*Kof* C'est moi... J'ai honte, vous savez. Le chapitre est prêt depuis deux semaines mais impossible de le publier. Pas à cause d'un souci technique sur le site mais à cause de ma flemme-pas-envie-de-faire-ça -_- Mais me revoilà enfin, après deux long mois qui ont été très longs : panne d'ordi, panne d'écriture, panne d'Internet, maladie, hôpital (pas moi, mais c'est stressant quand même), nouvel ordi, flemme, frustration, problème de voiture, etc. Et après on s'étonne que je n'ai pas su écrire la suite avant lundi (bon, ça ne veut rien dire, j'ai écrit une pure daube XD). Allez, assez de ces plaintes, passons à la suite !
Merci de me suivre encore et toujours et de m'écrire une petite review à la fin de votre lecture. Ca me touche énormément, surtout en ces temps difficiles ^_^ Navrée s'il reste néanmoins une faute de temps en temps, c'est relu attentivement pourtant (avec mon bêta-lecteur). Merci à lui d'ailleurs, qui malgré son horaire très chargé prend toujours la peine de s'informer et de me donner son avis :D
FMA ne m'appartient pas (je veux Kimblee sur la couverture du tome 10 de l'édition Deluxe .).
Petit résumé de l'histoire: Bradley a nommé Julia et Kimblee sur une affaire de meurtres d'enfants vu que nos deux amis lui devaient un service après l'obtention de papiers pour Alyosha. Ils retrouvent Morris, Maxims et Mitchell, eux aussi nommés sur l'affaire et découvrent tous ensemble un dossier plus complexe que prévu. Et c'est sans compter sur le capitaine Holmes, de la police de Central...
Je vous souhaite une bonne lecture et j'essaierai de publier la suite un peu plus vite. A bientôt !
Chapitre 54
« Nous sommes la nouvelle équipe issue de l'armée qui doit travailler de concert avec vous pour arrêter le meurtrier qui sévit actuellement à Central. », fit Kimblee d'une seule traite, tandis que la figure de son interlocuteur s'allongeait. « Vous êtes le capitaine Holmes, je présume ? »
« La nouvelle équipe ? », répéta alors l'officier, pas convaincu pour un sous. « Je ne pensais pas continuer à travailler avec l'armée lorsque j'ai entendu dire que le président avait donné l'ordre à ses hommes de cesser leurs activités à nos côtés. Qui vous a donné l'ordre de vous mêler de cela ? »
Au ton employé par Holmes, l'alchimiste comprit qu'il devrait, dès le départ, mettre dans la balance tout ce qu'il avait en réserve afin qu'elle penche de son côté étant donné que la petite discussion qu'ils venaient d'avoir avec ses hommes lui avait montré que l'enquête ne serait pas facile. De plus, travailler en deux groupes séparés serait extrêmement contre-productif, contrairement à ce qu'il avait pensé au début, sans compter sur ce que la puissance de la famille Saint-James pourrait engendrer comme obstacles.
« C'est King Bradley qui m'a demandé tout spécialement de vous prêter main-forte. », répondit calmement Kimblee avec un sourire aimable, le plus aimable qu'il put.
« Je n'ai pas besoin d'amateur en civil. », répliqua froidement Holmes tandis qu'il entrait enfin dans la pièce, suivi de quelques policiers qui regardèrent les soldats déjà présents sans trop comprendre ce qui se passait, se contentant de laisser parler leur supérieur. Celui-ci se comportait comme s'il était en terrain conquis et dévisagea les quatre soldats tour à tour avant de s'arrêter sur Julia qu'il fixa un peu plus longtemps que les autres, ce qui déplut à cette dernière. « Et une femme en plus ? Mais à quoi pense donc le président pour nommer un civil et une femme sur une enquête aussi difficile. Et quoi ? Vous allez nous tomber dans les pommes à la première goutte de sang ? »
« Je ne vous permets pas ! », répliqua Julia avec force car elle n'appréciait pas d'être rabaissée de la sorte par un étranger. Elle s'avança de façon menaçante mais ce fut la main de Kimblee sur son avant-bras qui l'arrêta. Elle le regarda avec surprise mais la lueur qu'elle aperçut dans son regard lui suffit pour comprendre que l'alchimiste allait s'occuper du cas de ce policier de Central un peu trop sûr de lui.
