Chapitre 51 : Première page

Draco avait un mince sourire aux lèvres en pénétrant dans sa salle commune. L'esprit encore avec Harry qu'il venait tout juste de quitter et avec lequel il avait passé une merveilleuse soirée à se promener dans le parc de Poudlard. Après s'être rendus près de la rive du lac, admirant les eaux noires et inquiétantes de l'étendu d'eau, ils avaient fini par s'asseoir au pied d'un arbre, en retrait, aux abords de la forêt interdite pour avoir un peu d'intimité et ils étaient restés un long moment dans les bras l'un de l'autre à discuter et à s'embrasser.

À un moment, Draco s'était esclaffé de rire, tandis que le souvenir de la retenue qu'ils avaient eu ensemble en première année avec Hagrid s'était rappelé à lui. Harry s'était moqué gentiment de lui, lui rappelant combien il avait été terrifié ce soir-là. Le blond l'avait poussé avec son épaule en levant les yeux au ciel d'un air faussement outré. "Ma vengeance sera terrible, Harry Potter!" L'avait-il menacé, mais son petit ami l'avait tu en posant ses lèvres sur les siennes et il n'avait pu que répondre au baiser si invitant.

Le lendemain, Harry allait disputer le premier match de Quidditch de l'année contre l'équipe de Serpentard. Il devait donc être en forme, mais ils restèrent tout de même ensemble jusqu'à ce que le couvre-feu les oblige à regagner chacun leur salle commune. Ils s'étaient quittés à regret. Ils auraient préféré terminer la nuit ensemble, mais Remus avait été très clair à ce sujet, dans une conversation qu'ils avaient eue, après la nuit où il les avait surpris dans la salle sur demande. Draco n'avait aucune envie de désobéir, puisque le loup-garou l'avait bien averti que la prochaine fois, il en informerait son parrain. Cette éventualité était pour la moins terrifiante et il souhaitait l'éviter à tout prix.

Il comprenait que le règlement de l'école devait s'appliquer de manière égale à tous, mais, puisque son petit ami et lui avaient longtemps partagé le même lit, et ce, bien avant qu'ils ne soient un couple, c'était d'autant plus difficile de ne pouvoir le faire maintenant. Il était vrai que sa médication diminuait ses cauchemars de beaucoup et qu'il ne se réveillait plus en panique, au beau milieu de la nuit, comme avant, mais la présence rassurante du brun lui manquait.

Draco ne fut pas surpris de constater que Theodore, Blaise, Pansy et Daphnée étaient encore dans la salle commune à cette heure-ci, assis dans les fauteuils près de l'imposant portrait de l'hydre à neuf têtes qui décorait l'un des murs de pierre de la pièce. C'était vendredi et ils se rassemblaient souvent ce soir-là pour discuter et boire ensemble. Le blond les avait d'ailleurs accompagnés dans cette activité, une fois ou deux depuis la rentrée.

Une bouteille de whisky Pur feu trônait sur la table basse près d'eux et ils discutaient à voix haute. Daphnée pouffa en tentant de taper Blaise qui avait sans doute dit une vulgarité quelconque, ce dernier se recula et elle faillit tomber par en avant, mais Pansy la retint par le chandail et la rassit. La blonde semblait avoir bu plus que son lot d'alcool. Mis à part eux, la salle commune était vide et ils ne se gênaient pas pour parler à voix haute.

En apercevant Malfoy, Theodore lui fit signe de se joindre à eux et, sans hésiter, Draco s'approcha et se laissa choir dans le fauteuil que Blaise avait approché d'un coup de baguette, se moquant pas mal de l'inélégance de son geste.

"On ne t'a pas vu de la soirée, où étais-tu?" Demanda Daphnée dont les joues étaient encore rouges d'avoir tant ri, tandis que Pansy versait du whisky dans un verre et le tendait au blond qui s'en saisit avant de le porter à ses lèvres.

Draco hésita un moment, incertain quant à la réponse à donner. Bien qu'il savait que tout le monde était au courant pour Harry et lui, il n'en avait pas parlé avec eux. Ces derniers avaient continué à faire comme si de rien n'était à son endroit et il ignorait s'ils approuvaient ou pas sa relation avec le gryffondor ou s'ils étaient à l'aise qu'il en parle.

Theodore leva un sourcil en dévisageant Daphnée. "C'est clair qu'il était avec Potter, Daph." Dit-il d'un ton neutre.

Draco retint sa respiration une fraction de seconde. Le ton de Nott ne permettait nullement de savoir son opinion sur le sujet, mais au moins, l'abcès était crevé. Il était certain qu'il aurait aimé qu'ils acceptent sa relation avec le gryffondor, mais, dans l'éventualité contraire, il était prêt à les envoyer se faire foutre dans la seconde. Il n'avait plus envie de faire de compromis. Il sentit son cœur s'alléger en voyant Daphnée lui sourire.

"Oh! C'est vrai Draco?" Demanda-t-elle de sa voix un peu trop guillerette, elle était clairement enivrée par l'alcool.

Il jeta un bref regard aux autres, mais il ne ressentait aucune hostilité de leur part. Il se détendit.

"Euh… ouais." Répondit-il, d'une voix beaucoup moins assurée qu'il ne l'aurait souhaité. Il vida son verre et Pansy le remplit aussitôt.

"Qu'est-ce que vous avez fait alors?" Dit Daphnée.

Avant que Draco n'ait le temps de répondre, Blaise parla en premier. "Je ne suis pas certain que je veuille entendre la réponse à cette question." Se moqua-t-il en adressant un sourire au blond.

"Moi non plus!" Renchérit Pansy en vidant son verre, les sourcils froncés en direction de l'autre jeune femme, mais Draco la connaissait depuis assez longtemps pour savoir qu'elle n'était pas sérieuse.

"Vous êtes obsédés, vous avez toujours l'esprit mal tourné vous deux!" S'exclama Daphnée en levant les yeux au ciel, comme si elle ne pouvait croire que ses deux amis aient pensé à une telle chose.

"Nous deux?" S'offusqua Blaise. "Je n'arrive pas à croire que tu exclus Theo de cette affirmation, c'est le pire de nous tous!"

Le concerné mit une main sur sa poitrine et fit mine d'être blessé par les paroles de son ami. "Moi? Jamais je n'oserais faire de tels sous-entendus, tout le monde à Poudlard sait combien je suis au-dessus de telles choses…" Répondit-il en secouant la tête de gauche à droite en signe de dénégation.

"Oh, attends, je crois qu'on vient de recevoir un hibou pour toi, Nott. Eh bien, on dirait que c'est du ministre de la magie… le Département des objets-magiques-enfoncés-bien-creux-dans-un-certain-endroit aimerait t'avoir à sa tête. Félicitations mon pote!" Répliqua Blaise d'un ton narquois.

"Va te faire foutre!" Dit Nott en croisant les bras.

"Ouhhh, "va te faire foutre"! J'espère que tu as noté ça Daph, notre cher Theodore vient de m'injurier de la plus vulgaire des façons, attends qu'on dise ça à sa mère… Tut tut tut!" Rigola le mulâtre en esquivant un coup de Nott qui maugréa une série d'insultes bien sentie à l'attention de son ami.

Blaise et Theodore continuèrent à s'échanger quelques piques pendant que Pansy les regardait avec désapprobation, mais Malfoy remarqua que le coin droit de sa bouche se plissait en un mince rictus qu'elle tentait certainement de réprimer.

Daphnée, ignorant désormais l'échange entre les deux jeunes hommes, demanda à Draco s'il comptait aller à Pré-au-Lard avec Harry dimanche. Il lui dit que c'était effectivement son plan. Puis, elle se mit à lui raconter qu'elle irait avec Pansy, quant à elle, car elle devait magasiner une robe pour le mariage de sa cousine et elle avait besoin d'un avis féminin sur la question. Draco doutait que Pansy soit la personne la plus indiquée pour ce genre d'activité. Son amie avait toujours détesté faire les boutiques et elle ne portait jamais de robe. Il n'en dit cependant rien à la blonde qui était pour le moins surexcitée par cette expectative.

De temps à autre, Pansy lui jetait un regard en biais en levant les yeux au ciel, lorsque Daphnée décrivait en détail les robes qu'elle avait aperçues dans le dernier magazine de Mode sorcière ou encore la coiffure qu'elle envisageait de se faire pour cette journée-là. Draco se retint de pouffer lorsque Pansy mima de se pendre en entendant parler de soulier à paillettes argentées, mais cela ne diminua en rien le flot incessant de paroles de l'autre sorcière qui semblait imperméable aux mimiques de son amie.

Il n'aurait jamais pensé que se retrouver ainsi avec ses amis serpentards lui feraient un tel bien. Il adorait Hermione et appréciait les autres gryffondors, mais leur côté un peu trop chevaleresque l'agaçait parfois. L'irrévérence des membres de sa maison lui avait manquée, ainsi que leur humour un peu acide. Bizarrement, il sentait que depuis qu'il n'avait plus cette attitude de Prince de Serpentard, on le respectait davantage. Avant, jamais Blaise ou Theodore n'avaient blagué avec lui de la sorte et il était certain que cela était dû au rôle de futur mangemort suivant les traces de son père qu'il jouait à l'époque.

C'était étrange de constater combien ce Malfoy lui semblait aujourd'hui étranger. D'une certaine manière, il était toujours la même personne, mais il avait laissé tomber ce masque d'héritier de Lucius Malfoy quelque part en chemin et il n'en était que plus libre, plus heureux. Il ne savait pas ce que son père en aurait pensé et préférait chasser ce genre d'idées lorsqu'elles se présentaient à lui. Il n'avait pas envie de penser à son père, d'aucune façon, il n'était pas prêt.

