Chapitre 44
Les hommes prirent place autour de la table et devisèrent tranquillement de choses et d'autres jusqu'à ce que l'alarme résonne de nouveau. Remus arrivait enfin, un petit travail de dernière minute d'Albus qui l'avait occupé jusqu'à ce que tout soit prêt. Les hommes se levèrent, tous. Rokiho ouvrit la porte d'un geste de la main et tous ensembles crièrent. « Bon anniversaire, Remus. » Même Severus fut de la partie, pourtant ce n'était vraiment pas sa tasse de thé cette niaiserie sans nom.
Le loup-garou resta sur le pas de la porte tellement il était surpris. Il ne pensait pas qu'ils s'en souviendraient, surtout qu'il avait été discret là-dessus. Néanmoins il entra et vit Sirius se précipiter vers lui et le prendre dans ses bras pour l'embrasser tandis que Rokiho les rejoignait et les serrait dans ses bras avec tendresse. Qu'est-ce qu'il pouvait les aimer, ses hommes, pensa avec émotion le loup-garou en les étreignant à son tour.
L'animagus tira Remus par la main et le fit asseoir pour qu'il puisse ouvrir tous ses paquets sans attendre. Sirius lui tendit les siens alors que Snape arguait qu'il aurait bien bu un thé lui avant de commencer la distribution. Harry pouffa en voyant l'homme se renfrogner parce que personne ne l'écoutait. Les cadeaux de Sirius que Remus déballa étaient une belle cape bien chaude et un écritoire avec plumes, parchemins et encre. Harry lui tendit le leur et le loup eut le bonheur de découvrir une robe de sorcier verte, coupée dans un tissu moiré, elle était magnifique.
Draco à son tour lui présenta un présent de la part de Ghanos et de lui, Remus ouvrit la boîte, fébrile, et y trouve un strutoscope finement ouvragé qui resta bien sagement silencieux. Albus et Lucius lui offrirent chacun un paquet, l'un lui offrit un livre sur la Défense Contre les Forces du Mal et l'autre une grosse boîte de gâteaux au citron. Il n'était pas difficile de deviner qui avait offert les gâteaux. Remus les remercie tous chaleureusement, l'œil humide.
Le dernier cadeau fut celui de Rokiho. Il lui tendit un petit paquet qui contenait un écrin de velours rouge. Remus le prit délicatement et quand il avisa ce qu'il y avait dedans il se sentit fondre d'amour et de bonheur pour son compagnon aux oreilles pointues. Au fond de l'écrin reposait un médaillon, le même que celui que Rokiho portait autour de son cou, un signe royal. Cela voulait dire que l'elfe le considérait comme son compagnon à part entière.
Un autre écrin reposait dans la poche de Rokiho, un autre écrin qu'il donnera à Sirius plus tard.
Remus trouva aussi un acte de divorce signé par les deux parties, et là ses yeux s'embuèrent. Comment avait-il fait pour hâter les choses et réussir ce tour de force ? Ses hommes d'affaires avaient dû se tirer les cheveux pour satisfaire leur roi !
Rokiho passa sur les menaces, mais être roi, comme il l'avait déjà dit, avait certains privilèges, et notamment celui d'être obéi sur le champ.
-Ah non, Remus ! Pas de larmes aujourd'hui, par Merlin ! ronchonna Severus qui pensait que la fête allait prendre des allures sentimentales pleine de baisers mouillés.
Rokiho servit à chacun une tasse de thé puis il les regarda discuter entre eux et commenter les cadeaux, quand tout à coup il se leva en criant.
-Severus, déshabilles-toi ! ordonna-t-il en tendant un doigt impérieux vers le maître des potions qui le regardait comme s'il était devenu subitement fou.
Tout le monde se tut.
-Je ne suis pas extravagant, argua Rokiho, fais-le, il faut que je sache, ajouta-t-il pressant. Je t'en prie, je ne te le demanderai pas si ce n'était pas important crois-moi !
Severus se leva et vit dans le regard de l'elfe que c'était sérieux et qu'il ne s'agissait pas d'une blague. Il posa sa tasse et commença à enlever les boutons de sa robe, puis une fois celle-ci par terre il ôta sa chemise.
-Non, Severus, le pantalon suffira.
