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La Huitième Porte


- Dépêchons-nous d'en finir avec lui, aboya Hannibal. Ce raté est incapable d'utiliser le Ninjutsu, ce sera un jeu d'enfant. Il va mourir ici et maintenant.

Lee ignora la provocation et garda son calme.

- Navré, mais c'est impossible. Je n'en ai pas le droit, dit-il d'une voix grave. Si je perds, Fuki ne sera pas la seule à tomber. Ce sont plus de six milliards d'êtres humains qui en feront les frais, enfermés dans un Genjutsu pour l'éternité ! Et il en sera de même pour toutes les générations à venir… Tant qu'il me restera un souffle de vie, je me battrai pour eux.

- C'est trop risqué, intervint Hector, alarmé. L'un de nous devrait partir devant pour s'assurer que l'info parvienne jusqu'à Madara…

- On maintient la formation, répondit fermement Hannibal. On ne risque rien contre ce type. Ayez confiance en vos propres capacités, bande de tanches.

Et sans prévenir, il quitta sa position, instantanément suivi par ses deux compères. Tous les trois atteignirent Lee en même temps, et projetèrent leur poing vers leur adversaire. Pris en tenaille par trois attaques simultanées, Lee n'avait aucune chance. Du moins aurait-il dû en être ainsi, car les lois de la physique ne sont plus qu'un vague concept lorsque l'on a affaire à un maître du Taijutsu.

Lee se mit à bouger moins d'une seconde avant que les poings ne le touchent, mais ce fut suffisant. Il sauta, fit un salto, se réceptionna sur les mains et ses jambes s'abaissèrent jusqu'à former un angle droit avec son corps. Puis il se mit à tourner comme une toupie à une vitesse incroyable.

Toute l'opération s'était déroulée si vite que les membres du Triangle restèrent cois lorsque leur attaque respective fut parée par les pieds de Lee. Les trois shinobis reculèrent, et le ninja de Fuki interrompit sa rotation.

- Pas très esthétique, mais efficace, commenta Lydia.

- Un tourbillon divin en moins stylé, ajouta Hector.

- De la merde en paquet, acheva Hannibal. Digne d'un raté comme lui…

Lee haussa un de ses sourcils si fournis.

- Le raté a pourtant paré votre triple attaque assez facilement, non ?

En guise de réponse, Hannibal se jeta à nouveau à l'assaut, aussitôt imité par Hector et Lydia. Cette fois-ci, Lee adopta une garde plus conventionnelle en se contentant de tendre le bras gauche devant lui.

Il était déjà près quand le coup de poing d'Hannibal fusa. D'une manchette rapide, Lee écarta le bras de l'Américain comme il l'aurait fait d'un moustique, puis frappa son adversaire au torse, tout en se contorsionnant pour esquiver les coups de poing des deux autres. Hannibal fut projeté par la violence du coup, et, déséquilibré, tomba en arrière.

Il n'avait toujours pas touché le sol que Lee se retourna et envoya le reste du Triangle au tapis de deux atémis magistraux.

Le trio de shinobi hoqueta de stupeur et de douleur. Lee semblait danser, chacun de ses mouvements était fluide et dans la continuité du précédent. Il attaquait et esquivait en même temps avec une aisance extraordinaire témoignant des longues heures passées à l'entraînement.

Lee regarda ses trois adversaires se relever, et leur lança :

- Vous comptez vous économiser encore longtemps ? Je sais que vous bridez vos capacités, du point de vue de la vitesse comme de la force.

- Et comment tu le sais ? cracha Hannibal.

- Vos muscles. Au vu de leur développement, vous devriez être deux fois plus rapides.

Hannibal explosa de rire.

- Expert ès muscles, voilà un job plein d'avenir !

Très bien, ajouta-t-il en recouvrant son sérieux. Nous allons y aller à fond. Mais tu n'iras pas te plaindre, après, si tu finis encastré dans un mur.

Lee ne répondit rien. Il savait que raisonner un fou était une bataille perdue d'avance.

Le troisième assaut du Triangle fut radicalement différent des deux autres. Avec une vélocité insoupçonnée, ses membres s'élancèrent sur Lee et furent sur lui en l'espace d'un battement de paupières. Et cette fois-ci, Lee se consacra exclusivement à la défense, n'ayant aucune ouverture devant l'avalanche de coups que lui assénait le Triangle. Bien qu'il les esquivât tous pour le moment, il ne pourrait pas soutenir un tel rythme indéfiniment, et ça, Hannibal le savait très bien.

Qui plus est, le trio avait désormais exactement la même vitesse que Lee, et ce dernier ne s'en sortait que grâce à l'expérience et la technique qu'il avait engrangées au fil des années.

- Vous avez effectivement bien progressé, concéda Lee entre deux esquives.

- Toi par contre tu es toujours aussi nul, rétorqua Hannibal d'une voix acerbe. Je n'avais pas placé en toi d'attentes particulières, mais ça reste décevant.

Soudain, le poing d'Hector percuta le menton de Lee, qui vit des étoiles. Se dégageant adroitement, le shinobi de Fuki soupira.

- Bon, apparemment je ne peux pas y couper.

Quatre poids s'écrasèrent sur le bitume dans un bruit terrible, et Lee agita ses bras et jambes en tous sens.

- Grands yeux qu'est-ce que ça fait bizarre ! On se sent vraiment léger quand on les enlève.

Les yeux de Lydia se posèrent sur l'inscription que portait l'un des poids. Cent kilos. Leur adversaire portait une masse totale de quatre cent kilos, et il était aussi rapide qu'eux !

C'était complètement grotesque. Les ninjas possédaient certes une force exceptionnelle, celle-ci avait ses limites.

- Tu pourrais porter ça ? demanda Lydia en se tournant à demi vers le chef du groupe.

- Probablement. Mais je ne pourrais pas bouger, même d'un millimètre.

- Bon… On passe au Ninjutsu, commanda le chef du Triangle après un moment de flottement.

En dépit de tout le mépris qu'il avait pour Lee, il était conscient que l'affronter au corps à corps représentait une prise de risque inutile.

- Ninpô : Genso no Sankaku ! (le Triangle élémentaire)

Aussitôt l'ordre lancé, Hannibal fit quelques signes puis souffla une énorme flamme. Lee se contenta de sauter en arrière pour éviter d'être rôti, mais il n'était pas au bout de ses surprises. Lydia se tourna vers Hannibal et se mit à souffler du vent sue le feu. L'effet fut spectaculaire, la flamme doublant de volume. Lee reculait derechef lorsqu'il sentit Hector arriver derrière lui. La réincarnation d'Udon avait le chic pour se faire oublier !

Lee blêmit en apercevant le bras d'Hector du coin de l'œil. Le chidori. Pris en étau par deux puissants jutsus, Lee était en bien mauvaise posture…

Il se décida pour un saut gargantuesque et quitta le sol à une vitesse stupéfiante, sous l'œil courroucé d'Hannibal et celui penaud d'Hector. Son chidori était bien inutile lorsque l'adversaire était hors de portée… Contrairement à Sasuke, le Ninjutsu n'était pas sa spécialité et il ne maîtrisait pas le changement de forme.

Mais Hannibal n'avait pas dit son dernier mot. Sans s'arrêter de souffler, il leva la tête vers Lee et cracha à pleins poumons.

Se mouvoir dans les airs étant quasi-impossible, Lee ne put éviter la déferlante de flammes et il disparut au cœur du brasier.

