Note de l'auteur : Je sens que je n'ai pas fini de me faire taper sur les doigts avec mes titres de chapitre... :p Si les lecteurs font la tête rien qu'au chapitre 54 (Mariage), je me demande ce qu'ils feront pour les chapitres 61 et 62... *ricane en imaginant les lecteurs pleurer en s'arrachant les cheveux* :D


Réponses aux reviews

kazenoseiren : Mais si, ils finiront ensemble ! Ne t'inquiète pas, j'ai presque fini de les faire souffrir ! Encore une douzaine de chapitres de souffrance et c'est bon :p *PAN*

Holidays : XD J'étais sûre qu'il y aurait au moins une personne pour risquer l'infarctus en lisant le titre ! Je ferai remarquer que Jellal est un homme de niveau cérébral moyen, surtout lorsqu'il s'agit de filles. Son idiotie n'est donc pas exagérée... Bon, d'accord, peut-être un tout petit peu. Il te reste dix-sept chapitres - sans compter celui ci-dessous - pour préparer ton discours d'au revoir :p

Moirice : Pour le coup, mon titre de chapitre était quelque peu trompeur. :) Tu sais, je pense qu'Erza aussi doit avoir envie de lui en coller une. Quoique... Si on lit le chapitre 55 ci-dessous... Mais je ne dis rien. Pas de spoil ! :p

Lauraine Tonksm : Moi, je me mets tous mes fans à dos ? *relit ses commentaires depuis le premier chapitre* Ah tiens, j'avais pas remarqué les menaces de mort de plus en plus récurrentes à mon encontre *PAN*

Mirajane1 : Tu m'as posté une review au chapitre 52. Vu que celui ci-dessous est le 55... Si on compte le nombre de chapitres entre les deux, oui, tu 'emmêles les pinceaux :) Si on prend en considération le temps entre chaque publication, effectivement, ça fait un peu plus longtemps. Faute partagée, dira-t-on. :p Avant les gosses on va penser au mariage, hein. Ils sont dans une société un peu moyenâgeuse, les gosses avant le mariage ça le fait pas trop là-bas dedans. Ultime question : pourquoi la joue droite ? C'est ma question existentielle du jour, vu qu'il fait trop chaud pour que je réfléchisse convenablement.

Lehanna : Toi je sens que tu vas pleurer au chapitre 61... Je dis ça comme ça, hein. :p *PAN* C'est vrai que quand on imagine Edo-Erza, on l'imagine mal en mariée resplendissante ou en maman affectueuse. En amante passionnée, là par contre, ça passe tout de suite mieux :p

Nethzea : Ta review - que j'ai lue il y a un moment déjà -, m'a fait prendre conscience que oui, il faut que je fasse gaffe avec le caractère de mes personnages... A ma décharge, et ce sera mon unique excuse, j'écris une autre fiction Mystwalker en même temps que celle-ci, et dans cette autre histoire, Erza et Jellal ne se connaissent pas et ont des personnalités et des histoires différentes. Voilà, excuse balancée, mais je serais inexcusable si je finissais avec des persos OOC. Au passage, je suis très heureuse que tu apprécies tout de même ma fiction. Et si je peux me permettre, si tu aimes le couple, tu devrais lire Passe d'armes de Lou Celestial et L'aube d'une nouvelle ère de Kallen Mason. Les deux ne sont pas encore terminées, mais ce sont sûrement les meilleures du genre. :)

Seth Horo : Les Conseillers, c'est fait pour emmerder le monde u_u Y'a qu'à voir nos propres politiciens. Et oui, au cas où tu te le demanderais, je n'aime pas la politique. :)


55. Amertume

X792, Edolas, Cité Royale

La migraine.

C'était la compagne numéro un de Jellal, ces derniers temps. La dernière fois qu'il en avait eu, c'était sur Earthland, et il suffisait d'une pilule magique pour dissiper le plus persistant des mal de tête. Sur Edolas, on devait s'en remettre aux remèdes de grand-mère comme le thé à la camomille - et éventuellement sur la chance.

Il détestait la camomille et n'avait pas de chance - s'il en avait eu, il serait marié avec une Erza au comportement bien plus aimable et il n'aurait pas de migraines.

Penser à la Commandante lui amena un goût amer au fond de la gorge. Elle n'était toujours pas venue s'expliquer. Des excuses ? Nenni. Bien au contraire, elle continuait à l'éviter autant que possible. Il avait eu un espoir quand elle avait commencé à revenir aux réunions du Conseil - au grand dam des Conseillers -, mais il avait été vite déçu.

Elle le regardait à peine, ne lui adressait la parole que si elle y était strictement obligée, et s'arrangeait toujours pour éviter de se retrouver seule avec lui.

Où était passée la complicité qui les avait lié autrefois ? Leur enfance était loin - vingt ans déjà -, mais le lien qu'ils avaient noué à l'époque lui semblait alors indestructible. Sept ans de séparation n'avaient pas suffi à le briser, et pourtant aujourd'hui il se demandait presque si Erza était seulement encore son amie.

Ils ressemblaient à deux étrangers.

Ce constat lui faisait mal au coeur, et l'amertume s'intensifia. Pourquoi ne venait-elle pas lui expliquer, merde ?! Même si elle n'était pas douée avec les mots, il fallait bien qu'elle le fasse, un jour ou l'autre !