"On a remarqué que tu allais souvent manger avec les gryffondors, Draco, ce serait bien si tu invitais Harry à manger avec nous." Dit soudain Daphnée, changeant brutalement de sujet, et le blond se demanda qui était réellement inclus dans ce "on".

"Justement, moi qui désirais perdre quelques livres, ce serait le meilleur moyen de me couper l'appétit…" Commenta Theodore d'un ton sarcastique.

"La ferme Théo." Répliqua Blaise, puis il s'adressa à Draco. "Il plaisante, c'est vrai que ce serait pour le moins intéressant de discuter avec Saint-Potter, je suis curieux de savoir comment il a fait pour séduire son pire ennemi et le rendre aussi accro à lui. Étonnant qu'il ne soit pas à Serpentard, d'ailleurs…"

Le blond écarquilla les yeux pendant une fraction de seconde avant de se reprendre.

"Quoi?! Je ne suis pas accro! Ce serait plutôt le contraire… C'est bien plus moi qui l'ait séduit que l'inverse." Répliqua Draco d'un ton hautain, ne pouvant croire ce que venait de dire Blaise. Venait-il réellement de penser que l'irrévérence des serpentards lui avait manquée? Si tel était le cas, il retirait ce qu'il avait affirmé à ce sujet.

"Fais-moi rire, Malfoy, je te croirai quand tu cesseras de le regarder comme s'il était la huitième merveille du monde." Répliqua Blaise, tu tac au tac, un sourire moqueur aux lèvres.

"Je ne suis pas d'accord avec toi, Blaise, car si Draco le regarde comme s'il était la huitième merveille du monde, on doit appeler Rusard à chaque fois que Potter regarde Draco, vu la flaque de bave qu'il laisse sur le sol. Par contre, je trouve étonnant, comme tu dis, qu'il ne soit pas à Serpentard vu qu'il a dû user de méthodes pas très Gryffondor pour parvenir à ses fins." S'opposa Theodore, avec tout le sérieux du monde, une main posée sur son menton, comme s'il réfléchissait sérieusement à la question.

"Parfait, donc c'est réglé, demain tu demandes à Harry de venir manger à notre table!" Les coupa Daphnée en leur faisant signe de se taire d'un geste de la main.

"D'accord, je lui en parlerai. Bon, je vais me coucher." Dit Draco rapidement, voulant mettre un terme à cette discussion gênante.

Blaise fronça les sourcils en secouant la tête. "Non, je crois que tu n'as pas bien saisi, on ne veut pas que tu lui en parles, on veut qu'il vienne, un point c'est tout."

Les autres acquiescèrent, supportant les paroles du mulâtre. Draco se demande à partir de quel moment la suggestion de Daphnée était devenue la leur, mais il se retint de tout commentaire, méfiant quant à leurs réelles intentions. Pourquoi voulaient-ils tellement qu'Harry vienne manger avec eux, soudainement? Il les connaissait depuis trop longtemps pour croire que cela était motivé uniquement par leur envie de le rencontrer et de discuter avec lui, après tout, ce n'était pas comme si le gryffondor n'avait pas été dans la même école qu'eux pendant cinq ans auparavant.

"Bien entendu, tu comprendras que cette invitation n'en est pas seulement une de courtoisie…" Commença Daphnée.

Il savait bien que cela cachait quelque chose.

Il la dévisagea en silence, se demandant où elle voulait en venir. Si, en certaines occasions, ils questionnaient le choix du Choixpeau magique de l'avoir placée à Serpentard, lorsqu'elle affichait un tel air espiègle, rappelant celui de sa sœur, on ne doutait plus de son allégeance aux vert et argent.

"Évidemment, on veut aussi s'assurer qu'il convienne." Finit-elle en plongeant son regard bleu clair dans le sien.

"Qu'il… convienne?" Répéta Draco, incertain.

"Qu'il soit digne d'un serpentard." Répondit Theodore d'un ton supérieur, comme si cela était l'évidence même.

Malfoy s'esclaffa, ne parvenant pas à le croire. "Je croyais que vous disiez que c'était presque un Serpentard, vu la façon dont il m'avait supposément séduit." Répliqua-t-il en levant un sourcil.

"Raison de plus!" Répliqua Blaise.

Draco secoua la tête en levant les yeux au ciel, puis il s'étira en se levant. "Bon, j'en ai assez d'entendre vos conneries, je vais me coucher. Blaise, Pansy, vous n'avez pas un match de Quidditch demain?"

Blaise expira bruyamment en haussant les épaules. "C'est pas un peu de whisky qui va m'empêcher de mettre une raclée à Gryffondor… Parlant de cela, je n'y avais pas pensé avant, mais c'est vrai que ton petit ami est le Capitaine de l'autre équipe! Essayes-tu de me saouler pour lui donner l'avantage? Quand je dirai ça à Astoria… ça ne sera pas beau à voir!" Se moqua Blaise.

"Tu n'as pas besoin de moi pour te saouler, Zabini, d'ailleurs tu étais déjà bien parti quand je suis arrivé." Répliqua Draco en réfrénant un bâillement.

"J'espère quand même que tu ne prendras pas pour les minets, ce serait la pire trahison, Draco, j'espère que tu en es conscient." Dit Pansy avec un air faussement sérieux.

"Foi de Serpentard, je jure de prendre pour… la meilleure équipe…" Commença le blond.

"Moi je dis qu'on le jette dans le lac." Le coupa Blaise en s'adressant aux autres.

Visiblement il avait compris la faille dans ce qu'il avait dit.

"Non, je suggère plutôt de lui teindre les cheveux en roux!" Dit Pansy avec un sourire diabolique.

Draco tendit sa baguette devant lui en prenant un air faussement féroce, sachant que ses amis blaguaient... Ou du moins, il l'espérait.

"Un pas et je vous transforme tous en rats!" S'exclama-t-il.

Theodore, qui ne s'était pas mêlé à ça jusqu'à présent se leva à son tour en haussant un sourcil. "Mieux vaut un rat qu'une fouine…"


Harry jura à voix basse en apercevant le scintillement du vif d'or à l'autre bout du terrain, souhaitant qu'Astoria Greengrass ne l'ait pas vu, il lui jeta un bref regard pour en être certain. Les yeux bleus de la jeune femme étaient fixés sur lui et elle fronça les sourcils en le voyant la regarder, se doutant de quelque chose.

Plus bas, un poursuiveur de Serpentard s'était emparé du souaffle et filait à vive allure vers les buts des rouges et or, suivi de près par ces derniers. Les spectateurs appartenant à la maison du joueur vert et argent lui crièrent des encouragements.

Même si Harry attrapait le vif d'or, Gryffondor perdrait, car ils étaient en trop grand désavantage numérique. Il devait gagner du temps et éviter que la nouvelle attrapeuse ne mette fin au match avant que Gryffondor n'ait eu le temps de marquer trois buts supplémentaires, car si l'équipe de Harry y parvenait, dans ce cas, attraper le vif d'or leur permettrait de gagner de justesse.

Évidemment, Astoria était pleinement consciente de ce fait et ses yeux scrutaient minutieusement le ciel à la recherche de la petite balle dorée, bien décidée à offrir la victoire à son équipe pour son premier match au sein de celle-ci.

Le poursuiveur de serpentard qui était toujours en possession du souaffle fit une passe à un autre joueur de son équipe, mais Ginny l'intercepta et tourna son balai à cent-quatre-vingts degrés pour foncer vers les buts de l'équipe adverse, le cœur de Harry fit un bond, espérant qu'ils réussissent à reprendre leur retard. La petite sœur de Ron fila à vive allure sous les cris et les applaudissements nourris de la foule et sous les huées des élèves de Serpentard.

"Par ici!" Cria Seamus à la rousse et cette dernière lui fit une passe qu'il réceptionna avec agilité, puis il lança le souaffle dans l'un des cerceaux et la cloche indiquant qu'ils venaient de marquer retentit.

Soudain, Astoria passa à toute vitesse devant Harry, le frôlant presque, par pure provocation, il en était persuadé. Il jura une nouvelle fois et partit à sa suite, se demandant un bref instant si c'était une feinte de sa part ou si elle avait réellement vu le vif d'or, mais cette interrogation ne dura qu'une fraction de seconde, car il vit à son tour le scintillement familier qui volait à un peu plus de dix mètres d'eux. Sans hésiter, il le prit en chasse, derrière la blonde, espérant que son équipe marque un but pendant ce temps, sinon ils perdraient, peu importe qu'il attrape ou non le vif d'or.

Ce dernier bifurqua brusquement en direction des gradins de Serpentard, passant juste au-dessus de la tête des élèves qui s'époumonaient à encourager leur attrapeuse, mais cette dernière sembla surprise par le soudain changement de trajectoire du vif d'or. Harry en profita pour prendre de l'avance et se rapprocher de la balle dorée. La cloche annonçant qu'ils avaient marqué un deuxième but retentit et il sentit l'adrénaline se répandre dans son corps, plus qu'un but et ils auraient une chance de gagner. Rien qu'un but!

Toute son attention était fixée sur le vif d'or, mais il ne voulait pas non plus l'attraper, ne voulant pas mettre fin au match, priant à chaque seconde pour entendre la cloche annonçant que Gryffondor venait de marquer à nouveau, mais seuls les cris de la foule emplissaient le stade.

"Attention, Harry!" Cria une voix qu'il aurait reconnue entre mille alors qu'il survolait les gradins de Serpentard, celle de Draco.