L'homme lui jeta un regard noir mais obéit néanmoins, quand le pantalon fut au bas des chevilles, Rokiho s'approcha du maître des potions et abaissa le boxer noir. Harry et Raven se levèrent, mécontents et prêts à en découdre.
-C'est important messieurs ! cria l'elfe en voyant la magie vampirique de Raven sortir de son corps.
Rokiho la vit la tache de naissance, au creux de l'aine de Severus. Il lui avait bien semblé l'avoir déjà vu. Le jour où il avait surpris Severus et Harry nus sur le canapé. Son trouble ne passa pas inaperçu aux yeux de Severus et des autres hommes.
-Tu peux te rhabiller, souffla-t-il avec des questions plein la tête, j'ai vu ce que je voulais voir.
-Et que voulais-tu voir, Rokiho ? demanda Harry d'une voix sèche.
-La tache de naissance de Severus.
-Pourquoi cela, je te prie ?
-Tout à l'heure j'ai vu la même, exactement la même.
-Sur qui ? s'empressa de demander le maître des potions.
-Sur un enfant, ou plus précisément sur un bébé de deux mois et demi, un enfant aux yeux verts avec une sacrée touffe de cheveux noirs hirsutes.
Harry s'effondra, ce n'était pas possible, il devait y avoir une erreur.
-Où ? redemanda le maître des potions d'un air glacial.
-A la nurserie Elfique.
Severus ramassa sa cape, ajusta sa baguette tandis que Raven en faisait autant.
-Qu'est ce que vous faites, messieurs ?
-Je vais chercher mon fils, Albus, et si quelqu'un m'en empêche il recevra un sort de mon cru.
-Je vous accompagne, ajouta Harry qui était déjà à la porte.
- Moi aussi, soupira Rokiho, après tout je suis un peu responsable de ce gâchis.
Les quatre hommes quittèrent la pièce et disparurent vers le pays des Elfes. Sur place ils se rendirent immédiatement à la nurserie et plus exactement dans le bureau d'Eliope qui berçait tranquillement un enfant dans ses bras. Un enfant qui dormait paisiblement.
-Je savais que vous alliez venir, chuchota l'elfe guérisseur, je vous attendais. Ne faites pas de bruit, je vous en prie, il vient de s'endormir.
Harry sentit les larmes couler malgré lui sur ses joues pâles. Son fils était vivant, comment était-ce possible ! Severus lui serra la main et entre eux passa un courant d'espoir et d'amour.
-Expliquez-moi ? lui demanda-t-il.
-Je ne sais comment Voldemort a appris que vous étiez enceint et que je m'occupais de vous, avoua Eliope. Je ne sais pas qui le renseignait, je le jure ! Il a enlevé Hamalia pour que je tue l'enfant. Comme vous le voyez je n'ai pas obéi à ses ordres. A la place je lui ai donné un enfant mort-né, il y a cru puisque qu'il m'a rendu ma femme. Mais il fallait faire croire à la mort de Killian pour le mettre hors de danger, alors je lui ai jeté un sort de coma prolongé le temps de l'enterrement, puis le soir je suis allé le chercher et avec ma femme nous nous sommes occupés de lui comme s'il était notre fils. Je savais que vous pourriez le reconnaître, il ressemble trop à son père et la tache de naissance était déjà une signature en soi, fit Eliope en dénudant l'enfant pour faire voir la marque.
Harry s'approcha de l'elfe et tendit les bras vers son fils avec un nœud au fond de la gorge. L'homme le lui donna délicatement et Harry put enfin serrer son bébé contre son cœur. Severus sourit devant cette image, ils étaient si beau tous les deux, le père et le fils. Une bonne heure plus tard, après que Severus ait pu lui aussi profiter de son enfant, Harry le reposa entre les bras de l'elfe guérisseur.
-Pourquoi ? s'enquit l'homme, hébété.
-Dans un sens vous avez sauvé la vie de Killian, expliqua Harry. Et pour ça, seulement pour ça, je vous laisse la vie sauve car croyez-moi vous seriez déjà mort depuis longtemps s'il en avait été autrement.
-Je suis désolé !
-Moi je ne pardonne pas aussi facilement, répliqua Severus d'une voix glaciale. Vous n'imaginez pas tout ce que Harry a souffert à cause de la perte de son enfant, un jour vous répondrez de vos actes.
