Harry Potter et la Prophétie du Triangle
Chapitre trente
Ombres
Plutôt que de voir la beauté et la divinité dans la lumière, les japonais pensent que ces qualités
demeurent dans l'obscurité des ombres. Les temples, les palais et les maisons communes étaient
dominés par des toits massifs. Les architectes construisaient les structures délimitant les pièces
variées dans les grandes ombres profondes produites par les auvents. Même par la lumière la plus
intense, les murs, les portes et les piliers abrités par le bord du toit disparaissaient dans l'obscurité.
La lumière était tenue à l'extérieur par les toits en ombrelle et pénétrait à l'intérieur horizontalement,
à travers les couches de panneaux shoji. Se tenant dans l'obscurité résultante, les japonais venaient
à trouver la beauté dans la gradation des ombres, les plus sombres passant sur celles moins prononcées.
Dans les pièces simples et nues, les nuances des surfaces faiblement brillantes devenaient la seule
Décoration. Les bords qui séparaient un objet de l'autre se dissolvaient pour révéler la réalité transcendante
Des choses.
Anthony Lawlor, The Temple in the House
Harry se passa les mains sur le visage, sous ses lunettes. De ce qu'il pouvait dire, il avait encore ses yeux. Ils étaient juste absolument inutiles. « Est-ce que… Que je suis toujours le même ? » Sa voix tremblait.
« Oui. » dit Ron, sa voix tremblant aussi. « Les mêmes yeux verts. En fait, tu regardes droit sur moi. Je veux dire… Ils sont pointés dans ma direction. On dirait que tu peux voir comme toujours auparavant. »
Harry entendit Draco se lever avec plus qu'un petit grognement. « Que s'est-il passé ? » voulut savoir Draco. « Je me souviens… Je me souviens du sort me frappant… Et puis j'étais… Bien, en tous cas, plus maintenant. Je me suis réveillé, et je suis allongé ici avec un gang de Griffondor penché au-dessus de moi, et Potter est aveugle ? Vous êtes sûrs que nous ne sommes pas tous morts ? Parce que je devrais l'être, d'après ce dont je me souviens… »
« Non, nous ne sommes pas tous morts, Malfoy. » dit Hermione, le ton amer. « Je l'aurais arrêté si j'avais pu, mais de ce que j'ai pu voir, Harry a lancé un sort de ce livre qu'il a sur la magie avec les serpents. Il a pris ton corps avec lui, et il a disparu pendant des heures. Maintenant, il est revenu avec toi vivant, mais il semble être aveugle. » Elle fit une pause et quand elle se remit à parler, il y avait de la crainte et de l'admiration dans sa voix. « Que s'est-il passé, Harry ? Où es-tu allé ? »
Harry déglutit. « Je suis allé quelque part… Quelque part où l'on a la possibilité de faire quelque chose pour ramener quelqu'un d'autre à la vie. La possibilité de faire un sacrifice. Ce n'est pas le sort qui le fait. C'est le sacrifice. »
« Mais Harry, » dit Ron, sa voix enrouée, « tu as abandonné ta vue pour sauver Malfoy ? Comment est-ce qu'un tel sacrifice peut valoir sa vie ? Après ce qu'il a fait, en me jetant dans les mains de ce malade ? En nous faisant presque tous tuer ? » Ron avait l'air aussi amer que Hermione.
Harry resserra son étreinte autour de Ginny, et il la sentit appuyer sa tête contre son épaule. « Mais tu n'as pas été tués. » dit-il. « Ni Hermione. Ni… Ni Ginny. Il l'a sauvée. Et puis quand Jedusor a essayé de la tuer… » Il posa sa main sur le visage de Ginny, hésitant, traçant le contour de sa joue avec ses doigts, trouvant son nez, et le suivant jusqu'à son front, où il trouva exactement ce à quoi il s'attendait. Il repoussa ses cheveux en arrière, afin qu'ils puissent voir ce que ses doigts avaient déjà découvert.
« Regardez. » leur dit-il, réalisant un instant plus tard comme cela devait sembler bizarre, venant de lui. Il les entendit haleter, et il sur qu'ils voyaient la cicatrice déjà en cours de guérison dont il pouvait tracer délicatement le contour avec ses doigts. « Tu vas très probablement avoir une cicatrice ici, Ginny. » lui chuchota-t-il.
Il sentit qu'elle levait son bras comme elle touchait son propre front avec ses doigts. Elle tremblait. « Oh, Harry… »
Il la reprit dans ses bras, et cette fois, quand leurs bouches se trouvèrent, il ne le laissa pas repartir immédiatement. Elle passa ses bras autour de son cou, ses doigts dans ses cheveux. Il sentit la complète liberté de ne pas savoir ou se soucier de ce qui se passait autour de lui, qu'il y ait une demi-douzaine de personnes ou un une centaine qui les regarde ou puisse les voir…
Mais finalement, il la sentit s'écarter, et il n'avait pas cru cela possible avant, mais il pensa pratiquement pouvoir entendre Ginny rougir. C'était dans sa voix.
« Harry… Il y aura du temps pour cela plus tard… »
Il lui sourit et rit. « C'est une promesse ? » Elle, cependant, avait l'air toute en retenue.
« B.Bien, oui, bien sûr, mais… Mais il y a quelques choses que tu devrais savoir… »
Il n'aimait pas le son de cela et n'eut plus du tout envie de rire. Il se tourna encore vers la direction où il pensait que Ron et Hermione se trouvaient. « Cela… Cela semble un peu calme. Qu'est-ce qui s'est passé depuis que je suis parti ? »
Il entendit Ron prendre une grande inspiration. « Bien, après que tu aies disparu, la roue a vraiment tourné. Ce sort que tu nous as fait lancer a plutôt capté l'attention des mangemorts, de plus, ils ne pouvaient pas attaquer les aurors et les autres à cause du dôme doré. Au fait, merci de m'avoir averti pour la chanson du phénix, Harry. » entonna-t-il, sarcastique. « J'ai cru qu'elle allait me rendre complètement sourd. »
Harry grimaça et marmonna « Désolé. » avant que Ron ne continue.
« Bien, en tous cas, quand quelques uns ont vu ce que tu avais fait, et découvert qu'ils ne pouvaient pas passer le dôme, ils ont simplement commencé à se rendre, et lançant leurs baguettes au sol. Il a semblé que certains tentaient de transplaner ailleurs, mais le dôme semblait émettre une sorte d'interférence, et ils ne pouvaient pas. Et les loups-garous ne pouvaient pas transplaner, bien sûr, alors ils ont essayé de s'enfuir, mais nos gens les ont assommés. Quelques uns des mangemorts ont proclamé qu'ils étaient sous Imperius, naturellement. Finalement, Ginny et moi n'avons plus pu tenir les baguettes… »
« … Tu veux dire que je ne pouvais plus tenir. » dit Ginny, ne semblant pas tant blessée que voulant rétablir la vérité. « Tu n'as pas à partager le blâme, Ron… »
« Il n'y a pas de honte à n'avoir pas pu continuer comme cela, Ginny. » fit Ron avec force. « Je ne peux pas croire que tu aies tenu aussi longtemps que ce que tu as fait. J'avais l'impression que mes bras allaient se détacher de mon corps. En tous cas, après que nous ayons rompu le lien, » dit-il à Harry, 'quelques uns des mangemorts combattaient encore… Les imbéciles… mais ils étaient alors terriblement en sous-nombre et se sont fait prendre aisément. Nous avons aussi du faire face à des simulateurs qui prétendaient être assommés afin que nous pensions qu'ils étaient hors jeu, et qui essayaient ensuite de nous attaquer dès que nous avions le dos tourné, pendant que nous triions les blessés et les morts. C'étaient pour la plupart des loups-garous qui prétendaient avoir été stupéfixés. Je pense que quelques uns d'entre eux, quand ils avaient vu ce qui arrivait aux autres, ont plongé au sol et prétendu s'être fait toucher. L'un d'eux a même donné un coup à Hermione, à la mâchoire, mais elle l'a vraiment choqué en se transformant elle-même en loup. » Il émit un petit rire triste un instant. « Ce fut aisé pour moi de le maîtriser après la performance d'Hermione. » Il poussa un grand soupir, n'ayant plus l'air d'avoir envie de rire. « Cela fait des heures maintenant. Nous avons définitivement gagné. »
Harry poussa un soupir de soulagement. « Je… J'espérais que vous vous en tireriez. Quand je suis parti, j'avais l'impression que tout irait bien pour vous. » Il se souvint de l'étrange vision de Ginny et Ron flottant dans les airs, reliés par leurs baguettes identiques. Il se souvint avoir fait grossir Sandy, pour lancer le sort…
« Sandy ! » dit-il soudain. « Où est-elle ? Elle va bien ? »
« Je suis ici, Harry Potter. » entendit-il la voix encore profonde dire. Il se tourna vers sa voix, ne sachant pas s'il avait raison.
« Est-ce que quelqu'un pourrait lui enlever le sort d'engorgement ? » demanda-t-il. Il entendit la voix d'Hermione murmurer l'incantation, et puis il la sentit placer le petit corps longiligne dans ses mains, mais quelque chose semblait ne pas aller.
« Sandy ? » demanda-t-il en hésitant.
« Je suis là, Harry Potter. » dit-elle encore, sa voix étant retourné à la normale pour lui, sauf qu'elle semblait très lasse. Il n'avait jamais cru l'entendre parler à nouveau.
« Tu vas bien, Sandy ? » lui demanda-t-il.
« Je pense qu'elle ira bien, Harry. » dit doucement Ginny. Comme il caressait Sandy, il pouvait aussi sentir les doigts de Ginny sur elle. « Je pense que le sort lui a aussi coûté. Peut-être que lorsque nous reviendrons à Poudlard… »
« Hagrid pourra la voir. » dit-il avec confiance. « Il sait tout sur les serpents. » Il bascula en Fourchelang pour lui dire « Quand Hagrid te verra, il te remettra d'aplomb, Sandy. »
« Heu, » commença Ron. « tu vois, Harry, le fait est que nous nous en sommes bien mieux tirés ici qu'à Poudlard… »
Poudlard. « Qu'est-ce qu'il y a à Poudlard ? Que s'est-il passé ? » Le cœur de Harry bondit dans sa gorge.
Il entendit l'hésitation de Ron. « Bien tu vois, cela a été un peu dur à tout remettre ensemble, parce que tous les lieutenant de Voldemort ont disparu. » Harry se sentit sourire. Ron l'avait dit : Voldemort, sans hésitation ou tremblement dans sa voix. « Queudver aurait pu connaître tout le plan, mais… Bien, on ne peut plus vraiment lui demander maintenant… » Harry déglutit, voyant encore les traits semblables à ceux d'un rat du petit homme qui avait défié du regard son maître et refuser l'ordre de continuer à torturer Ron. Il devina que Ron pensait aussi probablement à cela, à la façon dont sa phrase s'était terminée.
« Tu pourrais essayer de me demander, Weasley. » fit la voix traînante aux accents supérieurs.
« Et pourquoi devrais-je te demander quoique ce soit, espèce de traître ? Ta vie ne valait pas la vue de Harry, je peux te dire ! »
« Ron ! » dit fermement Harry. Il se tourna dans la direction de la voix de Draco. « Quand tu as essayé d'avertir Ginny… Que pensais-tu qu'il allait se passer ? Que t'avait-il dit ? » Il essaya d'empêcher le tremblement de sa voix, mais il fut ennuyé d'entendre qu'il l'entendait quand même.
Draco Malfoy prit une grande inspiration. « D'accord, voici le plan tel que je le connaissais. Il voulait amener à la fois Weasley et Granger ici, tes deux meilleurs amis. Il m'a demandé si tu avais une petite amie, mais c'était juste une question, pas un ordre direct de lui dire si tu avais une petite amie, alors j'ai pu lui mentir. Il ne faisait pas toujours très attention à cela, mais je m'assurais toujours de bien faire attention à la manière dont il me demandait les choses afin de déterminer quelle devait être ma réponse. Je ne pouvais jamais faire trop attention. Je suis celui qui lui a suggéré de laisser tomber Granger, comme elle savait transplaner. Je l'ai convaincu que la force de loup-garou de Weasley et tout cela ferait de lui un bon choix, et j'ai insisté sur le fait qu'il ne pourrait pas s'échapper en transplanant. Et puis qu'il serait prisonnier ici quand les mangemorts seraient invoqués et que les loups-garous se montreraient. »
« Un bon choix. Oui, pour que je sois torturé et que je guérisse pour en subir encore plus. Merci beaucoup pour cela, Malfoy. La prochaine fois que je connais un mage noir qui cherche de petits furets à torturer, je m'assurerai de te recommander, pour te rendre cette faveur. » aboya Ron.
« Je t'ai fait une foutue faveur, Weasley ! » répliqua Draco. « Pourquoi penses-tu que j'ai essayé de le convaincre de laisser Granger en dehors de tout cela ? Oh, ne vous précipitez pas pour me remercier ou quoique ce soit, l'un ou l'autre. Et je pensais que peut-être, juste peut-être, tu serais assez fort pour t'échapper, Weasley. Ou pour lui causer quelques dommages avant qu'il n'invoque les autres. Je ne pouvais rien faire contre lui, alors j'ai essayé de ramener ici quelqu'un qui pouvait. Tu peux penser que je suis stupide, mais je sais que tu l'es si tu n'as pas pu comprendre tout cela par toi-même. »
« Merci d'avoir essayé de protéger Hermione. » dit fermement Harry, suspectant que ni Ron, ni Hermione ne dirait jamais cela. « Mais… quand tu étais sur la tour ce matin, prêt à t'envoler sur ton balai, qu'as-tu dis à Ginny ? »
« Ce n'est pas ce qu'il a dit, » chuchota Ginny, « c'est ce qu'il n'a pas pu dire… »
« Exact. » confirma Draco. « Ce maudit bâtard m'avait dit que je ne pouvais pas dire ou écrire un mot sur quoique cela à quiconque, et j'ai accepté, comme je savais que refuser ne me ferait pas grand bien. Si j'étais mort pour avoir refusé cela, cela aurait simplement signifié que je n'aurais pas été en vie pour trouver un moyen de contourner l'ordre. Alors j'ai juste essayé de parler des examens à Ginny. Je lui ai demandé si elle allait descendre. Elle a dit qu'elle comptait le faire. Je lui ai montré que j'avais mon balai avec moi, et elle a commencé à partir sur le fait que je comptais interrompre les tests. Je lui ai dit que c'était la dernière chose que j'avais en tête, et elle a commencé à saisir que permettre au test de continuer était ce qui pouvait être dangereux. Je lui ai aussi dit que quiconque qui était intelligent ferait ce que j'étais sur le point de faire, et s'enfuirait, en espérant qu'elle comprendrait que je voulais dire qu'elle et tout le monde devait simplement quitter le château. »
« Quitter le château ? » dit Harry, confus. « Simplement pour éviter de toucher le joug ? »
« Harry… » commença à dire Hermione, hésitant. « Tu vois, Harry, il semble que le plan était d'amener Ron ici, que tu le voies être torturé par ta cicatrice, et que tu convainques Dumbledore de venir ici avec toi et les autres pour essayer de te battre pour Ron, mais…. Mais pendant ce temps, il y avait d'autres forces en position d'attaquer le château. Il voulait le faire pendant que toi et Dumbledore étaient ici, occupés à secourir Ron… »
« Attaquer le château ! »
« Oui. » acquiesça Draco. « Tu vois, tu n'étais pas sensé venir ici avec Weasley. Toi et Dumbledore étiez sensés réunir ensemble une force pour venir le secourir, en laissant le château aux mains des élèves les plus jeunes, et des professeurs qui ne combattent pas beaucoup. Je supposais que vous enverriez les elfes et les gens comme Flitwick et MacGonagall, ce qui est ce que Granger a fait à la place, et j'ai pensé voir quelques personnes du club de duel aussi. Dumbledore était sensé être là. Le Seigneur des Ténèbres y comptait. Mais cela n'a pas été la seule chose qui ne s'est pas passée selon le plan… »
« Que s'est-il passé Hermione ? » lui chuchota Harry.
