Chachou35 : Oui pour Teyla et Ronon ça commence à rouler. Un problème de moins lol Pour ce qui est du Shweir, je pense que tu vas être contenta avec la suite qui arrive ! Une accalmie avant le retour… bref… je dis rien ! J'ai fait aussi un effort sur la longueur… alors que j'avais moins de temps O_o
Belmene : Alors oui Rodney aime les gosses, il le cache bien ! Pour la longueur, je pense que là tu seras aussi moins frustrée ! lol
Et maintenant .. la suite !
Des coups frappés à la porte. Des pas. Un grincement. Et sur le seuil… un scientifique tenant à bout de bras un enfant barbouillé de moustaches de chocolat.
« Rodney ?
Qu'il joue avec les jeux de mon ordinateur, passe encore… mais là… il a pris ma DERNIERE barre chocolatée ! Trop, c'est trop ! »
D'un geste sec, McKay fourra Torren dans les bras de sa mère.
« Bonne journée ! lâcha le Terrien avant de tourner les talons.
Rodney… »
McKay, déjà loin, leva un bras. Il n'avait pas envie de parler. Il fallait qu'il trouve du chocolat. Sinon, il allait laisser échapper des paroles qu'il aurait pu regretter…
« Torren ! Tu as réellement mangé les barres de ce pauvre Rodney ? »
En guise de réponse, l'enfant éclata de rire.
« Jeune homme, je suis ravie que tout ceci te fasse rire. Tu t'ennuieras moins pendant ta punition. »
Cette fois, le petit garçon cessa même de sourire. Il fit la moue, baissa la tête et tendit les mains vers sa mère.
« Non, non, ça ne marche pas.
Qu'est-ce qui se passe ? demanda Ronon ne sortant de la salle de bain, une simple serviette autour des reins.
Torren a encore fait des siennes, cette fois avec Rodney.
Qu'est-ce qu'il a fait ?
Il a mangé une barre chocolatée.
Oh ? sourit le Satédien.
Ronon ! Tu ne l'encourages pas tout de même ?
Non, non ! se récria le Pégasien en se dirigeant vers le lit où étaient disposées ses affaires. Mais bon, c'est qu'une barre, et ça fera pas de mal à McKay de ralentir un peu le rythme.
C'était la dernière, précisa Teyla. »
Ronon se redressa lentement.
« Torren ! gronda le Satédien. Tu sais dans quelle…panade tu nous as mis ? termina-t-il sous le regard insistant de la jeune femme.
Pardon, chuchota l'enfant, tendant cette fois ses bras vers le Satédien. »
L'ex-runner soupira et s'approcha de Teyla.
« Donne-le moi, on va parler entre hommes. »
Teyla confia son fils au Pégasien qui l'embrassa rapidement sur la joue avant de sortir avec le petit garçon sous un soleil déjà haut dans le ciel. Elle le regarda s'éclipser avec une impression étrange. L'impression de reconstituer peu à peu une famille. Après un moment de flottement, elle décida d'aller voir Rodney. Une petite promenade sur une planète alliée à la recherche d'une substance qui pourrait remplacer son précieux chocolat. Voilà ce dont il avait besoin !
Oooooooooooo
« Vous êtes sûre de vous ? demanda John en regardant le lac d'un air dubitatif.
Certaine. Que risquez-vous à essayer ? »
Rien, en effet, se dit le militaire. Il avait même tout à y gagner… Ce n'était d'ailleurs pas tant l'idée qui le rebutait que sa mise en œuvre. Car sans tomber dans une pudibonderie excessive…. Il n'aimait pas forcément se montrer à moitié nu devant des gens…. Des femmes…. Sauf si…. Mais ce n'était pas le cas ici…Alors…. La gêne était bien présente. Presque palpable.
De ce fait, elle n'échappa pas à Elizabeth.
« On va commencer par un exercice. Vous allez vous mettre debout et vous déshabiller… disons derrière ce buisson. Là. Vous regagnerez seul le lac où je vous attendrai. Ca vous mettra… en jambe. »
John grimaça à ce jeu de mots plus que douteux, mais ne dit rien et se contenta d'acquiescer.
Il se leva.
Elizabeth était là, près de lui. A quelques centimètres. Pour parer à une éventuelle chute.
Pour le moment tout se passait bien. John se détendit un peu, sans pour autant relâcher sa vigilance. Un pas. Deux… il sentait ses mollets le tirer. Tout comme ses cuisses.
« Qu'est-ce que vous ressentez ?
