Titre : Un avenir pour le moins surprenant...

Auteur : BlackDeepShadow

Rating : M

Genre : Romance/Humour

Avertissement : SLASH DMHP donc homophobe s'abstenir

Disclaimer : Rien à moi, tout à J.K Rowling

Beta: Version non corrigée


Merci à : Sorciere6174 ; marielamalice ; chaniechan69 ; lily69230 ; haruhi-kyouya ; Marjo76 ; Chrome-chan96 ; azpha ; umiko13 ; brigitte26 ; Roxie-Rix ; miruru-sensei ; zalna ; Haru-carnage ; Reapersis ; reved-evasion ; Gawenessie ; sasu-hime ; Lassa-Liam ; Drarryamourforever ; Nanou44 ; Humeur Vagabonde ; Samyye33 ; himechu95670 ; Phoenix Fantasy ; Vampire1803 ; Aniar (x2) ; Smells like spirit ; SAM ; amazonepotter ; Hermine noire ; Kay Snape ; placid ; Black-snape ; pour votre review sur le chapitre précédente

ainsi qu'à Guest (chap 7)

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RAR :

Black-snape : Merci pour ta review ! Pour continuer dans ta réflexion, il ne me semble pas que Draco ait insulté Charlie non plus en début d'année ;)

amazonepotter : Oui, j'ai bien reçu ta review précédente, ne t'inquiète pas. Hypothèse qui tient plutôt bien la route à propos de la maladie de Ron. Mais tu comprendras que je ne peux ni l'infirmer ni la confirmer ;)

Drarryamourforever : Déjà merci pour ta review mais je ne peux pas répondre à tes questions parce que je spolierais une partie de mon histoire ^^ Simplement, pour ta dernière question ''a un moment dans la fiction (je sais plus ou) un mec ou une fille on sait pas dit que en gros quelqu'un lui a piqué son amour et qu'il va lui faire payer. C'est qui?'', ce n'est pas Lavande dont il s'agit ? De mémoire, c'est la seule qui a dit quelque chose du genre à Blaise à propos de Ron. Mais elle a déjà essayé de prendre sa revanche et Blaise la remise à sa place.

Gawenessie : Je ne suis pas trop Grey's anatomy alors je te crois sur parole ^^ Mais elle doit être marrante comme personnage.

Umiko13 : J'aurais au moins compris que Killian est vraiment l'un de tes personnages préférés ! Ça me fait vraiment plaisir étant donné qu'il sort tout droit de mon imagination ^^ J'espère qu'il en sera ainsi jusqu'à la fin de ma fic et que je n'écrirais rien qui le fera descendre dans ton estime. Mais il va quand même avoir un peu de Val/Jay dans certains des prochains chapitre pour faire plaisir à tous mes lecteurs qui aiment beaucoup le couple.

Marjo76 : Merci pour la longue review que tu m'as écrite – et ce même si tes cours débutaient dans quelques heures. Christopher jaloux de Xavier ? Pas pour le moment en tout cas. Peut-être plus tard selon la direction que prendra le trio Xavier/Killian/Christopher. Pour le développement de l'intrigue autour d'Ézéchiel, je vais essayer d'en parler quand le gros de l'intrigue SS/SB sera passée ^^

Humeur Vagabonde : Non tu n'es pas la seule fan d'Ézéchiel et Scott. Je vais essayer de les inclure un peu plus plus loin dans ma fic mais pour le moment, ils ne sont pas ma priorité.

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Bonne lecture à tous !


NB: Au vu des reviews que j'ai reçues, je tiens à préciser que le lemon du chapitre précédent était, bien entendu, un fantasme de Sirius. Non, il ne s'est pas levé en pleine nuit pour se glisser dans les draps de Severus et lui faire sauvagement l'amour, et Severus ne s'est simplement laissé faire. Même si ça aurait fait plaisir à bon nombre d'entre vous ;)

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Chapitre 44 : Heat

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Pour la énième fois, Sirius s'aspergea le visage à coup de trombe d'eau glacée. Une fois qu'il eut terminé, il s'appuya contre le lavabo et se regarda dans le miroir. Il avait vraiment une mine de déterrée ! Avec ses yeux dilatés et alertes qui ne tenaient pas en place, les épaisses cernes qui les soulignaient et son teint livide... Mais étant donné les nuits qu'il passait, ce n'était pas surprenant.

Il commençait à en avoir vraiment marre ! Encore et toujours, il faisait les mêmes fantasmes. Différents décors, différentes positions, différents accessoires... mais même personne. Même cheveux noirs, même peau pâle, mêmes courbes... Il était toujours dans l'incapacité de voir son visage et il le besognait chaque fois vivement comme un forcené. C'était toujours violent, brutal et puissant. Il ne lui faisait pas l'amour non, il le baisait purement et simplement. Le rêve qu'il avait fait l'avant-veille en était un parfait exemple ! Si l'objet de son fantasme n'avait pas été consentant, il aurait commis un viol en bonne et due forme... ! Que ce soit bien clair, il avait déjà eu des rapports sexuels brutaux mais ... C'était un peu poussé dans la domination ! On aurait dit qu'il... qu'il voulait vraiment lui faire du mal – en même temps que de lui faire du bien. Comme s'il voulait lui faire... payer quelque chose.

Sirius poussa un long soupir plaintif en passant ses mains dans ses cheveux mouillés.

Malgré tout, l'acte n'était pas moins lourd de sens et de beauté à son sens. Chaque coup de rein, chaque parole perverse susurrée à son oreille, chaque caresse un peu brusque, chaque suçon et petite morsure, tout était destiné à lui faire comprendre le même message. Et chaque cri de jouissance provenant de son amant, chaque cambrure de ses reins, chaque crispation de ses muscles, était une récompense pour l'animagus qui gagnait encore plus en ardeur.

Sirius ferma doucement les yeux. Merlin que ça avait été bon ! La meilleure partie de sexe possible, même s'il s'agissait d'un fantasme. Et Sirius voulait que ça reste juste ça : un fantasme.

L'ex-détenu rouvrit lentement ses yeux et les posa sur son sexe qui – malgré ses masturbations précédentes – commençait à durcir. Le problème, c'était son fantasme commençait à avoir des semblants de réalité... comme l'odeur de pain d'épice. Et la veille, il avait besogné son fantasme mystère dans un décor qui lui rappelait étrangement les appartements du potioniste. Il l'avait pris sur le même fauteuil sur lequel ils avaient sympathisé le soir de la Saint-Valentin...

Inconsciemment, il serra les poings à s'en faire blanchir les jointures, ferma ses paupières aussi forts que possible et un odieux juron sortit de sa bouche.

Plus les nuits passaient, plus son fantasme secret prenait les traits de Severus et ça ne lui disait rien de bon. Être en manque et fantasmer sur une personne dont il ne pouvait voir le visage passait encore mais être en manque et fantasmer sur une personne qu'il connaissait très bien et croisait sans arrêt... ça craignait vraiment. Ça craignait vraiment parce qu'à présent, au lieu de faire une fixette sur un anonyme... il commençait à faire une fixette sur quelqu'un en chair et en os.

Il ferma ensuite les yeux tellement forts que ses cils disparurent presque en totalité. Un peu perdu dans ses pensées, il décida de les mettre toutes de côté. Il reprit ainsi profondément sa respiration, s'habilla rapidement et sortit de la salle de bain. Il fut à peine surpris de voir Remus, tranquillement installé sur son lit, le nez plongé dans un livre. En l'entendant arriver, il leva les yeux sur lui.

« Wouha ! s'exclama-t-il en en notant la mine de déterrée de son ami. Eh bah merde alors, est-ce que tout va bien ? »

Seul un gargouillis plaintif et inintelligible sortit de la gorge de l'ex-détenu qui vint s'effondrer près de son ami.

« Fantasme ? » devina le lycanthrope.

Sirius n'eut même pas besoin de lui répondre.

« Mais ce n'est pas tout... poursuivit Remus. Qu'est-ce qui a changé ? »

Les lèvres pincées, Sirius hésita à parler. Il n'aimait pas trop l'idée de parler à Remus d'un problème qu'il ne comprenait pas lui-même mais... en même temps peut-être que son ami pourrait l'aider à y voir plus clair. Ou peut-être qu'il allait se servir de cette information pour se foutre de sa gueule...

Son visage se renfrogna.

« Tu te souviens de ce que je t'ai dis à propos de... de l'odeur de Severus ? lui demanda-t-il néanmoins.

_ À propos de son odeur de pain d'épice caramélisé ?

_ Oui. Eh bien... »

Sirius n'eut pas besoin de terminer sa phrase pour que Remus comprenne de quoi il s'agissait.

Un large sourire étira le coin de ses lèvres et il ne put réprimer un petit rire qui lui valut d'être fusiller du regard par son ami.

« Tu fantasmes sur Severus !

_ Non ! réfuta immédiatement Sirius. Non, bien sûr que non ! C... C'est juste que mon fantasme... prend quelques-uns de ses traits... Et qu'on baise dans des endroits qui ont un rapport avec lui..., ajouta-t-il dans sa barbe.

_ Tu fantasmes sur Severus ! répéta Remus

_ Tu vas un peu arrêter de dire des conneries ! Je ne fantasme pas sur... »

Remus roula des yeux.

« Par pitié arrête ! Tu ne peux pas faire l'autruche à ce point ! La peau pâle, les cheveux noirs, l'odeur de pain d'épice et maintenant ses appartements ! Ton fantasme est entrain de virer sérieusement sur Severus... Non, ton fantasme a déjà viré sur Severus !

_ …

_ Mais ce n'est pas grave ! dédramatisa aussitôt le lycanthrope. Tu es majeur et vacciné, tu peux donc fantasmer sur qui tu veux ! Qui plus est, il n'y a pas des masses d'adultes sexy à Poudlard sur qui un célibataire en rut comme toi pourrait fantasmer... »

Sirius tiqua à ces mots.

« Tu... tu trouves que Severus est sexy ? balbutia-t-il, incrédule.

_ Pas toi~ ? minauda Remus en haussant un sourcil interrogateur. »

Les joues de l'animagus rosirent.

Remus savait pertinemment que son ami trouvait le potioniste sexy. Mais il espérait que le fait de le dire lui-même à haute voix donnerait en quelque sorte l'autorisation à son ami de le trouver également sexy et d'assumer de fantasmer sur lui à tout va !

« Euh... je... eh bien... O... Oui, bafouilla l'animagus. Enfin, c'est vrai qu'il n'était pas canon au temps de Poudlard mais il s'est vachement amélioré !

_ Ah oui tu trouves ? Hum, j'en ai pas l'impression. Il était pareil au temps de Poudlard.

_ Tu veux dire que... même au temps de Poudlard tu trouvais Severus... sexy ?

_ Moui enfin... je suis hétéro alors je ne peux pas vraiment l'affirmer, mais il ne pouvait pas être affreux et avoir autant de conquêtes...

_ Autant de conquêtes ? réagit aussitôt l'ex-détenu. Qu... Qu'est-ce que tu veux dire par là ? »

Un sourire discret se dessina sur le visage de Remus. Ah jalousie quand tu nous tiens !

Le lycanthrope s'empressa néanmoins de prendre une expression neutre.

« Bah... qu'il sortait avec pas mal de monde à Poudlard, répondit-il nonchalamment. Enfin, en tout cas, il couchait avec pas mal de monde à Poudlard... »

Comme il s'y attendait, le visage de Sirius perdit beaucoup de sa couleur à ces mots.

« Co... Comment tu... » Son visage s'illumina d'un coup. « Tu sentais les odeurs de ses conquêtes sur lui, c'est ça ?

_ Exactement.

_ J'aurais dû le savoir ! Pourquoi est-ce que tu ne m'en as jamais rien dit !

_ Pourquoi je l'aurais fait ? Pour que tu aies encore plus d'arguments pour le tourmenter ? »

Le visage de l'animagus s'assombrit aussitôt et il baissa la tête, penaud.

« Tu as raison, marmonna-t-il. Encore heureux que tu ne m'as rien dit... Mais maintenant, je ne le tourmente plus~..., minauda-t-il avec les yeux pétillants de malice. Alors tu pourrais me dire avec qui il a couché...

_ Non.

_ Oh mais pourquoi ?

_ Parce qu'il s'agit de sa vie privée !

_ Et alors ? Je suis ton meilleur pote ! Tu peux bien me le dire !

_ Non.

_ Mais pourquoi ?

_ Parce que tu fais des fantasmes plutôt malsains à son propos tous les soirs ! »

Sur cette dernière petite pique et un sourire moqueur, Remus se leva du lit et retourna dans le salon dans l'intention de se trouver quelque chose à manger.

« Mes fantasmes ne sont pas malsains ! hurla Sirius sous les éclats de rire de son meilleur ami. »

Ils étaient justes un peu brutaux ! Ça n'avait rien de malsain, si ?

Si ?

Un horrible grognement s'échappant de sa gorge, Sirius enfonça sa tête dans son oreille.

HPDMHPDM

La respiration courte, la main tremblante et le regard pétillant d'excitation et de lubricité, Draco tourna lentement la 23e page du livre de photos érotiques que sa moitié lui avait offert pour la Saint-Valentin. Un gémissement lascif s'échappa aussitôt de sa gorge et il sentit son sexe se gorger un peu plus de sang dans sa prison de tissu.

Sur l'image, Harry était quasiment nu. Dos à lui et à genoux sur une plate-forme où était fixée une barre de pool-danse – le brun l'avait utilisée pour la 22e photo – il s'était penché en avant et écartait ses fesses à l'aide de ses mains. L'appareil photo était suffisamment proche de lui pour que Draco puisse avoir une vue plongeante sur le vibromasseur vert et argent qui exécutait de lui-même un vif va-et-vient dans l'intimité du Gryffondor. Ce dernier était couvert d'une fine pellicule de sueur, son anus était rouge et un peu de lubrifiant coulait sur l'intérieur de ses cuisses.

Sans même s'en rendre compte, les dents du Serpentard se plantèrent vivement dans sa lèvre inférieure. Merlin que ça pouvait l'exciter de voir l'objet sexuel aux couleurs de sa maison pénétrer ainsi son brun. Et Merlin qu'il aurait adoré être là ! Il avait la folle envie de sauter dans l'image, de retirer le vibromasseur et de le remplacer par son propre sexe ! Ça le frustrait de savoir que son Lion avait pris son pied sans lui !

La position de Harry lui permettait également de voir le drôle de tissu, également vert et argent, qui emprisonnait son sexe gorgé de sang. Draco savait qu'il massait son érection à sa place étant donné qu'il n'avait pas les mains libres. Il était également resserré à la base afin de l'empêcher de jouir.

Draco le connaissait suffisamment pour savoir que le corps de son amoureux devait être consumé par le désir. Son visage reflétait d'ailleurs parfaitement bien cet état ! Ses yeux mi-clos étaient trop embués pour lui permettre de voir quoique ce soit, ses joues étaient rouges, sa respiration courte et haletante et un filet de salive coulait sur son menton.

L'Héritier Malfoy regretta une énième fois de ne pas avoir le son, mais il savait très bien que Harry était entrain gueuler comme un malade. Le brun gueulait toujours comme un malade dans ces situations-là ! Le Gryffondor lui avait confié avoir imaginé qu'il était avec lui et qu'il avait crié son nom encore et encore, jusqu'à ce que l'éjaculation ne le libère de tout ce désir accumulé et qu'il soit fauché par l'orgasme.

Merlin que Draco pouvait très bien l'imaginer ! Harry hurlant son prénom à s'en abîmer les cordes vocales ! Le suppliant d'accélérer, d'y aller plus fort... ! Lui, se repositionnant correctement derrière lui afin d'avoir un meilleur angle !

Il avait déjà trouvé ce qu'il voulait comme prochain cadeau : que Harry refasse devant lui toutes les photos qu'il avait prises. Là, il pourrait le toucher, l'embrasser, sentir son odeur et l'amener lui-même à la jouissance quand son brun n'en pourrait plus !

Un goût métallique envahit la bouche du Serpentard mais il ne s'en préoccupa pas. Au lieu de ça, il déboutonna son pantalon. Il s'apprêtait à baisser la braguette quand il entendit la porte du dortoir s'ouvrir. Il l'ignora jusqu'à ce que le nouvel arrivant fisse fît de ses rideaux fermés, qu'il les ouvre d'un seul geste et – sans même prêter attention au fait que le blond était clairement sur le point de se masturber – s'asseye à ses côtés.

« Blaise, comme tu peux le voir, j'étais sur le point d'être occupé, là, grogna-t-il entre ses dents sans prendre la peine de lever les yeux. Alors non, je ne te dirai pas avec lequel des Weasley j'ai couché. Sur ce, tu peux disposer. Ou encore mieux : va me chercher Harry. »

Comme Blaise ne bougea pas, Draco se résolut à le regarder et l'expression sérieuse et inquiète du basané le coupa aussitôt dans son excitation.

« Qu'est-ce qu'il y a ? s'enquit-il en fermant son livre. »

Le Serpentard noir poussa un petit soupir avant de s'avancer sur le lit afin de pouvoir s'adosser au mur.

« J'ai besoin de conseils.

_ Je t'écoute.

_ … Alors voilà ! Ron… me cache quelque chose…

_ Et tu n'as pas encore réussi à le faire plier ? pouffa Draco. Ça m'étonne de toi. »

Des traits douloureux imprégnèrent le visage de Blaise.

« Oh je vois, reprit le blond. C'est grave. »

Blaise acquiesça.

« Plutôt oui. Et je ne veux pas risquer de le blesser en utilisant la... méthode Zabini sur lui.

_ De quoi est-ce qu'il s'agit ?

_ …

_ Je vois..., grommela sombrement l'Héritier Malfoy.

_ Dis-toi juste que si j'ai raison, c'est grave.

_ Pour lui ou pour toi ?

_ … Ceci étant dit, je ne sais pas comment aborder le sujet sans qu'il se sente agressé et se mette sur la défensive, poursuivit Blaise en ignorant le soupir agacé de son ami. »

Il savait que s'il lui disait dès maintenant qu'il pensait être la personne de la prémonition de Trelawney, Draco allait immédiatement se mettre à flipper et à culpabiliser d'être la raison pour laquelle Voldemort l'avait mis sur liste noire.

C'est la raison pour laquelle il soutint le regard dur de son ami pour lui faire comprendre qu'il n'en dirait pas plus.

Après plusieurs secondes de lutte silencieuse, Draco capitula.

« Si c'est vraiment grave et qu'il ne veut vraiment pas t'en parler, quoique tu fasses, il se mettra sur la défensive et essaiera de changer de sujet, dit-il. Weasley n'est pas comme moi, tu ne lui tireras pas les vers du nez en lui braillant dessus alors...

_ La méthode douce ? devina Blaise.

_ La méthode douce. Soit insistant, ne le laisse pas prendre la fuite ou changer de sujet. Soit ferme mais calme et gentil. Même s'il te supplie...

_ Quoi ? s'enquit le basané en voyant le regard insistant que lui ami lui décocha.

_ Même s'il te supplie.

_ Qu'est-ce que c'est censé vouloir dire ?

_ Que mon très cher ami Serpentard a tendance à se transformer en guimauve absolu quand son rouquin lui fait les yeux doux. Alors si son rouquin se met à pleurer, je crains que ce même ami Serpentard abandonne aussitôt... »

Blaise opina en silence. Draco avait raison. Il s'agissait d'un sujet sensible et douloureux, et ça ne l'étonnerait pas que son rouquin se laisse submerger par l'émotion et se mette à pleurer. Et si l'amour de sa vie craquait devant lui... Blaise ne savait pas du tout s'il réussirait à ne pas plier.

Il détestait le voir triste. À la seule pensée de voir ses yeux s'embuer, son cœur se serra dans sa poitrine, sa gorge se noua et un goût amer envahit sa bouche.

Mais là, il ne s'agissait pas de savoir qui prendrait le dernier chocolat praliné de la boite. Là, c'était vraiment grave.

« Je me forcerai.

_ Okay. N'oublie pas : gentil mais ferme.

_ Hun. »

Draco dévisagea son ami pendant un instant. Ce dernier semblait clairement inquiet et angoissé. Il ne savait pas quel était le problème avec Ron, mais il espérait qu'il se réglerait rapidement. Il détestait voir son ami dans cet état sans pouvoir rien faire pour l'aider à aller mieux !