Le corps recouvert de flammes de Lee tomba ensuite comme une masse et s'écrasa par terre. Tout guilleret, Hannibal s'empressa d'aller prendre de ses nouvelles.

- Alors le raté, comment ça v…

Sa pique resta en suspens et son visage se ferma.

- Décidément, il s'accroche à la vie comme Naruto à son bol de nouilles…

En effet, Lee se relevait déjà. Son corps était parsemé de légères brûlures, mais rien de très grave. C'était comme si la résistance de son corps s'était subitement accrue.

- Ouverture de la Sixième Porte : La Porte de la Contemplation, psalmodia Lee en époussetant son pantalon calciné.

Mais aucun de ses adversaires n'avait eu besoin de cette précision, le teint de Lee étant devenu rouge brique, et ses nerfs ayant triplé de volume.

- La vache, vraiment impressionnant… souffla Hector. Il arrive à contrecarrer notre Ninjutsu avec du Taijutsu !

Une fois n'est pas coutume, Hannibal ne le contredit pas, ce combat demandant toute son attention. En dépit de son comportement illogique, voire bestial, Hannibal demeurait un tacticien hors pair.

- Sankaku no Saiminjutsu. (l'hypnose du Triangle)

Hector retrouva le sourire à l'énoncé de la technique. En entrait enfin dans son domaine de compétence.

- Vas-y Hector, lui intima Lydia. Ne perds pas plus de temps.

Lee pivota vers le prodige informatique, aux aguets. Le Triangle avait parlé d'hypnose, il y avait donc de grandes chances pour que leur prochaine attaque soit un genjutsu. Sachant cela, Lee savait que regarder Hector serait dangereux. Mais s'il s'agissait d'une feinte et qu'il utilisait le Ninjutsu, il devait se tenir prêt. Pour la première fois de sa vie, Lee se dit qu'il aurait bien aimé être la réincarnation d'un Hyûga. Se battre à un contre trois était quasi-impossible lorsque l'on possédait un champ de vision classique…

Soudain, Hector bougea sa main droite, et Lee sentit la réalité s'altérer. Etant un incompétent notoire en Ninjutsu et en Genjutsu, il avait l'habitude de les subir… Et au fur et à mesure d'entraînements tous plus difficiles les uns que les autres, il avait acquis la capacité de distinguer l'illusion de la réalité. Et heureusement, car l'illusion qu'il avait sous les yeux semblait parfaitement authentique, si ce n'est que ses trois adversaires demeuraient anormalement calmes, presque immobiles. Et le petit doigt de Lee lui disait qu'il en était autrement en réalité…

Pendant ce temps-là, Lydia avait recouvert sa main droite de chakra Fuuton, à l'instar d'Hannibal avec le feu. Tous deux convergèrent vers leur cible, prêts à l'égorger sans autre forme de procès. Recourir à ce genre de méthodes quand on était à trois contre un était d'une rare bassesse, mais la morale et l'éthique étaient des concepts étrangers à Hannibal. Pour lui, la fin justifiait les moyens. Toujours.

Mais leurs deux lames de chakra ne brassèrent que de l'air, Lee ayant baissé la tête au dernier moment. Hannibal sonna la retraite en pestant. Une fois encore, le binoclard avait merdé.

- C'est quoi ce bordel ? Ton genjutsu n'était pas censé le paralyser ?

- Si, mais il s'en est libéré, geignit Hector. Ce n'est pas normal. Ce type ne peut pas utiliser de chakra, il n'a donc aucun moyen de se débarrasser de…

- La douleur, l'interrompit Lee. Perturber l'illusion requiert en effet un bon contrôle du chakra, mais ce n'est pas le seul moyen de s'en échapper. Une intense douleur peut jouer ce rôle…

- Mais tu étais paralysé ! opposa Hector. Tu n'as donc pas pu te mutiler ou je ne sais quoi d'autre !

- Je peux ouvrir ou fermer les verrous psychiques à volonté, sans bouger mon corps, expliqua Lee. Lorsque l'on ouvre la première porte, la douleur est presque insoutenable, c'est pourquoi un utilisateur de cette technique ouvrira instantanément la deuxième porte, laquelle a pour vocation de stopper la douleur. Une sorte d'anesthésie… Sachant cela, j'ai donc…

- Fermé brièvement la deuxième porte en laissant les autres ouvertes, compléta Hannibal.

- Exactement.

- Une méthode douloureuse, mais terriblement efficace, fit remarquer Lydia. Seule une illusion du niveau du Tsukiyomi pourrait y résister.

Hannibal acquiesça.

- Et vu qu'Hector n'en maîtrise pas, on arrête le Genjutsu. On repart avec le Triangle des Bermudes.

Hector et Lydia se tournèrent vers lui comme un seul homme.

- Sérieux ? Ne pourrait-on pas utiliser quelque chose de moins coûteux en chakra ? fit la seule fille du groupe.

- Non. Si on continue à le sous-estimer, on y passe tous les trois. Ce n'est pas un raté…

- Eh bien ! Tu en a mis du temps pour le réaliser ! railla Lee.

De leur côté, Hector et Lydia n'en croyaient pas leurs oreilles. Hannibal reconnaissait qu'un d'autre que lui avait du talent. Un jour à marquer d'une croix blanche…

Hannibal fit une série de mudras, et la terre trembla sous les pieds du Triangle. Le bitume se craquela, et la terre se souleva de près de quatre mètres autour de Lee. Ce dernier était désormais prisonnier d'un triangle de terre, Hannibal, Hector et Lydia occupant chacun un sommet.

Ce fut Lydia qui se chargea de la deuxième étape. Elle cracha une grande quantité d'eau dans le triangle, qui se remplit rapidement. Une fois arrivée à la moitié, elle s'arrêta et fit signe à Hector .

- A ton tour.

Lee assistait à leur manège, un poil intrigué. Etant incapable d'utiliser son chakra pour adhérer à la surface de l'eau, il flottait donc à plus de trois mètres en contrebas de ses adversaires. L'exercice était aisé pour pratiquement tous les ninjas confirmés, mais pas lui. Il était incapable de malaxer son chakra, et cela lui pesait en cet instant.

- Ça y est ! s'écria Hector.

Un peu alarmé, Lee regarda autour de lui. Il ne voyait absolument pas ce qu'aurait pu faire Hector. Il s'était attendu à un jutsu Raiton et se tenait près à sauter hors de l'eau aussitôt qu'il sentirait le danger. Mais apparemment, le plan du Triangle n'était pas aussi simple.

- Il a créé un champ électrique, une sorte de barrière, lui apprit Hannibal. Elle se trouve juste au-dessus de ta tête…

- Je suis donc bel et bien prisonnier… comprit Lee. Vous attendez que je tombe de fatigue et que je me noie dans votre petit bassin ? Je croyais que vous étiez pressés ?

- J'ai de nombreuses qualités, mais la patience n'en fait pas partie. On a prévu un supplice plus rapide, tu devrais être reconnaissant, ricana Hannibal.

- Du genre électrifier l'eau pour m'électrocuter ?

Hannibal fit la moue.

- Impossible. Hector a besoin de toute son attention pour générer la barrière Raiton, et je pense que c'est le seule type de barrière que tu ne pourras pas franchir en utilisant les verrous psychiques. De plus, je n'aime pas le concept de l'électrocution. Ce n'est pas assez… cruel pour moi. Bref, assez parlé. Lydia, à toi.

