Disclaimer: cf chapitre 1

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Encore et toujours merci à Mystical!

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- Ombre, à laquelle j'ai oublié de le signaler la semaine denière - Lalou - Hi. Kari - ...

Bonne lecture à toutes et tous !

OoOoOoO

Les Créatures Du Diable 2/3

Vendredi 20 décembre 1996

Acte 3 : Un Petit Tour A Inis Bó Finne

Charly

Il n'est pas 06H00, que Fergus nous réveille en fanfare en tapant dans les portes et en nous appelant à tue-tête…

Nous n'avons pas dû dormir plus de quatre heures et j'avoue qu'après la java d'hier soir, j'ai bien du mal à ouvrir l'œil. A mes côtés, Nadya baille à se décrocher les mâchoires, puis s'étire comme une chatte, dévoilant ses superbes seins nus, avant de m'offrir un grand sourire…

Et à cette charmante vision, je regrette aussitôt de devoir répondre à l'appel de notre hôte…

Je me serais en effet bien offert une petite séance de sport avant de me lever pense-je, tandis que Nadya me donne un baiser à me couper le souffle…

Oh ! Et puis zut ! Elle s'en va ce soir. Nous n'allons pas nous voir pendant deux ou trois jours et je sais qu'elle va terriblement me manquer… Alors tant pis ! Fergus attendra un peu, me dis-je, avant de me plonger dans la douceur de ma compagne…

Notre étreinte est fiévreuse, urgente, emportée et si intense que la passion nous emmène rapidement vers le ciel, me laissant à bout de souffle et les jambes en coton. Aussi est-ce en titubant un peu, que je file sous la douche où Nadya m'entraîne bien vite, pour ne pas davantage faire attendre les autres …

« Bah… M'étonnerais que Pat et Ramaya n'en aient pas fait autant que nous… De même que Evan et Carlotta… Je suis même prêt à parier qu'ils prennent tout leur temps… » souris-je, en enlaçant ma beauté sous le jet d'eau, avant d'embrasser son joli cou…

J'ai déjà envie de remettre le couvert et je me presse doucement contre elle, empoignant ses seins à pleines mains, avant d'en laisser une s'aventurer vers sa douce toison, dans laquelle je laisse mes doigts s'égarer.

Nadya gémit et hausse la tête vers moi pour m'embrasser, avant de me faire remarquer que Ken est seul, lui et qu'il doit nous attendre avec notre hôte pour le petit déjeuner. Je me contente de grogner dans son cou, avant de me laisser glisser à genoux pour l'honorer de ma bouche et finalement Nadya oublie Ken.

Elle soupire de bien être, caressant mes cheveux, ouvrant les jambes et s'offrant largement à ma bouche. Son sexe s'épanouit sous ma langue, tandis qu'elle gémit de plus en plus fort et quand elle me supplie de venir en elle. Je remonte vers son visage, ma langue traçant le parcours d'une longue cicatrice qui part de son nombril jusqu'à son épaule gauche, puis je la soulève en l'appuyant contre le mur, pour m'enfoncer dans sa moiteur accueillante…

J'ai faim d'elle.

Terriblement faim !

Je prends cependant le temps de la déguster avec lenteur, humant son enivrante odeur, me repaissant de ses baisers et de sa sensualité, lui murmurant des mots d'amour, l'amenant doucement vers le plaisir et ne me laissant aller au mien que lorsque je la sens se contracter autour de mon sexe…

J'explose alors, le cœur bondissant dans ma poitrine à un rythme effréné, des lucioles virevoltant dans la nuit derrière mes paupières closes et mon cerveau s'embrume dans une sensation exquise et indéfinissable…

Putain c'est bon ! Si bon que j'en chialerais !

Jamais je n'avais vécu de tels orgasmes avant de la connaître…

Nadya reprend lentement son souffle, le nez niché dans mon cou et s'accrochant à moi… Ses jambes, enroulées autour de ma taille tremblent et je sais qu'elle s'effondrerait si je la lâchais… Mais mes jambes ne me portent plus non plus. Alors je me laisse lentement tomber à genoux sur le sol, en la retenant contre moi.

Nous restons comme cela, enlacés sous le jet d'eau chaude, nous embrassant avec paresse, durant trois ou quatre minutes, le temps de récupérer puis nous nous dépêchons de nous laver et de nous habiller.

Et finalement, nous rejoignons nos amis, alors qu'ils descendent l'escalier, les cheveux mouillés, les yeux brillants et les joues encore un peu roses de leurs propres ébats…

Et j'échange un regard rieur avec Nadya. Je le lui avais bien dit, que nos amis ne descendraient pas tout de suite, eux non plus…

Fergus nous accueille avec le sourire à notre entrée dans son salon, tandis que Ken nous adresse un clin d'œil coquin. Son sourire cependant est un peu triste. Il lui tarde de retrouver sa belle, restée là-bas en Roumanie…

Fergus, qui a l'air dans une bonne forme malgré son grand âge et sa courte nuit, nous laisse à peine le temps de le saluer. Il nous invite à nous rendre dans l'estaminet de Lavena pour y prendre le petit déjeuner qui nous sera offert par les sorciers du village.

Nous en sommes un peu gênés, mais Fergus nous assure qu'un refus serait très vexant pour nos hôtes, pour lesquels notre présence est un honneur et une occasion de prouver leur reconnaissance envers notre corps de métier, dont quelques courageux représentants ont sauvé le village et la vie de leurs ancêtres autrefois.

Bien qu'il soit très tôt encore, il y a beaucoup de monde quand nous arrivons. Il semble que tous les sorciers du coin se soient déplacés pour nous serrer la main et nous remercier, mais aussi que chacun ait son histoire à raconter, à propos du sauvetage du village et de ses habitants, en l'an 879.

« Alors les p'tits loups ! Qu'est-ce que vous allez faire de beau aujourd'hui ? Je parie quant à moi que vous allez faire un tour sur Inis Bó Finne et aller voir de plus près le Castel du Diable comme on l'appelle chez nous ! » chuchote Chad, deux heures plus tard, quand l'estaminet se vide bon train, chacun devant vaquer à ses occupations matinales.

Le vieux Fergus acquiesce pour nous.

Me laissant penser par-là, que Chad n'est peut-être plus ignorant des motifs de notre séjour ici et que c'est la raison de tous ses chuchotements…

Oui… Je suis presque sûr qu'il sait maintenant que Nadya, les copains et moi, nous sommes en mission dans le coin… Fergus a déjà dû l'enrôler pour la cause de l'Ordre et le mettre au courant que nous cherchions quelque chose ici, au Connemara…

Quand l'a-t-il fait ? Cette nuit, après nous avoir montré nos chambres ? Ou dès potron-minet, avant de nous réveiller ?

La voyant venir vers nous, Fergus s'empresse de demander à la patronne de nous donner un pique-nique pour le déjeuner, avant de reporter son attention à notre table

« Faites attention à vous, une fois là-bas les p'tits loups ! » déclare maintenant Chad, en baissant considérablement le ton, tandis que la patronne s'en retourne vers la cuisine : « Le Castel est piégé par la Magie Noire depuis toujours… D'ailleurs même les touristes Moldus le sentent et ne s'approchent pas de trop près. Vrai, pas un seul Sorcier n'a même jamais pu mettre un pied dans les ruines ! Même maintenant, longtemps après la mort de Cowan le sanguinaire et le départ de Lorcan ! Et il y a des moments où c'est plus fort, où l'activité Magique connaît un regain. Si vous voulez mon sentiment, c'est quand un descendant prépare quelque chose de pas net ou y revient pour un temps. Or, j'ai entendu dire que depuis quelque temps, les alentours des ruines dégagent une aura plus sombre que d'habitude… Alors prudence, les p'tits loups ! Même si Lucius est à Azkaban, prudence ! Parce que son Maître, lui, il est bien dehors à roder quelque part… Il se pourrait qu'il trame quelque chose de pas net là-bas, si Lucius l'a autorisé à entrer. Et pourquoi l'aurait-il pas fait, quand il lui a ouvert les portes de son Manoir ? »

Son regard est grave et nous l'assurons que nous tiendrons compte de ses conseils de prudence, sans pour autant lui préciser que Lucius n'est plus à Azkaban.

