Chapitre 25 :

Une routine s'installa chez les préfets-en-chef les derniers jours de vacances qui suivirent. Ils décidèrent de rester dans leur appartement et ainsi pouvoir profiter l'un de l'autre sans devoir subir les regards et commentaires en tout genre. Etant l'un comme l'autre indépendant, ils n'avaient pas à souffrir de la présence envahissante ou collante de l'autre, pouvant parfaitement rester en sa présence et se contenter de lire, travailler ou se reposer. Ils avaient même mis en place un jeu de séduction : une véritable compétition pour savoir lequel craquerait et se jetterait sur l'autre. L'avantage avec ce jeu, c'est qu'il n'y avait pas vraiment de perdant…

Le matin du dernier samedi des vacances, Hermione fraîchement lavée chercha ses vêtements qu'elle avait choisis au préalable, sans succès. Ils s'étaient volatilisés de la salle de bain, ne restait qu'un simple boxer. Elle n'eut pas à réfléchir bien longtemps avant de comprendre que cette subite disparition était l'œuvre de son colocataire et petit ami. Mi ennuyée mi amusée, elle soupira et se rendit dans la chambre du Serpentard. Il était à moitié nu, allongé sur son lit et arborait un air innocent qui n'avait rien de naturel.

– Malefoy, où as-tu mis mes vêtements ?

– Quels vêtements ? feignait-il l'innocence avec un sourire en coin qui contredisait ses paroles. Je ne vois absolument pas de quoi tu parles ! Et puis, tu es très bien dans cette tenue…

– Tu veux vraiment que j'aille voir le professeur Booth dans cette tenue ?

Ils en avaient longuement discuté ensemble et étaient tombés d'accord sur le fait que pour que la couverture d'Hermione soit plus crédible, elle devait prendre les devants et aller voir son professeur pour parler de la relation qui la liait à Drago. Si elle venait à lui spontanément et de son propre chef, il serait plus à même de la croire. Même si l'idée qu'elle se retrouve seule avec Booth l'espace de quelques minutes ne plaisait pas au blond, il était bien obligé de reconnaître que c'était ce qu'il y avait de mieux à faire. Drago se leva de son lit et lentement, avec un air de prédateur en pleine chasse, s'avança vers Hermione toujours immobile au milieu de sa chambre.

– Qu'y puis-je si ton corps me fait un tel effet ?

– Quel effet ? l'interrogea-t-elle à son tour avec un sourire amusé.

– Il me rend complètement fou, confessa-t-il. Tu ne l'as peut-être pas remarqué mais les filles de sang-pur sont toutes minces et grandes pour la plupart. C'est une sorte de tradition, de marque de fabrique pour la noblesse sorcière. Et comme avant toi je ne fréquentais que ce genre de fille, j'ai fini par m'y habituer. Mais toi…

Il était désormais tout prêt d'elle et frôla son corps de ses doigts fins. Il promena ses mains sur chaque partie du corps de la jeune femme qu'il énuméra.

– Tu as des formes à damner un saint, lui murmura-t-il à l'oreille sur le ton de la confidence. Tes épaules, ta poitrine ferme et délicieuse, ton ventre finement musclé, ta taille fine que je saisis fermement lorsque je te prends brutalement par derrière, tes hanches qui se meuvent de façon ensorcelante, tes fesses rebondies qui sont un appel à la luxure, tes jambes divinement bien proportionnées et douces…

Il était désormais agenouillé devant une Hermione à la respiration heurtée avec les joues rougies et plus excitée que jamais, lui caressant l'un de ses mollets, son regard fixé au sien.

– Tout ça me rend dingue et me donne envie de te prendre, là maintenant tout de suite, et de te faire crier de plaisir comme jamais.

Ces derniers mots arrachèrent un frisson à Hermione qui retint avec difficulté un gémissement. Son regard toujours ancré au sien, Drago embrassa son mollet tandis que ses mains remontaient lentement le long de ses jambes dans une caresse légère et sensuelle. En arrivant à la limite de son sous-vêtement, il eut le plaisir de la sentir irradier de chaleur et déjà très humide. Il la caressa doucement mais avec force à travers le tissu et ne tarda pas à récolter des jérémiades de plaisir. Il se redressa et il fit glisser sa langue sur son corps, partant de son nombril jusqu'à ses seins. Il en mordilla un tandis qu'il massait l'autre de sa main libre. Hermione avait désormais les yeux fermés et tremblait de plaisir et de désir. Il vint l'embrasser dans le cou au niveau de sa clavicule et remonta juste sous son oreille.