La kunoichi composa de nouveaux mudras, et se mit à souffler du vent sur Lee.

« Non pas sur moi… Sur l'eau ! » découvrit Lee en baissant les yeux. L'eau commençait à tourner, décrivant une spirale centrée sur ses pieds. Et il sentait déjà qu'une légère force menaçait de l'entraîner vers le fond. Cette fille était en train de créer une tourbillon pour accélérer le processus de la noyade. Il est vrai que niveau cruauté, Hannibal pouvait difficilement faire mieux…

En désespoir de cause, Lee s'extirpa de l'eau et décolla à toute vitesse. Après tout, il avait activé la sixième porte. Il arriverait peut-être à passer…

L'écher fut cuisant, ou plutôt électrocutant. Lee repartit en sens inverse, le corps engourdi par la décharge. Il fut promptement happé par le siphon qui avait gagné en vitesse, et disparut sous l'eau.

- Victoire, se réjouit Hector. Je pense qu'on devrait attendre quelques minutes avant de s'en aller, juste pour être sûr.

- Les garçons… Regardez ! fit Lydia d'une voix étranglée.

Hector et Hannibal suivirent son regard et constatèrent que l'eau était en train de bouillonner.

- Pourquoi l'eau se réchaufferait-elle ? Lee ne maîtrise pas le Katon… signala Hector, intrigué.

- Ce n'est pas ça… répondit Hannibal. C'est un transfert thermique. La chaleur émane de son corps.

Lydia fronça les sourcils.

- C'est ridicule. Un corps humain ne peut pas dépasser la quarantaine de degrés…
- « Son corps brûle », la coupa Hannibal. « Il se consume de l'intérieur et ses nerfs sont si gonflés que certains ont traversé la peau. Sa peau rouge commence à noircir er les vaisseaux de ses yeux exorbités ont éclaté. » C'est de Kakashi, la seule fois où il a assisté à l'ouverture de la septième porte de Gai. Jiraya avait recopié son témoignage… On a lu ce papelard il y a quelques mois, il se trouvait dans les données qu'on a piquées à Fuki. Vous ne vous rappelez pas ?

- Tout le monde n'a pas une mémoire comme la tienne, rétorqua Hector. Alors… Il a vraiment ouvert la septième p…

Le sol vibra, et les trois shinobis furent jetés à bas du promontoire triangulaire créé par Hannibal. Il y eut une nouvelle secousse, puis quelque chose bondit hors de l'eau. Elle traversa la barrière électrique en un instant puis se posa en douceur derrière le trio.

Hannibal se retourna lentement, hébété. Lee était allé si vite qu'il n'avait pu distinguer qu'un mouvement flou.

Mais le chef du Triangle recouvra rapidement son assurance. Lee ne pourrait pas maintenir la septième porte active aussi longtemps.

- On dirait que j'avais raison, comme d'habitude, se vanta-t-il. Il correspond parfaitement à la description de Kakashi.

Lydia et Hector acquiescèrent bien qu'ils fussent d'avis que le rapport du ninja copieur n'était pas à la hauteur de la réalité. Lee était devenu noir comme l'encre. Tout son corps semblait se consumer, mais il souriait.

- Il sourit… constata une Lydia hébétée.

- Les endomorphines libérées, mais il n'y a pas que ça, expliqua Hannibal. La porte de l'extase porte bien son nom. Elle est située en un point assez célèbre d'ailleurs : le fameux point de Gräfenberg, dont on ne garde souvent que la première lettre.

Le sourire de Lee s'élargit, puis le ninja de Fuki disparut.

Deux cris de douleur plus tard, Hector et Lydia s'effondraient sous les yeux d'Hannibal, immobile à trois mètres de là. L'Américain ne pouvait pas détacher les yeux des deux trous béants que ses anciens coéquipiers avaient à la place de la poitrine.

Lee les avait transpercés de part en part, rien qu'avec ses bras. En temps normal, le maître du Taijutsu aurait été submergé par le remord et le dégoût, mais tous ses principes étaient occultés par le plaisir sans limites qu'il ressentait. Il jeta un coup d'œil à ses bras, et vit que le sang de ses victimes s'était déjà évaporé sous la chaleur qu'il dégageait.

Il réalisa alors que son plaisir allait décroissant, et son sourire s'évapora. L'extase n'était que temporaire, elle ne tarderait pas à disparaître. Ensuite viendrait la douleur… Une douleur dépassant l'imagination. Celle que causaient des brûlures au troisième degré.

Immobile, Hannibal garda longtemps les yeux rivés sur les corps inertes de ses feus coéquipiers.

Puis son corps fut secoué par un spasme, et tout son visage fut parcouru par des frémissements, sa bouche se tordant dans un rictus informe.

Voyance cela, Lee baissa les yeux vers les cadavres et croisa les bras.

- C'est ta démence qui les a envoyés à la mort. Tu es responsable de toutes ces atrocités, Konohamaru. Tu…

Lee fut interrompu dans son laïus moralisateur par un énorme éclat de rire. Hilare, les yeux plus fous que jamais, Hannibal balançait sa tête d'avant en arrière.

- Intéressant, vraiment intéressant ! Je t'avais mal jugé, admit l'Américain tout en riant.

Pour avoir éliminé ces deux vers de terre, tu possèdes effectivement une certaine puissance.

- Leur mort ne te fait rien ? s'indigna Lee. N'étaient-ils pas tes amis ?

- Ils n'étaient que des outils, rien de plus. Des outils obsolètes qui plus est, puisque je n'aurai plus besoin d'eux maintenant que mon plan est presque achevé. Je te dois une fière chandelle…

Furieux, Lee serra les poings, bien décidé à en finir. La septième porte lui ayant octroyé une force inimaginable, la victoire ne pourrait pas lui échapper.

Mais avant même qu'il eut eu pu passer à l'attaque, Hannibal joignit ses mains en un unique signe. Les sens exacerbés de Lee virent les deux parchemins se consumer un instant avant leur explosion.

Il décolla comme une fusée au moment où les cadavres d'Hector et Lydia étaient pulvérisés par l'explosion.

« Cet enfoiré de Konohamaru avait placé des sceaux explosifs sur ses propres alliés ! » réalisa-t-il avec dégoût.

Il retomba finalement sur le sol, et s'aperçut aussitôt qu'Hannibal n'avait pas chômé. Le seul survivant du Triangle savait que des attaques aussi simplistes ne seraient pas venues à bout de Lee, les explosions n'étaient qu'un moyen de gagner du temps.

Lee avait beau posséder une vitesse inouïe, il ne put empêcher Hannibal d'achever sa série de mudras.

Un grand sourire se dessina sur les fines lèvres de l'Américain.

- Doton : Bokumetsu no Hiseki ! (Météorite d'Extermination)

Lee se figea en entendant le nom de la technique. Ce jutsu ressemblait beaucoup à celui d'Itachi…

- Ce jutsu n'a rien avoir avec celui du Seigneur des Corbeaux, intervint Hannibal comme s'il avait lu dans ses pensées. Le jutsu de votre chef était une technique Katon, il ne faisait que durcir le feu pour lui donner la forme d'une météorite. Ma technique est une météorite. J'ai passé des centaines d'heures à la perfectionner pour que sa densité soit celle d'une authentique météorite. Je suppose que tu sais ce que ça implique…

Une lueur de frayeur passa dans les yeux de Lee, pour le plus grand plaisir d'Hannibal.

