« L'angoisse des départs sans main chaude dans la main »

Chants d'ombre – Léopold Sédar Senghor

OxOxRubisxOxO

Mail Jeevas cherchait à oublier, tout bêtement, et pour cella il avait une technique bien à lui : il restait enfermé dans sa chambre, sortant à peine, dormant à peine, refusant toute visite, faisant continuellement les cent pas, fumant comme un pompier sans prendre la peine de se cacher, laissant ses jeux et ses devoirs sur son bureau sans même leur jeter un regard, fixant son esprit sur un point bien loin dans le temps et l'espace.

Il c'était totalement refermé sur lui même, et il ne supportait plus les présences humaines, ou animal d'ailleurs -comme pouvait en témoigner la pauvre libellule qui c'était égarée dans sa chambre-, et il le faisait comprendre explicitement :

- Casses toi ! tonna t-il brusquement.

C'était Near qui venait de frapper à sa porte. Il avait l'habitude d'être accueillit ainsi -une partie de cette habitude était probablement dû à Mello- si bien qu'il ne sourcilla même pas.

- Ah, fit le rouquin en le reconnaissant. C'est toi.

L'albinos était la seule personne avec qui il pouvait encore partager son atmosphère, il faut dire que sans lui il aurait pu mourir de faim -une dizaine de fois-, la petite boule coton était la seule personne à se soucier encore de lui, prendre la peine de lui apporté de quoi se nourrir, et ce, trois fois par jour.

- Aucune nouvelle d'Abysse, murmura Near en guise de salutation.

Le gamer se retourna et appuya son front contre la fenêtre.

Aucune nouvelle d'Abysse... Il était inquiet pour sa blondinette en noir, et ça le faisait souffrir, mais... ce n'était rien par rapport à ce qu'il ressentait par rapport au médecin de la Wammy's House, parce qu'elle n'était pas là, parce qu'elle était partie, parce qu'elle ne donnait plus de nouvelles... depuis trop longtemps.

- Mais... commença le jeune homme en blanc.

- Mais quoi ?! explosa le goggles-boy

Il prenait rapidement la mouche ces derniers temps, mais Near n'y faisait pas attention, il avait l'habitude de tout ça, l'habitude de supporter toute la jalousie de Mello, toute la rage de Matt.

Oui, Near avait toujours été comme ça, une sorte de fosse sans fond où l'on pouvait déverser toute sa colère sans peur qu'elle nous revienne.

Oui, ce petit albinos avait toujours été comme ça, et il ne se plaignait absolument pas de son sort, à vrai dire, c'était les seuls contacts sociaux qu'il avait.

- … j'ai surprit une conversation entre Roger et...

- On s'en fout ! le coupa le gamer.

- … cette conversation laissait sous entendre qu'Abysse...

Matt le saisit brusquement par les épaules pour lui dire, agressivement :

- Répètes moi, mot pour mot, ce que tu as entendu.

- « … elle a recommencé, et cette fois-ci... »

Le rouquin relâcha Near et vacilla, il secoua la tête avant de reprendre la voix rauque :

- C'est tout ?

Le plus jeune des deux hocha la tête positivement. Matt se laissa tomber lourdement sur son lit et prit son visage dans ses mains, quelques larmes s'écrasèrent sur son jeans, mais il n'y fit pas attention.

- Tu sais, dit timidement l'albinos, ce n'est pas forcément d'Abysse qu'il parlait. Et elle ne c'est pas forcément suicidé.

N'importe qui aurait hésité en disant cela, mais pas Near, il utilisait toujours le mot juste, le mot dure, quelque que soit le sujet.

- Tu vois une autre solution ? Qui n'a pas donné de nouvelle depuis la mort de L ? Qui a l'occasion de « recommencer » ?

Near ne répondit rien parce qu'il n'y avait rien à répondre. Il laissa le plateau, avec lequel il avait transporté le repas de Matt, sur le bureau de ce dernier. Avant de sortir il laissa tout de même tomber :

- Je suis désolé Matt.

Et il quitta la pièce, juste à temps pour ne pas voir le plateau embrasser l'un des murs de la chambre.

Abysse était dans son appartement, sa fille faisait tranquillement la sieste dans son petit lit. Soudain, son téléphone sonna, elle sortit aussitôt l'appareil de sa poche pour voir de quoi il s'agissait, un message :

« L is die »

Trois mots pour donné la mort,

Trois gestes pour la recevoir.

