Disclaimer : Comme tout le monde le sait, « Harry Potter » et ses personnages appartiennent à JK Rowling (merci à elle de nous les prêter). Cette histoire, et les OC par contre, sont à moi.

A tous ceux qui ont mis cette histoire en favoris ou en alerte, et à tous les lecteurs anonymes, merci à vous aussi… mais pensez qu'une petite review, en plus, serait énormément appréciée, à la fois par l'auteur… et par sa muse ! )

Quand je vous disais, pour les emm*** ! Sans vouloir me chercher d'excuses, parce que c'est quand même vrai que je n'ai plus trop le temps d'écrire autant qu'avant, en ce moment, après la voiture patraque, c'est mon ordinateur qui a (presque) rendu l'âme, et que je n'ai pu récupérer qu'avant-hier.

JE TIENS DONC A PRÉSENTER MES EXCUSES LES PLUS HUMBLES A TOUS CEUX QUI ONT LAISSE DES REVIEWS SUR LE DERNIER CHAPITRE, ET A QUI, DU COUP, JE N'AI PAS RÉPONDU : UN IMMENSE MERCI, DONC A Zeugma, darkcorbeau, Cididy, ivae714, Lia9749, Lupinette, Juliana, Daidaiiro, Crazyfuriousgirl, et SlythenclOw.

Alors… nouveau chapitre (qui attend patiemment depuis une semaine de pouvoir être tapé et envoyé… je pense tout de même à vous). Un chapitre de transition. Cette semaine, nos deux amis profitent d'une petite accalmie pour se ressourcer. Ceux qui ont lu « Vulnera » reconnaitront certainement l'endroit, j'aime bien réutiliser des éléments de « l'univers » que je leur ai construit (la maison de la mer, Tiberius, Missy…), ça lui donne une espèce de « réalité personnelle » en dehors de celui de JKR… Allez, trêve de blablas,

Enjoy &… Review !


Lâcher prise

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Ils étaient seuls dans le jardin d'hiver. Tiberius était en France, où il était allé inspecter l'avancement des travaux dans les propriétés ancestrales des Prince, qu'il avait décidé de faire remettre en état.

—Sirius et Marlène ?

—Je suppose qu'étant donné qu'il est le seul membre de sa famille à n'avoir pas été envoyé à Serpentard, dans son esprit tordu, il est le 'serpent sacrifié'. Quant à Marlène, en tant que jumelle, elle peut, avec beaucoup de bonne volonté être considérée comme étant 'née deux fois'. Ce n'est pas beaucoup plus idiot qu'autre chose, remarque, et la prophétie de ton époque aurait elle aussi pu s'interpréter de plusieurs manières.

—Il faut les prévenir !

—J'ai déjà contacté Lupin. Je crains qu'ils n'aient pas d'autre alternative que d'en parler à Dumbledore, afin qu'il puisse les mettre efficacement à l'abri. Il m'a promis de ne pas révéler ses sources, mais il ne pourra pas cacher à Black que l'information vient de son frère… et s'il fait fonctionner son neurone, il en conclura automatiquement qu'elle est passée par moi. Je ne suis pas un inconditionnel du Serment Inviolable, mais je ne regrette pas que nous lui ayons fait prêter celui-là.

Malgré un ton qu'il voulait détaché, Severus affichait un air sombre. Il aurait préféré Occluder, mais il ne voulait pas violer leur promesse mutuelle de ne rien se cacher. Debout devant la verrière, il lui tournait le dos, mais il ne pouvait dissimuler la crispation de ses épaules. Hermione se leva du canapé où elle n'avait pas réussi à le faire assoir, pour venir poser une main sur son bras. Il baissa la tête, laissant ses cheveux retomber de chaque côté de son visage, dans le vain espoir de masquer son malaise. Il était à faire peur, ces dernières semaines de révisions intensives étaient particulièrement éprouvantes, autant moralement que physiquement, et l'information apportée par Regulus ne contribuaient pas à améliorer son état d'esprit.

L'alarme posée sur la cheminée de l'Impasse du Tisseur, qu'ils avaient, par commodité, reliée à celle du manoir, avait retenti en début d'après-midi. Severus avait aussitôt Transplané à Cokeworth, et en était revenu, une heure plus tôt, dans un état d'agitation inhabituel.

—Arrête ça, Severus, tu n'es pas responsable !