« Bien, quand je suis partie d'ici, je suis allée directement au ministère. Je savais que Katie travaillait, et elle et moi sommes allés voir Eustache Bean, au département des Forces de l'ordre. Il a appelé tous les aurors disponibles, et les a envoyé ici. Puis j'ai transplané à Pré-au-Lard et j'ai couru au château sous ma forme de loup. Mais je pouvais déjà voir, quand je courrais vers les portes… » Elle étouffa un sanglot.
« Quoi ? » s'enquit Harry, serrant Ginny si fort par la taille qu'elle émit un petit gémissement. Il relâcha sa prise.
« Bien, c'était le chaos. » dit-elle, la voix chargée de larmes. « Les géants étaient… »
« Les géants ! »
« Oui. » chuchota-t-elle. « Les géants. Tu te souviens quand la mère de Hagrid vivait dans la forêt avec ses amis ? Comment elle avait dit que seul peu d'entre eux étaient intéressés par ce que Hagrid et Madame Maxime avaient à dire, quand ils leurs avaient rendu visite ? Le restant a été visité par des mangemorts l'an dernier, de toute évidence, et ils ont accepté de se joindre… De se joindre à Voldemort. Ils attendaient son signal dans la forêt. »
« Ils étaient dans la forêt ? » Il tremblait, souhaitant avoir eu encore l'habitude de voler sous sa forme de griffon avec Ginny, par-dessus les arbres, où ils auraient pu voir les géants. Il aurait pu alerter Dumbledore de leur présence…
« Quelques mangemorts restaient avec eux. Ils avaient un moyen de communiquer avec Voldemort, et ils pouvaient utiliser la magie pour éviter aux géants d'être vus ou entendus. Et… Et ils étaient aussi en contact avec des élèves du château qui étaient en quelque sorte des mangemorts en devenir. C'est comme cela qu'ils suivaient ce qui se passait dans le château. »
« Qui ? » demanda Harry, tremblant de fureur.
Il entendit Malfoy renifler. « Tu demandes ? Je peux te dire : Zabini, Nott, Crabbe, Goyle et Parkinson. Et ils vont clamer qu'ils étaient sous Imperius, tous. Tu verras. Heu, pour ainsi dire. » ajouta-t-il maladroitement. Harry grimaça. Il s'attendait à ce que les gens fassent beaucoup cela.
« Tu étais au courant pour les géants dans la forêt aussi ? » demanda-il à Draco, sa voix tremblant d'une rage à peine contrôlée.
« Non, pas exactement. Je savais que tous les cinq étaient sur le point de faire quelque chose, mais le Seigneur des Ténèbres m'avait ordonné de les laisser tranquille… » Il avait l'air plus qu'un peu embarrassé et Harry maudit une fois encore le sort d'Obéissance en silence.
Hermione continua son histoire. « Depuis l'allée du château, je pouvais voir de la fumée s'élever de deux des tours… Celle de Trelawney, et celle d'astronomie. » continua Hermione. « Quand j'ai fait le tour du château, j'ai pu voir qu'elles étaient en train d'être sapées à la base. Les géants les détruisaient à mains nues. Ils ne pouvaient pas atteindre les sommets, bien sûr, mais cela importe peu quand on peut les détruire par la base… Trelawney était encore dans sa tour. » ajouta Hermione. « vous savez qu'elle ne la quitte presque jamais… » Harry pouvait l'entendre pleurer. Il n'avait jamais pensé entendre Hermione pleurer le professeur Trelawney.
« Espérons qu'elle ne l'as pas vu venir. » chuchota-t-il, ne sachant pas quoi dire. Trelawney avait toujours eu l'air délicate et insubstancielle, comme une libellule, et maintenant elle était simplement… Partie.
« Oh, mais elle l'a vue. » dit Hermione, essayant de se recomposer. « Maggie l'a dit, après, quand je suis revenue, après que la bataille soit finie là-bas. Pauvre Maggie ! Elle s'en veut vraiment. Selon elle, le professeur Trelawney a vu venir cela. Sa mort, du moins. Maggie a dit que Trelawney lui avait dit 'La raison pour laquelle je reste dans ma tour, c'est qu'elle sera ma tombe. J'ai déjà prévu ma mort. C'est ici que je dois vivre et mourir…' Elle n'avait pas d'époque spécifique. Elle s'était simplement vue mourir dans sa tour. Maggie supposait qu'elle voulait simplement ne pas perdre la face de sa nouvelle assistante. » Elle renifla. « De penser qu'elle savait qu'elle allait mourir là et qu'elle y est restée, au lieu d'essayer de s'en échapper. Et je l'ai traité de falsificatrice si souvent… » Elle avait l'air de s'en vouloir vraiment.
Harry déglutit. « Bien, quand j'étais en troisième année, elle savait que Queudver allait retourner à Voldemort. » dit-il doucement, réalisant un instant plus tard que ce n'était pas vraiment une pensée réconfortante.
Ron s'éclaircit la gorge, et au bruit de tissu, Harry pensa qu'il prenait peut-être Hermione dans ses bras. Harry avait dans l'idée qu'elle ne pourrait pas parler avant quelques minutes. « En tous cas, quand Hermione a fait le tour du château, elle a vu que c'est là que se déroulait la bataille. » dit Ron, parlant pour elle. « Maggie a été la première personne qu'elle a trouvée. Rogue l'avait fait s'abriter sous le saule cogneur avec les élèves les plus jeunes. Elle n'avait pas appris grand chose sur les duels encore, et elle n'avait pas de balai. Et comme elle n'est pas une enfant, il supposait qu'elle pourrait rassurer les première et deuxième année. Ils sont restés serrés dans le tunnel afin que Maggie puisse voir se qui se passait et qu'elle puisse quand même être auprès d'eux. »
« Bien, en fait, c'est Angelina que j'ai trouvée en premier. Elle était inconsciente, près de l'arbre. Je pense qu'il l'a frappée. Je pouvais voir le visage de Maggie et des autres à travers les racines de l'arbre. » réussit à dire Hermione à travers ses larmes. « J'ai traîné Angelina avec moi quand je suis entrée pour parler avec elle, afin qu'elle ne se fasse pas écraser par un géant. Je suis rentrée dans le tunnel, et j'ai remis l'arbre en mouvement juste au moment ou un géant se dirigeait vers nous… Maggie m'a dit ce qui s'était passé après que nous ayons été emportés ici par le portauloin. »
Hermione éclata dans un nouveau sanglot, et Ginny se serra contre Harry encore, tandis que Ron continuait pour sa petite amie une fois encore. « Après que nous ayons tous quatre disparu avec le joug, il y a bien sûr eu beaucoup d'effervescence. Rogue a couru jusqu'au château pour voir Dumbledore, tandis que Hagrid essayait de calmer tout ceux qui étaient aux examens. Mais avant même qu'il soit arrivé au bureau de Dumbledore, Rogue lui est rentré dedans alors qu'il descendait les escaliers courant comme il ne l'avait jamais vu faire avant. Dumbledore savait déjà que quelque chose n'allait pas, et il qu'il devait descendre au paddock. Remus était avec lui, et comme ils descendaient les escaliers, il a donné à Rogue la version courte du pourquoi il était venu.
« Remus avait dit à Dumbledore que le travail qu'il avait fait pour infiltrer une société secrète de loups-garous avait payé. Il avait appris qu'on leur avait donné à tous des portauloins qui allaient être activés à neuf-heures et demie ce matin, qu'il allaient être appelés pour se battre pour leur 'maître'. Remus avait réussi à obtenir un de ces portauloins. Alors Rogue leur a rapporté les nouvelles de ce qui venait de se passer pendant l'examen, et Remus a pensé que c'était ce que les loups-garous étaient sensés faire… Attaquer l'un des leurs, moi. Sauf que nous avions été emportés tous les quatre. Dumbledore était certain que Voldemort serait ennuyé que tout ne se déroule pas selon son plan. »
« Et ensuite, » fit Hermione d'une voix étranglée, pendant qu'ils attendaient tous aux paddock des nouvelles du professeur Rogue, Maggie a dit qu'elle avait eu un de ses 'pressentiments', et elle avait dit à tout le monde de s'enfuir de la forêt. Bien, les Weasley savaient ce que cela valait, mais les autres septième année de Griffondor et Serdaigle ne savaient pas vraiment ce que Maggie peut faire… Trelawney n'a pas exactement donné aux élèves confiance en la Divination… Alors ils étaient encore avec Hagrid. Il essayait de contrôler les taureaux, qui n'étaient plus attachés à quoique ce soit maintenant que le joug avait disparu. Un instant plus tard, le sol a commencé à trembler, et Maggie et les autres Weasley ont regardé derrière eux, découvrant que les autres n'avaient pas suivi, et maintenant, il y avait des géants qui sortaient de la forêt. Environ une douzaine. » dit-elle, sa voix tremblant. Harry se souvint maintenant à quel point elle avait tremblé quand elle avait été prise par la mère de Hagrid, une gentille géante.
« Alors, » chuchota Harry, « ils ont juste… »
« Oh, les autres ont couru, une fois qu'ils ont vu cela. » Sa voix se réduisit à un chuchotement. « Pas que cela leur ait fait grand bien, pour quelques uns d'entre eux… »
Harry avait l'impression qu'il allait entendre parler de cela tôt ou tard, alors il décida que le plus tôt était le mieux. « Qui ? » s'étrangla-t-il.
« Bien, quelques uns des géants sont allés directement sur le château, et ont commencé à abattre la tour de Trelawney. La première chose qu'ont fait les autres a été de prendre les taureaux du soleil et de commencer à les jeter sur les gens. Leurs… Leurs cornes sont mortelles… »
« Qui ? » demanda-t-il encore. Ginny le serra un peu plus fort.
« Parvati. » chuchota-t-elle. Harry entendit Ron renifler. Il savait déjà, réalisa Harry. « Et sa sœur aussi. Et Seamus. Maggie et Angelina couraient déjà vers le château, pour retrouver le professeur Rogue. Le professeur Dumbledore leur a dit de rassembler tous les jeunes élèves qu'ils pouvaient trouver, et Sam a guidé Percy, Nita, George et Fred pour qu'ils le suivent jusqu'à la réserve de balais. Après en avoir pris pour eux, ils en ont aussi pris pour Dean et Neville, qui essayaient de lancer des sorts sur les géants depuis le sol, en évitant de se faire piétiner, ou de se faire prendre et mettre en miettes. Quand ils ont été en l'air, en volant au-dessus des géants, ils ont pu lancer des sorts d'une distance beaucoup plus sûre, bien que ce soit plus dur de viser ainsi, et Dean a volé trop près de l'un des géants. Il a été projeté à travers l'une des vitres de la bibliothèque… »
« Depuis le paddock ? » s'étonna Harry.
« Oui. » fit Ron, sa voix grave. « Il est très mal en point, mais Madame Pomfresh a dit qu'il était en voie de guérison pour dans quelques jours… Il a été lacéré par le verre, et il a des traumatismes et des hémorragies internes… »
« Ils ont eu quelques autres Serdaigles aussi, qui étaient là pour l'examen. » ajouta Hermione. « Mandy Brocklehurst. Terry Boot. Neville a réussi à ramener le corps de Parvati au château, cependant. » dit-elle, sanglotant doucement. « La… La chose vraiment horrible pour tout le monde a été de collecter les… Les morceaux des gens qui étaient démembrés… » Elle ne put pas continuer. Harry se sentit mal.
Il entendit Draco dire doucement « Malédiction. » .
Harry s'imagina les visage de ses camarades, maintenant mort. Si nombreux ! Si nombreux ! Et pourtant, il avait l'impression que ce n'était que la partie visible de l'iceberg.
« Alors, Neville va bien ? » chuchota-t-il.
« Oh, Neville a été brillant ! » dit Hermione, une note de joie dans sa voix. « Il a volé… Bien, comme toi, Harry. Peut-être était-ce la potion qu'il a utilisée pour passer les examens, je ne sais pas. Les géants ont tellement été gênés par lui. George, Nita, Percy et lui ont gardé les géants occupés jusqu'à ce que Dumbledore arrive. Sam a volé jusqu'au château pour aller chercher d'autres grands élèves pour aider. Malheureusement, cela détourné l'attention vers le château, et les géants qui avaient détruit la tour de Trelawney se sont attaqués à celle d'astronomie. Ils avaient déjà fait beaucoup de dégâts au moment où je suis arrivée. »
« Attends…. Je ne comprends pas comment Dumbledore a su que quelque chose n'allait pas. » la coupa-t-il. « Tu as dit qu'il était dans son bureau, en train de recevoir un rapport de Remus, et puis… »
« Je ne sais pas. » admit Hermione. « Remus a dit qu'il venait juste de finir de parler des portauloins des loups-garous, et Dumbledore venait d'envoyer Fumseck avec une lettre urgente pour le ministère. Puis Remus était sur le point de lui dire qu'il avait entendu un fort bruit venant de la forêt, quand Dumbledore l'a regardé, comme paniqué, et a dit qu'ils devraient y aller. Il a dit qu'il l'avait entendu aussi. Et l'instant d'après, ils sortaient en trombe de son bureau, et rentraient pratiquement dans le professeur Rogue qui montait. »
Quelque chose d'étrange frappa alors Harry. « Vous avez oublié quelques personnes. Vous avez dit que Neville allait bien, et que lui, George, Percy et Nita volaient en essayant de lancer des maléfices aux géants, et que Sam était aller chercher d'autres élèves. Et vous avez déjà parlé de Maggie et Angelina. Et puis… Qui n'avez-vous pas mentionné ? Il y a quelqu'un d'autre, je suis sûr… »
Silence.