Instinctivement, il se baissa et sentit le cognard lui frôler l'épaule et il soupira de soulagement, il ne l'avait pas vu venir. Que ferait-il sans son petit ami, songea-t-il un instant. Certains serpentards le huèrent, mais il s'en fichait complètement.

"Pense à envoyer tes remerciements à Serpentard si tu attrapes ce vif d'or! On aura tout vu!" Dit Astoria d'une voix moqueuse en le rejoignant, elle avait profité de l'incident du cognard pour reprendre du terrain.

Ils étaient maintenant côté à côté, le vif d'or à quelques centimètres devant eux, chacun avait le bras tiré vers l'avant, mais la cloche ne retentissait toujours pas. Gryffondor n'avait pas marqué de but, il ne pouvait pas attraper la balle, pas tant qu'il ne marquait pas un point supplémentaire.

Astoria fit un bond vers l'avant avec son balai, elle allait l'attraper et Harry poussa un fort juron avant de se propulser en avant à la dernière fraction de seconde et de refermer ses doigts autour de la sphère ailée, juste avant que la blonde n'y parvienne. À peine ses doigts se furent-ils refermés autour du vif d'or, qu'un sifflement retentit indiquant la fin du match, mais ce ne furent pas les gryffondors qui applaudirent en hurlant de joie, même si leur attrapeur venait de capturer le vif d'or, non c'était bel et bien les vert et argent, puisque c'était eux qui venaient de gagner, malgré tout.

Les membres de l'équipe de Serpentard se regroupèrent pour se féliciter entre eux, se tapant dans les mains en poussant des cris victorieux. L'équipe de Gryffondor se regroupa aussi, attendant que les effusions de joie de l'autre équipe diminuent. La professeur McGonagall avait demandé qu'après chaque fin de match, les membres des deux équipes se serrent la main, espérant que cela diminuerait la rivalité entre les maisons. Ron avait levé les yeux au ciel en entendant cette décision de la Directrice, se demandant en quoi cela pouvait bien changer quelque chose.

Bientôt, l'équipe victorieuse s'approcha donc des vaincus et leur serra la main à tour de rôle. Certains affichaient un air supérieur et goguenard parmi les serpentards, mais d'autres souriaient en disant "Bon match!", ce qui surprit Harry. Astoria lui serra la main avec sérieux en le regardant droit dans les yeux et lui sourit, puis elle serra la main de Ron qui était juste à côté de lui et il entendit la jeune femme lui dire d'un ton joueur: "Bien joué, Ron Weasley". Aussitôt Harry se tourna vers son ami qui était soudain devenu aussi rouge qu'une pivoine, se demandant d'où Ron connaissait la sœur de Daphnée Greengrass. Ce dernier évita son regard, ce qui ne fit que soulever plus de questions encore chez le brun.

Les deux équipes atterrirent ensuite et se dirigèrent chacun vers leurs vestiaires. Harry se déshabilla rapidement, pressé d'aller sous la douche, se sentant collant de sueur. Avant que l'équipe se divise et que les hommes et les femmes qui la composaient entrent chacun dans leur vestiaire, il leur avait dit qu'il était fier d'eux, malgré leur défaite et qu'ils parleraient de nouvelles stratégies à adopter lors de leur prochain entraînement.

Après s'être lavé, Harry se frictionna la tête avec sa serviette pour sécher le plus possible ses cheveux, tout en retournant dans la partie du vestiaire où se trouvaient les casiers, accompagné de Ron qui s'était lavé en même temps que lui. En s'approchant des autres membres de l'équipe qui discutaient entre eux, ceux-ci devinrent brusquement silencieux après que Seamus leur eut fait un signe de la main. Harry n'était pas dupe et se doutait fortement de l'objet de leur conversation, surtout si Dean était à l'origine de celle-ci, car depuis sa dispute avec le Survivant, leur relation était demeurée tendue.

Harry s'approcha de ses joueurs avec calme. "Désolé d'avoir interrompu votre conversation, sentez-vous bien à l'aise de continuer devant Ron et moi." Dit-il sans quitter l'irlandais des yeux.

Le malaise qui suivit ces mots était palpable, mis à part chez Seamus qui le dévisageait sans broncher, un air de défi peint sur le visage.

"Il y a un problème dont je devrais être informé en tant que capitaine de cette équipe, Seamus?" Demanda Harry en faisant un pas vers lui, d'un ton glacial qui n'avait rien à envier à celui du professeur Rogue durant une mauvaise journée.

"Effectivement." Répondit aussitôt Seamus, comme s'il n'attendait que ça.

Harry serra les dents en se sentant perdre son calme qui avait été presque olympien jusque-là. "Je t'écoute."

Les autres joueurs murmurèrent entre eux, mais Harry ne comprit pas ce qu'ils dirent. La tension entre les deux jeunes hommes escaladait rapidement malgré l'apparence anodine de leurs propos. Harry en avait assez de l'attitude arrogante et méprisante de l'autre et c'était maintenant que cela allait prendre fin, décida-t-il.

"Les gars et moi on se questionne. Tu sais, on a tous entendu Malfoy te prévenir pour le cognard et on se demande où se situe ta loyauté…" Commença Seamus.

"C'est ridicule!" L'interrompit Ron en dévisageant les autres joueurs, mais ces derniers avaient le visage fermé, ne niant, ni n'acquiesçant aux propos de Finnigan.

Seamus continua, sans porter attention à Ron, ses yeux n'avaient pas quitté ceux d'Harry qui s'étaient agrandis d'incrédulité en entendant ces propos. "Tu savais qu'en attrapant ce vif d'or, nous allions perdre, tu n'avais qu'à attendre que nous marquions un but de plus! Nous allions y arriver!"

"Tu sais très bien que si je n'avais pas attrapé ce vif d'or, ce serait Greengrass qui l'aurait fait, je n'avais pas le choix." Répliqua Harry, dont le ton égal dissimulait mal l'impatience et la colère qu'il ressentait, il ferma ses poings.

Seamus sourit, mais son sourire n'avait rien de sympathique, bien au contraire, il ressemblait plus à une grimace de dégoût. "C'est certain que tu as intérêt à dire ça et surtout, à faire gagner Serpentard…"

"Qu'est-ce que tu sous-entends au juste, Finnigan?" Dit alors Harry, en montant le ton, perdant son sang-froid pour de bon, le souffle court.

"Oh, je ne sous-entends rien Potter, non, je dis simplement que tu as intérêt à faire gagner l'équipe de Serpentard si tu veux que le mangemort continue à t'ouvrir ses cuisses!"

Sans même qu'il n'ait le temps de réfléchir, Harry perdit le contrôle de lui-même et envoya un coup de poing au visage de Seamus qui, surpris, n'esquissa même pas un mouvement pour l'éviter. Il s'écroula en portant une main à son œil gauche, là où le brun l'avait frappé. Harry voulut s'avancer pour le frapper de nouveau, mais Ron l'agrippa par-derrière.

"Je t'interdis de parler de lui comme ça pauvre crétin!" Cracha Harry avec fureur, se débattant contre la poigne de Ron qui le retenait toujours.

Seamus se releva et cracha une gorgée de sang et de salive mélangée par terre. "Tu me dégoûtes, Sauveur ou pas, tu as cessé d'être un héros le joue où tu as choisi de baiser cette pédale de mangemort!" Cria-t-il, puis il se tourna vers Ron. "Toi, je n'arrive pas à croire que tu l'encourages dans cette folie, je pensais que tu avais plus de bon sens que ça."

Il se dirigea vers la sortie du vestiaire, sous les regards obnubilés des autres joueurs qui n'étaient pas intervenus, se contentant de regarder la scène à la fois avec horreur et fascination.

"Tu as intérêt à te la fermer, tu ne connais pas Draco et tu ne sais rien de lui! D'ailleurs, où étais-tu durant la guerre, Seamus? Bien au chaud dans les bras de ta mère? Draco, lui, se battait en risquant sa vie tous les jours, il vaut mieux que tu ne le vaudras jamais! Ne remets plus jamais les pieds dans ce vestiaire, tu n'es plus membre de cette équipe!" Hurla Harry, enragé, se débattant toujours dans la poigne de son meilleur ami qui tentait de le calmer.

"Tu ne seras pas toujours là pour prendre sa défense, Potter. Il finira bien pas avoir ce qu'il mérite, un jour ou l'autre. Et sache que je ne suis pas le seul qui pense que Malfoy n'a pas été justement puni pour ses crimes. Sa place est à Azkaban, avec les autres mangemorts." Répondit Seamus avec un sourire faux, faisant fi des propos du brun.

"Serait-ce une menace?" Demanda l'autre en fronçant les sourcils.

"C'est simplement un fait." Répondit Seamus en esquissant un sourire goguenard.

Ron intervint soudain d'une voix menaçante, avant qu'Harry n'ait le temps de le faire. " Draco est un membre de l'Ordre et tu devras tous nous affronter si tu veux t'en prendre à lui, je te rappelle qu'on a vaincu Voldemort, alors je te le déconseille. Mais, de toute manière, si tu tentes quoi que ce soit contre lui ou n'importe lequel de mes amis, je me ferai un plaisir de te défoncer ta sale gueule d'enfoiré et je me fous pas mal des conséquences. De toute manière, je suis un vétéran et tout le monde sait qu'après la guerre, nous sommes restés marqués et qu'on peut parfois avoir des réactions… imprévisibles."

Seamus se tut et quitta le vestiaire sans un mot. Un moment passa pendant lequel personne ne dit rien, seul le souffle rapide de Harry emplissait la pièce.

