Chap 50 :
Kanae décrocha en voyant que sa jeune amie essayait de l'appeler. Kyoko commença à déblatérer un monologue incompréhensible sur le président et la façon dont il l'avait tourné en bourrique. La belle brune écouta une minute avant de l'interrompre.
- « Rejoins-moi dans le hall, je ne comprends rien à ton histoire, on en parlera de vive voix »
Quelques minutes plus tard, Kyoko arriva par les ascenseurs en affichant un visage de profonde déception.
- « Mo ! Tu m'énerves ! Qu'est-ce qui te prend de déprimer de la sorte ? Je ne te comprendrai jamais ! Tu devrais être contente d'être libérer de tes frais de scolarité ! »
- « Mais je ne sais toujours pas pourquoi... Ce n'est pas correct »
- « Si j'étais à ta place... je m'en ficherai de savoir le pourquoi du comment... » commença Kanae en la traînant hors du building pour se rendre au marchand de glace « Tu n'as aucune raison de refuser et puisque tu ne connais pas son identité tu n'as plus qu'à te réjouir de ce cadeau inespéré »
Elle resta plusieurs minutes silencieuse perdue dans ses pensées. Pourquoi lui avait-on fait un tel cadeau ? Qui pouvait bien être ce mystérieux mécène ? Elle se sentait mal à l'aise face à ce geste de pure générosité qu'elle ne pouvait pas rendre. Lorsqu'elle était petite, on l'avait certes accueilli quand sa mère l'avait abandonnée, mais elle avait toujours travaillé dure au Ryokan en échange. Shotaro, lui, ne lui avait jamais rien donné sans contrepartie... en fait dans ses souvenirs lointains la seule personne qui lui avait tendu la main sans attendre un retour était Corn. Il lui avait donné sa pierre magique pour sécher ses larmes, son plus précieux cadeaux... Corn... le prince des fées !
- « Moko-san, tu penses que ça peut être ma marraine la bonne fée qui est venue m'aider ? » proposa Kyoko en s'installant avec sa glace à une table dans la petite boutique.
- « Une bonne fée ? Et pourquoi pas un prince charmant tant que tu y es ! » répondit-elle en pouffant de rire. Kyoko afficha une moue boudeuse et Kanae effaça les dernières larmes de son fou rire. « On est dans le monde réel Kyoko ! Ton mécène est quelqu'un fait de chair et de sang... » Kanae se frotta le menton en réfléchissant, elle avait même une petite idée de l'identité de ce fameux donateur. « … il est fort probable que ce soit quelqu'un qui te connaisse bien. Qui savait que tu avais des dettes pour les cours ? »
- « Hmm... Le président... Sawara-san... le comptable... »
- « Non, ça ne peut pas être eux... »
- « Mes propriétaires... toi... »
- « Moi non, mais tes propriétaires ? »
- « Ils m'avaient proposé de m'aider, mais je leur ai dit qu'ils en faisaient déjà assez en me procurant une chambre... »
- « Personne d'autre ? » Demanda la belle brune un peu déçu que ses suppositions soient erronées
- « Je crois que c'est tout ! »
- « Ton petit-ami ne le sait pas par hasard ? Il est riche... il connaît bien le président... » tenta-t-elle avec un dernier espoir.
La mâchoire de Kyoko s'ouvrit en grand. Elle se souvint sa conversation téléphonique avec Ren... une discussion qui datait de moins de deux semaines. Avait-il... ? Pourquoi... ?
- « Il n'aurait pas osé... » commença Kyoko abasourdie
- « Mince ! ça m'arrache la gorge de te dire une chose pareille, mais je crois que tu as tiré le gros lot... épouse-le ! »
- « Qu'est ce que tu racontes ? »
- « Je dis juste qu'il est loin de te quitter ! Te payer tes cours et faire en sortes que tu ne saches pas que c'est lui pour que tu ne puisses pas refuser... c'est quand même une preuve qu'il... » Kanae fut coupé par le bruit du poing de son amie cognant la table.
- « Il m'a bien eu encore ! » grinça-t-elle entre ses dents. « mais cette fois ses tours de passe-passe ne marcheront pas ! » Kyoko se leva d'un bond et se courba brièvement en s'excusant avant de partir d'un pas décidé vers la LME.
Kanae soupira et termina sa phrase en regardant la place devenue vide en face d'elle : « une preuve qu'il t'aime ! »
Yashiro-san attendait sur le côté de la scène que son protégé termine son shooting photo et lui tendit une bouteille d'eau à peine descendit-il de l'estrade. Ren bu quelques gorgées et rendit la bouteille à son manager. Il devait se dépêcher de se changer pour la prochaine prise de vue. Il marcha d'un pas rapide vers les vestiaires tout en enlevant déjà sa veste pour ne pas perdre de temps tandis que Yashiro remplissait quelques documents avec leur client. Le jeune manager senti son portable vibrer. Il enfila un gant et décrocha avec enthousiasme en s'éloignant.