« Blaise...

_ Hun ?

_ Tu auras pu arriver à cette conclusion toi-même. Tu n'avais pas vraiment besoin de moi. Alors... pourquoi tu es venu ? »

L'Héritier Zabini poussa un petit soupir. Il savait bien Draco allait le percer à jour.

Relevant ses jambes contre son torse, il passa ses bras autour de ses genoux et y posa son menton.

« Je crois bien qu'on va avoir notre première vraie dispute, se lamenta-t-il. Alors...

_ Oui, ça vaut le coup ! lui répondit Draco sans hésiter. Même s'il pleure, même s'il t'en veut, même si vous vous engueulez comme pas permis, ça vaut le coup. Ne lâche pas l'affaire !

_ … Tu as raison.

_ Bien sûr que j'ai raison ! Et dis-toi bien une chose : première dispute veut aussi dire première réconciliation sur l'oreiller~. Et crois-en quelqu'un qui n'arrête pas de s'engueuler avec son petit-ami, il n'y a rien de meilleur que le sexe de réconciliation ! »

Un faible sourire un coin se dessina sur les lèvres du Second Apollon de Poudlard.

« Merci.

_ Il n'y a vraiment pas de quoi. »

En pensant à la conversation difficile qui attendait le couple, Draco en vint à penser à la conversation difficile qui l'attendait, lui. Et ce, malgré ses maintes tentatives pour toujours la remettre au lendemain.

Pour le moment, Harry le laissait tranquille mais il se doutait bien qu'il n'avait pas oublié.

Il était lui-même de plus en plus impatient d'en savoir plus à propos de ses cauchemars et il redoutait la prochaine fois que son brun en ferait un, étant donné qu'il était sûr qu'il ne lui dirait rien. Pas sans qu'il lui parle de ses lettres. Donc... il fallait qu'il lui parle de ses lettres pour que Harry lui parle de ses cauchemars et que la prochaine fois qu'il fait un cauchemar il lui en parle.

C'était le plan parfait. À l'exception que Draco n'avait pas du tout envie de lui parler de ses affreuses lettres...

« Harry.

_ Hum ? fit le blond en sortant de ses pensées en un sursaut.

_ Tu penses à Harry. Et à ses lettres. »

Draco se renfrogna aussitôt. Pourquoi fallait-il que le basané le connaisse aussi bien ?

« Parce que je suis ton meilleur ami depuis tes quatre ans.

_ Je déteste quand tu fais ça, bougonna le blond dans sa barbe.

_ Je sais~. Alors où ça en ait avec tes lettres ? » La petite mine de l'Héritier Malfoy suffit pour répondre à sa question. « Il faut que tu te lances.

_ Je sais.

_ Tu ne peux pas tourner autour du pot éternellement.

_ Je sais.

_ Harry finira par faire un autre cauchemar et ça te tuera de l'intérieur de ne rien pouvoir faire pour l'aider simplement à cause de ça.

_ Je sais putain ! Mais je... Comment veux-tu que je lance le sujet, hein ? Par quoi je commence ? Comment je suis censé lui dire tout ça ? Qu'est-ce qu'il veut que je lui dise, hein ?

_ Hum... Quand Harry avait fait son cauchemar, qu'est-ce que tu auras voulu qu'il te dise ?

_ Euh... Sur quoi il était, est-ce qu'il était différent de d'habitude, qu'est-ce que je pouvais faire pour l'aider à se sentir mieux... Ce genre de truc.

_ Eh bien tu as la réponse à ta question ! C'est aussi ça que Harry veut de ta part.

_ Il est hors-de-question qu'il lise l'une de mes lettres ! s'exclama Draco. »

Blaise poussa un petit soupir las.

« Dray, je sais que tu t'inquiètes énormément pour Harry. Je sais que ça te tuerait si tu lui faisais le moindre mal et je sais que tu veux le protéger plus que tout au monde. Mais tu dois lui faire confiance...

_ Je lui fais confiance !

_ Tu dois avoir confiance en sa force mentale. » Blaise posa une main qui se voulait réconfortante sur le bras de son ami. « Et par dessus tout, tu dois le laisser entrer dans ta coquille de diamant comme tu m'as laissé entrer, moi. »

Parce qu'après tout, il était bien là le fond du problème. L'épaisse carapace en diamant qu'il s'était forgé quand il était petit et qui ne laissait entrer personne. Parce qu'il était un Malfoy, parce qu'il ne pouvait montrer aucun signe de faiblesse et blablabla. Mais il était temps que le blond mette toute cette éducation de côté et qu'il fasse de la place pour son Lion. S'il voulait que leur relation fonctionne, il ne pouvait pas éternellement garder pour lui tout ce qui n'allait pas.

« Mais je l'ai laissé entrer ! se défendit Draco. Je l'aime comme un fou et il le sait.

_ Je ne parle pas de ça, Dray. Imaginons qu'un jour tu craques. Rien ne va plus, tu n'as plus le moral, tes pensées sont sens dessus dessous... Qui tu vas voir ? »

Lui, bien sûr.

« Et pourquoi moi au lieu de Harry ? »

Parce que le brun ne devait pas le voir dans cet état de faiblesse.

Draco pinça ses lèvres tellement fort qu'elles disparurent pratiquement.

« Tu sais quoi ? reprit le basané. On va faire un pacte. Comme quand on était petit... Je parle à Ron – même si on va certainement se disputer – et toi tu parles à Harry. Tu n'es pas obligé de lui montrer tes lettres, ni d'aller dans les détails mais... commence déjà à lui dire quelque chose. Même si ça ne dure que cinq minutes...! Comme à t'ouvrir un peu à lui. Tu sais que c'est la seule chose qui le chiffonne vraiment dans votre relation... On dit qu'on a... une semaine maximum, d'accord ? »

Blaise lui tendit la main.

Draco la regarda comme s'il s'agissait d'un cadeau empoisonné. Son cerveau tournait à plein régime. En quelques microsecondes, il trouva plus d'excuse qu'il n'en fallait pour mettre la proposition dans la colonne des mauvaises idées. Il n'en trouva qu'une pour la mettre dans la colonne des bonnes idées : il aimait Harry. Il était fou amoureux de son petit Lion et il savait que plus les années passeraient, plus son comportement lui ferait du mal. Et c'était bien la dernière chose dont il avait envie.

Blaise avait raison. Il fallait qu'il se bouge le cul.

Il décida donc de lui serrer la main. Ils tapèrent ensuite leur poing l'un contre l'autre avant de l'ouvrir et de l'éloigner en faisant un bruit d'explosion avec leur bouche. Pour finir, ils tracèrent une croix sur leur cœur avec deux de leurs doigts.

« On devient vraiment trop vieux pour faire ça..., grommela Draco alors que Blaise riait doucement. »

xx

« Pour la dernière fois, la réponse est non ! Fiche-moi la paix avec ça !

_ Mais allez quoi ! Je suis ton meilleur pote !

_ Ce n'est pas une raison ! »

Ron avait haussé la voix. Ce qui lui valut un regard noir de la part de Mme Pince.

« Pardon, marmonna-t-il en ayant la décence de baisser les yeux. »

Il se glissa ensuite de l'autre côté de l'étagère afin de ne plus être dans son champ de vision.

« Mais enfin qu'est-ce que ça change que je sache ou non ? chuchota Harry. Je suis ton meilleur pote !

_ Ce n'est pas une raison pour que je te dise la taille de la queue de mon petit-ami quand il bande ! »

Encore une fois, Ron avait un peu haussé la voix dans son agacement. Cette fois-ci, il n'attira pas l'attention de Mme Pince mais celle de deux jeunes filles de Serdaigle qui se mirent à glousser à mi-voix en jetant un coup d'œil intéressé dans sa direction. Elles s'empressèrent de détourner leur regard mais Ron savait qu'à présent, elles avaient l'oreille tendu.

Levant les yeux au ciel, il s'éloigna de plusieurs pas.

« Je ne comprends vraiment pas pourquoi tu es si secret avec ça ! Je ne te dis pas de le crier sur tous les toits, juste de me le dire à moi ! À moi et à moi seul !

_ Mais parce qu'il s'agit de mon petit-copain ! siffla Ron. Sa queue ne concerne donc que lui et moi.

_ Ton petit-copain~..., minauda le brun. On est possessif à ce que je vois.

_ Bien sûr que je suis possessif ! Blaise est à moi ! Et toutes les parties de son corps sont également à moi et à personne d'autre !

_ O... kay... Mais tu sais, le fait que ce soit un si grand secret participe aussi à la curiosité générale ! Si la taille du sexe de Blaise était de notoriété public, personne ne t'emmerderait avec !

_ Je reste sur mon idée de départ. »

Le visage de Ron s'éclaira quand il trouva le livre sur les potions qu'il cherchait. Il s'en saisit et se tourna vers son meilleur ami.

« Et puis que je me souvienne, tu n'étais pas si curieux quand je sortais avec Hermione ! Tu ne m'as jamais demandé... quel bonnet elle est faisait ou la sensation d'être dans son vagin !

_ Ew ! s'indigna Harry. C'est vraiment dégoûtant !

_ Tu vois...

_ Mais ce n'est pas pareille ! Hermione est comme une sœur pour moi !

_ Blaise n'est pas comme un frère pour toi ?

_ Hum... Pas de la même façon ! Hermione est une sœur de sang et... Blaise est un frère par alliance sur qui... il n'est pas si étrange de fantasmer... »

Abasourdi, Ron resta un moment sans rien dire, la bouche légèrement entrouverte.

« À quel moment es-tu devenu si pervers ? finit-il par dire en un souffle.

_ Je ne suis pas un pervers ! s'offusqua le brun.

_ Oh, ça me revient, poursuivit Ron sans prêter attention à ses paroles, depuis que tu sors avec Malfoy.

_ Ha, ha. Et pour ta gouverne, sache que Dray n'est pas...

_ Avant de terminer cette phrase, le coupa le rouquin, fais-moi le plaisir de te rappeler de ce qu'il t'a fait la dernière fois que vous avez couché ensemble. »

Harry s'exécuta. La dernière fois qu'il avait couché avec son blond...

Un sourire graveleux étira les coins de ses lèvres alors que son regard se perdait dans le vide. Merlin qu'il avait pris son pied ! Il sentait encore la chaleur du sexe de son amant qui fourrageait vivement en lui, ses halètements et ses paroles perverses au creux de son oreille, la crème dont il avait enduit son sexe et son intimité, l'objet si particulier qui...

Les joues du Survivant s'enflammèrent d'un seul coup.

« Ah tu vois que j'avais raison !

_ Dray n'est pas un pervers ! le détrompa Harry. Il est... un peu coquin...

_ Oh oui ! Tellement coquin que le week-end dernier ton corps était couvert de suçons et de morsures et que Malfoy avait dû te porter jusqu'à la salle de bain parce que tes jambes ne te portaient plus ! »

Harry ouvrit la bouche pour protester mais il la referma avant d'avoir dit quoique ce soit.

« Bien, grommela-t-il en croisant boudeusement ses bras contre son torse. Mais on verra dans quel état tu te retrouveras toi quand Blaise passera aux choses sérieuses.

_ Qu... Qu'est-ce que tu veux dire par là ? »

Le teint de Ron était devenu soudainement très pâle et de la crainte ainsi que de l'angoisse transparurent de ses yeux.

La bouche de Harry se tordit en une grimace. Il n'aurait peut-être pas du dire ça...

« Rien, dit-il précipitamment.

_ Non tu... Tu penses qu'il... qu'il voudra... faire ce que tu fais avec Malfoy... avec moi ? bafouilla-t-il.

_ Ron, je suis sûr que Blaise est pleinement satisfait sexuellement avec toi !

_ Oui... Pour le moment... »

Le visage du rouquin s'assombrit alors qu'il fixait la pointe de ses chaussures.

« Ron... »

Il lui fit signe de se taire d'un simple geste de la main.

Après tout ce qui s'était dit lors des dîners, Ron était maintenant sûr que question sexe, les goûts de Blaise se rapprochaient beaucoup de ceux de Malfoy – même s'il s'en doutait avant même de sortir avec lui. Et tout le monde savait que Malfoy avait des goûts... plutôt particuliers. Mais heureusement pour lui, Harry le comblait totalement et il était sûr que ça le poussait à explorer toujours plus loin.

Pour le moment Blaise semblait pleinement satisfait par lui mais... est-ce qu'il allait finir par regretter sa vie sexuelle d'avant et vouloir... aller plus loin avec lui ?

Ron ne savait pas s'il allait pouvoir l'assumer aussi bien que Harry !

« Ron...

_ Tu crois qu'il va finir par se lasser ? s'enquit brusquement Ron.

_ Mais non...

_ Après tout, se serait plutôt logique ! Il avait l'habitude de faire ce que tu fais avec Malfoy avec ses conquêtes et à présent... c'est retour aux bases !

_ Il n'y a rien de mal avec les bases !

_ Ça lui convient maintenant parce qu'il ressort d'un long moment d'abstinence, mais... tu crois qu'il finira par se lasser ?

_ R... Ron je... je ne sais pas...

_ Combien de temps Draco a tenu avant de... d'arrêter les basiques ? »

Harry partit un moment dans ses souvenirs.

Il se souvint du sexe gorgé de sang se frottant lascivement contre ses fesses. De son anus dilaté, impatient, d'en avoir plus. De ses cuisses poisseuses de sperme provenant d'un précédent rapport. De son blond qui attachait fermement ses poignets aux montants du lit avant de balader ses mains sur l'ensemble de son corps, ainsi que d'une longue tirade :

« Je vais te nettoyer toute la nuit. Je vais te baiser Harry. Jusqu'à ce que le putain de soleil se lève. Je vais te prendre encore et encore, tant et si bien que tes parois seront en feu. Je vais laver toutes traces d'un passage autre que le mien. Je vais faire en sorte que la seule présence dont ton corps se souviendra soit la mienne. Je vais jouir en toi. Je vais te remplir avec ma semence jusqu'à ce que tu t'en empreignes complètement. Après tout, tu es une grosse cochonne Harry, je sens qu'on va bien s'amuser. Mais par-dessus tout, je vais te faire oublier le nom de ces connards. Et je te jure que tu verras où était le mal. »

Un agréable frisson le traversa de part en part et il se mordit pensivement la lèvre inférieure. Merlin que ça avait été bon !

« Pas longtemps, conclut-il. Mais ce n'est pas pareil. Ce n'était pas ma première expérience avec un homme et j'avais déjà... essayé quelques trucs avec mes ex.

_ Oui, moi j'étais vierge donc il y est allé mollo mais... il va finir par s'ennuyer, hein ? »

Harry fit la moue et Ron poussa un petit soupir en baissant les yeux une nouvelle fois.

« Ron, il ne te demandera rien tant que tu ne serais pas prêt, le rassura le brun. Et il ne te trompera jamais !

_ Je sais ! Il va simplement se contenter d'être... malheureux au lit ! »

Harry fit la moue.

Les deux amis restèrent un moment en silence, appuyés contre les rayons de la bibliothèque avant que le brun ne reprenne la parole :

« Tu sais, tu n'es pas obligé de commencer fort directement ! Tu peux... commencer petit...

_ Commencer petit ?

_ Oui, par de petits trucs. » Ron semblait toujours ne pas comprendre. « Des petits objets..., des petits accessoires... Rien de bien méchant juste quelques ustensiles pour... pimenter un peu votre vie sexuelle.

_ … Des ustensiles... comme quoi ?

_Oh ! Maintenant tu es d'accord pour qu'on parle de ta vie sexuelle ! se moqua Harry.

_ Harry...

_ Quoi ? Avant ce n'était qu'entre Blaise et toi mais maintenant je peux en faire partie !

_ Okay, qu'est-ce que tu veux ? bougonna Ron. »

Le sourire coquin de Harry suffit à répondre à sa question.

Ron leva les yeux au ciel.

« Sérieusement ?! Harry !

_ Quoi ?

_ Mais merde ça t'apporte quoi de savoir ? Ginny avait raison ? C'est pour avoir plus de détails lors de tes fantasmes ? »

Harry roula des yeux.

« C'est juste de la curiosité !

_ De la curiosité mal placée..., grogna Ron.

_ Peu importe. Tu la veux mon aide ou non ?

_ … Tu sais quoi ? Je n'arrive pas à croire que tu me fasses du chantage alors que ma vie amoureuse est sur une pente glissante ! Tu ne pourrais pas me rendre ce service sans rien demander en retour ?

_ …

_ Malfoy commence vraiment à avoir une sale influence sur toi mon vieux..., grommela le rouquin.

_ Ça m'est égale. Alors ? »

Indécis, Ron passa plusieurs minutes en silence, à se mordiller nerveusement la lèvre inférieure, avant de lever les yeux au ciel et de pousser un profond soupir de lassitude.

« Tu es impossible tu ne peux pas savoir !

_ Yes !

_ Tu ne le répéteras à personne !

_ Promis !

_ Même pas à ton oreiller !

_ Juré !

_ … Si j'entends que tu l'as ébruité...

_ Je ne le ferai pas ! Fais-moi confiance, je suis ton meilleur ami !

_ …

_ …

_ Très bien.

_ Yes ! »

Enthousiaste, Harry rebondit sur ses orteils pendant plusieurs secondes en tapant doucement des mains.

Encore une fois, Ron roula des yeux.

Il resta sans rien faire pendant quelques secondes supplémentaires avant de regarder autour de lui pour s'assurer qu'il n'y avait pas d'oreille ou de regards indiscrets. Une fois rassuré, il adressa un regard blasé et plein de remontrances à son ami avant de mettre ses deux index à une certaine distance l'un de l'autre.

« Oui, au repos, je le sais depuis le strip-poker. »

Marmonnant des paroles incompréhensibles dans sa barbe, Ron allongea ensuite la distance qu'il y avait entre ses deux index.

« Oh. Merlin ! »

Ron croisa précipitamment ses bras sur son torse et il cacha ses mains sous ses aisselles.

« Oh. Merlin !

_ Oh arrête, comme tu me l'as souvent répété, elle n'est pas hors-norme !

_ Non, mais elle reste énorme ! Elle est dans la norme supérieure ! E... Et... en épaisseur ?

_ 'Ry ! geignit le rouquin.

_ Allez va jusqu'au bout !

_ Tu m'exaspères, tu m'exaspères, tu m'exaspères, tu m'exaspères ! »

Le rouquin continua à marmonner dans sa barbe pendant un moment avant de s'exécuter et de faire un cercle avec son index et son pouce.

« Oh putain ! »

Cela lui valut plusieurs regards de la part de quelques élèves mais Harry était trop excité pour leur accorder la moindre attention.

« Et c'est rentré ?

_ Putain on croirait entendre mon père ! Oui, c'est rentré, qu'est-ce que tu crois qu'on faisait à chaque fois qu'on s'isolait ? Un jeu de carte ?

_ Oh merde, tu as dû le sentir passer !

_ Va chier Harry ! grommela Ron. Mais pour... pourquoi... Je... Je veux dire... celle de Malfoy est... Tu sais quoi ? Je ne veux pas savoir !

_ Tu es sûr~ ? lui demanda Harry avec un sourire taquin. Parce que ça ne me dérange pas de te le dire.

_ Euh... Non. Non je me fiche... Mais du coup elle est plus... elle est plus...

_ Moins grosse, oui... Tu veux que je te montre...

_ Non ! Non, je ne veux pas savoir ! C'est entre toi et la fouine ! Je ne veux rien savoir de vos ébats !

_ Tu ne veux rien savoir des nos ébats mais tu veux tout savoir des accessoires qu'on utilise...

_ … Tu ne vas pas faire en sorte que ce soit plus facile pour moi, hein ? bougonna le rouquin. Dis-moi juste de quoi il s'agit, okay ?

_ Pas ici, souffla Harry en jetant des regards rapides autour de lui. Plus tard quand on sera plus tranquille. »

Ron opina en silence.