« C'est étrange que votre attention ait été attirée par le caporal Morton. », commença Kimblee en contournant la table pour venir se placer non loin de Holmes, sans toutefois se rapprocher de trop près comme il ne voulait pas avoir l'air ridicule du fait que le capitaine de police le dépassait d'une tête, grandeur qui était encore accentuée par sa minceur. « Figurez-vous qu'elle aussi a été spécialement nommée sur cette affaire par le président, après son retour de mission à la frontière Nord du pays. »
« Qu'est-ce que vous voulez que ça me fasse ? Une femme reste une femme, on ne peut pas leur faire confiance. », reprit Holmes en fronçant les sourcils.
« Vous devriez pourtant. De plus, ne la sous-estimez pas, elle a vu et fait des choses que même vous n'avez sûrement jamais vu dans votre carrière et que vous ne ferez sans doute jamais. », continua l'écarlate qui étalait une à une les cartes qu'il possédait.
« Ah oui ? Comme quoi ? », demanda l'officier de la police de Central d'un ton moqueur.
« Je pourrais vous passer en revue tout ce qu'elle a accompli ces dernières semaines mais cela serait une perte de temps. », expliqua Kimblee avec un petit sourire malicieux en comprenant que personne ne l'avait reconnu. « Disons qu'elle a vu le fameux alchimiste écarlate en action et qu'elle a survécu, en plus d'avoir assisté à la mort de milliers de soldats… »
« Ah ! Le fameux alchimiste écarlate ! », s'exclama Holmes en tournant son regard vers Julia qui recula instinctivement d'un pas devant ce qu'elle pouvait y lire de mépris mais aussi de dégoût. « Admettons… Je peux comprendre que le président ait voulu la nommer ici. Mais vous ? Vous n'êtes qu'un civil inoffensif, qu'allez-vous nous apporter ? »
Sans répondre, Kimblee leva lentement les mains et lorsqu'il les eut exposées aux yeux du petit groupe de policiers de Central, un cri de surprise unanime se fit entendre. Puis il fixa Holmes tout en affichant un petit sourire satisfait.
« Vous pensez toujours que je suis inoffensif ? », lui demanda-t-il lentement tout en rabaissant les mains.
« Vous êtes un alchimiste, et alors ? », répliqua l'officier, toujours pas convaincu de l'utilité de Kimblee qui commençait à se demander s'il avait un imbécile en face de lui. « À moins que votre alchimie nous permette de voir l'avenir, je ne vois pas pourquoi vous devriez rester. »
Cette fois, l'alchimiste ne prit plus la peine d'essayer de convaincre le policier et claqua des mains sous le regard horrifié de Julia qui connaissait déjà la puissance que l'écarlate pouvait déployer lorsqu'il utilisait son alchimie. Elle craignait donc les dégâts qui pourraient être engendrés, même s'il savait viser, comme il le lui avait déjà dit. La jeune femme entendit d'ailleurs Morris lâcher un léger gémissement à ses côtés quand une lueur vive se dégagea de la réaction alchimique avant qu'une chaise disposée dans un coin de la pièce ne vole en éclat, envoyant des débris vers les occupants, heureusement sans les blesser. Le silence se fit ensuite dans le local, chacun fixant la chaise à présent en morceaux tandis que Kimblee rabaissait les mains une fois de plus, toujours avec un petit sourire satisfait.