– Je croyais que tu devais aller voir Booth, s'amusa Drago en accentuant ses caresses.

– Il… il attendra.

Et sans qu'il ne l'ai vu venir, elle le fit basculer au sol sur le dos. Elle s'assit à califourchon sur lui et l'embrassa avec ferveur tout en jouant de son bassin contre l'érection naissante de son amant qui grogna. Tous deux trop excités pour attendre davantage, ils ôtèrent leur sous-vêtement et Drago fit coulisser Hermione sur son pénis fièrement tendu. Hermione se cambra pour bien le sentir en elle et se massa les seins pour augmenter son plaisir et rendre son amant un peu plus fou. Ce qui ne manqua pas de faire effet : il posa ses mains sur les hanches de son amante et accéléra le rythme de son balancement les faisant tous deux gémir. Devant son rythme effréné, Hermione dut poser ses mains sur le torse du blond pour rester en équilibre et mieux accompagner ses mouvements. Les coups de reins du Serpentard eurent raison de la jeune fille qui laissa le plaisir prendre possession de son corps et étouffa son plaisir dans le cou de Drago. Les spasmes de sa belle et les vibrations de son orgasme le gagnèrent à son tour et il se permit à son tour de se laisser aller dans ce corps accueillant dans un grognement digne d'un troll.

Ils ne bougèrent pas, profitant de cette douce léthargie post orgasmique. Hermione posa sa tête sur la poitrine de Drago et écouta les battements encore irréguliers de son cœur pendant qu'il lui effleurait les cheveux. Avec ses doigts, elle traça des arabesques invisibles sur les bras de son petit-ami.

– Tu l'as fait exprès, n'est-ce pas ? l'accusa-t-elle doucement. Tu as fait exprès de me distraire pour ne pas que j'aille voir Booth…

– Disons plutôt que je voulais tester ton sens des priorités, corrigea-t-il.

Elle lui donna une petite tape sur le bras mais ne put s'empêcher de rire devant sa mauvaise foi. L'ennui, c'est que maintenant, elle ne voulait plus y aller…

Il avait fallu presque une heure à Hermione pour trouver le courage de se préparer et la motivation pour aller voir son professeur. Ce dernier avait été surpris par les propos de la jeune fille mais appréciait sa franchise et le fait qu'elle soit venue lui en parler de sa propre initiative, lui accordant par ce geste sa confiance et donc une certaine importance à ses yeux. Une fois de plus, il tenta de la dissuader de son projet et lui proposa sa protection mais la jeune fille refusa. Elle lui expliqua qu'elle partageait l'avis du professeur Dumbledore sur la question : avec de l'amour ou du moins de l'amitié et de l'attention elle pourrait changer les Serpentard, leur montrer qu'elle était là pour eux et qu'ils n'étaient pas obligé de faire ce qu'on attendait d'eux. John Booth fut une fois de plus surpris par la maturité et le sens du devoir de la préfète-en-chef.

Ils venaient de sortir des appartements du professeur où elle l'avait rejoint lorsqu'ils entendirent des pas approcher et une voix appeler Hermione. Cette dernière reconnut immédiatement son colocataire et petit ami et demanda au professeur de se cacher afin de leur éviter des ennuis à tous deux avant d'aller à la rencontre du préfet-en-chef.

– Ah, ce n'est pas trop tôt, râla le blond. Je te cherchais. Je peux savoir où tu étais ?

– Euh, j'ai eu envie de faire un tour.

Les sourcils froncés, Drago s'avança d'elle et la plaqua sans douceur contre le mur. De sa main droite il se saisit de son menton et l'embrassa sans douceur. Après quelques instants, il s'éloigna d'elle et approcha discrètement sa bouche de son oreille.

– Etais-je assez convainquant ?

Pour toute réponse, Hermione se contenta de gémir et il eut du mal à se retenir de sourire. Il se força à retrouver son calme et se recula, la toisant froidement.

– Dépêche-toi, on nous attend à la Grande Salle.