- Ce météore va anéantir Tokyo, acheva le psychopathe en se passant la langue sur les lèvres.

Tétanisé, Lee releva lentement la tête vers le ciel azur. Un point presque invisible semblait y grossir petit à petit.

Profitant de la faiblesse inhabituelle de la garde de Bee, Sasuke passa soudainement à l'attaque et la pointe de son sabre d'entraînement s'arrêta à un cheveu de la nuque de la Jinchuuriki.

- Ça me surprend moi-même, mais j'ai gagné, se réjouit l'Uchiha. Une victoire pour moi, trente-deux pour toi. C'est le début de la remontée !

Bee ne réagit pas, et Sasuke réalisa qu'elle n'avait pas bougé depuis une bonne vingtaine de secondes.

- Bee ? Tu te sens bien ?

Les yeux de la femme clignèrent, et elle sembla revenir à la réalité.

- Message hyper urgent d'Hachibi le grand.

Sasuke pesta. Alors qu'il pensant avoir enfin remporté la victoire, il apparaissait que Bee avait été dérangée par son Bijuu.

Ce qu'il vit dans les yeux dorés de la kunoichi lui fit comprendre que la situation était vraiment grave, et il balaya toutes ces futilités, prêt à écouter le message d'Hachibi.

- D'après le roi des bizuts, un chakra terrible nous tombe dessus…

- Espèce d'enfoiré ! beugla Hinata en agrippant Hannibal par le col.

Malgré cette situation inconfortable, le ninja aux dreadlocks conservait un rictus provocateur. Il narguait l'ensemble des ninjas de Fuki qui avaient formé un cercle autour de lui.

- Je suis sûr que tu meures d'envie de m'éliminer, mais il y a plus urgent je crois.

Hannibal dressa son index vers le ciel, plus précisément vers la masse de roche incandescente qui tombait sur eux.

- Et comme je l'ai dit à l'autre débile, sa masse est similaire à…

- On le sait, le coupa Sasuke. Donc maintenant tu la fermes.

- Faire disparaître la capitale la plus peuplée de la planète, c'est ça ton trip ? jeta Orochimaru d'une voix acide en incendiant Hannibal de ses yeux de serpent.

- Tu plaisantes ? s'étrangla Haku. Comment un truc de cette taille pourrait…

Nagato prit finalement la parole avec la sécheresse dont il était coutumier.

- Bon, on continue à disserter sur la cause de notre mort prochaine ou on cherche un moyen de l'empêcher ?

Une fois rappelés à l'ordre par leur chef, les résistants mobilisèrent toutes leurs cellules grises, sans grand succès.

- On a rien d'assez puissant pour stopper un truc pareil, déplora Hinata.

Tendô ne répondit rien, et se tourna vers Lee, dont Sakura s'efforçait de soigner les brûlures. Elle n'avait jamais rien vu de pareil… Il était tout simplement inimaginable que Lee soit toujours vivant avec de telles blessures. La septième porte n'était pas qu'une arme à double tranchant, c'était un aller simple pour au mieux l'hôpital, au pire le cimetière. Sachant cela, Sakura préférait ne pas imaginer les effets de la dernière porte…

Nagato observait la peau noircie de Lee, partagé entre la tristesse, l'admiration et l'irritation.

« S'il avait pensé à prendre son talkie walkie en sortant, il n'aurait probablement pas eu à faire ça. Quelle tête de linotte, je vous jure… Il est très fort, c'est vrai, mais la greffe de cerveau se fait de plus en plus urgente… »

- Je n'ai pas encore récupéré des combats d'hier et d'avant-hier, reconnut-t-il ensuite. Je n'aurai jamais assez de chakra pour produire un Shinra Tensei suffisamment puissant.

Sasuke donna un coup de pied dans le vide. Il était encore si faible comparé à son défunt frère…

S'il avait possédé le Mangekyou Sharingan, il aurait pu invoquer Susanoo. Mais en dépit de sa puissance, son Sharingan était désespérément ordinaire.

- Arrêtez de déprimer, ou je vais me mettre à pleurer, chanta Bee.

Elle échangea un sourire complice avec Han, qui comprit le message.

Lentement, les deux jinchuurikis se mirent à grandir, jusqu'à ce que leur apparence ait radicalement changé.

Au milieu de la petite ruelle tokyoïte se dressaient la haute stature de Gobi et Hachibi.

Sans perdre de temps, les deux Bijuus levèrent les yeux vers le météore, puis ouvrirent la gueule. Deux sphères de chakra concentré y apparurent, faisant vibrer le sol autour d'eux.

- La bombe du Bijuu, nota Hashirama.

Le terme n'était que l'invention de Kishimoto, mais personne n'avait trouvé le temps -et l'intérêt- de trouver l'original.

Les deux Bijuus finirent par avaler leur chakra respectif, et tous les ninjas présents -hormis Hannibal qui n'en avait cure- croisèrent les doigts pour que l'attaque vienne à bout de la météorite.

Deux rayons de chakra s'échappèrent de la gueule des Bijuus, l'onde faisant exploser les vitres des immeubles environnants. La détonation qui résultat de la collision fit vaciller les spectateurs. Le météore, lui, fut légèrement dévié de sa trajectoire, et un bon morceau partit en fumée. Mais il tombait toujours. Sa descente inexorable, comme animé par une missions sacrée : l'annihilation de millions d'innocents.

- Il en reste presque trois quarts… constata Neji. Vous pouvez le refaire ?

- A une telle puissance ? Pas avant trois minutes… lui répondit Hachibi d'une voix rauque.

- On ne les a pas.

Personne ne songea à protester, tous savaient qu'Orochimaru avait raison. Le plus emmerdant avec lui, c'était qu'il avait toujours raison…

Hannibal ne songea pas à s'enfuir dans la confusion, bien que cela eut été facile. La raison en était fort simple : il ne maîtrisait aucune jutsu de déplacement suffisamment rapide pour l'empêcher d'être rattrapé par le souffle de la météorite. Cette dernière annihilerait tout dans un rayon de plusieurs dizaines de kilomètres, lui compris. En fin de compte, son destin était lié à celui de Fuki. Ironie, quand tu nous tiens…

- Pourquoi avoir utilisé un truc pareil si c'est pour y passer aussi ? lui jeta Sasori qui était parvenu à la même conclusion.

Hannibal haussa les épaules.

- Si je ne l'avais pas fait, le raté m'aurait tué et je n'aurai pas pu vous balancer à Madara. Bon là non plus je ne pourrai pas le faire, mais ce n'est plus la peine n'est-ce pas ? Puisque mon gros caillou va vous pulvériser…

- Nous pulvériser, corrigea Sasori.

Le bruit d'une explosion mit fin à l'échange, et tous les deux observèrent les vains efforts de Deidara, qui était bien décidé à désintégrer la menace à coups de bombes d'argile.

- Le problème avec Dei, c'est qu'il pense que tous les problèmes peuvent être réglés par une explosion, marmonna Hinata en regardant la silhouette minuscule de son petit ami voleter autour de la masse rocheuse en chute libre.

L'oiseau d'argile que chevauchait Deidara finit par se reposer sur le sol, et le maniaque des explosions rejoignit les siens, dépité.

- Rien à faire, et il est de plus en plus près. D'après mes estimations, il nous reste vingt secondes.