Puis, Ron relâcha sa poigne sur son meilleur ami et ce dernier, comme si rien ne venait de se passer, se tourna vers ses autres joueurs. "Prochaine pratique, lundi prochain à la même heure que d'habitude, soyez à l'heure et passez le mot qu'on cherche un nouveau poursuiveur." Dit-il.


Il était midi et les élèves affluaient dans la Grande salle pour le déjeuner, discutant encore chaudement du match de Quidditch qui avait eu lieu ce matin-là et de sa fin inattendue. Tous s'entendaient pour dire que c'était l'un des matchs les plus enlevants auquel ils avaient assisté à Poudlard depuis bien des années. Serpentard n'avait jamais eu une équipe aussi forte et la nouvelle attrapeuse avait fait tourner bien des têtes, après tout, elle avait failli battre Harry Potter qui était sans contredit le meilleur attrapeur de l'histoire de l'école. D'ailleurs, de nombreuses rumeurs circulaient à l'effet que des équipes professionnelles s'intéressaient à lui, mais le Survivant n'avait rien voulu confirmer ou infirmer à ce sujet.

Astoria discutait avec Theodore Nott et Pansy alors qu'ils se dirigeaient vers la Grande salle avec le reste des élèves. Soudain, elle fit signe à ses amis qu'elle les rejoindrait à l'intérieur et se détacha d'eux, partant dans une autre direction. Elle ne vit pas les regards curieux qu'ils lui lancèrent. La jeune sorcière se dirigea droit sur Ron qu'elle venait d'apercevoir, il lui faisait dos et était en pleine conversation avec Neville Londubat.

"Ron! Ron Weasley!" Interpella la sorcière qui était dans la même année que Ginny Weasley.

Le jeune homme s'arrêta brusquement et regarda autour de lui en fronçant les sourcils avec un regard incertain, cherchant qui pouvait bien l'avoir appelé dans la foule bruyante d'élèves. Sans hésiter, la serpentarde s'avança jusqu'à lui en lui faisant un léger signe de la main. Il leva les sourcils de surprise en réalisant que c'était elle qui l'avait appelé. Il salua Neville qui pénétra dans la Grande Salle, lui disant qu'il le rejoindrait plus tard.

"Je voulais te féliciter pour ton match!" Dit-elle en lui tendant une main qu'il serra en hésitant.

Il fronça légèrement les sourcils, se demandant si elle se moquait de lui ou si elle était sincère, car avec elle, c'était presque impossible à savoir.

"Euh… je jouais contre toi tout à l'heure, tu te souviens? On a perdu." Répondit-il d'une voix incertaine.

"Ça ne change rien au fait que tu as fait un bon match, j'ai vu comme tu avais arrêté le souaffle de Blaise, c'était une nette amélioration par rapport à la dernière fois qu'on a pratiqué." Répondit-elle en le regardant avec intensité, comme si elle tentait de lire en lui.

Il détourna le regard et rougit. "La dernière fois tu as triché, ça n'a rien à voir, je n'étais pas prêt."

Elle éclata d'un rire franc et cristallin qui le surprit. Habituellement, elle se contentait de ricaner à voix basse ou de s'esclaffer de manière moqueuse, mais il ne l'avait jamais entendue rire de la sorte et il devait bien avouer que cela lui plut aussitôt. Un sourire étira ses lèvres malgré lui.

"C'est ainsi, il faut toujours être prêt à tout, ainsi, on a toujours une longueur d'avance et on ne se laisse plus surprendre." Répondit-elle avec une lueur malicieuse au fond des yeux.

Il leva les yeux au ciel et son sourire s'accentua. "C'est n'importe quoi!" Dit-il.

"Tu veux venir à Pré-au-Lard avec moi demain?" Demanda-t-elle soudain.

Les yeux de Ron s'écarquillèrent et une vague de chaleur le submergea tandis qu'il devenait aussi rouge qu'une écrevisse. "Qu-quoi?" Balbutia-t-il pour toute réponse.

"Demain, c'est la première sortie à Pré-au-Lard et je me demandais si tu avais envie de m'y accompagner." Répéta-t-elle sans cligner des yeux, lui sembla-t-il.

"Je… est-ce que ton discours sur le fait de se faire surprendre était uniquement des prémices à ce que tu viens de me demander?" Demanda-t-il alors qu'il s'insultait mentalement de rougir aussi honteusement devant elle. Il avait les mains moites, son cœur battait à tout rompre et tout ce qu'il espérait c'était qu'elle ne s'en rende pas compte, il était déjà assez ridicule comme ça, lui semblait-il.

"Je ne dirais pas "uniquement"." Sourit-elle et Ron envia sa confiance en elle qui semblait inébranlable. Elle ne semblait pas le moins du monde mal à l'aise ou nerveuse de lui avoir fait une telle demande. Et s'il acceptait, devait-il considérer cette sortie comme un rendez-vous amoureux?

"Alors, Ron Weasley, on y va ensemble ou pas? Je te rappelle que la sortie est demain, donc ce serait bien si tu avais décidé d'ici là… Sinon je peux toujours y aller avec ma sœur, elle a besoin de support depuis qu'elle a appris qu'elle ne serait jamais la future madame Malfoy, ou plutôt, qu'il n'y aurait jamais de future madame Malfoy." Ajouta-t-elle d'un ton moqueur en penchant un peu la tête sur le côté.

"Non, non! Je-je veux y aller avec toi!" S'empressa-t-il de dire avec un peu trop de vigueur. Il se fustigea une nouvelle fois mentalement. Pourquoi était-il aussi nerveux? Ce n'était rien du tout, qu'une sortie, rien de plus! Il tenta d'essuyer subtilement ses mains moites sur son pantalon, espérant qu'elle ne remarque rien et, si elle le fit, elle n'en laissa rien paraître et il lui en fut reconnaissant.

"Excellent! Passe me chercher à la salle commune de Serpentard demain à onze heures dans ce cas."

Il déglutit péniblement. La salle commune de Serpentard? Il n'y avait mis les pieds qu'une seule fois et c'était avec Harry, il y avait au moins une éternité. Il ne se voyait pas trop y pénétrer et subir le regard des serpents sur lui qui le jaugeraient sans aucun doute et le déclareraient certainement inadéquat à accompagner la jeune femme. Il doutait cependant que celle-ci les laisse faire le moindre commentaire, vu son caractère pour le moins direct. Il ne devait pas être le seul à la craindre et il était certain qu'elle devait en imposer, malgré son jeune âge et son petit gabarit, aux autres membres de sa maison.

"Ne fais pas cette tête, on ne mord pas, tu sais… ou presque pas! Le mot de passe est "Salamandre", à demain, Ron Weasley." Dit-elle avant de le laisser en plan et de se diriger dans la Grande salle.

Il resta bouche bée un moment, tandis que les élèves passaient autour de lui pour aller manger. Il n'arrivait pas à croire ce qui venait de se passer. Il avait un rendez-vous avec Astoria Greengrass… demain… Par Merlin! Si on lui avait dit ça un mois auparavant, il ne l'aurait jamais cru et aurait fort probablement invectivé la personne qui aurait fait une telle affirmation.

Il ne connaissait pas beaucoup la jeune femme, mais il devait bien avouer qu'elle était très jolie et plutôt amusante, avec ses manières un peu brusques. En tout cas, il pourrait toujours parler de Quidditch avec elle si jamais ils ne trouvaient pas d'autres sujets de conversation, car il avait bien compris qu'elle vouait ce qu'on pourrait aisément qualifier d'obsession à l'égard de ce sport.

Encore sous le choc, il vit Harry et Draco passer un peu plus loin, se dirigeant eux aussi dans la Grande salle sans le voir et il marcha d'un pas rapide vers eux. Draco l'aperçut, lui fit un signe de la main, et dit quelque chose à Harry qui s'arrêta et se tourna vers le rouquin avec un sourire.

"Trop content de vous voir, les gars!" S'exclama-t-il, survolté, et le blond fronça légèrement les sourcils, comme s'il se demandait la raison de toute cette agitation.

"Content de te voir aussi… mais tu sais qu'on s'est quitté i peine une heure?" Se moqua Harry, tout aussi curieux que Draco quant à la source de l'excitation de son ami.

Ron prit une profonde inspiration, comme s'il s'apprêtait à dire quelque chose de particulièrement grave et important. Le couple face à lui le dévisageait attentivement, puis ils échangèrent un regard entre eux, ils devaient croire qu'il devenait fou et c'était peut-être aussi un peu le cas. Comment expliquer sinon ce qui venait de se passer avec Astoria, et surtout, ce qui se passerait demain.

"C'est que j'ai faim, moi, alors si tu pouvais nous dire ton truc cette année, ce serait bien." Dit Draco en levant un sourcil.

Harry leva les yeux au ciel à cette remarque, mais il ne put s'empêcher de sourire malgré tout. "On t'écoute."

"J'aiunrendezvousavecAstoriaGreengrassdemainàPréauLard!" Dit-il à une vitesse folle.

"Ok, pourrais-tu recommencer, mais à une vitesse intelligible pour l'oreille humaine." Soupira Draco en jeta un œil vers la Grande salle, ses pensées fixées sur les plats délicieux qui étaient apparus sur les longues tables.

"Demain! Demain j'ai un rendez-vous à Pré-au-Lard avec Astoria Greengrass!" Répéta Ron, insulté par la remarque du serpentard.

Les sourcils d'Harry se levèrent à l'unisson et soudain, il se retourna vers son petit ami qui affichait soudain une mine atterrée et il partit dans un grand éclat de rire. "Je te l'avais dit! Tu me dois deux galions Malfoy!" S'écria Harry tellement fort que trois élèves de Poufsouffle qui passaient par là se tournèrent dans leur direction.