Ce n'est pas à nous de lui révéler ce secret…

« Bien… Et n'oubliez pas, vous deux… » déclare-t-il encore, en nous désignant avec insistance, Pat et moi, avant d'ajouter : « Même si c'est très éloigné, vous êtes parents. Et le Sang des Malloy coule dans vos veines. »

« Nous ne l'oublierons pas. » certifions-nous d'une même voix, Pat et moi, tandis que Fergus sort de sa poche un dépliant sur lequel sont inscrits les horaires du bateau, qui fait la navette entre la pointe de Renvyle et l'île.

« Z'en aurez pas besoin pour le retour, mais pour l'allée, vaut mieux prendre les transports Moldus, à moins qu'c'est y qu'vous ayez envie d'faire trempette dans l'Lac en Transplanant direct dedans ! » murmure Fergus, avant de s'esclaffer en me remettant le dépliant.

Je le prends et le range aussitôt dans la poche de jambe de mon treillis, tandis que Chad farfouille dans ses propres poches.

« Moi aussi, j'ai quelque chose pour toi, cousin. » chuchote finalement Chad, en sortant un paquet, qu'il me tend aussitôt.

Je prends le paquet et hausse un sourcil, en défaisant le nœud de la ficelle qui entoure le papier kraft, puis je déballe l'objet qui est dedans.

C'est un poignard d'argent au manche sertie de rubis et de diamants, dont la longue lame effilée est protégée d'une gaine de cuir ouvragée, prolongé de deux petites ceintures de bras ou de jambe à boucles d'argent…

Et les larmes me viennent brusquement aux yeux…

« C'est le poignard dont Nyle s'est emparé, avant de remonter des cavernes, pour libérer ses compagnons, n'est-ce pas ?… » souffle-je, certain de mon fait et ému

« Ouais… Nyle n'a pas voulu le prendre quand il est parti. Il a dit à sa sœur de le garder et de s'en servir sans hésiter si Lorcan Malloy venait par hasard pour lui faire des misères. Il est passé de main en main au fil des siècles, du premier né au premier né de chaque génération. Aujourd'hui, je te le remets. D'une part parce qu'il appartient depuis tout ce temps à ta branche de la famille et d'autre part parce que j'ai le sentiment que c'est ce que je dois faire. Glisse-le dans ta botte ou sous ta manche cousin et ne t'en sépare jamais… Tu en auras peut-être bientôt besoin. » murmure Chad en me faisant signe de cacher le poignard, car la patronne revient.

« Merci » murmure-je en retour, toujours profondément ému, en fourrant vite le poignard dans ma poche.

La patronne nous remet un gros paquet, plein à craquer de victuailles et quelques chopines de jus de citrouille, avant que le vieux Fergus lui demande de bien vouloir aller lui chercher du tabac chez l'herboriste du coin. La patronne râle un peu, pour la forme semble-t-il, puis s'exécute sans plus de façon…

« Il y a encore quelque chose que tu dois savoir, à propos de ce poignard, cousin. Mais d'abord, regarde sur la lame les armoiries de celui à qui il appartenait autrefois. » souffle Chad, l'œil allumé d'une lueur vive.

Je retire discrètement le poignard de ma poche, avant de faire glisser la lame hors de sa gaine de protection. Je repère très vite les armoiries dont Chad m'a parlé…

« Trois lions… » murmure-je, en relevant la tête vers Chad, surpris…

« Brian Boru (1)… Le vainqueur des envahisseurs viking ! » s'exclame Pat dans un chuchotement.

« Oui… C'était un Sorcier, né de Moldus. Il est mort en 1014, dans sa tente, pendant la grande bataille de Clontarf. L'histoire Moldue dit qu'il était en prière, quand il a été tué par l'ennemi. Mais en réalité, il a été tué par Cowan le sanguinaire, alors qu'il était en transe. Parce que c'était un Voyant, Brian Boru. Un grand Voyant. On dit même chez nous qu'il était en train de voir sa propre mort arriver quand Cowan, qui était encore un gamin à l'époque, l'a tué pour le détrousser de son armure d'or et de ce poignard… Mais le plus beau dans l'histoire, c'est que c'est ce poignard, qui a permis à Nyle de se sauver, quand son oncle Oran et son cousin Lorcan ont voulu l'attraper. Parce que figure-toi qu'il est ensorcelé. Il l'a été par Brian Boru lui-même, pour réagir comme une baguette et canaliser le flux magique de celui qui se bat pour une cause juste… Je te jure, cousin. C'est Kennard le Brave, dont le père était ami avec l'un des fils de Brian Boru dans son jeune temps, qui a raconté toute l'histoire de ce poignard à Nyle et sa sœur. Elle est dans le livre de mon ancêtre. Je te le ferais lire et je te montrerai toutes les toiles et tous les dessins qui vont avec. Par la suite, les descendants de Brian Boru ont offert à Nyle de garder le poignard, disant que le gamin le méritait bien après ce qu'il avait fait. Il appartient donc à ta famille en toute légalité. Et moi je vais te dire le fond de ma pensée, cousin. Je suis sûre que Brian Boru avait vu que son poignard sauverait la vie d'un gamin courageux et qu'à la suite de cela, son propre assassin et quasi toute sa famille seraient vaincus par Kennard le Brave. Et qu'il s'est finalement laissé tuer par un Sorcier qui était pourtant bien moins fort que lui à l'époque, pour sauver la vie de Nyle et des pêcheurs… Et que ce poignard était vraiment destiné à Nyle. Peut-être même, que Brian Boru l'avait ensorcelé pour que ce qu'il avait vu se réalise. Et que c'est pour ça, que ses descendants l'ont laissé au p'tit. Ce que Brian Boru voyait, quand il est mort, ça, on ne le saura jamais… Et cela n'a pas d'importance. Ce qui est important, c'est qu'aujourd'hui, ce poignard est à toi. » assure Chad, l'air infiniment sérieux..

Je hoche la tête pour lui signifier que je le crois volontiers, la gorge nouée et incapable de parler. Chad vient de me faire un cadeau infiniment précieux. Un poignard Magique ayant appartenu à l'une des plus grandes figures d'Irlande…

Et qui a sauvé la vie de mon Ancêtre…

« Ce serait un peu bête de sa part d'avoir fait cela. Si Brian Boru était aussi fort que vous le dîtes, il aurait pu éliminer Cowan. Alors, pourquoi ne l'aurait-il pas fait ? » fait néanmoins remarquer Evan dans un souffle…

« Parce qu'alors c'est le frère aîné de Cowan qu'aurait mené la danse chez les Malloy… On n'aurait pas gagné au change, croyez-moi. Il s'était allié aux ennemis de Brian Boru. Cowan l'a tué avec ce poignard quelque temps plus tard. Et allez savoir comment les choses auraient tourné s'il l'avait pas fait ? P't'être qu'il se serait fait tuer, p't'être qu'la bataille de Clontarf aurait finalement tourné au désastre et que l'Irlande serait pas l'Irlande aujourd'hui… Et pis Nyle serait pas né et la famille Malloy aurait continué sa piraterie. Et qu'est-ce qui en aurait résulté ? On ne sait pas. Mais de toute façon, Brian Boru croyait au destin. Et son destin alors, c'était de mourir et que son précieux poignard Magique se retrouve dans les Cavernes où Nyle l'a pris pour sauver les pêcheurs Moldus et se sauver lui-même par la même occasion. Mais il n'est pas temps de parler de cela. Allez faire ce que vous avez à faire maintenant les p'tits loups… Je vais y aller moi aussi. » murmure Chad, en finissant son thé avant de se lever pour partir.