Les mains de Deidara et d'Hinata se trouvèrent, et les deux shinobis s'enlacèrent dans un sourire paisible. Ils avaient déjà surmonté le déni et connaissaient désormais l'acceptation.

- C'est hors de question ! rugit Lee en se remettant debout. Il banda ses muscles endoloris, puis ferma les yeux. Nagato réalisa alors que ses nerfs recommençaient à grossir.

« Ce barge est en train de rouvrir les verrous psychiques ! »

Tendô ouvrit la bouche lorsqu'il vit que Lee avait à nouveau atteint la septième porte, l'aura émanant de lui ne laissant pas de place au doute, mais il n'eut pas le temps de dire un mot.

Lee avait déjà disparu, propulsé vers la météorite par la seule force de ses jambes. Il y eut une petite explosion quand il la percuta, mais ce fut tout. Lee prit ensuite appui sur la masse rocheuse, et fonça vers la terre ferme.

Orochimaru sauta pour l'intercepter avant qu'il ne s'écrase.

- Courageux mais idiot, souffla l'ex-capitaine.

D'ordinaire, ses moqueries étaient bien plus mordantes mais là, le cœur n'y était pas. Orochimaru avait toujours été convaincu qu'il parviendrait à sauver Anko, et voilà qu'il était rattrapé par une chose aussi futile que la morte. Celle a laquelle il était censé échapper indéfiniment. Mais cette fois-ci, l'ophidien, ne s'en tirerait pas avec une mue ou un autre tour de passe-passe.

- Sayonara les gars, je crois bien que c'est la fin, murmura Bee en tripotant ses sabres adorés.

Deux Shinra Tensei plus tard, et autant d'échecs, Nagato lui fit écho. Il n'avait plus assez de chakra pour repoussé un objet animé d'une telle énergie cinétique et potentielle.

- Ça ne va pas se passer comme ça, c'est hors de question, répéta Lee, ses veines et ses nerfs plus saillants que jamais.

- Arrête Lee, tu veux mourir dans la souffrance ? Ferme les verrous psychiques, lui intima Sakura.

En réponse, le shinobi baissa la tête et banda de toutes ses forces l'arc de sa volonté. Il n'abandonnerait pas. Il n'avais jamais abandonné, jamais. Comme tout le monde il avait menti, échoué, blessé, souffert. Mais il n'avait jamais baissé les bras.

- Lee, même toi tu dois apprendre à abandonner. Il n'y a plus rien que l'on puisse faire, intervint Rai comme s'il lisait dans ses pensées.

Lee le regarda et sourit, malgré la douleur que lui hurlaient toutes les cellules de son corps.

- Parce qu'il t'arrive d'abandonner quand tu n'as pas joué toutes tes cartes ?

Rai fronça les sourcils.

- Mais tu n'as…

Lee ferma les yeux, et rassembla toute sa force mentale pour briser la dernière porte.

A plusieurs kilomètres de là, Madara buvait paisiblement son café en lisant les dernières nouvelles lorsqu'il lâcha la tasse, qui explosa sur le parquet. Une microseconde plus tard, Higashi débaroulait dans la pièce, le visage soucieux.

- Ce n'est rien, dit immédiatement l'Empereur en montrant les débris de porcelaine.

- Mais vous l'avez senti aussi, n'est-ce pas ?

Madara ne répondit rien. Il n'avait jamais ressenti une aura pareille. Serait-ce celle de l'élu ?

Il secoua la tête et alluma la télévision pour se changer les idées.

L'élu se réveilla en sursaut, le front baigné de sueur.

- Est-ce que j'ai… rêvé ?

- Oui, lui répondit immédiatement son ami. Voilà ce que c'est de faire la grasse matinée…

- Alors pourquoi es-tu à mon chevet ? répliqua immédiatement l'élu en souriant.

L'homme en noir soupira.

- Bon d'accord, tu n'as pas rêvé, j'ai aussi senti un truc. Quelque chose se passe au Japon.

- Lee. Je suis presque certain que c'était lui.

L'élu affronta le regard abasourdi de son ami. Lui non plus n'y comprenait rien, mais ses sens ne le trompaient jamais.

Le sol se craquela sur un rayon d'un kilomètre, l'épicentre étant centré sur Lee. La terre se souleva par endroits et plusieurs ondes de choc balayèrent Fuki et Hannibal.

- La… La météorite a déjà touché le sol ? demanda bêtement Deidara.

Hashirama l'ignora et vissa ses yeux verts sur Lee. La puissance déferlait de son enveloppe charnelle, et il était méconnaissable. Tous s'aperçurent avec horreur que sa peau avait complètement disparu, révélant les vaisseaux et les organes mis à vif. Et pourtant, il respirait toujours…

Lee fit un simple pas, et une nouvelle onde de choc renvoya les ninjas présents au tapis. Il leva ensuite la tête vers le météore et s'envola. Les immeubles autour de lui vacillèrent mais tinrent bon : les structures anti-sismiques de Tokyo faisaient leurs preuves.

Nul ne put suivre le déplacement de Lee, Uchiha et Hyûga compris, mais tous virent l'impact, et l'entendirent. La météorite fut comme heurtée par un deuxième météore, et le vacarme assourdissant qui résultat de la collision glaça le sang des résistants.

Comme dans un rêve, les Tokyoïtes observèrent la météorite d'Hannibal remonter dans le ciel, tandis que Lee demeurait immobile en dessous, suspendu dans les airs.

Mais il n'en avait pas encore fini. Lee s'élança à nouveau, cette fois-ci enveloppé par un manteau de flammes bleues. Pendant quelques secondes, Lee avait laissé son humanité derrière lui, et était devenu un dieu.

Il traversa la météorite et disparut pour ne plus jamais être vu en ce monde.

Les secondes semblèrent s'égrener avec une lenteur infinie, puis une lumière intense éblouit les spectateurs. De multiples rayons aveuglants s'échappaient de la météorite, qui rougeoyait de plus en plus. La lumière n'avait rien à envier à celle du soleil, elle était même plus insoutenable encore.

Tout prit fin en un instant. Sans bruit, la sphère de lumière enfla, puis cessa tout simplement d'être. Rien ne subsistait d'elle, du météore, ou de Lee. Les millions de Tokyoïtes qui avaient assisté à la scène restèrent longtemps hébétés. Du chant des oiseaux au bleu limpide de la voûte céleste, rien ne laissait suggérer qu'un tel évènement ait pu se produire quelques instants plus tôt.

Madara éteignit la télévision et joignit ses mains pour réfléchir.

- Alors comme ça, c'était Lee… Je suppose qu'on lui doit une fière chandelle pour avoir stoppé cette météorite sortie de nulle part.

- C'était la huitième porte ? s'enquit Higashi, encore sous le choc.

- Evidemment. Si un ninja pouvait obtenir un tel pouvoir sans mourir par la suite, il serait le maître du monde… Mais ce rôle m'est à jamais dévolu. La puissance de Lee n'était qu'éphémère, la mienne sera éternelle.

- Caramba, encore raté ! Fuki est increvable, ma parole ! gloussa Hannibal.

Kushina essuya ses larmes er retroussa ses manches, tremblante de rage. Elle ne fut pas la seule à agir ainsi. L'hostilité que dégageait l'ensemble des résistants aurait stoppé net la charge d'un fauve affamé. Même Sasori ou Haku vibraient de colère.

