Le Projet A
Disclaimer : Voir prologue
Résumé : UA Big Four Poudlard. Raiponce, Harold, Mérida et Jack. Quatre ados qui ne se ressemblent en rien. Quatre ados qu'un livre écrit par les Maraudeurs va rassembler en un seul projet. Le Projet A.
Note : Cela risque d'être un peu moins rose que dans les films. Il va y avoir des morts, du sang, ect. En bref, tout ce qui justifie le rating T. Tout ce qui sera au-dessus de T (comme les lemons, par exemple), sera publié sur une fic à part. S'ils sont publiés…
Chapitre corrigé par Emmawh. Dites-lui merci, priez-là, envoyez lui des chocolats. (Beaucoup, d'ailleurs. Parce que je suis un mauvais auteur qui envoie ses chapitres à la dernière minute.)
Merci à Alamane-kun, Moumou013, LadyWyvern, Paquerette-san et Zaza's Mind pour leur review ! (Pas beaucoup de reviews, d'ailleurs. Vous êtes tous partis en vacances ? ^^)
LadyWyvern : Hello ! Merci pour ta review. Je ne suis pas sûr que Mérida soit apte à temporiser quoi que ce soit ^^ Et je suis super-content que les points de vue du style de Froâ ou du Basilic te plaisent, parce que j'adore écrire comme ça.
Bonne lecture !
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Chapitre 44 : Rencontres et retrouvailles
La tête d'Harold pulsait. Cela n'était jamais une très bonne nouvelle, parce que cela ne pouvait généralement traduire que trois choses :
- Un lendemain de veille
- La grippe ou toute autre maladie associée à l'hiver
- Un accident impliquant Mérida ou Jack
Etant donné qu'il n'avait pas vu depuis un moment et qu'il n'avait aucunement l'envie de se laisser avaler par le matelas, envie qui le prenait dès qu'il était malade, il fallait donc en déduire que c'était la faute de Mérida ou de Jack. Et comme il n'avait pas vu le Serpentard aujourd'hui, en supposant qu'il n'était pas resté endormi trop longtemps, tout indiquait donc la rousse.
Se redressant doucement, le jeune homme parvint à s'asseoir en se calant contre les oreillers. Ignorant du mieux qu'il pouvait le troupeau de sombrals qui piétinait joyeusement et méthodiquement son cerveau, le Poufsouffle rassembla ses derniers souvenirs. Il s'était laissé convaincre de partir en Forêt. Il y avait passé une bonne partie de l'après-midi en compagnie de Mérida et au moment de rentrer, … Une sensation de froid l'avait envahie, une sensation qui signifiait une seule chose : un détraqueur.
La grande question était : comment s'en était-il sorti ? Mérida avait-elle réussi à lancer son fameux sortilège ? Ou alors avait-elle ouvert la potion préparée par Jack ? De toute évidence, elle était parvenue à faire fuir le détraqueur, ou alors quelqu'un d'autre était intervenu.
Bref, pour en avoir le cœur net, une seule solution : il fallait retrouver Mérida. Et pour cela, il fallait sortir d'ici. Quittant son lit avec quelques difficultés, le jeune homme se mit en quête de ses vêtements, histoire de ne pas se retrouver dans les couloirs uniquement vêtu de cette merveilleuse tenue propre aux infirmeries dotée d'une grande ouverture dans le dos. Et c'est justement dans son dos à l'air qu'une voix résonna.
« - Puis-je savoir ce que vous faites, Mr. Haddock ?
- Mrs. Pomfresh ! s'exclama Harold en se retournant. Je… Je ne vous avais pas entendu arriver.
- Je n'en doute pas. Maintenant, vous allez me faire le plaisir de retourner dans votre lit. Vous avez déjà été assez inconscient pour le reste de votre année. Vous approcher de la Forêt avec es détraqueurs qui rôdent.
- Ça change quelque chose si je dis que c'était pas mon idée ?
- Au lit ! »
Grommelant, Harold retourna se coucher, tout en se promettant de profiter de la première occasion pour filer. Il n'aimait définitivement pas les infirmeries.
« - Et si vous pensez pouvoir filer en douce quand j'aurais le dos tourné, sachez que la porte est ensorcelée. Maintenant, attendez sagement, le spécialiste va arriver.
- Le spécialiste ?
- Vous croyez vraiment que l'on allait laisser les enfants exposés à ces maudits gardiens partir sans une analyse complète ?
- Je croyais que vous vous en chargiez, en fait.
