Scène 50 : L'abri d'une Harpe

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Merlin se trouvait dans un couloir sombre. Non. Ce n'était pas un couloir sombre. Il flottait au milieu d'une espèce de vide noir et un nombre incalculable de porte l'entourait. Derrière l'une de ses portes, il y avait Eolhsand. Il le savait.

Il devait tout d'abord trouvé la Barde et ensuite, il s'occuperait tous deux du fantôme qui la possédait. D'après Balinor, Eolhsand avait dû trouver refuge dans la partie de son esprit où elle seule pouvait enter mais son père avait aussi ajouté que, normalement, Merlin aussi était capable d'entrer dans cette partie de l'esprit de la Barde.

Tout ça n'avait pas le moindre sens en vérité et mieux valait ne pas y penser. Il devait retrouver Eolhsand et il le ferait.

L'Enchanteur regarda tout autour de lui. Par quelle porte allait-il commencer ? Il se souvint ensuite d'un des avertissements de son père. N'ouvre aucune porte. L'esprit d'Eolhsand était peuplé de piège pour se défendre contre ceux qui tentaient d'y pénétrer et c'était ce qu'il trouverait derrière chaque porte ou presque qu'il ouvrirait. Que devait-il donc faire en ce cas ?

Il se mit tout de même en marche. Totalement au hasard. En faisant bien attention à l'endroit où il mettait les pieds. Les pièges d'Eolhsand ne se trouvaient pas seulement derrière les portes. Tout son esprit en était truffé.

Pendant un court instant, Merlin pensa à appeler la Barde tout haut mais il y renonça rapidement. Il n'était pas seul. Le fantôme était là, quelque part, lui aussi. Il n'était pas question de lui donner sa position aussi facilement.

Il ne pouvait pas appeler Eolhsand mais il pouvait penser à elle. Il connaissait sa marque, sa couleur… sa musique aussi.

L'Enchanteur sentit soudain un sol sous ses pieds. Il ne flottait plus dans le vide maintenant et l'endroit où il se trouvait était de moins en moins sombre. Il fut bientôt dans un couloir éclairé par de multiples flambeaux. Il sourit. Il reconnaissait l'endroit. Il était déjà venu là après tout mais c'était la première fois qu'il se promenait seul dans les longs couloirs du palais que formait l'esprit d'Eolhsand.

La Barde était quelque part par là mais où ? A quel endroit pouvait-elle se sentir en sécurité ? Dans sa chambre de Camelot ? Non. C'était trop récent. Peut-être la chaumière dans laquelle elle habitait avec son père et son grand-père ? Etrangement, l'idée ne lui semblait guère convaincante. C'était autre chose. Merlin le savait. Il en était certain.

Pourquoi son père ne lui avait pas donné un indice ? Balinor savait ce que Merlin était en train de chercher mais il ne lui avait donné le moindre renseignement utile. Il avait juste dit qu'il devait réfléchir à propos de tout ce qu'il savait sur Eolhsand et qu'il comprendrait. Problème. Il ne savait rien ou presque sur la Barde. Même pas son vrai nom d'ailleurs. Et si l'endroit où elle se trouvait avait un rapport avec son véritable nom ? Comment allait-il faire ?

Non. Ça ne pouvait pas être quelque chose comme ça. Balinor avait l'air de penser qu'il pouvait trouver l'endroit où se trouver Eolhsand avec le peu qu'il savait. Donc que savait-il ? Eolhsand n'était pas son nom de naissance et elle était barde. Elle était la sœur de son père mais pas sa sœur de sang. C'était un Dragon qui l'avait enlevé du château de son père pour l'emmener dans la Vallée.

Le château de son enfance pouvait-il être l'endroit où elle se sentirait le plus en sécurité ? Non. C'était la Vallée qui avait été sa maison mais la Vallée avait tout de même était attaquée par les hommes d'Uther. Ce n'était pas un endroit où elle serait en sécurité.

Que savait-il d'autre ? Ses pouvoirs par exemple ! Il y avait la mémoire des Dragons, les prémonitions et tout ce qui avait un lien avec le Temps, et enfin l'empathie… Là ! C'était à ce niveau là que se trouvait la solution. Il le savait. Il le sentait. Que lui avait-il dit à propos de ses pouvoirs ?

Soudain il se souvint. La grotte de Kilgarrah. C'était la musique et le chant qui permettait à Eolhsand de tenir à distance les émotions des autres. L'endroit où elle se sentirait en sécurité avait forcément un rapport avec la musique.

Merlin sursauta en entendant une porte s'ouvrir avec fracas. Il se retourna et marcha dans le couloir jusqu'à la porte qui venait de s'ouvrir. Une pièce remplie d'instruments de musique. Comme c'était commode.

Il n'entra pas dans la pièce. Il se méfiait. Ça ne pouvait pas être aussi simple. Il se contenta donc de rester sur le pas de la porte tout en observant attentivement ce qui se trouvait dans la pièce. L'endroit où se trouvait Eolhsand n'était peut-être pas une pièce au sens propre du terme… Peut-être que l'un des instruments qu'il voyait… Cet examen amena un sourire à ses lèvres. Une minuscule chouette dormait sur une harpe.

Merlin entra. Il était au bon endroit. Il s'approcha lentement de la harpe sur laquelle dormait la chouette. Il leva le bras pour toucher l'instrument mais fut soudain repoussé en arrière.

« C'était donc là qu'elle se trouvait. »

Une silhouette était en train de se former près de la harpe. La chouette se réveilla et s'envola pour se poser sur un autre instrument.

Une vieille femme se tenait maintenant à côté de la harpe et avant que Merlin ne puisse faire quoi que ce soit, elle la cassa.

« Je sais qui vous êtes, lui dit Merlin. Je vous ai déjà battu. »

La vieille femme se tourna vers lui.

« Je viens de détruire l'esprit de cette femme et c'était tout ce que tu trouves à me dire ?

-Vous n'avez rien détruit du tout. »

Elle se mit à rire.

« Je t'observe depuis que tu es là. Je savais que tu me conduirais à elle. C'est ce que tu viens de faire.

-Ce n'était pas la harpe qui était importante.

-C'est ce que tu as pensé. »

S'était-elle trompée ?

« J'y ai pensé. C'est vrai. »

Merlin s'avança vers une autre harpe. Le fantôme fit un pas en avant.

« Ce n'est pas votre esprit Mary Collins. »

Elle se figea. Soudain incapable de bouger. Pourquoi ?

« Ce n'est pas le tien non plus. » répliqua-t-elle.

Pourquoi ne pouvait-elle pas plus bouger ? Ce n'était pas l'esprit de Merlin. Ses ordres n'aurait dû avoir aucun effet…

« Ce n'est pas mon esprit c'est vrai mais j'y ai ma place. » murmura l'Enchanteur.

Il tendit le bras vers la harpe qui se trouvait à côté de lui, l'instrument sur lequel la chouette s'était perchée après l'arrivée de Mary Collins.

L'oiseau n'hésita qu'un bref instant avant de se poser sur sa main.

« Je suis venue te chercher Eolhsand. » dit-il tout bas.

Il regarda ensuite le fantôme et murmura…

« O drakon, fthengomai au se kalon su katerkheo deuro. » (1)


(1) Merlin prononce ses mots pour appeler Kiki dans le dernier épisode de la saison 4


PvC : T'as pas un ppt à faire pour ta soutenance toi ?

A : Si.

PvC : Et pourquoi t'es pas en train de le faire.

A : j'ai pas envie ?

PvC : C'est ce que tu vas dire mercredi ?


Scène 51 : Partir