Mes jambes. »
Ils échangèrent un sourire. Lui de soulagement, elle d'encouragement.
« Je vous accompagne jusqu'au buisson.
Non, je peux me débrouiller.
John…
Je peux me débrouiller, reprit-il avait un peu plus de fermeté.
Très bien. Allez-y. »
Sans appui, en titubant légèrement, le colonel progressa vers un buisson touffu.
« Tête de pioche de militaire, marmonna Elizabeth tandis qu'il prenait enfin appui contre un arbre après avoir failli basculer à cause d'une branche morte au sol.
J'ai entendu, grogna John alors qu'il parvenait enfin au fameux buisson. »
La jeune femme se mordit la langue tandis qu'il disparaissait derrière les feuilles.
La veste et la chemise ne posèrent aucun problème. Par contre… pour tout ce qui était chaussures, chaussettes et pantalon… ce fut une autre paire de manches.
Sheppard essaya tout d'abord d'enlever une ranger en prenant appui sur une jambe. Ce fut bien évidemment une mauvaise idée. Ses muscles ne s'étaient pas assez développés. Il fut donc contraint de s'asseoir sur une souche. Se relever ne fut pas une mince affaire. Il dut s'y reprendre à trois fois. Mais il arriva à se redresser. Il sentait chaque jour que ses jambes lui répondaient mieux. Ce qu'il devait faire maintenant, c'était les muscler. Tous les jours. C'était bien pour ça que cette séance avait été organisée. A l'initiative d'Elizabeth d'ailleurs. Sur le moment, John en avait été bien content. Car le temps passé avec lui éloignait la jeune femme de l'influence de Ladon. Ladon…. Il lui devait beaucoup. Sa dette d'honneur se le disputait à sa défiance naturelle pour ce peuple et sa répulsion personnelle pour le chef Genii, même si celle-ci n'avait aucune commune mesure avec le sentiment qu'il avait éprouvé pour Kolya. Et qu'il éprouvait encore…. Malgré lui… parfois.
« John, ça va ? »
La voix d'Elizabeth s'éleva du lac. Elle commençait à s'inquiéter. Cela faisait maintenant un bon quart d'heure qu'elle l'avait laissé derrière ce buisson. Que pouvait-il bien faire….
« C'est bon j'arrive ! »
Le militaire inspira et se découvrit.
Il était en boxer noir.
Elizabeth se sentit rougir. Elle aurait dû être gênée. Mais elle fut au contraire surprise. Car une phrase lui vint en tête. Une phrase venue de nulle part, comme murmurée par sa vie passée.
Rien à voir avec Simon.
Simon…. Qui était-il… ? Elle pressentait que ce devait être un homme qui avait compté pour elle… peut-être que John pourrait lui en dire plus…
Le militaire approchait à présent du lac. Il aurait voulu se dépêcher de rentrer dans l'eau pour qu'elle arrête de le fixer comme elle le faisait depuis un moment. Mais entre se faire détailler par elle et se sentir humilier en se ramassant lamentablement au sol, il préférait de loin la première solution. Et puis si elle aimait… John se gifla mentalement. Non ! Elle ne pouvait pas aimer…Ce n'était pas le moment de penser à ce genre de choses ! D'autant qu'elle lui avait proposé des entraînements quotidiens de deux heures… S'il commençait à fantasmer sur elle comme il l'avait fait durant les années où ils avaient travaillé ensemble… Ses pas ralentirent. Il ne fallait pas qu'il laisse ses sentiments reprendre le dessus. Pas maintenant. Il avait des problèmes à régler. Plusieurs. Il serait toujours temps de voir après… Il tâcha de faire taire la petite voix intérieure qui lui faisait remarquer que ce genre de discours avait déjà été tenu longtemps auparavant et qu'il n'avait jamais mené nulle part. Cette même petite voix qui lui soufflait qu'il réitérait la même erreur que par le passé.
Il reprit son chemin et entra enfin les pieds dans l'eau.
Ses muscles le tiraient déjà.
Il était fatigué.
Avec à peine quelques mètres.
« Venez John. »
La voix calme et apaisée d'Elizabeth lui redonna du courage. Il glissa son regard sur elle. L'eau lui arrivait aux épaules. Elle avait enlevé sa tunique, mais avait gardé ses sous-vêtements. Sous-vêtements que Teyla avait pris soin d'acheter et d'emporter. S'il en croyait les bretelles qui dépassaient et la faible transparence de l'eau, elle portait un ensemble blanc.
« John ?