Nous nous levons de table nous aussi et remercions nos hôtes, promettant de revenir assez tôt pour la fête que Lavena et quelques Dames du village préparent à notre intention et nous nous rendons rapidement à la pointe de Renvyle avec Fergus qui nous a dégoté un chauffeur de ses amis Moldus pour nous emmener là-bas…

« C'est là qu'c'est-y que j'vous laisse les jeunots ! Comme l'a dit Chad, soyez prudents ! Et vous bilez pas, personne au village saura où qu'c'est-y qu'vous êtes allés en vrai. J'vais leur dire que vous êtes partis faire le tour du Lac Kilmore et visiter l'Abbaye. Chad est des nôtres maintenant et il sera muet comme un tombeau. A ce soir ! » dit-il quand le mini bus s'est éloigné, avant de partir à grandes enjambées vers un bosquet d'où il va Transplaner pour rentrer chez lui.

Quelques minutes plus tard, grimés pour ne pas être reconnus au cas fort improbable où nous rencontrerions quelqu'un de connaissance, nous nous dirigeons vers le port, d'où part la navette pour Inis Bó Finne.

Le bateau à moteur qui nous emmène vers l'île de la Vache Blanche, ne met pas très longtemps pour faire la traversée. A peine quarante minutes.

Le temps est plutôt beau, pour un mois de décembre, avec un timide rayon de soleil qui filtre au travers des nuages et nous avons la chance de profiter de la compagnie joyeuse des dauphins durant une bonne partie du parcours…

A mesure que nous approchons, je sens la magie qui crépite dans l'air…

« Rhaaaaa… ça recommence ! » entends-je dire un employé du bateau, tandis que le moteur a un ou deux ratés…

« Qu'est-ce qui recommence ? » s'enquiert Pat, en levant un sourcil curieux.

« Les ratés… C'est bizarre, mais il n'y a qu'ici, que ça se produit. Et ça depuis à peu près trois mois… A chaque fois que nous passons à proximité de ces ruines… On ne sait pas expliquer pourquoi…» répond l'employé, en montrant du doigt l'île que nous longeons maintenant depuis dix minutes, avant de préciser, comme pour lui même : « Me file la chair de poule et l'bourdon, ces ruines. Doivent être hantées... »

Les ruines sont à peine visibles à la distance où nous nous trouvons. Amas de roches et de pierres noirâtres, bordé d'un peu de verdure, entre le gris du ciel et de la mer …

Un long frisson remonte le long de mon échine.

Et la pensée fugace d'un château fort aux murs sombres, me traverse l'esprit. Je vois avec netteté un garçonnet qui ressemble à Ron quand il avait onze ans, grimper en s'accrochant aux pierres de la façade du château, dans l'ombre du crépuscule et le brouillard hostile…

« Combien de courage il a fallu à ce gosse… » murmure Evan à mes côtés, en réprimant un frisson lui aussi.

« Ouais… Un vrai Gryffondor le gamin ! » acquiesce-je, avec un sourire stupidement fier…

Car c'est de mon Ancêtre dont il s'agit…

Le vrai… Pas son grand-père ni son sanguinaire arrière-grand-père maternels … Eux, je ne les reconnais pas comme ma famille. Ma famille commence avec Eleanore, la mère de Nyle, mais surtout avec ce petit garçon courageux qui est allé porter secours de pêcheurs Moldus, me dis-je

Le bateau accoste à un ponton et nous descendons rapidement à terre. Comme tout bon touriste, nous louons des vélos, après nous être procuré une carte de l'endroit et notre périple commence…

Nous effectuons le tour de l'Île, saluant au passage les rares touristes que nous rencontrons. Vers treize heures, nous arrivons en vue du château et mettons pied à terre, prenant prétexte de pique-niquer, pour nous asseoir dans l'herbe.

Tout en mangeant, nous observons le castel en ruine avec des Multiplettes. Il a l'air désert et il n'y a pas âme qui vive aux alentours. Pas même un oiseau, pas même un mulot…

Et j'ai la certitude que si nous étions en été, il n'y aurait pas même le bruissement d'un insecte…

« Le Seigneur du Castel du Diable est de retour. Son ombre maléfique plane sur ces ruines. Cela ne fait aucun doute. » murmure Carlotta en frissonnant.

« Ouais… Faisons mine de partir et allons nous Désillusionner plus loin avant de revenir examiner l'endroit d'un peu plus près. » déclare-je, en me levant.

Nous nous éloignons rapidement de quelques centaines de mètres, puis mettons notre projet à exécution, laissant nos vélos bien cachés dans un bosquet d'arbre avant de nous Désillusionner.

Et prenant soin, avant de nous mettre en marche, de nous tenir par la main pour ne perdre personne en chemin…

Même si nous avons nos micros avec nous, nous préférons ne pas prendre le risque de nous séparer… Après tout, McNair et Nott sont dans le coin et ces deux là sont très méchants. Et puis, nous ne voulons pas que Voldemort vienne à savoir que nous sommes venus par ici. Alors mieux vaut prendre toutes les précautions…

Nous faisons lentement le tour des trois façades des ruines, situées du côté terre et nous éloignons de nouveau de quelques centaines de pas, pour pourvoir parler en toute tranquillité.

« Nous ne pouvons pas passer parrr les anciennes porrrtes, ni même au-dessus des murrrs. Il y a des Sorrrts dessus, je les ai sentis. » déclare Nadya, dont la main tremble légèrement dans la mienne.

Sa condition de Loup-Garou la rend très sensible aux ondes Magiques et elle a dû sentir fortement celles-là…

« Oui, moi aussi, je les ai sentis. C'était de la Magie Noire. Et de la Magie de Sang. Peut-être pourrais-je passer et Pat aussi, mais pas vous autres. Alors il faut descendre pour pénétrer par le tunnel, si nous voulons voir ce qu'il se passe à l'intérieur. Et encore, Pat et moi serons-nous peut-être les seuls à pouvoir entrer par-là également. Si nous pouvons entrer…» dis-je d'une voix ferme, car la sueur me mouille la nuque.

Or, quand la sueur me mouille la nuque, c'est que quelque chose se trame et que j'ai tout intérêt à suivre mon nez… Et là, mon nez me dit d'aller dans ces Cavernes au plus vite…

Qu'allons-nous y trouver ?

« En journée, ce n'est pas prudent. Il vaut mieux revenir à la nuit. » commente Carlotta, avec la voix de la sagesse.

« Mieux vaut repérer le terrain… Nous ne sommes pas obligés d'y aller tous. Pat et moi c'est suffisant. Nous vous guiderons si nous pouvons vous faire entrer cette nuit ou la nuit prochaine, au cas où la fête au village se prolonge. » insiste-je, sûr d'avoir raison…

Ouais… Mon instinct me crie que c'est maintenant, qu'il faut y aller… Or mon instinct ne m'a jamais trompé jusqu'à présent…

« Ok… Je viens avec toi. Evan, reste aux écoutes avec Ken et les filles et au moindre problème, vous vous tirez. Charly et moi, on s'en sortira toujours… » accepte finalement Pat, d'une voix sourde.

« Non… Au moindre problème, nous vous rejoignons…Ou tout au moins nous essayons. Et inutile d'insister Pat. Je ne partirai pas sans toi ! » intervient Ramaya, d'un ton sans réplique…

Pat soupire. Et je devine qu'il aurait nettement préféré que Ramaya ne prenne pas cette décision. Il la couve depuis qu'elle a été blessée par sa mère après les obsèques de son père, au jour du tristement fameux Samedi Noir…

« Rrramaya a rrraison. Moi non plus je ne parrrtirrai pas… Nous couvrrrons vos arrrièrrrres quoiqu'il arrrive… » appuie Nadya, dont je repère sans mal la petite pointe de défi dans la voix.

De toute évidence, il n'est pas dans mon intérêt de la couver comme Pat le fait avec Ramaya, où elle me fera savoir sa façon de penser sans aucune équivoque.