"Par Salazar, je n'arrive pas à le croire!" Répliqua Draco d'un ton rempli de dépit. "Qui aurait cru que Greengrass avait si peu de goût…"

Ron fronça les sourcils. "Euh, je te rappelle que je suis ici et que je t'entends."

Le blond fit un geste vague de la main dans sa direction, comme s'il tentait de chasser une mouche particulièrement agaçante, sans détourner son attention de son petit ami. "Deux galions, c'est bien ça? Je ne peux pas croire…" Dit Draco en levant les yeux au ciel.

"Sinon, tu as toujours d'autres moyens de me le repayer…" Susurra l'autre avec un regard carnassier et le serpentard plissa un peu les yeux, comme s'il jaugeait sérieusement l'offre du brun.

Ron ne sut pas ce qu'il trouvait le plus choquant, les paroles clairement perverses d'Harry ou le fait que ses deux amis aient pariés sur une telle chose. Était-ce si évident qu'il se tramait quelque chose entre Astoria et lui? Pourtant, lui ne l'avait pas réellement vu venir. Si ce n'eut été de l'invitation de la serpentarde, il n'aurait jamais fait les premiers pas, il n'aurait pas osé. Bien entendu, il trouvait la jeune femme très belle, elle le faisait rire et son attitude frondeuse le captivait plus qu'il ne l'aurait avoué, mais il ne pensait pas qu'elle lui portait un intérêt de ce côté-là. Elle semblait si indépendante, au-dessus de ce genre de chose.

"Bien alors, raconte!" Exigea Draco en se détournant d'Harry, la mine boudeuse.

"C'est ce que j'essaie de faire depuis tout à l'heure, mais vous étiez trop occupé à parier sur ma vie amoureuse pour écouter." Répliqua-t-il un peu sèchement.

Le blond leva les yeux au ciel en expirant bruyamment.

"Désolé mon pote, on t'écoute." Répondit Harry en pouffant une nouvelle fois devant l'air excédé de Draco qui était toujours frustré d'avoir perdu le pari.


"Ça va?" Demanda Draco en posant une main sur l'avant-bras d'Harry dont le regard, qui était fixé sur son verre de bière-au-beurre, se leva pour rencontrer le sien.

"Oui, désolé, je repensais juste au match d'hier." Répondit-il avec un mince sourire.

Draco acquiesça lentement, prenant une gorgée de son propre breuvage. C'était la première sortie à Pré-au-Lard depuis le début des classes et ils avaient décidé de passer la journée ensemble, en amoureux. Ils avaient fait les magasins en déambulant dans la rue, Harry avait hésité longuement avant de prendre la main du blond pendant qu'ils marchaient, craignant un rejet de sa part, puis il avait pris son courage à deux mains et avait saisi la main fraîche de l'autre jeune homme. Ce dernier s'était légèrement crispé à ce contact, mais avait laissé sa main dans la sienne, ignorant les regards de certains.

Ils s'étaient finalement rendus aux Trois balais pour boire un verre, le pub était plein à craquer et c'était très bruyant. Des élèves de toutes les maisons étaient présents, mais ceux de Serpentard étaient particulièrement surexcités, ils célébraient encore leur victoire de la veille. Theodore Nott était assis à une table près d'eux en compagnie de Blaise Zabini, ils avaient salué le couple à leur arrivée et, à présent, ils discutaient de manière animée entre eux.

Ils avaient aperçu Ron et Astoria un peu avant, mais ils n'étaient pas présents dans le pub, Harry en était un peu déçu, il aurait aimé voir comment ça se passait pour son ami. Après tout, il avait dû subir son stress jusqu'au moment où il était parti la chercher dans les cachots où se trouvait la salle commune de Serpentard.

Harry sursauta et plongea son regard dans celui de Draco. "Pardonne-moi! J'ai oublié de te demander comment s'est passée la rencontre avec l'avocate de tes parents, ça m'a complètement sorti de l'esprit que tu étais allé là ce matin!" S'exclama-t-il.

Le serpentard haussa les épaules. "Rien de bien particulier, évidemment, ils me lèguent tout, la fortune, le manoir, et puis… Severus a été nommé administrateur de mes biens jusqu'à mes vingt et un ans. Elle m'a aussi remis une lettre que m'a écrite mon père avant de mourir, mais je ne l'ai pas ouverte." Énuméra-t-il d'un ton détaché, se remémorant la rencontre avec l'avocate.

"Une lettre de ton père?"

"Ouais… Mais je ne l'ai pas encore lu, je ne sais pas si je le ferai, de toute manière, il est mort. Que veux-tu que ça me fasse de savoir qu'il est désolé ou Merlin sait quoi encore qu'un mangemort déchu et un mauvais père puisse vouloir dire à son fils gay qu'il a toujours considéré comme une déception, avant de mourir." Dit Draco d'une voix beaucoup plus froide que celle qu'il aurait voulu employer.

"Tu devrais la lire, moi je donnerais n'importe quoi pour avoir une lettre de mon père, même s'il n'était pas aussi parfait que je le croyais au départ." S'opposa le brun, légèrement choqué par les paroles du blond.

Il savait que son petit ami en voulait beaucoup à son père, mais lui qui n'avait jamais eu la chance d'en avoir un avait de la difficulté à comprendre qu'il ne soit pas en mesure de lui pardonner.

"Ça n'a absolument rien à voir, Harry, mon père était un lâche et un criminel, il me méprisait parce que tout ce qu'il voyait en moi, c'était une copie imparfaite de lui-même et le reflet de son propre échec et ça, il était incapable de l'affronter. Je sais qu'à chaque fois qu'il me traitait de faible, de mauviette, c'était de lui qu'il parlait, au fond. Je ne veux plus rien savoir de cet homme, je ne lui pardonnerai jamais tout le mal qu'il a fait à ma mère." Répliqua Draco.

"Je suis persuadé que ton père t'aimait, même s'il le montrait terriblement mal."

"Je ne sais pas… Je n'ai pas envie d'en parler, pas ici, pas maintenant." Répondit Draco en détournant le regard.

Un silence pensif se fit entre eux et Harry changea de sujet pour alléger l'atmosphère qui s'était assombrie entre eux à l'évocation du patriarche de la famille Malfoy. Draco avait raison néanmoins, ce n'était ni l'endroit ni le moment d'aborder un tel sujet.

"Je me demande comment ça se passe entre Ron et Astoria" Dit Harry en souriant malicieusement.

Draco leva un sourcil et fit une moue dégoûtée dont lui seul avait le secret. "La connaissant, sûrement mal."

"Ça semblait bien se passer quand on les a aperçus tout à l'heure." Contredit le brun qui ne comprenait pas pourquoi Draco s'opposait à ce point à cette relation. Il les trouvait plutôt mignons ensemble, pour sa part.

"Euh… Astoria Greengrass et Ron Weasley? Je ne veux pas briser tes espoirs, mon cher, mais ça me semble assez improbable. Cette fille est une vraie peste, elle n'aime rien ni personne, mis à part le Quidditch, bien sûr, c'est la seule chose au monde qui l'intéresse. Il n'aurait pas pu choisir pire…"

Harry leva les yeux au ciel. "Tu exagères, elle a l'air… "

"… bourrue?" Suggéra Draco.

"Non…"

"… intransigeante? Rude? Arrogante?" Continua le blond avec un sourire moqueur.

La mauvaise foi de son petit ami atteignait des sommets, vraiment. À croire qu'il tentait de protéger Ron, ce qui était une perspective assez amusante, mais il se retint d'en faire mention, sachant quelle réaction cela provoquerait chez lui.

"Tssss, pauvre elle, si elle t'entendait. Moi je continue de penser qu'ils seraient mignons, en plus, Ron aussi adore le Quidditch, ça leur fait un point en commun. Ça ferait du bien à Ron de sortir avec quelqu'un, après la rupture avec Hermione ça a été difficile pour lui et il mérite d'être heureux."

"Justement! Astoria ne correspond pas du tout à ce profil, à choisir, il ferait mieux de s'intéresser à Daphnée, elle, elle est gentille. On s'est d'ailleurs toujours demandé ce qu'elle faisait à Serpentard, Pansy et moi, elle est tellement naïve, parfois."

Harry haussa les épaules, renonçant à convaincre son amoureux, sachant qu'une fois que Draco avait une idée en tête ou une opinion sur quelque chose, c'était quasi impossible de le faire changer d'avis. Ron trouvait se trait de personnalité particulièrement irritant et Harry s'était retenu de lui dire qu'il était pareil au blond sur ce point, car il l'aurait très certainement envoyé promener.

Draco surprit alors le brun en se penchant vers lui, collant presque sa bouche contre son oreille. "Qu'est-ce que tu dirais de rentrer au château et de passer un peu de temps seul à seul?" Murmura-t-il, sachant quel effet cela produirait sur le Survivant et il se recula aussitôt pour apercevoir sa réaction. Celle-ci ne se fit pas attendre.

Le gryffondor avait écarquillé un peu les yeux et, dans ceux-ci, se lisait un éclat de quelque chose qui envoya un frisson au creux des reins de Draco. Harry ne s'attendait pas à un tel revirement de situation et l'idée de Draco était plus qu'alléchante. Cela faisait un moment qu'ils ne s'étaient pas retrouvés seuls de cette façon.

"Euh…" Répondit uniquement Harry et son amoureux le dévisageant de son air supérieur, jugeant son manque de répartie.