Ayant trouvé son livre depuis maintenant un moment, il fit demi-tour, Harry sur les talons. Il s'apprêtait à sortir de la bibliothèque quand son regard fut happé par la présence de Killian non loin de lui. Le jeune métisse était seul, assis à une table et entourés de livres d'une épaisseur non négligeable. Il parcourait rapidement les bouquins en prenant des notes dans un épais cahier. Il était vraiment absorbé par ses recherches – Ron pensait que c'était la raison pour laquelle il était seul et que personne n'avait osé lui tenir compagnie. Il parierait toutes ses économies que les ouvrages traitaient des lycanthropes.

Ron trouvait son cadet vraiment très mignon, comme ça, avec les sourcils un peu froncés et son air concentré. Et il sentit un élan d'amour paternel grandir en lui.

Après un dernier regard à son meilleur ami, il s'avança vers le Serpentard. Harry préféra les laisser seul et il sortit de la bibliothèque.

Ron se glissa dans le dos de Killian et posa doucement ses mains sur ses hanches. Comme il s'y attendait, Killian sursauta vivement en sortant de ses réflexions.

« Papa ! geignit-il alors que le concerné déposa un gros baiser sur sa joue.

_ Quoi ? »

Ron le serra fort contre sa poitrine en ignorant les grommellements de son fils, avant de l'embrasser une seconde fois et de s'asseoir sur la chaise à côté de lui.

« Arrête de faire ça, geignit-il.

_ C'est la preuve de l'amour que j'ai pour toi ! Tu ne veux pas que je te donne des preuves de l'amour que te porte ? »

Seul un sourd grognement s'échappa de la bouche de son fils.

Ron en fit fît, il passa son bras autour de ses épaules et caressa ses doux cheveux. Killian ne se défit pas son étreinte.

« Je sais déjà que tu m'aimes, je n'ai pas besoin que tu me le prouves à longueur de journée !

_ Mais moi j'en ressens le besoin, minauda Ron avant de l'embrasser bruyamment pour la troisième fois. »

Ron était pourtant le premier à rechigner à chaque fois que Molly tentait de l'embrasser en public ! Mais c'était plus fort que lui, à chaque fois qu'il voyait l'un de ses enfants, il avait aussitôt envie de le serrer très fort dans ses bras !

Ça devait être la raison pour laquelle sa mère faisait ça sans arrêt... ! Mmm, non. Ce qu'il faisait à Killian était mignon alors que ce que sa mère lui faisait était embarrassant !

Le regard du Gryffondor se posa ensuite sur la table et il eut la confirmation que son fils étudiait encore les lycanthropes. Son grand cahier de note était recouverte de sa fine et jolie écriture.

« Est-ce que tu vas en faire ton métier ?

_ Comment ? »

Ron désigna ses livres du menton.

« L'étude des lycanthropes. Est-ce que tu vas en faire ton métier ? Tu as l'air plutôt passionné par le sujet, tu y consacres tout ton temps libre !

_ Mes devoirs sont faits ! se justifia le petit métisse.

_ Je ne t'accuse de rien, » le rassura Ron en triturant une mèche de cheveux qui léchait sa nuque. « Je dis juste que tu pourrais en faire ton métier plus tard. Tu dis tout le temps qu'il y a encore de grosses lacunes les concernant alors tu pourrais les combler.

_ Hum, je ne sais, répondit Killian en un haussement d'épaule. Si j'ai commencé à les étudier c'était pour Christopher alors... je ne sais pas, je verrai bien. Tu sais, c'est un peuple vraiment difficile à étudier parce qu'ils sont très secrets. Surtout depuis les nombreux génocides que les sorciers ont faits dans les siècles précédents. Comme ils vivent très longtemps, ils sont tous extrêmement rancuniers.

_ Mais grâce à Christopher ou même à Remus, tu pourrais avoir des entrées auprès de quelques espèces, non ?

_ Mm. Pas vraiment. Comment ils n'appartiennent à aucune meute, ils sont considérés comme des renégats. Au même titre que Greyback.

_ Mais ils n'ont rien à voir avec Greyback ! s'indigna Ron. »

Killian haussa les épaules.

« Ils s'en fichent. Les lycans nés hors de la meute sont des renégats et ils ne leur font pas confiance. C'est quand même pire pour Greyback. Comme il mord à tout va sans se soucier des conséquences, il est considéré comme étant un ''chien fou'' et il serait tuer sans même une hésitation.

» Les lycans né à cause d'une morsure... sont considérés comme des erreurs. Aucune des meutes ne trouve acceptable de mordre des personnes simplement pour le plaisir de les transformer. Pour chacune d'entre elle, il s'agit d'une déviance. Et les nouveaux lycans mordus... eh bien selon la meute et le lycanthrope qui les a transformés, ils peuvent être plus ou moins acceptés mais rien n'est moins sûr...

_ Alors Remus...

_ Remus ne serait pas bien vu, dit Killian avec une grimace. Étant né d'un lycanthrope mordu, Christopher sera mieux vu mais... il reste un étranger. Donc pas forcément le meilleur moyen pour les approcher, surtout qu'il ne sait même pas à quelle meute il appartient !

_ Et... tu n'as toujours aucune une piste à ce sujet ?

_ J'ai des pistes mais... Rien de bien concluant. Je pensais que sa réaction face à la perte de son compagnon allait au moins pouvoir m'aider à en apprendre plus mais...

_ Mais ?

_ Mais sa réaction n'a aucun sens ! Elle correspond à aucune meute ! Regarde. »

Killian feuilleta rapidement les pages de son cahier avant de trouver la page qu'il voulait et il le poussa ensuite vers son Papa. La page en question était recouverte de phrases courtes qu'il supposait être des caractéristiques de la lycanthropie de Christopher, des réactions qu'il avait eues dans des situations spécifiques. Killian avait rassemblé certaines caractéristiques en les entourant d'une même couleur. Chaque couleur représentant une meute différente. Les cercles s'entrecroisaient et il y avait malgré tout cinq couleurs dominantes.

« Tu vois, c'est une véritable bouillie ! » se lamenta Killian. « Aucune meute ne se démarque particulièrement !

_ Peut-être que... tu n'as pas encore trouvé la bonne meute. Et qu'il y en existe une qui regroupe tous ces traits.

_ Non... je pense plutôt que... je fais en quelque sorte interférence.

_ Interférence ?

_ Oui. Comme je suis son talisman, je pense sa réaction est en quelque sorte modifiée par ma présence. Elle n'est pas celle qu'il aurait eu naturellement. Donc du coup, ça brouille toutes mes intuitions.

_ Son talisman ?

_ Oui, c'est une personne extrêmement proche d'un lycan qui compte énormément pour lui. C'est en quelque sorte le n°2 après son compagnon. Tous les lycanthropes n'ont pas forcément de talisman ou ne le trouve pas. Ça dépend aussi de la famille auquel il appartient. Pour certain, le compagnon et le talisman sont la même personne. C'est... ça dépend.

_ Eh bah ça ne t'aide pas ça ? Le fait d'être son talisman sans être son compagnon ? »

Killian fit la moue.

« Un peu... » Il fit la moue. « Mais certaines caractéristiques des familles auxquelles ça correspond entre en contradiction avec d'autres caractéristiques qu'il a et je... »

Il poussa un profond soupir de lassitude avant de passer une main nerveuse sur son front.

Ron raffermit son étreinte sur lui en caressant son dos.

« Il ne pourrait pas être issu d'un croisement entre deux meutes ?

_ J'ai déjà explorer cette possibilité, c'est une impasse.

_ Okay. Tu es sûr que tu as les bons critères ?

_ Où est-ce que j'aurais pu me tromper ? Je n'ai utilisé que des certitudes ! »

Ron jeta un rapide coup d'œil au cahier avant de hausser les épaules.

« Entre toi et moi, c'est toi l'expert alors... »

Comme il s'y attendait, Killian poussa un second profond soupir de lassitude et ses traits se déformèrent dans une mine encore plus torturée.

« Hé, tu finiras par trouver, okay ? souffla-t-il après avoir déposer un baiser sur son front. Je te fais confiance. Le principal, c'est que Christopher n'est pas dans la Perdition et qu'il va de mieux en mieux. »

Killian opina en silence et se décolla un peu de son Papa.

« Tu as raison, dit-il en un souffle. »

Ron caressa son dos de plus belle.

« Sinon, si je ne me trompe pas, votre soirée a lieu demain soir, c'est ça ?

_ Oui.

_ Tu as déjà trouvé ta tenue ?

_ Dad m'a passé quelques trucs qu'il a réduit à ma taille.

_ Oh. Tu seras sexy alors~.

_ Papa !

_ Quoi ? Je suis sûr que Xavier va adorer ! »

À ces mots, le visage de Killian s'assombrit.

Ron fit la moue. Il savait pertinemment qu'il y avait de l'eau dans le gaze dans sa relation avec Xavier, ce qui était en partie dû à Christopher mais aussi à cause de toutes les personnes qui gravitaient sans cesse autour de lui et qui l'empêchait de se faire une place. Mais il savait également qu'il ne pouvait rien n'y faire même si ça lui brisait le cœur de le voir si triste.

Impuissant, il ne put que caresser doucement la joue de son cadet et espérer que la soirée lui permettra d'arranger les choses.

HPDMHPDM

Sirius ne savait pas comment ils en étaient arrivés là. Vraiment. Il ne savait pas du tout comment ils en étaient arrivés là !

Il était venu dans les appartements du professeur à peu près à l'heure habituelle avec un sac rempli d'alcools et de nourritures. Ils avaient dîné ensemble – dîner que Severus avait trouvé succulent même s'il n'en avait rien dit –, discuté un peu et puis ils s'étaient installés sur le canapé et avaient commencé les choses sérieuses.

Sirius avait préparé pas mal de cocktails différents. Avec toutes les soirées arrosées qu'il avait à son actif, James avait l'habitude de plaisanter sur le fait que s'il ne trouvait pas de travail, il pourrait toujours devenir barman ! Avec tous les cocktails qu'il avait appris à faire et qu'il avait inventés, son ami était sûr qu'il arriverait à se faire un nom.

Ils avaient donc commencé à boire. Ils devaient ingérer la même quantité d'alcool et le premier à finir son verre forçait l'autre à finir le sien cul sec !

Au début, Sirius était plutôt confiant : il avait vu à quelle vitesse Severus devenait joyeux alors il s'était dit que le voir complètement bourré ne serait pas difficile. Assuré, l'ex-Gryffondor avait ainsi enchaîné les verres à un rythme soutenu afin d'obliger sa Némésis à en faire autant.

Ce n'est qu'au moment où il se réjouissait de voir que Severus commençait à avoir un coup dans le nez qu'il se rendit compte qu'il n'était pas mieux ! Mais il était bien trop loin pour pouvoir vraiment se soucier de sa consommation.

Le temps avait encore passé et Sirius était devenu trop saoul pour continuer à concocter des boissons trop élaborées. Il allait donc au plus simple et leur breuvage se limitait ainsi à une bouteille de 25cl qui contenait un mélange rudimentaire.

Ils avaient encore bu, parlé de tout et de rien – mais sans rentrer dans les petits secrets –, ri... et puis ils en étaient arrivés .

, c'était Severus et lui négligemment allongés sur le duveteux tapis blanc immaculé qui recouvrait une partie du sol du salon, nonchalamment appuyés sur plusieurs coussins qui étaient tombés du canapé. Comment ils étaient arrivés là, Sirius n'en avait aucune idée !

Allongé sur le côté, soutenant sa tête d'une main, une bouteille à moitié remplie dans l'autre, les joues du maître des potions avaient rosi, ses yeux étaient complètement dans le vague et sa bouche avait rougi à force de l'avoir mordillée inconsciemment. Sa tenue s'était également débraillée au fil des heures. Comme d'habitude, il portait un haut trop large pour lui et, comme d'habitude, ledit haut avait fini par glisser de l'une de ses épaules, ce qui dévoilait l'un de ses tétons de temps à autre. Et de le voir comme ça, avec des mèches de cheveux rebelles qui roulaient de temps à autre sur son visage, eh bien ça faisait Sirius se sentir... bizarre... Surtout dans un endroit précis de son anatomie... Endroit qui ne devrait pas se sentir bizarre si près du potioniste...

Lui-même ne devait pas être dans un meilleur état mais encore une fois, il était bien trop saoul pour s'en soucier. Tout comme il était bien trop saoul pour se soucier de la raison pour laquelle cela faisait bien cinq bonnes minutes qu'il avait les yeux fixés sur le téton visible de sa Némésis et que l'endroit si précis de son anatomie se réveillait peu à peu...

Même saoul, Sirius savait qu'il n'allait pas apprécier ce qu'il allait découvrir si jamais il poussait la réflexion plus loin alors il préféra vider un peu plus sa bouteille et se focaliser sur ce que sa Némésis disait :

« … et là, cette... cette espèce de petite merde a osé me regarder dans les yeux... et me sortir un putain de mensonge... Même pas crédible en plus ! Et le petit con a vraiment cru que j'étais assez... débile pour gober ses salades... ! Non mais tu te rends compte ? Tu trouves que j'ai l'air stupide ?

_ Non, tu n'as pas l'air stupide.

_ Non, je n'ai pas l'air stupide ! répéta Severus. Et puis ils me connaissent tous très bien... ! Je suis le professeur Snape. Je suis... l'intolérant, méchant, sournois et ferme professeur Snape ! Pas celui-qui-est-suffisamment-stupide-pour-gober-n'importe quoi professeur Snape ! J'ai travaillé très dur pour forger ma réputation de professeur intraitable tu sais... »

Severus continua à bougonner dans sa barbe pendant un moment et Sirius ne put s'empêcher de sourire. Il le trouvait vraiment à croquer avec ses joues rouges, son regard embué et sa façon de parler plutôt incertaine.

« Tu sembles vraiment détester tes élèves, fit-il remarquer.

_ Je les hais ! confirma le potioniste. Je les hais tous sans aucune exception...! Quand je les vois avec leurs yeux complètement vides qui reflètent à la perfection le contenu de leur crane je... je manque à chaque fois de faire une dépression nerveuse...! C'est vrai quoi ! Pourquoi doivent-ils tous être si... profondément dénué de toute forme d'intelligence ?

_ Tous sauf Draco, fit remarquer Sirius.

_ … C'est vraiment le diamant au milieu d'une fosse à purin.

_ Fosse à purin ? pouffa Sirius. Vraiment, c'est à ce point ?

_ Ouiiiii ! chouina Severus. Je déteste mes élèves et je déteste ce métier !

_ Vraiment...? Dans ce cas, pourquoi est-ce que tu es devenu professeur de potion en premier lieu ? Puisque tu n'as pas l'air d'avoir... la fibre pédagogique.

_ … Dumbledore, dit le potioniste en un souffle pour toute réponse.

_ Dumbledore ? »

Severus poussa un petit soupir.

« Après la guerre, je n'avais plus rien, reprit-il. Plus... de réputation, plus d'amis, plus de... statut, plus de but, plus rien. J'étais plus bas que terre et complètement perdu. Et Dumbledore... Dumbledore m'a relevé. Il m'a donné une seconde chance et ainsi que quelque chose à faire de ma vie... Le vieux est peut-être à moitié sénile et gâteux mais... je lui dois beaucoup...

_ … C'est pour ça que tu fais tout ce qu'il te dit sans broncher ? s'enquit l'ex-détenu. Comme... devenir un espion double alors que c'est carrément une mission suicide ? »

Même saoul, Severus put noter la désapprobation dans sa voix.

Il sourit.

« Je m'en sors plutôt bien pourtant, fit-il remarquer.

_ … Tu vas finir par te faire tuer, grommela Sirius.

_ Et tu as en quelque chose à faire parce que... ?

_ Severus, tu sais très bien que...

_ Peu importe, l'interrompit le potioniste. Je suis un véritable génie des potions alors... il m'a proposé d'enseigner ici afin que je puisse avoir une situation stable. Et puis comme ça, j'étais dans une position idéale pour garder un œil sur Potter...

_ … Alors c'est vrai ? Tu veillais vraiment sur lui pendant toutes ces années ?

_ Et ce petit crétin était persuadé que j'essayais de le tuer, bougonna Severus. Non mais tu imagines ? Je suis un maître des potions, si j'avais voulu le tuer, j'aurais mis un poison indétectable et à retardement de sa nourriture ou dans l'une de ses boissons et il serait mort sans un bruit dans son sommeil. Personne n'aurait jamais trouvé la cause du décès.

_ … Tu sembles y avoir longuement réfléchi..., lui fit remarquer suspicieusement Sirius. »

Un sourire mauvais étira les lèvres de Severus.

« Je réfléchis toujours à au moins cinq façons différentes de tuer les personnes qui m'horripilent~, minauda-t-il.

_ Oh vraiment ? Comment tu m'assassines ? »

Severus éclata d'un rire sonore.

« Tu veux vraiment savoir ? s'esclaffa-t-il.

_ Bien sûr. »

L'ex-Serpentard ne répondit pas immédiatement, trempant ses lèvres dans sa bouteille.

« Nan, dit-il finalement. Si je te le dis, tu passeras le restant de ta vie à regarder derrière ton épaule...

_ Et tu ne veux pas d'une telle fin pour moi~ ?

_ Ce n'est pas ça. Le jour où je me déciderais à t'assassiner, je ne veux pas que tu le voies venir... »

Sirius fit la moue.

« Merci, en tout cas, dit-il.

_ Pour ?

_ Pour avoir gardé un œil sur mon filleul pendant que j'étais... absent.

_ C'était une galère, tu n'as pas idée ! se lamenta aussitôt le potioniste. Ton filleul est un véritable... aimant à emmerde, c'est pas croyable ! Pire que James et toi !

_ Pire ? Tu exagères...

_ J'exagère ?! Première année : allons à la recherche de la pierre philosophale recherchée activement par un sbire de Voldemort ! Deuxième année : trouvons la Chambre des Secrets. Troisième année : aidons le plus stupide des parrains qui a eu la merdique idée de s'évader d'Azkaban pour venir hanter les élèves de Poudlard sous sa forme d'animagus...

_ …

_ Quatrième année : enrôlons-nous dans le Tournoi des Trois Sorciers – celle-là, je ne l'avais vraiment pas vu venir ! Et enfin cinquième année : montons une armée ! Attends-toi à ce qu'il soit en danger de mort au moins une fois cette année. Ouais, l'année ne serait pas complète si Potter ne risquait pas sa vie... Abruti congénital de Potter... Et après c'était à moi de limiter les dégâts et de sauver ses fesses !

_ Pour la défense dudit abruti, ses emmerdes n'étaient pas toujours sa faute. Par exemple, pour le tournoi, ce n'est pas lui qui a déposé sa candidature et...

_ M'en fous, il est toujours à l'origine de mes emmerdes alors ça revient au même !

_ Alors… tu t'es occupé de Harry parce que tu étais redevables à Dumbledore ? conclut Sirius.

_ Non. Je suis Dumbledore parce que je crois en ses idéaux et qu'il m'a tendu la main à un moment de ma vie où j'étais persuadé que je n'avais plus aucun allié. Je me suis occupé de Potter parce que…

_ … Lily ? »

Severus hocha la tête.

« En l'honneur de nos années d'amitiés, de tout ce qu'elle a fait pour moi et pour me rattraper des choses horribles que je lui ai dites et faites à la fin... Je lui dois bien ça. Après tout, reprit-il avec un sourire goguenard, si je n'avais pas tout foiré avec elle, je serais certainement devenu le parrain de Potter...

_ Oulà, oulà ! Je t'arrête tout de suite ! Qu'est-ce qui te fait croire ça ?

_ Bah... Lily m'aurait sans doute proposé comme parrain...

_ Et donc ? James m'aurait quand même proposé, moi !

_ Oui mais tu sais aussi bien que moi que Lily obtient toujours ce qu'elle veut...

_ … C'est pas faux, admit Sirius dans sa barbe. Tu regrettes ?

_ De quoi ? De ne pas avoir Potter en filleul ?

_ Ouais.

_ Pas du tout, pouffa le potioniste. Je suis très bien avec celui que j'ai actuellement... Et au moins, Draco comprend quelque chose aux potions. »

Sur ce, Severus mit le goulot de sa bouteille à sa bouche et il ne le retira que lorsqu'elle fut vide. Il posa ensuite sur Sirius un regard railleur. L'ex-détenu comprit aussitôt le message et il fit de même. Une fois sa bouteille vide, il en prit deux autres et en tendit une à son interlocuteur qui la saisit.

