable.
- La mission se passe bien. Selwin n'a pas décelé les doses infimes que j'ai introduit dans ses produits cosmétiques et dans certaines de ses tisanes. Elle a déjà perdu du poids, l'appétit et commence à montrer des signes de faiblesse. D'ici la Toussaint, elle ne sera plus un obstacle pour la cause.
Pour appuyer ses dires, Heather tira un mince souvenir argenté de sa tempe droite, qu'elle fit défiler dans la petite Pensine de marbre du salon. Les Mangemorts y contemplèrent avec satisfaction une Aurore amaigrie manquer de faire un malaise au milieu de la Grande Salle quelques heures auparavant. Comment auraient-ils pu se douter que l'amaigrissement de Selwin venait d'une charge de travail considérable, aggravée par le chagrin et les insomnies, tandis que son malaise était une habile mise en scène créée de toute pièce ? Heather sentit la haine gronder au fond de son ventre. La satisfaction qu'elle ressentait à les duper augmentait de jour en jour. Peurs et blessures avaient fait place à un feu de colère furieuse qui la guidait à travers chaque épreuve, à travers chaque jour. Elle voulait les abattre, plus que tout au monde. Si Vladimir crut percevoir quelque chose dans les yeux mordorés de sa fille, il le prit pour une lueur d'orgueil très familial.
- C'est bien, Tom sera content.
L'approbation de Vladimir Proskoff, sans valoir celle du Maître, était d'une importance capitale, et Heather sourit.
- Le Ministère semble patauger un peu moins : cet imbécile de Croupton a renforcé les droits spéciaux des Aurors, grommela Dolohov. Ils ont maintenant pleins pouvoirs pour enfermer absolument qui ils le souhaitent sans procès, et jouent de plus en plus aux Impardonnables. Cela pourrait nous porter préjudice.
- Ne t'en fais pas, mon ami. Les Aurors sont bien trop pétris de bonnes intentions pour réellement les utiliser. Nous ne risquons pas beaucoup plus maintenant qu'il y a des semaines.
La voix métallique de Vladimir ne laissait pas place à la contestation.
- De plus, le Ministère ne sera bientôt plus une menace crédible. Lucius vient tout juste de me proposer un plan pour écraser ces politiques faiblards.
Malfoy inclina la tête en un remerciement muet, et Heather sentit un vent de panique s'emparer d'elle. Depuis l'annonce de Severus comme quoi ils allaient s'attaquer au Ministère de la Magie, elle n'avait eu vent de rien. Naïvement, elle avait cru que le plan avait été rejeté. Elle avait besoin de ces informations. Quoi qu'il puisse en coûter.
- Et la famille Rosier vient de prouver son efficacité, conclut Vladimir en levant son verre. Les Bones ne seront plus une épine dans notre pied au sein du Magenmagot.
Heather leva un regard interrogateur vers Evan, qui lui rendit un sourire goguenard.
- Tu liras la Gazette demain matin, ma petite lionne, siffla-t-il narquoisement.
Haussant les épaules avec impassibilité, Heather se dirigea vers le buffet, et se servit un verre de vodka qu'elle avala d'un trait sans prendre le temps de trinquer avec les Mangemorts.
Amélia et Edgar Bones étaient des alliés de poids.
Avaient été.
Le terrible sentiment qu'ils les éliminaient les uns après les autres lui retourna le ventre, et la vodka lui brûla la gorge.
20 octobre 1978, Wisteria cottage, comté de Wiltshire, Grande-Bretagne
- Tu savais que ce moment viendrait, n'est-ce pas ?
La voix d'Alice résonnait avec une douceur tiède dans le salon plongé dans une demie-obscurité. Sirius jouait distraitement avec une cigarette qu'il ne se résolvait pas à allumer. Il finit par lever les yeux vers son amie, dont les yeux sombre débordaient d'affection. Une vague de gratitude l'étreignit avec force.
- Pour être honnête, Al', j'ai prié des nuits entières pour qu'il ne vienne jamais.
