La femme regarde le directeur droit dans les yeux. Elle murmure alors sa question. Ou plutôt sa remarque en tournant la tête vers le phœnix.

- Fumsek m'a donnée son pouvoir de guérir, monsieur.

Dumbledore sourit devant l'air étonné que prend Jeni en le voyant.

- Non, il ne te l'a pas donné. Il t'a aidé, à l'obtenir. Avec le recours d'une certaine prophétie.

- La confiance ?

- Oui, la confiance.

- Mais, c'est vers Harry qu'il est venu. Pas moi !

- En effet.

- Je ne comprends vraiment rien à ce monde décidément !

- Je peux que le constater.

- Oh, ça va, pas la peine de me prendre au mot …Albus.

Elle sourit de malice et de défis. Un visage que Dumbledore apprécie énormément. Alors il prend place en face de la femme, les coudes sur ces vieux genoux. Le phoenix en fait autant et se met sur l'épaule de Jeni. Lui arrachant un soupir d'exaspération

- Fumsek, je croyais t'avoir dit que je ne suis pas un portoir !

- Laissez-le Miss, c'est sa façon de dire qu'il vous apprécie.

- Oh que c'est aimable de sa part, vraiment. Sauf que ces griffes me transpercent gentiment le bras.

- Humour noir.

- Un peu.

- Vous avez toujours le dernier mot. Mais pas cette fois, je le regrette. Je vais vous expliquer. La confiance qui vous a permis d'avoir accès au don de guérir provient du fait d'avoir laissé Harry et Ronald seuls. D'une certaine manière, ceci traduit que vous avez eu suffisamment confiance en eux pour les laisser agir. Mais votre confiance en vous, je ne sais pas d'où elle vient.

- La résonance.

- Oh, alors ainsi Severus et vous avez libéré vos cœurs.

- Pas vraiment. Je dirais plutôt que ma rancœur envers lui m'a aidée.

- Votre rancœur ?

- C'est moi qui veux une explication la première.

- Soit. Et bien grâce à la naissance de la confiance mutuelle, Fumsek a du plonger dans votre inconscient. Les phoenix sont vraiment fascinants pour cette faculté. En ressentant la confiance et la loyauté, ils peuvent libérer des dons enfouis le plus loin possible de l'inconscience des hommes. Ou du moins un seul.

- La guérison.

- Oui. Donc, je peux vous assurer que vous aviez bel et bien ce don depuis le début. Mais il était si profondément enfoui en vous que seul un phoenix pouvait le libérer. Avec ses larmes. Essayez à présent de soigner cette cicatrice à votre bras.

Jenifael passe sa main le long de son bras blessé. Elle se concentre et arrive à ressentir très facilement l'énergie magique de la guérison. Un mélange à la fois d'excitation, de force, mais aussi de peur jaillit en elle. Sa main prend la magnifique couleur ambre et la cicatrice disparaît. Puis elle rompt l'enchantement. Une grande fatigue l'assaille alors qu'elle a juste enlevé une cicatrice. Le directeur s'explique.

- Voilà le danger de ce don. Même s'il est bénéfique pour les autres, il est aussi une malédiction pour celui ou celle qui le possède. Seules les personnes ayant une grande force physique et mentale peuvent faire de plus grande chose.

- Mais, le poison de Harry, je l'ai bien annihilé ?

- Non, c'est l'union de fumsek et de vous-même.

- Je vois. Donc ce n'est pas encore le moment d'arrêter mes études.

- Pourquoi les arrêterez-vous ?

Cette fois, le directeur a le dernier mot. Mais pas longtemps car Jenifael répond à la question de Dumbledore. Ses yeux redeviennent normaux mais lancent des éclairs de rage.

- Ma rancœur envers Monsieur-pas-drôle vient du fait qu'il ne me prend pas au sérieux.

- Au sérieux ?

- Ne riez pas, c'est assez compliqué comme situation ! Il me prend pour quelqu'un d'autre ! Et cette personne le rend dingue !

- Dingue ?

- Transi d'amour, voilà ce que je veux dire.

Cette fois, c'est le directeur qui lance des éclairs. Il demande, avec calme mais Jeni sent bien qu'il est contrarié, depuis combien de temps.