« Tu sais, lui dit-il, je trouve que tu devrais arrêter de te prendre la tête avec le passé.

_ Comment ça ?

_ Toute cette histoire de dette, explicita Sirius. Comme quoi tu es redevable envers Dumbledore, envers Lily, envers... la communauté ! Si tu veux mon avis, tout ce que tu as fait pendant ces dernières années rembourse largement ta dette ! Tu ne dois plus rien à personne et tu devrais vivre ta vie comme tu l'entends ! »

Le visage du potioniste s'assombrit aussitôt et il devint impénétrable pour Sirius. Pas d'expression faciale, un regard plat... Cette neutralité permis à l'animagus de deviner que ses paroles n'avaient pas du tout plu à son interlocuteur.

« Tu n'as aucune idée des choses que j'ai faites quand je suivais encore Voldemort, dit-il lentement sur un ton plat. Aucune. Alors ce n'est certainement pas à toi de me donner l'absolution. »

Le potioniste n'avait pas haussé le ton et avait parlé d'une voix calme et posée mais Sirius sentit quand même ses poils se dresser sur ses avant-bras.

« Mais si ça peut te rassurer, sache que je vis déjà ma vie comme je l'entends, reprit Severus d'une voix moins blanche. Je veux un monde sans Voldemort alors si être un espion double peut y contribuer, je suis heureux de le faire. »

L'ex-Serpentard but ensuite plusieurs gorgées de sa boisson et ils passèrent un moment un silence avant que Sirius ne reprenne la parole :

« Tu adores les potions, n'est-ce pas ? lui demanda-t-il.

_ Plus que tu ne pourrais jamais l'imaginer... Tomber dans l'apprentissage de cet art m'a littéralement sauvé la vie !

_ Que veux-tu dire par là ?

_ Mm... Eh bien que contrairement aux petits garçons de mon âge, quand je me blessais, je ne pouvais pas aller voir mon père pour des soins... »

Un petit silence mal-à-l'aise suivit aussitôt sa phrase.

« Comment tu faisais pour les ingrédients ? s'enquit Sirius. Et pour les livres ?

_ Euh... Pour les livres, j'avais l'habitude de... de me cacher au fond des librairies... Certains libraires me chassaient dès qu'ils me surprenaient mais... d'autres me laissaient tranquille. Sinon..., il y avait une femme dans mon voisinage qui a longtemps été amie avec ma mère... Shirley, qu'elle s'appelait. Enfin, moi je l'appelais Mlle. Melfire... Autant qu'elle le pouvait, elle me fournissait les ingrédients que je lui demandais ainsi que... des livres sur les potions, des vêtements... Le genre de chose que j'aurais dû avoir de mon père en d'autre terme.

_ … C'est... gentil à elle, dit un peu gauchement Sirius qui ne savait pas quoi dire d'autre. »

Il ne s'était pas attendu à ce que l'ex-Serpentard se confie si facilement et qu'ils en viennent à son enfance médiocre. Comme toujours quand il était question de ça, il ne savait pas comment réagir.

Severus, lui, était comme à son habitude : les yeux mi-clos, il parlait d'une voix monocorde et sur un ton léger, comme s'il lui racontait quelque chose de tout à fait banal. Ce qui agaçait prodigieusement l'animagus ! Il ne voulait pas que le potioniste ait les larmes aux yeux dès que le sujet était abordé mais il aurait bien aimé qu'il agisse d'une manière un peu moins... impersonnelle.

« Hum, fit pensivement l'ex-Serpentard. Sans doute. Elle m'horripilait, si tu veux tout savoir.

_ Pourquoi ? Elle me semble plutôt secourable !

_ Elle se sentait coupable, lui expliqua-t-il. Comme ma mère et elle étaient amies, elle sentait qu'elle devait prendre soin de moi, mais comme elle avait terriblement peur de mon père, elle restait quand même discrète... Mais ce qui m'horripilait chez elle, c'était ses yeux. Elle me regardait toujours avec... une grande pitié. À chaque fois que je la croisais, elle avait... ses grands yeux chocolats humides et emplis de pitié... J'en avais marre, tu ne peux pas savoir ! Toutes les personnes de mon voisinage me regardait comme ça mais elle... elle c'était pire ! »

Arrêtant là son court monologue, Severus leva les yeux vers son interlocuteur et il fut immédiatement frappé par son malaise.

Un discret sourire étira le coin de ses lèvres. Il avait l'habitude de ce genre de ce réaction : son passé mettait toujours les gens mal-à-l'aise.

« C'est une des choses que j'ai toujours appréciée chez toi, reprit-il avec plus d'engouement. Tu ne m'as jamais regardé avec pitié... Enfin, une fois rentré à Poudlard, je n'ai plus eu besoin d'elle !

_ La Forêt Interdite ? devina Sirius.

_ La Forêt Interdite ! confirma Severus. Une véritable bénédiction ! Et au final, ce qui était au départ qu'un moyen pour ne pas mourir de la gangrène est devenu une véritable passion... !

» Tu sais, les potions sauvent vraiment tes fesses lors d'une bataille... Que ce soit en attaque, en défense ou pour se soigner, savoir les faire et les utiliser est un véritable atout ! C'est ce que j'essaye d'enseigner à mes stupides élèves mais... ces petits crétins ne sont intéressés que par leur baguette ! Lancer des sortilèges, combattre les forces du mal et peut-être rencontrer d'étranges créatures...

_ Hum..., Sort et Enchantement, DCFM et Soin aux Créatures Magiques, je suppose.

_ Ouais. Les potions viennent après... Peut-être même qu'ils sont encore plus bas dans le classement de ces débiles. Avant l'Histoire de la Magie et la Divination sans aucun doute mais la Botanie et l'Astronomie je... je ne sais pas trop... Enfin, ils ne comptent quasiment que sur leur baguette et sont complètement démunis sans elle. C'est là la faiblesse des sorciers...

_ C'est pour ça que tu veux tellement devenir professeur de DCFM ? lui demanda Severus. Parce que c'est plus populaire que les potions ?

_ C'est ce que tu penses ? Que je suis avide de popularité ? Ce trait de caractère ressemble plus à toi non ?

_ C'est vrai..., admit Sirius. Alors pourquoi ?

_ … Tu as vu le défilé de professeur de DCFM qu'on a eu ? C'était soit des adeptes de Voldemort, soit de parfait incapable !

_ T'exagères...

_ J'exagère ! J'exagère ! Quirrell : adepte de Voldemort, Lockhart : parfait incapable, Lupin...

_ Vas-y, continue, l'encouragea Sirius. Je ne me mettrais pas en colère, je te le promets.

_ Okay. Lupin : incapable... de garder son travail à cause de sa lycanthropie et des stupides parents qui flippent pour un rien ! Des vrais cauchemars ceux-là je t'assure ! Dès qu'on essaye de pousser leur enfant à faire de leur mieux, ils montent aussitôt au créneau et se mettent carrément à brailler que leur gamin est trop stupide pour pouvoir suivre ! Abruties de poules couveuses trop connes pour...

_ Tu trouves vraiment que Rem' était un bon professeur ? l'interrompit Sirius, sachant que s'il le laissait faire, le potioniste pouvait continuer longtemps comme ça.

_ … baragouinant des... Je n'ai pas dit ça, se reprit-il vivement. »

Sirius ne dit rien mais un sourire moqueur se dessina sur ses lèvres. Sourire que Severus n'apprécia pas.

« Fol Oeil, poursuivit-il. Ou plutôt, le fils de Mr Croupton : adepte de Voldemort. Ombrage... »

Severus éclata de rire.

« Adepte du Ministère de la Magie, se moqua Sirius.

_ C'est exactement ça ! Adepte du Ministère de la Magie ET incapable... ! Malgré tout, je l'adorais cette femme...

_ Tu es sérieux ? Elle est complètement cinglée !

_ Je sais, c'est ça que j'adore ! Les élèves la détestaient encore plus que moi, elle avait quasiment remis la torture au goût du jour, elle débordait d'imagination en ce qui concernait les punitions... Elle était géniale ! Et Draco a passé une super année grâce à elle. Il adorait la Brigade Inquisitoriale !

_ Tu m'étonnes, bougonna Sirius. Harry, lui, a écopé d'une vilaine cicatrise.

_ Ah oui ! Qu'est-ce qu'il y a de marqué déjà ? Quelque chose à propos de ne pas dire de mensonge ? » Severus éclata de rire de plus belle. « Franchement, faire écrire des lignes aux élèves avec leur propre sang ! C'est du véritable génie machiavélique... ! J'adore cette femme ! »

Sirius fit la moue et donna une petite tape au niveau de l'épaule dénudée de son vis-à-vis. Mais ça ne suffit pas pour le faire arrêter.

« Et maintenant, vous avez McClavinsky, c'est ça ? reprit l'animagus.

_ Yep, confirma Severus une fois qu'il fut calmé.

_ Et comment il est ? Incapable ?

_ Mmm... Je ne pense pas, non. Il me semble... plutôt compétent.

_ Adepte de Voldemort dans ce cas ?

_ Ça semble plutôt cohérent...

_ …

_ … »

De concert, ils explosèrent tous les deux de rire.

« Enfin, reprit Severus une fois calme, la grande majorité des professeurs de DCFM étaient parfaitement incompétents. Le problème... c'est que la guerre approche. La guerre approche inexorablement et – même si Dumbledore espèrent les garder éloignés – les élèves doivent être soigneusement préparés à la bataille. Ce qui, pour le moment, n'est absolument pas le cas. Et moi je...

_ Pourrais y remédier ?

_ … J'ai les compétences, dit le potioniste, un peu sur la défensive.

_ Je sais.

_ Je sais ce qu'ils ont besoin de savoir pour pouvoir tenir contre les sbires de Voldemort.

_ Je sais.

_ … Alors pourquoi tu me souris comme ça ?

_ … Tu aimes ces gamins.

_ Quoi ? s'horripila Severus. Pourquoi tu dis ça ? Simplement parce que je ne souhaite pas qu'ils se fassent tous égorger comme des animaux menés à l'abattoir ? »

Le sourire mi-moqueur mi-attendri de Sirius s'agrandit.

« Tu aimes ces gamins, tu aimes ton travail et tu ne veux pas qu'ils se fassent égorger comme des animaux menés à l'abattoir, dit-il. »

Déglutissant avec peine, Severus chercha une excuse pour réfuter les dires de l'ex-détenu mais son cerveau était bien trop embrumé pour lui permettre d'être aussi efficace qu'à son habitude. Finalement, il fit une moue renfrognée et vida d'un trait la moitié de sa bouteille.

« Eh ! Doucement avec ça ! lui lança Sirius.

_ Quoi ? Tu as peur de ne plus pouvoir me suivre~ ?

_ Non, j'ai peur que tu ne finisses par tomber dans les pommes ! »

Et que du coup, il ne puisse plus profiter de sa langue déliée pour pouvoir en savoir plus à son sujet... Mais ça, il se le garderait bien de le dire à son vis-à-vis.

« Bon ! s'exclama soudainement Severus. J'en ai marre de cette discussion qui tourne uniquement autour de moi. À ton tour !

_ Mmm... Okay. Que veux-tu savoir ?

_ Hum... »

Severus resta silencieux pendant un moment avant que ses yeux ne se mettent à pétiller.

« Parle-moi du voile ! décida-t-il.

_ Du voile ? s'étonna Black.

_ Bah oui ! J'ai sué sang et eau pour t'en sortir. J'ai au moins le droit de savoir ce qu'il y a derrière !

_ Ce n'est pas faux... »

Il haussa ensuite négligemment les épaules.

« Il n'y avait rien de spécial c'était juste... vide.

_ Vide ?

_ Oui, vide. Il n'y a rien. Ni douleur, ni joie, ni angoisse, ni amertume, ni espoir, rien. C'est comme si tu étais coincé entre deux battements de cils... Entre deux secondes. Tu as conscience de ça mais tu... tu t'en fous. Tu penses à rien, ne ressens rien... Entre le moment où je suis tombé et le moment où j'en suis sorti, pour moi c'est comme si une seule seconde s'était écoulée. Un seul... battement de cils...

_ … Ça craint, résuma Severus.

_ Oui, ça craint, confirma Sirius en souriant. Je peux te poster une question ? Pourquoi tu...

_ Non, c'est toujours à mon tour d'en poser ! le coupa le maître des potions. Parle-moi hum... parle-moi d'Azkaban !

_ Azkaban ? murmura Sirius alors que son visage s'assombrit considérablement.

_ Oui ! Azkaban ! »

La mâchoire de Sirius se crispa. Il n'avait pas du tout envie de parler de son séjour à Azkaban. Le voile passait encore parce qu'il ne s'y était vraiment rien passé mais Azkaban... Azkaban restait douloureux. Et il n'en parlait jamais. Peu importe avec qui ! Encore moins quand il était saoul et encore moins avec sa Némésis ! Et ce, même si leur relation avait beaucoup évolué.

Mais pourtant, il ressentait quand même l'envie de se confier. Après tout, il n'en avait vraiment jamais parlé à personne et... il devait bien avouer que toute cette histoire le pesait un peu. Et puis s'il y avait bien une personne qui ne le regarderait pas avec pitié, c'était bien sa Némésis !

« D'accord, capitula-t-il. Qu'est-ce que tu veux savoir ?

_ … Comment c'est là-bas ?

_ Glauque.

_ Black...

_ Okay... Tu t'es déjà retrouvé devant un Détraqueur ?

_ Oui mais pas d'hyper près.

_ Mais tu as quand senti... l'espoir te quitter peu à peu, non ? Et tu as commencé à te remémorer de mauvais souvenirs ? »

La gorge brusquement très sèche, Severus ne put qu'acquiescer.

« Bien. Azkaban, c'est un peu pareil. Prends tes pires souvenirs, tes pires cauchemars, tes pires angoisses, mélange-les, eh bien c'est comme si ton esprit était... emprisonné dans ce mélange horrible. Quoique tu fasses tu es... obligé de ressasser ces événements en boucle, encore et encore et... ça te bouffe petit à petit de l'intérieur...

» Peu à peu, tu perds l'espoir, tu perds la joie, le sentiment d'amour, de légèreté... et tu te retrouves à macérer dans le désespoir, la tristesse, la peur, la culpabilité et le remord jusqu'à ce... Jusqu'à ce que tu sombres irrémédiablement dans la folie...

» Il fait froid aussi là-bas aussi. Pas un froid d'hiver même Sibérial ! Non, c'est un froid... malsain qui rentre par tous les pores de ta peau et te glace de l'intérieur. Il s'empare insidieusement de ton corps, t'affaiblit et te rend inapte à faire ou penser à quoique ce soit... »

Tout comme lorsqu'ils en étaient venus à l'enfance de Severus, un silence tendu tomba après ces mots.

Ils restèrent silencieux pendant un moment avant que le potioniste ne prenne la parole :

« Comment tu as fait ? lui demanda-t-il. Pour ne pas sombrer dans la folie ? »

Un petit sourire se dessina sur le visage triste de l'animagus.

« J'ai l'impression de me retrouver pendant mon interview avec Reeta Sketers, maugréa-t-il.

_ Qu'est-ce que tu lui as dit ?

_ Un ramassis de conneries ! Tu n'as pas lu l'article ?

_ Si... Je me disais bien que c'était n'importe quoi... Qu'est-ce que tu vas me dire dans ce cas ? »

Sirius fit une pause et bu plusieurs gorgées de sa boisson avant de reprendre :

« Tu sais comment je me suis évadé d'Azkaban ? lui demanda-t-il de façon rhétorique.

_ Euh... Non.

_ … Sur une échelle de 0 à 10, à ton avis, juste sur le plan de la localisation, de l'architecture et tout ça, à quel point est-il difficile de s'évader d'Azkaban ?

_ Sur une échelle de 0 à 10 ?

_ Oui.

_ Euhm... Dans ce cas je dirais... quelque chose autour de 20 ? »

Sirius sourit.

« Parce que j'étais dans une section sécurisée au moins de niveau 3, moi je dirais... quelque chose au alentour de 5.

_ 5 ?! s'exclama Severus.

_ 5. Et j'étais dans une zone sécurisée... Comme je te l'ai dit, le secret d'Azkaban ne provient par de l'architecture, des serrures ou des pièges qui y résident. Son secret... son secret c'est le désespoir. Au début, ils te mettent dans des cellules super bien sécurisées parce que tu es encore frais mais... plus les années passent, plus ils te relèguent dans des cellules de seconde zone... Et ce, tout simplement parce que tu n'es plus censé être capable d'aligner une seule pensée cohérente. Le secret pour s'évader d'Azkaban est donc...

_ De ne pas sombrer dans la folie, devina Severus.

_ Exactement.

_ Et comment as-tu réussi ce tour de maître ? »

L'ex-détenu poussa un profond soupir et vida un peu plus sa bouteille.

« Par une chance de cocu, lui répondit-il. Déjà ma forme d'animagus était moins sensible à l'effet des Détraqueurs et puis... Comme je te l'ai dit, pour déprimer au maximum les prisonniers, Azkaban leur fait ressentir que des émotions amorphes et paralysante : le désespoir, la peur etc. Rien de vif ou de stimulant. Par chance, mes pires souvenirs, ceux dans lesquels je ressentais le plus d'angoisse, le plus de tristesse, de regret et de culpabilité... étaient aussi ceux dans lesquels je ressentais le plus de... jalousie, je crois.

_ De jalousie ? s'étonna le potioniste.

_ Ouais. Enfin, c'est ce dont je crois me souvenir en tout cas. Elle attisait du coup de ma colère et... étant comme je suis, ça me donnait... la claque qui me permettait de sortir de ma torpeur de doute et d'amertume, et d'ouvrir une petite bulle d'espoir dans laquelle je me voyais capable de... faire face à mes regrets et de me jeter à l'eau... »

Sirius était loin dans ses pensées à présent, Severus s'en rendait bien compte. Le regard dans le vide, il était clair qu'il se remémorait des instants passés à Azkaban. Mais curieusement, nulle douleur ou angoisse ne transparaissait de son visage. Non, il semblait surtout... curieux. Severus savait qu'il n'avait gardé que très peu de souvenirs de son séjour à Azkaban – son subconscient ayant sûrement une part de responsabilité là dedans. Du coup, il devait être entrain de combattre ce subconscient pour en savoir plus. Son attitude rendit le potioniste tout aussi curieux et, profitant de l'état d'ébriété de l'animagus, il voulut en savoir plus à son tour.

« C'était quoi comme souvenirs ? lui demanda-t-il.

_ Je... ne sais... plus trop... »

C'était vrai. Dès qu'il essayait de retrouver ses souvenirs salvateurs, tout ce qu'il obtenait c'était une espèce de bouillie informe !

Il se souvenait... d'une bouche rose un peu gercée, d'un cou nacré, d'œils impénétrables, d'une taille fine, de sourires qui ne lui étaient pas adressés, de regards noirs qui lui étaient adressés... Et à chaque fois, il était envahi par les mêmes émotions : jalousie, colère... Désir ?

Il n'y comprenait rien !

« Je... je ne pouvais pas me résoudre à ne plus jamais le voir, laissa-t-il échapper. Il fallait au moins je lui dise... »

Sortant brusquement de ses pensées, Sirius s'arrêta là dans sa lancée et papillonna plusieurs fois ses yeux.

« Tu as pu lui dire que tu l'aimes ?

_ Pardon ?! s'étrangla Sirius en reportant son attention sur son interlocuteur.

_ À Potter, explicita Severus. Tu as finalement pu le lui dire ? Que tu l'aimes ou que tu es désolé ou quoique ce soit que tu voulais lui dire ?

_ Oh euh... oui je... bien sûr ! »

Pas convaincu par sa réponse, Severus fit la moue avant qu'un sourire narquois se dessine sur son visage. Les yeux pétillant de malice, il se redressa d'un seul coup.

« Ce n'était pas Potter, devina-t-il.

_ Q... Quoi ? balbutia l'animagus.

_ Ce n'était pas Potter qui t'aidait à tenir !

_ Mais euh... Si je...

_ Non ! »

Les yeux brillants d'excitation, Severus renversa brusquement son vis-à-vis sur le dos et s'assit à califourchon sur ses hanches.