« Hé bien ? » dit-il, s'étonnant qu'ils ne lui répondent pas.
Ginny passa ses bras autour de sa taille et posa sa tête contre son torse. « Fred. » dit-elle doucement, la voix emplie de larmes. « Fred est… »
« Non ! Pas Fred ! » s'écria-t-il.
D'une voix étranglée, Ron dit. « George avait sauvé Lavender, tu vois. Il l'avait prise à un géant du côté du paddock, et il volait vers le château avec elle. Elle s'en tirera, mais elle aura besoin d'une nouvelle jambe. En partie en tous cas. » dit-il, et Harry sentit encore son estomac se contracter en lui.
« Pourquoi ? » demanda-t-il, la gorge serrée.
« Elle a été mordue, » expliqua Hermione doucement, « juste au-dessus du genou. »
Avant qu'il ne puisse penser à cela, Ron continua. « Neville a dit que le géant qui avait eu Lavender a vu Fred, et il a été confus, il pensait que c'était George, alors, il s'en est pris à lui. Il ne pouvait cependant pas l'atteindre. Il volait trop haut. Alors il a déraciné un vieil arbre énorme, et il l'a utilisé comme une batte de batteur… Seulement… Seulement c'était Fred qui a servi de cognard… » Sa phrase se termina sur un sanglot étranglé.
Harry tint Ginny serrée, la sentant pleurer contre son torse. Il pouvait dire à quel point c'était difficile pour Ron, et il pensa à la pauvre Mrs Weasley…
« On l'a retrouvé près du portail d'entrée de l'école. » chuchota Ron. « Il avait perdu le balai qu'il montait, tu vois, ou il aurait probablement pu pointer le manche vers le haut et rester en l'air. Mais il a lâché prise quand il a été frappé par l'arbre, et il n'avait aucun moyen de… »
Ron ne put continuer. Harry sentit ses propres larmes commencer à couler des yeux qui n'était maintenant plus bons qu'à cela. « Qui d'autre ? » fit-il d'une voix crôassante.
« Bien, à cause de tout ce chaos, » expliqua Hermione, « Dumbledore a décidé de rester en personne pour combattre les géants, et Remus aussi, il a décidé de ne pas utiliser le portauloin. Il a envoyé les professeurs Flitwick et MacGonagall avec moi, ainsi que les elfes et des membres du club de duel, les élèves les plus âgés qui avaient déjà appris à transplaner. Sirius et Sam sont venus aussi… Sirius s'inquiétait pour toi, Harry, et Sam s'inquiétait pour Katie. J'ai aussi amené Ruth, Annika, Zoe, Colin, Tony… »
« Tony n'a pas survécu. Il doit être mort avant que nous réussissions à relier les baguettes… » ajouta doucement Ron.
« Angelina est encore inconsciente à cause du coup que lui a donné le saule cogneur. Elle comptait aider à combattre après avoir aidé Maggie à mettre les jeunes sous l'arbre. » commença Ginny, mais elle ne put pas continuer.
« Quoi ? »
« Qui d'autre ? »
Ce fut Ron qui répondit, essayant d'être direct et dépassionné, mais un tremblement dans sa voix trahissait ses émotions comme la liste s'allongeait. « Les troisième année et plus se sont ralliés, ils ont sorti leurs balais et ont volé depuis le château. George a dit que Will Flitwick avait brillamment volé, et il va bien. Jamaica aussi, la sœur de Dean, bien qu'elle soit malade d'inquiétude pour lui. Quelques uns sont juste blessés, d'autres… Bien… » Harry attendit. « Jules Quinn et Gilian Lockley ont été tués, de Griffondor, et cette fille que Jules aimait bien dans son année, Amy, je crois qu'elle s'appelait. Elle avait un frère jumeau, Andy. Je ne sais pas pour lui. Barry Bagshot est mort aussi, tu sais… Celui dont la tante ou la grand-tante à écrit tous ces livres que nous avons dû acheter toutes ces années. Je ne sais quelles sont les pertes pour les autres maisons. Personne de Serpentard n'a combattu les géants, bien sûr, à part Mariah, à sa façon. »
« Comment va-t-elle ? » demanda immédiatement Draco Malfoy.
« Elle va bien, Malfoy, » dit Hermione avec rancœur, « et contrairement à toi, elle a vraiment été utile… »
« Oui, à l'exception de Mariah, tous les autres de ta maison sont restés dans les donjons. Je ne serais pas surpris s'ils savaient tous à quoi s'attendre. » ajouta-t-il amèrement. « Voyons, qui d'autre… Hermione a mentionné que Katie est arrivée ici avec la première vague d'aurors, n'est-ce pas ? J'ai du mal à suivre… »
Le cœur de Harry bondit dans sa gorge. Il se souvint l'avoir vu. « Elle va bien ? »
Ginny chuchota « C'est son pied… Il a été soufflé dans une explosion. »
Il déglutit, pensant aux petits pieds parfaits de Katie… « Colin Creevey ne survivra probablement pas. Il est brûlé partout sur son corps. Il n'arrêtait pas de hurler, alors les docteurs… Il lui ont magiquement ôté ses cordes vocales, afin qu'il ne dérange pas les autres blessés et mourants… » La voix de Ron s'éteignit complètement maintenant, comme s'il avait subi la même ablation, et Harry pouvait y entendre des larmes, puis il entendit un bruit de tissu, et il suspecta que Hermione le prenait dans ses bras.
« Alors, » dit-il, sa voix tremblante, « est-ce que Dumbledore les a vaincu ou pas ? »
« Bien, oui et non. Les géants sont tous morts, si c'est cela que tu demandes, » confirma Hermione, « et c'est en partie le professeur Dumbledore qui l'a fait… »
« En partie ? Qui d'autre ? »
« Bien, Remus, Will Flitwick, Neville et les autres ont fait un travail de défense aérien fantastique depuis les airs, mais il ne semblait pas y avoir de moyen de les empêcher de venir. Ils étaient simplement trop gros, et beaucoup de sort leur rebondissaient dessus, comme les mangemort avaient lancé des sorts de bouclier sur eux, ou quelque chose comme cela. C'est en fait Mariah qui a trouvé la solution… »
« Mariah ! » le coupa Draco Malfoy, surpris.
« Oui. » continua Ron, l'air impressionné. « Elle a utilisé ces tunnels pour aller dans le lac. Pas grâce à tes autres copains, Malfoy. Après, on a retrouvé Crabbe, Goyle, Zabini, Nott et Pansy Parkinson assommés près de l'accès aux tunnels. On dirait que Mariah et Millicent se sont chargé d'eux. Millicent l'a aidée, et elle a attendu pendant qu'elle allait dans le lac. Mariah lui a dit que si elle ne revenait après une heure, elle devait aller de l'aide. »
« Aha ! » fit Malfoy, triomphant. « Ce n'est pas juste Mariah qui s'est battue ! »
« Oui, d'accord, Millicent a aussi dû se battre contre les autres Serpentards pour aider Mariah à atteindre les tunnels. Une autre personne a aidé. » reconnut Ron à contrecœur, comme si cela ne comptait pas.
« Je ne comprends pas, » dit Harry, se sentant un peu dans le brouillard. « Pourquoi Mariah est allée dans le lac ? »
« Elle est allée parler au peuple du lac ! » s'exclama Hermione. « Elle leur a demandé de les aider avec les géants. Et la pieuvre géante aussi. La pieuvre a probablement été l'élément le plus important. Tu réalises à quel point elle est forte ? »
Harry secoua la tête. « Alors ? Je ne vois toujours pas… »
« La pieuvre a commencé à tirer les géants dans le lac. » dit Ron avec excitation. « Aucun d'eux n'avait jamais appris à nager comme la plupart des eaux qu'ils trouvent près de chez eux n'est pas assez profonde pour que cela les dérange. Voldemort a utilisé les dragons pour les amener en Grande-Bretagne. La pieuvre a lancé ses tentacules et les a enroulé autour des jambes des géants, et les a tiré dans l'eau, et puis les gens du lac les lui ont tenus dedans. Les géants sont forts, mais ceux du lac sont très forts aussi, et en se mettant tous ensemble, et ils se sont tous lancés dans la bataille en utilisant ces filets qu'ils ont tissé avec des algues très résistantes. »
« Alors les douze géants ont été noyés ? » haleta-t-il, incrédule.
« Finalement. Un à la fois. Quelques uns étaient un peu difficiles à la fin a dit Neville. Dumbledore criait aux peuple du lac en siréniens, ce qui a un son terriblement bizarre, et essayait de lancer des sorts de répulsion sur les géants pour les envoyer dans l'eau, comme ils essayaient encore de démolir l'école, mais les sorts ne fonctionnaient pas, alors il est simplement allé au bord du lac lui-même pour tenter des les attirer. Il s'est transformé en appât. Neville a dit qu'il ne voulait pas vraiment les noyer, mais comme rien d'autre ne semblait marcher, il a décidé que c'était la seule manière. Tellement de morts… Même le pauvre vieux Crocdur. La cabane de Hagrid a été complètement réduite en miettes. Elle est juste… rasée. Disparue. Pas que cela compte vraiment maintenant… » Harry pensa entendre un « Ouf ! » de Ron et Hermione lui chuchota.
« Oh, c'est vraiment plein de tact pour lui annoncer… »
Il y eut une longue pause. Harry redoutait de demander. Personne ne disait rien. Finalement, il entendit Ginny dire aux autres. « Je vais lui dire. »
Harry serra encore Ginny. « C'est Hagrid. » chuchota-t-elle. Ce n'était pas une question. Et pourtant, une partie de son esprit avait une question. Comment quoique ce soit pouvait tuer Hagrid ?
Hermione y répondit d'une toute petite voix. « Neville l'a vu. Le professeur Dumbledore était allé se confronter aux géants qui essayaient d'abattre la tour d'Astronomie. Trois d'entre eux l'ont vu et se sont jetés sur lui ensemble, et bien sûr, il a pu lancer un sort pour se protéger. Mais tout ce que Hagrid a vu, c'était que quelqu'un attaquait Dumbledore, et il a couru au devant des géants… » Elle prit une grande inspiration. « L'un d'eux l'a pris et l'a jeté au loin dans la forêt… Hagrid n'a jamais eu une chance. Il… Quand il a atterri… Bien, il n'a pas vraiment atterri… Le professeur Dumbledore l'a retrouvé après que tout soit fini. Il était empalé… »
Il pouvait dire au son de sa voix qu'elle avait déjà beaucoup pleuré Hagrid. Il y avait toujours eu un lien spécial entre Hagrid et Hermione. Elle avait porté le gentil demi-géant dans son cœur presque depuis le départ. Harry se souvint des heures qu'elle avait passées pour essayer de sauver Buck, penchée sur les textes de lois magiques dans la bibliothèque alors qu'il lui manquait énormément de sommeil à cause du retourneur de temps. Il se souvint de Hagrid leur faisant des remontrances, à lui et à Ron, parce qu'ils ne lui parlaient plus quand ils pensaient que Pattenrond avait mangé Croûtard, et quand elle avait fait confisquer l'Éclair de Feu par MacGonagall pour que l'on vérifie les maléfices éventuels. Et maintenant, il avait parcouru les airs jusqu'au milieu de la forêt qu'il connaissait comme la paume de sa main, et qui avait finalement causé sa mort.
Harry avala sa salive, content de ne pas pouvoir voir la dépouille de Hagrid. Il ne pouvait pas l'imaginer autrement que plus grand que nature, halé et vaillant. Il se souvint des soins tendre qu'il avait reçu de la mère de Hagrid, Fridwulfa, parce qu'il était l'ami de Hagrid. Hagrid était parti à jamais. Il avait encore des problèmes à se mettre cela en tête…
Il ne voulait pas en savoir plus. Pas pour le moment. « Et maintenant ? » demanda-t-il, se tourna dans la direction ou il pensait trouver Ron et Hermione.
« Dumbledore était avec quelques uns des mourant à l'hôpital de campagne. » dit Ron. « Je ne sais pas s'il y est encore, ou s'il est retourné au château. Nous devrions t'amener là-bas, voir si l'on peut faire quelque chose pour tes yeux… »
« Ou pour Sandy. Je ne suis pas blessé Ron. Ce n'est pas pour cela que je suis aveugle. »
Là. Il l'avait dit. Je suis aveugle.
Silence. Il les entendit passer leur poids d'un pied à l'autre, mal à l'aise, puis Ron parla à nouveau, comme s'il venait de penser à quelque chose qu'il aurait dû réaliser avant.
« Hey ! J'ai presque oublié ! Stupéfix ! » Harry n'avait jamais réalisé auparavant qu'il avait un craquement d'électricité statique dans l'air quand ce sort, et peut-être d'autres, était lancé. Il entendit le sort rencontrer un corps, et le corps tomber au sol.
« Qu'est-ce que tu as fait Ron ? Qui as-tu stupéfixé ? »
« Harry. » dit-il, comme si c'était douloureusement évident et que Harry n'aurait même pas dû demander. « Malfoy, bien sûr. C'est mon prisonnier. »
« Prisonnier ! »
« Bien sûr ! C'est un traître. C'est lui qui nous a transporté ici avec ce portauloin. Tout est de sa faute, n'est-ce pas ? Il devrait être mis dans ce qui va servir à remplacer Azkaban pendant un bon moment… »
« Ron ! Je ne l'ai pas ramené pour qu'il aille en prison ! Il est peut-être un traître… Mais c'est aussi un héros. C'est grâce à lui que Voldemort a été défait. Il aurait pu laisser Ginny se faire tuer. J'aurais pu être tué. Et si je ne vous avais pas donné à toi et à Ginny les baguette pour le sort, ce que je n'aurais pas pu faire avec Voldemort encore en vie, tu pourrais être mort aussi. Tu lui dois la vie. Ranime le. »
« Le ranimer ? Mais… »
« C'est un ordre, Major Weasley. »
Il entendit Ron inspirer. « Est-ce que tu… Tu me donnes un ordre Harry ? »
Harry prit une grande inspiration, considérant cela. « C'est général Potter. Et oui. Maintenant, ranime-le. »
Il entendit Ron se diriger vers Malfoy, puis dire « Enervatus. » Ce fut suivi par un gémissement douloureux, et puis de la belligérance comme le Serpentard reprenait conscience.