—Comme je n'étais pas responsable de ce qui est arrivé à Lily, à ton époque ? C'est exactement la même chose ! Et que ça concerne cet imbécile de Black ou que je ne connaisse pas McKinnon n'y change rien. Et en plus, cette fois, je l'ai fait en toute connaissance de cause. Si je n'avais pas rapporté…

—Tu ne pouvais pas faire autrement, nous en avons déjà parlé.

Il secoua la tête, persistant à éviter son regard.

—Je ne sais pas si nous pourrons y arriver, Hermione. Reprit-il d'une voix lasse en passant une main sur son front. « Ce ne sont pas les mêmes personnes, mais c'est la même chose qui se répète. Et encore une fois, c'est de ma faute.

—Ne baisse pas les bras, Severus ! Pas toi ! Pas après tout ce que tu as accompli… dans cette vie et dans l'autre. Tu es épuisé, je pense que tu ne réalises pas vraiment… Tout ne se répète pas, tu n'es pas devenu Mangemort et Regulus est toujours vivant. De plus, nous avons récupéré les Horcruxes, et nous avons les moyens de les détruire. Non, tout ne se répète pas, et tout n'est pas obligé de recommencer ! Tu as trouvé le moyen de me faire revenir ici, et ensemble nous trouverons une solution pour détruire Voldemort, ou du moins, le rendre vulnérable. Dès le départ, nous savions que ce ne serait pas facile et que le temps ne se laisserait pas manipuler aussi aisément. Et pour Sirius et Marlène, j'ai peut-être une idée, qui pourrait leur permettre d'être à l'abri, sans que Dumbledore soit mis au courant.

—Parce que tu t'imagines que s'ils se terrent du jour au lendemain dans une maison sous Fidelitas, personne ne va s'en apercevoir ?

—Je ne parle pas de Fidelitas. L'entraînant par les poignets, elle l'obligea à s'assoir à côté d'elle sur le sofa. « Et reste un peu tranquille, tu vas finir par me donner le tournis, à faire les cent pas comme ça ! Reprends-moi si je me trompe, tu vas passer tes examens de troisième année la semaine prochaine, et ceux de quatrième dans deux semaines. Quant aux épreuves de Maîtrise, elles ont lieu quatre fois par an, si mes souvenirs sont exacts.

—Oui. En janvier, avril, juillet et octobre. Si je réussis à valider le niveau de quatrième année, je pourrai me présenter à celles de juillet.

—Ça m'étonnerait beaucoup que Maître Stoke accepte de te présenter à la session de juillet. Tu es épuisé, tu ne tiendrais pas le coup. Rappelle-toi de ce qu'il nous a expliqué sur leur déroulement. Les connaissances ne suffisent pas, il faut une endurance sans faille pour réussir les épreuves pratiques. Et selon ses propres dires, l'aperçu qu'il t'en a donné pendant cette année n'en était qu'un pâle reflet. De plus, si tu ne présentes ta Maîtrise qu'en octobre, ou, encore mieux, en janvier, même si tu es reçu, et nous savons que ce sera le cas, il sera trop tard pour briguer un poste de professeur pour la rentrée prochaine… ce qui te laissera une année entière de répit. Une année pendant laquelle tout peut arriver.

—Je ne vois…

—Si tu travaillais à Poudlard, ce serait plus difficile à justifier, étant donné votre lourd passif, mais…

—Le poste de professeur de Défense !

—Oui, c'est exactement ça. Depuis la création de l'Ordre, ses membres sont entraînés par Fol-œil, qui leur donne quasiment une formation d'Aurors… et par conséquence, un niveau nettement supérieur à celui de la plupart des différents professeurs que j'ai personnellement pu connaître. Si Sirius parvenait à obtenir le poste, lui et Marlène seraient logés dans l'école, qui est l'endroit le plus sécurisé du monde magique britannique. Et même s'il est maudit, les professeurs n'en meurent pas pour autant, poursuivit-elle en s'efforçant de ne pas penser au sort de Quirinus Quirell. « Pendant toute la durée de la prochaine année scolaire, ils y seraient bien plus à l'abri que derrière n'importe quel Fidelitas.

—Ça pourrait peut-être marcher pour Black. C'est un idiot, mais il faut reconnaître que c'est un bon combattant. Seulement, il n'y a aucune raison pour que McKinnon soit elle-aussi logée à Poudlard, sans y occuper de poste.

