Euh... Bonjour?
Oui, ce retard est interminable mais je pense que vous commencez à en avoir l'habitude héhé...
Bref, j'ai réussi mes examens (dans la douleur) et dès début juillet, j'ai repris mes écrits. Avec la collaboration du paysage écossais, ça m'a redonnée encore plus l'envie de continuer cette fic! (mais ça n'intéresse personne xD)
Je tiens à vous remerciez du fond du coeur d'être toujours à l'affût d'un nouveau chapitre et vos reviews me font toujours un immense plaisir à lire!
Angico: Merci pour ta review et tu n'es pas la seule à détester Ombrage! xD
victoria leanansidhe: Merci beaucoup pour tes encouragements!
(désolée de vous répondre comme ça, je n'ai pas eu le temps de vous envoyer un MP ^_^')
Voilà, j'espère que ce chapitre vous plaira!
Bonne lecture ~
Chapitre 50: Plus seule
La nuit fut mouvementée. Mes bras avaient, instinctivement, enlacé mon voisin. Ma tête collée contre son torse et la tienne reposait au-dessus.
Tout ça aurait pu être un décor de rêve.
Dommage que Snape bavait sur mes cheveux tout en ronflant. Et mon esprit vagabondait dans des rêveries plus étranges les unes que les autres. En particulier la photo du directeur et de Gellert, tous les deux souriants. J'ouvris les yeux, un peu secouée. Le soleil peinait à percer les carreaux de la fenêtre. Il devait être très tôt. Non sans regret, je quittai ses bras et sortis du lit pour aller dans la salle de bain.
Il y avait longtemps que je ne m'étais plus glissée dans un bain chaud. Je pouvais tranquillement me reposer le cerveau. Quelques questions restèrent néanmoins. Devrais-je aller voir le directeur et lui demander s'il sait quelque chose sur Gellert? Ou devrais-je le faire plus subtilement? Ou encore, devrais-je attendre encore un peu? Sinon, allait-il me répondre ou fuir? Je n'en savais rien et ça m'énervait. En plus, je devais encore gérer la Ombrage comme tout le reste de l'école. Mais je ne pouvais pas l'énerver, sous prétexte de la protection de Snape, toute l'année. Il avait bien d'autres choses à faire que de s'occuper de moi.
*Même si j'adore quand il s'occupe de moi…* pensai-je, un petit sourire sur mes lèvres.
Je regardais mes bras lacérés, pensive. Peut-être que je devrais en parler à quelqu'un mais, si je faisais une telle chose, je devrais tout avouer. Et quelles pourraient être les conséquences si Papa l'apprenait? Je n'en savais trop rien et je me mis à faire des bulles dans l'eau avec ma bouche.
Je commençai à détester les bains. Ça me faisait trop réfléchir.
Je me lavai rapidement les cheveux avec un shampoing posé sur le rebord de la baignoire, puis je sortis de l'eau.
Un coup de baguette et voilà mes cheveux secs. Je me rhabillai, puis sortis en douceur de la pièce. Il faisait plus froid dans la chambre et un ronflement se faisait toujours entendre. Tant mieux. Je cherchai mes vêtements, sans succès. Tant pis, je me promènerais en pyjama dans les appartements et dehors. Il était sans doute trop tôt pour pouvoir se promener dans les couloirs sans se choper une retenue et je n'avais CLAIREMENT pas envie d'en avoir une. Je me posai sur le fauteuil préféré du professeur, toute contente de le lui chiper, et sortis le journal de Gellert de mon sac resté au pied du canapé.
C'était un journal intime. Un journal bien glauque, racontant en allemand le quotidien de mon arrière grand-oncle. Il était à Durmstrang et y fut renvoyé pour cause d'expériences de magie noire. Ses phrases étaient remplies l'ironie et de dégoût vis-à-vis de cette école. Il se moquait de son motif de renvoi, clamant que Durmstrang aimait la magie noire autant que lui.
Il parlait ensuite d'un village nommé Godric's Hollow, en Angleterre. Chez sa grand-tante. Une certaine Bathilda Tourdesac. Tiens, l'auteure du livre d'histoire. J'avais vraiment une drôle de famille, et surtout bien éparpillée. Il y fit la connaissance de Dumbledore et lui partagea des idées de règles, d'ordre sorcier régnant sur les Moldus. Je fus surprise de lire la phrase " Albus et moi dominerons le monde sous une seule bannière: Pour le plus grand bien".