- Je peux faire le minimum, jeune homme, mais l'esprit est loin d'être ma spécialité. Maximilien Fournier est bien plus apte. »
« Maximilien ». Ce nom disait quelque chose à Harold, mais impossible de savoir quoi. Où pouvait-il bien l'avoir entendu ?
« - Ah, le voilà, justement. Je vais aller l'accueillir. Ne vous avisez pas de tenter une nouvelle évasion, où je vous attache tout nu sur votre lit.
- Vous avez le droit de faire ça ?
- Uniquement si personne ne l'apprend. »
Avant qu'il n'ait pu décider si l'infirmière était sérieuse, ce qui était totalement possible avec Dumbledore à la tête du recrutement du personnel, la dame en blanc sortit de la pièce, pour y revenir peu après, accompagnée du fameux spécialiste.
Grand, les cheveux bruns clairs, le physique relativement banal et la stature d'un bonhomme en fil de fer, Maximilien Fournier arborait cet air perdu propre aux gens extrêmement doués dans un domaine qui n'intéressait généralement pas leur interlocuteur. Il dégageait quelque chose d'étrange qu'Harold ne pouvait qualifier que de « surnaturel », même si cela paraissait un peu dérisoire dans le Monde Sorcier. Comme si le monde s'était soudain centré sur lui. Si Harold devait mettre des mots sur ses impressions, il dirait que l'autre homme faisait tache dans le décor. Littéralement.
Totalement absorbé par ses pensées, il aurait continué droit dans le lit si Pomfresh, apparemment habituée, ne l'avait pas arrêté.
« - Voici Harold, votre patient. Je l'ai brièvement ausculté et il ne semble pas présenter de séquelle. Il pourra sortir dès qu'il aura obtenu votre approbation.
- Très bien, répondit l'homme, de sa voix rauque.
- Je vais vous laisser, venez me chercher quand vous voudrez repartir. »
D'un mouvement de tête, l'homme remercia Mrs. Pomfresh, qui prit la direction de son bureau. Quand l'infirmière referma la porte, il s'assit face à Harold et leva sa main, qu'il passa délicatement sous le menton du Gallois, amenant le jeune homme à la rencontre de ses yeux. Des yeux tout aussi étranges que le personnage. La pupille était étrangement petite, comme grignotée par l'iris. D'un geste délicat, l'homme écarta les mèches d'Harold qui retombaient sur son visage et perdit son air égaré pour une attitude très concentrée.
Le Poufsouffle, toujours perdu dans les yeux de son vis-à-vis, sentit que quelque chose, Maximilien sans aucun doute, frôlait son esprit, son « grand arbre mental » avec douceur. Une douceur qui aurait presque pu être gênante par son côté intime, mais qui était contrebalancée par l'aura complètement neutre, voire asexuée, du plus âgé.
Quand ce dernier ressortit de l'esprit d'Harold, celui-ci l'avait reconnu, même s'il ne l'avait jamais rencontré.
« - Vous êtes le Maximilien de Charlie.
- Je vous demande pardon ?
- Vous êtes l'homme dont m'a parlé Charlie. Celui qui venait de France et qui pouvait entendre les animaux. Le fils de dryade.
- Ce n'est certainement pas Charlie qui vous a révélé cela. Mais je suppose qu'entre enfants de Fae, on se reconnaît.
- Vous… Vous avez accepté leur marché, n'est-ce-pas ?
- Leur marché ?
- Celui de nous retirer notre part d'humanité. J'ai fini par trouver ce qui me dérangeait chez vous : vous ne ressentez pratiquement plus rien.
- Viviane ne m'a jamais proposé un tel marché. C'est moi qui ait été la voir pour lui demander de m'aider, car mon don était devenu insupportable, m'empêchant même de continuer mes recherches sur l'esprit. J'avais tenté de m'isoler en Roumanie, mais ça n'a pas marché. Alors je suis retourné à Paimpont et je suis resté un an avec mes tantes. J'ai peut-être perdu un peu de mon humanité, mais au moins la vie est devenue supportable.
- Mais…
- Nos situations sont incomparables. J'ai vu votre esprit. Mon don est différent du votre. Vous avez trouvé un moyen de canaliser votre partie Fae, alors que j'en aie été incapable. Mon don en est devenu totalement insupportable, j'entendais absolument toutes les pensées, sans rien maîtriser. Viviane m'a sauvé, même si j'ai dû faire des sacrifices. Maintenant, si vous me permettez, je dois y aller. Je signalerai à Mrs. Pomfresh que vous êtes en pleine forme. »
Sans laisser à Harold le temps de placer un mot, il reprit son air absent, se leva et s'en alla, laissant derrière lui un adolescent des plus perplexes.