Plus que surpris, les yeux de l'ex-détenu s'écarquillèrent autant que possible. Trop pris par ses pensées – et surtout trop saoul – Severus ne semblait pas avoir remarqué son propre geste.

« C'était qui ? le pressa-t-il. C'était qui ? C'était qui ? C'était qui ?

_ C... Non je... je ne sais pas, bafouilla Sirius.

_ Menteur ! l'accusa aussitôt l'ex-détenu.

_ Non !

_ Si ! Menteur !

_ Mais non je... Je ne sais vraiment pas de qui il s'agit... Ou plutôt, je ne sais plus. Je te l'ai déjà dit, depuis que je suis sorti...

_ Tu mens comme tu respires, c'est dingue, l'interrompit Severus.

_ Je ne mens pas !

_ Pitié ! Tu sais très bien de qui il s'agit mais tu ne veux simplement pas faire face.

_ Pas faire face ?

_ Oui, tu fais l'autruche parce que... Je ne sais pas pourquoi d'ailleurs. Mais je vais te tirer les vers du nez ! »

En disant ces mots, le potioniste se remit à gesticuler sur les hanches de l'animagus, faisant frémir son entrejambe malgré lui.

« C'était qui ? insista Severus. Un amoureux ? »

Sirius sourit.

« Même si je le savais, je ne te le dirais pas...

_ Pourquoi ça ?

_ Parce que je ne suis définitivement pas assez bourré~... »

Aussitôt dit, un sourire malicieux se dessina sur le visage de Severus avant qu'il ne mette le goulot de sa bouteille dans sa bouche. Il la retira seulement quand elle fut vide.

« Quelle descente ! s'exclama Sirius.

_ Merci. À ton tour.

_ Tu devrais faire attention. Tu sais la quantité d'alcool que j'ai mis dans ces bouteilles ?

_ Non et je m'en fous. À ton tour. »

Sirius regarda un moment son vis-à-vis qui ne tenait visiblement plus très droit et qui semblait avoir un peu le tournis. Un sourire amusé étira le coin de ses lèvres : le potioniste ne tiendrait pas longtemps à ce rythme. Lui non plus d'ailleurs... Cependant, il termina quand même sa bouteille cul-sec. Sa tête se mit immédiatement à lui tourner et ses pensées s'embrouillèrent un peu plus.

« Toujours pas suffisamment bourré ! le nargua-t-il malgré tout. »

Grommelant dans sa barbe, Severus jeta un petit coup d'œil à sa nouvelle bouteille remplie mais il fut aussitôt pris par un horrible haut-le-cœur et son visage se tordit dans une affreuse grimace.

« Tant pis, » grogna-t-il.

Un petit soupir franchit ensuite la barrière de ses lèvres.

Sirius se doutait que c'était un soupir de déception mais lui le trouva particulièrement... érotique. Surtout dans sa position actuelle ! À califourchon sur ses hanches, toujours aussi débraillé avec son téton visible, ses cheveux en vrac, ses joues de plus en plus rouges et son regard vitreux...

Le potioniste avait repris la parole depuis quelques secondes mais Sirius ne le remarqua même pas. Il était beaucoup plus focalisé sur la bouche rose de son compagnon de beuverie, la chaleur que dégageait ses cuisses qui enserreraient fermement ses hanche et... le fait qu'il avait un air particulièrement... sauvage ainsi perché sur lui.

Et là, il fit une énorme bourde : il l'imagina... complètement nu. Toujours sur ses hanches, se mouvant toujours mais... empalé sur son sexe jusqu'à la garde. Un peu comme dans l'un des fantasmes qu'il avait fait précédemment. Cela ne dura qu'un bref moment, qu'un tout petit instant, qu'une fraction de seconde mais il l'imagina ruisselant de sueurs et se déhanchant sur lui. Il l'imagina gémissant, hurlant à plein poumon et...

Attendez voir une minute. Est-ce que le potioniste était du genre à hurler au lit en premier lieu ?

L'animagus se donna une monumentale claque mentale quand il se rendit compte de ce à quoi il venait de penser. Est-ce que le professeur de potion était du genre à crier au lit ?! Non mais en quoi est-ce que ça le regardait ! Il devait vraiment être complètement torché pour penser à ça. Il fallait vraiment qu'il se reprenne et qu'il...

« Est-ce que tu cries quand tu es lit ? »

L'ex-détenu se donna une seconde claque monumentale quand en s'entendant prononcer ces mots.

« Pardon ? fit Severus en s'interrompant dans sa phrase. »

Okay, le potioniste était tout aussi bourré que lui alors il pouvait encore s'en sortir en niant tout bloc. C'est ça, il lui suffisait juste de changer de sujet plus ou moins subtilement.

C'était ce que le peu de raison qu'il lui restait s'exhortait à lui hurler alors que sa libido et sa curiosité augmentait en flèche.

« Est-ce que tu cries quand tu es lit ? répéta-t-il néanmoins, sereinement. »

Severus resta interdit pendant un moment avant d'éclater de rire.

« Est-ce que je... Est-ce que je crie quand je suis au lit ? répéta-t-il. C'est quoi ça comme question ?

_ C'est une question comme les autres. Est-ce que tu es du genre à crier ? »

Severus ne dit rien pendant un moment. Sirius crut un moment que le potioniste n'était pas suffisamment bourré pour répondre à sa provocation mais ce dernier ne tarda pas à lui prendre la parole :

« Non, je ne suis pas du genre à crier au lit, dit-il tranquillement. Sauf si mon partenaire est vraiment très doué... Là, je peux crier un peu. Mais pour que je gueule à plein poumon, il faut qu'il soit particulièrement phénoménal~... »

Severus lui adressa ensuite un sourire grivois avant de boire quelques gorgées de sa boisson alors que Sirius déglutissait faiblement.

« Qui ? lui demanda Sirius d'une voix blanche.

_ Qui quoi ?

_ Qui a été aussi... phénoménal ?

_ Ça ne te regarde pas ! pouffa Severus.

_ Allez ! l'encouragea l'ex-détenu. Va jusqu'au bout quoi !

_ Va te faire foutre ! s'esclaffa Severus.

_ … C'était Adams ?

_ Qui ?

_ Matthew Adams. C'était lui ? »

Severus éclata de rire.

« Non, il était bon mais pas à ce point.

_ Alors qui ?

_ … »

Indécis, Severus se dandina un peu sur Sirius – titillant un peu plus son entrejambe par la même occasion –, et vida un peu plus sa bouteille d'alcool. Sirius ouvrit la bouche pour lui dire de se calmer mais finalement il se ravisa. Il avait vraiment envie d'en savoir plus.

Sirius déposa sa propre bouteille sur le sol et, sans même réfléchir, il plaça ses mains libres sur les cuisses fermes de son vis-à-vis.

« C'était qui ? lui redemanda-t-il.

_ Hum... »

Vu son regard plus que vitreux, Sirius ne savait s'il s'agissait d'un ''hum'' pensif ou d'un ''hum'' ''je vais bientôt vomir''. Il devrait vraiment l'empêcher de boire...

« C'était qui ? répéta-t-il en faisant glisser ses mains le long des cuisses de son interlocuteur.

_ Hum... »

Peut-être bien qu'il s'agissait d'un ''hum'' ''ce que tu me fais est plutôt agréable''.

Alors que le potioniste tardait à lui répondre, le regard de Sirius se balada sur son corps jusqu'à accrocher à son téton rose découvert. Il ne savait pas pourquoi mais... voir la boule de chair rosée comme ça, lui donnait la très forte envie de le saisir entre deux de ses doigts et de...

« Garrett, souffla Severus.

_ Qui ? fit Sirius en reportant son attention sur son visage.

_ Garrett Stanford. Tu ne le connais pas, je l'ai rencontré après Poudlard. »

Suite à ses mots, Severus se perdit un peu dans ses pensées et son regard devint vide pendant quelques secondes avant qu'il ne se réveille.

« Il m'a fait atteindre des décibels inimaginables..., minauda-t-il rêveusement. Meilleur sexe que j'ai jamais connu ! J'ai jamais gueulé autant de toute de ma vie... Quoiqu'il y a bien eu... »

Les doigts de Sirius se crispèrent sur ses cuisses et sa mâchoire se crispa tout autant.

« Pour le moment, rectifia-t-il entre ses dents. Tu n'es pas encore arrivé à la fin de ta vie sexuelle alors tu auras sûrement l'occasion de connaître... mieux...

_ Mmm... Je ne vois vraiment pas qui pourrait faire mieux.

_ Tu idéalises le temps passé avec ce mec ! rétorqua Sirius. Tout ça remonte à des années et plus le temps passe, plus tu mets vos parties de jambe en l'air sur un piédestal alors que ce n'était sûrement pas le cas !

_ Raison de plus pour affirmer que personne ne pourrait faire mieux puisque personne ne pourrait égaler mon fantasme... »

Sirius regarda son vis-à-vis des pieds à la tête. Le potioniste bougeait toujours imperceptiblement sur ses hanches et chaque mouvement provoquait comme une décharge qui parcourait l'échine de Sirius et qui se terminait très agréablement dans son pantalon... Il savait que le sang affluait peu à peu dans la même direction.

L'animagus ferma les yeux.

Il était entrain de battre son record d'abstinence – Azkaban et le voile mis à part bien sûr. Il était en manque, bourré et il devait bien avoué que sa Némésis était plus que sexy alors forcément... Blacky junior faisait des siennes.

Sirius rouvrit doucement les yeux. Sa vue était un peu brouillée de telle sorte que sa Némésis paraissait un peu... floue.

Massant toujours machinalement les cuisses de l'ex-Serpentard, Sirius se mit à regretter qu'il ne porte pas son short de pyjama. Si ça avait été le cas, il aurait pu toucher sa peau nue, remonter loin sous le tissu fin et...

« Je pourrais faire mieux, s'entendit-il dire. »

Sirius entendit aussitôt le peu de raison, qui n'était ravagé par l'alcool, lui hurler mille reproches mais l'ex-détenu n'en avait rien à faire. Il était beaucoup trop saoul pour s'en soucier et puis la chose était complètement éveillée à présent. Alerte, elle se chargeait de faire taire son brin de conscience encore d'attaque et d'attiser sa libido.

« Quoi ? pouffa Severus.

_ Je pourrais faire mieux que Garrett et... te faire gueuler de plaisir à t'en abîmer les cordes vocales pendant plusieurs jours, venta Sirius en frissonnant de tous ses membres malgré lui. »

Visiblement très surpris par ses propos, Severus cligna plusieurs les yeux, incrédule, avant qu'un sourire amusé ne se dessine sur ses lèvres.

« Ah, vraiment !

_ Oui, vraiment. Tu comprendras pourquoi j'ai autant de succès depuis toutes ces années... »

Severus éclata de rire.

Il avait un rire doux et un poil cristallin et Sirius trouva que c'était un des sons les plus merveilleux qu'il n'ait jamais entendu. Il ne l'avait entendu que très rarement pendant toutes ces dernières années et il avait l'impression de combler ce manque en une seule soirée. Déjà depuis quelques semaines il avait commencé à rattraper ses sourires mais maintenant avec son rire...

Sirius sourit. Il aimait voir sa Némésis comme ça : le visage détendu, un sourire éclatant sur les lèvres, les yeux rieurs... Il préféra largement ça au visage triste, renfrogné et las auquel il était habitué.

« Dommage qu'on ne pourra jamais vérifier ! pouffa Severus.

_ Hum ?

_ On ne couchera jamais ensemble, expliqua le potioniste. Donc on ne pourra jamais vérifier~...

_ Ouais..., souffla rêveusement l'ex-détenu en appuyant plus fortement sur les cuisses de son vis-à-vis. On ne pourra jamais vérifier... Arrête de boire ! lança-t-il alors que Severus portait de nouveau sa bouteille à sa bouche.

_ On fait un concours oui ou non ? maugréa Severus.

_ Oui, mais je ne veux pas que tu tombes dans les pommes.

_ Je ne vais pas tomber dans les pommes ! riposta Severus.

_ C'est ce qui va se passer si tu continues comme ça ! »

Levant les yeux au ciel, Severus poussa un long soupir las. Il s'apprêtait à porter quand même sa bouteille à ses lèvres quand un petit détail titilla son attention et le conduisit à baisser les yeux pendant un instant.

« Tes mains sont sur mes cuisses, remarqua-t-il enfin.

_ Tu es assis à califourchon sur moi, rétorqua Sirius du tac au tac. »

Les sourcils de Severus se froncèrent.

« Ah oui... Mais comment est-ce que j'en suis arrivé là moi ? C'est bizarre, non ? » Avant même que Sirius ait le temps de répondre, Severus éclata d'un rire sonore. « Oulà, je dois vraiment être bourré pour te poser la question ! Bien sûr que c'est bizarre ! »

Il regarda ensuite sa bouteille pratiquement à moitié vide et, raisonnablement, il décida de la poser sur le sol.

« Voie les choses du bon côté, reprit Sirius. Au moins la situation ne peut pas être plus étrange que ça ! »

Sans que Sirius ne comprenne pourquoi au premier abord, les yeux de Severus se mirent à pétiller de malice.

« Quoi ? s'enquit-il. »

Un sourire amusé sur les lèvres, Severus ne dit pas un mot mais son comportement le fit pour lui : langoureusement, il s'allongea de tout son long sur l'animagus – surprenant ce dernier par la même occasion. L'ex-détenu gémit malgré lui lorsque leur deux bas-ventre se collèrent. Celui de Severus était belle et bien au repos mais celui de Sirius... commençait doucement à s'éveiller. Et le fait de sentir la chaleur du corps du potioniste tout contre le sien n'aidait pas !

Leur visage était de nouveau très près l'un de l'autre. Si près que certaines mèches de cheveux de Severus caressaient doucement son visage. Si près qu'il pouvait sans problème sentir son odeur corporelle. Et quelle odeur ! Toujours cette même senteur de pain d'épice, mêlée à l'alcool qui émanait très fortement de son haleine. Sucrée, douce, caramélisée... Elle envahit sans problème ses narines jusqu'à entrer dans son cerveau déjà bien embrouillé par l'alcool.

Merlin cette odeur... !

Des bribes de son dernier fantasme s'imposèrent dans son esprit : la façon dont il était profondément gainé en son amant, la crispation de ses muscles, la courbure de ses reins à chaque poussée, les hurlements de jouissances de son compagnon, ses suppliques... !

Sentant son sexe se gorger un peu plus de sang, Sirius voulut de se défaire de ses souvenirs plus qu'érotiques mais quoiqu'il fasse, ils lui revenaient toujours en tête. Les cris, les griffures infligées à son dos, ses puissants coups de rein, encore les hurlements de son amant...

Malgré ses efforts, Sirius sentit son corps s'embraser à vitesse grand V.

« Pourquoi tu t'es allongé sur moi ? lui demanda-t-il d'une voix blanche.

_ Tu as dit que la situation ne pouvait pas être plus étrange, lui répondit malicieusement Severus, je te prouve que tu as tort~. , la situation ne pourrait pas être plus étrange... »

Severus sourit et Sirius fit de même. Ils restèrent tous les deux ainsi pendant plusieurs secondes avant que Severus ne sursaute brusquement.

« Tu me tripotes le cul ! s'indigna-t-il. »

En effet, l'ex-détenu avait glissé ses deux mains sur le postérieur de Severus et il le malaxait fermement.

« Je rends la situation... encore plus bizarre~, se justifia-t-il.

_ Hun... Je suppose que... la seule façon pour moi de la rendre... encore plus étrange serait tout simplement de... t'embrasser~... »

Ils ne le surent pas mais un frisson ardent les traversèrent tous les deux en un éclair à ces mots. Le regard plongé dans celui de l'autre, le visage toujours à seulement quelques centimètres, une ambiance... chaude et intense s'installa entre eux, les mettant aussi mal-à-l'aise que leur état d'ébriété le permettait.

Presque inconsciemment, Sirius glissa l'une de ses mains sur le visage de Severus. Son souffle chaud et fortement alcoolisé caressait toujours doucement son visage et son odeur si sucrée enivrait toujours son esprit avec autant de facilité.

Sa joue était très douce sous sa main et l'ex-détenu se mit à se demander si ses lèvres l'étaient tout autant.

L'animagus sortit néanmoins de ses pensées quand son entrejambe se mit à frétiller de plus belle et qu'il sentit son sexe commencer à durcir sérieusement dans son pantalon. D'accord, le potioniste était complètement bourré, mais il allait bien le remarquer quand il aura un sexe dur comme la pierre contre sa cuisse !

Il fallait absolument que Severus se lève de sur lui. Il fallait absolument qu'il...

« Tu vas le faire ? lui demanda-t-il, ignorant la voix de la raison.

_ De quoi ? T'embrasser ?

_ Oui.

_ …

_ …

_ Ça va pas tu es fou ! pouffa le potioniste. Pourquoi ? Tu en as envie~ ? »

La bouche et la gorge de Sirius devinrent tout à coup très sèches.

Est-ce qu'il en avait envie ?

Son sexe durcit un peu plus en réponse. Oh Merlin que ce qu'il voulait en ce moment dépassait le simple baiser !

Une fois encore, des images de son précédent fantasme inonda son esprit. Il entendit de nouveau son amant hurler de plaisir, frissonner sous sous caresses... Il se rappela de son odeur de pain d'épice et de Remus qui lui disait qu'il était parfaitement normal de fantasmer sur lui !

Sirius se força à mettre ces pensées plus qu'érotiques dans un coin de sa tête et il caressa impulsivement la bouche du potioniste à l'aide de son pouce. Sa main glissa ensuite de son visage pour agripper fermement sa nuque et il rapprocha son visage du sien. Il vit, avec une pointe d'amusement, de la surprise passer dans les yeux de son interlocuteur, et il était sûr qu'il se demandait si lui allait vraiment aller jusqu'au bout et l'embrasser. Mais sa bouche n'était pas ce que l'animagus regardait. Quelques mèches s'étant entortillés par inadvertance entre ses doigts, il avait les yeux rivés sur son cou, dont la pâleur jurait avec ses cheveux si noirs.

Sans même s'en apercevoir, l'ex-détenu tira un peu sur ses cheveux afin de le forcer à se pencher encore – confortant encore Severus dans son intuition qu'il voulait l'embrasser.

L'animagus sortit néanmoins de ses pensées quand Severus sursauta brusquement. Il aurait pu se dégager de son emprise si Sirius n'avait pas resserré sa prise.

« Qu'est-ce qu'il y a ? s'enquit-il. »

Malgré ses yeux voilés, Severus essaya de lui lancer un regard furieux.

« Tu sais très bien ce qu'il y a, ronchonna-t-il. Tu as encore soufflé dans mon cou ! »

Sirius sourit.

« Quoi encore avec ton cou ! feignit-il de se plaindre.

_ Il est sensible et tu le sais très bien ! »

Le potioniste se mit ensuite à bougonner dans sa barbe à propos de sa Némésis n'ayant aucune limite, ce qui fit pouffer ladite Némésis.

« Comment tu sais ça de toute façon ? l'interpella brusquement Severus en sortant de son monologue.

_ Comme je sais quoi ?

_ Comment tu sais que mon cou est un endroit érogène de mon anatomie ?

_ Tu viens de me le dire.

_ Tu le savais avant que je te le confirme, rétorqua l'ex-Serpentard. Et je suis sûr que ce n'est pas le seul endroit que tu connais... »

Sirius ne répondit pas mais certains endroits lui sautèrent aussitôt à l'esprit : ses tétons bien sûr, mais aussi sa colonne vertébrale, l'intérieur de ses cuisses, le creux de ses reins... Bien sûr, on pouvait se demander comment il savait tout ça !

Son sourire s'élargit.

« En ce qui te concerne, je suis quasi omniscient, tu l'ignorais ? plaisanta-t-il.

_ … Tu fais toujours ça..., grommela sombrement Severus, pas convaincu par sa réponse.

_ Ça quoi ?

_ Tu fais comme si tu étais complètement ouvert à toute question, que tu n'avais absolument rien à cacher, mais dès qu'on en arrive aux sujets sensibles tu fais l'autruche et change de sujet.

_ J'ai répondu à tes questions à propos d'Azkaban ! objecta Sirius. Et du voile !

_ Mais tu refuses de répondre aux questions qui me concernent, répliqua mornement Severus. Tu refuses toujours de répondre aux questions qui me concernent... »

Sirius ne trouva rien à redire.