« Vous êtes l'alchimiste écarlate… », fit alors une voix en provenance du groupe de policiers jusque-là resté silencieux. « C'est vous, n'est-ce pas ? Celui qui a tué ses supérieurs à Ishbal et… Ouah ! »
« Le président a-t-il donc perdu l'esprit ? », s'écria Holmes en se tournant de nouveau vers l'alchimiste tout en écarquillant les yeux. « Un criminel pour attraper un criminel ! C'est de la pure folie. »
« Sachez que je ne me considère pas comme un criminel mais comme l'un de mes hommes vient de me le rappeler bien gentiment… », le contra Kimblee, jouant sur la vague de peur qui semblait à présent s'être emparée des policiers. « Je possède sans doute l'état d'esprit qui nous permettrait de mieux comprendre celui que nous recherchons. Et son excellence semble penser la même chose, sachant que ma présence et le statut qui l'accompagne aideront à rassurer la population. »
« Ne pensez pas que je vais accepter cette situation. », lui répondit l'officier avec mépris. « Les criminels, je les arrête, je ne travaille pas avec eux. »
Kimblee allait lui répondre qu'il n'avait pas le choix, ne relevant pas le fait que le policer venait encore de le désigner comme étant un criminel, lorsque la porte du local s'ouvrit brusquement pour laisser entrer un policier, essoufflé par la longue course qu'il semblait avoir faite.
« Capitaine… Capitaine… », dit-il avant de se calmer et d'essayer une nouvelle fois de livrer son message. « On vient de retrouver le corps de la petite Nelly Werner. »
« Où ça ? », demanda Kimblee, coupant ainsi la parole à Holmes qui n'apprécia pas du tout.
« Euh… Dans une ruelle, pas loin de l'hôpital de la ville, monsieur. », répondit le policier en hésitant étant donné qu'il n'avait jamais vu Kimblee et se demandait qui était cet inconnu qui donnait l'air d'avoir repris l'enquête en main. »
« Très bien ! Allons-y. », déclara immédiatement l'écarlate en s'emparant de son chapeau et en le coiffant. Les quatre soldats sous ses ordres directs lui emboitaient déjà le pas, se rappelant que c'était à l'alchimiste qu'ils devaient obéir, mais le capitaine de police ne l'entendit pas de cette oreille.
« Je peux savoir où vous allez comme ça ? », leur lança-t-il avec force. « Je ne vous ai pas invités à participer à cette enquête. »
« Mais le président, oui. », rétorqua Kimblee en le regardant de biais. « Si vous souhaitez allez vous plaindre de la situation, vous irez seul. Moi, j'ai un cadavre à aller retrouver. »
« Mais… », commença Holmes avant que l'homme au complet blanc ne l'interrompe.
« Je vais être franc, capitaine Holmes : vous me semblez être quelqu'un d'intelligent. », commença Kimblee avec une mine sérieuse. « Mais les faits sont là : après quatre victimes, vous n'avez toujours aucune piste sérieuse. Reconnaissez que vous avez échoué et laissez la place à des personnes plus compétentes. Vous êtes le bienvenu mais à présent, je vais prendre les choses en main. »
Et sans attendre de réponse, il partit, suivi de son propre groupe de soldats et du policier qui devait les mener vers le lieu où Nelly Werner venait d'être retrouvée. Ils étaient déjà arrivés à l'embranchement où les trois soldats de Central avaient failli percuter Julia et Kimblee lorsqu'ils entendirent des pas derrière eux, signe que Holmes ne comptait pas lâcher l'enquête si facilement ou bien qu'il était tout simplement assez inconscient pour mettre des bâtons dans les roues de l'alchimiste qui venait de lui voler son enquête.
« Je croyais que nous devions travailler avec la police de Central. », murmura Julia à Kimblee, le plus discrètement qu'elle put. « Là, vous venez de leur voler l'enquête, en plus d'avoir humilié le capitaine Holmes devant ses hommes. Il ne voudra plus nous aider à présent. »
« S'il essaie, je me ferai le plaisir de lui rappeler que jusqu'à preuve du contraire, les ordres du président valent plus que les siens… », répondit aussi discrètement Kimblee, tout en jetant un œil dans son dos pour apercevoir Holmes qui marchait les yeux baissés en ronchonnant. « Pour ce qui est de l'humilier… Il le fallait bien vu la façon dont il s'est comporté avec vous. »
« J'aurais pu me défendre toute seule. », répliqua la jeune femme en boudant devant l'occasion que l'alchimiste lui avait volée, elle aussi.