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D'un pas pressé, Raiponce se dirigea vers l'infirmerie. Elle avait appris de Mérida qu'Harold était réveillé, la condition pour que le Dragon de l'Infirmerie laisse qui que ce soit lui rendre visite. Et elle devait absolument y être la première. Elle ne savait pas ce qu'Harold avait vu, mais elle ne pouvait prendre le risque qu'il fasse capoter leur excuse de la potion solaire. Cela amènerait des questions et à Poudlard, ce n'était jamais bon d'être au centre des questionnements.
Empruntant quelques passages secrets, elle diminua de moitié son parcours et en moins de deux, elle se retrouva face à la porte de l'infirmerie. Poussant la porte, elle eut un soupir de soulagement en apercevant Harold, couché sur un lit, seul.
« - Hiccup ! Tu vas bien ? Personne n'est venu te voir ? demanda-t-elle sans attendre.
- Je t'ai déjà dit d'arrêter avec ce surnom. Oui, je vais bien. Pour l'instant, je n'ai vu que Pomfresh et Mérida, qui vient de partir il n'y a pas dix minutes, pourquoi ? »
Sentant toute la tension de ses épaules se relâcher, la jeune fille attrapa une chaise, s'installa et entreprit d'expliquer à Harold ce qui devait être dit si jamais on lui demandait sa version des faits.
« - T'inquiète, Mérida m'avait prévenu. De toute façon, j'étais déjà dans les vapes quand tu es arrivée, donc je n'ai rien vu d'autre que Mérida tentant son sort.
- Mieux vaut jouer la sécurité. En parlant de Mérida, c'est elle qui t'a apporté tout cela ? « Théorie de la Magie Picturale ». Tu t'intéresses à la peinture ?
- Oui, je lui ai envoyé un hibou ce matin pour qu'elle apporte quelques petites choses. Jack m'a demandé un coup de main avec un tableau et la technique à laquelle j'ai pensé ne marchera pas, après vérification, donc je vais devoir me pencher d'un peu plus près sur le fonctionnement des tableaux magiques.
- C'est pour le tableau du Couloir des Malaimés ?
- J'avais oublié que tu le connaissais. Oui, c'est celui-là. Il aimerait le déplacer, mais le sortilège de restriction semble être couplé au cadre, empêchant n'importe quel élément de la peinture de dépasser ses limites. Et évidemment, la toile est cadenassée au cadre. »
Un sortilège qui bloquait tout. Peut-être que…
« - J'ai peut-être une idée. Mais il faut que je la vérifie. Si j'y vais tout de suite, je devrais avoir le temps de regarder à ça avant la réunion de tout à l'heure. Je t'expliquerai tout à ce moment-là.
- Je ne vais pas pouvoir venir. Pomfresh me garde ici jusqu'à demain. J'ai essayé de filer, mais à croire qu'elle a des yeux partout.
- Mais, Mérida m'a dit qu'un spécialiste était passé et qu'il t'avait décrété en excellente forme !
- Je sais. Mais Pomfresh m'a dit qu'elle gardait toujours les « victimes » des détraqueurs un jour supplémentaire, au cas où.
- Oh. Tu veux qu'on reporte ?
- Pas la peine. A u stade où on en est, ce n'est pas une seule séance qui fera une grosse différence.
- Sûr ?
- Ne t'inquiète pas, j'ai de quoi m'occuper. »
Les deux amis discutèrent encore quelques temps, avant que Raiponce ne doivent s'en aller, promettant une nouvelle fois qu'elle irait nourrir Krokmou au soir, comme la veille. En jetant un coup d'œil à sa montre, elle constata que la séance animagus démarrait dans une dizaine de minutes.
Retraversant le château dans l'autre sens, elle arrive rapidement sur le lieu de rendez-vous habituel, la salle n°27. Mais contrairement à l'habitude, elle n'était pas la première. Mérida et Jack était, pour une fois, à l'heure et se disputaient déjà.
« - Vous auriez pu m'inviter !
- C'était une sortie entre Harold et moi. Je ne vois pas POURQUOI on aurait dû t'inviter.
- Raipnce était bien là, elle.
- Par hasard.
- N'empêche, j'ai raté tout le fun !
- Tu trouves ça fun de se faire attaquer par un détraqueur ? Je croyais que t'en avais une peur bleue ?
- Je les aime pas. Donc, en voir un se faire poutrer par Raiponce, oui, c'est fun.