- Je ne sais pas. Longtemps. Peut-être même depuis notre première rencontre. Il y a un problème ?

- Vous savez que vous ne devez, en aucun cas, aimer un sorcier n'est-ce pas ?

- Oui. Mais j'ignore encore la raison.

- Merlin vous le dira…

- Non ! Je veux le savoir de votre bouche !

- Très bien. Vous connaissez l'ancêtre entre sorcier et magicien ?

- Oui, les inquisitrices, femmes pures, et les inquisiteurs, hommes maléfiques.

- Et bien, quand un sorcier et un magicien s'uniront alors un inquisiteur naîtra. Un garçon. C'est dicté depuis une ancienne prophétie.

- Alors c'est ça le problème ! Juste ça ! Il y a d'autres moyens pour ne pas concevoir je vous signale !

- Je veux bien vous croire.

La jene femme prend une teinte rouge. Elle essaie de parler.

- Je…je veux…je ne suis pas une pute ! Je ne l'ai jamais fait !

- Enfin, presque non ?

- Quoi ! C'était un viol ! Je n'ai jamais été consentante !

- Du calme, je le sais bien.

- Du calme, du calme, vous en avez de bien bonne !

Jeni est rouge de colère. Mais Dumbledore lui dit avec respect.

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- Très bien, je vous prie de m'excuser. Mais, malgré toutes les découvertes, les magiciennes ne peuvent que concevoir lorsque l'amour des deux personnes sont en parfaite symbiose.

- Bon, alors pas de quoi s'inquiéter, je hais Rogue !

- Je le vois très bien. Cependant, il a un secret qu'il fait que vous êtes un peu sa bien-aimé. Je lui ai dit que votre magie provenait de celle de Lily Potter en partie.

- Alors, c'est Lily qu'il aime.

- Oui. Mais c'est plus grave que cela.

- Dites-moi qu'elle est son secret !

- Il m'a fait promettre de garder sous silence cette partie de sa vie. Surtout avec le fils de Lily.

- En quoi est-ce un problème ? Je vous promets de ne rien dire à qui que ce soit.

- Promettre est inutile. J'ai gardé parole à Severus Rogue.

Jenifael commence à s'agiter. Ses canines redeviennent pointues. Elle veut savoir. Elle se promet même d'en venir à la violence si le directeur ne lui révèle rien. Elle dit alors son dernier argument avant de mordre Dumbledore.

- Je suis sa liée ! Même si, sincèrement cela m'écœure. Il a la résonance avec moi. Et j'ai sa résonance avec lui. Nous ne sommes sans doute pas obligés d'unir nos âmes, mais au moins, dites moi son secret !

- Vos dents ne m'impressionnent guère. Vous agissez comme une enfant désirant un bonbon. Mais, vous avez raison. Vous êtes lié l'un à l'autre par une magie très ancienne qui pourrait vous faire souffrir. Donc je n'ai pas trop le choix. Soit vous souffrez dans l'ignorance, soit je soulage ce point. Cependant, vous ne le verrez sans doute plus de la même façon.

- Pour moi il restera le type méprisant qu'il est.

- Ce n'est qu'une façade. Mais vous le comprendrez.

- Vous me le dites ! Ce secret !

- Très bien. Tout d'abord, vous devez savoir un autre secret pour comprendre le pourquoi du professeur Rogue. C'est un mangemort.

- Je ne sais pas….

- Un partisan du seigneur des ténèbres.

- QUOI !

Jenifael se lève d'un coup, ses yeux sont remplis de stupeur mais elle sourit. Elle savait qu'il y avait quelque chose de bizarre chez lui. La même chose bizarre qu'elle a vu plus distinctement chez le père de Draco.

- Je m'en doutais. Je savais que c'était un type noir comme sa façon de s'habiller. Faut pas chercher loin dans sa tête pour savoir qui s'est.

- Au contraire. Severus est la personne la plus compliquée qui soit après Voldemord.

- Je ne vous crois pas.

- Alors assieds-toi. Après tu me diras s'il est si simpliste comme homme.