Abysse c'était effondré contre un mur.

Des larmes, ces perles liquides, avaient commencée à dévaler ses joues.

La petite, dans son lit, c'était réveillé.

Ses actions c'étaient produite dans un silence pesant, une cloche quelque part dans la ville sonna, c'est alors qu'elle réalisa :

- L est mort...

Ses larmes redoublèrent pour formé un ruisseau dans le sable de sa peau. Elle laissa aller sa tête contre le mur faisant ainsi sortir ses larmes de leurs lits, ses cheveux semblaient formé un lac prenant pour origine une cascade d'écume.

Trois gestes pour recevoir la mort.

Trois choses pour la préparer.

Elle prit un couteau posé sur la table.

Régla son téléphone.

Et caressa le visage de sa fille, qui la fixait, déjà trop grande pour comprendre.

Puis, après avoir offert son dernier sourire à la petite brune, elle enfonça la lame dans le poignet qu'elle avait épargné la première fois.

- Cette fois tu ne serras pas là pour me sauver...

Trois choses pour préparer la mort.

Trois sensations pour l'accueillir.

Tout, dans son appartement, semblaient pâlir.

Puis, une sorte de fièvre froide l'envahit.

Et tout devint noir.

Le téléphone de Roger sonna à nouveau, les mains tremblantes, il le saisit pour lire ce qu'il annonçait : « A is die »

Et toujours trois mots pour donner la mort, comme un éternel recommencement.

...

Deux mois avaient passés depuis le départ de Mello.

Deux mois sans nouvelle d'Abysse.

Deux mois où l'espoir c'était progressivement enfuie.

Pour Matt, il n'y avait plus de doute, la jeune femme était bel et bien morte... mais, en ce premier jour de février, une tout autre pensé lui occupait l'esprit : il quittait la Wammy's House, enfin.

Il venait de fermer son sac -presque vide- lorsqu'il sentit une présence derrière lui, il se retourna et reçu le regard d'acier de Near de plein fouet.

- C'est aujourd'hui que tu pars ? demanda t-il, neutre.

Matt hocha la tête.

- C'est donc ton anniversaire.

Le rouquin répéta son geste.

- Alors, je peux te donner ça, dit-il en sortant une enveloppe de la poche sur sa poitrine. Bon anniversaire Matt.

Le gamer déchira délicatement le papier et en sortit une photo, plié en trois. Il la déplia doucement et sourit. C'était un cliché de tout les trois : de lui, Near et Mello, ils étaient tout les trois, bien de face, souriant plus ou moins timidement à l'objectif. Matt hésita une seconde, puis il prit les ciseaux posé sur son bureau et découpa soigneusement la photo en trois, séparant ainsi les trois « amis ».

Ils eurent un pincement au cœur, peut-être que même Mello, où qu'il soit, en avait eu un.

Matt sortit un stylo de sa poche, puis il écrit au dos de chaque image le « faux nom » de la personne qui y était représenté, il ne put s'empêcher d'ajouter un « Dear » au dos de l'image représentant un blondinet en noir.

- Voilà, fit-il en tendant deux des photos à Near. Tu garde Mello et Matt, et moi je conserve Near.

L'albinos le fixait, bouche bée.

- Ça revient à te confier nos vie, expliqua t-il en s'assombrissant légèrement. Tu gardes nos vies, et on garde la tienne. C'est un bon deal, non ?

Near fit signe que oui.

- Alors c'est parfait ! s'exclama le rouquin.

Il percha son sac sur son épaule, ébouriffa légèrement les cheveux blancs et quitta la pièce, laissant ainsi le jeune homme en blanc seul avec leur deux vies entre les mains.

OxOxRubisxOxO

Hum...

J'avais parlé d'un mois et ça à prit au moins le triple...

D'autant plus que je n'ai pas tout à fait fini...

Et que ce chapitre n'est pas terrible...

...

Arf !

Je suis désolée !

Mais je pensais pas que j'aurais autant de mal à reprendre l'écriture de cette fiction !

Je vous souhaite une bonne continuation à toutes et à tous,

Et je vous invite à laisser des reviews !

A la prochaine !

Signé : Lulu Murdoc, auteur débordée.