« J'ai préféré m'en occuper, étant votre supérieur. Sinon, il n'aurait pas hésité à demander votre renvoi de l'enquête pour manque de respect, ce qui aurait provoqué un incident entre la police et l'armée. », expliqua l'écarlate en redevenant sérieux. « Je suis navré de vous le dire, mais l'enquête passe avant toute chose désormais. »
« D'accord… Mais s'il recommence… », commença Julia avant d'être interrompue par Kimblee.
« Il ne recommencera pas, je vous le garantis. », promis l'écarlate tandis que les deux compagnons retrouvaient le silence afin de ne pas attirer l'attention du reste du groupe, ce qui était peine perdue puisque Morris, qui marchait sur la gauche de l'alchimiste, n'avait pas perdu une miette de leur échange et se demandait de plus en plus si la relation entre ceux-là ne dépassait pas le cadre du travail. Il n'était pas friand de potins mais il se promit d'interroger sa collègue à ce sujet, mais de façon diplomatique, c'est-à-dire sans Maxims dans les parages.
Par chance, ou par malchance selon le point de vue, l'hôpital de Central ne se trouvait qu'à quelques rues à pied du QG, ce qui expliquait que le policier ait préféré courir plutôt que de perdre son temps à monter en voiture. Kimblee et son petit groupe qui s'était agrandi des quelques policiers, firent donc le chemin en sens inverse et arrivèrent devant la petite ruelle au bout de quelques minutes, alors qu'un attroupement s'était déjà formé, retenu par les policiers déjà sur place. Bien que d'abord hésitant, le policier de garde les laissa passer lorsqu'il aperçut son collègue parti chercher du renfort l'instant précédent.
« Restez ici, et prêtez main forte aux policiers. », fit Kimblee en se tournant vers les quatre militaires. « Gardez l'œil ouvert et repérez le moindre comportement suspect, le coupable pourrait revenir ici pour juger de son effet. »
« À vos ordres ! », répondirent-ils en chœur avant de commencer à se disperser.
« Morris, vous venez avec moi. », dit-il au jeune homme encore impressionné par la petite démonstration de l'alchimiste quelques instants auparavant et qui fut surpris que son supérieur le choisisse pour aller voir le corps. Ils suivirent donc le policier qui les avait menés jusque là tandis que l'alchimiste entendait clairement le capitaine Holmes donner à peu près les mêmes ordres à ses hommes avant de les rejoindre pour ne pas rater les premières constatations du médecin légiste.
« Voilà, c'est ici, monsieur. », déclara simplement le policier en désignant un petit groupe de personnes, avant de retourner auprès de ses collègues dans l'artère principale et de croiser son supérieur à qui il lança un regard perplexe auquel Holmes répondit par un regard noir.
« Ah ! Holmes ! Vous voilà enfin… Ne me dites pas que ce sont des journalistes. », déclara un homme de petite taille en se retournant au bruit de pas qui se rapprochaient. Le capitaine ne prit même pas la peine de lui répondre et le dépassa pour se diriger vers le corps, toujours entouré par les assistants du médecin. « Quel caractère ! Bon, qui êtes-vous ? »
« Je suis Solf J. Kimblee, l'alchimiste écarlate et voici le soldat Morris. », fit Kimblee en le saluant poliment et en désignant son subordonné qui vint se placer à ses côtés pour saluer à son tour le praticien. « Mes hommes et moi avons été nommés par le président pour prêter main forte à la police dans cette enquête. »
« Je vois… Ne lui dites pas, mais je crois que ça ne fera pas de tort. », lui lança le médecin en désignant Holmes, sans se douter qu'il était déjà trop tard, tandis que Kimblee et Morris échangeaient un regard rapide. « Mais je ne me suis pas présenté, je suis le docteur Charles Quarty, premier médecin légiste de Central. »
« Enchanté, docteur. », répondit Kimblee en souriant. « Navré d'être si brusque mais que pouvez-vous nous dire sur le corps de l'enfant ? »