Sans lui laisser la possibilité de répondre, il lui attrapa d'office la main et la tira à sa suite dans la direction de ladite salle sous le regard attentif de leur enseignant. Contrairement à la dernière fois où ils étaient entrés main dans la main dans cette salle, tous les élèves étaient présents ainsi que les professeurs. Bien qu'ils aient eu vent de la rumeur selon laquelle les deux préfets-en-chef et ex-ennemis jurés sortaient ensemble, le voir de leurs propres yeux semblaient en choquer plus d'un. Tout comme la fois précédente, Drago ne se laissa pas démonter et prit la direction de sa table, suivi par Hermione. Ils s'installèrent comme si de rien n'était, sans prêter aucune attention aux multiples regards fixés sur eux. Cependant, en plus du regard perçant du directeur, Hermione sentit peser sur elle un regard brûlant. Elle chercha la source d'une telle haine et ce fut sans surprise qu'elle découvrit Astoria Grengrass. Avec tout ce qui s'était passé, elle l'avait presque oubliée, cette pimbêche ! Se souvenant avec vivacité des dernières paroles que la Serpentard avait eu à son encontre, Hermione décida de s'amuser un peu.

– As-tu un problème, ma chère Astoria ? demanda-t-elle d'une voix doucereuse. Tu sembles contrariée…

La concernée ne dit rien, sachant très bien que cela ne mènerait à rien mais ne se priva pas de foudroyer des yeux la Gryffondor qui faisait semblant de chercher la raison de ce mécontentement ostensible. Toute la table des verts et argents écoutait avec attention l'échange, enfin plutôt le monologue, puisque seule Hermione parlait.

– Oh ! s'exclama la préfète-en-chef comme si elle venait d'être frappée par l'évidence. C'est parce que Malefoy est avec moi, n'est-ce pas ? J'avais presque oubliée que tu étais sortie avec lui et qu'il était, comment l'avais-tu qualifiée déjà devant tes amies… Ah oui ! « Complètement dépendant et aux petits soins pour toi. Et tellement amoureux de toi qu'il ne tarderait pas à te demander ta main »…

Plus elle parlait, et plus Astoria pâlissait sous le regard meurtrier de Drago. Pas le moindre doute qu'à la moindre occasion, il ne la raterait pas. Hermione semblait plutôt satisfaite de sa vengeance et adressa à la brune un regard qui signifiait « la prochaine fois tu réfléchiras avant de parler » tandis que Blaise et Pansy s'amusaient grandement de la situation. Elle remarqua même que quelques Serpentard, notamment des filles, souriaient discrètement. Visiblement, l'aînée des Grengrass n'était pas des plus appréciée, même au sein de sa propre maison. Cette constatation soulagea Hermione : peut-être pourra-t-elle se faire une place parmi eux. Le seul qui paraissait vraiment hostile, malgré les avertissements visuels de Drago, était Crabbe. La préfète-en-chef se doutait qu'il ne devait pas comprendre grand-chose à la situation : il avait toujours eu l'habitude de les malmener, elle et ses amis, et voilà que maintenant elle était avec eux et n'étant pas réputé pour son esprit d'analyse, il était perdu. Hermione cherchait désespérément un moyen de l'amadouer quand une idée brillante lui vint à l'esprit.

– Crabbe ? l'interpella-t-elle.

Avec mauvaise grâce et de façon la plus bourrue qu'il pouvait, il consentit à se tourner vers elle.

– Est-ce que tu veux mon dessert ?

Un grand sourire fendit son large visage, ce qui fit rire Drago, habitué à ce genre de réaction. Hermione fut surprise aussi bien de la réaction positive de Crabbe que du rire sincère de Drago, qu'elle entendait pour la première fois.

– Tu viens de te faire un ami pour la vie, plaisanta Drago à son oreille avant de rire de plus belle.

Hermione se dit alors que son rire était l'un des plus beaux sons qu'elle ait entendu.

Allongée dans son lit en ce dimanche matin, dernier jour des vacances, la préfète-en-chef soupira de dépit. Drago venait tout juste de partir pour rejoindre son manoir où il était attendu pour une réunion. Par précaution avec le retour de Potter, elle lui avait lancé le sort qu'elle avait créé pour détecter toute présence, même invisible. La seule chose qui changeait dans son apparence était la forme de ses pupilles qui passaient de rondes à de simples fentes. Il avait semblé légèrement surpris et avait mis un peu de temps à s'habituer à sa nouvelle vision mais n'avait pas tardé à filer, lui expliquant qu'il serait de retour en fin de matinée avec Blaise, qui était lui aussi demandé. Elle avait donc toute la matinée devant elle et décida d'aller courir, chose qu'elle n'avait pas faite depuis longtemps.