« Casse-toi Weasley ! Qu'est-ce que tu fais, foutu emmerdeur ? Sur quoi je suis tombé, des orties ? Je reviens à peine de la mort. Qu'est-ce que tu comptes faire maintenant ? T'attaquer à des petites vieilles ? Tu te sers de bébé en guise de souaffle dernièrement ? »
« La ferme Malfoy. Arrête de pleurnicher ou je te stupéfixe de nouveau, après t'avoir lancé une paire d'autres maléfices. Tu es la dernière personne que j'aurais voulu revoir vivante. Je l'ai dit avant et je le dirai encore : tout ça est de ta faute. »
« Ravi de te revoir aussi, branleur. »
« Pauvre crétin. »
« Sale abruti. »
« Espèce de tâche. »
« Arrêtez ! » cria Hermione, essayant de mettre un terme à cet échange d'insultes. « Arrêtez tous les deux. Que tu le veuilles ou non, Ron, Harry a raison. Si ce n'était pas Malfoy… »
« Bien, si tu le sens comme cela, Granger, tu peux simplement venir ici et donner au héros conquérant un baiser 'heureux de te revoir en vie' bien mérité. » répondit-il, sa voix emplie de suffisance. « Après tout, j'ai essayé de te protéger aussi. Même Potter m'a remercié pour cela. »
Harry entendit Hermione faire un bruit de vomissement. « Dans tes foutus rêves, Malfoy. » lui dit-elle froidement « Tu aimes abuser de ma patience, n'est-ce pas ? J'étais juste… »
« Tu sais, en sept ans d'école, je pense que c'est la première fois que je t'entends dire 'foutu'. Garde tes excuses Granger. Je n'ai pas besoin de ta pitié. Je savais ce que tu faisais. Je m'en amusais simplement. Pffff ! C'est trop facile parfois avec toi, tu sais ? Mais bon, et Potter et Weasley savent à quel point tu es facile… »
Harry entendit un bruit de lutte et se tourna vers Ginny, étonné, qui remplaça ses yeux . « Hermione essaye de retenir Ron. » fit-elle d'une voix ennuyée. « Ron essaye d'atteindre Malfoy pour le frapper. Certaines choses ne changent jamais, n'est-ce pas ? »
« Exact. Tu peux me guider vers lui ? » lui demanda-t-il doucement. « Malfoy, je veux dire. »
Il n'entendit pas de réponse, alors il dit « Ginny ? Tu m'as entendu ? »
« Oh, je suis désolée, Harry ! Oui. J'ai acquiescé, sans me souvenir que tu ne pouvais pas me voir. Tellement bête… »
« C'est bon. Tu t'y habitueras. Ne fais simplement pas des choses idiotes comme essayer de ne pas dire les mots voir et regarder, et les choses comme cela. Pas la peine de marcher sur des œufs avec moi. Je suis aveugle. Ne pas en parler ne va rien changer au fait. Maintenant, amène-moi à Malfoy. »
Elle le guida sur quelque pas, sur un terrain irrégulier, et quand la main qu'il avait tendue toucha un corps, il la retira abruptement.
« Désolé, Malfoy. »
« C'est bon, Potter. » marmonna-t-il, comme s'il souhaitait pouvoir se plaindre de la personne qui l'avait ramené du royaume des morts, mais qu'il ne pensait pas que ce serait de bonne forme.
« Non, Malfoy, je m'excuse à l'avance pour cela. » dit-il, retirant sa main et la lui balançant soudain en travers de la figure. Il pensa pendant un instant fou que Malfoy allait esquiver ou faire quelque chose pour éviter son poing, mais il devait avoir été trop surpris ou incrédule. La douleur satisfaisante du contact de ses jointures avec la mâchoire de Malfoy lui indiqua qu'il avait correctement calculé. Il entendit le cri de douleur de Malfoy comme il tombait à la renverse, puis le bruit de sa chute contre le sol, et un autre cri comme il atterrit encore dans les orties.
« Bon sang ! » beugla-t-il du sol. Harry secoua sa main endolorie, la douleur irradiant dans tous son bras, et jusqu'à son épaule, qui avait pris le contre-coup du crochet. Il mit ses jointures ensanglantées dans sa bouche. Il décida que cela avait été très réjouissant. Un sentiment d'accomplissement très complet. Il goûta à son propre sang et essaya de ralentir sa respiration à nouveau. Son cœur battait à cent à l'heure à cause de l'adrénaline libérée en frappant Malfoy.
« Ron voulait que tu payes pour ce que tu as fait. Maintenant, tu as payé. J'aurais juste aimé voir ta tête… »
« Tu ne vas pas t'en sortir comme cela, Potter… » lui grogna Malfoy. Harry l'entendit peiner pour se lever. Il ne bougea pas, essayant de pousser Ginny derrière lui, mais elle s'avança et prit position entre eux deux.
« Arrêtez ! Arrêtez tous les deux ! »
Malfoy commença à dire. « Pousse-toi de là, Ginny, que je puisse…. »
« Regarde-toi un petit peu ? » hurla-t-elle pratiquement sur Malfoy. « Tu essayes de frapper quelqu'un qui non seulement est aveugle, mais qui est aveugle parce qu'il t'a sauvé la vie. Et oui, je suis consciente de l'ironie de la situation où je te crie dessus alors que tu m'as sauvé la vie, mais cela ne signifie quand même pas… »
« Qu'est-ce que cela signifie, Ginny ? Hein ? Est-ce que cela signifie que tu vas te jeter à mon cou pour me montrer ta gratitude ? Je n'y pensais pas. Tu ne l'as jamais fait quand tu étais ma petite amie, pourquoi commencer maintenant ? Et sauver ta vie ! Après tout, c'est toi et Potter qui partez vers le couchant. Seulement pense à cela. Si j'étais encore mort, comme ce serait pénible pour vous deux ? Hmm ? Toi sachant que je serais mort à ta place, et lui incapable de te débarrasser de mon souvenir. J'aurais toujours été entre vous. Mais parce que Potty a trouvé un moyen de me ramener à la vie, c'est le foutu héros, et je suis le traître. C'est foutuement brillant. Bien, je dois dire, Potter, chapeau bas. Tu as trouvé un moyen de continuer à être dans son lit sans qu'elle ait à souhaiter que ce soit moi… »
Harry sentit une rage nouvelle bouillir en lui, et il plongea en avant, retenu par Ginny, qui grognait à cause de l'effort qu'elle faisait pour le retenir. « Laisse-moi passer, Ginny. Je lui ai déjà mis mon poing sur la figure. Il a montré qu'il n'a même pas le cerveau pour esquiver, il ne peut pas éviter un coup d'un aveugle ! Quelle sorte d'idiot se laisse frapper par un aveugle, Malfoy ? »
« J'espère que tu es content, Harry. » La voix amère de Ron lui parvint soudain de derrière. « Je parie que maintenant, tu n'es pas si content d'avoir sauvé sa vie sans valeur. Si ce n'était pas pour lui… » commença à dire Ron.
Harry se tourna dans la direction de la voix de Ron. « Oui, bien, quelle sorte de personne j'aurais été si je n'avais pu faire cela que pour quelqu'un que je ne déteste pas ? »
« Je sais, Harry. Je sais. » reconnut Ron.
Harry passa son bras par côté de Ginny et tendit sa main à Malfoy. « C'est fini Malfoy. Personne ne doit rien à qui que ce soit. Tous les comptes sont à zéro. »
Il attendit. Après quelque hésitation, il sentit Malfoy lui serrer la main. Elle était encore un petit peu froide, comme si sa circulation n'avait pas encore atteint sa vitesse de croisière. « D'accord. » dit-il laconiquement, puis il quitta la main de Harry aussi vite qu'il put.
Les cinq traversèrent les champs, Ginny guidant Harry vers l'hôpital de campagne, ou les blessés étaient soignés, quelque soit le camp qu'ils avaient choisi.
« Mais, » expliqua Hermione, « les mangemorts sont à part de sévèrement gardés. Et toutes les baguettes sont sous clef… Peu importe de quel côté on se soit battu. Personne ne veut qu'un mangemort puisse subtiliser à quelqu'un sa baguette pendant qu'on passe autour des lots. Alors tout le monde doit laisser sa baguette avant d'entrer. »
Harry sortit sa baguette et passa ses doigts sur le bois lisse avant de la tendre au sorcier qui les gardait. Le dernier sort qu'il avait lancé était Enuma Elish. Et il avait fonctionné. Malfoy était en vie. En vie et aussi grossier que d'habitude. Harry dût sourire en lui. Peut-être qu'il allait finalement tourner la page pour de bon, quand les gens commenceraient à considérer qu'il avait contribué à la défaite finale de Voldemort. Il pensa à son meilleur ami de son autre vie, le garçon qui avait aimé sa sœur et s'était sacrifié afin de ne pas avoir à se souvenir qu'il l'aimait et qu'il l'avait perdue. Harry réalisa qu'il aurait dû savoir à quel point Draco Malfoy aimait passionnément. Il avait voulu par amour dans cet autre vie, et dans celle-ci aussi. Et les deux fois, ce qu'il avait fait avait eu des effets cataclysmiques…
Le professeur Dumbledore était rentré au château, alors il n'était pas là pour saluer Harry, mais Madame Pomfresh était là et elle insista pour s'occuper de Harry et Draco en personne. Elle se pencha sur la peau fendue des jointures de Harry, comme il avait frappé Malfoy, et elle dit qu'il y avait une bleu qui commençait à couvrir la mâchoire de Draco. Soit elle décida de ne faire aucun commentaire sur la mort et la résurrection de Draco, soit elle ne savait pas. Personne n'eut envie de rapporter l'information. On montra le chemin de la sortie à Ginny, Ron et Hermione. Ginny embrassa doucement Harry sur les lèvres avant de partir, lui prenant gentiment Sandy (Elle lui assura que c'était juste temporaire), et Hermione lui fit un baiser amical sur la joue. Quand Madame Pomfresh eut fini avec eux, Harry se tourna en hésitant vers l'autre garçon, parlant doucement.
« Malfoy ? » Grognement peu engageant. « Quelqu'un est là ? Quelqu'un qui pourrait nous entendre parler, si nous faisons doucement ? »
« Qui a dit que je voulais te parler, Potter ? »
« Bien, je me demandais simplement… Qu'as-tu vu quand tu es mort ? Où étais-tu ? »
« Tu as vu où j'étais. »
« Vraiment ? »
« Oui. Tu me regardais dans les yeux. L'air assez content de ce que tu voyais, je dois dire. »
« Et qu'est-ce que je voyais ? »
« Pourquoi tu me demandes ? »
« Parce que je pense que nous voyions des choses très différentes. Quand je me suis réveillé après avoir sauté dans l'abysse avec toi, on aurait dit que j'étais à Poudlard. »
« Poudlard ? »
« Oui. J'ai dû franchir sept portes, jusqu'à entrer dans la salle commune de Serpentard. Sauf que ce n'était pas cela. Cela ressemblait à un temple antique. Et ton corps sans vie était suspendu à un crochet, comme un morceau de viande. »
« Sur un quoi ? »
« Un crochet. »
« J'ai entendu ce que tu disais. Ce que je veux dire c'est… Bien, ce n'était pas là où j'étais. »
« Je t'ai dis. Alors où étais-tu ? »
Harry put entendre Draco déglutir. « Pas dans un bon endroit. Pas un endroit confortable. J'ai subi le Cruciatus avant, bien sûr, mais je n'ai jamais rien ressenti de tel… Bien, c'est pour cela que tu avais l'air si satisfait, je pensais. »
« Tu étais torturé ? Je ne pouvais pas voir cela. »
« Oui, bien, Ca m'a bien surpris, franchement. Façon de parler. Je veux dire, je n'ai jamais vraiment cru en l'enfer jusqu'à ce que je meure et que j'y aille… »
« Ce n'est pas vrai. »
« Qu'est-ce qui n'est pas vrai ? »
« Que tu ne croyait pas en l'enfer, ou à quelque sorte de punition. Si tu n'y avais pas cru, tu n'aurais pas été là où tu as été. »
« Quoi ? »
« C'est ce que l'on m'a dit. Quand j'étais dans cette salle commune de Serpentard qui n'était pas cela. Et Dumbledore m'avait dit la même chose une fois. Après la mort, les gens voient ce qu'ils s'attendent à voir. Tu t'attendais de toute évidence à te voir dans un endroit où tu recevrais ta punition pour les choses horribles que tu as faites, et c'est là où tu étais. Après notre mort, nous ne pouvons plus nous tromper. Tu t'es peut-être convaincu que ce que tu avais fait n'était pas terrible quand tu étais vivant, mais après ta mort, cette sorte d'auto-illusion est impossible. Et si tu t'attendais à ce que des gens qui ont fait ce que tu as fait soient puni pour cela après leur mort… Bien, alors, ce n'est pas étonnant que ce soit ce qui t'es arrivé. »
Malfoy était silencieux. Harry entendait les gémissements et les râles distants, de l'autre côté de la tente, et les sorciers et sorcières s'affairant pour soigner les blessés. Il avait tout dit d'un coup, malgré le fait d'avoir été assez peu bavard avant. Maintenant qu'il ne pouvait plus rien voir, le silence lui donnait l'impression que le monde s'éloignait de lui. Il n'avait rien à quoi s'ancrer s'il n'y avait pas de son.
« Malfoy ? Tu n'as rien à dire ? »
Silence encore. Harry se blinda pour être patient et attendit une réponse. Finalement, Malfoy dit doucement. « Si. J'ai quelque chose à dire. Merci de m'avoir ramené, Potter. Et c'est la dernière fois que je vais le dire. »
Harry le laissa maintenant attendre à son tour un petit peu aussi. « Je t'en prie. » dit-il simplement, après une minute.
Il y eut encore un moment de silence, et puis Harry parla à nouveau « Harry. »
« Quoi ? » Il essaya de ne pas montrer sa surprise d'avoir été appelé par son prénom.
« En quoi crois-tu ? »
Harry réfléchit un instant. Il pensa aux fois où il avait changé ce qui ne devait pas être changé. Un de ces changements avait tenu : le sauvetage de Sirius et Buck. Un autre non… Le sauvetage de sa mère et de sa sœur. Maintenant, il avait changé quelque chose d'autre, et il avait payé un fort prix pour cela. Et malgré tout, il savait qu'il le referait. Il suspectait aussi fortement qu'il était possible que la prochaine fois que Draco Malfoy mourait, il ne serait pas là où il se trouvait avant.