-Tu… Tu es un sinistre IDIOT ! »
Fulminante, Mérida tourna le dos à Jack et alla s'installer dans la partie de la pièce qui lui était réservée, à l'abri derrière les tentures et les sorts de silence.
« - Qu'est-ce qui lui prend ?
- Elle a raison, Jack, tu es un idiot.
- Ça ne me répond pas.
- Elle a eu peur pour Harold. C'est elle qui l'a convaincu d'aller dans la Forêt en lui disant que s'ils rencontraient un détraqueur, elle saurait y faire. Et quand c'est arrivé, elle n'a rien pu faire. Tu connais Mérida, elle n'aime pas être impuissante. Ça l'a secoué de voir son meilleur ami si près de la mort.
- Oh.
- Ouais, oh. Laisse-la un peu tranquille et d'ici quelques jours, tout sera redevenu normal. Bon, on s'y met ? »
Es deux amis partirent chacun dans leur zone réservée. Pour sa part, Raiponce s'installa en tailleur. Plongeant dans son esprit, elle emprunta le chemin familier, se retrouva face au pont qui la reliait à son animagus. Depuis quelques temps, elle avait changé de technique et plutôt que de faire traverser son animal totem, c'est elle qui allait directement à sa rencontre.
Traversant le pont de corde mental, elle se retrouva au cœur d'une immense forêt vierge. Les arbres étaient si hauts qu'elle n'en voyait même pas la cime. Des fleurs colorées paraient les troncs et les lianes, des coroles violettes, rouges et jaunes s'étalaient sous ses yeux.
Il ne fallut pas longtemps à la jeune fille pour trouver son animal, qui butinait à droite à gauche. Sifflant doucement, elle attira son attention, même s'il était plus que probablement au courant de sa présence. Comme Raiponce, il aimait se faire désirer de temps à autre.
Délicatement, l'oiseau vint se poser sur le doigt tendu de la jeune fille. Inspirant doucement, la jeune fille ferma les yeux et se concentra. Depuis plusieurs mois, elle s'était entrainée à faire apparaître les différents attributs de son animal et à les faire disparaître. Et aujourd'hui, c'était le grand jour. Aujourd'hui, elle tentait la totale.
Doucement, elle poussa son esprit à adopter la forme de l'oiseau. Comme d'habitude, elle sentit le duvet et les plumes la couvrir. Ses yeux se modifiaient. Ses cordes vocales bougeaient pour perdre la capacité de parole.
Au lieu de s'arrêter là, la jeune fille poussa la transformation. Elle sentait ses os bouger, changer de forme, de place, rapetisser. Ses mains devenaient rugueuses, crochues, dotées de serres qui, si elle avait été un condor et non un oiseau mouche, aurait été des armes mortelles. Son visage changea, le nez et la bouche s'unifièrent pour ne former qu'un bec tandis que les yeux changeaient de place.
Aucune de ces transformations n'étaient réellement douloureuse, merci la magie, mais c'était hautement dérangeant de sentir un corps auquel n s'était habitué pendant quinze ans changer à ce point.
Quand la transformation lui sembla finie, la jeune fille se risqua à sortir de transe. Devant elle s'étala un monde comme elle n'en avait jamais vu : immense, détaillé, coloré, panoramique(1).
Essayant d'étendre les bras, elle ne put qu'ouvrir ses ailes. Sautillant et piaillant de joie, elle fêta sa réussite. Elle était devenue un véritable animagus ! Elle pouvait se transformer en animal !
Bon, maintenant, le tout était de revenir à sa forme humaine. Et ça, c'était une autre paire de manches.
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Se cacher. Il devait se cacher, retrouver ses forces. Puisant dans ses dernières ressources, le jeune homme créa de la neige et en fit un mur qu'il tenta de camoufler au mieux dans le paysage entièrement blanc. Heureusement, le combat avait légèrement déformé le terrain, même s'il était spirituel, et permettait à la masse neigeuse de ne pas former une grosse bosse au milieu de tout.
« - Jaaaaaack. Où es-tuuuuuuu ? »
Jack n'était pas là. En tous cas, s'il voulait avoir la moindre petite chance de victoire, c'était ce qu'il devait faire croire à la Voix.
« - Allez, sors de ta cachette ! Le jeu n'est plus amusant », pleurnicha le doppelganger(2).
A quel moment cela avait-il été ne serait-ce qu'un peu amusant ? Cela tenait plus de la chasse à l'homme qu'autre chose !