Oui, j'arrive ! »
Il fit glisser une cheville. Puis l'autre. La résistance de l'eau était un calvaire ! Il allait se muscler, ça il en était sûr ! Il allait en baver ! Il en était sûr aussi !
Arrivé aux genoux, il aurait eu envie de ressortir illico. L'eau le fatiguait et elle était franchement froide. Comment avait-elle pu entrer là dedans ?
Il inspira profondément et entra sa cuisse droite. Mais lorsqu'il voulut entrer la gauche, la résistance et les remous du lac furent tels qu'il se sentit déstabilisé. Il tenta de se reprendre en agitant les bras, mais le résultat final fut sans appel : une chute à plat ventre.
Lorsqu'il ressortit de l'eau, ses yeux étaient grands ouverts.
« Mais elle est gelée !
Ah bon vous trouver ? Ca raffermira vos chairs. »
Le militaire jeta un regard en biais à la jeune femme. Elle se moquait de lui. Il le savait.
C'est avec un grand sourire qu'elle s'approcha de lui en nageant.
« Vous avez pieds ?
Oui, mais c'est juste.
Parfait. Venez.
Qu'est-ce que vous voulez que je fasse ?
Vous allez vous mettre dos à moi. On va faire quelques exercices. »
Il se sentait gêné. Dépendre de quelqu'un, il n'aimait pas ça. Pas ça du tout ! Et dépendre d'elle…de celle qu'il avait toujours jugée un peu plus faible que lui, même s'il la respectait et la trouvait très forte pour une femme, et bien c'était un coup à son égo masculin. Ego assez développé. Il avait pu le remarquer à de nombreuses reprises.
« John, ne faites pas votre mauvaise tête. Ce n'est pas du tout le moment ! »
Le colonel grinça des dents mais obtempéra. Il se mit dos à elle et attendit.
Il sentit bientôt deux bras emprisonner son torse. Il retint un frisson.
« Bien, maintenant vous allez appuyer votre tête sur mon épaule et étendre les jambes devant vous. »
Le militaire cala sa tête entre l'épaule et le visage d'Elizabeth. La température du lac grimpa d'un cran.
« Voilà, c'est parfait. Maintenant vous allez commencer à bouger vos jambes. Lentement. Tranquillement. Rien ne presse, tout va bien. »
Alors qu'il aurait pu se sentir diminuer par les conseils de son amie, John se détendit. Il ferma les yeux et se concentra sur l'objectif : faire bouger ses jambes. Celles-ci lui répondirent aussitôt. De ce côté-là, il avait fait pas mal de progrès et était assez fier de lui. Mais ce n'était qu'une première étape. La guérison définitive n'était pas pour tout de suite.
« Comment vous sentez-vous ?
Ca tire.
Alors nous sommes sur la bonne voie.
Vous avez passé votre diplôme d'infirmière ?
Non, sourit la jeune femme. Du moins je ne le pense pas….Je l'ai passé ?
Pas que je sache, sourit le militaire tout en continuant les exercices.
Dites-moi, j'ai une question.
Je vous écoute.
Est-ce que je vous ai déjà parlé d'un Simon ?
Simon ? répéta John un peu désemparé.
Oui.
Eh bien… je sais que vous étiez fiancés avant de partir pour Atlantis.
Oh…. Mais… enfin pourquoi n'est-il pas venu me chercher ? Il travaille ou… peut-être n'est-il pas au courant du programme ? Il est sans doute inquiet ? »
Sheppard contint un soupir et se demanda comment lui annoncer la chose sans l'attrister ou l'énerver… Il préféra la manière directe.
« Vous n'êtes plus ensemble.
Oh…. C'est…. triste. »
En fait, ça aurait dû l'être. Elle aurait dû ressentir quelque chose. Oui mais voilà. Elle n'avait aucun souvenir de lui… Sans doute en aurait-elle eus s'il avait vraiment compté….
« Il ne vous méritait pas. C'est ce qu'on a tous pensé quand on a appris pour votre rupture.
C'est gentil
C'est vrai surtout. Vous vous êtes épanouie ensuite. Et puis vous avez rencontré quelqu'un d'autre.
Ah oui ?
Oui, répondit John en se maudissant d'avoir continué sur ce sujet.
Comment s'appelle-t-il ? Ou s'appelait-il ? Je ne sais pas finalement.
Mike. Mais ça n'a pas duré.
Ah… »
Elizabeth commençait à croire qu'elle n'avait pas de chance en amour… Ce qui ne l'incitait guère à vouloir en savoir plus sur sa vie passée. Etait-elle aussi peu douée dans les autres domaines de sa vie ?