—Alors il faut arriver à les persuader de se marier, et je suis bien sûre que Sirius parviendra à convaincre Dumbledore d'accepter que son épouse y soit logée avec lui, plutôt que de quitter le château chaque soir pour aller la rejoindre, en cette période troublée.

—Ça se tient. Je dois retourner à Cokeworth ce soir, Lupin doit m'appeler pour me dire s'il a réussi à joindre Black. Si c'est le cas, nous avons convenu de nous y réunir. Missy est allée ouvrir la maison, et s'arranger pour donner l'impression qu'elle est habitée régulièrement.

—Je viens avec toi.

Le jeune homme la considéra, une étincelle ironique dans le regard.

—Évidemment, que tu viens avec moi. De toute façon, outre le fait que ton absence serait difficilement explicable, je n'ai jamais pensé que tu puisses te laisser convaincre de rester ici.

Le léger coup de poing qu'Hermione tenta de lui donner dans le bras fut intercepté par une main ferme, avant qu'il n'enferme la jeune femme dans une étreinte presque désespérée. Elle savait qu'elle ne l'avait qu'à moitié convaincu qu'il n'était pas coupable de l'épée de Damoclès qui était désormais suspendue au-dessus de la tête de Sirius et de Marlène, pourtant unique conséquence des élucubrations de l'esprit dérangé de Voldemort. D'autant plus coupable que pour qui connaissait la vérité, la prophétie les désignait très clairement à eux. Ni l'un ni l'autre n'avaient jamais eu aucun doute sur cela. Leur conviction en était d'autant renforcée que pour eux, « l'oiseau du soleil » ne pouvait désigner que le faucon, animal totem du nouveau Patronus de Severus, dont ils étaient les seuls, avec Tiberius, à avoir connaissance.

C'était une de ces soirées qu'un Moldu aurait pu qualifier de magique. Dans les rues maintenant désertes de la vieille ville, la chaleur moite du jour avait cédé sa place à une agréable tiédeur, apportée par la brise légère qui soufflait de l'océan.

Un peu plus tôt ils avaient déambulé dans les ruelles étroites, débarrassées de l'agitation du jour, comme de simples touristes moldus, faisant halte un instant sur un banc de pierres pour écouter les notes d'un violoncelle, qui s'échappaient du portail entrouvert de l'église. Il y aurait un concert ce soir, mais à ce moment-là, le musicien se laissait emporter par une improvisation à la beauté nostalgique. Hermione avait posé sa tête sur l'épaule de son compagnon, chose qu'il n'aurait sûrement pas tolérée en plein jour. Mais lui-même n'avait-il pas entouré de son bras les épaules de sa compagne, savourant en silence la caresse des boucles mordorées contre son cou ? Un moment hors du temps, une parenthèse fragile, à savourer les yeux fermés, la brise nocturne égrenant les notes de la mélodie dans l'air léger du crépuscule.

A présent, assis sur la plage ils se laissaient bercer par le bruit de l'océan. C'était leur dernière soirée de liberté. Demain Ils seraient de retour en Angleterre. Demain la guerre serait de nouveau une réalité.

Il y avait maintenant un mois et demi que Severus avait réussi à valider le niveau de quatrième année, minimum nécessaire pour pouvoir prétendre aux épreuves de Maîtrise, et ainsi que l'avait prédit Hermione, Maître Stoke avait catégoriquement refusé de le présenter à la session de juillet, tant son niveau d'épuisement était alarmant. En rentrant au manoir, il avait dormi pendant trois jours et trois nuits entiers, ne se levant que pour satisfaire à des besoins élémentaires et avaler quelques bouchées, avant de retourner se coucher. A la suite de leur entrevue avec Remus et Sirius, les anciens Maraudeurs avaient décidé de suivre leurs conseils, Sirius avait épousé Marlène, avant de solliciter et d'obtenir, étonnamment facilement, le poste de professeur de Défense contre les Forces du Mal, auprès de Dumbledore. Le jeune couple serait logé à Poudlard, et cette nouvelle avait redonné un peu de sérénité à Severus. Tant qu'ils demeureraient dans l'enceinte du château, ils seraient en sécurité, hors d'atteinte de Voldemort et de ses sbires, qu'il y ait déjà un traître ou non au sein de l'Ordre.

Cette année, la fête en l'honneur de l'anniversaire de Narcissa avait été annulée, du fait de la naissance du petit Draco, au début du mois de juin, comme prévu. Preuve de son état lamentable s'il en avait fallu, Severus se laissait dorloter par Hermione et Missy, et la cuisine de Nela l'aidait à reprendre peu à peu du poil de la bête. Tiberius, qui était revenu au manoir au moment des examens, était reparti pour la France, dès qu'il avait été rassuré sur l'état de son petit-fils.