- Je vais t'éclater, enfoiré ! rugit Rai. Tu vas payer pour ce que tu as fait !

- Ben voyons…

Sur cette ultime provocation, Hannibal sortit quelque chose de sa poche, et une grande mappe d'un brouillard totalement opaque s'abattit sur la rue.

- Des fumigènes… grinça Hashirama.

- Ne le laissez pas s'échapper ! tempêta Tendô. Hinata, Neji, à vous !

Les Hyûga activèrent leurs dons héréditaires, et s'exclamèrent de concert :

- Je l'ai !

Les résistants de Fuki se raidirent, prêts à suivre les indications des possesseurs de la pupille blanche.

- Attendez… balbutia Neji.

- Quoi ? s'impatienta Tendô.

- Il y en a plusieurs… Une dizaine !

C'est à ce moment-là que de multiples voix retentirent un peu partout autour d'eux. Toutes étaient identiques, et appartenaient à Hannibal…

- Hey, vous aviez oublié ma spécialité ? se moqua l'Américain.

- Des clones… grogna Tendô. Une météorite, et maintenant ça. Ses réserves de chakra seraient-elles illimitées ?

- C'est un Senju… répondit Orochimaru. Tous les Senju possèdent énormément de chakra, plus encore que les Uchiha, à quelques exceptions près. Après tout, les Senju descendent du fils cadet du Rikudô Sennin, et auraient obtenu son « corps ». Je suppose qu'ils voulaient parler de son chakra, ou…

- Aucun intérêt pour l'instant, l'arrêta Tendô. Ce n'était qu'une question en l'air…

Les clones d'Hannibal sortirent surgirent soudainement de la fumée, chacun partant dans une direction différente.

Hashirama en intercepta un, à l'instar de Sasuke et Rai. Probabilités obligent, tous étaient des clones… Les autres parvinrent à s'enfuir, au grand dam du chef de Fuki.

- Ne les perdez pas ! Si jamais l'original survit et atteint le château, ce sera la fin de l'organisation !

Six binômes se formèrent automatiquement, Rai et Sasuke restant seuls. Ils étaient les plus rapides des résistants, et devraient parvenir à rattraper seuls le Hannibal qui leur était échu.

- Pourquoi Sasuke est-il tout seul ? fit Hinata. Nous sommes quinze, il faut donc…

- Nous ne sommes plus que quatorze, Hinata, corrigea tristement Kushina.

Quelque chose en eux refusait de l'admettre. Lee mort, c'était comme un gâteau à la moutarde. Ridicule, absurde, inimaginable.

Les ninjas de Fuki se concentrèrent néanmoins sur leur cible respective. Lee ne serait pas mort en vain.

« Dieu bénisse les talkie-walkie.» ricana Orochimaru dans l'interphone. « Je suis avec Neji et on est à une quinzaine de mètres de notre cible. Il est en train de marcher sur la façade d'un immeuble, on va essayer de le rattraper sans faire de casse… A vous. »

« Ici Kushina, je suis avec Jiraya et on fait de notre mieux pour ne pas le perdre. C'est qu'il va vite cet enfoiré ! »

« Sasori. Suis avec Haku. Je vous contacte dès que je lui ai fait la peau. »

« Yo, Dei au rapport ! Je suis avec le boss, il n'a rien dit mais je suis sûr qu'il veut m'avoir à l'œil. Il a trop peur que je gâche le sacrifice de Lee en faisant péter la ville ! »

Les treize autres membres de Fuki entendirent un bruit étouffé, puis la voix changea.

« Ici Tendô. La cible maintient une distance d'environ dix mètres entre nous. A vous. »

« C'est Hinata. Je suis avec Han et la cible est déjà éliminée. Han lui a balancé une boule de feu dans le dos, et fin de l'histoire… Cependant, ce n'était qu'un clone. On va rejoindre Rai pour lui donner un coup de main avec le sien, je le vois d'ici. »

« Rai au rapport. Oublie ça Hinata. Dans moins d'une minute je vous dirai s'il a de la fumée à la place des entrailles.

Les autres ninjas prirent successivement la parole au fur et à mesure de l'avancée de la course-poursuite. Au bout de vingt minutes, il ne restait plus qu'un Hannibal vivant et bien portant.

« La loi de Murphy… grinça Nagato en activant son émetteur. J'aimerais bien avoir un peu de chance de temps en temps. »

« Ce n'est pas de la chance », lui répondit la voix de Sakura. Je crois que le nôtre est plus rapide que les autres… Je suppose qu'en dépit de la ressemblance parfaite, l'original est plus fort physiquement. »

« Vous êtes en train de le perdre ? Où êtes-vous ? » demanda Jiraya.

« Ils sont au Nord-Ouest de la ville » fit Hinata qui utilisait son Byakugan a plein régime. « Hannibal a fait exprès d'aller à l'opposé du château afin de nous faire croire qu'on avait affaire un clone. »

« Mais on va l'avoir grâce à notre super organisation » se réjouit Kushina. « Sakura ? »

La voix de la kunoichi était à peine audible et elle semblait essoufflée.

« C'est bon, on le voit. Il a disparut à un moment, mais Bee l'a retrouvé. On va essayer de s'en occuper, mais au cas où venez vers nous. »

Sakura rangea son talkie-walkie à sa ceinture, et glissa un regard vers sa coéquipière qui la talonnait.

- On a de la chance que la plupart des soldats aient quitté la ville. Je pense qu'on ne devrait pas avoir de problèmes avec l'Empire du coup. »

Bee opina du chef, et accéléra pour parvenir à sa hauteur.

Hannibal n'était qu'à douze mètres d'elles lorsqu'il ralentit inexplicablement. Sakura comprit pourquoi en voyant Rai arriver vers eux à fond les manettes.

- Quel type ! Il a réussi à nous contourner pour le prendre en sandwich… Sa vitesse est vraiment incroyable… s'enthousiasma Sakura.

Hannibal, pour sa part, riait jaune. Il frémit en voyant Rai foncer vers lui, tout en sachant que les deux kunoichis arrivaient dans son dos. Il était piégé dans cette rue sans intersections.

Les yeux d'Hannibal tournèrent en tous sens, puis il bifurqua à gauche et entra dans le premier bâtiment qu'il voyait. Il poussa les larges portes en bois de l'édifice et disparut aux yeux de ses poursuivants.

Voyant cela, ces derniers ralentirent, et Rai rejoint les deux kunoichis devant l'entrée du bâtiment, qui n'était autre qu'une église catholique, particulièrement rare au Japon. Hannibal avait dû trouver la seule de la ville…

- Hé… murmura Sakura en attirant l'attention de Rai sur l'édifice. Ce ne serait pas…

- Ouais, effectivement. Hannibal va dérouiller.

- On le plaindrait presque, renchérit Sakura en souriant de toutes ses dents. J'appelle les autres pour leur dire de rentrer au QG. On aura pas besoin d'eux.

Bee se rapprocha d'eux en se grattant la tête.

- De quoi vous parlez ? On entre ou pas ?

- Oui, bien sûr. Histoire d'admirer le spectacle, rit Rai. Il est normal que tu ne le connaisses pas, vu que tu n'as intégré Fuki que très récemment. C'est un ancien membre de Fuki, et aussi… un prêtre. Il ne pouvait évidemment pas tuer, mais il avait un don pour le combat. Il a cependant fini par quitter l'organisation en expliquant que ses pouvoirs étaient une malédiction, et qu'il devait cesser de les utiliser.

