Vacances entre la sixième année et la septième année
C'était les vacances. L'été était chaud, étouffant en France. Victoire, Dominique et Louis s'y étaient réfugiés, pour échapper à leurs parents. Les tensions chez les Weasley-Delacours étaient insoutenables, depuis l'annonce de la grossesse de Victoire. Ils avaient élu refuge chez leur tante Gabrielle, qui les avait accueillis, sans rien dire. Louis communiquait avec Mina, mais une certaine distance s'était installée entre eux.
Louis avait rejoint Allénore chez elle, pour la retrouver : ils s'étaient échangé plusieurs lettres, se promettant de se voir. La famille d'Allénore était sur Paris, celle de Louis, sur Nice, mais les deux amis voulaient absolument se voir. Ils se manquaient toujours trop pendant les vacances, encore plus quand ils savaient qu'ils étaient si proches l'un de l'autre.
Il y avait un festival, qu'Allénore attendait avec grande impatience. Plusieurs artistes moldus qu'elle appréciait s'y produisaient tous les ans, et les prix étaient abordables. Louis avait décidé de s'y rendre et Rose et Albus en avaient profité pour se joindre à eux. Même Molly était de la partie, jamais trés loin de son cousin préféré. Louis avait donc acheté les billets, sans se rendre compte dans quoi il mettait les pieds.
Rose et Allénore babillaient plus loin, surexcitées, en train de chanter, de sautiller. Louis les trouvait pleine de vie. Elles inspiraient la joie, l'envie et il se prêta au jeu, en souriant. Louis oubliait presque sa fatigue, ses problèmes avec Mina, ses parents qui étaient toujours en froid avec Victoire, cette dernière qui s'était totalement isolée depuis l'annonce de sa grossesse. Allénore le tira de ses pensées et par la main :
- Souris un peu Louis !
- Mais je souris !
Il se força à étirer ses lèvres, juste pour la rassurer.
- Fais-moi un vrai sourire ! Pas un faux pour me faire plaisir ! Un vrai de vrai ! lui demanda-t-elle.
Il s'exécuta, incapable de lui refuser quoique ce soit, et la suivit au milieu de la foule au milieu de laquelle elle se fraya un chemin, jouant des coudes, se faufilant à travers les corps, les sons et les odeurs de cigarettes et d'alcools. Ils évoluèrent à travers l'amas informe constitués de toutes ces personnes, avant de trouver un petit carré d'herbes libre. Rose sortit de son sac des sandwichs qu'Albus prit en otage. Elle lui courut après avec Molly, qui vociférait, la faim creusant ses entrailles depuis vingt minutes.
- C'est marrant tous ces gens…
- C'est un festival ! Y'a toujours plein de monde tu sais ! répondit Allénore.
- C'est particulier comme ambiance ! ajouta le blond en s'allongeant dans l'herbe.
Sur la scène, les techniciens faisaient les balances des sons. Les musiciens s'affairaient, les spectateurs hurlaient et même Allénore se suréleva et sauta, pour mieux voir. La primevère qu'elle avait cueillis sur le chemin et coincé derrière son oreille s'était échappée, entortillée et prisonnière d'une de ses mèches de cheveux. Louis se retient de l'en débarrasser et lui proposa plutôt son aide :
- Monte sur mes épaules !
- Même pas en rêve ! J'ai le vertige sur un rebord de trottoir !
- Ce n'est pas digne de ta réputation, Voltigeuse ! railla Louis en se moquant gentiment d'elle.
- J'ai épuisé mon quota de sensation forte pour toute une vie ! frissonna Allénore, en se souvenant de l'horreur qu'elle avait ressentie quand elle s'était perchée sur les cerceaux du stade de Quidditch pour forcer Rose à remonter sur un balai.
Louis leva les yeux au ciel, et souleva son amie qui couina, avant d'accepter et faire pendre ses jambes en appui sur ses épaules.
- Oh je vois le chanteur ! Il a une guitare !
Elle tapa dans ses mains et Louis la sentit bouger un peu. Rose les rejoignit, enfournant dans la bouche de son cousin un malheureux sandwich qu'elle avait sauvé de la gourmandise d'Albus et de Molly. Il en offrit la moitié à Allénore, sentant les miettes de pain lui gratter les cheveux. Elle se pencha vers lui, désolée, en s'esclaffant :
- T'en as une entre les deux yeux !
Elle passa ses mains fraîches sur son front et il en frissonna.
La musique commença et tout le monde hurla en cœur. Rose s'écria, Albus s'époumona chantant les paroles de façon assez approximative et Allénore, toute en haut, perchée sur les épaules de Louis, resta étrangement calme. Les gens autour d'eux dansaient, bougeaient. Il y avait une énergie que Louis n'avait jamais ressenti nulle part. Tout le monde aspirait sa mauvaise humeur, ses pensées négatives et étrangement, il se détendit. Il oublia un instant qui il était, avec qui il était, où il était, ce qu'il faisait. Il n'y avait plus que cet air de guitare électrique, qui rageait, qui exprimait en quelques notes la colère intérieure qui le dévorait.
Contre ses parents. Contre Victoire. Contre Teddy qui était parti. Contre Dominique, qui refusait de soutenir sa sœur. Contre lui.
Il cria à son tour, et personne ne s'en souciait, parce que tout le monde criait. Le tonnerre se mît à grogner et la pluie vint. Allénore leva les mains au ciel et sauta de ses épaules pour se réfugier dans ses bras, qu'il referma sur son corps instinctivement. Rose et Albus sautaient, au rythme de la batterie. Molly l'observa du coin de l'œil. Allénore avait eu une bonne idée de l'emmener ici, pour son tout premier concert.
Enveloppée dans ses bras, Allénore lui faisait oublier tout ce qui n'allait pas dans sa vie.
Ca lui faisait du bien, d'avoir Allénore prés de lui.