Il ne trouva rien parce que c'était vrai. Quand il était question du potioniste, il devenait aussitôt... vague et sur la défensive. Tout le monde l'avait remarqué – lui y compris même s'il avait mis le temps. Et tout ça à cause de... de la chose qui s'emparait à chaque fois de lui. La même chose qui s'emparait de lui en ce moment. Pas dans un esprit de colère mais dans un esprit beaucoup plus doux alors qu'ils étaient bien plus proches qu'ils ne l'avaient jamais été. Dans cette position, Sirius pouvait presque l'entendre ronronner. Mais malgré tout, la chose n'était pas entièrement calme. Non, l'animagus pouvait sentir qu'elle semblait vouloir... plus. Mais Sirius ne voyait vraiment pas ce qu'il pouvait faire de plus ! Plus se serait... Plus se serait carrément le pénétrer ! Et il était complètement absurde que la chose qui le hantait depuis sa scolarité à Poudlard le pousse à coucher avec Severus, non ? Non ?

Encore une fois, Sirius fut envahi par des extraits de son dernier fantasme et il sentit son sexe se gorger un peu plus de sang. S'il continuait comme ça, Severus allait forcément finir par le sentir !

« Il y a au moins une chose que tu ne sauras jamais, reprit Severus.

_ Ah oui ? Quoi ?

_ Où se trouve le dernier de mes grains de beauté..., lui répondit le potioniste avec un sourire graveleux.

_ Je t'ai déjà vu quasiment à poil, tu le sais ça, non ? lui fit remarquer Sirius. Je suis presque sûr de savoir où se trouve tous tes grains de beauté...

_ C'est impossible, le contredit tranquillement Severus. Tout simplement parce que tu ne verras jamais cette partie de mon corps nue~... »

Un sourire libidineux se dessina aussitôt sur le visage de Sirius.

« Queue ou couille ? devina-t-il aussitôt.

_ Va. te faire. foutre, articula Severus.

_ Allez quoi ! Queue ou couille ?

_ … Pas assez bourré. »

Sirius envisagea un instant de terminer sa bouteille afin de forcer sa Némésis à en faire autant mais il se ravisa presque aussitôt. Cette dernière n'était pas en état de boire davantage et, honnêtement, lui non plus.

Il se mit ensuite malgré lui à imaginer le sexe de sa Némésis ainsi que les différents endroits où son grain de beauté pouvait se trouver, mais il s'arrêta quand son propre sexe le rappela à son bon souvenir. Ainsi, dans un éclair de lucidité, Sirius se força à écouter sa raison et non son entrejambe. Aussi doucement que possible, il renversa le potioniste sur le dos. Son plan était d'ensuite se lever de sa Némésis et d'éviter ainsi le contact physique mais... plongé dans le regard vitreux de son vis-à-vis, il ne le fit pas.

« Pourquoi est-ce que tu m'as renversé ? rechigna Severus alors que sa tête roulait sur le sol, un peu désorienté par le mouvement soudain. Aaah, je sens que je vais vomir...

_ Pardon, s'excusa aussitôt Sirius.

_ Crétin...

_ Pardon.

_ Pourquoi... Pourquoi tu m'as renversé ? se lament-t-il alors qu'il était pris par un horrible haut-le-cœur.

_ Parce que... parce que je préfère être au dessus~.

_ Oooh... »

Severus fronça ensuite les sourcils en voyant le sourire grivois de son interlocuteur.

« Putain que t'es con ! maugréa-t-il en comprenant le sous-entendu. »

Sirius éclata de rire. Rire qui s'intensifia quand le professeur essaya de le frapper dans l'épaule mais qu'il manqua sa cible.

« Toi, tu préfères être au-dessus ou en-dessous ? lui demanda-t-il.

_ Va. te. faire. foutre. Black !

_ Allez, au-dessus ou en-dessous ? »

Pour toute réponse, Severus poussa un gémissement plaintif en se prenant la tête entre ses mains.

« Au-dessus ou en-dessous ? insista Sirius.

_ 'Fais chier... J'ai la gerbe c'est atroce..., marmonna-t-il entre ses dents. »

Severus se mit à gigoter inconfortablement sous le corps chaud de l'animagus, provoquant par la même occasion des sensations plus qu'agréable dans son entrejambe.

Sirius sourit. Il posa sa main sur son visage et caressa doucement sa joue avec son pouce.

Le potioniste avait les yeux mi-clos, ses yeux ne tenaient pas en place et il gémissait par intermittence. Tout indiquait que l'alcool lui était un peu trop monté à la tête et qu'il était à deux doigts soit de s'endormir soit de vomir sur son duveteux tapis.

Inconsciemment, Sirius plaqua son bassin plus fortement contre celui de sa Némésis. Il savait qu'il ne devrait pas faire ça mais c'était plus fort que lui. La sensation que ça provoquait était si agréable !

« M'est égale... Là, t'es content ? gémit Severus. Dépend du partenaire et de mon humeur... Tu vas arrêter avec tes questions débiles maintenant ? 'Me donne mal au crâne...

_ Intéressant, souffla Sirius en triturant distraitement l'une des mèches du potioniste. »

Severus se mit à bouger encore plus, pas du tout à l'aise ainsi coincé sous le corps de l'ex-détenu. Mais les yeux rivés sur la bouche rosée de l'ex-Serpentard, Sirius n'y prêta pas attention.

« Tu penses qu'on s'en souviendra ? s'enquit brusquement Severus les yeux pratiquement clos.

_ Hum ? fit Sirius en reportant son attention sur lui.

_ Tu penses qu'on se souviendra de cette soirée demain ? répéta le potioniste.

_ Aucune idée ! pouffa Sirius.

_ Hun... J'aimerai bien m'en souvenir... Enfin, pas de la partie où tu te frottes contre moi parce que, ça, c'est trop bizarre...

_ Quoi ? s'offensa l'animagus. Je ne me frotte pas contre toi !

_ Si, tu te frottes... En plus, on dirait que tu bandes...

Les joues de Sirius s'enflammèrent immédiatement.

« Mais pas du tout ! nia-t-il.

_ Bref. Cette dernière partie mis à part... J'aimerais bien me souvenir de cette soirée...

_ Pourquoi ?

_ … Parce que j'aime bien ça... Pas ta queue dressée contre ma jambe parce que c'est vraiment bizarre, mais je nous aime bien nous. J'aime bien ce nouveau nous... Je le préfère à notre ancien nous... J'aime bien qu'on ne se batte plus pour rien... Et cette soirée... cette soirée nous rapproche encore plus... je crois...

_ Je le crois aussi, confirma Sirius. Et... j'aime aussi ce nouveau nous. J'espère que ça va continuer.

_ Je... l'espère... aussi... »

Ce fut ses derniers mots avant qu'il ne ferme les yeux et s'endorme aussitôt.

Sirius sourit.

Il passa ensuite un moment à regarder son ancien ennemi dormir. Il le trouvait vraiment craquant avec ses joues toujours roses et sa bouche entrouverte. Il avait l'air presque inoffensif comme ça. Presque.

Il caressa une nouvelle fois ses lèvres de son pouce puis il retraça doucement la ligne de sa mâchoire, descendit dans son cou, au niveau de sa carotide, et il se plut à sentir son sang pulser en rythme. Il longea ensuite sa clavicule et s'arrêta un instant sur le téton visible. Il le tritura machinalement entre deux doigts tout en ignorant les gémissements de sa Némésis dans son sommeil. Il laissa le bout de chair au bout de quelques secondes et descendit jusqu'à son nombril découvert qu'il tripota pendant quelques secondes avant de descendre jusqu'à la partie dénudée de son pubis recouvert d'un duvet foncé. Son regard se posa ensuite sur le bas-ventre du potioniste et un dilemme s'imposa à lui : oserait-il vérifier où était son grain de beauté ?

En temps normal, il n'aurait pas une hésiter une seule seconde à foutre son compagnon de beuverie à poil ! Il ne comptait plus le nombre de fois où James s'était retrouvé nu et couvert de graffitis pour s'être endormi avant lui lors d'une soirée bien arrosée !

Mais au vu de la dureté de son érection, il avait peur de se laisser emporter s'il déshabillait le maître des potion et qu'il ne s'arrête pas à seulement vérifier où était son grain de beauté... Même saoul, il pouvait dire que c'était une très mauvaise idée.

Finalement, Sirius écouta la voix de la raison et il décida de se lever.

Une fois que sa tête eut finie de tourner, il prit doucement le potioniste dans ses bras, se leva et se dirigea vers sa chambre puis vers son lit. Il y déposa sa Némésis et rabattit ses couvertures sur lui.

Il sourit en le voyant se retourner sur le ventre, se blottir dans ses couvertures et se mettre légèrement à ronfler.

Attendri, il se laissa guider par son envie de glisser ses doigts dans les cheveux de l'ex-Serpentard pendant plusieurs secondes avant que son regard ne soit attiré par le tiroir de sa table de chevet. Il était à moitié ouvert et il pouvait distinctement voir sa rose scintiller par l'entrebâillement.

Son sourire s'agrandit encore plus alors qu'il reportait son attention sur lui.

Il passa quelques secondes supplémentaires à jouer avec ses cheveux avant de se décider à se lever du lit et à quitter la chambre. Sitôt fait, il s'écroula sur le canapé du salon – étant donné qu'il était plus qu'évident qu'il n'était pas en état pour retourner dans ses appartements.

Il s'endormit presque aussitôt en pensant, avec désespoir, à la gueule de bois qui l'attendait le lendemain.

xx

« Hé... ! ! »

Seul un grognement inaudible passa la barrière des lèvres de Sirius.

« Débout, Black... ! Black ! »

Avec la plus grande peine, le concerné parvint tant bien que mal à entrouvrir un œil. La lumière pénétra aussitôt sa rétine avec force et aggrava la migraine qu'il n'avait pas encore conscience d'avoir.

« Humflgroe..., grommela-t-il. Aïïïïïeeee ! fit-il en recevant un coup dans son épaule.

_ T'as pas fait mon petit-déjeuner ! »

Son petit-déjeuner ?! Le potioniste ne voyait donc pas qu'il était entrain de comater sur son canapé ?

Maudissant Severus pour sa sobriété nouvellement acquise grâce à une potion, Sirius grogna encore plus dans sa barbe.

« Black ! »

L'animagus réussit à ouvrir son deuxième œil et il réussit tant bien que mal à distinguer la silhouette floue du potioniste qui était assis sur une chaise en face du canapé, une tasse de café à la main.

« Mon petit-déjeuner, répéta Severus.

_ Haaaaaan... Dès que la pièce aura arrêté de tourner, grommela l'ex-détenu. Et que mon estomac n'essaiera plus de sortir par ma bouche... »

Du coin de l'œil, Sirius vit son interlocuteur fouiller un moment dans sa poche et en sortir une fiole qu'il agita devant ses yeux.

Il sourit en voyant les yeux de l'ex-détenu se mettre à briller.

« C'est bien...

_ Je te la donne si tu me fais mon petit-déjeuner.

_ Vendu ! »

Un sourire satisfait sur les lèvres, Severus lui tendit la fiole tant convoitée que Sirius s'empressa de vider d'un seul trait.

Pendant que sa Némésis désaoulait peu à peu, Severus décida de prendre une douche après avoir terminé son café. Quand il en ressortit, la potion avait fait effet et Sirius était déjà derrière les fourneaux.

« Œufs brouillés et bacon ? fit-il. »

Sirius reporta son regard sur lui.

Le maître des potions portait à présent une chemise non boutonnée jusqu'au bout ainsi qu'un pantalon de couleur sombre. Ses cheveux humides gouttaient dans son cou mais il semblait s'en ficher comme d'une guigne.

« Tu m'as l'air déçu, nota l'ex-détenu alors que son interlocuteur se resservait une tasse de café.

_ Tu m'as habitué à plus... sophistiqué...

_ Il n'y a pas si longtemps j'étais encore couché sur ton canapé avec une putain de gueule de bois ! Alors soit un peu compréhensif ! »

Pour toute réponse, Severus fit la moue avant de s'asseoir autour de la table déjà bien garnie de pain brioché, de confiture et de boissons.

« Je t'ai quand même donné une potion ! argumenta Severus.

_ Quoi ? Tu veux que je te baise les pieds en remerciement ? ironisa Sirius en posant la poêle remplie sur le dépose plat.

_ Je trouve que se serait la moindre des choses... En tout cas, tu en as encore fait pour un régiment ! On est que deux, je te signale.

_ Je sais mais je ne sais pas pour toi, depuis que je n'ai plus la gueule de bois, j'ai une faim de loup !

_ Hum, c'est l'un des effets secondaires de la potion..., confirma Severus.

_ En tout cas... merci. Elle fonctionne beaucoup mieux que la dernière que tu m'as donnée...

_ Je ne voulais pas que tu rates mes œufs brouillés, se justifia Severus en commençant à remplir son assiette. »

Ils passèrent ensuite un moment à manger en silence avant que Sirius ne reprenne la parole entre deux bouchées :

« Est-ce... Est-ce que tu te souviens de ce qu'on a fait hier ?

_ … On a bu beaucoup d'alcool.

_ D'accord, mais est-ce que tu te souviens de ce dont on a parlé ?

_ Hum... je me souviens... du voile, d'Azkaban...

_ Que tu aimes beaucoup ton emploi et tes élèves, compléta Sirius, un sourire moqueur sur les lèvres.

_ Je n'ai jamais dit ça ! réfuta Severus. C'est toi qui l'a dit. Et sans fondement ! »

Le sourire de Sirius s'agrandit.

« Je me souviens que tu as essayé de m'embrasser~, poursuivit-il.

_ Q... Quoi ? s'étrangla le potioniste. N'importe quoi ! J'ai jamais essayé de t'embrasser !

_ Tu ne te souviens pas de la scène parce que tu étais bourré, c'est tout.

_ Je me souviens de la scène ! rétorqua le potioniste. En partie du moins... Et je sais que je n'ai pas tenté de t'embrasser ! Je prenais ma revanche parce que toi tu... Toi tu me tripotais les fesses ! se rappela-t-il.

_ Simplement parce que tu t'étais allongé sur moi de tout ton long ! répliqua l'animagus. »

Cette fois-ci, Severus ne trouva rien à redire et ses joues piquèrent un fard monstre qui amusa beaucoup l'ex-Gryffondor.

« O... Okay, quand je suis bourré je... je perds un peu la notion d'espace personnel..., avoua Severus, un peu gêné.

_ Oh mais tu me connais~, minauda Sirius. Tu sais que j'ai, moi aussi, des problèmes avec ça...

_ Va chier, grommela Severus.

_ Ah ! Ta bonne humeur habituelle me manquait, Sevy. Mais tu peux être sûr que je n'oublierai jamais ce moment ! Toi... allongé sur moi... à deux doigts de m'embrasser...

_ Ferme-là ! grogna le potioniste entre ses dents. Je n'étais pas du tout sur le point de t'embrasser ! »

Sirius éclata de rire.

« Et tu peux être également sûr que je n'oublierai jamais que je tiens mieux l'alcool que toi..., reprit-il.

_ C'est des conneries ! Tu étais aussi torché que moi !

_ Tu l'étais plus. Tu t'es endormi et tu m'as dévoilé des choses sur toi que tu ne m'aurais sans doute jamais dit en étant sobre !

_ Je te retourne la remarque.

_ Ça j'en doute. Je suis beaucoup moins secret que toi de ce fait, tout ce que je t'ai dit hier, j'aurais pu te le dire en était sobre. Alors que toi... Toi tu m'as parlé du grain de beauté que tu as sur la couille~... »

À ces mots, Severus faillit s'étouffer avec ses œufs brouillés.

« Pardon ? Mais je... Je ne t'ai jamais dit qu'elle était sur ma couille !

_ Non, mais tu viens de le faire...

_ Et merde, jura le potioniste à mi-voix.

_ Droite ou gauche ? lui demanda Sirius.

_ Va chier, grommela le professeur.

_ Allez quoi ! Autant allez jusqu'au bout : droite ou gauche ?

_ Va. chier, articula Severus sur un ton acide.

_ … Je parierai sur la gauche... Quoi ? fit-il en notant le drôle de regard que sa Némésis lui décocha.

_ Tu... n'as pas regardé ?

_ Regardé quoi ? Tes couilles ? Non pourquoi ? »

Severus haussa les épaules.

« J'aurais pensé que tu aurais profité de mon état d'ébriété pour regarder... »

Sirius pinça ses lèvres.

C'était vrai qu'il y avait pensé. Mais il s'était rendu compte que c'était une très mauvaise idée !

« Je ne savais pas que j'en avais l'autorisation, dit-il sur un ton qui se voulait enjoué. La prochaine fois, je n'y manquerai pas~...

_ Oublie. Il n'y aura pas de prochaine fois, maugréa Severus.

_ Parce que je tiens mieux l'alcool que toi~ ?

_ Va. chier.

_ C'est entrain de devenir tes deux mots préférés, Sevy. »

Ledit Sevy préféra ne pas répondre à la pique et retourner à son petit-déjeuner.

Ils restèrent ainsi en silence avant que Sirius ne reprenne de nouveau la parole :

« Dis-moi, tu le pensais vraiment ?

_ De quoi est-ce que tu parles ?

_ Hier soir, tu m'as dit que... que tu aimais bien notre nouveau nous... Ce qu'on était devenu. Le fait qu'on se parle tranquillement sans s'arracher les yeux... C'était vrai ? »

Tout d'abord surpris, Severus ne sut quoi répondre. Puis il se sentit un peu mal-à-l'aise et il essaya de le cacher en baissant son regard sur son assiette et en découpant son bacon en petits morceaux.

« Pas toi ? s'enquit-il finalement en levant les yeux vers lui.

_ Si ! Si bien sûr ! lui répondit-il aussitôt. J'aime beaucoup ce qu'on est devenu et j'espère qu'on va continuer comme ça... Qu'est-ce que tu en penses toi ?

_ … Je pensais chacun de mes mots, répondit Severus après un petit silence. Même si je ne m'en souviens pas de mes mots exacts... »

Un petit silence un peu embarrassé suivit ses paroles. Aucun des deux hommes ne sut quoi dire pour détendre l'atmosphère alors personne ne dit un mot et ils continuèrent à manger en silence jusqu'à ce qu'un goût acre envahisse la bouche de l'animagus quand un horrible doute envahit son esprit.

« En plus, on dirait que tu bandes... »

Les yeux rivés sur sa Némésis, il déglutit faiblement. Est-ce que le potioniste se souvenait de cette partie-là aussi ?

En levant la tête de son assiette, ledit potioniste croisa son regard et il lui adressa un regard curieux auquel Sirius ne répondit pas.

Il n'y avait trois possibilités différentes : soit Severus ne s'en souvenait pas, soit il s'en souvenait mais il n'était pas très sûr de ce qu'il avait senti, soit... il se souvenait de tout et il savait très bien ce qu'il avait senti. Dans ce dernier cas, soit il mettra ça sur le compte de l'alcool et n'en parlerait pas, soit il le ferait chier...

Quoiqu'il en soit, à voir son sourcil haussé, il n'avait pas l'intention d'abordé le sujet tout de suite et Sirius ne comptait pas titiller sa mémoire. C'est pour cela qu'il secoua brièvement la tête et se plongea dans son bacon.

Il avait presque terminée son assiette quand il fut soudainement assailli par un affreux mal de tête ainsi qu'une vilaine nausée qui déforma les traits de son visage.

« Tout va bien ? s'enquit le potioniste.

_ Je... J'ai... une horrible migraine tout à coup..., grimaça-t-il. »

Un sourire mi-moqueur mi-satisfait étira aussitôt les lèvres de Severus.

« C'est normal, minauda-t-il.

_ Un autre... effet secondaire ?

_ … Non. C'est ta gueule de bois qui revient. L'effet de la potion n'était que temporaire.

_ Quoi ? »

Le sourire de Severus s'élargit.

« Je n'avais besoin de toi que pour me préparer mon petit-déjeuner, se justifia-t-il. Maintenant que c'est fait, tu peux retourner à ta gueule de bois. »

Sirius ouvrit la bouche pour argumenter mais sa migraine s'intensifia encore et le coupa dans son élan.