« Nous sommes des Gardiennes de Dragons, pas des poupées de salon, Pat. Alors, cesse de faire ton Macho. S'il y a de la bagarre, on vient ! » insiste également Carlotta, qui doit afficher le petit air outré qu'elle a toujours, lorsqu'un garçon fait mine de la protéger…

« Ouais… Et moi je suis pas une chiffe molle mon vieux. Alors il ferait beau voir que je me carapate en laissant mes potes derrière moi… J'suis pas une saleté de Mangemort qui lâche les autres quand il y a trop de grabuge, mais un Membre de l'Ordre du Phénix qui défend les siens jusqu'à la mort s'il le faut ! » s'exclame Ken d'un ton ferme

« Je pense tout comme Ken. Et puis, je vous reconnais le droit d'y aller tous les deux, Charly et toi, puisqu'il s'agit en quelque sorte d'une vieille histoire de famille pour vous. Mais je vous préviens que la prochaine fois, je ne resterai pas en arrière, si je peux passer. » déclare quant à lui Evan, sur un ton un peu moqueur…

« Ok ! Ok ! Ok ! Je capitule ! Allez Charly, allons-y maintenant, mon très lointain cousin, sinon ils sont fichus de nous faire la morale jusqu'à la St Glin Glin ces cinq là… » rit doucement Pat, en me cherchant à tâtons…

Je lui empoigne le bras et nous nous mettons en route, sur les conseils de prudence de nos de nos belles et de nos potes…

Les rochers aux arêtes coupantes qui descendent vers la mer sont rendus glissants par des algues vertes et il s'en faut de peu pour que nous nous payons quelques gadins. Et je me maudis de ne pas avoir pensé à jeter un Sort Anti-Dérapant sur mes semelles quand nous étions encore loin

L'eau est glaciale et nous coupe aux trois-quarts le souffle quand nous nous laissons glisser dedans. Et là je me maudis de ne pas avoir pensé à jeter un Sort pour imperméabiliser et réchauffer mes vêtements…

C'est trop tard maintenant pour le poser, puisque l'eau transperce nos vêtements jusqu'à la peau.

Pat et moi enlevons cependant le Sort de Désillusion. Après tout, personne ne peut plus nous voir depuis le château en ruine et il vaut mieux que nous puissions nous voir l'un l'autre, dans cette eau glacée.

Au moins, si l'un de nous coule, l'autre pourra l'aider…

Et nous longeons en grelottant, toute la façade du château, sans repérer de tunnel ni de grotte…

« Merde ! Il n'y a plus d'entrée… Elle a dû être bouchée… par des éboulements… Et si nous ne sortons… pas bientôt d'ici, je vais… geler sur place… » chuchote Pat qui claque des dents..

« Non… Elle est encore là… Je le sais… Putain !… Je sais qu'elle y est… Elle est plus haut… Pas en face du castel… Je le sens… Elle est là… La mer est un peu trop haute… pour qu'on la voit…. Mais elle est là, Pat…. J'en suis certain… Après sa chute, Nyle est… tombé dans l'eau…Il était sonné… Le courant a dû… le faire dériver un peu… » dis-je le souffle court et en claquant tout autant des dents que mon ami…

« D'accord… Continuons un peu… Quelques mètres… » accorde Pat, en me suivant vaillamment.

Nous continuons donc, nous accrochant de nos doigts gelés à la roche. Et j'ai l'impression soudain que quelque chose tire sur mes jambes. Je résiste comme je peux, mais rien à faire, mes doigts glissent et je coule…

Et Pat, qui s'accroche à mon bras pour tâcher de me retenir, coule avec moi…

A peine a-t-il eu le temps de nous jeter un Sort de Tête en Bulle avant que nous soyons attirés trop loin sous l'eau glacée…

Je jette un œil vers mes jambes, histoire de savoir ce qui m'embarque ainsi et je n'en crois pas mes yeux !

Une Sirène s'agrippe à moi et m'entraîne dans son sillage. Quand elle s'arrête quelques mètres plus loin, elle vient pour nous faire face, à Pat et moi, ses longs cheveux s'enroulant autour de sa poitrine…

« Le vieux Sorcier avec une longue barbe blanche m'a demandé la nuit dernière de vous aider, si je vous vois par ici. Vous cherchez sous l'eau une entrée vers les terres, près du Castel Maudit. Il y en a une là… » dit-elle, en pointant un doigt vers la paroi sombre de l'île

Je suis la direction de son doigt du regard et je distingue une lueur ténue et très pâle, sur la paroi noire…

« Merci beaucoup… de nous avoir aidé. » dis-je, me sentant assez idiot, car je n'ai rien à offrir en retour à la Sirène, comme il est d'usage de le faire.

« La Magie Sombre est à l'œuvre, ici. Plus forte qu'elle ne l'a été depuis de très nombreuses années. Sirènes et Tritons ne veulent pas que le Brouillard Maléfique revienne perturber les eaux qui sont le berceau de leur tribu. Vous êtes un descendant du jeune Sorcier qui nous en a débarrassé autrefois. Vous avez notre reconnaissance éternelle. Je me tiendrais prête à vous aider, avec mes frères et mes sœurs, durant les trois prochaines nuits. Nous serons ici, dès le coucher du soleil. Si vous avez besoin de nous, appelez-moi, je suis Thelxinoe (2)… » déclare la Sirène, avant de s'éloigner, d'un vigoureux coup de queue…

« Le professeur Dumbledore… est venu par ici la… nuit dernière,… après nous avoir vus… » déduit Pat, dont le visage est pâle et les lèvres bleuies sous sa Bulle.

J'acquiesce et je me dirige vers la pâle lueur, entraînant Pat avec moi. La Magie Noire est à l'œuvre ici aussi. Mais ses ondes ne me font aucun mal…

Nous pourrons passer, Pat et moi… J'en suis certain ! Même si je reste prudent…

Nous nous engouffrons dans une ouverture étroite et nageons prudemment sur un ou deux mètres sous la roche, à l'affût du moindre effet néfaste de Magie. Et soudainement, il y a une tâche ronde et claire au-dessus de nos têtes. Nous remontons lentement, traversant sans mal une sorte de Bouclier Magique qui dégage des ondes Maléfiques puissantes et nous émergeons dans une petite grotte, vivement éclairée par des flambeaux.

« Un garde-manger… » murmure Pat, en regardant autour de lui, avant d'ajouter : « Mazette ! …Il est bien rempli... McNair et Nott ne risquent pas… de mourir de faim avant longtemps ! »

J'acquiesce en silence, trop gelé pour pouvoir répondre et nous sortons rapidement de l'eau, l'oreille tendue vers le moindre son…

Nous n'entendons guère que des petits cris aigus et hargneux de temps à autre…

« Tu crois que nous… pouvons nous sécher… et nous réchauffer ? » demande Pat dans un souffle rythmé par le son étouffé du bruit produit par ses mâchoires qui claquent l'une contre l'autre.

Il est plus pâle encore que tout à l'heure, les lèvres carrément bleues et il grelotte tellement que son corps est secoué de tremblements brusques. Et je ne suis pas mieux…

« Ouais…. Ça pue la Magie… Noire ici…. Il y a tellement d'ondes… Magiques, qu'un peu plus ou… un peu moins ne fera pas… de différence. » réponds-je de même, en jetant péniblement deux Sorts successifs pour me sécher et me réchauffer.

Mes doigts sont si raidis par le froid que j'arrive à peine à garder ma baguette dans mes mains. Heureusement, la chaleur qui se diffuse rapidement dans mon corps et mes membres me fait grand bien. Et face à moi, Pat reprend ses couleurs et soupire de soulagement.

Je sors mon micro et mes écouteurs d'une pochette imperméable, les activant aussitôt posés sur ma tête.

« Enfin ! Nous étions prêts à venir voir ce qui vous retenait si longtemps ! » s'exclame Evan dans mes écouteurs, à peine ai-je pris contact.

« Tout va bien. Nous sommes dans une grotte et nous allons explorer un peu… » le renseigne-je en chuchotant, taisant pour l'heure le fait que nous ayons bénéficié d'un peu d'aide.