- « Kyoko-chan ! Que puis-je faire pour toi ? »
[Yashiro-san, excuse-moi de te déranger... est-ce que tu sais vers quelle heure Ren finira son shooting? J'aimerai passer le voir...]
- « Il est en pause... passe ! » On va être en retard, mais je pense que Ren sera tellement content de la voir avant que l'on décolle pour Hokkaido.
[Merci Yashiro-san!]
La jeune femme arriva en courant moins de cinq minutes après. Le jeune manager lui indiqua l'emplacement des vestiaires avec les yeux pleins d'étoiles en pensant à la tête que ferait son protégé. Kyoko, encore essoufflée toqua à la porte et attendit d'être invité par la voix grave du bel acteur. Il terminait de lacer ses chaussures quand elle entra. Il pensait que c'était Yashiro qui venait le chercher et surpris par cette heureuse apparition, son visage bascula dans une pure expression de bonheur avec un irradiant sourire surpuissant. Les démons de Kyoko, rage et colère, qui l'avaient portée jusqu'ici se cachèrent derrière elle pour essayer de survivre à la lumière divine qui les brûlait et elle baissa les yeux vers ses chaussures pour ne pas fondre devant lui.
- « Excuse-moi... je ne te dérange pas ? »
- « Non... tu ne me déranges jamais... que me vaut le plaisir de ta visite ? » demanda-t-il innocemment en se redressant et en lissant son pantalon.
- « Euh... J'aurai en fait une question à te poser... » commença-t-elle timidement en gardant les yeux baissés tout en avançant vers lui.
- « huh ? Laquelle ? »
Elle releva la tête pour le regarder dans les yeux malgré le risque que ça représentait d'affronter son sourire.
- « Est ce que c'est toi... ? » Elle se mordit la lèvre inférieure avant de reprendre « Est-ce que c'est toi qui a payer mes frais de scolarité ? »
Il hésita. Devait-il nier en bloc ou juste admettre la vérité ? Diable de président ! Il n'avait pas longtemps garder sa langue.
- « Quel est le problème ? »
Son visage prit une expression de Mio et elle le fusilla du regard.
- « Comment as tu pu faire ça ? »
- « Que me reproches tu ? »
- « C'est toi !... C'est toi l'anonyme mécène ! Avoue-le ! » grogna-t-elle irradiant de colère « Je sais que c'est toi, n'essaie pas de me le cacher ! »
- « Quel mal y a t-il a cela ? » rétorqua-t-il impassible
- « Tu n'aurais pas dû! Ce n'est pas correct ! Tu as essayé de me piéger en faisant une donation anonyme »
- « Correct ? » Répéta-t-il avec une intonation si sérieuse et grave qu'elle lui en donna des frissons. Prise de peur, elle allait reculer lorsque d'un geste rapide, il se pencha vers elle pour être au niveau de ses yeux la figeant sur place. « Ce qui n'est pas correct est que tu refuses systématiquement tous les cadeaux que je te fais... Ce qui n'est pas correct est que je doive me cacher pour faire la moindre chose pour toi... Ce qui n'est pas correct est que... »' je doive me cacher pour t'aimer.' Elle était sur le point de se mettre à pleurer et de le supplier de lui pardonner son impudence. Sa respiration haletante trahissait sa peur, il avait l'impression de voir devant lui un petit écureuil terrorisé. Il ferma les yeux et lâcha dans un souffle :« Comment vois-tu notre relation Kyoko ? Qui suis-je pour toi ? Me considères-tu comme ton petit-ami ? »
- « Ren-san... » dit-elle en retenant sa respiration. Elle était incapable d'ajouter quoique ce soit. Qu'allait-il lui dire ? Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine a tel point qu'elle tremblait de tous ses membres.
- « Réponds-moi ? » lança-t-il rouvrant ses paupières et en la fixant dans le fond de l'âme avec dans les yeux un curieux mélange de profonde tristesse et d'espoir.
- « Oui... Oui, si tu le veux toujours » s'empressa-t-elle de répondre angoissée à l'idée qu'il veuille rompre. Il soupira de soulagement et colla son front au sien avec tendresse.
- « Alors c'est mon rôle ! C'est mon droit ! C'est mon devoir et mon plaisir de prendre soin de toi ! » Il l'embrassa a pleine bouche jusqu'à en perdre le souffle. Cette semaine sans elle va me sembler interminable.
Seigneur ! Dieu tout puissant ! Anges du ciel et Démons des enfers ! Mais d'où vient cet homme ? Un véritable court-circuit s'était produit dans son cerveau. Il venait d'effacer complètement de sa mémoire l'objet de sa visite et elle n'avait pu que rester le regarder béatement repartir vers le studio pour reprendre sa séance photo.
MERCI POUR VOS REVIEWS... MERCI MERCI A MES FIDELES LECTRICES ET SUPPORTRICES...
Si j'ai réussi à en écrire autant jusqu'à aujourd'hui c'est grace à vous! Vous êtes ma motivation! MERCI