« Vous savez quel est votre problème ? demanda John.
Non, mais je sens que vous allez me le dire.
C'est que vous ne prenez pas soin de vous. Vous êtes toujours là à faire tout pour tout le monde, à faire en sorte que tout se passe bien pour nous et vous ne vous accordez pas assez de temps.
Et avec Mike ?
Vous vous en êtes accordé. Mais… enfin vous n'avez pas réitéré ensuite. »
Le militaire se sentait de plus en plus mal à l'aise. Il était en train d'avoir une conversation profonde avec une femme. Ce qui ne lui était pas arrivé depuis des années… En plus portant sur un sujet sur lequel il ne s'étendait d'habitude pas !
« Pourquoi ?
Parce que… ça n'a pas collé. »
Ce qui était en partie vrai. Ca n'avait pas collé tant que ça. Et il en avait été égoïstement heureux ! Parce qu'il ne la méritait pas. Parce qu'elle méritait un homme qui sache lui tenir tête et débattre avec elle de tout. Et non pas d'un prétendant qui se perdait dans ses yeux et n'avait pas une once de vraie conversation. Pas une once de charisme.
Mais ce n'était pas la seule raison. Elle avait culpabilisé de s'être accordée du temps tandis qu'un ami avait perdu la vie. Et ça, il ne le lui dirait pas. Il ne voulait pas que chaque souvenir enfoui qui ressurgirait lui fasse de la peine. Il fallait trouver un autre sujet. Lui faire revenir en mémoire un autre épisode de sa vie, plus gai. Pour qu'elle veuille en découvrir d'autre.
Alors qu'il allait ouvrir la bouche pour lui raconter la fois où Zélenka était revenu de la planète des enfants tagué de la tête aux pieds, la jeune femme le coupa :
« C'est faux, dit-elle d'une voix blanche.
Quoi ? Qu'est-ce qui est faux ?
Je n'ai pas cessé de le voir pour cette raison. »
John se figea, cessant par là-même tout mouvement.
« Il est mort… »
Sheppard se détacha et se tourna lentement vers elle.
Les yeux rivés sur l'eau du lac, elle semblait revenue plusieurs années en arrière.
Ne sachant que faire, il se rapprocha et vint toucher sa main de la sienne.
Elizabeth releva les yeux vers lui. Son regard était humide.
Le colonel n'attendit pas et la prit dans ses bras.
Elle hésita, mais finit par passer à son tour ses bras autour de son torse.
« Je commence à croire que tous mes souvenirs sont aussi tristes….
Non, il y en a de plus heureux, lui affirma le militaire. »
Elle resserra son étreinte. Lui aussi.
« Prenez ça comme une nouvelle chance d'entamer une nouvelle vie avec d'autres priorités, continua John.
Qu'est-ce que vous voulez dire ?
Pensez plus à vous. Moins aux autres.
…
Je peux faire ses exercices seul par exemple. »
Elizabeth se détacha de lui.
« Je pense à moi en vous aidant.
Comment ça ?
Je viens discuter avec vous, parce que je m'entends bien avec vous… mais aussi égoïstement en espérant retrouver la mémoire avec un mot. Comme maintenant.
Moi ça me va.
Moi aussi.
On continue comme ça alors ?
Oui, lui sourit-elle. »
John lui rendit son sourire avant de le perdre peu à peu. Ils étaient très proches. Vraiment très proches…
Elizabeth ne bougeait pas, continuant à faire du sur place. Elle le regardait dans les yeux, ne sachant que faire. Elle n'avait aucune certitude sur ce qu'ils étaient réellement l'un pour l'autre. Elle sentait qu'il lui cachait quelque chose… mais elle ne savait pas quoi. Alors même s'il la regardait intensément en cet instant précis, elle était totalement perdue. Et elle détestait ça. Par-dessus tout !
Ce fut John qui agit en premier en se reculant. Il ne voulait pas. Il ne pouvait pas. Pas maintenant. Il aurait l'impression de profiter de son état !
« On le continue cet entraînement ?
Oui, allons-y, se reprit la jeune femme.
Je vais vous raconter la fois où Radek s'est fait peindre par les gosses de la planète P3X machin.
Vous n'avez pas la mémoire des numéros ?
Je l'ai jamais eu, constata le militaire avec dépit, faisant de nouveau sourire Elizabeth.
Alors racontez-moi, ça m'a l'air très divertissant.
Ouais, ça l'est ! »
John reprit sa position initiale. Celle qu'il aimait de plus en plus, même si elle le torturait chaque seconde un peu plus…