Il sera toujours temps de parler de la Sirène plus tard…

Et de la Magie noire qui protège les lieux…

Aucun de mes autres potes n'aurait pu entrer. Le sang des Malloy protège toujours les lieux. Il coule dans mes veines et celles de Pat, c'est pourquoi nous avons pu passer le Bouclier, mais je sens au plus profond de moi, que nous ne sommes autorisés ni l'un ni l'autre à inviter qui que ce soit d'autre en ces lieux…

« Ok ! Nous restons aux écoutes. Soyez prudents ! » répond Evan, d'une voix tendue.

Pat et moi avançons avec précaution, nos pas assourdis par un Sort de Silence. Nous traversons trois cavernes assez spacieuses mais vides et, à mesure de notre avancée, nous sentons une puanteur âcre qui nous prend de plus en plus à la gorge.

« Putain ! Ça schlingue de plus en plus par ici ! » commente Pat avec une grimace de dégoût.

« Ouais… Je comprends maintenant que le garde-manger soit si éloigné de l'escalier qui monte vers ce qui reste du château. Ce n'est pas seulement parce que c'est la caverne la plus fraîche, c'est aussi pour que la nourriture ne prenne pas le goût de cette puanteur… » déclare-je, au bord de la nausée…

« Tête en bulle ? » demande Pat, en me jetant un coup d'œil.

« Ouais… ça vaut mieux je crois… » acquiesce-je, en m'exécutant aussitôt.

Nous sommes maintenant dans un boyau sombre, qui donne sur d'autres petites cavernes, de chaque côté. Pat avance la tête dans chacune de celle de droite et j'en fais autant à gauche…

« Tu as ça de ton côté toi aussi ? Des gros anneaux de métal et des chaînes rouillées qui y pendent encore… » demande Pat, en se tournant vers moi, l'air dégoûté

« Ouais… De toute évidence, Cowan le Sanguinaire et sa famille gardaient leur prisonniers quelques temps avant de les tuer et de jeter leurs corps dans le Lac… Et les traces brunes sur les murs et le sol doivent être les traces du sang de leurs victimes… » réponds-je, en réprimant un frisson.

Quelques mètres plus loin, je fais un bond en arrière, après avoir jeté un œil dans une nouvelle grotte

« Quoi ? » demande Pat, le visage soucieux.

« Des squelettes encore attachés aux chaînes… J'ignore depuis combien de temps ils sont là, mais ce n'est pas d'hier, c'est sûr. Ils sont peut-être là depuis l'époque de Cowan le sanguinaire. Possible que Lorcan se soit carapaté en les laissant mourir de faim…. Ou alors ça s'est passé plus tard… On regardera de plus près si on peut se le permettre au retour… » dis-je, songeant à part moi, que finalement nous n'aurons peut-être pas besoin de nous procurer un faux squelette dans le monde Moldu pour la tombe du faux Salazar Serpentard, quand sera venu le moment de concrétiser l'idée de Severus, avant de me mettre une monumentale baffe mentale…

C'est vraiment salaud, ce que je viens de penser… Ces malheureux méritent une sépulture digne, pas que l'on se serve des ossements de l'un d'eux pour notre profit…

Ouais… Il faudra qu'on revienne ici quand tout sera fini et qu'on leur fasse un enterrement… Il faudra que je parle de ça avec le professeur Dumbledore.

« Ton Ancêtre, Nyle, aurait libéré les prisonniers, s'ils avaient encore été en vie quand il est passé par ici. Alors soit ces types étaient déjà morts depuis très longtemps, soit c'est un ancêtre de Malfoy qui est revenu après et les a emprisonnés là… » me fait remarquer Pat, en m'incitant à avancer d'une tape sur l'épaule et d'un signe de tête

« T'as sans doute raison… » conviens-je, en le suivant dans le corridor avant de passer la tête dans une nouvelle caverne.

« Merde ! Oh ! Putain de merde ! » s'exclame soudain mon ami d'une voix étouffée, avant de se détourner pour vomir.

Je me précipite vers lui et nettoie le sol vite fait, tout en le soutenant…

« Qu'est-ce qu'il se passe ! Qu'est-ce qu'il y a cette fois dans ces saletés de Cavernes ! » s'exclame Ken, la voix urgente…

Je jette un œil à mon tour dans la caverne visionnée par Pat un instant plus tôt et détourne aussi sec mon regard, en déglutissant avec difficultés, tant j'ai la gorge nouée et de la bile qui reflue depuis mon estomac.

« Si vous ne répondez pas, on arrive tout de suite ! » s'exclame cette fois Evan

« Faites pas ça ! Vous ne pourriez pas passer ! Il y a … Il y a des cadavres en décomposition ! … Deux humains… Des clochards Moldus, vraisemblablement…» réponds-je d'une voix incertaine.

« Putain ! Tirez-vous de là tout de suite ! » ordonne Ramaya, affolée.

« Non ! Ça va aller ! On doit voir le reste ! Restez aux écoutes, nous continuons ! » répond Pat, qui reprend des couleurs et la maîtrise de ses émotions.

Nous nous détournons de la caverne et poursuivons notre visite des lieux. Quinze pas plus loin, les petits cris que nous entendons se rapprocher depuis que nous avons émergé dans le garde-manger étant maintenant très nets, Pat et moi jetons un œil prudent dans la caverne de gauche…

« Qu'est-ce que c'est que ça ? » chuchote Pat, en se plaquant dos à la paroi de pierre du boyau pour planter son regard dans le mien, comme s'il allait y trouver la réponse à sa question.

Je me penche par-dessus lui, plissant les yeux pour mieux distinguer ce que je n'ai fait qu'entrevoir. Il fait très sombre dans cette caverne et j'allonge mon bras, pour éclairer un peu plus l'endroit. Aussitôt, les cris se font plus perçants et hargneux.

Des créatures étranges s'agitent dans des cages. Leur dos d'écailles jaunes, présente des ailes atrophiées, leur ventre et leurs membres sont couverts de longs poils verdâtres, leur tête chauve a une peau lisse et épaisse, d'un rouge sombre. Et ces créatures ont un museau pointu au-dessus de leur gueule béante qui émet des sons aigus et crache de fureur. Et cette gueule grande ouverte, nous présente, tant sur la mâchoire supérieure que sur la mâchoire inférieure, deux rangées de crocs bien acérés faits pour déchirer la chair…

Il ne doit pas faire bon se faire mordre par ces sales bestioles me dis-je, en avisant le gros morceau de viande à moitié en charpie que l'une des créatures tient entre ses pattes

Ni lacérer le corps, si j'en juge les longues griffes rétractiles que je vois au bout d'une sorte de main à trois doigts, tendue vers moi en un geste menaçant…

Je retire mon bras et éteint la lumière de ma baguette. Et les cris sauvages s'apaisent aussitôt…

« On dirait… Un mélange de Dragon Nain d'Abyssinie et de… Vervet dirais-je… » réponds-je, en déglutissant avec difficulté…

Mélange terrible, me dis-je en sentant de nouveau la sueur me dégouliner sur la nuque…

Il va se passer quelque chose… Et je suis aux aguets du moindre son, du moindre mouvement furtif, me retirant dans l'ombre avec Pat…

« Vervet ? Qu'est-ce que c'est que ce truc ? » demande Evan dans mes écouteurs.

« Un singe… En principe, il est omnivore, bien que dans la nature il soit surtout frugivore, ajoutant de temps en temps des œufs ou des petits oiseaux à son menu.… Mais celui-là a l'air de préférer nettement la viande… Ce qui n'est pas étonnant s'il est effectivement croisé avec un Dragon Nain d'Abyssinie… Et je pense sincèrement que c'est le cas… » réponds-je dans un souffle, au moment même où nous entendons une porte s'ouvrir non loin…

« Merde ! McNair et Nott arrivent ! Et pas le temps de courir vers la sortie ! » murmure Pat, tandis que nous entendons des pas résonner droit devant nous.

