Chapitre 55 : La chute
J'avais bien entendu réussi à faire perdre mon équipe durant le match de quidditch, mais nous nous étions arrêtés avant que l'écart des points ne se creuse trop entre les deux équipes. Mme Weasley avait annoncé le diner. Nous nous étions installés à table avec bonne humeur, mais je continuai d'observer discrètement Tom. J'avais toujours du mal à croire ce qu'il état en train de se passer. Comment avait-il fait pour passer un mois entier avec eux, sans que rien ne dérape ? Comment le Tom que j'avais connu avait-il fait ? Tom n'avait jamais aimé avoir des amis alors faisait-il semblant depuis un moi ? Etait-il juste un très bon comédien dont le masque allait tomber d'un moment à l'autre ?
- Et avec Voldemort ? Demanda soudain Ginny me faisant avaler de travers. C'est...réglé ?
- Oui, répondit Tom à ma place.
Je lui lançai un regard irrité. Je détestais quand il répondait à ma place.
- Louis nous a dit que ton absence d'un mois était du à lui. Que tu avais mis du temps pour tout régler, poursuivit Harry.
- En effet, répondis-je.
- Tu ne veux pas nous raconter ? Insista Ginny.
- Hermione vous en parlera lorsqu'elle le voudra, intervint Molly d'un ton sec.
Je lui adressai un sourire reconnaissant, avant de me tourner vers Blaise.
- Et toi toujours là ?
- Tu devrais savoir qu'il est très difficile de quitter ma famille lorsqu'on s'y est habitué, répondit Ginny à sa place. N'est-ce pas Louis ?
- Oh pas toute ta famille, répliqua ce dernier. Je me passerais de toi sans problème.
Tout le monde rit, sauf moi, et Ginny se contenta de lui tirer la langue. Ce n'est pas que je ne trouvais pas sa réponse drôle, c'est juste que je n'arrivais pas à reconnaître Tom. Cela me déstabilisait complètement.
- Hermione, je voulais te poser une question...
Je me tournais vers Blaise qui marqua un temps d'arrêt.
- Comment vont les parents de... Comment vont Narcissa et Lucius ?
- Je crois qu'ils vont bien, répondis-je mal à l'aise. Enfin quels parents pourraient aller bien avec la mort de leurs fils... Ils survivent plutôt.
- Drago était quelqu'un de bon dans le fond, fit remarquer Ginny.
- Bah voyons ! S'exclama Ron en levant les yeux au ciel.
- Drago était quelqu'un de bien, expliqua Blaise. C'était mon meilleur ami et malgré ses airs supérieurs et mesquins, il était très drôle. Il prenait soin des personnes qu'il aimait.
- Il a été très courageux de se mettre devant toi durant la bataille de Poudlard, m'adressa Tom.
Je le fixai sans savoir comment réagir. Comment pouvait-il réellement penser ça, alors qu'il m'avait fait une scène incroyable au sujet de Drago ? Je ne comprenais pas... Je ne le reconnaissais pas.
- Au fait maman, Blaise veut s'acheter un nouveau ballais demain. On pensait emmener Louis, tu penses que c'est possible ? Enfin tu sais, comme c'est un moldu et tout... Enfin si tu as envie de venir bien sûr, ajouta Ginny en se tournant vers le concerné.
- Bien sûr que j'ai envie de venir ! S'exclama-t-il.
Il y un échange de regard étrange et très bref, mais il ne m'échappa pas. Cet échange avait eu lieu entre Harry et Tom. C'était comme s'ils avaient essayé de réprimer un rire.
- Oui, il n'y a pas de problème, finit par dire Molly. Après tout, les moldus ont tout à fait le droit de venir, les parents adoptifs d'Hermione l'ont bien fait.
Le resta du repas se déroula dans la même bonne humeur et Tom ne fit aucun pas de travers. Après tout il avait eu un mois entier pour s'entraîner. Cependant, il semblait trop bien s'entendre avec eux et l'étrange regard qui avait glissé de Tom à Harry me perturbait toujours. Lorsque nous fûmes dehors, dans le jardin des Wesley, je posai finalement la question à Harry.
- C'était quoi ce regard entre Louis et toi ? Tu sais quand Ginny a parlé de l'emmener sur le chemin de traverse.
Tout le monde se mit à rire.
- Quoi ? Insistai-je étonnée.
- Il est déjà venu plein de fois avec nous, me répondit Harry.
- On le cachait sous la cape d'invisibilité de Harry pour que Mme Weasley ne le voit pas, ajouta Blaise.
- Un jour on a quand même faillit se faire choper, intervint Fred. La cape s'est envolée durant un transplanage. Louis l'avait mal tenue.