« Vous avez déjà pris connaissance de mes conclusions sur les premières victimes ? », le questionna le médecin tandis que l'alchimiste répondait par l'affirmative. « Eh bien, à première vue, elle semble avoir été égorgée et le corps a été disposé de la même façon que les autres. Venez voir. »
« Il a aussi remarqué ce détail… », murmura l'alchimiste avant de se tourner vers Morris. « Ouvrez l'œil. »
« Euh… D'accord… », répondit le soldat, toujours mal à l'aise en présence de son supérieur. « Mais pourquoi moi ? »
« J'ai une mémoire photographique et vous-même semblez avoir un don d'observation. », lui expliqua-t-il rapidement alors que le médecin soulevait le drap recouvrant à présent le corps. « Comme l'enquête a jusqu'ici été bâclée en ce qui concerne les scènes de crime, deux regards vaudront mieux qu'un. Regardez autour de vous et enregistrez tout ce que vous pouvez, cela pourrait nous être utile. »
Mais alors que Morris hochait de la tête, un certain sentiment de fierté au fond du coeur que le fameux alchimiste écarlate lui ait reconnu des qualités, il faillit néanmoins chanceler lorsqu'il posa le regard sur le corps à présent inanimé de la fillette. Le spectacle qui s'offrait à ses yeux n'avait rien de bien repoussant et malgré la plaie à la gorge et le tain gris de l'enfant, on aurait pu croire qu'elle dormait. Mais ce n'était pas le cas et c'était ce qui rendait la situation difficilement supportable aux yeux du jeune soldat qui s'accrocha au mur afin de ne pas perdre connaissance.
« Oh ? C'est votre premier cadavre ? », entendit-il dire une voix qu'il identifia quelques secondes plus tard comme étant celle de Holmes, un brin moqueuse. Morris eut juste la force de hocher de la tête avant de fermer les yeux un instant et de reprendre ses esprits.
« Ça va aller, jeune homme ? », demanda ensuite le médecin d'un ton inquiet. « Ne tombez pas dans les pommes. »
« Non, ça va aller. Pardonnez-moi… », articula Morris en ouvrant les yeux à nouveau. « Ça va aller… Juste un léger étourdissement. »
Le soldat se tourna ensuite vers Kimblee avec un regard désolé mais il constata alors que l'alchimiste avait son attention focalisée sur le cadavre et ne semblait pas avoir remarqué l'incident ou plutôt voulait-il le faire croire. Il tenta donc de faire de même afin d'obéir à l'ordre que l'alchimiste lui avait donné mais il devait reconnaitre qu'il n'était pas à l'aise du tout. Aussi reporta-t-il son attention sur les alentours dès qu'il jugea en avoir vu assez, espérant que les constatations du médecin légiste suffirait à compléter ce qu'il n'avait pas eu le courage de regarder plus longuement.
« Une plaie à la gorge, aucune trace de sang et toujours cette façon de leur croiser les bras sur le torse… », expliqua rapidement Quarty en secouant la tête. « J'espère, monsieur Kimblee, que votre arrivée mettra un terme à ces meurtres parce que je ne vous cache pas que toute ma morgue est en émoi de voir arriver autant de si jeunes victimes les unes après les autres. »
« Nous ferons de notre mieux, docteur. », répondit simplement Kimblee d'un ton ferme. « Autre chose ? »
« Elle ne semble de nouveau pas avoir reçu de coups ou d'autres blessures mais l'autopsie nous le confirmera. », répondit le médecin en faisant signe à ses assistants qu'ils pouvaient emmener le corps. « Vous recevrez mes conclusions demain matin. »
« Très bien, merci docteur. », fit l'alchimiste en hochant la tête tandis que Quarty s'éloignait déjà mais il le vit soudain s'arrêter et se retourner vers lui :
« Ne prenez pas la peine de prévenir la famille de la victime, je m'en occuperai moi-même. »
Sur ce, il s'éloigna, laissant un alchimiste un peu perplexe devant la volonté du médecin de se charger de cette tâche difficile. Pas qu'il y tint particulièrement lui-même étant donné qu'il ne souhaitait pas forcément assister à des crises de larmes à répétition mais cela aurait pu faciliter sa tâche dans l'interrogatoire de la famille sur les derniers faits et gestes de l'enfant avant sa disparition.