"Alors, qu'en dis-tu?" Souffla encore une fois le blond dans l'oreille du gryffondor. "On n'a pas été ensemble… seuls tous les deux, depuis l'alarme… Et j'ai vu que Remus et Severus étaient de surveillance ici pour toute la journée. Profitons-en."

"Je… tu… oui? Là?" Bégaya-t-il et Draco leva les yeux au ciel.

"Non, l'année prochaine."

Sans prendre le temps de finir leurs consommations, ils payèrent et se levèrent, saluant les gens qu'ils connaissaient au passage.

Draco tentait de calmer les battements plus rapides de son cœur, pratiquant discrètement les exercices de respiration que lui avait enseignés la Dr. Webb et qu'ils avaient pratiqués lors de leurs dernières rencontres. Bien que ce soit lui qui ait proposé au brun de quitter pour être juste tous les deux, il anticipait le moment où ils seraient seuls, sachant ce que l'autre aurait en tête et craignant ses propres réactions, souvent imprévisibles, malgré sa médication, ses séances avec sa psychomage et les exercices quotidiens qu'il faisait quasi religieusement.

Harry dut sentir son attitude changer, car, alors qu'ils se dirigeaient en marchant vers le château, il attrapa sa main et la serra doucement, lui intimant d'arrêter.

"On n'est pas obligé, je n'ai pas d'attentes Draco, on peut juste aller dans ma salle commune ou la tienne si tu veux. C'est… c'est comme tu veux." Murmura Harry pour que personne ne puisse l'entendre, malgré le fait que les élèves qui déambulaient dans les rues étaient à une bonne distance d'eux.

Draco secoua la tête, non, il voulait être seul avec son amoureux et profiter de ce moment avec lui. Il en avait beaucoup parlé avec sa psychiatre et elle lui avait dit qu'il n'avait pas à se sentir coupable d'éprouver du désir pour son petit ami et qu'il ne devait pas se priver de poser certains gestes s'il en avait envie, mais qu'il devait clairement établir ses limites avec lui, quitte à mettre ses limites très rapidement s'il était incertain d'où elles se situaient.

"Merci, mais je n'ai pas changé d'avis, sauf si toi tu préfères faire autre chose, bien entendu." Répondit Draco.

Le regard d'Harry se fit ardent. "Comment est-ce que je pourrais préférer faire autre chose que… d'être avec toi."

Ils se rendirent rapidement jusqu'au château et montèrent les escaliers jusqu'à ce qu'ils atteignent le septième étage. Draco ferma les yeux un instant en se tenant face au mur et une porte apparut, il la poussa aussitôt, suivit immédiatement de Harry. Ce dernier poussa une exclamation surprise en voyant que la pièce avait changé, ce n'était plus le salon habituel, mais plutôt une chambre de bonne taille. Au centre de celle-ci, un grand lit trônait.

Sans qu'il n'ait le temps de dire quoi que ce soit, Draco plaqua ses lèvres contre les siennes et glissa ses mains autour de sa taille, sans attendre, Harry répondit avidement au baiser, collant son corps contre le sien. Ils ne s'étaient pas retrouvés seuls à seuls depuis le soir où l'alarme avait retenti et chacun était avide de l'autre.

Le pull du brun était doux sous les doigts de Draco et il pouvait sentir le dos musclé de son amoureux sous le tissu usé. La joue râpeuse de Harry frottait contre la sienne et irritait sa peau, mais il ne s'en souciait pas. Au contraire, il appréciait ce contact légèrement inconfortable, cela n'en était que plus vrai, plus réel. Il se concentrait sur cette sensation, s'y accrochait à tout prix, tentant de s'ancrer dans le moment présent pour éviter de se laisser emporter ailleurs. Là où il voulait éviter de se retrouver plus que tout au monde.

Il ne voulait pas penser à autre chose qu'à ce qui se déroulait présentement et il s'y acharnait avec force, luttant contre lui-même, contre son esprit qui semblait prendre un plaisir malsain à lui prendre la main de force et à l'entraîner vers cet ailleurs, ce lieu terrible. Il enfonçait ses talons dans la terre meuble de ses souvenirs, s'y agrippait à s'en arracher les ongles, mais ses pensées le tiraient irrémédiablement vers ce trou noir qui aspirait tout en son centre.

Il prit de nouveau une grande inspiration. Un. Deux.

S'intima au calme tandis que le brun embrassait son cou, le léchait, le caressait. Il s'aperçut que ses propres mains s'étaient immobilisées, il inspira de nouveau, revenant dans le présent, avec Harry.

Il inspira de nouveau. Un. Deux.

L'odeur enivrante de l'homme captait ses sens et calmait sa peur. Il se dit qu'il pourrait reconnaître son odeur entre mille et il se demanda si son petit ami ressentait la même chose. Son cœur se serra un peu, mais il se concentra et parvint à se calmer un peu plus.

Les mains d'Harry se firent plus aventureuses et il parvint à apprécier ce toucher un peu maladroit et hésitant. Cela ressemblait plus à une question formulée par des gestes qu'à une réelle caresse. Pour l'encourager et le rassurer, Draco lui murmura à l'oreille un "Ça va, ne t'arrête pas" avant de glisser ses mains sous le pull de son petit ami qui l'aida à l'enlever.

Sachant que le gryffondor hésiterait à aller plus loin sans un signal de sa part, Draco le poussa gentiment vers le lit et le fit tomber à la renverse sur celui-ci. Harry poussa un petit rire, vite interrompu lorsque le blond monta à califourchon sur ses cuisses en continuant à l'embrasser, leurs langues s'emmêlaient dans une danse effrénée. Harry se redressa pour se retrouver en position assise et mit ses mains de chaque côté du visage du blond, l'interrompant un instant. Fixant son regard dans le sien.

"Chut, ne dit rien…" Le supplia le blond en se penchant et en posant un baiser sur la clavicule nue de Harry, puis un peu plus bas, et il surprit le brun en léchant malicieusement son téton ce qui le fit soupirer d'envie.

"Draco…" Murmura le gryffondor dans un souffle et cela ne fit qu'encourager l'autre à continuer à déposer des baisers sur son torse.

Sa peau était douce et chaude contre celle de Draco et il prenait son temps. Embrassant chaque recoin de peau dévoilée, il pouvait sentir les vagues de frisson que cela provoquait chez son vis à vis qui le caressait toujours. Il remonta vers son visage et Harry en profita pour poser ses mains de chaque côté de sa tête pour les faire plonger dans un baiser avide. Tout en répondant au baiser, Draco bougea habilement pour se retrouver à califourchon sur l'érection du brun et, d'un mouvement lascif, il les frotta l'une sur l'autre.

Même à travers leurs pantalons, la sensation lui parut intense, multipliée par leur trop longue abstinence et la fébrilité d'aller plus loin qu'il n'avait jamais été. Ils étaient en terrain inconnu ou trop longtemps inexploré pour Draco. Il sentit un pincement à cette idée, l'image d'Étienne se superposa un instant à celle du brun. Il ferma les yeux, prit une profonde inspiration. Un. Deux.

"Hum… Merlin que j'ai envie de toi… Draco…" Gémit Harry entre deux baisers, posant ses mains sur les hanches du blond qui recommença son délicieux mouvement se défiant d'aller plus loin, se réjouissant de chaque avancée qu'il faisait, de chaque seconde sans paniquer qui s'ajoutait. Une seconde, deux secondes, trois secondes et à la quatrième, son cœur se fit plus léger.

Draco se redressa, ses cheveux lui retombaient devant les yeux, la vision de son amoureux, le souffle court, les joues rougies par l'excitation et qui le regardait avec des yeux dans lesquels son désir était presque palpable lui donnait envie d'aller plus loin et le retenait tout à la fois. L'ombre d'une pensée qu'il essayait de repousser depuis un moment déjà s'immisça dans son esprit et il se tendit légèrement.

"Moi aussi… moi aussi j'ai envie de toi." Dit-il, mais son ton n'était pas sûr et Harry le sentit, car il interrompit ses caresses.

Le serpentard se répéta silencieusement qu'il ne devait pas se sentir coupable de ressentir du désir pour son petit ami, que cela ne légitimait aucunement les gestes posés par ses agresseurs que de prendre du plaisir de manière consensuelle avec Harry. Il se le répéta une seconde fois, puis une troisième.

Puis une quatrième.

"Draco… Tu es… je veux dire… on n'est pas obligé de… Je veux juste être sûr que tu… tu comprends?" Hésita Harry en plongeant ses perles vertes dans celles argent qui lui faisaient face.

Draco sentit un mince sourire s'étendre sur ses lèvres, apaisé par les paroles du brun et touché de voir que l'autre homme ne voulait pas le brusquer et était si consciencieux avec lui.

"Je ne sais pas jusqu'où je serai capable d'aller, mais j'ai envie de toi Harry et j'ai envie qu'on essaie… peut-être, juste certaines choses?" Suggéra-t-il à mi-voix.

Harry acquiesça lentement, les yeux toujours embués par le désir. "Juste être comme ça avec toi ça me convient, on ira à ton rythme, mais promets-moi de me dire si ça ne va pas."

Pour toute réponse, Draco posa ses lèvres sur les siennes et, instinctivement, le gryffondor reposa ses mains sur les hanches de son vis-à-vis, le recollant un peu plus contre lui.

"Tu sais…" Commença Harry en murmurant dans l'oreille du blond et ce dernier frémit en sentant le souffle contre son oreille, se maudissant d'être aussi sensible. "Parlant de… certaines choses qu'on pourrait… euh… essayer."