« - C'est toi qui viens me chercher et maintenant, tu te caches. Tu n'es vraiment pas drôle. »
Il était revenu parce qu'il s'était entrainé et qu'il pensait pouvoir battre son double. Le problème, c'était qu'à chaque fois qu'il s'améliorait, celui-ci semblait faire pareil.
« - Ah, trouvé ! »
Une figure, sa propre figure, venait d'apparaître en face de lui. Les seules différences étaient la pâleur de la peau et ce sourire dément qui ornait les lèvres de son vis-à-vis.
Paniqué, le Serpentard, sorti de sa cachette comme un lapin traqué. Il était parvenu à atteindre un autre creux causé par un impact de magie quelques minutes plus tôt quand il se retrouva face à…
« - Toc, toc, toc »
Une fenêtre.
« - Toc, toc, toc »
Mais que diable faisait une fenêtre ici ? Intrigué, Jack tandis la main, baissa la poignée, et… Se fit pincer le doigt.
Ouvrant les yeux et sortant de sa transe, il eut la surprise de ne pas se réveiller dans son lit, là où il été entré en transe. Et devant lui, sur le rebord de la fenêtre ouverte en grand, un hibou. Probablement la sale bête qui l'avait mordue et réveillé.
Détachant le mot attaché à la patte du volatile, Jack s'empressa de le déplier afin de savoir ce qui l'avait dérangé dans son combat. Bon, il était à deux doigts de perdre et cela avait probablement frustré la Voix au plus haut point de le voir disparaître comme ça, mais tout de même.
Le message disait ceci :
« Possible solution pour tableau F. Aie besoin de tout le monde. Salle hab. 15h. R. »
Jack soupira. Il n'avait pas besoin de lire la signature pour savoir que c'était un message de Raiponce. La jeune fille était réellement paranoïaque, au point de ne jamais dire explicitement de quoi elle parlait dans ses messages écrits. Il fallait d'ailleurs qu'il remercie Harold d'avoir discrètement dissimulé le livre sur le cryptage lors de leur dernière visite à la librairie.
Mais bon, vu qu'elle avait trouvé un début de solution à la libération de son ancêtre et donc une nouvelle voie pour le combat de Jack contre la Voix, il pouvait bien lui pardonner cela.
Refermant la fenêtre, tout en se disant qu'il faudrait vraiment que les sorciers invente un moyen de communication plus pratique que les hiboux ou la poudre de cheminette, le Serpentard décida de remonter jusqu'à la salle n°27. Il serait très probablement en avance, mais pas de beaucoup et il y aurait certainement déjà quelqu'un de présent, comme Harold. A qui il devait d'ailleurs demander ce qu'était exactement les bout de cuir que Krokmou n'arrêtait pas de leur déposer aux pieds quand ils avaient été le nourrir, lors de la convalescence du Gallois. Cela remontait maintenant à plus d'une quinzaine de jours, mais le blanc oubliait de lui poser la question à chaque fois qu'il le voyait.
Comme prévu, quand il arriva le groupe était quasiment au complet, seule Mérida manquait à l'appel. Les deux autres étaient penchés sur la table, qui était couverte de papiers divers.
« - Alors, dit-il tout haut pour signaler sa présence, qu'as-tu donc trouvé pour nous faire venir aussi urgemment, Raiponce ?
- Comme je l'ai dit dans le message, une possible solution.
- En fait, reprit Harold, on est presque sûr que cela va fonctionner. Il faut juste que tout le monde soit là pour qu'on puisse tester. Et comme Mérida ne connaît pas l'emplacement du Couloir et que je serai incapable d'y retourner, on a préféré commencer la réunion ici, ce sera plus facile.
- J'entends qu'on parle de moi ?
- Toujours en bien, Méri, toujours en bien. »
La rousse de Gryffondor se tenait dans l'encadrement. Avançant à grands pas vers la table, elle attrapa une pomme qui traînait là, les transes animagus donnant faim, et croqua dedans.
« - Alors, c'est quoi le plan ? demanda-t-elle.
- Finis de manger avant de parler, grimaça Harold.
- Oui Maman. Bon, ce plan ?
- En gros, voilà : on va utiliser un sceau.
- Un quoi ? demanda Jack, intrigué.
- Un sceau, répondit Raiponce. C'est une magie méconnue, mais efficace. A l'aide d'un dessin, on peut soit absorber soit annuler temporairement un sortilège.
- Et tu maîtrises ou ça risque de nous exploser à la figure ?
- Je m'en sors pour les sceaux d'annulation, ce qui va nous être nécessaire ici. Donc, je vais dessiner un sceau sur le cadre du tableau. Cela devrait annuler le sortilège de confinement. Ensuite, Hiccup,..