« Soit gentil, va cuver dans tes appartements, okay ? poursuivit Severus en se levant de sa chaise.

_ Tu... Tu vas vraiment me... me laisser comme ça ? gémit Sirius.

_ Bien sûr que oui ! En guise de punition pour m'appeler Sevy. Mais sans rancune, hein Blacky ? »

Sur ces derniers mots et après un sourire narquois, le potioniste quitta la pièce pour son bureau.

HPDMHPDM

David vit la mine réjouit de Killian de très loin. En fait, tout le monde autour du métisse voyait sa mine réjouit. Et étant donné que ces derniers jours le Serpentard était plutôt morose à cause de sa relation avec Xavier qui s'embourbait, tout le monde appréciait le changement.

C'est donc avec un large sourire que David s'avança tout droit vers lui à grand pas.

« Alors le Joyaux et Âme de Poudlard a enfin retrouvé le sourire ? lui demanda-t-il une fois qu'il fut arrivé à son niveau. »

Ledit Joyaux et Âme de Poudlard sursauta faiblement en sortant de ses pensées et posa un regard surpris sur son ami avant de froncer les sourcils.

« Je pensais que j'étais le Chouchou de Poudlard ? fit-il remarquer sarcastiquement.

_ Tu es les trois ! lui répondit David avec entrain.

_ Vraiment ? grommela Killian. L'Âme de Poudlard ? Tu ne crois pas que tu exagères un peu ?

_ Non ! répondit-il fermement. L'hiver dernier, quand tu es resté à l'infirmerie pendant une semaine parce que tu avais attrapé une grippe corsée, Poudlard entier était morose.

_ N'importe quoi ! pouffa le cadet Zabini-Weasley.

_ Tu n'en sais rien, tu étais coincé à l'infirmerie, le railla David. Quoiqu'il en soit, je suppose que ta bonne humeur a pour origine... Xavier, non ? »

Oubliant aussitôt leur désaccord, un large sourire fendit le visage du métisse.

« Je t'avais déjà dit que j'avais l'impression que ma relation avec Xavier s'embourbait, non ?

_ Hum, hum.

_ Et je t'avais raconté ce qu'il s'était passé lors de la Saint-Valentin ainsi que la tête qu'il faisait dès que j'étais avec Christopher ? Que l'ambiance devenait aussitôt... bizarre entre nous.

_ Oui.

_ Et je t'avais aussi dit que j'espérais que la soirée entre enfants du futur d'hier soir allait nous permettre de régler ce problème et de nous rapprocher.

_ Effectivement.

_ Eh bien ça a marché ! s'enthousiasma le métisse, les yeux brillant.

_ Pour de vrai ?

_ Oui ! C'est comme si notre couple avait un second souffle ! »

Un sourire discret étira les lèvres de David. Il l'espérait bien que ça allait mieux entre eux ! Après tout ce qu'il avait fait pour régler le problème...

FLASH-BACK :

« Non mais tu m'as visé sa mini-jupe à celle-là ! »

David leva les yeux au ciel pour la énième fois. Depuis une demi-heure, c'était tout ce que Jacob avait à la bouche ! ''T'as vu les jambes de celle-là'', ''Vise un peu le décolleté de celle-ci'', ''Regarde un peu le cul de celui-là''.

« Calme-toi Jake ou tu vas finir avec une érection en un rien de temps ! le sermonna-t-il. Et puis arrête un peu de regarder toutes ces personnes comme si elles n'étaient qu'une pièce de viande

_ Hé ! On ne met pas une jupe aussi courte, ni un pantalon si moulant si on ne veut pas se faire reluquer ! Non, dans ce cas, on met un sac à patate comme la robe de celle-ci...

_ Tu n'es qu'un connard, soupira David.

_ Un connard qui s'assume à 200% ! se venta Jacob en passant une main dans ses fins cheveux noirs rejetés en arrière grâce à une bonne dose de gel.

_Tu as de la chance d'avoir une belle gueule...

_ Je sais. Et ce soir, je vise la seconde position de mon tableau de chasse ! Je soir... je vise Lily. »

En disant ces mots, le ténébreux dirigea son regard vers la concernée et David suivit son mouvement. Il n'y avait pas à dire, Lily Malfoy-Potter était superbe ! Elle portait une petite robe noire assez moulante qui s'arrêtait au-dessus du genou avec un joli décolleté tout à fait approprié, ainsi que des escarpins à haut talon et d'un petit gilet bleu marine. Elle était peu maquillée et avait arrangé ses longs cheveux dans un side-hair plutôt simple.

En un seul mot, elle était absolument ''wouha''. Mais en même temps, Lily était le genre de fille qui reste magnifique même avec des guenilles.

« Alors là tu rêves mon pauvre vieux ! se moqua David en voyant Gabriel passer un bras protecteur autour des épaules de sa petite sœur qui roula des yeux. Lily est totalement en dehors de ta ligue !

_ J'essaierai quand même ! Comme la tête de mon classement n'est pas disponible... Tiens en parlant de tête de classement... »

Cette fois-ci, Jacob reporta son regard sur un Killian souriant qui venait dans leur direction.

Le métisse avait revêtu un pantalon noir huilé plutôt près du corps avec une chemise en soie écarlate qui mettait son teint en valeur. Mais par dessus tout, il ne portait pas sa barrette ! Sa mèche de cheveux avait ainsi repris ses droits et elle cachait par intermittence l'un de ses yeux bleus pétillants, accroissant son petit air craquant.

« Putain que je me ferais bien son petit cul vierge dans un coin..., marmonna Jacob entre ses dents.

_ T'es dégueulasse Jake !

_ Quoi ? Tout mec normalement constitué se ferait bien son petit cul vierge dans un coin. »

« Salut David, salut Jake, les salua Killian avec entrain en arrivant à leur niveau.

_ Salut Kil' ! lui répondirent en chœur.

_ Qu'est-il arrivé à ta barrette ? s'empressa de lui demander David. »

Le sourire de Killian gagna encore plus en largeur.

« Christopher a accepté de me la retirer pour la soirée ! Malheureusement, elle réapparaîtra demain matin...

_ J'avais oublié que ta mèche était aussi longue, » commenta David en repoussant ladite mèche derrière son oreille. Elle reprit quasiment aussitôt sa place mais Killian ne s'en préoccupa pas. « Tu vas la couper ?

_ Hum, peut-être, dit le Serpentard en un haussement d'épaule. Mais pour le moment elle est coincée par ma barrette alors ce n'est pas une priorité. »

Après ces mots, Killian se rendit compte que Jacob le reluquait de bas en haut avec un regard gourmand. Quand il vit que le Serpentard l'avait vu, nulle trace de gêne sur son visage et un sourire libidineux se dessina sur ses lèvres

« Merci beaucoup Kil' ! lui dit-il ensuite.

_ Je sens que je vais le regretter mais pourquoi ?

_ Parce que si jamais je ne chope personne ce soir, j'aurais toujours cette ravissante image de toi dans la tête pour pouvoir me branler correctement.

_ Ew, Jake !

_ Et si la personne que je chope n'est pas terrible physiquement, je pourrais toujours l'enculer par derrière et m'imaginer que c'est toi...

_ Tu es vraiment obligé d'être toujours si... obscène ?

_ Oh arrête Kil' ! C'est compliment, tu devrais le prendre comme tel~..., susurra le Serdaigle. »

Jacob tendit ainsi la main vers lui afin de caresser sa joue mais à mi-chemin, une poigne de fer s'enroula autour de son poignet et l'empêcha d'aller plus loin. Il ne put s'empêcher de frémir en rencontrant les yeux miels brûlant de rage d'Alexis.

« C'est ça, donne-moi une bonne raison de te mettre en pièce, grogna-t-il entre ses dents. »

Incendiant toujours Jacob du regard, Alexis passa un bras protecteur autour des épaules de son petit-frère et l'éloigna d'eux.

« Non mais tu as vu comment tu es habillé ! le sermonna-t-il.

_ Quoi ? Papa et Dad n'ont rien dit...

_ Ils ne disent jamais rien de toute façon ! bougonna Alexis. Ils restent les bras croisés en attendant qu'il t'arrive quelque chose... ! Et le fait que tu aies pris ces vêtements dans les placards de Dad prouvent bien que qu'elle n'est pas adaptée pour toi !

_ Ah ouais ? Et pourquoi ?

_ Dad est tout... Et toi tu es... Tu ne peux pas porter ce genre de chose ! Ce n'est pas pour toi...

_ À cette époque, Dad et moi, on a qu'un an de différence !

_ Ce n'est pas pour toi ! Et tu as vu le pantalon que tu portes ? Après, il ne faut pas s'étonner que des gens comme cet obsédé de Jacob... »

Les deux frères furent ensuite trop loin des deux amis pour qu'ils puissent en entendre plus. David reporta son regard sur Jacob et il fut choqué par le regard lubrique que son ami avait posé sur les fesses du cadet Zabini-Weasley. Il lui assena une vive tape sur l'épaule.

« Arrête de le regarder comme ça ! Kil' n'est pas qu'un morceau de viande exposé pour tes beaux yeux ! »

Jacob leva les yeux au ciel.

« J'ai pas le droit de toucher, laisser-moi au moins regarder ! C'est tel beau morceau..., » marmonna-t-il pour lui-même en touchant discrètement son sexe à travers le tissu de son pantalon. Geste que David feignit de ne pas voir. « Allez arrête de faire la tronche et viens. D'après ce que j'entends, la fête bat déjà son plein là-dedans. »

Pour l'occasion, les visiteurs du futur avait réservé la Salle sur Demande. Comme la salle pouvait s'adapter d'elle-même au nombre de personnes présentes, c'était l'endroit idéal.

Les deux compères s'empressèrent de rentrer et ils furent aussitôt assaillis par une musique assourdissante et par des lumières de plusieurs couleurs, limite aveuglantes, qui remplaçaient la lumière blanche traditionnelle. La fête avait principalement été organisée pour les élèves à partir de la cinquième année et la majorité des participants étaient déjà entrain de se déhancher sur la piste de danse, tous très près les uns des autres. Il régnait déjà une chaleur presque étouffante et si la pièce n'était pas ensorcelée, la plupart des adolescents arboreraient déjà de larges auréoles sous leurs bras et dans leur dos et il régnerait une affreuse odeur de sueur.

Il était impossible pour David de connaître les dimensions exactes de la pièce mais un énorme spot rouge en lévitation indiquait le bar, un énorme spot vert les sièges, un énorme spot rose les balcons et un énorme spot bleu les toilettes. Mais comme il était connu que c'était le lieu de rendez-vous des couples trop pressés, David ne s'y rendrait pas en cas d'envie pressente.

« Je vais baiser ce soir, je le sens bien ! s'enthousiasma Jacob. »

« Salut les mecs ! fit une voix derrière eux avant que David ne puisse le sermonner.

_ Salut Florian ! lui répondirent-ils en chœur.

_ Bon, vous m'excuserez mais un joli petit cul m'appelle ! lança Jacob avant de se perdre dans la foule dense.

_ Toujours aussi chaud celui-là à ce que je vois..., commenta Florian.

_ Je vais finir par lui balancer un sceau d'eau glacé à la gueule !

_ Sinon... Comment est Killian ?

_ Comment ça comment il est ?

_ Bah... comment il s'est habillé ? Est-ce qu'il est... craquant ?

_ Qu'est-ce qui te dit que je sais comment il est habillé ?

_ Tu es l'un de ses meilleurs potes ! Tu l'as forcément déjà vu ! Alors comment il est ? »

David roula des yeux.

« Il n'est pas intéressé par toi, grommela-t-il. »

Sur ces derniers mots, il se jeta lui aussi sur la piste de danse. Étant lui aussi très sociable, il connaissait beaucoup de monde et se mélangea sans problème.

Il fit ainsi la navette pendant quelques heures entre le bar, ses amis et la piste de danse avant qu'il ne finisse par retrouver Killian. Le métisse aussi se déhanchait. Très bien et plutôt langoureusement étant donné que la musique avait des connotations lascives.

David ne put s'empêcher d'être captivé par son ami pendant un moment.

La manière très élégante et sensuelle qu'il avait de remuer ses hanches et de bouger ses bras. La manière dont sa mèche de cheveux caressait son visage, qu'il avait de la replacer machinalement derrière son oreille, de rejeter sa tête en arrière et de pouffer de rire. Un rire qui, même s'il ne pouvait pas l'entendre, était merveilleusement doux à l'oreille.

David se mordit pensivement la lèvre inférieure. Merlin que Killian était...

Le Serpentard s'empressa de se donner une immense claque afin de se remettre les idées en place. Il ne fallait pas qu'il commence à voir Killian de cette façon, le métisse était juste un ami et en plus, il avait déjà une petite-amie !

Son visage se renfrogna néanmoins en voyant les deux adolescents qui dansaient tout contre lui. Ça n'avait pas l'air de les déranger, eux, que Killian se déhanche de manière si lascive, au contraire !

David vit avec une grimace celui qui était collé au dos de Killian poser fermement ses mains sur les hanches de ce dernier afin d'encourager ses mouvements tout contre son bas-ventre alors que celui devant lui, tout aussi collé contre son torse, lui faisait boire un cocktail qu'il supposait être très alcoolisé, tout en louchant régulièrement sur les tétons devenus visibles du Serpentard à cause de la lumière écarlate des spots de lumière qui avait rendu sa chemise transparente. À voir les petites rougeurs sur les joues du cadet Zabini-Weasley, il n'en était pas à son premier verre et, à en voir le sourire satisfait des deux garçons, c'était exactement ce qu'ils voulaient.

« Mais où est Alexis ? marmonna David dans sa barbe.

_ Parti avec les jumeaux et Fred, lui répondit un de ses amis qui se prénommait Alexandre. Une connerie je suppose... »

Il était clair que s'il avait été là, il n'aurait jamais laissé son petit-frère se comporter ainsi !

David était ami avec Killian depuis leur première année à Poudlard et il avait appris à connaître le métisse durant ces cinq dernières années. Il savait donc pertinemment que malgré son apparence fragile et innocente, le cadet Zabini-Weasley était loin d'être naïf. Il avait parfaitement conscience de son physique et de sa personnalité plus qu'attractifs et il savait que derrière les sourires et les blagues innocents beaucoup voulait plus que de l'amitié de sa part. Il savait que certains étaient dangereux – et il préférait rester loin de ces gens-là – et il savait se défendre. Ses parents, son frère, son parrain et Christopher s'en était assurés. David savait donc qu'il connaissait suffisamment les deux jeunes hommes collés contre lui pour savoir qu'ils cherchaient à l'enivrer le plus possible afin qu'il soit plus sensible à leur sollicitation.

C'était la raison pour laquelle ne s'alarmait pas de son comportement. Pour lui, Killian contrôlait la situation...

Cependant, un doute s'insinua en lui quand il vit l'un des garçons fourrer sa tête dans le cou du Serpentard et souffler quelques mots au creux de son oreille qui le fit rire tandis que les mains du deuxième garçon lâchait ses hanches pour se glisser sur... Oulà ! Peut-être que le mulâtre avait un peu trop bu pour penser clairement. Inquiet, il s'apprêtait à venir à la rescousse de son ami mais ce dernier choisi ce moment précis pour mettre un terme à leur accolade plutôt sensuelle et lancer un ''hey ! Tu es là !'' à la première personne qu'il vit – en l'occurrence Grégory – afin d'avoir une excuse pour lâcher les deux adolescents un peu trop excités. Ignorant complètement les deux garçons déboussolés, il se lança aussitôt dans une conversation avec le Serdaigle. David supposa que Killian voulait le convaincre de danser avec lui mais que Grégory essayait de décliner poliment son invitation, n'étant pas aussi à l'aise que lui sur une piste de danse. Mais bien sûr, personne ne pouvait dire non au mulâtre alors il n'eut pas à attendre longtemps avant de voir Killian nouer ses bras autour de son cou et de l'entraîner à danser avec lui. Un sourire timide sur les lèvres, Grégory finit par se laisser faire.

Un sourire soulagé sur les lèvres, David se détendit. Killian pouvait bien se débrouiller tout seul après tout. Il regarda pendant un moment son ami qui avait l'air de vraiment s'éclater. Étant donné toutes les choses qu'il avait en tête en ce moment, il avait bien besoin de relâcher un peu la pression. Ça aurait été encore mieux s'il passait ce bon temps avec Xavier... Où il était celui-là par ailleurs ?

Le Serpentard n'eut qu'à balader son regard autour de lui pendant quelques minutes afin de trouver le concerné. Assis sur une chaise, il arborait une petite mine et il regardait mélancoliquement Killian danser avec un autre que lui pour la énième fois.

David leva les yeux au ciel. Il parierait toutes ses économies que Killian l'avait entraîné sur la piste de danse à la minute où il l'avait vu, l'avait forcé à danser – même si Xavier n'était pas un fana de la danse et que comme d'habitude, Killian avait salué des amis à lui toutes les 2 minutes. Et puis Xavier avait commencé à fatiguer mais comme Killian était toujours une pile électrique, il avait laissé son petit-ami se reposer et il s'était rapidement trouvé un autre partenaire de danse. Une fois que Xavier eut repris son souffle, il avait vu à quel point Killian s'amusait avec ses amis et... il n'avait pas osé réclamé ce qui lui revenait de droit...

Il poussa un profond soupir. Il avait passé des mois à se battre pour caser son ami et maintenant, il devait se battre pour qu'il reste caser !

« Tu m'excuses Alex ? On se renvoie plus tard, okay ? »

Ledit Alex opina en silence et David alla s'asseoir près du Gryffondor déprimé.

« Tu ne vas pas le récupérer ? lui lança-t-il. »

Xavier haussa mollement les épaules.

« Il s'amuse bien, souffla-t-il.

_ Il s'amuserait tout aussi bien avec toi.

_ Je... Je ne sais pas trop. »

L'air maussade, il regarda son petit-ami exalté virevolter sur la musique plutôt rock avec un Grégory un peu timide. Mais bon, il préférait encore que ce soit lui qu'un autre parce qu'au moins, le Serdaigle n'en profitait pas pour tripoter Killian à tout va !

Ces derniers temps, leur couple était plutôt morne. Même s'ils passaient du bon temps, un rien suffisait à jeter un froid. Ça faisait un moment qu'il ne l'avait pas vu complètement détendu. Et Merlin qu'il se déhanchait bien ! Quel que soit le type de musique, le métisse s'adaptait sans aucun soucis. Il était à la fois gracieux, sensuel, élégant et Xavier pourrait le regarder faire pendant des heures ! Le seul problème, c'était les personnes avec qui il dansait...

« Je dois être le seul mec avec qui il ait dansé qui n'était pas collé à lui comme une sangsue ! se lamenta-t-il. Et je suis son petit-copain !

_ Qu'est-ce qui t'en empêchait ? »

Le blond haussa les épaules pour la seconde fois.

« Je... Je ne sais pas. Je n'ai pas osé, je suppose. » Il éclata ensuite d'un rire jaune. « Je sors avec l'un des mecs les plus prisés de Poudlard et je n'ose pas le toucher ! C'est un comble était donné que 90% des gay de Poudlard tueraient pour être à ma place et le toucher de partout !

_ … Il t'impressionne, devina David.

_ Carrément, soupira le Gryffondor. Plus le temps passe et plus j'ai peur de faire une bourde et de le perdre. En le collant trop, en étant trop jaloux, en allant trop vite... »

Les deux jeunes hommes restèrent silencieux pendant plusieurs minutes, les yeux rivés sur Killian. Minutes durant lesquelles Christopher fit son apparition. Quand il le vit, le visage de Killian s'illumina instantanément. Un large sourire étirant ses lèvres, il s'excusa aussitôt auprès de Grégory avant de reporter toute son attention son meilleur ami. Le Serdaigle partit sans demander son reste pendant que Christopher entourait la taille du métisse de ses bras et que le Serpentard nouait les siens autour de son cou. Ainsi, les deux amis ne tardèrent pas à danser ensemble.

« Il ne manquait plus que lui..., grommela mornement Xavier entre ses dents. »

Et comme par hasard, les chansons étaient principalement des slows langoureux à connotation érotique ! Xavier eut donc le plaisir de voir son petit-ami se trémousser voluptueusement tout contre le corps musculeux de Christopher. Les yeux dans les yeux, le métisse gloussait toutes les cinq minutes alors que le Lion tripotait sa mèche de cheveux rebelle.