Trois semaines plus tôt, ils avaient reçu un hibou du patriarche, qui ne contenait qu'une pièce de monnaie jointe à un bout de parchemin sur lequel étaient tracés les mots : 11h ce soir. Le Portoloin les avais déposés sur un chemin de terre dont la largeur permettait à peine à deux personnes de se croiser, bordé de hautes haies. Loin au-dessous d'eux ils pouvaient distinguer la rumeur des vagues qui se fracassaient sur des rochers. Un Lumos scintillant au bout de sa baguette, Tiberius les y attendait.

Severus se stabilisa de justesse, retenant par la taille une Hermione chancelante. Merlin, elle haïssait au moins autant les Portoloins que le Transplanage d'escorte !

Monsieur ? Interrogea le jeune homme en regardant suspicieusement autour de lui.

Son grand-père le considérait en souriant, une expression narquoise sur le visage.

Je suis bien certain que si j'avais prononcé le mot 'vacances', tu serais parti en courant. Eh bien maintenant, puisque vous êtes ici, autant y rester. Séjourner pendant quelques semaines sous des cieux plus agréables ne vous empêchera pas de réfléchir à vos plans, je suppose.

Severus se tourna vers sa compagne, persuadé qu'elle était complice, et prêt à lui demander des explications, mais elle avait l'air aussi décontenancée que lui. Manifestement, elle non plus n'était pas au courant des intentions de son grand-père.

Où sommes-nous ?

En France, dans l'une des propriétés de la famille. Pas vraiment une maison à vrai dire, tout au plus un petit pavillon d'agrément. Je l'ai fait remettre en état pour vous deux, afin que vous ayez un endroit rien qu'à vous, un peu plus agréable que la maison de Spinner's End. Ne vous inquiétez pas, malgré les apparences, il est tout à fait sécurisé.

Il murmura quelques paroles dans une langue étrange, aux accents qu'Hermione n'avait jamais entendus. Certainement pas du français, se dit-elle. Et la haie sembla se dilater, puis disparut, révélant l'immensité de l'océan, qui scintillait sous la pleine lune. Il avait bien fait de les prévenir. Tout au bout d'un éperon rocheux, qui s'avançait au-dessus des eaux tel la proue d'un navire, une bâtisse semblait se tenir en équilibre, surplombant les vagues rageuses qui s'écrasaient sans relâche contre d'immenses plaques de roches acérées, plusieurs mètres plus bas.

« Cet endroit est dissimulé aux Moldus depuis près de deux siècles. Poursuivit Tiberius. « Jadis, avant qu'elle ne disparaisse officiellement dans l'océan, emportée par une tempête particulièrement violente, ils l'appelaient 'la maison du sorcier'. Comme je vous l'ai dit, cette portion de falaise est magiquement protégée et elle ne s'écroulera pas plus que les vagues ne pourront l'atteindre. Elle est sous Fidelitas par sécurité, mais personne d'autre que moi n'en connait l'existence, c'est un endroit sûr, en plus d'être l'un des plus agréables que je connaisse… à moins de ne pas aimer l'océan, bien entendu.

Tiberius était reparti le lendemain, après leur avoir montré comment désactiver les protections supplémentaires. Ils avaient passé des vacances idylliques, sans trop se préoccuper de la guerre qui faisait rage de l'autre côté de la mer. Pour la première fois, ils avaient pu se comporter normalement, sans crainte d'être espionnés. Pour la première fois, ils avaient pu se laisser aller à n'être qu'un jeune couple amoureux, et heureux d'être ensembles, oubliant presque. Presque. Que l'issue d'une guerre et le destin d'un peuple reposait sur leurs épaules. Ce n'avait aussi été qu'à ce moment-là qu'ils avaient réalisé à quel point la tension de tout ce qu'ils avaient vécu depuis l'arrivée d'Hermione avait pesé sur leurs vies, et à quel point ils avaient, tous les deux, besoin de décompresser avant d'affronter la suite.

Hermione se blottit plus fort contre Severus, qui referma ses bras autour d'elle. Demain, la guerre reprendrait ses droits et ils plongeraient de nouveau dans la tourmente, mais cette nuit encore leur était donnée, et ils pouvaient en faire une éternité.


TBC

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