Quoiqu'il arrive, nous ne devons surtout pas nous battre dans cette église ! Ledit ami est très pointilleux là-dessus, comme sur bien d'autres choses…

- Et quelque chose me dit qu'Hannibal et lui vont faire des étincelles…

Hannibal referma les lourdes portes en bois, puis marcha vers le fond de l'église, plus précisément vers l'autel d'un blanc immaculé. Le lieu était totalement désert au Japon cette religion faisait bien peu d'émules.

- C'est pas vrai… Une église… Comme si j'en avais pas vu assez au pays… ronchonna-t-il en tournant la tête en tout sens pour chercher une issue ou une cachette.

L'église était tout sauf accueillante, les vitraux ne laissant filtrer que très peu de lumière. Mais cette pénombre allait très bien à Hannibal. Lorsque l'on était poursuivi, l'obscurité était notre alliée.

- Bonjour, mon fils. Je peux vous aider ?

Hannibal sursauta en entendant la voix du prêtre, une voix assez grave aux accents hispaniques.

Il s'agissait d'un homme d'âge mûr, de taille moyenne et extrêmement mince, aux cheveux châtains cours et portant une barbe assez fournie.

- Ouais, j'aimerais beaucoup que tu ailles voir ailleurs si j'y suis.

Hannibal se détourna de l'homme et coula un regard vers la porte, qui s'ouvrit à cet instant.

Rai, Sakura et Bee convergèrent immédiatement vers eux, au grand dam d'Hannibal. Il ne lui restait plus qu'une dernière carte à jouer.

- Dites, le cureton, vous ne toléreriez pas de comportement violent dans la maison du Seigneur, si ?

- Tiens, vous me vouvoyez, maintenant ? ironisa le prêtre. Néanmoins, vous avez raison. La discorde, la haine et la guerre sont proscrites ici.

Hannibal se tourna vers les trois résistants et leur fit un grand sourire.

- Vous entendez ? Interdit de se battre ici, sous peine d'offenser Dieu en personne !

Il ne croyait pas trop à une astuce aussi minable, mais savait-on jamais… Fuki faisait parfois preuve d'une naïveté et d'un respect des règles et des lois qui frisait le crétinisme congénital.

- Je suis parfaitement d'accord, répondit Sakura. Nous allons donc attendre que tu daignes sortir, dit-elle en s'asseyant sur un des bancs en bois.

Rai fit de même, et Bee finit par les imiter sans trop savoir pourquoi.

En temps normal, Sakura serait passer outre ces codes, et aurait capturé Hannibal en détruisant l'église s'il le fallait.

- Parfait ! s'exclama Hannibal, qui ne revenait pas d'une telle aubaine. Il avait maintenant tout son temps pour réfléchir à un moyen de s'échapper de l'église.

Il marcha jusqu'à l'autel, sur lequel il sauta pour s'asseoir.

Le prêtre marcha vers lui et le somma de descendre.

- Asseyez-vous sur un banc s'il vous plaît. Cet autel n'a pas pour vocation de…

Hannibal l'ignora royalement et saisit une sorte de récipient métallique qui se trouvait à sa droite. Un ciboire, qui contenait les hosties.

Hannibal l'ouvrit, et entreprit de dévorer les hosties l'une après l'autre, pour le plus grand plaisir de Sakura.

- Je lui donne dix secondes avant de péter.

- Cinq, répondit Rai en s'adossant au banc.

Une fois le ciboire vide, Hannibal le balança derrière lui en rotant.

Cependant, il réalisa que le récipient n'avait pas fait de bruit en tombant… Il se mit debout sur l'autel et pivota sur lui-même.

Le prêtre avait semble-t-il attrapé le ciboire avant qu'il ne touche le sol.

« Bizarre » songea Hannibal. « J'aurais juré qu'il était trop loin pour l'intercepter… »

En un second temps, Hannibal vit que le teint de l'homme avait changé, puisque la couleur était proche de celle de Lee lorsqu'il activait la sixième porte. Il semblait prêt à exploser, et Hannibal éclata de rire.

- Tu verrais ta tête, le cureton… Tu devrais…

Le coup de poing du prêtre le projeta à trois mètres de l'autel.

Hannibal s'écrasa sur le sol dallé, son nez avait des allures de bouillie sanguinolente et il était à moitié sonné.

Sans lui laisser le temps de récupérer, le prêtre se volatilisa, et Hannibal comprit qu'il avait affaire à un ninja, et pas de pacotille.

Il fut à nouveau soulevé de terre, et reçut un uppercut terrible qui le fit percuter le plafond avec violence.

Lorsque Hannibal retomba au sol, il fut à nouveau cueilli par un direct magistral qui lui fit traverser toute l'allée qui séparait les deux rangées de bancs et il franchit les portes béantes en volant.

Hannibal s'écrasa finalement sur la route, et évita de justesse un camion qui l'aurait réduit en bouillie.

Le visage tuméfié de l'Américain ne ressemblait plus à grand-chose, et il ne voyait plus que d'un œil, l'œil droit s'étant transformé en une sorte de bleu gigantesque.

Il se releva néanmoins, et vit que les ninjas de Fuki s'approchaient de lui. Il soupira de soulagement en voyant que le prêtre n'était pas parmi eux.

- Qu'est ce que c'était que ce… malade ? cracha-t-il en vacillant.

- Un vieil ami, il s'appelle Roberto, fit Sakura d'une voix amusée. Tu as fait fort Hannibal, je ne l'avais jamais vu énervé comme ça, et pourtant je sais de quoi il est capable !

- « Je suis parfaitement d'accord » dit Hannibal en imitant la voix de Sakura à la perfection. Tu savais ce qui allait se passer pas vrai ?

- On ne peut rien te cacher, répondit joyeusement Sakura.

Hannibal se massa la joue, tout en envoyant un dernier regard noir vers la porte de l'église.

- Quoiqu'il en soit je suis encore loin d'être fini ! Vous ne m'empêcherez pas d'atteindre le palais impérial.

- Tu tiens à peine sur tes jambes, et notre chakra est à bloc… Tu te leurres totalement Hannibal. Le Triangle a perdu, prophétisa Rai.

Hannibal éclata d'un rire dément.

- Perdu ? Je ne perds jamais ! Vous devez disparaître pour que Tokyo plonge dans le chaos, et il en sera ainsi !

Rai baissa la tête.

- Tu as tué Lee, et tu refuses de te rendre. Tu n'obtiendras pas de pardon, Hannibal. Nous sommes forcés de te tuer. Tu es trop dangereux.

- L'homme a toujours eu peur de ce qu'il ne peut pas comprendre, dit Hannibal dans un soudain accès de lucidité.

- Il n'y a rien à comprendre ! Le chaos est le pire des choix possible enfin ! s'emporta Sakura.

Le poing d'Hannibal se serra avec violence, et il sortit un kunai de sa poche.

Les membres de Fuki se mirent en garde, mais Hannibal tourna le kunai vers lui et le plongea dans son bras.

Ses yeux fous se posèrent sur sa blessure et le sang qui s'en échappait en abondance.

Toute l'attention d'Hannibal était focalisée sur le liquide carmin, qui s'écoulait hors de son corps.

- Depuis que je suis né, j'ai toujours eu besoin de voir le sang couler. Une variante de la folie meurtrière, il parait.