« La caverne en face. On se Désillusionne ! » murmure-je en retour, en poussant Pat devant moi…

« On fait silence radio ! » chuchote Evan dans mes écouteurs.

« Pourquoi fait-il si sombre ? » s'enquiert une voix que je reconnaîtrais entre mille.

« Malfoy » formulent les lèvres de Pat, sans qu'un seul son ne sorte de sa bouche, juste avant de se Désillusionner

Je ne prends pas la peine de répondre, retenant mon souffle dans l'ombre de la grotte où nous avons trouvé refuge.

« Ils n'aiment pas la lumière. Ça les rend dingues… et plus dangereux encore » répond la voix de l'un des deux autres…

« Ils puent davantage que dans mon souvenir… » commente maintenant Malfoy, d'un ton dédaigneux.

« Ce n'est pas tant eux qui sentent mauvais que les cadavres des Moldus… Ils sont morts ce matin seulement, mais le poison accélère considérablement le processus de décomposition, même au frais ! Nott et moi, on va les lester ce soir et les jeter dans la mer. » répond une troisième voix.

Celle de McNair, bien évidemment…

« Assurez-vous alors de bien les lester. Il ne faudrait pas qu'ils remontent à la surface. J'ai pris soin de vous trouver des cobayes loin d'ici, ce n'est pas pour que vous gâchiez tout en commettant une grossière erreur. Il serait d'ailleurs plus prudent de les jeter dans le Lac, comme au temps de mes Ancêtres ! » déclare Malfoy, plus dédaigneux que jamais.

« Cesse de nous prendre pour des débutants crétins, Malfoy ! Et figure-toi que je n'ai pas envie de trimbaler ces cadavres puant au bout de ma baguette sur une lieue, quand la mer est tout près. On va bien les lester. Jamais ils ne remonteront. Maintenant, si cela ne te convient pas, tu peux toujours effectuer le travail toi-même ! Après tout, nous ne sommes pas tes larbins ! » réplique vertement Nott, vivement contrarié

« Bien… Faites comme vous l'entendez. Après tout, ce n'est pas mon problème. Ainsi, ces adorables petites bêtes semblent tout à fait opérationnelles. Qu'ont donné exactement les essais ? » s'enquiert maintenant Malfoy, d'un ton dur.

« Je te l'ai dit déjà. C'est exactement comme le Maître le souhaitait. Un quart d'heure de terribles souffrances. Les deux pouilleux se tordaient et criaient pire que sous le Doloris. Le seul problème, c'est que ces créatures sont fragiles et s'enrhument facilement sous ce climat de chien ! Même avec les Sorts de Réchauffement elles trouvent le moyen de s'enrhumer et de crever ! Trois éternuements et elles passent l'arme à gauche ! Maintenant, si tu veux en savoir davantage, lit le carnet de compte-rendu ! C'est tout ce que tu as su faire sur cette mission là après tout ! Même si c'est toi qui en tire les lauriers pour l'heure ! » répond Nott, plus tranchant encore que précédemment.

« Ne me réponds plus sur ce ton, Nott ! Ou je m'assurerai sur ta personne que tu dis la vérité à propos de l'efficacité de ces… Adorables Diablotins… » menace Lucius Malfoy d'une voix sifflante.

« Toi non plus ne me parle pas sur ce ton ! Je te l'ai déjà dit, je ne suis pas ton larbin, Malfoy ! Et McNair et moi sommes les seuls à savoir comment maîtriser ces bestioles pour l'heure. Alors je doute que le Maître soit heureux d'apprendre que tu m'as tué ! D'ici qu'il s'assure lui même de l'efficacité de ses « Adorables Diablotins » comme tu dis, sur toi, il n'y aurait pas cent lieues… » répond Nott, d'une voix tout aussi dangereuse que celle de son vis à vis.

Malfoy éclate d'un rire froid.

« Je constate que tu as retrouvé tout ton mordant et toute ta verve, mon ami… Cela fera plaisir à notre Maître. Il était très inquiet de voir qu'Azkaban t'a été si pénible que tu n'étais plus que l'ombre de ce que tu étais autrefois, quand il t'en a fait évader. Je me ferais une joie de lui apprendre ce soir que tu es de nouveau totalement toi-même… » déclare-t-il, d'un ton doucereux.

« Ce qui me ferait plaisir à moi, c'est de quitter ce trou à rat ! Dis-le-lui bien de ma part, ça ! » réplique Nott, d'un ton quelque peu radouci.

« Patience, mon ami, patience… Le Maître a un projet pour ses adorables créatures. Il m'en a fait confidence ce matin, quand nous sommes allés rendre une petite visite de courtoisie à l'un de nos inestimables amis. Il m'a d'ailleurs chargé de vous révéler votre future mission. Notre Maître se sent d'humeur sentimentale et voudrait offrir un beau cadeau à Potter, pour les fêtes de fin d'année. Tenez-vous prêts à attaquer sa famille Moldue pour Noël ou le Nouvel An. Il hésite encore entre les deux dates. Vous devrez ensuite les laisser agonisant devant le Terrier où il ne manquera sans doute pas de passer les fêtes, pour être certain que Potter les voit souffrir quelques minutes au moins… Qu'il entende leurs beuglements et les voit se tordre de douleur… Joli cadeau pour un Noël ou pour bien commencer l'année, n'est-ce pas ? » répond Malfoy, sous les ricanements satisfaits des deux autres.

« Assistera-t-il lui-même aux réjouissances ? » s'enquiert McNair, d'un ton empli d'espoir

« Non… Il préfère que vous lui fassiez démonstration sur quelqu'un d'autre… » répond Malfoy, d'une voix sarcastique.

« Quelqu'un que nous connaissons ? » demande encore McNair, avide de curiosité.

« Peut-être… ou peut-être pas…» répond laconiquement Lucius Malfoy, avant d'ajouter : « Remontons. Ces odeurs de chairs putrides m'insupportent. Les Moldus sont décidément trop puants… »

Et nous entendons le trio s'éloigner dans un froissement de tissus…

« Bordel ! Il faut prévenir l'Ordre au plus vite ! » s'exclame Pat d'une voix étouffée, dès que nous sommes assurés que nous pouvons de nouveau parler.

« Ouais. Nadya s'en chargera. Elle voit le professeur Dumbledore ce soir… Il faudrait qu'on puisse emmener l'une de ces saloperies avec nous… » dis-je, en jetant un nouveau coup d'œil dans la caverne où les créatures sont enfermées dans des cages.

Dragon Nain d'Abyssinie et Vervet. J'en suis certain maintenant que je les vois mieux, à la faveur d'un Sort de Vision Nocturne…

« On va y réfléchir et revenir si une idée nous vient… Allons-y, ne tardons pas. Plus nous restons et plus le danger nous guette… Nous examinerons les squelettes de plus près un autre jour. » déclare Pat, en m'entraînant à sa suite, vers le garde-manger…

Quelques minutes plus tard, nous émergeons de nouveau de la mer. Cette fois, nous avons pris la précaution de nous protéger contre le froid et le retour vers ma Nadya et nos potes est nettement moins pénible…

OoOoOoO

Acte 4 : Changements de programme

Bill

La tête de Charly vaut dix, quand il pénètre dans le salon du vieux Fergus McNamara.

C'est sûr qu'il ne s'attendait pas à nous voir, Papa, Maman, les frangins, Ginny, Severus et moi-même…

Il ne manque guère que Percy, retenu par Fudge…

« Qu'est-ce que vous faites ici ! » s'exclame Charly, en venant vers nous.

« Albus nous a envoyés. Il a dit que l'ami de Monsieur McNamara avait une histoire fort intéressante à nous raconter. » répond Papa, qui commence à se remettre de l'incroyable récit que nous venons d'écouter avec grand intérêt.