Un silence se fit et Draco déglutit avec peine tant il désirait entendre la suite de cette phrase, car ce n'était pas tous les jours qu'Harry Potter vous susurrait à l'oreille ses pensées perverses d'une voix mal assurée. Sa timidité était d'autant plus excitante, car on pouvait y sentir la candeur et toute la bonne volonté qui le caractérisait et qui l'avait séduit.

"Je t'écoute..." Répondit le blond pour l'inviter à continuer son idée. "Sachez que nous sommes toujours ouverts aux nouvelles suggestions." Se moqua-t-il d'une voix taquine en pinçant doucement le téton du jeune homme sous lui qui se cambra légèrement sous ce toucher.

"Il y a une chose que j'ai envie… de… euh… de faire." Hésita-t-il, un peu timide.

Draco posa un baiser sur ses lèvres pour l'interrompre. "Ne me dis rien, montre-moi plutôt quelle est cette…chose."

Harry hésita un moment. "Mais si tu…si ça ne te convient pas?"

"Dans ce cas-là. Je te dirai d'arrêter, tout simplement. Je te fais confiance, fais-moi confiance aussi."

Le brun acquiesça et, d'un mouvement rapide, il renversa leur position, se retrouvant sur le dessus, un sourire taquin aux lèvres. Le serpentard haussa les sourcils et prit un air faussement outré qui fit sourire son petit ami.

Bientôt, ses vêtements retrouvèrent ceux d'Harry sur le sol de la salle sur demande. C'était la première fois qu'ils étaient tous deux entièrement nus l'un face à l'autre. Draco caressait du regard et des mains ce corps un peu trop mince et sec, mais à la musculature fine et développée par le Quidditch.

Contrairement à lui, Harry n'arborait pas de cicatrice, outre celle présente sur son mollet, là où il avait reçu un sortilège pendant la bataille finale. En comparaison, son corps était une véritable scène de guerre, recouvert d'hideuses cicatrices qui imageraient, pour le reste de ses jours, ce qui lui était arrivé, le narguant à coup de fines lignes blanches sur sa peau déjà pâle, pensa-t-il.

Harry l'avait déjà vu nu, mais de le voir tout aussi nu, face à lui, changeait sa façon de percevoir les choses, augmentait son inconfort d'être ainsi comparé. Il déglutit difficilement. Un jour il s'était trouvé beau, attirant, mais il ne parvenait plus à se souvenir de comment cela était tellement il s'en trouvait aujourd'hui éloigné.

"Je n'aurais jamais pensé que le corps d'un autre homme pouvait être aussi… invitant." Dit Harry en plongeant son regard dans le sien, avant de le détourner, gêné par ses propres paroles.

"Jamais?" Répéta Draco avec une moue moqueuse, profitant de l'ouverture pour tenter de chasser les pensées négatives qui s'étaient propagées en lui. "Même pas après certains matchs de Quidditch… dans les douches… avec tous ces jeunes hommes musclés… se frottant les uns contre les autres…"

"Hum… je ne sais pas ce qui se passe dans les douches de Serpentard, mais je peux t'assurer que ça ne se passe pas comme ça à Gryffondor!" Pouffa Harry.

Draco rit aussi. "J'ai peut-être exagéré certains éléments, les joueurs de Serpentard ne sont pas si musclés."

Harry leva les yeux au ciel pour toute réponse et l'embrassa. Draco ne savait pas si le brun avait fait exprès de créer une diversion, sentant son malaise, mais il lui en était reconnaissant.

Il poussa un halètement lorsque, soudain, la main du brun passa sur son sexe avec une apparente nonchalance et continua sa course le long de sa cuisse, le faisant automatiquement bouger ses hanches. Il était certain que ce geste n'était pas un accident, lorsque la main frôla de nouveau son gland et qu'il ne put retenir un profond soupir. Mais, une nouvelle fois, elle ne s'y attarda pas.

La troisième fois, Draco gémit de frustration. "Tu sais que tu aurais définitivement ta place à Serpentard?"

Harry ricana à voix basse, interrompant les baisers qu'il posait sur le torse du blond pour le regarder droit dans les yeux. Le vert de ceux-ci semblait encore plus intense à Draco, si c'était possible. "Je ne vois pas de quoi tu veux parler."

Draco fronça les sourcils. "De ta main qui semble… chercher son chemin."

Le brun lui répondit par un haussement de sourcil étonné, puis son regard se voila alors qu'il agrippait cette fois carrément le sexe de son petit ami et commençait un lent mouvement de haut en bas. Draco laissa sa tête retomber sur le matelas et gémit. Il ne vit pas le sourire particulièrement coquin étirer les lèvres d'Harry.

"Tu préfères que j'arrête?" Demanda le Survivant avant de s'appliquer à lécher et à suçoter le téton du blond qui haletait sous les caresses de son amoureux qui accentuait le rythme de sa main sur son sexe.

"Non! Non… surtout pas."

Harry continua ses mouvements en délaissant le téton malmené par sa bouche. Il descendit jusqu'à son nombril, traçant le tour avec sa langue avant de descendre toujours plus bas. Draco sentit alors la langue du brun glisser sur son gland et il se redressa, soudain mal à l'aise.

"Harry… arrête."

L'interpellé s'interrompit aussitôt en se redressant. "Ça ne va pas?"

"Tu… tu n'es pas obligé de faire ça." Dit le blond sans le regarder dans les yeux.

Harry colla son front au sien. "Je sais, je ne le fais pas parce que j'y suis obligé, mais parce que j'en ai envie, voyons."

Des millions de pensées se bousculaient dans la tête de Draco, mais il n'osait en formuler aucune. Ce que lui faisait Harry quelques instants auparavant était très agréable, voire même plus, mais il ne parvenait pas à chasser ce sentiment de culpabilité qui l'étreignait.

"Tu préfères que j'arrête?" Demanda le brun.

"Je ne sais pas. J'ai envie que tu continues… mais…" Il ne savait pas comment expliquer à son petit ami ce qu'il ressentait, même s'il l'avait abordé avec sa psychiatre.

"Draco, ce qu'on fait ensemble, en ce moment, ça n'a rien à voir avec ce qu'ils t'ont fait. Rien. Tu as le droit d'éprouver du plaisir, c'est normal. Je t'aime, j'ai envie de te faire plaisir et , crois-moi, ça me fait très plaisir à moi aussi… comme tu peux le constater." L'interrompit-il en désignant sa propre érection avec un mince sourire équivoque.

Le serpentard fronça légèrement les sourcils. "Est-ce que tu viens d'utiliser la légilimencie sur moi, Harry Potter?"

"Non, tu sais bien que je n'ai aucun talent de ce côté-là… Je dirais juste que je commence à bien te connaître et que c'est, au fond, presque la même chose." Sourit-il en réponse.

Un silence.

"Je pense que je suis amoureux de toi." Répondit Draco après un moment.

"Dommage, moi qui pensait qu'on était juste des amis…"

"Bon, on est rendu au moment où je t'invite gracieusement à la fermer et à reprendre là où on en était." Le coupa l'autre avec un air digne du prince de Serpentard.

"À vos ordres, Votre Majesté." Se moqua Harry et il recommença à caresser la hampe du blond de sa main et, se penchant à l'oreille du blond, il murmura. "Je t'aime aussi, stupide serpentard."

Sans préambule, il reprit sa place entre les cuisses de son petit ami et lécha toute la longueur de sa hampe de bas en haut, faisant frémir le blond qui poussa un gémissement lorsqu'il le prit en entier dans sa bouche. C'était la première fois que le gryffondor posait un tel geste et c'était légèrement maladroit, mais le plaisir d'être ainsi prit par son petit ami le submergea tout entier et il agrippa le drap de ses doigts.

Sa respiration se fit plus profonde et il enfouit doucement ses mains dans la chevelure foncée alors que la bouche de son amoureux qui entourait son désir se faisait plus rapide et le prenait plus en profondeur. C'était bon, il ne tiendrait pas longtemps. Harry s'activa et agrippa sa propre érection, se caressant en exerçant le même mouvement que ses lèvres et sa langue sur la verge de l'autre homme.

Le plaisir de Draco montait de plus en plus, son souffle s'accélérait et il se savait près de l'orgasme.

"Harry… Je vais jouir." Avertit-il.

Le brun n'interrompit pas son va-et-vient pour autant et Draco éjacula dans sa bouche en poussant un râle de plaisir, Harry avala sans hésitation la semence de son amant et accéléra les mouvements, il était proche de la jouissance, lui aussi, tant ce qu'il venait de faire à Draco l'avait excité. Mais bientôt, les mains du blond furent sur lui et saisirent sa hampe en continuant les mouvements de va-et-vient à sa place, quelques secondes plus tard, il se déversait dans un soupir sur le ventre de Draco.

Harry les nettoya d'un sortilège sans baguette et son amoureux se pelotonna contre lui, posant sa tête sur son épaule alors qu'il le prenait dans ses bras et rabattait une couverture sur eux. Il posa un baiser dans ses cheveux et sentit le blond se détendre contre lui en soupirant de bien-être. Les mots étaient inutiles, ils ne faisaient qu'un à cet instant.


La Grande salle était particulièrement animée ce matin-là et Draco réprima un bâillement en y pénétrant. Il avait mal dormi la veille, ses médicaments avaient été changés par sa psychiatre et cela prendrait un temps de réajustement avant que on organisme ne s'y fasse. Il glissa un doigt entre le col de sa chemise et son cou, il avait l'impression d'étouffer. Ni vu ni connu, il détacha le premier bouton, dissimulé derrière le nœud de sa cravate verte et argent, se disant qu'il pouvait bien se permettre se léger relâchement. Une fois n'est pas coutume, après tout.