*Le directeur nous cache bien des choses.*
Une dispute y était relatée entre Dumbledore et son frère. Il avait un frère? Et une sœur? Morte en plus? Je trouvais la réaction de Gellert – à savoir, fuir – très lâche et puérile.
Mais tout le début de journal n'était pas ce que je cherchais, à la base. Il ne disait rien ce qu'il avait vécu avant et en dehors de l'école.
Il parlait de son ascension en tant que Mage Noir. Il décrivait toutes les tortures qu'avaient subies ses ennemis. Une chose me tiqua et même, en un sens, me redonna espoir. Tous les coups, maléfices subis, il avait reçu lui-même, plusieurs années auparavant. Et par qui? Par son père tiens. Apparemment, il était l'espoir magique de la famille. Son père l'éduquait à coups de pieds, ciseaux et autres pour qu'il retienne les sorts, potions, etc.
Exactement comme moi. Papa prenait bien ce journal comme exemple d'éducation.
Voir ce qu'il était devenu me faisait froid dans le dos. Gellert avait tourné et était devenu fou dans ses dernières années de règne. Allais-je aussi devenir comme ça? Ferais-je subir le même traitement à mes enfants? Je commençai à remettre mon éducation en question. Mon père avait-il vraiment une considération pour moi autre que par le pouvoir? Il ne m'avait jamais félicitée pour quelque chose. Un sort, une potion, une énigme ou peu importe.
Je lisais la suite et Gellert relatait son enfance. Je superposai facilement mon enfance à la sienne car elles étaient très similaires. Un père violent, une mère passive, enchaînée par son mari qui la battait, et aucun soutien. Méfiance, agressivité, vengeance étaient devenues son quotidien. J'étais méfiante, agressive parfois et je m'étais vengée une fois. J'imaginai mon avenir dans le même schéma que Gellert.
Ma grand-mère avait raison depuis le début.
Je me dégoûtai. J'avais l'impression d'avoir été conditionnée pour devenir le nouveau Mage Noir. Que ma vie ne n'avait jamais vraiment appartenue. D'être le pantin de mon père.
Il fallait que ça change.
Plus jamais je ne laisserai manipuler par lui. Plus jamais je ne laisserai décider de ce qui était bon pour moi. J'obtiendrai notre liberté, même cela devait se faire dans le sang. Holmgeir n'aura jamais à subir des coups et maman sera libérée de ses chaînes.
Tout cela sonnait comme une promesse de meurtre.
Mais je ne lui donnerai pas ce plaisir. La prison à vie lui suffira.
Je refermai le livre, au bord des larmes. Une ombre s'assit sur le canapé.
- Comme ça, on vole es fauteuils des autres? railla une voix bien connue.
Je le vis faire un geste vers le canapé avant de s'arrêter brusquement en me fixant, l'air profondément choqué. Il ne s'en cachait pas pour une fois. Il s'agenouilla et prit mon bras gauche entre ses doigts, contemplant mes coupures en silence.
- … Professeur, que feriez-vous si vous appreniez qu'un membre de votre famille essaye de faire de vous, le futur Mage Noir?
Super, je venais de me prendre une balle dans le pied. Moi qui, de base, ne voulait pas que quelqu'un le sache. En vérité, ces révélations m'avaient donné envie de tout déballer. Je craquai intérieurement. Ce "secret" était devenu trop lourd pour moi mais je n'avais personne à qui me confier.
A regarder, seul l'homme assis à côté de moi était digne de confiance. Il avait pris soin de moi à plusieurs reprises, s'était inquiété pour moi. Je lui avais menti au sujet des marques sur mon dos, l'année passée. Il y avait d'autres personnes ce jour-là et je ne le lui faisais pas totalement confiance. Mais lui, il me faisait suffisamment confiance pour me laisser entrer dans ses appartements, lire ses livres, faire du rangement, utiliser sa salle de bain…
Il faisait en sorte que je me sente chez moi.
Il "partageait" sa vie avec moi.
J'avais accès à une partie plus intime de lui.
Au final, il était légitime de le considérer comme digne de confiance.
Il lâcha mon bras et me fixa droit dans les yeux. Ce noir était si fascinant que je n'arrivai pas à détourner mon regard.
- Legilimens. dit-il.