« Appelez-moi donc Fergus, Monsieur le Sous-Secrétaire d'Etat. Personne ne m'appelle plus Monsieur McNamara depuis des lustres. » fait remarquer notre hôte, en nous servant un verre du nectar Irlandais

Un Whiskey de Old Bushmills, la plus vieille distillerie du monde… (3)

« Dans ce cas, appelez-moi Arthur. » déclare Papa, en acceptant le verre que le vieux Fergus lui propose.

Il en boit une toute petite gorgée, la laissant glisser sur ses papilles gustatives avec lenteur avant de déglutir et claque la langue avec satisfaction. Je le comprends tout à fait. Le Whiskey est vraiment fameux…

« Savais-tu ? » s'enquiert quant à lui Charly, en se laissant tomber dans un fauteuil.

« Non… Et j'aurais deux mots à dire à la Grand-Tante Muriel à ce propos. » répond Papa, en crispant la mâchoire.

J'ai très rarement vu Papa en colère. Mais je sais reconnaître quand il l'est, comme tout le monde à la maison. Et là, je peux affirmer sans me tromper qu'il est très en colère.

« Qu'à donc fait ce vieux flamand grincheux ? » s'enquièrent les jumeaux, en haussant un sourcil moqueur.

Ils détestent notre Arrière-Grand-Tante avec ferveur. Et celle-ci le leur rend bien, ne manquant jamais de dire qu'ils sont des bons à rien… Ce à quoi ils lui ont répondu en août dernier qu'il valait mieux être des bons à rien comme eux, que des mauvais à tout comme elle… (4)

Inutile de préciser que depuis ce jour, elle ne veut plus les voir…

« Fred ! Georges ! » tonne Maman, bien que son ton ne soit pas tellement convaincu.

Elle non plus, ne porte pas la Grand-Tante Muriel dans son cœur. Elle dénigre Papa bien trop souvent à son goût…

Bien que maintenant, elle n'ait plus réellement de raison de le faire. Après tout, Papa occupe un très haut poste dans la hiérarchie du Ministère depuis Halloween…

« Comme vous le savez, mon père est mort quand vos oncles et moi-même étions encore très jeunes. Notre Grand-Tante Muriel a débarqué à la maison ce jour là. Et elle a emporté un ouvrage que notre père avait reçu de son Grand-Père, frère aîné de Muriel. Elle affirmait que c'est elle qui aurait dû en hériter, en temps qu'aînée de la famille, à la mort du vieux Ignatus… J'avoue que je me fichais un peu de cela à l'époque, même si je savais que cet ouvrage renfermait dans ses pages, l'histoire de notre famille. Mais quelques années plus tard, à ta naissance, Charly, j'ai demandé à le récupérer soudainement curieux de nos racines. Muriel a refusé obstinément. Elle n'a même pas voulu que je le consulte, déclarant qu'elle ne ferait pas le déplacement à Gringotts pour si peu. Elle m'a dit aussi qu'il serait bien temps pour moi de perdre mon temps à lire ces vieilles pages poussiéreuses quand j'hériterai de ce livre à sa mort, puisqu'elle n'a pas de descendance… » répond Papa, les sourcils froncés de contrariété.

« Mais dans ce cas, pourquoi as-tu toujours détesté Malfoy ? » s'enquiert Charly, en levant un sourcil curieux.

« Son père insultait sans cesse votre Grand-Père Septimus et Lucius m'insultait et me raillait moi-même à chaque fois que nos routes se croisaient… Maintenant je comprends mieux quelques-uns de ses propos… » répond Papa, en haussant les épaules avec fatalisme…

« Et Draco m'insultait moi et toute la famille… une boucle sans fin en quelque sorte… Tout au moins, jusqu'à ce que Draco change d'opinion sur son père et se soit rallié à nous. Cependant, je suis certain qu'il ne sait rien de cette histoire. Il nous en aurait parlé. » ajoute Ron, avant de boire presque d'une traite le verre de jus de citrouille qui lui a été servi quand il a refusé le Whiskey, sous le regard lourd de Maman

« Un livre contenant l'histoire de votre famille… Alors Nyle aurait tenu la promesse faite à mon Ancêtre, de consigner lui aussi tous les évènements de sa vie et d'inciter sa descendance à en faire autant... » murmure Chad Cahill, l'ami du vieux Fergus.

« Oui, sans doute… Nous le saurons lorsque j'aurais récupéré ce livre... Car je vais le récupérer, croyez-moi ! Quitte à cambrioler Gringotts ! Et si jamais je lis dans ce livre, la moindre ligne sur cette histoire dont nous venons d'avoir connaissance, Muriel va m'entendre ! Car si j'avais su tout cela avant, nous aurions su où se trouvaient ces Cavernes du Diable dès le départ et nous n'aurions pas perdu tout ce temps à les chercher ! » réagit Papa, en tapant du poing sur l'accoudoir de son fauteuil.

« Cela aurait sans doute servi lors de la première guerre également. Qui sait ce que Lucius a pu y cacher ? Et y faire ? Il est fort probable que ce soit là-bas, qu'il torturait ses prisonniers… » fait remarquer Severus, les yeux plissés…

« Les squelettes… Oui, c'est peut-être à cause de Lucius, qu'ils sont là-bas…» murmure alors Charly, les yeux écarquillés…

« Quels squelettes ? » demande Papa, en se tournant vers Charly

Et mon frère nous raconte son expédition à Inis Bó Finne et comment Pat et lui sont entrés dans les Cavernes du Diable…

« Oui… Il est possible que ces squelettes datent de la précédente guerre… Je vois bien Lucius les abandonner là-bas, après la disparition de Voldemort… Les restes de Caradoc Deaborn pourraient donc être parmi eux… » murmure Severus quand Charly arrive à ce passage de son récit, le regard un peu dans le vague, avant d'ajouter : « Jamais Lucius n'a fait la moindre allusion à ce Castel devant moi. Je me demande pourquoi, quand j'avais connaissance de ses autres propriétés… »

« Il se sera gardé un jardin secret. En tout cas, nous savons maintenant… Et cela pourrait bien nous servir un jour, qui sait ? » » conclut Charly, d'un air dégagé.

Mais je connais assez bien mon frère, pour savoir qu'il nous cache quelque chose.

Quelque chose qu'il ne veut pas révéler ici. Mais il est vrai qu'il ne sait pas que la maison a été mise sous le Sceau du Secret il y a quatre heures de cela et que notre hôte et son ami ont été mis au courant de toute l'affaire qui les ont amenés ici, lui, Nadya et ses amis.

« Tu peux dire le reste, Charly. Ces messieurs sont dans le secret, maintenant. Albus leur a tout expliqué tout à l'heure. » déclare Papa, avec un sourire engageant.

Alors Charly raconte la suite, décrivant minutieusement les créatures découvertes dans la dernière Caverne visitée, les cadavres des Moldus, puis narre la conversation qu'ils ont surprise entre Malfoy, McNair et Nott…

« Boudiou ! Z'avez eu du cran les p'tits loups ! Vous êtes vraiment dignes de vos illustres Ancêtres ! » s'exclame Chad, l'air fier et admiratif, quand Charly met le point final à son récit.

« Bah… Ce n'était pas grand chose. Nous avons couru de bien plus grands risques à Halloween. Attardons-nous plutôt sur un moyen de capturer l'une de ces choses, avant que Voldemort ne leur fasse quitter la place. Et de trouver un moyen de protéger la famille Moldue de Harry, sans que Voldemort se doute que nous connaissons ses projets. » répond Charly, avant de se tourner vers Severus, pour lui demander : « Au fait, qu'est-ce que tu fais ici, toi ? »

Severus fait la grimace, avant de répondre.

« Albus m'a envoyé en renfort, au cas où vous trouveriez les créatures et qu'il ne soit pas possible d'en emmener une justement. J'étais dans ce cas, censé aller sur place pour tâcher de récupérer du venin, histoire de pouvoir le comparer à celui de Nagini et m'assurer que l'Antidote dont nous disposons sera vraiment efficace. Mais il faut se faire une raison. D'après ce que tu dis, je ne pourrais pas entrer. Il va falloir trouver une autre solution. » explique-t-il, l'air contrarié.