« Ne vous en étonnez pas. », lui lança alors Holmes en le regardant avec mécontentement. « Il ne semble pas avoir apprécié la façon dont j'ai annoncé la nouvelle à la famille Saint-James la dernière fois… Encore un qui estime que leur tapoter gentiment la main suffira à faire passer la douleur de la perte d'un être cher. »
« Et pas vous ? », lui demanda fébrilement Morris qui revenait de son inspection de l'autre bout de la ruelle.
« Ce genre de choses doit se traiter comme un sparadrap que l'on veut enlever : d'un coup sec, sinon il ne part jamais. », répondit l'officier de la police de Central avant de s'éloigner pour regagner l'artère principale.
« Mais un peu de compassion n'a jamais fait de tort, pauvre idiot. », murmura Morris avant de se reprendre devant le regard étrange que lui jetait l'alchimiste. « Hm… Vous êtes d'accord avec lui ? »
« Je ne dis pas que je prendrais les familles par la main mais être trop brusque avec elles pourrait nous fermer bien des portes. », répondit Kimblee, laconiquement.
« Oui, donc foncièrement, vous êtes d'accord avec lui. », songea le jeune homme en se retenant de lever les yeux au ciel.
« Pourtant… j'entrevois de plus en plus l'influence de Lady Saint-James dans la nomination d'un nouvel enquêteur sur cette affaire. », continua l'écarlate en fronçant les sourcils.
« C'est un mal, à votre avis ? », le questionna le soldat avec curiosité.
« Je l'ignore… Bien que cela nous mette une pression supplémentaire sur les épaules car je doute qu'elle accepte qu'un second enquêteur échoue à retrouver l'assassin de sa petite-fille. », continua Kimblee en haussant les épaules avant de rejoindre à son tour l'artère principale.
« Ça promet. », pensa alors Morris, heureux de quitter cet endroit qui lui faisait à présent froid dans le dos.
Le reste de la journée ne se passa pas dans la meilleure ambiance. En effet, non seulement il fallut négocier avec le capitaine Holmes afin qu'il accepte de former des équipes composées d'un policer et d'un soldat pour interroger les témoins mais Kimblee, qu'il ne lâcha pas d'un pouce, dut supporter ses remarques et autres piques chaque fois que quelque chose étonnait ou ne plaisait pas à l'alchimiste dans la façon dont l'enquête avait été menée jusque là. Finalement, ce n'est qu'en fin d'après-midi qu'il réussit à se débarrasser du policier qui ne souhaitait pas retourner au QG, préférant ses bureaux du centre-ville afin de faire le point avec ses hommes. C'est donc seul et après un long détour chez Bradley que l'écarlate entra dans le local qu'il avait quitté le matin même, constatant immédiatement que les débris de la chaise trônaient toujours dans leur coin.
« Vous êtes encore là ? », demanda-t-il alors en reportant son attention sur les deux soldats encore présents et étudiant les quelques témoignages qu'ils avaient déjà recueillis.
« Euh… Oui, mais j'allais bientôt rentrer pour ma part. », répondit rapidement Morris, de nouveau mal à l'aise en présence de son supérieur.
« Mais vous, monsieur Kimblee ? Je ne pensais pas que vous reviendriez ici. », fit Julia en se levant et en s'étirant, tandis qu'un fin sourire s'affichait sur son visage à l'idée de passer un peu de temps avec lui après la journée qu'ils venaient de vivre.
« Je viens de chez le président. », reprit Kimblee d'un air absent, tandis qu'il fixait le plan de la ville.
« Il vous a convoqué encore une fois ? », s'exclama presque la jeune femme en fixant l'alchimiste d'un air interloqué.
« Non, j'avais besoin de le voir, et avant demain matin. Donc j'ai presque forcé sa porte… et son assistante. », déclara l'écarlate en haussant les épaules avant de se rendre compte qu'une explication serait la bienvenue, surtout pour Morris qui avait du mal à croire que l'on puisse se présenter chez Bradley comme son supérieur venait de le faire. « J'avais besoin de son autorisation expresse afin de publier un communiqué dans les journaux de demain. Il est possible que nous l'étendions aux radios de la ville également. »
« Pour dire quoi ? », le questionna le jeune homme, toujours perplexe.