Maintenant que Ron n'était pas là pour le chercher, même s'il ne prenait pas exactement Harry dans ses bras, et lui déclarait qu'il était son meilleur ami au monde, et qu'il ne disait pas son ambition de travailler pour la paix dans le monde, et la lutte contre la faim et pour les sans-abris du monde entier, il semblait qu'il y avait peut-être un lent changement en train de prendre place dans Draco Malfoy. Harry pouvait entendre quelque chose dans sa voix. Il n'était pas exactement la même personne qui avait péri en se lançant entre Ginny et Voldemort. Draco Malfoy était re-né de plus d'une manière.
« En quoi je crois, Malfoy ? » Il fit encore une pause. Puis la réponse lui vint soudain à l'esprit. Il sourit, n'étant pas sûr que l'autre garçon le regarde. Cela importait peu.
« Je crois aux secondes chances. »
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Quand ils furent tous rentrés à Poudlard, Harry réussit à convaincre Madame Pomfresh qu'il était en parfaite santé et qu'il n'avait pas besoin de rester à l'aile de l'hôpital cette nuit. Ginny lui avait rendu Sandy, et il l'avait à contrecœur confiée à Rogue, qui l'avait prise dans les donjons pour voir s'il avait une potion appropriée pour l'aider à remonter la pente. Harry tomba sur son lit, dans la tour, se sentant étrangement vide, et sans la moindre envie de dormir, mais aussi avec l'impression qu'il n'existait nul autre endroit meilleur. Il était content, avant de rentrer, de ne pas pouvoir voir le lit vide de Seamus, ni celui de Dean. Ron était allé dans le dortoir des filles de septième année passer la nuit avec Hermione. Ils avaient tous deux de profonds remords pour Parvati, et aucun ne voulait être seul. Harry n'imaginait pas qu'ils feraient autre chose que de se tenir dans les bras l'un de l'autre, et d'éclater en sanglots sporadiques.
Neville et lui étaient les deux seuls dans le dortoir des garçons de septième année, et Harry pouvait entendre que Neville était aussi allongé sur son lit, pleurant Parvati… Et probablement les autres aussi. Harry avait les yeux secs cependant. Il se sentait complètement engourdi.
Peu après avoir posé sa tête sur l'oreiller, Harry entendit la porte s'ouvrir. « Ron ? » chuchota-t-il, pensant peut-être que son meilleur ami avait finalement décidé de passer la nuit dans son lit après tout. Il s'avéra qu'il avait partiellement raison.
« Je suis là aussi, Harry. » chuchota Hermione. « C'est… C'était trop silencieux dans mon dortoir. Nous… Nous ne voulions pas être seuls. »
Il se redressa sur son lit et tapa le matelas. « Vous voulez parler ? » croassa-t-il, n'étant pas sûr de se sentir d'attaque pour parler, même si cela ne le dérangeait pas d'écouter. Quand il écoutait Ron et Hermione, il pouvait facilement imaginer leurs visages, la façon dont leurs expressions changeaient, la lumière dans leurs yeux. C'était presque aussi bien que de pouvoir les voir. Peut-être que c'était ce qu'il voulait vraiment, ce dont il avait besoin.
Il sentit le matelas penché comme ils acceptèrent son invitation, puis il sentit Hermione passer ses bras autour de lui, ses cheveux lui chatouillant le nez. Il sentit les bras de Ron passer autour d'eux, et le corps d'Hermione se mit à trembler avec ses sanglots. Ils se tenaient les uns les autres dans la chaleur et la vie. Harry sentit deux autres petits poids sur le matelas, puis il entendit le petit ronronnement.
« Pattenrond ? » demanda-t-il à Hermione.
« Oui. Et Argent aussi. »
Elle posa à nouveau sa tête sur l'épaule de Harry, et il la tint avec un bras, et caressa Pattenrond de l'autre main, le rythme du ronronnement du chat synchrone avec les petits cercles qu'il traçait sur son dos. Il pouvait sentir le poids chaud de Ron contre sa jambe, son bras bougeant comme il caressait son propre chat.
« Neville ? » chuchota soudain Hermione, sa voix emplie de larmes.
« OK. » fit Neville, d'une voix étouffée et quelque peu nasale, grimpant sur le lit avec eux. Harry supposa qu'il s'était tenu à proximité, une supplication silencieuse sur le visage. Hermione devait avoir vu son besoin et lui avait fait signe de se joindre à eux.
Comme tous les quatre étaient assis, pleurant leurs camarades de Griffondor (ainsi que les élèves des autres maisons), Harry eut une pensée étrange. Nous sommes de nouveau ensemble. Il eut un souvenir très vivace, pendant un instant, d'eux quatre assis dans le bateau se balançant doucement comme ils traversaient le grand lac froid en direction du château de Poudlard peu après leur arrivée à Pré-au-Lard. Il se demanda si les autres pensaient aussi à cela, mais il ne posa pas la question.
A la longue, les pleurs cédèrent place à la parole. Sur Parvati, sur Seamus, sur Tony et Colin, des histoires à répétition sur Hagrid. Les rires commencèrent à être aussi fréquents que les larmes, et Harry sut qu'il n'y avait aucune autre manière de laquelle il aurait voulu passer cette nuit, à se souvenir des bonnes choses, à revoir les visages de ce qui étaient partis, Ron racontant même des histoires de quand ils ne savaient pas que Peter Pettigrew était Croûtard le rat, se rappelant de la fois où il avait mordu Goyle au doigt.
Harry pensa que ce devait être près de l'aube quand les autres s'endormirent finalement. Neville était allongé au bout du lit de Harry, ronflant doucement. Ron et Hermione étaient allés sur le lit de Ron, prenant les chats avec eux. Ils respiraient aussi doucement pendant leur sommeil. Harry s'assit contre son oreiller, les jambes ramenées contre son torse, écoutant les oiseaux en train de se réveiller à l'extérieur. Il n'avait pas dormi du tout, mais il ne se sentait pas vraiment fatigué. Il entendit un bruit de pas sur le pallier et ne fut pas surpris quand la porte commença à s'ouvrir lentement. Une voix familière chuchota son nom.
« Harry ? »
« Ginny ? »
Il entendit son pas léger sur le sol de pierre et puis sentit le matelas pencher. Un moment plus tard, elle était dans ses bras et il la tenait serrée, sa joue contre ses cheveux. « Je suis désolée de ne pas être montée la nuit dernière Harry. » s'excusa-t-elle. « Mais Ruth… Elle était dévastée. J'ai eu l'impression que… »
« Chut. Ne t'inquiètes pas pour cela. Elle avait besoin de toi. »
Il sentit sa tête se redresser. « Nous sommes restés à parler le plus long de la nuit. Elle s'est finalement endormie. La pauvre ! Elle et Tony allaient partir à Venise cet été, pour rendre visite à leur famille, mais maintenant… »
« Quelle famille ? »
« Les deux. Il s'est avéré que la famille de Tony était de Venise, et la sienne aussi. Du côté de son père. Sauf sa famille à elle vit dans le ghetto vecchio, le vieux ghetto, et celle de Tony dans un palais sur le Grand Canal… »
« On dirait que vous avez beaucoup parlé. »
« Oui. Que s'est-il passé ici ? » Il réalisa que cela devait avoir l'air bizarre ici, Ron et Hermione ensemble au lit dans la même pièce que Harry et Neville, et Neville en travers du fond du lit de Harry.
« Nous avons passé le plus gros de la nuit à parler aussi, tous les quatre. Tu savais que nous étions tous dans le même bateau pour traverser le lac quand nous étions en première année ? »
« Non, je ne savais pas cela. » chuchota-t-elle.
« Et nous avons découvert Touffu ensemble aussi. »
« Touffu ? »
Il fronça les sourcils. « Je suis assez certain de t'avoir parlé de Touffu. Ce chien à trois têtes de Hagrid. »
« Oh, exact ! » dit-elle. « Je pensais juste à la salle de Touffu, comme l'endroit où, hum, toi et Hermione… »
« Ah, oui. Non, tu pensais que tu savais tout cela ? Tu vois, Malfoy m'avait défié pour un duel… »
Comme il lui racontait l'histoire, il lui semblait qu'il lui racontait un conte de fée, quelque chose d'une autre vie, un temps depuis longtemps perdu. Était-ce vraiment il y a sept ans ? pensa-t-il. Il se souvint avoir rencontré Hermione dans la salle commune et Neville en boule sur le sol du couloir, presque endormi… Il se souvint de la panique quand ils avaient presque été pris par Rusard, à quel point il s'était senti stupide quand Hermione lui avait dit que Malfoy l'avait piégé, puis de la terreur effroyable d'être découvert par Peeves, suivi par l'énorme soulagement qu'il avait eu quand Hermione avait pris sa baguette et prononcé l'incantation d'Alohomora, afin que tous les quatre puissent se cacher… Seulement pour faire connaissance avec Touffu.
Ginny l'embrassa sur la joue. « Ron nous a écrit régulièrement cette année-là, mais cela ne ressemble à la sorte de choses qu'il voulait que maman sache. » dit-elle, se blottissant dans ses bras et riant doucement. Harry sourit.
« Je suppose. Et il n'aurait pas pu te le dire à Noël en personne parce qu'il est resté ici cette année là. »
Elle acquiesça encore contre son menton, chuchotant. « Oui, je me suis sentie si seule ce Noël. Je veux dire, c'était merveilleux d'aller rendre visite à Charlie en Roumanie, avec papa et maman, mais Ron et les autres m'ont manqué. Nous étions avec tous ces étrangers pour les vacances, et dans un pays différent. C'était très étrange. »
« J'avais oublié cela. » dit Harry. « C'est vrai, je me souviens de Ron disant que ses parents étaient partis rendre visite à Charlie. J'ai oublié que cela signifiait que tu y étais allée aussi, d'autant qu'il ne t'avait pas mentionnée. »
Elle frissonna. « J'avais une peur bleue des dragons. Mon Dieu ! J'ai eu des flash-backs quand nous étions à Stonehenge. Charlie n'a rien arrangé, il était tellement téméraire avec eux. 'Courageux', disait-il. Je pensais que j'allais vomir à chaque fois que je le voyais s'approcher du danger. J'ai eu des cauchemars où je voyais Charlie se faire tuer par l'un d'entre eux après lui avoir rendu visite et avoir de mes propres yeux à quel point ils étaient redoutables. Et c'est tout ce à quoi je pouvais penser quand tu essayais de prendre cet œuf au Magyar à pointe… » Elle fit une pause. « Plus tard, j'ai eu des cauchemars sur Draco se transformant en un de ces dragons, et te poursuivant sur ton balai. Cela commençait avec lui me parlant d'une manière parfaitement civilisée, et puis soudain… »
« J'ai eu une hallucination comme cela ! » déclara Harry. « Quand j'ai été brûlé, au mariage de Roger et Alicia… »
« Bien, tu avais une excuse, n'est-ce pas ? L'esprit fait des choses bizarres quand il subit trop de douleur, pour s'échapper… »
Il acquiesça. « Oui, je suppose que c'était une autre manière de la supporter, comme lorsque je bloque le Cruciatus. »
D'une certaine manière, il avait le sentiment que toutes les barrières étaient tombées quand ils parlaient, comme s'ils étaient plus exposés l'un à l'autre qu'ils ne l'avaient jamais été. Et pourtant… Il y avait encore quelque chose qu'il ne pouvait pas lui dire. Quelque chose qu'il n'avait dit à personne. Mais il n'y avait aucune raison de lui dire. Quel bien cela ferait-il ? Il devait arrêter de piétiner et passer à autre chose. Draco Malfoy était en vie, et lui, Harry Potter, était aveugle. C'était tout.
Ils restèrent assis en silence un moment. Finalement, Harry les autres commencer à s'étirer. Pour une fois, Ron ne s'énerva pas en voyant Ginny dans le lit de Harry. Il la salua normalement. « Oh, salut Ginny. »
« Salut Ron, bonjour Hermione, bonjour Neville. »
Après que les filles soient parties, les garçons s'habillèrent pour le petit déjeuner. Harry fut prêt le premier. S'il y avait une chose pour laquelle il n'avait pas besoin de sa vue, c'était pour s'habiller, car il s'était habillé dans le noir sous les escaliers pendant dix ans avant Poudlard. Il quitta le dortoir avant Ron et Neville, ayant l'impression qu'il se déplaçait dans le brouillard comme il passait ses mains sur les murs de pierre de l'escalier en colimaçon. Quand il arriva dans la salle commune, Ginny lui prit immédiatement le bras, et il se sentit un peu mieux. Les autres Griffondors manquaient un peu d'entrain en saluant leur préfet en chef, et ils lui serrèrent la main (les garçons), ou lui donnèrent une accolade timide (les filles). Harry avait l'impression qu'il n'y avait pas assez de monde pour qu'il y ait toute la maison Griffondor, et il fut à nouveau content de ne pas pouvoir les voir. Il voyait les visages des disparus dans sa tête. C'était déjà assez pénible.
Quand il arriva dans la grande salle, tenant la main de Ginny, il entendit la rumeur parcourir la foule. Il déglutit, et essaya de mettre cela de côté, même s'il pouvait entendre bien plus que les simples murmures qu'il était sensé percevoir.
« Il a enlevé le pouvoir de Vous-savez-Qui, oui ? Il l'a transformé en moldu, et puis… »
« Draco Malfoy est vraiment un héros ! »
« Non, c'était encore un sorcier. Il lui a lancé le sortilège mortel dessus. »
« Imagine cela… Un héros de Serpentard ! »
« Bien, Mariah Kirkner en est bien une. »
« Il a lancé le sortilège mortel sur qui ? »
« J'ai entendu qu'il avait forcé Tu-sais-qui à manger des bonbons empoisonnés… »
« Comment a-t-il pu lui lancer le sortilège mortel dessus s'il est encore en vie ? »
« Oui, j'ai entendu qu'elle parlait au peuple du lac pour qu'il l'aide avec les géants. »
« Alors elle est sirène en partie ? »
« C'est 'Sur qui'. Su Draco Malfoy. »
« C'est la Fille qui a survécu ! Vous avez vu sa cicatrice ? »
« Non, j'ai entendu qu'elle était pitiponk du côté de sa mère, ou quelque chose comme cela. »
« Je ne comprends toujours pas. Si Tu-sais-qui l'a frappé avec le sortilège mortel, pourquoi est-il en vie ? »
« C'est pour cela que Potter est aveugle. Il a fait un pacte avec le diable pour rendre sa vie à Malfoy… »
« Il a vraiment fait cela ? Un pacte avec le diable ? Pour quoi a-t-il fait cela ? »
« Oui, s'il devait sauver quelqu'un, pourquoi pas mon frère, ou quelqu'un d'autre tué par les géants ? Mon frère n'a jamais essayé de tuer quiconque. »
« Je ne saisi pas non plus. Draco Malfoy ? »
Il l'entendit encore et encore : pourquoi ? Pourquoi sauver Draco Malfoy ? Il eut envie de crier ses raisons à pleins poumons, et pourtant il resta silencieux, mangeant ses tartines, prétendant qu'il n'entendait rien alors que cela remplissait sa tête.