- Arrête avec ce maudit surnom.
- Tu n'avais qu'à pas me dire que je pouvais l'utiliser. Donc, Hiccup, avec l'aide de Mérida, transfèrera Jack Frost dans ce tableau-ci que les Elfes m'ont dénichés. D'après eux, son locataire a mis les voiles il y a plus de trente ans, donc le tableau est devenu « libre-service ».
- Et moi, je fais quoi ? intervint le Serpentard. Et pourquoi on doit transférer mon ancêtre si le sort est levé ?
- Ce n'est pas si simple : le mur est lui-même ensorcelé, au cas-où l'enchantement du tableau se briserait. Et ce sort là, il est lié à Poudlard lui-même. Il me faudrait des années pour atteindre le niveau nécessaire pour sceller un sortilège pareil.
- Ça ne me dit pas ce que je vais devoir faire.
- Tu vas devoir… Occuper Simone.
- Simone ? »
Il était vrai que l'armure était follement amoureuse d'Harold, ce qui pouvait s'avérer gênant.
« - Oui. Amènes-là faire un tour, chante-lui une sérénade, fais ce que tu veux, mais occupe-là. Si elle interrompt le transfert, ça va vite devenir dangereux.
- Dangereux comme ?
- Comme une explosion magique, probablement en chaîne vu tout ce qui traine dans ce couloir, une disparition pure et simple de Frost ou encore Harold et Mérida aspirés dans le tableau. Donc occupe ce maudit tas de métal rouillé.
- Bien chef.
- Bon, si tout le monde a compris ce qu'il devait faire, allons-y ! »
Un gros quart d'heure plus tard, les quatre amis faisaient face au tableau. Jack, qui distrayait tant bien que mal Simone histoire qu'elle n'aperçoive pas Harold, qui s'était recouvert d'une grande cape à capuche au cas-où, vit du coin de l'œil la Serdaigle du groupe tracer au pinceau un sigle biscornu. Celui-ci brilla faiblement, ce qui sembla contenter la jeune fille. Cette dernière recopia le symbole à plusieurs endroits du cadre, avant de se reculer et d'attraper la toile vide de tout personnage.
Harold, lui, avança d'un pas. Il attrapa la main de Mérida et ferma les yeux. Preuve que leurs magies étaient complémentaires, de mini aurores boréales les entourèrent rapidement, bien plus rapidement que lors des transformations de Krokmou où le Poufsouffle devait piocher dans la magie de Raiponce.
Le brun leva sa baguette droit sur la peinture. Bien, il ne restait plus qu'à espérer que ça n'explose pas.
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L'eau coulait dans la Salle de Bain des cinquièmes année filles de Gryffondor. Et sous le jet de douche, Mérida se détendait. L'eau chaude frappait ses épaules endolories et lui lissait les cheveux mieux que n'importe quel sortilège.
Lâchant un soupir de contentement, la jeune fille rejeta sa tête en arrière et laissa doucement la pression s'évacuer. Lier sa magie à celle d'Harold était excitant. C'était quelque chose d'incroyable, d'unique. Presque addictif. Mais cela n'était pas non plus de tout repos, elle ressortait de ces expériences aussi épuisée qu'après une après-midi entière sur le dos d'Angus. Heureusement, le sortilège de transfert avait marché donc elle avait jusqu'à juin avant de renouveler l'expérience.
Rouvrant les yeux, elle constata qu'elle avait oublié d'enlever le collier offert par Harold pour son anniversaire, quelques jours plus tôt. Même elle qui n'aimait pas énormément les bijoux, elle devait reconnaître que celui-ci lui plaisait bien, simple et discret.
Sans trop y réfléchir, elle leva la main pour le décrocher, avant d'hésiter. Son don se déclenchait au contact des objets chargés spirituellement. Son ami lui avait dit l'avoir acheté à une sculpteuse lors de leur sortie à Londres. Donc l'objet était neuf, il avait peu de chance d'avoir une histoire forte. Mais ce n'était pas sûr…
Décidant de prendre le risque, elle décrocha le pendentif et… Rien. Absolument rien.
« - Je me suis encore faite peur toute seule. Idiote, va. »
Constatant qu'il n'y avait aucun danger à toucher le collier, elle en profita pour l'observer un peu plus. Tout en bois, il était relativement plat. La surface était sculptée de délicates courbes qui, ensembles, formaient des ours abstraits. C'était plutôt joli.