20 octobre 1978, manoir Malfoy, comté du Wiltshire, Grande-Bretagne
Heather laissa glisser un regard impavide sur le salon au luxe suranné. Elle caressa distraitement le col de fourrure du manteau qu'elle portait négligemment sur ses épaules avec un ennui affecté. Elle avait réfléchi sa soirée avec soin durant des jours, passé des heures devant sa coiffeuse à choisir avec méticulosité chaque bijou, chaque nuance de maquillage, chaque morceau de tissu précieux qui couvrait sa peau avec une élégante indécence. Un morceau de piano résonnait sous les hauts plafonds, alors que Lucius venait l'accueillir, coupe de champagne à la main. Lorsqu'elle fit glisser son manteau d'un geste nonchalant, l'héritier Malfoy retint un sursaut.
Elle était magnifique. Une robe de soie d'un bleu sombre semblait la vêtir comme un rêve. Le fin tissu laissait deviner les courbes de ses hanches, les formes pleines de ses seins, jusqu'à la délicate dentelle de ses bas. Le décolleté plongeant dévoilait un pendentif d'or et d'argent qui renvoyait avec orgueil les lumières des lustres de cristal, alors qu'un châle de cachemire voilait à peine le dos nu qui frissonnait légèrement. À ses bras étincelaient une foule de bracelets d'argents, et à ses mains brillait le diamant offert par Lucius quelques mois auparavant.
Ledit Lucius masqua son trouble en un instant, et lui offrit son bras en un sourire moqueur.
- Que me vaut l'honneur d'une telle tenue, ma chère ?
- Une femme a-t-elle besoin d'une raison pour être resplendissante, Lucius ?
Heather s'était exprimée avec cette morgue affectée et ennuyée qui, elle le savait, finissait toujours par le rendre fou si elle arrivait à l'ignorer suffisamment longtemps. Un peu surpris, Lucius ne répondit rien et la guida vers les canapés où discutaient déjà bon nombres d'invités. Severus eut un sourire goguenard devant la beauté exubérante de son amie, tandis qu'Evan Rosier la toisait narquoisement.
Heather prit place dans un large fauteuil de cuir, et alluma une cigarette.
- Eh bien, Rosier, ta chère petite Alecto ne t'a pas accompagné ce soir ?
Rosier serra les mains sur son verre de whisky, et la fusilla de son regard de glace. Heather jubila intérieurement – le poisson était ferré. Nul n'ignorait que le père Carrow avait désobligeamment remis Rosier à sa place quelques jours auparavant, arguant qu'il aurait le droit de courtiser sa fille lorsqu'il aurait remis à flot la famille Rosier, notoirement ruinée depuis deux générations. Heather éclata d'un petit rire moqueur et trinqua ostensiblement à la santé d'Evan avant de se diriger vers le balcon pour fumer sa cigarette au calme. Rosier était un sanguin impulsif, il ne supporterait pas de ne pas avoir le dernier mot.
Les sourcils froncés, Lucius écoutait à peine les babillages de Bellatrix quant à la jolie Narcissa. Il avait cru que Heather venait s'offrir à lui, et il s'était préparé à délicieusement la rendre folle toute la soirée. Mais qu'elle ne lui adresse pas un regard le contrariait. Il ne supportait pas qu'on l'ignore, encore moins lorsque c'était sa future épouse.
Heather tirait rêveusement sur sa cigarette, les yeux plongés vers l'obscurité de la nuit. Elle devina plus qu'elle n'entendit le pas félin de Rosier se rapprocher d'elle. Le Mangemort irradiait de colère, et il ne prit pas la peine de mettre des formes. Brusquement, il attrapa le bras d'Heather et la força à lui faire face. Elle haussa un sourcil faussement surpris.
- Je peux savoir ce qui ne va pas chez toi, Proskoff ?
Heather éclata de rire avec théâtralité, et jeta sa cigarette au loin.
- Reprends un whisky, Evan, tu es bien trop tendu pour une telle soirée.