Cela promettait d'être une étrange semaine. Tous les cours étaient annulés, comme le restant des examens de fin d'année. Avec Hagrid et Trelawney morts, et Vector, Flitwick et MacGonagall à l'hôpital, il n'y avait même plus assez de professeurs pour assurer tous les cours. Tous les élèves de septième année qui avaient été interrompus en passant les ASPICs, écrits ou pratiques, étaient admis.
Une cérémonie devait avoir lieu une semaine après la bataille. Le professeur Dumbledore avait commencé à la planifier en personne, et il avait demandé à Hermione et Rogue de l'aide pour la musique. Cela avait surpris Harry au début, mais ensuite, il se souvint de la voix retentissante de son beau-père quand il chantait des chansons de marin sur le Patricia, ou les chants de Noël à Bout-du-Lard, s'harmonisant avec la voix fluette de sa femme quand ils décoraient la maison pour les vacances.
Hermione allait voir Dumbledore à ce sujet après le petit déjeuner. Ron devait rencontrer Remus dans la salle commune de Griffondor pour parler de son travail à venir au ministère. Avant qu'elle ne quitte la table, Harry se tourna vers sa droite, où il savait que Hermione était assise.
« Tu devrais faire chanter Ruth. » lui chuchota-t-il.
« J'ai un pas d'avance sur toi, Harry. C'est déjà fait. Elle va interpréter le Kaddish de Ravel. » lui répondit-elle en chuchotant.
Cela ne surprit pas Harry. « Je peux faire quelque chose si tu veux… » Il dit à Hermione son idée, et elle le prit dans ses bras et acquiesça contre son menton, ce qu'il prit pour une approbation.
Elle lui dit qu'elle avait aussi demandé à Will Flitwick, ce qui ravit Harry. Il se souvint de la voix fluette de Will qui s'était élevée avant qu'ils ne volent en direction de la forêt pour sauver Severus Rogue et Draco Malfoy. Avant que Ron ne devienne un loup-garou…
Était-ce pourquoi Ron avait souhaité que Harry ait laissé Draco pour mort ? Se demanda-t-il. Est-ce que Ron en voulait à Draco Malfoy pour sa lycanthropie ? Peut-être qu'il considérait que l'on avait déjà fait assez de sacrifices au bénéfice de Draco Malfoy. Harry avait l'impression que Ron ne comprendrait jamais vraiment ce qu'il avait fait. Ni quiconque d'autre, très probablement.
Après le petit déjeuner, Harry et Ginny allèrent dans l'aile des professeurs rendre visite à Sirius. Harry avait été soulagé de découvrir que Sirius avait été blessé pendant la bataille de Godric's Hollow, mais qu'il allait récupérer de quelques cicatrices et hématomes. Madame Pomfresh l'avait autorisé à retourner à ses appartements, comme l'infirmerie débordait de gens qui devaient encore être transférés à Ste Mangouste. Après avoir salué Mrs Figg, qui gardait le petit Arne dans le salon, ils entrèrent dans la chambre. Ginny informa Harry d'un murmure que Alicia tenait la main de Sirius qui était allongé sur le lit, et qu'elle lui pressait une étoffe humide sur le front.
« Heu, » commença Ginny en s'approchant d'eux, « y a-t-il quelque chose que vous aimeriez nous dire tous les deux ? »
Harry l'avait suspecté depuis un moment, malgré les protestations du contraire de Sirius, mais maintenant ils admettaient tous les deux avoir été ensemble depuis quelques mois. (Harry pensa que son accusation que Sirius était attiré par elle était la principale raison pour laquelle il ne leur avait pas dit.) Dans ce qui avait suivi la débâcle de Rodney Jeffries, il avait été nécessaire de couvrir la part d'Alicia dans l'opération, aussi bien intentionnée qu'elle ait pu être. C'était vrai qu'elle avait travaillé pour faire élire son père au Parlement, à la demande d'un mangemort, mais elle n'avait pas réalisé que c'était pour le remplacer avec Narcissa Malfoy déguisée en moldue, ni qu'il y aurait des morts à cause de cette affaire. Harry avait appris qu'il y avait eu quelques autres choses se passant dont il n'avait pas eu connaissance, comme l'évasion du père d'Alicia grâce à Sirius (Ses parents étaient restés dans l'aile des professeurs avec elle, bien hors de vue des élèves ou des autres professeurs). Cela, pensa Harry, expliquait ses longues absences et ses évitements. S'il y avait quelqu'un qui connaissait la détresse que peut avoir un homme innocent en prison, c'était Sirius Black. Il ne voulait pas que le père d'Alicia souffre, même sans détraqueurs, un moment de plus que nécessaire.
« Nous allons émigrer. » leur dit finalement Alicia, sa voix tremblant. Harry pouvait entendre à quel point elle avait peur. Émigrer ! Cela ne lui était jamais venu à l'idée, mais au moment où elle le dit, il pensa, oui, tout recommencer. Cela semble bien…
« Où ? Et quand ? » demanda-t-il, se laissant conduire à une chaise par Ginny.
« A la fin du mois. En Amérique. » dit Sirius avec un croassement dans sa voix. « Nous prenons Arne. Il y a un petit village de pêcheurs peuplé entièrement de sorciers sur une île au large de la côte du Maine. C'est dans le Nord-Est. C'est presque le Canada tellement c'est au nord. A un moment, je crois que le ministère de la magie canadien s'est battu contre l'américain pour savoir qui allait clamer cette île, mais comme c'est un bout de rocher presque nu avec quelques familles et une poignée de phoques, je pense qu'ils ont décidé que les américains pouvaient l'avoir, et bon débarras. Appeler ce qui est là-bas un village est en fait un peu exagérer. »
« Heu ! » dit Harry, « Et que vont-ils penser de l'infâme Sirius Black venant vivre au milieu d'eux ? Ta renommée a dû atteindre l'Amérique du Nord maintenant. »
Sirius rit. « J'imagine que tu as raison, mais personne ne saura que c'est moi, si tout se passe comme prévu. Nous allons tous recevoir une nouvelle identité. Dumbledore y veille. Nous allons vraiment prendre un nouveau départ. »
« Vous tous ? » demanda Harry, fronçant les sourcils.
« Bien, moi aussi parce que le bureau américain de la magie pourrait choisir de m'extrader si le ministère britannique réalisait ce que j'ai fait » dit doucement Alicia, l'air plus qu'un peu honteuse de ses actions. « Mon père parce que si les autorités moldues on vent qu'un condamné évadé est dans leur pays, ils l'extraderont probablement ici, et ma mère comme elle est mariée à mon père… »
« Hmm ». acquiesça Ginny. « Je vois le problème. C'est tellement loi d'ici pourtant ! Vous allez couper les ponts avec tous ceux que vous connaissiez ? »
« Pas entièrement. » admit Sirius. « Mais vous devrez nous envoyer des chouette transatlantiques pour le courrier, et sous nos nouveaux noms. Cela prendra un moment pour s'habituer. »
« Et nous ne voulons pas que les autorités magiques ou moldues fassent des histoires en vérifiant nos identités pour un certificat de mariage, alors nous allons d'abord nous marier ici, et puis présenter cela comme un fait accompli quand nous serons en Amérique. » ajouta doucement Alicia.
Harry resta bouche bée. « Vous vous mariez ! Vous ne m'aviez pas dit cela… Félicitations ! » s'écria-t-il, essayant de trouver Sirius pour lui serrer la main et lui donner une accolade. Ginny l'aida à se guider, et il tapa Sirius dans le dos juste un peu trop fort, le faisant tressaillir. « Oups. Désolé ! C'est juste… Bien, bn sang ! Je pensais que vous vous plaisiez tous les deux, mais de là à dire que vous alliez vous marier… »
« Tu pensais juste que nous allions nous mettre en ménage ? » demanda Alicia, malicieuse. Harry sentit son visage rougir, et il fut content de ne pas avoir à croiser son regard.
« Bien, pour être honnête, oui. Je pensais… Bien, je pensais… »
« … Que nous baisions déjà jour et nuit ? » suggéra Sirius, la voix emplie de rires. Harry sentit son visage rougir encore plus.
« Bien, je n'allais pas le dire, mais… »
Sirius et Alicia rire. « Ce n'était pas vraiment comme cela. » l'informa Sirius. « Je ne suis plus un jeune gars après tout. »
« Tu es assez jeune pour moi. » Lui dit Alicia d'une voix douce, mais ferme.
« Oh ! Vous êtes si adorables ensemble… » leur dit Ginny.
« Ginny ! » fit Sirius en riant. « Je ne pense pas avoir jamais été qualifié d'adorable. »
« Le professeur Dumbledore en personne va présider à la cérémonie avant que nous partions. » leur dit Alicia. « Ce sera une double cérémonie en fait. Il semble que ce soit la saison des mariages… »
« Double ? » dit Harry, fronçant les sourcils, essayant de penser à qui d'autre pourrait se marier. Puis il en resta bouche bée. « Oh. Mon. Dieu. Est-ce que Ron a fait sa demande à Hermione ? Comment a-t-il pu ne rien me dire dès qu'il l'a fait ? »
« Non, idiot. » dit Ginny, le réprimandant un peu. « Je pense que je sais qui c'est . Réfléchis. Qui d'autre connais-tu de déjà fiancé ? »
Harry fouilla dans sa tête, puis écartilla ses yeux inutiles en direction de Sirius. « Non ! Tu plaisantes ! Il a accepté de partager son mariage avec toi ? Entre tous ? »
Sirius rit encore. « Je n'aurais pas pu l'inventer si j'avais essayé. Oui, Harry. Dumbledore va célébrer les mariages pour Alicia et moi, ainsi que pour Maggie et Severus. C'est le double mariage. Il rentrerait dans l'histoire si ce n'était le fait qu'il devra être très discret. »
Harry était encore sous le choc. « Je n'arrive pas à y croire. Après que tu aies essayé de le tuer… »
« … Et qu'il ait essayé de me faire embrasser par un détraqueur. Oui, les horloges sonneront sans doute midi à quatorze heures et il neigera à Tahiti. » Il rit un peu encore. « Mais il y a autre chose, Harry… Cela tombe bien parce que nous voulons tous deux avoir le même témoin. Tu le feras pour nous deux, j'espère ? »
Harry avait maintenant un sourire allant d'une oreille à l'autre, et il s'avança pour prendre à nouveau son parrain dans ses bras. « Bien sûr que oui, idiot ! Pourquoi demandes-tu seulement ? » Dans le fond de son esprit, cependant, Harry se demanda si Severus Rogue serait ennuyé de ne pas lui avoir demandé en personne. Sirius l'avait devancé.
« Bien, à un certain point… Oui. Je dois demander. Alors c'est un oui ? » Il pouvait entendre que Sirius essayait de réprimer son rire maintenant, sans succès.
« Que penses-tu ? Bien sûr que c'est oui » déclara-t-il, prenant Ginny sur ses genoux. Il rit et passa les bras de Ginny autour de son cou.
« Il va y avoir une demoiselle d'honneur aussi. » dit Alicia. « Je prends Angelina, et Maggie aussi. C'est sa belle sœur, après tout. En quelque sorte. Angelina et George vont finalement se marier cet été. Celui-ci sera un mariage en grand… Ta mère insiste… » dit-elle à Ginny. « … Et il ne sera pas dissimulé, mais nous n'y serons pas, malheureusement. » ajouta-t-elle tristement.
« Tellement de mariage ! » dit Ginny, une étrange note dans sa voix. Harry se sentit soudain extrêmement mal à l'aise et voulut beaucoup changer de sujet.
Malgré le fait d'avoir eu plus tôt le sentiment que rien ne pourrait le rendre plus heureux que de demander sa main à Ginny pour être avec elle pour le restant de ses jours, il hésitait maintenant. Comment pouvait-il lui demander de se lier à lui, maintenant qu'il était aveugle ? Et pourtant… C'était juste qu'il soit ainsi.
Ils quittèrent l'aile des professeurs juste à temps pour le déjeuner, et elle s'attaqua à un autre sujet qu'il avait redouté : comment guérir ses yeux.
« Peut-être que Nita… »
« Non Ginny. » dit-il fermement comme ils descendaient les escaliers de marbre.
« Bien, au moins des yeux magiques… »
« Non. »
« Pourquoi pas ? »
Il déglutit, s'arrêtant, se cramponnant fermement à la rampe des escaliers. « Ce ne serait pas bien. »
« Mais Harry… »
« Je ne discuterai pas cela. » dit-il brusquement, inquiet que cela vienne très probablement entre eux plus que s'il n'avait aucun moyen de recouvrer sa vue. Il lui céda finalement le passage d'un examen par un des docteurs de Ste Mangouste spécialiste en ophtalmologie. Mais il ne fit aucune promesse d'accepter des yeux magique ou aucun autre moyen de contourner son sacrifice.
Le lendemain matin, le docteur Chaudhri vint le voir, accompagné de Nita. Le professeur MacGonagall, en état de quitter l'aile de l'hôpital, leur avait laissé son bureau à dessein, lui donnant une tape ferme sur l'épaule avant de partir. Il pensa l'entendre renifler un peu.
Nita, d'un autre côté, était aussi pragmatique que d'habitude.
« Assieds-toi et ne bouge pas, Harry. » lui ordonna-t-elle, un ton irrité dans la voix. Elle lui rappelait plus qu'un peu sa mère, et il ravala une réplique à la limite de la politesse.
« Je suis assis aussi immobile que possible, spécialement si l'on considère ce qu'elle me fait. » dit-il, les dents serrées, serrant les accoudoirs du fauteuil, pendant que le docteur Chaudhri fermait son œil droit avec son pouce sur la paupière, et puis pressait sa baguette sur la peau sensible, marmonnant une incantation qui dut répétée sur l'œil gauche. Harry avait l'impression qu'elle essayait de lui transpercer les paupières avec sa baguette.