Elle s'apprêtait à poser le bijou sur le côté, quand il se mit soudainement à luire. D'abord doucement, d'une lueur bleue douce, mais qui se fit de plus en plus violente à chaque seconde. Puis, d'un coup, la lumière disparu.
Mérida, hypnotisée, regarda une forme s'élever doucement du médaillon. Un être en forme de flamme bleue sortait du médaillon. Moins d'une minute après que le bijou se soit mis à briller, un feu follet se tenait face à Mérida.
Haut d'une vingtaine de centimètre, il possédait une « tête » en forme de flammèche. Son corps, lui, était fait de brume, constamment changeant.
« - Mais qu'est-ce que c'est que ce bordel ! « s'écria la jeune fille.
Doucement, le feu follet pencha la tête se le côté, avant de tendre un filet de brume bleue vers la Gryffondor. Quand celui-ci l'atteignit, elle fut envahie de sensations : « Calme. Amitié. Aide. »
« - Tu… Voudrais être mon ami ? »
Un petit cri lui répondit, semblant transmettre l'assentiment de la petite créature.
« - Les autres doivent déteindre sur moi. Me voilà à parler d'amitié avec une âme errante. D'ailleurs, que faisais-tu dans ce pendentif ? »
Le feu follet la regarda, mais ne fit aucun geste. Peut-être ne comprenait-il pas la question.
« - Bon, oublie. T'as un nom ? »
Un nouveau filet de brume s'étendit vers elle. Cette fois, ce ne fut pas des sensations, mais des images qui lui parvinrent. Un livre ouvert. Une lettre qui brille. « W ». Une autre, « I ». « S ». « P ». Puis plus rien.
« - Wisp ? Pas très original, pour un feu follet.(3) Mais ça ne me dit pas ce que tu fais là. »
Nouvelle brume, nouvelle image.
Une boule de cristal.
Un chemin qui se sépare en deux. Wisp qui indique ce qui semble être le bon.
Le Château Dunbroch qui se révèle au bout du chemin.
« - Tu… Peux m'aider avec mes visions, c'est ça ? »
Wisp émit une nouvelle fois ce petit bruit que la rousse traduisait instinctivement par « oui ».
« - Mais comment…
- Mérida, ça va ? intervint soudain une voix.
- Oh merde, j'ai oublié. Oui Katie, ne t'inquiète pas. Je sors dans deux minutes. Bon, toi, rentres dans le médaillon le temps que je me sèche, d'accord ? »
Sans un bruit, l'esprit disparut.
S'essuyant rapidement et séchant ses cheveux d'un sort, ils friseraient encore plus que d'habitude mais tant pis, elle s'habilla en deux temps trois mouvement, enfila ses chaussures, attrapa le collier et sorti en coup de vent du dortoir. Si cela avait un rapport avec ses visions, une seule personne pouvait réellement l'aider. De plus, c'était presque l'heure de fermeture de la bibliothèque, c'était idéal.
Quand elle arriva sur les lieux, Mrs. Pince mettait les derniers élèves dehors.
« - Désolé Miss, mais la bibliothèque est fermée. Revenez demain matin.
- Je ne suis pas là pour la bibliothèque, mais pour vous voir. C'est au sujet des gants.
- Des gants ? Il y a un problème avec eux ?
- C'est compliqué.
- Je vois. Entrez. Allez vous mettre près de mon bureau le temps que je ferme. »
Il ne fallait pas le dire deux fois à Mérida, qui rejoignit la table à grands pas. Quelque secondes plus tard, Mrs. Pince était assise face à elle.
« - Bien. Expliquez-moi.
- Regardez. C'est un collier que m'a offert Harold pour mon anniversaire. Je n'ai pas fait attention et j'ai oublié de l'enlever pour ma douche. Et quand je l'ai touché… »
Joignant le geste à la parole, elle retira son gant et saisit le médaillon, duquel rien ne sorti.
« - Allons, Wisp, montre-toi. »
Timidement, l'esprit bleu émergea du morceau de bois pour faire face à la sorcière plus âgée.
« - Un… Feu follet ?
- Etonnant, hein ? Il ne parle pas, mais il peut transmettre des sentiments et des images. Il m'a plus ou moins expliqué qu'il s'appelait Wisp et qu'il pouvait m'aider pour mon don. Me servir de « guide », même si je ne vois pas à quoi cela me serait exactement utile. »
La Bibliothécaire resta un instant pensive, avant de saisir doucement le collier.
« - Miss Dunbroch… Que sont les feux follets, pour vous ? Que représentent-ils ?