Devant le tutoiement d'Albus, Jeni obtempère en lâchant un soupir dédaigneux. Parler de Rogue la met toujours hors d'elle. Surtout depuis qu'il ne veut pas résonner avec elle. Le directeur commence son monologue mais le fait de façon très synthétique.

- Severus Rogue est un sorcier communément appelé « sang-mêlé ». Il est le fils d'un moldu qui portait le nom de Tobias Rogue et d'une sorcière de sang pur appelé Eileen Prince. Il vit encore dans sa demeure familiale malgré la mort de ses parents. Elle se trouve dans l'impasse du Tisseur à Londres. Près de chez lui, il y a un parc avec des maisons avoisinantes. Dans l'une d'entre elles se trouvait une fillette qui est devenue son ami d'enfance.

- Lily Potter.

- Lily Evans, son nom de jeune fille. À partir de l'adolescence, les deux amis ont commencé par se diviser à cause de Voldemord et des principes de la rivalité entre Serpentard et Griffondor. A force, Lily a fini par préférer James Potter malgré son arrogance, sa mesquinerie à Severus.

- Normal, il est bien plus mignon que Rogue.

- Je sais où vous l'avez vu, mais laissez vos commentaires comme celui-ci de côté voulez-vous. En effet, Severus Rogue devenait de plus en plus attiré par les forces du mal, esseulé qu'il était, ce qui inquiétait fortement Lily. Mais, j'ignore ce qui s'est passé à ce moment là, la femme n'a plus ouvert la parole à Rogue. Mais il en était quand même amoureux et la considérait comme sa plus chère amie. C'est de là que lui est venue sa haine maladive envers James Potter, et donc envers Harry lui-même qui lui ressemble beaucoup physiquement. Harry n'héritera que des yeux verts de Lily.

- Encore un pauvre gamin sous la haine d'un type qui n'arrive pas à faire la distinction entre le physique et le cœur.

- Bref, une nuit, je suis allée voir une professeur portant le nom de Sybille Trelawney. Elle est ici en tant que professeur de Divination. Mais passons, ce n'est la sujet. Je suis allée la voir car elle allait me révéler une prophétie concernant Harry et Voldemord. Mais là encore, je ne dirai rien. Cependant, Severus a écouté la prédiction à travers la porte.

- Non mais quel toupet !

- Cessez de m'interrompre ! Il a donc révélé à son maître le contenu. Quelques mois passent, et Severus a compris que l'enfant en question était Harry. Par amour pour Lily, il a trahi Voldemord et m'a demandé mon aide. Malgré toutes mes précautions, la nuit du meurtre, le professeur Rogue est devenu fou de douleur. Il a donc décidé de se racheter et de protéger Harry de Voldemord quand il reviendrait à la vie. Lors du match de Quittich en première année, c'est lui qui a protégé Harry de l'attaque de Quirell. Mais en échange de son aide, Severus Rogue m'a fait promettre de taire cet épisode au garçon.

Jenifael ne parle plus. Elle n'arrive pas à croire que Severus ait pu souffrir au point de protéger le fils de l'homme qu'il a haït. Des larmes coulent même sur son visage. Elle pose sa main sur sa bouche. Et dit, exaspérant Dumbledore un peu plus.

- Alors c'est pour ça qu'il ne veut pas résonner avec moi. Il aime encore Lily, au point d'en devenir fou. Et Harry la lui rappelle. Avec ces yeux.

- Vous êtes encore en train de ramener tous à vous ! Severus Rogue mérite plus que quiconque qu'on pense à lui.

- Merci bien, mais lui n'est rien pour moi.

- Et ces larmes alors ?

- De la pitié, rien d'autre. Puis-je vous quitter monsieur ?

- Je crois. Mais ne dites rien à Severus, ni à personne.

- Très bien.

- Quand à moi, je vais avoir une discussion sérieuse avec lui. Il n'a pas à vous prendre pour Lily Potter.

- En effet, elle et moi sommes différentes.

La magicienne quitte le bureau de Dumbledore, le cœur remplit de tristesse.


Bon, j'espère que vous avez aimé ce chapitre. Sinon, informations importantes : je dois partir pour clermont jeudi et je ne pourrais pas mettre la suite avant samedi matin. A partir de ce jour, il y aura un chapitre par semaine car c'est la rentrée. voilà.