Le guerrier aux yeux de glace n'esquissa pas l'ombre d'un sourire. Il se tenait face à elle comme un fauve menaçant, sa large main lui broyant le poignet. Heather pencha un peu la tête sur le côté pour mieux examiner le profil volontaire du Serpentard qui avait fait trembler tous les élèves de Poudlard. Il ne décolérait pas, mâchoires serrées et sourcils froncés. Elle sourit, et se rapprocha un peu de lui. Perchée sur la pointe des pieds, elle vint distiller son venin aux oreilles de celui qui avait été le meilleur ami de Rhys-Meyer.
- Je m'ennuie, Evan. Je m'ennuie et tu es une distraction toute trouvée ce soir.
Le Mangemort frissonna un peu. Elle sentait la cigarette, la fleur d'oranger et la vanille. Tranquillement, elle recula et il se rendit comte qu'il n'avait toujours pas lâché son bras.
- Puis-je ? siffla-t-elle en désignant la main de fer qui marquait sa peau d'une large ecchymose.
Evan grommela et lui rendit sa liberté de mouvement. Elle l'observait, narquoise et magnifique, comme une fleur délicieusement venimeuse. Dans la semi-obscurité du balcon, Rosier commençait à comprendre ce que les hommes trouvaient à Heather Proskoff. Ce que Owein lui avait trouvé. Elle était belle bien sûr, plastique parfaite héritée d'une lignée slave savamment sélectionnée, mais pas seulement. Elle avait ce maintien propre aux Grandes Familles, travaillé avec acharnement pendant si longtemps qu'il devenait une seconde nature. La noblesse d'Heather transpirait par chaque pores de sa peau, et c'est ce standard que cherchait à atteindre toutes les héritières de bonnes familles. Fébrilement, il alluma une cigarette.
- Tu es vraiment la pire de toutes, grogna-t-il en s'accoudant à la rambarde de marbre.
- Je prendrai ça comme un compliment, répondit-elle en l'imitant.
Evan soupira. Il doutait d'Heather, pour l'avoir côtoyée pendant longtemps à Poudlard. Mais à la voir ce soir, reine d'une soirée à laquelle elle n'était même pas invitée en première intention, il révisait son jugement. L'héritière Proskoff était née pour ce milieu, pour cette guerre. Plus la violence augmentait aux portes de leurs manoirs, plus Heather resplendissait. Elle était un fauve, un fauve bien plus dangereux qu'il ne l'avait cru au premier abord. Il voyait bien, sa nonchalance qui avait rendu dociles Severus et Lucius, et l'éclat animal qui rougeoyait dans les yeux du Maître lorsqu'il la regardait. Contrairement à Bellatrix ou à Amy, elle brandissait peu sa baguette – elle n'en avait pas besoin. La magie noire suintait par chaque pore de sa peau diaphane, sa puissance se lisait dans la grâce de chacun de ses gestes. Heather aurait pu abattre dix adversaires en une minute, et en ressortir à peine décoiffée.
En silence – un silence qui pour la première fois ne se teintait ni de moquerie, ni de violence – ils partagèrent un Saint Emilion particulièrement vieux, et particulièrement bon. La tension qui faisait saillir les mâchoires de Rosier diminua un petit peu sous la chaleur du vin rouge. Heather jouait distraitement avec sa baguette.
- Des envies d'action ? Souffla-t-il en désignant le geste nerveux de la Gryffondor.
Elle haussa les épaules d'un air désabusé. Elle s'ennuyait, avait-elle dit.
- Ne t'inquiète pas, l'action va venir plus vite que tu ne le crois.
Evan avala une longue gorgée, les yeux fixés dans le vague. Heather haussa un sourcil.
- Tu ne peux pas décemment lancer une affirmation comme celle-ci et te murer dans le silence, Rosier.
- Ça paraît pourtant faire son effet, se moqua-t-il en lui jetant un coup d'œil rapide.
Heather sourit dans son verre. Se fit féline, mordante. D'un pas chaloupé, elle se rapprocha du Mangemort, assez proche pour qu'il puisse sentir la chaleur irradier à travers ses vêtements. Assez proche pour qu'il sente le frisson d'excitation qui venait durcir le bout de ses seins sous la soie. Evan Rosier avala difficilement sa salive. Il savait que tous leurs camarades pouvaient les voir depuis le salon, s'ils regardaient attentivement. Pouvaient-ils deviner la flamme que la lionne allumait au creux de son ventre, alors qu'elle se hissait sur la pointe des pieds et venait effleurer sa mâchoire de ses lèvres?