Il était plus d'onze heure passé et toujours aucune nouvelle. Elle avait eu le temps de déjeuner, courir, se doucher longuement et était désormais en train de lire dans son salon. Elle soupira et décida qu'il ne servait à rien de rester ici à guetter son retour et se leva pour rejoindre Pansy chez les Serpentard. Elle venait d'atteindre les grands escaliers quand elle aperçut une grande silhouette à la chevelure brune et à la peau mate.

– Blaise ? l'appela-t-elle surprise. Blaise ! BLAISE !

Le métis se figea en entendant son nom et se retourna pour découvrir Hermione courant vers lui.

– Salut, Princesse !

– Blaise, tu ne devais pas partir avec Malefoy ?

– Si mais je suis revenu, l'informa-t-il. Cache ta joie de me voir.

– Je suis très contente de te voir mais je ne vous attendais plus ! avoua la Gryffondor ayant du mal à cacher son énervement. Et comme je n'ai pas encore vu Malefoy…

– Tu ne risques pas de le voir tout de suite. On lui a confié une mission et il y a des chances pour qu'il en ait pour une bonne partie de l'après-midi…

Plus il parlait et plus Hermione se raidissait. Une mission ? Le dernier jour des vacances ? Magnifique, il ne lui manquait plus que ça.

– …. Je suis désolé, poursuivit Blaise, mais je dois y aller. On se voit plus tard, Princesse !

Il lui déposa un baiser sur le front et reprit son chemin. Hermione préféra retourner dans ses appartements pour rester seule et réfléchir au genre de mission que pouvait bien réaliser son petit ami.

L'après-midi passa à une lenteur exaspérante aux yeux d'Hermione. Elle avait fait ses devoirs pour les trois semaines à venir et avait voulu ranger sa chambre mais avait bien vite abandonné devant l'ampleur de la tâche. Elle avait averti Blaise et Pansy qu'elle n'irait pas diner avec eux, préférant attendre Drago de pied ferme chez eux. Il était plus de vingt et une heure et il n'avait toujours pas donné de signe de vie, l'énervant autant que l'inquiétant. Il avait peut-être voulu dîner avec sa mère et n'avait pas eu la présence d'esprit de l'avertir. Ou alors, il y avait eu un problème avec sa mission… Mais elle refusait de penser à cette hypothèse. L'idée qu'il puisse lui arriver quelque chose la rendait inquiète, encore plus qu'à l'époque où c'était Cédric. Elle ne put s'empêcher de faire le rapprochement entre ces deux situations très similaires, à la différence que les deux garçons étaient de camps opposés. Trouvant que tourner en rond et se faire un sang d'encre ne servait à rien, elle décida de sortir pour faire une ronde. Après tout, c'était son devoir de préfète-en-chef !

Dans le but d'être plus efficace et pouvoir surprendre le plus d'élèves possible, elle s'était lancé son propre sort, ainsi elle pourrait surprendre les mieux cachés, même dans le noir. Elle eut, elle aussi, besoin d'un temps d'adaptation. Elle ne voyait plus les objets qui l'entouraient en relief mais en couleur. Les murs étaient bleus foncés, ce qui paraissait normal au vu de la température froide de la pierre, les endroits où il y avait eu récemment une présence humaine étaient vert-jaune ou orange-rouge en fonction du moment où remontait la présence et son importance. Grâce à ses recherches, elle savait ce que signifiait chaque couleur : le plus froid était le bleu foncé, le bleu clair puis le vert clair. Un corps humain était un mélange de bleu et vert clairs, de jaune et d'orange. S'en suivait le rouge et enfin le rose. Elle s'arrêta, fascinée, devant une torche rouge-rose. Elle fut tirée de on observation par un bruit venant du bout du couloir. Elle remarqua qu'elle était à l'étage du bureau du directeur. Elle se lança un sort de Désillusion et attendit.

Elle fut rapidement récompensée par l'arrivée de Ronald Weasley et Harry Potter, sortant vraisemblablement du bureau directorial. Elle ne put retenir un sourire et les suivit le plus discrètement possible, écoutant leur discussion avec intérêt.

– Je déteste les Mangemort ! s'exclama le roux, visiblement en colère.

– Moi aussi, Ron mais ça ne sert à rien de s'énerver, temporisa le brun. On ferait mieux de chercher un moyen de leur rendre la pareille.

– Mouais, tu as peut-être raison… Ce qui me console c'est de savoir que l'Ordre a réussi à en blesser, et même en tuer un ! C'est tout ce qu'il mérite !