Il se dirigea vers la table des serpentards, non sans jeter un œil vers celle des gryffondors, mais Harry n'était pas encore arrivé. Il salua d'un geste de la main Hermione et Ginny qui lui sourirent en retour. Il remarqua que la sœur de Ron avait coupé ses longs cheveux et que ceux-ci lui arrivaient désormais à la mâchoire, il trouva que cela lui allait bien, mais il n'en dit rien.

Il se tourna ensuite vers sa table et constata avec stupeur que son amoureux y était assis et qu'il était en grande discussion avec Blaise Zabini et Astoria Greengrass qui argumentait en pointant un bagel dans lequel une bouchée avait été prise dans sa direction. Il se mordit la lèvre et se tendit imperceptiblement.

Pansy, qui était assis de l'autre côté de la table et qui le vit arriver, lui fit ce qu'il qualifierait plus d'un rictus que d'un sourire et il comprit aussitôt que ses amis n'avaient pas perdu de temps avant de demander à Harry de se joindre à eux. Ils l'avaient certainement demandé directement au brun, sachant que Draco ne le ferait sans doute pas. Ils n'avaient pas tort, car Malfoy n'avait aucune envie que son petit ami se fasse questionner et juger par ceux qu'il appelait, jusqu'à cet instant très précis, ses amis. Il prit place à côté d'Harry qui se tourna vers lui en souriant, alors qu'Astoria continuait de parler, la bouche pleine, de la meilleure tactique en cas de désavantage numérique dans un match de Quidditch.

"Bonjour…" Dit Draco en hésitant, les sourcils légèrement froncés, se demandant pourquoi Harry avait accepté l'invitation des serpentards, il le croyait plus méfiant que cela. D'ailleurs, si on se fiait à l'apparente naïveté dont il avait fait preuve en leur faisant confiance, c'était étonnant qu'il ait réussi à vaincre Voldemort, tout bien considéré.

Le regard que son petit ami le pénétra de part en part de par son intensité, tellement, qu'il y mit fin, gêné que ses amis soient témoin de ce qu'il considérait comme un échange presque intime. Il lui semblait que tout dans son attitude laissait deviner ce qu'ils avaient fait la veille, ses yeux le dévoraient du regard, ses lèvres qui s'étiraient dans un sourire complice l'invitaient à se souvenir de ce qu'elles pouvaient faire, ses mains qui étaient posées sur la table semblaient hésiter à se poser sur lui et l'enthousiasme qui se dégageait de lui à la seule constatation de sa présence finit de le charmer. Mais il n'en laissa rien paraître, au contraire, il fronça les sourcils de plus belle. Pas question de se laisser avoir.

"Bonjour. Je peux savoir ce que tu fais assis ici?" Demanda le blond d'un ton un peu plus sec qu'il ne l'aurait voulu. Il n'aimait pas les surprises et surtout, il n'aimait pas le fait que ses soi-disant amis aient pris sur eux de l'inviter ainsi.

Blaise l'interrompit, appuyant ses coudes sur la table pour mieux se pencher vers Draco. "Comme tu vois, on l'a invité à se joindre à nous, pour faire connaissance."

"C'est bien ce qui m'inquiète, oui." Répliqua-t-il, puis il sentit la main d'Harry se poser sur sa cuisse une fraction de seconde, si bien qu'il se demanda si cela venait réellement de se produire.

"Détends-toi Draco, il n'y a pas de mal." Dit le gryffondor en haussant les épaules, toujours ce même sourire bienveillant aux lèvres. Draco lui en voulait presque de pouvoir demeurer si calme en toute circonstance, lui en était incapable. Il n'appréciait pas le changement, les imprévus et tout ce qui sortait de l'ordre naturel des choses. Malheureusement pour lui, il était amoureux d'Harry Potter et ce dernier était presque une personnification du chaos et de l'imprévu.

Le blond soupira, rendant les armes. De toute manière, que pouvait-il y faire. Harry était assis, en train de manger son petit-déjeuner et il serait ridicule de lui demander de retourner à sa table à ce stade-ci. Et, pourquoi lui demanderait-il cela? Était-ce si grave qu'il soit assis avec eux? Non. Il devait se calmer, lâcher prise. Dans le pire des cas, ses amis seraient odieux avec lui et il ne voudrait plus jamais revenir manger avec les serpentards et cela règlerait, du même coup, son problème.

"Bon, maintenant que tu as fini de faire la tête, tu peux certainement nous donner ton avis sur qui gagnera la coupe cette année." Dit Astoria tout en mâchant son bagel assez peu élégamment, si bien qu'il pensa qu'après tout, peut-être qu'elle et Ron seraient un couple bien assorti tant leurs manières à table se ressemblaient d'une manière assez déplorable.

Draco leva les yeux au ciel, sentant le regard des autres sur lui, attendant sa réponse, sachant qu'il était pris entre l'arbre et l'écorce sur ce sujet sensible. "Je refuse de répondre à cela et si vous continuez à me harceler avec ça, je vous jure sur la tête de mon parrain que je vais prendre pour Serdaigle!"

Astoria fit la moue et Harry lui donna un léger coup de coude dans les côtes, Draco le foudroya du regard. Mais son petit ami ne le prit pas au sérieux et rit à voix basse en croquant dans une pomme.

Des battements d'ailes emplirent alors la salle tandis que les hiboux pénétraient dans celle-ci. Draco ne porta pas attention outre mesure, sachant qu'il y avait peu de chance qu'il reçoive du courrier, seul Remus lui envoyait parfois des présents de cette façon. Il était sans doute un peu gêné de lui donner des cadeaux en personne ou alors, il désirait que celui qu'il considérait comme son filleul se sente comme les autres qui recevaient des friandises, des lettres et divers colis de leur famille. Quoi qu'il en soit, le blond lui en était beaucoup plus reconnaissant qu'il ne l'aurait jamais admis et le remerciait à chaque fois.

Daphnée poussa un petit cri lorsque la Gazette du sorcier tomba dans son porridge, éclaboussant sa robe, avant qu'elle n'ait le temps de réagir. Ce maudit volatil ne prenait jamais la peine de s'arrêter et ce n'était pas la première fois que cela causait un tel dégât. Elle soupira rageusement en se lançant un sort de nettoyage.

Au même moment, une grosse chouette dodue se posa devant Blaise avec un colis attaché à sa patte. Harry regardait le colis avec intérêt et Draco sourit. La boîte provenait de Chez Émile, un pâtissier de renom qui venait d'ouvrir une deuxième boutique à Pré-au-Lard. Le blond était certain que cela provenait de la mère de son ami qui lui envoyait souvent des sucreries ou des desserts. Évidemment, Blaise refusait obstinément de partager, alors ils devaient lui en subtiliser en douce. Il nota l'attrait de son petit ami pour les pâtisseries, se disant que cela lui donnerait une idée pour un éventuel présent.

Il cligna des yeux et vit que Daphnée le dévisageait bizarrement. Il fronça les sourcils, puis reporta son attention sur Harry.

"Je pense que si tu continues à regarder aussi intensément cette boîte, elle va prendre feu." Se moqua-t-il.

Harry se tourna vers lui en répondant qu'il exagérait et qu'il disait n'importe quoi, mais son regard se porta ensuite un peu à droite. Draco vit qu'il regardait Daphnée et que celle-ci le dévisageait toujours, mais, cette fois-ci, son visage était rouge et ses yeux étaient remplis de détresse.

"Dra…Dra… Draco…" Commença-t-elle en bégayant.

"Qu'est-ce qu'i la fin?" Demanda-t-il, agacé par son comportement, puis il constata qu'un groupe d'étudiants assis un peu plus loin le regardaient de la même manière.

Le regarde de Theodore Nott, assis à côté de Daphnée se pencha vers la Gazette du sorcier posée devant elle et aussitôt, il releva la tête, un air choqué peint sur le visage. Curieuse, Astoria lui arracha le journal des mains et le lâcha en apercevant la première page, comme si elle venait de se brûler, comme les autres, elle se mit à le dévisager.

"Putain, qu'est-ce qui se passe?!" Se fâcha Draco en tentant de prendre le journal, mais Theodore le reprit brutalement, le déchirant en partie au passage.

"Non!" Dit-il. "Il vaudrait mieux que tu…"

Mais il n'eut pas le temps de finir sa phrase que le niveau sonore des conversations explosa dans la Grande salle au fur et à mesure que les regards se tournaient vers Draco qui sentit un frisson le traverser douloureusement, comme la lame affutée d'un couteau. Il arracha le journal des mains d'une élève de première année assise près d'eux et qui le dévisageait comme une idiote.

Son sang se glaça.

En première page se trouvait une vieille photo de lui avec en haut un titre qui prenait toute la largeur de la page : PRIMEUR AU DOSSIER DES PROCÈS DE MANGEMORTS : Draco Malfoy aurait été victime d'un viol collectif lors de son intronisation comme mangemort!


Note de l'auteur :

Chers lecteurs,

J'espère que ce chapitre vous aura plu. Une lectrice m'avait demandé de rajouter des passages avec Ron, Hermione, Theodore et Blaise et je suis retournée travailler mes chapitres pour ce faire, c'est pourquoi la publication a mis plus de temps que d'habitude. Mais je suis bien contente du résultat, finalement!

En passant, j'ai écrit un petit OS pour ceux que ça intéresse sur la relation BDSM de Remus et Severus, juste pour le plaisir.

Merci de me lire et de commenter,

xxx

Harley