- Pas du tout ! Répliqua Tom vexé. C'est Harry qui a tiré dessus !
- Comme tu es mauvais ! S'exclama Ginny amusé.
- Ca ne va pas Hermione ? Me demanda soudain Harry en fronçant les sourcils. Ton regard s'est complètement décomposé.
Tom jouait son rôle à la perfection, il n'était donc pas question que ce soit moi qui foute tout en l'air !
- C'est juste que je suis agréablement surprise de voir que vous vous entendiez si bien avec Louis.
- Oh bah je te remercie Hermione ! S'exclama Tom. On dirait que je suis un cauchemar à vivre.
- Ce n'est pas du tout ce que j'ai voulu dire, me défendis-je. C'est juste que vous n'aviez pas pris un très bon départ.
- Il lui fallait juste un peu de temps pour apprendre à nous connaître, fit remarquer Harry en me fixant avec insistance. Louis est quelqu'un de très agréable et drôle.
J'acquiesçai d'un signe de tête, tout en me forçant à sourire. A présent, je me sentais honteuse, terriblement honteuse de mentir à Harry. Je n'osais imagine sa réaction s'il venait à apprendre que je lui avais mentis sur l'identité de son pire ennemie, sur l'identité de celui qui avait tué ses parents... Par Merlin ! S'il savait le mauvais coup que j'étais en train de lui faire... Je détournai les yeux de son regard pénétrant pour fixer l'herbe sur laquelle nous nous étions tous assis.
Petit à petit, le groupe d'amis que nous formions se sépara. Blaise et Ginny rentrèrent à l'intérieur pour discuter, Harry et Ron se lancèrent dans une partie d'échec dans la cuisine et les jumeaux montèrent dans leur chambre pour avancer dans la fabrication de leurs produits de farces et attrapes. Je me retrouvai ainsi seule avec Tom.
- J'aimerais comprendre Tom. J'aimerais vraiment comprendre ce que tu as en tête.
- De quoi tu parles ? Demanda-t-il en fronçant les sourcils.
Il se rapprocha cependant de moi et m'entoura les épaules de son bras.
- Tu t'entends vraiment bien avec eux ? Enfin je veux dire... Tu n'es pas obligé de jouer la comédie lorsque nous sommes seuls. Tu peux me dire la vérité.
- Tu crois que je joue la comédie ? Répéta-t-il visiblement vexé. Est-ce si dur pour toi d'accepter que je change ? Que je devienne la personne bien que tu espérais ? A croire que ce n'est finalement pas ce que tu voulais !
- Arrête Tom ! Tu sais bien que tu ne pouvais pas me rendre plus heureuse mais tu as tellement changé en un mois. Tu renonces à ton identité, tu renonces à ton statut de sorcier alors que tu détestes les moldus.
- Je ferais n'importe quoi pour toi Hermione. Tout ce qui m'importe réellement c'est ta présence. La seule chose dont j'ai vraiment besoin c'est toi, mais si je peux avoir plus, je le prends. Tes amis sont ce plus.
- Tu n'as jamais eu d'amis Tom.
- Il y a un début à tout. Je t'avoue qu'au début c'était loin d'être facile, mais j'ai finis par y arriver. Certes je n'aurais jamais la même conception que toi de l'amitié, je ne m'attacherais jamais autant que toi à des amis, mais la relation que j'ai avec eux me convient.
- Mais ton apparence... Tu la détestes ! Tu te refusais même à ce que je te prenne la main lorsque tu n'étais pas totalement toi-même.
- Arrête de te prendre la tête Hermione. Je veux juste ton bonheur et puis lorsque nous serons seuls chez nous, je redeviendrais le vrai Tom. Tout ira bien, je te le promets.
- Tu me forces à leur mentir à tous !
Tom me lâcha brusquement et se leva agacé.
- Mais qu'est-ce que tu veux à la fin ? S'exclama-t-il. Tu as tout ce que tu veux et tout ce que tu n'aurais jamais imaginé avoir ! Jamais tes amis ne s'entendront bien avec Tom Jedusor, jamais le monde des sorciers ne m'acceptera, c'est la seule solution ! La seule solution pour que tu puisses garder tes amis près de toi.
Je baissais honteusement les yeux eu ciel. Il avait raison. Je n'aurais jamais pu rêver mieux, et la situation actuelle relevait presque du miracle.
- D'accord, répondis-je alors finalement. Nous avons le droit d'être heureux. Merci Tom. Je n'oublierais jamais tout ce que tu fais pour moi.
Tom m'adressa un sourire et vint me serrer contre lui, avec amour.
- Excusez-moi les amoureux... Mais nous avons un match de quidditch à faire, déclara Ginny à la tête du reste de notre groupe d'amis.