– Et tu as entendu ce que nous as dit Dumbledore : selon Tonks, il s'agissait de la personne qui dirigeait l'attaque. Ça devrait semer la zizanie chez les Mangemorts et nous donner l'occasion de…

Mais Hermione n'en écouta pas plus, pétrifiée suite à ces dernières paroles : le chef de l'attaque mort ? Le même jour où Drago est en mission ? Et qu'il n'est toujours pas revenu ? Ça ne pouvait pas être ça, pas encore ! Tel un zombie, elle regagna ses propres appartements. Elle eut juste la présence d'esprit de murmurer un « finite » pour mettre fin aux sorts qu'elle s'était jeté et entra en tremblant chez elle, le regard vide.

– Ah bah tu es là ! remarqua une voix qui lui parut lointaine. Je te cherchais ! Où est-ce que tu étais encore passée à cette heure?

Très lentement, comme dans un rêve, Hermione tourna la tête vers l'homme qui venait de lui parler et elle arrêta de respirer.

– Granger ? l'appela le blond en fronçant les sourcils devant son attitude des plus étranges.

Après quelques secondes supplémentaires et une fois qu'elle fut certaine que la personne qui se tenait devant elle était bien Drago Malefoy, elle se précipita sur lui et l'embrassa violemment, sans douceur. Hébété mais heureux de l'initiative, il répondit à son baiser la serrant contre lui. Elle rompit rapidement leur étreinte, le fixa un instant et lui administra une claque magistrale.

– Aïe ! Mais tu es folle ! Qu'est-ce que…

Il ne put terminer qu'elle se jeta une nouvelle fois sur ses lèvres. Cependant cette fois il ne le lui rendit pas et la saisit par les épaules pour l'éloigner de lui.

– Mais tu vas m'expliquer ce qu'il t'arrive à la fin ! s'énerva-t-il complètement perdu.

– Espèce d'idiot ! cria-t-elle en tentant de se dégager de sa prise mais il était trop fort. Crétin ! Abruti ! Imbécile !

– Mais qu'est-ce j'ai fait ?

– RIEN ! Tu n'as rien fait ! Tu ne m'as pas prévenue que tu partais en mission ! Tu ne m'as pas dis que tu allais bien et que tu reviendrais tard ! Et je viens d'entendre Potter et Weasley dire qu'un Mangemort, celui qui dirigeait un groupe, avait été tué… J'ai cru que c'était toi !

Ne s'attendant pas à ça, il la relâcha et elle entreprit de lui frapper le torse de ses poings, les larmes roulant sur ses joues.

– Je t'ai cru mort ! Mort ! Alors que Monsieur était là, bien au chaud ! Tu n'es qu'un connard ! Comment as-tu pu me faire ça ?!

Drago ne tenta pas de l'arrêter, la laissant exprimer sa peur, sa colère et son soulagement. Quand il sentit que ses coups diminuaient d'intensité, il passa ses bras autour d'elle et la serra contre lui.

– Après la réunion, le Lord m'a dit qu'il avait une mission pour moi. Il voulait que je supervise un Mangemort qui selon lui avait les capacités nécessaires à mener son propre groupe. Tout se passait bien mais l'Ordre nous est tombé dessus et il a été tué. J'ai pris le relais, ordonné aux autres de ses replier et me suis chargé du corps. Après quoi j'ai dû faire un débriefing avec le Lord sur la mission et les performances de chacun mais aussi mon avis sur l'Ordre. Avant de revenir, j'ai averti moi-même la famille du disparu ce qui explique que j'aie mis autant de temps…

Hermione ne pleurait plus, se contentant de respirer son odeur et d'écouter les battements de son cœur. Elle l'avait écouté avec attention et, malgré tout, était désolée pour la famille du défunt. Quand elle eut reprit suffisamment de self-control, elle s'extirpa doucement de son étreinte et ancra son regard au sien.

– Je te préviens, Drago Lucius Malefoy, je t'interdis de mourir. Si quelqu'un a le droit de te tuer, c'est moi et moi seule.

Le susnommé eut un petit sourire en coin et se pencha vers elle pour l'embrasser. Le baiser gagna vite en intensité et Hermione sentit son corps s'embraser comme à chaque fois. Tandis qu'ils célébraient le fait qu'il soit toujours en vie, une vérité concernant le blond s'imposa à l'esprit de la jeune femme, qu'elle connaissait depuis un moment mais refusait d'accepter : elle avait beau haïr ses airs supérieurs et hautains, son caractère impossible, le fait qu'il soit si sûr de lui et si fermé, elle était irréversiblement tombée amoureuse de lui.