« Oui… Il faut réfléchir à cela… En attendant, je vais aider Nadya à faire ses bagages. Il ne lui reste que dix minutes avant de partir…» déclare Charly, l'air soudain malheureux.

Je le comprends. Je n'aime pas beaucoup être séparé de Fleur, moi non plus…

« Oh ! J'allais oublier ! Il y a un nouveau changement de programme. Ce n'est plus seulement Nadya qui part. Carlotta, Evan, Ramaya et Ken doivent aussi se rendre en Roumanie dès cette nuit. » intervient alors Papa, l'air un peu confus d'avoir failli oublier de délivrer un message important.

« Pourquoi ? » s'enquièrent en chœur les intéressés.

« Oh ! Vous ne serez pas partis longtemps. Le Ministre de Roumanie craint que la première cible des Mangemort, quand il aura signifié son refus de se plier à leurs exigences, soit la réserve de Dragons. Ils pourraient avoir dans l'idée de s'en emparer pour terroriser les populations. Vous allez donc aller aider vos collègues à les déménager…» répond Papa, en se passant une main nerveuse dans les cheveux.

« Quoi ! Mais où ? Ça ne se déménage pas comme ça, des Dragons ! Il leur faut de l'espace ! Et que les lieux soient hautement sécurisés ! » bondit Charly, que je devine contrarié de ne pouvoir partir avec ses potes.

Il les aime, ses Dragons. Et il a tendance à s'inquiéter d'eux, plus qu'une mère poule de ses poussins…

Au même moment, le professeur Dumbledore et Nally entrent dans le salon et c'est le prof qui répond à mon frangin.

« Ne t'inquiète pas, Charly. Nally, Fumseck et moi-même avons justement trouvé l'endroit idéal, pour accueillir la première vague de rapatriés. Nous avons commencé à le sécuriser. Cependant, je compte sur Patrick, Severus, les jumeaux, William et toi-même, pour achever le travail demain. Fumseck vous conduira sur place. Le Fidelitas est posé, ainsi que le Sceau du Secret. Vous ferez le reste. » dit-il, en s'assoyant dans un fauteuil.

Il a l'air un peu las et, s'il décline le Whiskey, il accepte avec plaisir un bon thé.

« Et où se trouve la nouvelle réserve ? » s'enquiert mon frère, l'air un peu sceptique et prêt, semble-t-il, à aller voir illico l'endroit de plus près…

« Ici, dans les montagnes du Connemara… Il faudra poser un Sort Repousse-Moldu, bien sûr. Mais nous avons choisi un endroit très désolé et peu accessible. Et demain soir, nous irons sécuriser un autre lieu, pour le reste des Dragons. » répond Nally, l'air tranquille, avant de siroter un peu de son thé, elle aussi…

A la voir, on penserait qu'elle ne se fait pas plus de souci que s'il s'agissait de trouver l'emplacement idéal pour bâtir un poulailler…

« Demain ? Ne deviez-vous pas partir également en Roumanie ce soir ? » fait remarquer Evan, en haussant un sourcil

« Si ! Mais nous serons de retour demain soir, en Ecosse sans aucun problème avec l'aide de Fumseck » répond Nally avec un sourire

« En Ecosse ! C'est là que vous comptez installer la seconde réserve ? Bah faut espérer qu'Hagrid n'apprendra pas ça ! Il serait fichu de déserter Poudlard, pour partir en vadrouille dans les montagnes d'Ecosse afin de dénicher les Dragons ! » s'exclame Ron, le regard rieur.

« Oh ! Nous serons sans doute amenés à lui demander ses services de temps en temps auprès des Dragons de toute façon. Après tout, Hagrid est un expert en Soins Aux Créatures Magiques et les Gardiens d'Europe Centrale, qui sont nombreux, souhaiteront aller dans leur famille de temps en temps. » fait remarquer le professeur Dumbledore, avec une lueur malicieuse dans le regard.

« Il va être comblé de joie alors ! Surtout s'il revoit Norbert ! » s'exclame encore Ron, avant de s'esclaffer de bon cœur.

« Qui est Norbert ? » demande alors Maman, avec un regard suspicieux vers Ron, dont le rire se bloque illico dans la gorge.

« Un pote… Aussi fondu des Dragons que ce cher vieux Hagrid. » répond Charly, en faisant un clin d'œil discret à mon gaffeur de petit frère…

Maman n'a pas l'air de se laisser prendre à cette réponse, mais elle n'insiste pas… Ce qui ne signifie pas qu'elle abandonne pour autant…

Ron peut se préparer à un interrogatoire serré dès qu'il sera au Terrier pour les vacances…

« Oui… Ben c'est bien beau tout cela ! Mais c'est qu'c'est-y qu'les villageois vont être déçus que la plupart de leurs invités d'honneur soient partis avant la fête ! » s'exclame soudain le vieux Fergus, lui même l'air déçu.

« Oh ! Notre départ est retardé. A la demande des Ministres Roumain, Bulgare et Serbe, le Conseil des Ministres d'Europe va avoir lieu plus tôt que prévu et nous devons donc apporter les derniers détails à notre Plan. Nous partirons vers 01H00. Fumseck peut venir chercher nos Gardiens de Dragons à ce moment là. Ainsi, les villageois n'auront-ils pas leur fête gâchée.» déclare alors notre Directeur, avec un sourire bienveillant pour son vieil ami.

Moins d'une heure plus tard, Papa repart avec le professeur Dumbledore au Ministère, tandis que Nally ramène Ron et Ginny à Poudlard et que Maman rentre au Terrier.

Les jumeaux, Severus et moi-même, sommes alors invités à nous joindre à la fête qui a lieu dans un Estaminet du coin.

L'ambiance est joyeuse, dans l'estaminet, dont Charly m'apprend qu'il a été agrandi considérablement pour l'occasion. Toutes les familles Sorcières du coin sont là. Du plus jeune au plus âgé…

Charly, Nadya et leurs amis sont accueillis comme des rois. Ils sont pris d'assaut par les gamins qui leur posent des questions sur les Dragons et leur demandent de leur raconter quelques anecdotes. Mon frère et ses amis répondent avec joie et bientôt des petits groupes entourent chacun d'eux.

Même les adultes viennent écouter leurs histoires, jusqu'à ce que le vieux Fergus intervienne et invite à les laisser respirer le temps de manger un bout…

Et la fête commence dès lors. La bière coule à flot, les plats traditionnels de la région font le tour des tables, des chants sont entonnés en chœur et des danses folkloriques dansées sur le comptoir et les tables…

C'est bruyant, joyeux et endiablé…

Jamais je n'avais assisté à une fête pareille et je ne regrette absolument pas d'être venu ici ce soir !

« J'ai une idée… » me chuchote soudainement Severus à l'oreille…

Je hausse un sourcil dans sa direction, un peu surpris et curieux de savoir ce qu'il a inventé…

« Pour obtenir l'une des Créatures du Diable de Voldemort ! » précise-t-il dans un souffle…

Et ma foi, j'avoue qu'à ce moment là, j'étais à mille lieues de penser à ces saloperies…

« Ok… On verra ça en rentrant » dis-je, avant de me faire entraîner dans une farandole échevelée qui nous emmène faire le tour du village…

Y a pas à dire…

Ils savent faire la fête, les Irlandais !

OoOoOoO

(1) Brian Boru : Personnage ayant existé… Mais bien évidemment, il n'était pas un sorcier et j'ai largement revisité son histoire… dont vous pouvez lire la véritable version à cette adresse :

htt p:/ /w ww. universalis. fr/ encyclopedie /brian-boru/ (enlever les espaces)

(2) Thelxinoe : nom trouvé sur ce site :

ht tp:/ / gothic. centerblog. net/ rub- CREATURES- MERVEILLEUSES- (enlever les espaces)

(3) Véridique…

(4) Réplique inspirée d'un dialogue du film : Le Schpountz de Marcel Pagnol

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