-Killian reste avec vous, ordonna Harry. Je pense qu'ici il sera en sécurité, personne n'est au courant à part nous…
Tout à coup tout le monde se tut et regarda le bébé revenir vers son père en lévitant, Harry tendit les bras en rigolant et l'attrapa aussitôt. Du corps de l'enfant émanait une lueur couleur lilas.
-Ma femme lui a donné quelques pouvoirs Elfique, rassurez-vous c'est sans danger pour lui, il pourra mieux se défendre. Là sa magie veut se lier à ses pères ainsi il pourra vous retrouvez n'importe où, où que vous soyez. Que les deux pères se mettent ensembles avec Killian au milieu, demanda Eliope.
Harry et Severus se mirent côte à côte pourtant il ne se passa rien. La magie du bébé n'agissait pas.
-Bizarre, marmonna l'elfe, on dirait qu'il manque quelqu'un !
Harry se tourna vers Raven et lui tendit la main.
-Nous sommes une famille, Raven, rejoins-nous, j'aurai dû y penser plus tôt, ajouta le survivant.
Le vampire s'avança vers eux et lia ses mains à Harry et à Severus. Les trois hommes sentirent un fourmillement dans leur corps, la lueur lilas les enveloppa et se mêla à leur propre magie, tandis que leur magie à eux se mêlait à celle de l'enfant. Cinq petites minutes plus tard ils étaient liés tous les quatre. Les pères et le fils. Raven ressentit une immense fierté de savoir que la magie du bébé le comptait parmi ses pères. D'ailleurs sur la cuisse de Killian apparut la marque du clan Ghalanius, clan de naissance de Raven. Il s'agissait d'un dragon surmonté d'une demi-couronne. Harry et Severus tournèrent vivement la tête vers Raven.
-C'est la marque de mon clan, notre fils a été reconnu comme tel, d'ailleurs Harry a la même, je lui ai transmis quand j'ai fait de lui mon calice.
- Expliques-nous !
-Je suis le demi-frère de Ghanos, nous avons le même père mais Ghanos ignore ce fait. Je suis un prince puisque Ghalius m'a reconnu, mais je n'aime pas que les gens le sachent, pour moi le seul prince est Ghanos et c'est très bien ainsi. Néanmoins j'ai les mêmes privilèges que lui, Killian est devenu mon fils, il est donc par conséquent un prince du clan Ghalanius. Il faut que je vous dise qu'il ne sera jamais chef de clan, Ghanos et Ghalanéa auront des enfants un jour et la priorité sera pour Ghanos. Tout ce qu'aura Killian sera une vie plus longue, un clan où il sera toujours bien reçu, et une protection toute sa vie durant.
-Mais quand je t'ai rencontré tu faisais parti d'un autre clan !
-J'ai quitté les miens pour vivre ma vie. Il n'est pas toujours facile d'être un enfant…..non désiré, bien que mon père m'ait donné toute l'éducation dont j'avais besoin. Là n'était pas le problème.
Harry reposa pour la deuxième fois son fils dans les bras de l'elfe non sans l'avoir d'abord embrassé. Severus et Raven déposèrent eux aussi un baiser sur la petite joue de l'enfant et Rokiho qui n'avait rien dit jusque-là s'adressa à Eliope.
-Tu as trahi ma confiance, prononça d'une voix rauque Rokiho redevenu roi. Tu aurais dû m'en parler, nous aurions trouvé une solution à ton problème. Quand cette histoire sera finie je trouverai un châtiment à la mesure de ta faute, Eliope.
-Oui, altesse, à ce moment-là je serais prêt.
Les hommes repartirent à Poudlard et Rokiho se dirigea vers l'appartement de Remus. A tous les coups les deux hommes devaient l'attendre pour avoir des nouvelles de l'enfant, et puis il avait un dernier petit cadeau à faire à son loup, ricana Rokiho. il allait user et abuser de lui et si Sirius était de la partie alors ce sera un anniversaire qu'ils n'étaient pas prêts d'oublier.
Dans les cachots Harry se laissa tomber dans les bras de Severus et éclata en sanglot en s'accrochant à sa robe. Raven voulut quitter la pièce par pudeur mais d'un geste Severus l'appela près d'eux, alors le vampire les rejoignit et partagea leur douleur et leur joie. Harry prit sa main et la tint très fort contre lui.