La voix d'Hannibal était étrangement douce et mélancolique tandis qu'il se laissait aller à raconter les souvenirs de son ancienne vie.

- J'ai d'abord essayé avec les animaux, mais ça ne suffisait pas. J'ai ensuite essayé de me mutiler, sans plus de succès. Je ne connais de repos qu'en faisant saigner mon prochain.

Sachant cela, j'ai compris que j'étais condamné. Je n'avais que deux solutions. Lutter contre le mal, ou y succomber. J'ai choisi la deuxième solution… Pourquoi ? Parce que je voulais être quelqu'un. Je suis peut-être un monstre, mais j'ai une identité, une personnalité, je suis moi.

Hannibal releva la tête vers les résistants.

- Si Tokyo sombre dans le chaos, chacun fera ce qu'il voudra, ce qui donnera lieu à des excès ! La folie envahira la ville, et je serai enfin… normal. Ma maladie étant incurable, la seule solution qui me restait était de rendre les autres comme moi. De façonner le monde à ma manière ! Je suis peut-être un psychopathe, mais bientôt, personne n'y fera attention !

Sakura hocha la tête.

- Tu n'es qu'un égoïste. Pire même. Non seulement ta vie compte plus que celle de tous les autres êtres humains, mais tu places ton bien être au-dessus de tout. Tu veux sacrifier le bonheur de millions de personnes pour avoir une chance de goûter au tien ! Et le pire, c'est qu'il n'en sera rien. Tu ne seras jamais heureux dans le chaos, Hannibal.

- C'est faux ! hurla Hannibal, le visage déformé par la rage.

Il courut à grandes enjambées vers Sakura, le kunai levé pour tuer.

Rai le cueillit aisément et l'envoya rouler sur la route. Il fit ensuite signe à Bee.

- On va tester ce qu'on a travaillé à l'entraînement d'hier soir.

La jinchuuriki donna son accord, non sans ressentir un pincement au cœur. La technique était assez cruelle et était dédiée à l'assassinat. Une technique qui ne se trouvait pas dans les manuscrits de Jiraya, et qui se trouvait être une création originale de Masashi Kishimoto.

Les réincarnations des deux frères de Kumo se disposèrent chacun d'un côté d'Hannibal, puis levèrent leur bras droit.

- Daburu Rariatto ! (double lariat)

Enveloppés d'électricités, les deux ninjas foncèrent l'un vers l'autre.

Les deux bras se croisèrent autour de la tête d'Hannibal, mais ce dernier réagit à une vitesse incroyable. En dépit de son état critique, il réussit à se contorsionner pour éviter la décapitation.

C'est alors qu'il vit arriver le poing de Sakura. Cette dernière savait que se baisser était sa seule chance de se sortir…

« Pas le temps d'éviter… C'est fini. »

Le poing de Sakura heurta la tempe d'Hannibal dans un craquement horrible, et l'Américain roula sur le trottoir. Ses dreadlocks remuèrent une dernière fois, puis il ne bougea plus.

Sakura s'approcha de lui, écarta le rideau de cheveux, et eut la surprise de voir qu'Hannibal était encore vivant. Ses deux yeux étaient fermés, mais il souriait, bien qu'il respirât avec difficulté.

Cependant, Sakura put constater que la boîte crânienne était défoncée à l'endroit où elle avait frappé.

Le cerveau avait subi de graves dommages, Hannibal ne survivrait pas.

Soudain, l'Américain explosa de rire, à la surprise générale. Toujours le même rire fou et diabolique, qui les fit frissonner.

Une éternité plus tard, le calme était revenu dans la rue. La poitrine d'Hannibal avait finalement arrêté de se soulever et son rire s'était arrêté, figé en un dernier rictus sur son visage blanchâtre.

- Vous avez fait exprès de m'envoyer cet imbécile ? rugit Roberto, les bras sur les hanches.

Aussitôt après avoir scellé le corps d'Hannibal dans un parchemin, le trio était retourné à l'intérieur de l'église pour parler au prêtre.

- Non, ce n'était qu'un hasard, vraiment, l'assura Sakura. En tout cas, tu n'as rien perdu de ta force… J'ai même l'impression que tu as progressé, non ?

Roberto eut subitement l'air gêné.

- Euh… En effet. J'ai recommencé à m'entraîner.

- C'est vrai ? Je croyais que tu ne voulais plus de tes pouvoirs ? Que ton don était une malédiction du Seigneur ou je ne sais quoi ?

- J'ai changé d'avis, fit Roberto, un peu embarrassé. Je pense que si le Seigneur m'a accordé ces pouvoirs, c'est pour que je m'en serve pour lutter contre le mal.

- Tu serais même prêt à combattre ? s'étrangla Sakura, ébahie.

- Oui, je pense. Je suis sûr que j'arriverais à neutraliser mes adversaires sans les tuer.

- Ça tombe bien, on est en manque de membres, ces temps-ci, fit Rai d'une voix sombre.

Soudain, Bee se rappela à leur souvenir.

- Je pense qu'on a des ennuis, vous devriez venir par ici…

Rai, Sakura et Roberto la rejoignirent près de l'entrée, et ils regardèrent dans la rue. Qui n'en était plus vraiment une. Une immense foule occupait chaque centimètre carré de bitume, et Sakura blêmit. Il y avait là près d'un millier de personnes, et il lui semblait que d'autres affluaient un peu partout.

Une dizaine d'entre elles s'avancèrent vers l'église, une expression peu commode sur le visage.


L'élu se déshabilla prestement, puis entra dans ce qui semblait être une douche. A ceci près qu'il n'y avait ni robinet ni pomme de douche. Cela ne sembla pas gêner le jeune homme qui fit une courte série de mudras. Quelques instants plus tard, une trombe d'eau tombait sur ses épaules et il tressaillit de plaisir en sentant les gouttes d'eau ruisseler sur son torse.

Il adorait ce moment de la journée où le calme se mêlait à l'agréable. C'était en cet instant qu'il était le plus à même de réfléchir.

L'élu pensa aux évènements de la matinée, et il soupira. La mort de Lee le chagrinait beaucoup, mais il le remerciait de tout son cœur d'avoir agi comme il l'avait fait. Beaucoup de vies avaient été sauvées, dont celles d'êtres chers.

Il avait été sidéré par les progrès qu'avait réalisés le shinobi, et il s'était promis de le dire au Lee de l'autre monde si jamais il le voyait.

Après s'être savonné et rincé, l'élu se sécha avec une technique Katon parfaitement dosée, puis retourna dans sa chambre, où l'attendait son éternel comparse.

Celui-ci comprit que son ami ressassait encore la mort de Lee, et il soupira.

- Tu n'y peux rien, mon vieux. C'était son choix, et c'était le bon. Dans tous les cas, il aurait perdu la vie…

- Si tu le dis… marmonna l'élu, somme toute légèrement abattu.

- D'après les manuscrits de la grotte, le ninja qui utiliserait la huitième porte obtiendrait provisoirement le niveau d'un Kage. Vous parlez d'un putain d'euphémisme… ricana l'homme en noir.

L'élu se surprit à arborer un petit sourire. Son ami avait toujours su trouver la phrase qui l'extirperait de son spleen et lui rendrait la banane.

- Le plus effrayant dans tout ça, c'est que tous les êtres humains ont ce potentiel en eux. La difficulté est d'apprendre à le maîtriser.