Je vis qu'ils tenaient déjà tous fermement leur ballais dans leurs mains.
- Oh non... soupirai-je. Pas encore !
- Si, affirma Ginny. Et tu joues également.
Harry lança un ballais à Tom et Ginny m'en donna un autre.
- J'ai déjà joué avec vous avant le repas, c'est bon maintenant.
- Et tu as prouvé à tout le monde que tu ne risquais rien, termina Fred. Donc tu remontes sur ton ballais.
Je m'exécutai avec peu d'entrain et m'élevai dans les airs pour rejoindre cette fois-ci l'équipe d'Harry. Ce dernier voulait prouver que son équipe gagnerait encore, même si j'étais avec eux. Super ! Ils me trouvaient donc plus nul que Tom qui avait pourtant toujours détesté le quidditch. Harry décida de se mettre au poste de gardien pour le début du jeu et étant moi-même en défense, je pus discuter avec lui pendant que l'action se déroulait de l'autre côté du terrain.
- Louis est vraiment quelqu'un de bien, me lança-t-il sans perdre sa concentration et le souaffle des yeux. Je suis sûr que tout le monde à un bond fond même si on n'y croit pas au départ.
Je fronçai légèrement les sourcils. Harry m'avait déjà dit plusieurs qu'il aimait bien lui et c'était super, mais qu'avait-il à insister à ce point ?
- Tu ne l'aimes pas en fait c'est ça ? Et tu essayes de te persuader du contraire ?
- Mais bien sûr que si je l'apprécie ! Je ne pensais pas qu'il serait près à tant de sacrifices pour toi.
- Oui c'est vrai, répliquai-je d'une voix rêveuse.
Harry sourit et je fronçai de nouveau les sourcils.
- Mais de quels sacrifices parles-tu au juste ? Demandai-je en me souvenant qu'Harry parlait de Louis et non de Tom.
- Eh bien tu sais, accepter d'être parmi nous, parmi des sorciers... Tom doit vraiment t'aimer pour avoir changer à ce point. C'est une belle preuve d'amour.
- Oui, dis-je dans un souffle. J'ai moi-même dû mal à...
Je stoppai nette la fin de ma phrase et fixai Harry avec gravité. Il l'avait appelé « Tom ». Et pire encore, j'avais répondu sans broncher ! Etait-ce un piège de sa part ?
- Tu pensais vraiment que je n'avais pas compris ? Fit Harry en levant les yeux au ciel. Que je ne l'avais pas reconnu ? J'ai tout de suite qui il était le premier jour où tu nous l'as amené, ajouta-t-il avec douceur.
Je n'en revenais pas, Harry avait su depuis le début !
- Hermione ! ATTENTION ! Hurla soudain Ginny de l'autre bout du terrain.
Je n'eus pas le temps de me retourner que je reçus le souaffle en pleine figure. La vitesse du ballon et sa force, me firent tanguer et je me sentis glisser de mon ballais. J'émis un cri effrayée alors que je chutai en direction du sol, mais bien vite des bras me rattrapèrent pour me déposer délicatement sur l'herbe fraiche.
- Ca va Hermione ? S'enquit Tom inquiet. Plus de peur que de mal, n'est-ce pas ?
- Mais comment il a fait ? S'exclama Ron hystérique en arrivant au sol en même temps que les autres.
- J'ai vu aussi, lâcha Fred d'une voix grave, n'osant pas s'approcher de Tom et moi.
Ils semblaient tous effrayés. Effrayés par quelque chose que j'avais visiblement loupé.
- Les moldus ne savent pas voler sans ballais, au même titre que les sorciers, fit remarquer Ron.
- Quoi ? Articulai-je difficilement.
- Ton cousin sait voler sans ballais ! Insista-t-il.
- Hermione, intervint Ginny. Nous avons vu Louis lâcher son ballais et voler jusqu'à toi pour te rattraper. Il volait sans rien !
- Mais qu'est-ce que vous racontez ?! M'exclamai-je sans comprendre.
- On connait tous l'unique personne capable de faire ça, lança Blaise apeuré.
- Voldemort, finit par dire Harry sans la moindre crainte dans la voix.
Tom me relâcha aussitôt et me cacha derrière lui, comme pour me protéger, tandis qu'il faisait face à mes amis.
- Tout le monde se calme, ordonna Harry.
- Mais ce n'est pas Louis ! S'exclama Ron en pointant une main tremblante en direction de Tom. C'est-tu-sais-qui !
- On va tous s'asseoir et vous allez m'écouter, continua Harry d'une voix qui se voulait autoritaire.
Personne n'ajouta quoi que ce soit, mais personne ne bougea pour autant. Mes amis nous fixait, Tom et moi, avec une peur sans nom.