- Les feux follets ? Eh bien… Quand j'étais petite, ma mère me disait toujours que c'était des âmes errantes qui nous guidaient vers notre destin.
- Je vois. Il est logique qu'il apparaisse ainsi, dans ce cas…
- Logique ?
- Voyez-vous, Miss, Wisp n'est pas un feu follet. C'est ce que l'on appelle communément un homoncule(4), un être vivant créé artificiellement. Et la plupart du temps, isl ont un but précis. Servir d'arme, protéger,… Celui-ci, apparemment, a pour but d'aider au mieux celui qui en a besoin.
- Mais… C'est Harold qui l'a tenu en premier.
- La condition pour réveiller l'homoncule devait sans doute être plus précise. Créer un lien avec l'objet, l'avoir reçu en cadeau désintéressé,… Beaucoup de choses sont possibles. Bref. Le fait que vous ayez trouvé une telle chose va nous être très utile.
- En quoi ?
- Vous rappelez-vous ce que je vous ai dit lorsque je vous ai remis ces gants ?
- Que je pourrais les enlever lorsque je maîtriserai mon don.
- Eh bien ce petit être va vous y aider. Pour le moment, vos visions se catonnent à UN avenir. Mais l'avenir est multiple. Il va vous être possible de choisir de « voir » n'importe quel avenir. N'importe quel « embranchement », s'il on peut dire, que provoquera telle ou telle décision. Mais pour cela, vous allez devoir vous enfoncer dans les fils du temps.
- C'est risqué ?
- Assez. Plus vous allez loin, plus il vous sera difficile de revenir à votre époque. Vous pouvez même vous perdre, ce qui laisserait votre corps dans le même état qu'après un baiser du détraqueur.
- Chouette, dis donc.
- Mais ce petit être va vous aider. Il vous a dit être un guide, non ? En clair, il vous permettra de retrouver le chemin de votre corps.
- Mais oui !
- On ne crie pas dans la bibliothèque, Miss.
- Pardon. Je voulais dire, lorsqu'il m'a expliqué ce qu'il était, il m'a montré deux chemins qui se séparaient, puis lui m'indiquant le chemin de ma maison. C'est ce qu'il voulait dire ! »
Caressant doucement le médaillon que Mrs. Pince lui avait rendu, Mérida se dit qu'elle devrait vraiment, mais VRAIMENT remercier Harold.
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Les beaux jours revenaient. Il allait enfin pouvoir manger autre chose que du rat, même si c'était très satisfaisant de chasser ces petites vermines.
De toute façon, il allait devoir attendre. Son dernier coup d'éclat avait renforcé la sécurité. Si le nombre de détraqueurs à l'intérieur de Poudlard était ridiculement faible, celui à l'extérieur des murs de Château était sans cesse en augmentation. C'était à peine s'il osait encore se promener dans Pré-au-Lard à part sur l'heure du midi, où l'estomac remportait la bataille sur l'instinct de protection. Les rats, c'était bien, les restes de poulet, c'était mieux.
Mais rien de cela n'avait d'importance face à sa revanche. Et sa revanche, il l'aurait, tôt ou tard.
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(1) Après vérification, il s'avère que les oiseaux ont une excellente vue. Ceux ayant la pire voient le monde comme nous. Mais la plupart voient mieux les mouvements et les couleurs. Ils ont aussi un champ de vision plus large.
(2) Un doppelganger, c'est un double maléfique. Je trouvais que ça allait bien à la Voix.
Comme le suggère son nom, c'est d'origine allemande (on se doutait légèrement que c'était pas italien, non ?). Si ça peut veux aider à avoir une image, dans les jeux Zelda, Dark Link est le doppelganger de Link.
(3) « Wisp » est la traduction de « Feu Follet » en anglais. Je crois que c'est un dérivé de « Whisper » qui signifie « murmure ».
(4) Un homoncule est une création alchimique. Un être créé de toute pièce. C'est particulièrement bien exploité dans le manga Full Metal Alchemist (existe aussi en animé, mais dans ce cas regardez FMA Brotherhood et pas l'autre)
Et voilà. Je suis plutôt content du chapitre, sauf de la fin, mais j'arrivais pas à trouver comment mettre un terme à la partie de Mérida.
Sinon, je pars en Angleterre vendredi, donc les revieweurs du weekend, ne vous attendez pas à avoir une réponse immédiate (ni les autres, d'ailleurs, vu la semaine qui m'attend ^^)
Bonne rentrée à tous ceux qui retournent à l'école et à dans deux semaines !