- Evan, penses-tu vraiment avoir quoi que ce soit à m'apprendre sur la manière de faire de l'effet ?
Il remarqua pour la première fois les accents slaves qui se cachaient sous ses phrases traînantes et sa voix éraillée. Une part de lui avait envie de la plaquer contre un mur et de la dévorer toute crue. Il devait reprendre le contrôle. Vite. Avant que le désir animal l'aveugle et que les sorcelleries d'Heather lui fassent atteindre un point de non-retour. Il se pencha vers elle, l'attira contre lui d'une main ferme.
- Premier décembre, petite lionne. Premier décembre toute ta fougue pourra se concentrer sur autre chose que sur le corps parfait de tes compagnons de lutte.
Heather feignit la surprise et se tint tranquille alors que Rosier mettait un prudent pas de distance entre eux avant de tourner les talons. Alors que la porte vitrée s'ouvrait, Heather sentit le regard de Lucius lui brûler le visage. La deuxième partie de soirée pouvait commencer.
. . .
Il était furieux. Furieux de l'insolence dont elle faisait preuve, furieux de la voir si désirable, furieux de ne voir qu'elle malgré la présence de tous ses amis dans la pièce. Il l'avait entraînée à l'étage d'une main de fer, et Heather avait feint de protester. La porte avait claqué, la serrure avait teinté en se verrouillant. La Gryffondor haletait, les joues rougies par l'alcool, et se mordit la lèvre face à la colère de son fiancé. Lorsqu'il l'embrassa, ce fut un acte de possession. Elle lui appartenait, elle lui appartenait pour toujours, et il devait le lui rappeler.
Heather sentit les mains de Lucius se glisser sous sa robe, sa langue se faire plus pressante, ses lèvres s'entrouvrirent davantage. Elle soupira plus fort, se serra contre lui, frissonna sous ses doigts. La jalousie de Lucius devenait un désir ardent que rien ne pourrait assouvir que sa complète reddition. Heather s'offrit.
Lorsque l'écho de leurs râles et l'odeur de leurs peaux mêlées s'estompa dans l'obscurité de la chambre, Heather regarda le Mangemort s'endormir, les mains accrochées à ses hanches. Elle sourit dans le noir, d'un sourire carnassier et victorieux. Car un homme qui dort est terriblement vulnérable à un bon Legilimens, et les défenses mentales de Lucius étaient quasiment inexistantes.
. . .
Sous la douche brûlante, Heather laissa l'eau couler sur son visage et laver le masque de sa nuit. Le miroir lui offrit le regard désabusé d'une femme qui s'était bradée pour servir sa cause. Des ecchymoses mauves s'étalaient sur ses avant-bras, une marque de morsure indécente lui déchirait le haut de la clavicule, et une sensation de dégoût lui remonta le long de la gorge.
« J'ai signé aussi pour ça, Sirius. Pour être la pute de l'Ordre, si c'était nécessaire. »
Quelques heures auparavant, face à un Sirius Black écœuré, cette bravade ne lui avait rien coûté. Désormais, elle pouvait sentir qu'une faille nouvelle s'était ouverte en elle. Un gouffre de plus sur les bords duquel elle vacillerait. Plus tard.
Pour l'instant, ils avaient une riposte à organiser.
22 octobre 1978, Wisteria Cottage, Londres, Grande-Bretagne
Un timide rayon de soleil pénétrait dans la pièce malgré les nuages qui roulaient dans le ciel. Ismène s'était roulée en une boule parfaite contre le ventre d'Heather, et les deux dormaient profondément. Assis sur le bord du lit, Sirius la regardait d'un œil incertain. L'ambivalence de ce qu'il ressentait lui donnait la nausée, mais il ne pouvait détacher son regard du corps apaisée de la Gryffondor. Il voyait sur ses bras les bleus flamboyants que lui avaient infligés Rosier et Malfoy, et cette vision lui donnait envie de les massacrer sans préambule. Mais la trace de morsure qu'il devinait à la base de son cou lui donnait des frissons.