« Génial. »

Comme si son moral n'était pas suffisamment bas !

« Tu vas le perdre, lui dit brusquement David sans détour.

_ Merci pour ton honnêteté, grommela amèrement Xavier entre ses dents. J'aurais pu trouver ça moi-même...

_ Xavier, tu dois arrêter de te prendre la tête. Arrête de trop réfléchir, arrête de te poser trop question, tu es entrain de bousiller toi-même ta relation amoureuse ! C'est comme pour la Saint-Valentin – ne lui en veut pas mais Killian m'a tout raconté. Tout se passait bien, Kil' était déterminé à passer du bon temps avec toi et toi, tu as tout foutu en l'air à cause de mecs dont il se fiche éperdument ! C'est exactement ce qu'il se passe en ce moment ! Killian était tout excité de passer la soirée avec toi et toi tu restes dans ton coin à bouder encore à cause de mecs dont il se fout !

» Arrête de te focaliser eux, arrête de te comparer à eux, Killian n'en a rien à foutre d'eux ! Tout ce qui l'intéresse c'est toi ! C'est avec toi qu'il veut passer son temps libre ! Mais tu n'arrêtes pas de le repousser et il ne comprend pas ce qu'il fait de mal !

» Tu vas le perdre si tu continues comme ça ! »

Xavier ne répondit rien mais il savait que David avait raison. Son stress le poussait à se tirer lui-même des balles dans le pied.

« Et par dessus tout, reprit David, tu dois oublier Christopher.

_ Oublier Christopher..., marmonna-t-il entre ses dents.

_ Oui. Je sais que c'est dur mais il n'y a que de l'amitié entre eux deux !

_ Pour Christopher oui ! Mais tu sais aussi bien que moi que Killian...

_ Tu as peur qu'un jour Christopher ouvre les yeux sur la perle qui gambade devant lui depuis des années, qu'il lui ouvre son cœur et que Killian lui saute dans les bras, je sais. Mais si tu veux avoir une chance de le remplacer dans son cœur, tu dois te battre ! Arrête de te lamenter sur ton sort, arrête de rester prostré dans un coin, arrête de t'apitoyer sur ton sort, sors-toi les doigts du cul et bats-toi ! Tu ne dois pas laisser n'importe quel gus être plus proche de Killian que tu ne l'es ! Putain, c'est toi son petit-ami ! Killian est loin d'être chiant ! Il aime les câlins, les bisous, les mots doux, les balades main dans la main, les discussions interminables et tous les trucs du genre alors fais-le ! Arrête de te retenir et comporte-toi le petit-ami tendre et attentionné que tu meurs d'envie d'être !

» Si c'est trop pour lui, il te le dira et tu sauras où est la limite, c'est tout ! En restant loin de lui, tu donnes d'autant plus l'occasion à Christopher d'ouvrir les yeux et tu donnes l'occasion à d'autres mecs de prendre ta putain de place dorée et de se faire, eux, une place dans son cœur !

» Alors prends-le part la main, enlace-le à tout bout de champ, fais-lui des tas de bisous, chouchoute-le, gâte-le, fais-lui sentir que tu l'aimes à chaque putain de minute de sa journée et petit à petit... Petit à petit tu te feras une place dans son cœur. Petit à petit, c'est vers toi qu'il ira quand il ne se sentira pas bien, c'est avec toi qu'il voudra partager les bonnes nouvelles, c'est avec toi qu'il voudra passer des après-midi entières à ne faire d'autre que se tourner les pouces et un jour... Un jour peut-être que tu arriveras à dépasser Christopher...

» Mais une chose est sûre : si tu restes là à ne rien faire, tu vas le perdre. Et tu regretteras amèrement de n'avoir pas profité de chaque minute que tu avais avec lui. »

La fête battait toujours son plein, la musique était toujours assourdissante, les lumières presque aveuglantes, mais aucun des deux adolescents ne s'en préoccupait.

David se sentait... soulagé. Il avait sorti à Xavier un super speech de motivation alors maintenant, c'était à lui de se remuer ! Les choses ne dépendaient plus que du Lion, lui avait fait sa part.

Xavier ne le regardait plus. Ses yeux étaient rivés sur ses chaussures mais son regard était vide. Il passait en boucle les paroles de David dans sa tête. Aucune expression ne transparaissait sur son visage, il semblait juste très concentré.

Au bout de plusieurs minutes, il releva sur David un regard déterminé.

Un large sourire fendit le visage du Serpentard. Enfin !

« Où est-ce qu'ils sont allés ? se demanda Xavier en regardant au alentour. »

David s'aperçut à son tour que Killian et Christopher n'étaient plus devant eux sur la piste de danse.

Et merde ! Pile au moment où il regonflait Xavier, Killian ne pouvait pas foutre le camp !

Le Serpentard se leva en même temps que Xavier et il l'aida activement à chercher le petit métisse. Il ne pouvait pas abandonner si près du but !

Il retrouva finalement les deux fuyards sur l'un des balcons et... sa mâchoire se crispa instantanément. De là ou il était, il ne pouvait pas entendre ce qu'ils se disaient mais, comme d'habitude, ils étaient très proche l'un de l'autre. Au sens propre comme au sens figuré. Killian était manifestement très joyeux à cause de l'alcool et il était encore plus enthousiaste et excité qu'à l'accoutumé. Ce qui semblait beaucoup amuser Christopher.

Le petit métisse était assis sur la rambarde et, entre ses jambes, Christopher le tenait par la taille pour s'assurer qu'il ne tombe pas à la renverse. Et ce n'était pas de trop étant donné que le Serpentard ne tenait pas en place et qu'il ne cessait de gesticuler dans tous les sens !

Comme d'habitude, une très nette complicité transparaissait de leur attitude. Si belle et évidente, qu'elle faisait insidieusement naître la jalousie de la part des personnes qui les regardaient du coin de l'œil. Des personnes qui trouvaient qu'ils formaient un couple très mignon et qu'ils devraient sortir ensemble une fois pour toute !

Et puis en une fraction de seconde, l'ambiance entre eux changea. De chaleureuse et innocente elle passa à intense et lourde de sens – David pouvait le sentir sans être avec eux. Il ne savait pas ce qu'il s'était dit mais la conversation avait pris un ton beaucoup plus sérieux.

Killian avait entouré le cou du Gryffondor de ses bras, leur corps s'était rapproché jusqu'à être collé au possible, à présent plus grand que son meilleur ami, Killian avait incliné sa tête afin de pouvoir coller son front humide de sueurs contre le sien. Fini les rires sonores et les blagues salaces. Ils parlaient désormais à mi-voix et chaque mot chuchoté tombait agréablement dans l'oreille de leur vis-à-vis. Les yeux dans les yeux, leur visage n'était qu'à quelques millimètres l'un de l'autre.

Leur échange était devenu beaucoup plus tendre, doux et chaleureux.

Il avait un de leur ''moment''.

Un ''moment'' comme ils en avaient souvent. Un de ces ''moment'' où les héros des romans à l'eau de rose, qu'affectionnait tant Killian à une époque, s'embrassaient passionnément. Un de ces ''moment'' pendant lesquels Killian avait mainte fois espéré que son ami l'embrasse – même si ça ne s'était jamais produit. Un de ces ''moment'' où le métisse replongeait pour le Gryffondor.

David mordit sa joue et jeta un regard inquiet vers Xavier qui se trouvait à peine quelques pas derrière lui. Aucune émotion ne transparaissait de son visage mais ses poings étaient si serrés que ses jointures étaient devenues blanches.

C'était maintenant que tout se jouait. Il fallait que Xavier fasse un mouvement maintenant où leur situation allait s'embourber.

« Allez, » pensa-t-il aussi fort qu'il put afin de l'encourager.« Allez, un peu de courage ! »

Au moment où il pensait que Xavier s'était dégonflé, ce dernier afficha un large sourire enjoué et il pénétra d'un pas assuré sur le balcon. David lui suivit quelques pas derrière.

« Le voilà mon petit-ami ! s'exclama-t-il en faisant sursauter les deux amis qui se séparèrent. Je te cherchais partout !

_ Vraiment ? »

Xavier s'approcha de la rambarde – bouscula Christopher en passant – et fit descendre Killian avant que ses bras ne remplacent ceux de Christopher autour de sa taille. Killian parut très surpris par son initiative mais il ne fit rien pour se défaire de son étreinte.

« Vraiment, reprit-il. Depuis des heures je te vois danser avec des mecs et moi, je n'ai même plus le droit à une danse !

_ Eh bien..., comme il était plutôt clair que tu ne tenais pas la cadence face à moi alors...

_ Oh ! Mais mes pieds vont bien à présent ! Alors tu es à moi pour le restant de la soirée...

_ Et qu'est-ce que je ferai quand tu n'en pourras plus à nouveau ? Je te regarderai reprendre ton souffle le cul assis sur une chaise ?

_ … Je tiendrais jusqu'au bout ! lui assura le Gryffondor.

_ Tu vas finir avec les pieds en sang.

_ Je sais, mais je m'en moque... Tu sais pourquoi ?

_ Non.

_ Parce que j'ai un adorable petit-ami qui va passer la matinée à me les masser~. »

Killian éclata aussitôt de rire.

Xavier sourit. Ça lui faisait beaucoup de bien de l'entendre. Et ça l'encourageait sur sa lancée.

« Eh bien, tu en as de la chance !

_ Tu as vu ça ?

_ Tu ferais mieux de bien t'en occuper afin de ne pas le perdre !

_ Oh mais je compte bien me battre bec et ongle pour lui. »

En disant ces mots, Xavier avait rivé ses yeux sur Christopher, comme dans une sorte d'avertissement.

Le Gryffondor était à présent adossé à la rambarde et il ne parut ne pas en comprendre le sens.

Xavier reporta cependant rapidement son attention sur Killian et il l'attira à l'intérieur. En passant devant David, il lui adressa un sourire – que le Serpentard lui rendit – avant de disparaître dans la foule.

« Qu'est-ce que tu lui as dit ? »

David reporta son attention sur Christopher. Il n'avait pas bougé mais il y avait quelque chose dans le ton de sa voix qui l'interpella.

Il frissonna.

Il avait toujours trouvé que le Gryffondor dégageait... quelque chose de puissant et d'envoûtant. Quelque chose de dangereux aussi derrière ses grands sourires sympathiques. Parce que même s'il était sûr qu'il ne toucherait jamais un l'un des cheveux du métisse, David ne parierait pas qu'il en était de même pour lui si jamais il avait le malheur de faire du mal au Serpentard... Parce que même si Christopher avait une maîtrise parfaite de sa lycanthropie, il était sûr qu'il n'hésiterait pas à perdre ce contrôle pour lui donner une bonne leçon.

Involontairement, il jeta un rapide coup d'œil au ciel. Quelques nuages le parsemaient et un croissant de lune l'éclairait. À l'approche de la pleine lune, son appréhension concernant Christopher augmentait toujours car il devenait toujours très... Enfin très... particulier...

« Qu'est-ce qui te fais croire ça ? lui dit-il sur un ton qui se voulait détaché.

_ Il a changé d'attitude. Du tout au tout. »

David haussa mollement les épaules.

« Je lui ai donné quelques conseils. Ça à l'air d'avoir marché ! Yeah ! Espérons que ça continue sur cette lancée !

_ Ouais... Espérons... »

David regarda autour de lui pendant quelques secondes, mal-à-l'aise, avant d'en revenir à Christopher et... il fut frappé par quelque chose. Quelque chose... avait changé chez son vis-à-vis. Quelque chose... Est-ce que c'était... ses yeux ? Oui. Quelque chose avait changé avec ses yeux.

Le Serpentard s'attarda pendant un instant. Est-ce que c'était... ses pupilles ? Oui, elles paraissaient plus... fines. Un peu comme celles des chats.

Et le sourire qu'il lui adressait le mettait mal-à-l'aise.

Incertain, il jeta de nouveau un rapide petit coup d'œil au ciel. Non, la lune n'était pas pleine.

Quand il reporta son attention sur Christopher, tout était redevenu normal – mis à part son sourire indéchiffrable qui s'élargit. Le changement s'était passé si rapidement que David se mit à douter de ce qu'il avait vraiment vu.

Sans un mot supplémentaire, Christopher se dirigea vers l'entrée.

« Tu restes ? lui demanda David en sortant brusquement de sa léthargie.

_ Non.

_ Pourquoi ? insista le Serpentard alors que Christopher le dépassait. »

Le Gryffondor se retourna afin de lui faire face.

« J'étais venu pour Killian. Killian est occupé maintenant alors... Je rentre à mon dortoir.

_ Tu pourrais rester. Et... peut-être rencontrer des gens.

_ Je n'ai pas envie de rencontrer des gens. »

Son ton était sec et ferme. Il ne voulait pas rester.

Ses yeux étaient redevenus normaux mais il le mettait toujours mal-à-l'aise. Et David dut faire un gros effort pour ne pas regarder le ciel afin de vérifier encore une fois l'état de la pleine lune.

Il s'était toujours très bien entendu avec Christopher mais... il devait bien admettre que sa version lycanthrope l'avait toujours mis... mal-à-l'aise. Contrairement à Killian qui restait comme un poisson dans l'eau avec lui !

Pour ne pas le détendre, Christopher le toisa bizarrement des pieds à la tête avant de lui adresser un petit sourire crispé, de tourner les talons et de disparaître dans la foule.

David frissonna et pour la troisième fois... vérifia l'état de la lune.

Fin du FLASH-BACK

« Il n'y a pas de quoi, murmura-t-il entre ses dents.

_ Comment ? s'enquit Killian.

_ Rien ! Je suis content que les chose aillent mieux avec Xavier ! »

Pour toute réponse, Killian lui adressa un sourire à mille carat qui le fit fondre.

Mais sa joie se ternit quand une évidence lui sauta aux yeux : un jour ou l'autre, sa relation avec Xavier allait de toute évidence s'effondrer. Il n'avait fait que retarder l'inévitable mais... un jour où l'autre, elle allait partir en vrille si Killian ne réglait pas les choses avec Christopher. S'il lui laissait une porte dans son cœur, Xavier aura beau se battre, ça ne changera rien. Killian allait finir avec deux hommes dans son cœur et il risquait de devoir faire face à un dilemme !

Se mordillant distraitement la lèvre inférieure, David se demanda s'il devait oui ou non aborder le sujet avec lui. Après tout, il semblait si heureux !

Finalement, il se dit qu'il ferait mieux de crever l'abcès tout de suite.

« Mais tu sais... si tu veux vraiment que ta relation avec Xavier dure... un jour où l'autre, tu vas devoir mettre un terme... à toute ton histoire avec Christopher.

_ Mon histoire avec Christopher ?

_ Oui. Xavier fait de son mieux pour gérer tout ça mais... un jour ou l'autre, tu devras... en quelque sorte... rompre avec lui.

_ Rompre avec qui ? Avec Christopher ?

_ Oui. »

Killian éclata d'un rire jaune.

« Je n'étais pas au courant qu'on sortait ensemble...

_ Kil'... » David posa une main sur son épaule et le força à s'arrêter et à se tourner vers lui. « Tu sais très bien de quoi je parle. Je parle du fait que, dans les romans à l'eau de rose que tu affectionnais tant à une époque, Christopher et toi représentez les éternels amis faits l'un pour l'autre qui ne s'en rendent compte que lorsque l'un est sur le point de se marier avec un autre !

_ J'ai fait une croix sur cette phase romantique il y a...

_ Ça ce dont tu essayes de te persuader ! Mais aux yeux de tout le monde vous êtes le parfait petit couple qui est fait pour être ensemble ! Peu importe avec qui tu sors, pour quasiment tout le monde, tu vas inéluctablement finir avec Christopher ! Xavier n'est qu'un... incident de parcours. Un flirt, une distraction.

_ Qu'est-ce que ça peut faire ce que les gens pensent ! dit Killian en haussant les épaules. Ce qui compte, c'est que que Xavier et moi pensons...

_ Je ne dis pas le contraire. Mais malheureusement, Xavier pense la même chose que l'opinion public et tu le sais pertinemment.

_ …

_ Et par dessus tout, tu sais pertinemment que ce petit jeu encourage l'infime partie de toi qui espère toujours son happy end.

_ Il n'y a aucune partie de moi qui pense ça !

_ Kil'...

_ Non, j'ai tourné la page ! »

David vit très distinctement la lueur de détermination qui brillait dans les yeux de son ami et ça lui fit mal au cœur. Le petit métisse faisait de toute évidence de son mieux pour changer, pour faire une croix sur Christopher et pour se persuader qu'il avait réussi mais... David savait que ce n'était pas le cas.

« Kil', je vous ai vus sur ce balcon. Xavier aussi.

_ Et alors ? On a rien fait de mal !

_ Kil', vous avez encore eu un de vos ''moment''.

_ Mais non !

_ Mais si ! De quoi vous avez parlé, hein ?

_ De rien de spécial ! » Killian était à présent sur la défensive. « De tout et n'importe quoi ! J'étais vraiment survolté ce soir-là et je ne tenais pas en place. Je voulais absolument monter sur la rambarde du balcon pour faire comme il fait d'habitude mais il a bien sûr refusé... Au final, je me suis retrouvé assis dessus et... je ne sais pas... Je lui ai dit que j'étais super content de voir qu'il allait de mieux en mieux et... il m'a répondu que c'était grâce à son petit ange caramélisé... Qu'il serait bien bas sans moi... Que j'étais l'une des personnes les plus importantes de sa vie, qu'il m'aimait profondément et que... » Il ferma brusquement les yeux. « Et merde... ! Mais qu'est-ce qui cloche chez moi ! Pourquoi est-ce que je tombe à chaque fois dans le panneau ? Je suis stupide ou quoi ?

_ Kil', arrête de te tirer les cheveux. Là, on arrête. Très bien. Écoute, Christopher est l'amour de ta vie depuis toujours, personne ne s'attend à ce que tu l'oublies d'un claquement de doigt ! Mais tu dois faire de ton possible pour fermer la petite porte que tu laisses ouverte pour lui dans ton cœur. Arrête de te donner l'illusion d'être en couple avec lui ! Ne le laisse pas t'embrasser sur la bouche, ne prend pas de douche avec lui, ne dors pas dans son lit... Essaye de prendre tes distances. De changer vos habitudes d'être toujours agglutiné l'un à l'autre ! »

Killian fit la moue.

« Mais j'ai l'habitude de l'avoir toujours collé contre moi ! geignit-il. Ça va faire... comme un... trou !

_ Oui, je sais. Et quand tu sentiras ce manque, va vers Xavier pour le combler et non vers Christopher. Et petit à petit... peut-être que tu réussiras finalement à fermer définitivement cette putain de porte ! »

Une petite moue déformant ses traits, Killian baissa les yeux.

« Hé, tout va bien se passer, okay ? reprit David en passant un bras pas dessus ses épaules et en reprenant sa marche. À ton rythme, mais tu arriveras à l'oublier. »

Il lui adressa ensuite un large sourire et tripota affectueusement sa barrette qui arborait aujourd'hui une pêche blanche bien mûre.

HPDMHPDM


J'espère que ce chapitre vous a plus ! N'hésitez pas à le commenter :)

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NDA :

- J'étais tellement plongée dans l'écriture du dernier chapitre que je n'avais même pas pensé à Valentin pour la Saint-Valentin x) Mais j'ai prévu un petit quelque chose avec James dans l'un des chapitres suivants ;)

- J'ai changé un détail dans la seconde partie du chapitre 37 : La Rencontre, j'ai supprimé ma petite note et donc Narcissa est de nouveau une Black par sang ! Vos reviews m'ont rassurée sur la proximité sanguine de James et Valentin. Je voulais le faire plus tôt mais j'ai complètement zappé jusqu'à ce que je relise les reviews de ce chapitre récemment ^^

Je tenais d'ailleurs à tous vous remercier une nouvelle fois pour toutes vos reviews et votre fidélité ! A chaque fois que je n'ai plus trop le moral, elles me rappellent que je ne suis pas toute seule dans cette aventure et elles me reboostent au maximum ;)

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Prochain chapitre : On essaye dans trois semaines ? 22-23 novembre. 29-30 grand max