Une foule de souvenirs remontèrent. De ma première visite en bas des escaliers où j'avais entendu la première menace de mon père sur ma mère à mes conclusions à la fin de la lecture du journal de Gellert. Toutes les fois où les ciseaux, les pieds, les mains et la baguette s'étaient levés contre ma personne remontèrent dans mon esprit aussi vite que le son. Je revivais tout. Absolument tout. La douleur, la vue brouillée, les cris de tous les côtés. Mon indécision sur tout que j'endurai depuis le début à cause de la grand-mère. Mon héritage révélé à Grindelwald.
Toute ma vie défilait devant mes yeux. Je ne comprenais véritablement les intentions de mon père qu'à ce moment, en voyant l'histoire se former. Bizarrement, je sentis une présence étrangère à tout ça. Mais peu importait. La douleur de mes souvenirs était plus forte. Puis, d'un coup, tout cela s'arrêta.
J'éclatai en sanglots et je déballai tout.
- Je ne suis qu'un jouet pour lui. Un être fait pour devenir ce qu'il n'a jamais réussi à devenir: un mage noir aussi puissant que son grand-oncle. Il n'a jamais eu une estime de moi, m'a battue à plusieurs reprises avec différents objets en plus des mains et des pieds. Des ciseaux, la magie, des couteaux, des objets lourds. J'ai peur de lui, j'ai peur de chaque mouvement brusque dans mon entourage. Il a surveillé mon évolution et était fier de moi lors de l'incident avec Milicent. Je deviens comme il le souhaite, folle et cruelle.
Je marquai un silence pour respirer.
- Il bat ma mère et utilise mon frère comme moyen de pression contre elle et moi. S'il s'attaque à lui, il meurt. Et…
- Tais-toi! cria-t-il en se levant et en enfonçant mon visage contre son torse pour étouffer ma voix.
Mais je continuai de pleurer.
- Je l'ai vu. Tu as peur. Tu n'es pas en sécurité chez toi mais tu n'as pas le choix parce que tu n'as nulle part où aller sinon.
Je m'accrochai à lui comme s'il était ma bouée de secours.
- Je te protégerai. Je te le promets. Tu n'es plus seule. murmura-t-il contre mon crâne.
Nous restâmes de longues minutes enlacés. Je pleurai tout ce que je pouvais sur lui. Je me sentais vidée de toute énergie, une coquille sans âme. Et en même temps, plus sereine. Soulagée d'en avoir pu parler avec quelqu'un, de ne plus me sentir seule. Je remarquai à peine qu'il avait repris sa place sur le fauteuil avec moi assise, perpendiculairement, sur ses genoux. Son odeur de parchemin me calma lentement. Ce moment devenait agréable.
Des bruits de pas se firent entendre de l'autre côté du mur. Des élèves de Serpentard se dirigeaient probablement vers la Grande Salle pour manger. Je retenais ma respiration, craignant qu'un élève, Drago par exemple, entrait et nous voyait comme ça.
Puis, le silence. Je repris lentement ma respiration. J'avais terminé de pleurer sur les robes de Snape.
- Tu as fini? Il faudrait aller manger le petit déjeuner.
- Oui… Mais je n'ai pas faim. J'ai besoin de m'occuper l'esprit.
Je le sentis rire au fond de sa poitrine.
- Vous allez rattraper les cours que vous avez séchés cette semaine.
- Vous croyez que je préfère être avec Ombrage?
- Bien sûr. Vous passez plus de temps avec elle depuis le début de l'année. Vous devriez parler à elle de vos problèmes.
Je le regardais, septique avant de rire comme une idiote. Sa raillerie me donna un petit souffle de bonheur. Je m'écartai de lui avant de me lever du canapé.
- Alors? Quelles potions?
Il me montra le passage vers le bureau. Je haussai un sourcil.
- Parchemin sur le bureau. J'ai d'autres choses à faire que de vous expliquer. Et vous êtes en année de B.U.S.E., Miss.
- Autres choses? Comme vous changer? Vous ai-je mouillé?
Il se leva et me fit face.
- De toute évidence.
- Hahaha. Je vais aller voir votre bureau.
Je me dirigeai vers le bureau et pris un parchemin posé à côté d'une pile de correction. Quatre potions différentes! Il voulait me tuer!
Et voilà, il connaît enfin son histoire et ses craintes! Que va-t-il se passer entre ces deux-là? Comment va-il la protéger? A vos hypothèses! :)
Laissez une review, même de quelques mots, ça fait plaisir!