Toute la nuit, il avait imaginé la peau d'Heather sous celle de Lucius Malfoy. Toute la nuit la haine et la jalousie lui avaient déchiré le ventre. Il se sentait trahi, autant qu'il était fier de l'importance des renseignements qu'elle avait communiqué à l'Ordre la veille au soir. Mais il y aurait dû y avoir un autre moyen. Il devait y avoir un autre moyen.
Il resta immobile et silencieux un moment qui sembla une éternité. Le soleil jouait à travers les nuées cotonneuses, et un vent froid faisait s'envoler les feuilles à la fenêtre. Dans la cour, la glycine avait perdu ses couleurs estivales. Il soupira, passa une main lasse sur son visage.
- Je te dégoûte, n'est-ce pas ?
La voix d'Heather était dépourvue d'affect, mais il y devina une supplication muette. Elle avait les cheveux en bataille, le visage pâle et marqué par la fatigue.
- Cette guerre me dégoûte, murmura-t-il en la regardant se redresser à demi.
- Je suis désolée, Sirius.
- Je ne suis pas sûr de pouvoir faire ça, Heather.
La Gryffondor tourna le visage vers la fenêtre, comme à chaque fois qu'elle voulait échapper à une émotion trop difficile. Le temps de goûter au lever du jour, le temps de reconstruire un semblant de défense.
- Je ne te force à rien, je ne t'ai jamais forcé à rien, souffla-t-elle enfin en affrontant le regard de cet homme quel ne pouvait nommer autrement que par son prénom.
Ami, amant, amoureux, complice, partenaire, tout ceci n'avait pas grand sens. C'était Sirius, juste Sirius. Elle se mordit la lèvre avec cette tristesse infinie et résignée qui façonne les héroïnes tragiques.
- Qu'as-tu ressenti, lorsque tu t'es déshabillée pour lui ?
- Rien de ce que je ressens lorsque je me déshabille pour toi.
Sirius Black n'était pas certain de pouvoir faire cette chose étrange qu'était leur relation. Mais en la voyant si vulnérable devant lui dans la pâle clarté du matin, il réalisa qu'il n'était pas certain de pouvoir faire sans.
1er novembre 1978, Grande Salle, château de Poudlard, Ecosse
Heather Proskoff contemplait la scène avec détachement. Elle regarda avec attention le corps d'Erinya Selwin s'effondrer au sol, et le bruit cristallin de son verre se brisant sur les dalles froides. Peu d'élèves étaient restés pour les vacances, mais les conversations cessant net firent un grand silence terrifiant sous le plafond magique. Spectatrice d'une tragédie parfaitement huilée, Heather regarda Dumbledore se précipiter vers le corps inanimé de la professeure de Défense contre les forces du mal. Heather avait répété cette scène dans sa tête un millier de fois. Les ordres brefs et précis du Directeur, les sorts de réanimation du professeur de Sortilèges, les philtres de vitalité de l'infirmière, et les plantes médicinales du Maître des Potions.
Rien n'y fit.
On annonça le décès « tragique, et à ce jour, inexpliqué » d'Erinya Selwin au cours de l'après-midi.
Albus Dumbledore fit un discours très sobre, particulièrement émouvant, et annonça qu'il prendrait la relève des cours de Défense le temps de trouver un remplaçant à leur regrettée collègue.
Un parchemin luxueux parvint à Heather le lendemain, lui apportant les félicitations de Lucius, pour son travail « rigoureux et efficace ».
5 novembre 1978, place des Arcades, Oxford, Grande-Bretagne
Peter griffonnait distraitement sur son carnet de sociologie d'une main, piochait dans un paquet de Chocogrenouilles de l'autre. À quelques tables de lui, Juliet paraissait absorbée dans un vieux livre à la couverture de cuir des plus ouvragées. Elle releva la tête.