Quand elle eut fini quelques autre choses très peu dignifiantes pour ses oreilles, on lui dit que l'examen était terminé. Il entendit le docteur Chaudhri s'éloigner de quelques pas pour consulter Nita.
« C'est comme je pensais, Nita… »
« Tu es sûre ? Je ne sais pas, Jess. Pourquoi est-ce que… »
« Je peux vous entendre ! » s'écria Harry, se sentant très énervé. « Souvenez-vous… Je suis aveugle. L'audition sensible et tout cela. » Il ne pensait pas, cependant, que quelqu'un qui voyait aurait eu du mal à les entendre. D'une manière ou d'une autre, en étant aveugle, c'est comme s'il était devenu invisible pour elles.
« Harry » commença à le gronder Ginny. Il entendit Nita et le docteur Chaudhri s'approcher de lui.
Soudain, il entendit la voix du docteur Chaudhri dire « Par ici, Harry. »
Il commença à froncer les sourcils, puis il sentit une petite chose avec des plumes lui frapper le front. Il entendit un engrenage mécanique qui lui semblait familier, et il commença à agiter ses mains, se mettant debout pour toucher son visage, son torse, essayant de trouver ce qui s'était cogné contre lui. Il ne réussit pas à l'attraper, pour autant qu'il fouette l'air autour de lui avec ses bras.
« Qu'est-ce que c'est que cette idée ? Qu'est-ce que c'était ? »
« Tu vois, Jess ? » fit la voix ennuyée de Nita.
Le docteur Chaudhri se remit à parler. « Je ne suis toujours pas convaincue. Tu m'as dit toi-même que ses pouvoirs d'autosuggestion sont considérables. »
« Arrêtez de parler de moi comme si je n'étais pas là ! Je suis aveugle, pas dans le coma. Est-ce que quelqu'un pourrait me dire ce qui se passe et ce qu'était cette chose qui m'est presque passée à travers la tête ? » demanda-t-il. « Était-ce un vif ? »
« Exactement. » dit le docteur Chaudhri, fière d'elle. « Je te l'avais dit, Nita. » ajouta-t-elle.
« Dis quoi ? « voulut-il savoir. »
« Que vous pouvez voir. »
Harry n'avait jamais ressenti une telle furie monter en lui. Ni les Dursley, pas même tante Marge, ni être accusé du meurtre de sa mère, rien ne se comparait à ce qu'il ressentait en entendant le docteur Chaudhri dire cela. « Je peux quoi ? »
« Vous pouvez voir. Vous avez fait un travail admirable de prétendre ne pas voir le vif voler droit sur vous, mais comment avez-vous su que c'était un vif si vous ne pouviez pas le voir ? » Il était sûr qu'elle pensait qu'elle avait l'air raisonnable, mais il voulait frapper cette femme.
« Je peux dire que c'est un vif, imbécile, parce que j'ai senti les plumes quand il s'est cogné à mon front, et que je peux entendre le bruit que font ses ailes. » gronda-t-il, essayant de résister à l'envie dévorante de sortir sa baguette et de commencer à lancer des sorts autour de lui. Cela pourrait atteindre Ginny après tout, ou Nita, qui ne semblait pas d'accord avec le Draco Chaudhri. « Et je pense que le fait que je ne puisse pas voir annule votre parole comme quoi je peux. Je pense que je saurais, si je pouvais voir, merci beaucoup. »
« Pas nécessairement. De nombreuse personnes atteintes de cécité hystérique se sont vraiment convaincues qu'elle ne pouvait rien voir. Elles réussissaient même à contrôler leur corps au point que leur pupilles ne se dilataient pas quand elle étaient soumises à de fortes lumières. J'ai lu des cas où… »
« Une cécité hystérique ! » Harry, Ginny et Nita dirent tous ensemble.
« C'est cela. » dit fermement Nita. « Au revoir, Jess. Je ne t'ai pas amenée ici pour… »
« Écoute-moi ! » insista le docteur Chaudhri.
Harry se leva, tremblant. « Vous avez entendu Nita. Partez. Je ne peux pas plus voir qu'un moldu ne eut faire de la magie. »
« Il n'y a physiquement rien qui n'aille pas avec vous ! » s'exclama le docteur Chaudhri, l'air aussi frustrée que se sentait Harry. Il hésita un instant.
« Il n'y a rien ? » demanda-t-il.
« Non. Vos nerfs optiques, vos yeux, tout est en parfait état de marche. Il n'y a absolument aucune raison pour laquelle vous ne devriez pas voir. Sauf le fait que vous ne pouvez pas, de toute évidence. »
Il déglutit, se rasseyant. Quand il avait dit à Ginny que 'ce ne serait pas bien', quand elle avait parlé des yeux magiques, il ne lui était pas venu à l'esprit qu'il ne pourrait pas changer d'avis. Jamais.
« Alors… » commença-t-il à dire.
« … Des yeux magiques sont hors de question. Ils interagissent avec les nerfs optiques pour envoyer au cerveau les informations visuelles. Mais vos vrais yeux semblent marcher correctement, et pourtant non. Cela signifie que nous ne pouvons pas garantir que des yeux magiques fonctionneraient non plus. Et je ne recommanderai jamais d'enlever des organes sains pour expérimenter une prothèse, s'il y a de très grandes chances que la prothèse échoue. » leur dit le docteur Chaudhri. « Ce qui, je pense, est le cas ici. »
« Comme je prétends être aveugle. » lui fit-il en grognant.
« Non, comme vous êtes convaincu que vous êtes aveugle. C'est un problème différent. Ce n'est pas quelque chose que vous faites consciemment… »
« Et Cédric Diggory était en pleine forme. Il n'avait aucune raison de ne pas être là à ses affaires, sauf le petit souci d'avoir été frappé par le sortilège mortel. Écoutez, est-ce qu'il vous ai jamais venu à l'esprit que je suis peut-être aveugle parce que la déesse m'a aveuglé ? Que c'est pour cela que mes yeux ont l'air de devoir encore fonctionner ? »
« La… La quoi ? » bafouilla le docteur Chaudhri.
« Une déesse a aveuglé Harry. » confirma Ginny.
« Oh, » fit maintenant le docteur Chaudhri, l'air abattue. « vous ne m'aviez pas dit que c'était de la magie divine. C'est complètement une autre histoire. Des accidents, on peut réparer avec des yeux magiques. La cécité hystérique suite à un traumatisme, on sait aussi traiter. Mais la magie divine… Il y a simplement des choses dont les humains ne devraient pas se mêler… »
Maintenant, elle parlait tout doucement, et Harry était un peu désolé de lui avoir crié dessus. Harry se tourna vers l'endroit où se trouvait Ginny. « S'il-te-plaît, pouvons-nous y aller ? Il n'y a rien à faire. Et même si dans le cas contraire… Je ne voudrais que l'on fasse quelque chose. »
« D'accord. » acquiesça-t-elle, ayant l'air d'être au bord des larmes.
Quand ils furent dans le couloir, elle s'effondra contre lui, son visage enfoui dans sa chemise. Il lui caressa les cheveux, se sentant hébété. Il n'y a physiquement rien qui n'aille pas avec vous. Non, pas une chose. Je ne peux juste rien voir.
« Chut, Ginny, » dit-il, la sentant trembler comme si elle gelait. « Ca ira pour moi, vraiment. Et.. Et toi ? » Mais comme il disait cela, il commençait à avoir des doutes.
Elle renifla bruyamment, mais ne lui répondit pas. Il se recula un peu. « Tu… Tu ne comprends pas, Harry… »
Elle s'écarta de lui et il entendit le bruit de ses pas s'éloigner dans le couloir.
« Malédiction. » dit-il doucement, réalisant qu'il allait devoir retourner à la tour Griffondor tout seul. Elle ne veut plus être avec moi, pensa-t-il, son cœur s'emballant. Qu'est-ce que j'ai fait ?
Il s'assit par terre, s'appuyant contre le mur, se passant la main dans les cheveux. Il n'avait pas pris la peine de faire quoique ce soit depuis qu'il était revenu, et il n'avait pas pris la peine de se raser non plus. Il pouvait sentir la barbe sur ses joues. Il avait eu peur de s'enlever le bout de son nez ou de son oreille en utilisant la magie pour se raser (ou s'il avait utilisé un rasoir, à plus forte raison). Peut-être que je vais me laisser pousser la barbe, pensa-t-il. Comme cela, je me ressemblerai moins, et je serai plus dur à trouver dans la foule…
Il entendit la porte du bureau de MacGonagall s'ouvrir, et deux bruits de pas, qui s'arrêtèrent net. « Est-ce que ça va, Harry ? » s'enquit la voix de Nita.
« Oui, je vais bien. Mais Ginny est un peu énervée, et maintenant, je ne peux pas retrouver ma route jusqu'à la salle commune. Je veux dire, c'est assez dur de faire face aux couloirs et aux escaliers qui se déplacent quand on peut les voir, si tu voies ce que je veux dire. »
« Bien, le professeur MacGonagall devrait revenir d'une minute à l'autre, et elle pourra t'aider. J'aurais peur de te perdre davantage, comme je ne suis jamais allé à ta salle commune. »
« Tu aurais dû y aller. » dit immédiatement Harry. « Tu n'aurais pas dû aller à Durmstrang. Tu aurais dû aller à Poudlard. »
« Bien… Tu peux m'excuser un instant, Harry ? » Elle prit une grande inspiration avant de dire au docteur Chaudhri. « Je suis désolée pour tout cela, Jess. Écoute, tu es familière avec le château, n'est-ce pas ? Tu retrouveras la sortie ? »
« Ca ira. » répondit le docteur Chaudhri. « Prenez soin de vous, Harry. » lui dit-elle doucement.
Il ne lui répondit pas mais entendit le bruit de ses pas s'éloigner dans le couloir. Nita semblait attendre aussi. Il entendit le froissement du tisse de sa robe quand elle s'accroupit à côté de lui.
« Oui, Harry. J'aurais dû aller à Poudlard. Mais je n'y suis pas allée. J'ai été kidnappée. J'ai vécu dans un orphelinat. Je suis allée vivre en Suède et j'ai été adoptée par Anna et Nils Anderssen. J'ai fait la paix avec tout cela. Peux-tu vraiment dire que tu as fait la paix avec ce qui s'est passé ? » Il commença à dire quelque chose, mais elle continua avant qu'il n'ait pu mettre des paroles sur ses pensées. « Je ne dis pas que tu devrais déjà l'avoir fait. Je dis juste… Oui, il y a quelques choses auxquelles tu vas penser pour le restant de tes jours. Des choses qui auraient pu être faites différemment. » Il déglutit, pensant un moment à Cédric, à quand il avait désarmé sa mère, à quand il avait quitté la pièce alors que Cho se lançait contre la fenêtre de Jeffries… « Mais tu ne peux pas changer ce qui est arrivé, alors cela ne sert à rien de se plaindre de ce que tu n'as pas fait, n'est-ce pas ? Pourquoi penses-tu que Ginny est si bouleverse, Harry ? »
Il était lassé d'être sermonné. « Je ne veux pas en parler. Je vais me contenter d'attendre le professeur MacGonagall. »
Elle se leva et soupira. « Tu es aussi têtu que Severus. »
Il fronça les sourcils. « Pourquoi dis-tu cela ? »
« Parce que j'ai eu l'occasion de le connaître un peu maintenant qu'il va épouser ma sœur. Tout ce que je peux dire est que mes sœurs semblent avoir un talent remarquable pour trouver les hommes les plus entêtés qui soient. »
Harry renifla. « Oh, oui. Sam Bell n'est pas entêté. Et je suis un hippogriffe violet. »
« Ce n'est pas que Sam est entêté. Il est juste… Il a ses habitudes. » dit-elle, sur la défensive. « Écoute Harry. Je dois y aller. S'il-te-plaît, ne soit pas si dur avec elle… »
« Dur avec elle ! Simplement parce que je ne pense pas que c'est juste d'essayer de défaire cela, je suis dur avec elle ? Est-ce que tu ne viens pas de me dire qu'on ne devait pas essayer de défaire certaines choses ? »
« Tu as rendu la vie à quelqu'un qui est mort parfaitement volontairement, Harry. Et en ce qui concerne Ginny, je veux dire… Essaye de comprendre ce qu'elle vit, c'est tout. S'il-te-plaît ? »
Elle n'attendit pas de réponse et s'éloigna de lui, le bruit de ses chaussures résonnant sur les dalles de pierre, au loin, tandis qu'il était assis sur le sol froid et dur et attendaient que le professeur MacGonagall le reconduise jusqu'à la salle commune de Griffondor.
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Cette nuit là, ils ne cherchèrent même pas à faire semblant. Hermione et Ginny montèrent les escaliers avec Ron et Harry. Neville était parti rendre visite à sa famille. Sa grand-mère était folle depuis qu'elle avait entendu ce qu'il avait fait pendant la bataille avec les géants, et elle avait insisté pour qu'il rentre jusqu'à la cérémonie. Dumbledore avait reçu de nombreuses requêtes similaires, qui avaient toutes été satisfaites. Ce n'était pas comme si les élèves manquaient des cours.
Comme ils grimpaient ensemble dans le lit, Harry fut conscient d'un petit bruit sur le matelas. « Hum, Hermione ? Ron ? Un de vos chats est sur mon lit. Pas que ça me dérange. Juste… Si vous le cherchez… »
« Non, Harry. C'est MacKenzie. » lui dit Ginny.
« Oh, exact. Je l'avais oublié. » Il entendit un autre petit corps monter sur le lit
« Et Bainbridge. » ajouta-t-elle. « La chatte de Jules Quinn. Souviens-toi, c'est la mère d'Argent et MacKenzie. Je m'occupe d'elle comme… Comme Jules ne peut plus. » dit-elle sa voix très proche de se briser.
Il déglutit. « Oh, bien sûr. C'est bon. Allons… allons nous coucher. »
Il se sentait plus fatigué mentalement que physiquement, cependant, et longtemps après qu'elle se soit endormie, blottie contre lui, son bras passé autour de la taille de Ginny, il continua à écouter les bruits de la nuit, ponctués par sa respiration, ainsi que celles calmes et profondes de Ron et Hermione.
Bien qu'il ne puisse plus voir, il ne pouvait pas s'empêcher de revoir dans sa tête un million d'images : Jedusor lançant son maléfice sur Ginny, Draco sautant entre lui et Ginny, sa sœur se tenant sur les marches du perron de Poudlard, sa mère le regardant en attendant quelque chose de lui… Il ne pouvait pas dormir, donc il ne pouvait pas rêver, mais il semblait condamné à rêver tout en étant encore éveillé…
Une douche. C'est ce dont j'ai besoin, décida-t-il finalement. Quelque chose pour m'éclaircir les idées.