« Pour enjoindre la population à la plus grande prudence en ce qui concerne leurs enfants. », expliqua l'écarlate en se tournant vers le soldat. « Holmes n'a même pas pris la peine de le faire. Si cela avait été le cas, il est plus que probable que Nelly Werner serait encore en vie. »
« Vous ne craignez pas que cela provoque la panique ? », continua Morris qui comprenait un peu mieux pourquoi le capitaine de police n'avait pas voulu prendre ni le risque, ni la responsabilité de publier ce genre de communiqué.
« La note sera signée par le président lui-même. », expliqua l'alchimiste d'un ton calme. « Et de la façon dont elle sera rédigée, il n'y aura pas de quoi paniquer, il faudra juste que les habitants de Central se montrent prudents. »
« Espérons que cela fonctionne dans ce cas. », conclut Julia en rangeant les quelques dossiers qu'elle avait devant elle. « Je suppose que nous ne pouvons plus rien faire ce soir. »
« Non, autant rentrer chez vous. », approuva Kimblee en se dirigeant vers la porte. « Le corps est à la morgue et il serait inutile de passer sa nuit à éplucher les témoignages, il est encore trop tôt pour cela… À propos… Comment s'est passée votre coopération avec les policiers ? »
« Eh bien… », commença Julia en levant les yeux au ciel.
« C'est un peu comme s'il ne savait pas sur quel pied danser. », lança Morris alors qu'ils sortaient tous les trois de la pièce.
« Vraiment ? », fit Kimblee d'un air dubitatif.
« Ils ont très nettement compris que c'est vous qui dirigez l'enquête à présent. », expliqua la jeune femme. « Mais en même temps, Holmes reste leur supérieur direct alors ils ne savent plus très bien à qui ils doivent obéir. »
« Et vous pouvez être sûr qu'il doit passer sa frustration sur eux en ce moment… », continua Morris en baissant soudain la voix.
« Je suppose que vos deux collègues sont déjà rentrés mais vous leur ferez passer le mot demain que malgré les ordres que Holmes peut donner à ses hommes, vous devez tout faire pour travailler en équipe avec eux et leur inspirer confiance. », dit Kimblee d'un ton sérieux. « Je n'aime pas la tournure que prend cette affaire et si nous ne prenons pas garde, nous risquons de nous retrouver avec deux groupes d'enquêteurs travaillant en parallèle, ce qui n'avancerait à rien. »
« Cela risquerait surtout de créer une belle pagaille et de donner au meurtrier l'opportunité de faire encore plus de victimes, n'est-ce pas ? », fit Julia tandis qu'ils passaient la porte principale du QG pour se retrouver dans la rue.
« C'est exactement ça. », répondit Kimblee en manquant de soupirer. « Mais s'ils sont malins, les policiers de Central sauront voir où se trouve leur intérêt et dépasseront les complexes de leur supérieur pour arrêter le meurtrier. »
« Espérons-le. », fit Morris en secouant la tête. « Bien, je vais par là. À demain, Morton… Monsieur Kimblee. »
Et après avoir salué tour à tour ses deux interlocuteurs, le soldat s'en alla, non sans une certaine joie de pouvoir enfin avoir un peu de repos après la dure journée qu'il venait de passer. Il ne remarqua donc pas le regard de l'écarlate qui le fixait toujours tandis qu'il s'éloignait peu à peu dans la pénombre de la rue, éclairée seulement par quelques lampadaires.
« Quelque chose ne va pas, monsieur Kimblee ? », demanda Julia en se rapprochant de lui.
« Je trouve qu'il a parfois un comportement quelque peu étrange. », répondit l'alchimiste, en fronçant les sourcils. « Je dois probablement lui faire peur, comme aux autres, mais il y a autre chose… »
« C'est peut-être parce qu'il s'inquiète pour moi. », fit la jeune femme en affichant un petit sourire et tandis que Kimblee se retournait brusquement.
« Il quoi ? », fit-il en haussant les sourcils de surprise.