Un sourire passa sur son visage.
Le sourire de Peter en retour aurait pu faire faire concurrence au soleil.
L'étudiante en anthropologie sorcière se replongea dans son ouvrage, et Peter laissa ses pensées vagabonder.
. . .
- Faire la guerre ? Pourquoi aller risquer ta vie pour des gens qui ne risqueraient sans doute pas la leur en retour ?
Elle avait froncé les sourcils, et versé un nuage de lait dans son English breakfast, l'air à la fois contrariée et désabusée.
- Si tu veux mon avis, tout ceci est bien surfait. Rien ne changera réellement, si cette soi-disant révolution arrivait. Le monde sorcier perdurera, comme les sorcières ont survécu aux massacres de Salem, comme les Mages égyptiens ont survécu à l'invasion grecque. Nous sommes une race résiliente, Peter.
Le Gryffondor avait souri doucement, charmé par les yeux clairs, et ravi de se voir rattaché à elle par cet usage de la seconde personne du pluriel. Juliet lui avait tendu « Histoire de la Vraie Magie ». Le Maraudeur n'avait pas jugé pertinent de faire remarquer que cet ouvrage avait été interdit d'édition quelques générations auparavant pour incitation à la haine, et avait regardé Juliet partir d'un air rêveur.
Ce fut la deuxième d'une longue liste d'erreurs.
10 novembre 1978, allée des Embrumes, Londres
This could be the downfall.
This could be the end of everything we are.
Le silence qui précède un combat diffère de tout autre silence.
On le leur avait dit et répété à l'école des Aurors, mais pour la première fois, les mots prenaient la consistance du réel. Palpable, le silence se dessinait comme une brume insidieuse dans l'allée malfamée.
Inspirer.
Lily releva hâtivement ses cheveux en queue de cheval, remonta ses manches. Dans l'obscurité de fin de jour, elle peinait à distinguer correctement le danger qu'ils affrontaient. Avec tout le courage Gryffondor dont elle fut capable, elle s'appliqua à calmer les battements désordonnés de son cœur.
Expirer.
À ses côtés, Alice avait une mine farouche et sombre, baguette brandie, poignard fixé à son avant-bras.
Inspirer.
Frank eut un sourire froid comme une lame de rasoir, un sourire qui rappelait celui de sa mère.
Expirer.
Sirius et James avaient fait un pas en avant, chefs de meutes, frères de lutte. Ils portaient la tenue sombre des apprentis Aurors, et arboraient l'air décidé de combattants chevronnés.
Inspirer.
Lily réalisa brutalement qu'ils étaient effrayants, ces Gryffondors tout juste sortis de l'école. Les enfants avaient grandi, appris, ils étaient prêts.
Expirer.
Les Mangemorts n'avaient aucune idée de la résistance qu'ils s'apprêtaient à rencontrer
Ils étaient nombreux pourtant – une dizaine de sombres silhouettes masqués, monstres sortis tout droit d'un cauchemar. Lily les reconnut sans mal, tant Heather les lui avait décrits pendant des mois.
Inspirer.
Il y avait Bellatrix Black, irradiant de noirceur, un sourire sadique sous le masque de loup, ses longs cheveux noirs flottant au vent. À ses côtés, les silhouettes brutales des frères Lestranges, les yeux brillant, assoiffés de sang. Avides de mort. Evan Rosier les suivait, sa cape noire claquant dans le vent, son masque à long bec masquant l'intégralité de son visage. Tobias Nott avançait avec circonspection, de cette démarche sournoise qui le faisait tant ressembler à sa sœur.
Venaient ensuite des Mangemorts plus âgés, parmi lesquels Lily devina Dolohov père, Mulciber et Avery.
- Qu'ils viennent, gronda Sirius. J'ai attendu ce moment trop longtemps.
Expirer.
. . .