-C'est l'émotion, je suis si heureux de l'avoir retrouvé ! Vous avez vu comme il est beau ! Et surtout il est vivant, c'est tout ce qui importe, hein ?
-Oui Harry, c'est tout ce qui compte, chuchota Severus contre sa tempe. Alors, Raven, qu'est ce que ça te fait d'être père ? demanda ensuite le maître des potions en se tournant vers le vampire.
-J'ai toujours rêvé d'avoir un fils et bien voilà qui est fait, et je trouve ça merveilleux, sourit Raven. Je vais pouvoir lui apprendre plein de chose, oui finalement c'est super !
-Mais….interrogea Harry, ne peux-tu en avoir un à toi ?
-Si, mais jusqu'à présent je n'avais pas trouvé la bonne personne.
-Tu veux dire que maintenant tu l'as trouvé ?
-Maintenant je l'ai trouvé, mon amour.
-En attendant il y a quelque chose que nous avons appris, il y a un espion dans cette école qui épie tous nos faits et gestes, messieurs. Je vais de ce pas voir Albus, il faut que nous mettions un plan pour trouver cette ordure, et je vous garantie qu'il ne va pas faire de vieux os.
-On t'accompagne, décidèrent Harry et Raven.
-Je vous attendez, messieurs, avez-vous….n'eut pas le temps de demander le vieil homme.
-Nous avons retrouvé notre fils, professeur, et il est en bonne santé.
Albus vit le visage rayonnant de Harry et sourit, même le visage de Severus s'était adouci, pensa le vieil homme et c'était parfait, ils méritaient d'être enfin heureux.
-Nous avons plus urgent, Albus, il y a un espion parmi nous et il faut le trouver au plus vite.
-Avez-vous une idée de qui ça peut être ? s'indigna le directeur de l'école.
-Non, aucune idée, tout ce que je sais c'est qu'il cache bien son jeu.
-Je m'occupe de ça, messieurs, gronda Raven. Je peux passer inaperçu dans ce château, rien ne m'échappera. Et quand ce traître sera entre mes mains, il pleurera quand je le viderai de son sang.
-Mais je croyais que tu ne pouvais pas mordre quelqu'un d'autre que moi, amour !
-Exact chéri, mais il y a d'autres moyens de vider un homme de son sang tu sais !
-Oh ! je ne veux pas savoir Raven.
-Non, petit lion, tu n'aimerais pas savoir.
-Bon, gronda Severus, puisque tout est dit retournons dans nos appartements, demain matin avant les cours nous avertirons les autres de notre plan. Là maintenant je suis fatigué, la journée a été longue, pour vous aussi d'ailleurs, allez messieurs au lit !
Raven et Harry regardèrent d'un drôle d'air le maître des potions. Avait-il par hasard des idées mal placées pour leur ordonner de se coucher ? Sans un mot, après un regard de connivence, Raven et Harry obéirent et sortirent du bureau sous les yeux scrutateurs d'Albus. Depuis quand ces deux-là obéissaient à Severus ? Enfin il ne fallait pas chercher à comprendre, avec eux rien n'était dans les normes, soupira le vieil homme en puisant un bonbon au citron dans le pot face à lui.
De retour chez eux Harry et Raven firent semblant de rien et vaquèrent à leurs occupations. L'un rangea des tasses qui traînaient tandis que l'autre remettait du bois dans la cheminée.
-Bon, quand vous aurez fini de vous foutre de moi vous me ferez signe ! râla le maître des potions.
-Sevy, chéri, as-tu une idée derrière la tête ?
-Ben non, pourquoi vous croyez ça.
-Je ne sais pas moi, ton petit air lubrique peut-être !
-Oui, ajouta Raven, tu nous déshabilles du regard, ne serais-tu pas un peu pervers ?
-Arrêtez de m'appeler comme ça, tous les deux !
-Ah ! sinon tu nous fais quoi ? demanda Harry.
D'un geste de sa baguette Severus enleva les vêtements d'Harry et du vampire.
Là pour le coup c'est Raven et Harry qui se retrouvèrent très excités. L'homme les regarda de ses yeux profonds, le désir apparut par tous les pores de sa peau. D'un seul coup il sentit deux corps contre le sien et deux fripouilles lui arracher ses vêtements. Demain il devra en acheter d'autres, pensa-t-il avant de sombrer dans le plaisir que lui donnèrent ses deux amants.