Il se dégagea avec soin de Ginny et des deux chats, et se glissa hors de la chambre, ne s'embêtant pas avec sa robe de chambre. Il tâtonna sur le pallier et entra dans les bains communs, entendant les chandelles magiques revenir à la vie quand sa présence déclencha les sorts. Il n'y a pas vraiment d'intérêt à cela, n'est-ce pas ? pensa-t-il, ayant l'impression d'un doigt glacé venait de le toucher, le faisant frissonner un instant.
Il accrocha le pantalon de son pyjama sur un crochet après l'avoir trouvé sur le mur, puis il se dirigea vers les douches, ouvrant le robinet au maximum. Il s'avança sous le jet d'eau chaude, sentant la chaleur cascader sur lui, l'envelopper. Puis, sans avertissement, le barrage se rompit. La façade stoïque qu'il avait maintenue toute la journée s'effondra comme les sanglots commencèrent à s'échapper de son ventre, et les larmes à couler sur ses joues, se mêlant à l'eau chaude. Il poussa un cri incohérent et donna des coups de poing sur le carrelage mural, sa rage et son angoisse se déversant de lui. Il donna un coup de pied au mur, ne se souciant pas de la douleur que cela lui causait, ne se souciant pas du fait qu'après avoir frappé le mur de façon répétée, ses poings saignaient, l'eau chaude faisant piquer ses blessures. Il s'effondra dans le coin de la cabine de douche finalement, haletant d'épuisement, pas plus proche de se débarrasser d'un sentiment d'étouffement dans sa poitrine.
Qu'avait-il fait ?
« Harry ? »
« Harry ? »
Même par-dessus le bruit de l'eau, il pouvait entendre que ces voix appartenaient à Ron et Hermione.
« Partez. » marmonna-t-il, se passant la main sur la figure.
« Harry, qu'est-ce que tu t'es fait ? Tu saignes de partout… » commença à dire Hermione.
« Tiens, Harry, rhabilles-toi et va au lit, repose-toi… » dit nerveusement Ron.
« Comment saviez-vous que j'étais ici ? »
« Comment savions-nous ? » dit Ron, incrédule. « A la manière dont tu as beuglé ? »
« J'ai même entendu un petit quelque chose. » dit Hermione. « Bien, en partie parce que Ron m'a réveillée et m'a demandé si j'entendais aussi. Ginny dort encore. »
Il pouvait sentir Ron lui tendre une serviette. Harry la prit à contrecœur, l'enveloppant autour de lui, mais comme il faisait cela, les sanglots revinrent.
« Part, Ron. » dit-il brusquement, se détournant de lui. « S'il-te-plaît. »
« Harry… »
« Pars ! Je ne veux pas… »
« D'accord, d'accord. » dit-il, à contrecœur, mais voyant peut-être que Harry ne voulait pas qu'il le voie pleurer comme un bébé devant lui. « Viens, Hermione… »
« Elle peut rester. » dit-il à travers ses larmes, se surprenant lui-même. Il entendit les pas hésitants de Ron sur les dalles.
« Vas-y Ron. Ca ira. Je reste avec lui. Ne t'inquiète pas. » ajouta-t-elle.
Harry entendit Ron quitter la pièce et il se laissa à nouveau tomber au sol, se sentant plus mal que jamais au cours de toute sa vie, incapable de retenir les sanglots qui s'échappaient de lui. Il sentit Hermione s'installer à côté de lui, mais elle ne parla pas, passant juste son bras par-dessus son épaule pendant qu'il pleurait. Quand il eut fini, la pièce était toute silencieuse. Il se redressa un peu, s'écartant un peu d'elle. Elle avait de toute évidence sa baguette avec elle, parce qu'il pouvait la sentir toucher légèrement ses jointures, et il l'entendait prononcer l'incantation pour guérir ses blessures. Il la laissa faire, sans rien dire, et quand elle eut fini, elle tira à nouveau sa tête contre son épaule. Il pensa que oui, il pouvait pleurer sur Hermione, de la même manière qu'il avait fait sur Jamie, mais plus aucune larme ne vint maintenant. Il ne pouvait rien sentir d'autre que le vide en lui.
« Est-ce que tu vas aussi me dire de faire plus attention aux sentiments de Ginny ? » dit-il à la longue, se sentant d'humeur contrariante.
« Non. » dit-elle simplement. « Je pense que tes sentiments à toi sont aussi importants en ce moment aussi. »
« Tu veux savoir pourquoi j'ai abandonné ma vue pour Draco Malfoy, n'est-ce pas ? Tu veux savoir comment j'ai pu abandonner… » Il prit une grande goulée d'air « … Le Quidditch, et voler sous ma forme de griffon d'or, et pouvoir pointer ma baguette sur quelque chose et lancer un sort sans me demander s'il n'est pas parti dans la mauvaise direction. Tu veux savoir comment j'ai pu abandonner le simple fait de marcher dans un couloir. Comment j'ai pu abandonner le transplanage. Je veux dire… Comment pourrais-je savoir si j'ai atteint ma destination ? Comment pourrais-je savoir s'il y avait des moldus qui m'ont vu ? Je ne peux même pas utiliser la Cheminette, n'est-ce pas ? Comment saurais-je quand sortir au bon foyer ? »
Il s'arrêta brusquement de parler, attendant qu'elle réponde. « Bien, Harry, à quoi pensais-tu quand tu as pris la décision d'abandonner ta vue ? » dit-elle finalement.
Il avala sa salive avec difficulté, secouant la tête, tenté de rire, sauf qu'il craignait que ce soit un rire hystérique, et qu'il ne puisse pas s'arrêter.
« C'est justement cela, Hermione. Je n'ai pas pensé. »
« Que veux tu dire ? »
« Je n'ai jamais décidé de sacrifier ma vue. J'ai décidé de sacrifier quelque chose d'autre, et quand je suis revenu… J'étais aveugle. »
« Alors… La déesse t'a pris la vue au lieu de ce que tu avais décidé de donner ? »
« Cela y ressemble. »
Elle pondéra cela en silence. Il appréciait sa compagnie silencieuse. Après un moment, elle se remit finalement à parler. « Qu'avais-tu décidé d'abandonner, Harry ? »
Il hésita un moment avant de dire « Ma magie. »
« Oh Harry ! » fut sa réaction immédiate, et elle le serra contre elle. « Alors remercie lé déesse qu'elle ne t'ai pas pris cela ! Elle doit… Elle a du ressentir que ta volonté de sacrifice était suffisante, et elle a décidé d'être gentille avec toi… Comment diable as-tu pu choisir d'abandonner ta magie ? »
Il secoua la tête. « Je n'ai pu penser à rien d'autre d'assez gros, d'assez important. Je veux dire… Tu n'es pas comme Ginny et Ron. Tu n'as pas toujours su que tu étais une sorcière. Tu te souviens du moment où tu as découvert cela la première fois, comme si l'on t'avait fait un cadeau, et que ce cadeau était le meilleur au monde, celui qui allait changer ta vie à jamais, te rendre spécial, faire de toi ce que tu es. »
Il la sentit acquiescer. « C'est vrai. Je n'oublierai jamais cela. » chuchota-t-elle.
« Je veux dire… Quelle sorte de sacrifice… La sorte avec laquelle on doit vivre… Pourrait valoir la vie d'une autre personne ? Et c'était cela, j'ai pensé. » Dans sa tête, il ne vit pas le Draco Malfoy qui avait pris le sortilège mortel pour Ginny, mais le garçon allongé sur le lit dans la tente, le garçon qui avait abandonné sa force vitale pour que Tom Jedusor puisse quitter son journal. « Mais être aveugle… C'est comme pouvoir voler et avoir les ailes arrachées, n'est-ce pas ? Comment suis-je sensé vivre ? Je parie que Owen Aberystwyth ne va pas vouloir d'un attrapeur aveugle pour jouer pour le Pays de Galles. Et Ginny… Comment puis-je lui demander d'être avec moi maintenant ? »
Hermione fit un bruit sceptique. « Ne sois pas idiot, Harry. Et ne fais pas comme Ron. Oh, je suis un loup-garou, alors tu ne devrais pas être avec moi. Des bêtises. »
« Ce n'est pas la même chose, Hermione. Cela ne peut pas être résolu avec Ginny devenant une animagus, ou en prenant de la potion une fois par mois. D'un autre côté… »
« Quoi ? »
« Je pense que ce dont j'ai le plus peur, c'est qu'elle ne me quitte pas, et que je la rende misérable… »
« Encore des bêtises. Tu ne pourrais jamais la rendre misérable, Harry. »
« J'ai réussi avec toi, n'est-ce pas ? Et avec Katie aussi. »
« Parce que tu étais avec nous deux alors que ton cœur battait pour Ginny. Ne sois pas stupide. »
« Arrête de dire cela. C'est redondant, comme la stupidité est mon état d'esprit permanent, maintenant. Désespérément stupide. »
« Ne soit pas… Argh. Arrête, Harry. Tu n'est pas stupide. Tu te comportes simplement stupidement. »
Il renifla. « Comme s'il y avait une différence. En tous cas, je pense que j'ai une bonne raison de rendre Ginny misérable. Quand elle était encore assez large, Sandy a dit quelque chose… »
« Quoi ? »
Quand il lui dit, elle fut silencieuse et pensive pendant un moment. « Tu penses qu'elle faisait ses prévisions à quel terme ? »
« Je ne suis pas sûr, mais quand Sandy était au zoo, elle a dit qu'un python avait prédit ce qui se passerait dans la forêt à la fin de notre sixième année. La prédiction avait été faite environ un an plus tôt. »
« Bien, une année, cela semble cadrer. Et tu devrais alors t'être adapté à tout cela. »
« Mais Hermione. Je ne peux pas travailler. Je ne peux rien faire sinon me reposer sur d'autres. »
« Tu dis des bêtises. Bien sûr que tu peux travailler. Tu pourrais.. Tu pourrais enseigner. Le professeur Figg ne devait enseigner qu'un an. Il y a une opportunité d'emploi qui s'ouvre, et je suis sûr que le professeur Dumbledore sautera sur l'occasion pour te prendre. »
« Heu, je ne pense pas. A part le fait que j'aurais besoin de quelqu'un d'autre pour lire les devoirs des élèves pour moi, et que je ne pourrais pas faire la démonstration des contre-sort et des maléfices sans décapiter quelqu'un, cela me mettrait en position d'enseignant par rapport à Ginny, et je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Peut-être que c'est quelque chose que je considèrerai, à terme… Mais pas tout de suite. »
« Tu gèrerais les sorts avec l'aide de tes élèves. Et tu as tort pour la lecture. Il y a un sort simple à lancer sur un parchemin ou un livre pour qu'il se lise tout seul. Comment penses-tu que j'ai lu l'Histoire de Poudlard tant de fois ? C'est très relaxant à écouter pendant que l'on prend un bain… Mais en tous cas, tu marques un point quant à enseigner Ginny. » concéda-t-elle. « D'accord alors, j'ai une autre idée. Tu connais déjà le patron, c'est un travail que tu as fait les deux étés précédents… »
Il lui fit un petit sourire. « Je me demande pourquoi je n'y ai pas pensé ? »
« Parce que tu es trop occupé à te sentir désolé. » dit-elle brusquement. « Pas que tu ne devrais pas. Je dis juste que cela te préoccupe en ce moment. Tu n'as pas nécessairement besoin de voir pour jardiner, n'est-ce pas ? »
Il réfléchit à cela. « On peut faire beaucoup par le simple toucher. » admit-il. « Si Aberforth est d'accord avec cela… »
« Et voilà ! » dit-elle. « Tu as toujours aimé travailler pour lui, n'est-ce pas ? »
Il acquiesça. « J'aurais dû savoir que tu penserais à quelque chose… »
Il la sentit se mettre debout à côté de lui. « Je retourne au lit. Habille-toi et essaye de dormir un peu Harry. Tout cela va prendre du temps pour que tu t'habitues, mais… »
« Ne le dis pas à Ginny. » dit-il soudain.
« Quoi ? »
« Ce… Ce que j'allais sacrifier. Ne lui dis pas. Ni à Ron. Ou à quiconque, d'ailleurs. S'il-te-plaît. »
Il l'entendit soupirer profondément. « D'accord. Je te promets. »
« Merci. »
Hermione partit, mais il resta assis sur le sol, réfléchissant. Ses mains rejoignirent automatiquement l'amulette qu'il portait encore, et quand sa main l'enveloppa, la serrant étroitement, il vit Ginny allongée dans son lit, éclairée par la lune, la maman chat tigrée en boule à ses pieds, avec sa fille aux poils noirs tout près d'elle. Il haleta, réalisant pour la première fois qu'il n'avait pas touché l'amulette depuis qu'il était revenu du royaume des morts. Je peux encore voir Ginny ! pensa-t-il avec excitation. Il serra l'amulette si étroitement qu'il put sentir l'image du basilik s'imprimer dans sa paume. Ginny, Ginny, Ginny…
D'une manière ou d'une autre, cependant, il était content d'avoir attendu. La voir au repos comme cela, il pouvait. Voir l'angoisse sur son visage quand il était rentré… Il n'était pas sûr d'avoir manqué quoique ce soit en ne voyant pas cela. Ses cheveux n'obscurcissaient pas son front, et il pouvait voir la blessure en forme d'éclair. Il toucha instinctivement la sienne avec sa main gauche, tenant encore l'amulette. Tu ne pourrais jamais la rendre misérable, Harry. Il espérait certainement que Hermione avait raison. C'était la dernière chose au monde qu'il voulait. Il devait apprendre à garder la tête haute et à faire avec, la convaincre qu'il allait bien. Elle ne pourrait jamais savoir ce qu'il avait été prêt à sacrifier. Aussi dure qu'il trouvait sa nouvelle vie, il savait qu'il avait fait la bonne chose. Après avoir appris que Draco Malfoy avait été en enfer, il en était plus convaincu que jamais. Mais cela n'allait pas rendre l'adaptation à la vie de tous les jours plus facile.
Après s'être séché et rhabillé, il revint au dortoir et grimpa dans son lit avec Ginny, qui se retourna dans son sommeil, de telle sorte qu'elle fit passer un bras et une jambe au-dessus de lui. Il la serra étroitement dans ses bras, pensant à ce que Sandy avait dit. Tenant l'amulette avec son autre main, afin de pouvoir se voir tous les deux dans sa tête, il glissa finalement dans un sommeil sans rêve.
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