La petite voix au fond de son coeur se manifesta, en lui faisant remarquer qu'il lui jetait la pierre alors qu'une relation impliquait au minimum deux personnes. Il refusa de l'écouter, elle se fit plus insistante. Le mal de tête revint, à sa plus grande exaspération. Il balaya la voix loin dans le fond de son esprit, espérant l'y étouffer pour de bon, et cette fois-ci elle se tut. Mais le mal était fait et son crâne le lançait douloureusement.

Il étouffa un juron et son irritation grandit un peu plus. En marchant dans le couloir, il tomba presque nez à nez avec la responsable de son désordre intérieur. Le rouge de ses cheveux lui brûla les yeux. Elle semblait mal à l'aise - Tiens donc !, pensa-t-il ironiquement. Encore heureux.

Elle évita son regard et fit mine de repartir, comme s'ils ne s'étaient pas croisés. La colère le prit, et la douleur contre ses tempes s'intensifia à nouveau.

« Une petite minute, Commandant Knightwalker. », l'interpella-t-il d'un ton dur, autoritaire.

Dos à lui, Erza se figea. Il vit sa main droite se resserrer presque imperceptiblement sur sa lance. Elle se tourna à demi vers lui, prête à partir sitôt qu'il aurait terminé - Prête à s'enfuir, oui !, rugit la part de lui dominée par la colère.

« Majesté ? »

Sa voix ne tremblait pas. Elle était froide, détachée, professionnelle. Tendue. Trop tendue pour être naturelle. Elle était mal à l'aise et, d'une façon malsaine, cela déclencha en lui une vague de satisfaction. Vois ce que tu as fait de moi. Vois et subis-en les conséquences.

« Je suis heureux de voir que vous vous êtes décidée à revenir aux Conseils Je craignais que vous n'ayez commencé à oublier vos devoirs en tant que Commandant. »

Son ton était doucereux, avec une pointe de sarcasme. Du rouge colora légèrement les joues de la guerrière et il retint un rictus. De la honte ? Tu devrais y être habituée, pourtant, siffla son démon intérieur.

« Je suis navrée d'avoir été absente, Majesté, déclara-t-elle au bout de quelques instants, mais avec tous nos voyages je n'ai pas souvent été en mesure d'entraîner mes hommes d'une façon assez satisfaisante à mon goût. Mais il me semble que Simon a tenu mon rôle en Conseil de manière acceptable, puisque personne ne s'est plaint de lui.
- Effectivement. Et puisqu'entraîner vos hommes est si primordial, je vous laisse y retourner. »

Sur ces mots, il lui tourna le dos et s'en alla, la plantant sur place.

Il n'avait peut-être pas réussi à placer une bonne pique cette fois-ci, mais au moins il avait eu le dernier mot.

Elle refusait de s'expliquer, le plongeant dans un enfer de questions sans réponses et de maux de tête incessants ? Soit.

Mais alors il s'emploierait à lui faire vivre un enfer au moins égal.


Erza regarda le Roi s'éloigner, plantée au milieu du couloir - heureusement vide.

Le Roi. C'était le Roi, oui, le souverain d'Edolas, l'homme le plus puissant du monde, qui régnait sur le plus grand Royaume.

Mais elle n'arrivait plus à retrouver en lui le petit garçon d'autrefois. Il avait perdu son sourire et sa naïveté, sa gentillesse et sa sympathie. Il était devenu dur, amer, froid et sarcastique. Il lui ressemblait, à elle, désormais, et ça lui brisait le coeur.

Parce qu'il n'était plus Jellal, le Jellal qu'elle connaissait. Connaissait. Parler au passé ouvrit un nouveau trou dans sa poitrine. Mais c'était vrai. Elle ne connaissait pas le Jellal d'aujourd'hui, celui qui lui avait parlé si froidement il y avait à peine quelques minutes. Elle ne le comprenait pas, et ne savait pas comment agir en face de lui, ne savait pas quoi répondre à ses piques sarcastiques, ironiques et méchantes.

Certains diraient certainement que c'était bien fait pour elle. Après tout, c'était elle, la spécialiste des piques méchantes et ironiques. Mais elle savait les dire, pas y répondre. Surtout quand elles venaient de Jellal. Parce que ça ne correspondait pas au Jellal gentil, maladroit, timide et naïf qu'elle avait connu et côtoyé.

Dire qu'autrefois la naïveté du bleu l'énervait ! Elle aurait tout donné, aujourd'hui, pour qu'elle revienne en lui. Elle ne put s'empêcher de se dire que c'était de sa faute à elle, que sans s'en rendre compte et sans vraiment le vouloir, elle avait transformé le gentil Jellal en un homme dur à son image.

Mais quand le changement s'était-il opéré ? Qu'avait-elle fait, ou pas fait, pour que la personnalité de Roi aux cheveux d'azur effectue un tel revirement ? Quel était son crime, pour qu'il devienne si sec avec elle ?

Peut-être était-ce du à son caractère ? Elle n'était pas bête, elle savait bien que son tempérament insolent, têtu, borné et sarcastique déplaisait à un grand nombre de gens. Mais Jellal n'avait jamais semblé en être ennuyé, lui. Pas vraiment, du moins. Parce qu'il la connaissait, parce qu'il savait qu'elle ne savait pas vraiment faire autrement. Parce que c'était son ami et qu'il lui faisait confiance.

Et c'était cette confiance en elle, malgré tous ses défauts, qui l'avait poussée à garder ce comportement haïssable. Parce qu'elle pensait que lui, il saurait toujours voir à travers le masque froid et la dureté de l'armure. Qu'il verrait toujours Erza à travers ses grands yeux verts, emplis d'innocence et de gentillesse.

Les yeux de Jellal avaient changé.

Et elle se détestait d'en être la cause.