Alice avait cru que son premier combat serait d'un chaos si terrible qu'elle ne pourrait se souvenir de tout. Elle fut surprise de constater à quel point l'adrénaline décuplait ses sens. Elle perçut distinctement Frank déjouer un premier maléfice et contre-attaquer aussitôt. Elle se jeta à terre, esquiva un sortilège cuisant, cingla l'air de sa baguette. À quelques pas, Sirius éclatait d'un rire mauvais et se moquait ouvertement de sa cousine et de son futur époux.
Inspirer.
James et Lily combattaient dos à dos, ballet parfait et mortel. Un duel est une danse, valse de vie et de mort, et les deux Gryffondors avaient de la grâce jusque dans la violence et la tempête. Tout repose sur la respiration – la sienne, celle de son adversaire, et le temps du combat. Dolohov jetait des maléfices d'un mauve tirant sur le noir qui l'inquiétaient – et la firent gémir lorsqu'il perça ses barrières et qu'elle ne put esquiver totalement le rayon lumineux. Une brûlure sourde lui déchira le bras, et Frank poussa un grognement terrible qui fit hésiter le Mangemort. Hésitation infime, mais qui permit à Alice de se mettre hors de portée. Elle dégaina son poignard, le projeta avec précision. Avery fut stoppé net dans son élan, s'effondra sur les pavés humides. Sirius hocha la tête d'un air reconnaissant, stoppa l'attaque de Bellatrix.
Expirer.
Les Lestranges étaient des adversaires coriaces, brutaux mais patients et persistants. Lily et James faisaient front avec toute leur bravoure Gryffondor, mais la fatigue commençait à se faire sentir. Les Mangemorts avaient l'avantage du nombre.
- Il faut tenir jusqu'à l'arrivée des renforts, souffla Frank à l'oreille d'Alice. Le Patronus de Lily a dû parvenir à ma mère.
Inspirer.
Et la valse terrible continua. Les sorts fusaient, faisant exploser les pavés, soulevant des gerbes de terre humide, incendiant les appartements alentours. James subit un sortilège de Découpe profond qui éclaboussa le sol de sang, Alice ne sentait plus son bras, Sirius faillit ne pas pouvoir esquiver le Doloris de Bellatrix, et Lily dut planter ses dents dans la main de Rosier pour éviter un coup de couteau. Ils fatiguaient.
Mais la danse de s'arrêtait pas. Avery ne s'était pas relevé, et Nott s'écroula à son tour face à Frank. Bellatrix ne put échapper aux maléfices de Sirius et recula de quelques pas. Les lueurs des sorts éclairaient la ruelle d'une lueur macabre, le bruit des explosions résonnait sur les pavés.
Expirer.
Puis tout s'arrêta dans un silence tonitruant.
Souffle coupé.
Une grande silhouette drapée de noir s'approchait. Les Mangemorts abaissèrent leur baguette avec un sourire goguenard. Lily sentit un frisson parcourir sa colonne vertébrale.
Il était là. Lord Voldemort était venu pour eux.
Bring on the fire and bring on the storm
We'll still be here when it's all said and done.
Et voilà !
Je suis bien méchante de vous couper la scène, mais que voulez-vous j'ai un certain sens du tragique haha.
Un chapitre bien sombre donc...
Heather franchit des lignes difficiles pour donner le plus d'info à l'Ordre. J'adore la torturer, et Sirius au passage, c'est terrible. Comment avez vous trouvé son petit jeu avec Rosier et Malfoy ?
Peter joue à un jeu très dangereux. J'en glisse des petits fragments au fur et à mesure, parce que je ne suis pas en mesure de faire quelque chose de plus détaillé. Ce personnage mériterait une saga rien que pour lui tant il est compliqué...
La liste des victimes s'allonge, et le monde sorcier vit dans la terreur. C'est difficile de rendre cette ambiance sans trop en faire, j'espère que je n'en fais pas trop...
Et pour finir, la première rencontre des Potter avec Voldemort. Oui je suis méchante, je ne vous en montre pas grand chose. Plus de détails dans le prochain chapitre, promis. Comment avez-vous trouvé mes petits lions au combat ? Je les aime bien lorsqu'ils sont si parfaitement Gryffondors. De vrais héros haha.
Dans l'attente de vos retours,
Amour et chocolat,
Hélène.
