Trop d'Amour Te Tuera
46 – Le Bal d'Halloween
Bien évidemment, aucun garçon n'avait invité Lorena. Elle s'en moquait. En fait, il n'y avait qu'une seule personne au monde par qui elle aurait aimé être invitée. Mais c'était un professeur et elle savait qu'il ne le pouvait pas. De plus, il n'appréciait pas trop ce type de réception de toutes façons.
Lorena l'aimait toujours, plus que jamais. La nuit, seule dans son lit, elle passait du temps à chérir les moments délicieux qu'ils avaient partagés dans la caverne il y a presque trois mois. Trois mois déjà ! pensa-t-elle tandis que sa main parcourait son ventre. Oui, elle pouvait sentir qu'il devenait plus rond mais cela ne se voyait pas encore. Sous ses robes de style médiéval, son uniforme et ses robes d'école, il y aurait encore un autre mois avant que sa grossesse ne commence à être apparente. Peut-être, avec un peu de chance, il en serait ainsi jusqu'à Noël. Mme Pomfresh lui avait raconté que passé trois mois, les probabilités de faire une fausse-couche diminuaient spectaculairement. Elle lui avait expliqué qu'elle devait s'attendre à ce que son ventre commence à pointer à partir du quatrième mois, c'est-à-dire courant Novembre.
Lorena soupira. Elle espéra que l'avenir ne serait pas trop dur pour elle à cause de sa grossesse. Elle palpa l'anneau des Serpents-d'Amour et y mit tous ses espoirs, espérant que ses camarades de classe la laisseraient tranquille. L'anneau devrait lui accorder une protection à cet égard, même si Lorena estimait parfois que c'était là une protection plutôt mince.
A présent, il n'y avait pas de nuit pendant laquelle elle ne pensait pas à Severus avant de s'endormir. Elle continua à envoyer des vagues d'amour aux Serpents-d'Amour, les nourrissant autant qu'elle le pouvait. Si seulement Severus n'avait pas été aussi brutal… mais il n'éprouvait pas d'amour pour elle, il l'avait seulement utilisée dans un but charnel bien à lui. Elle avait fait un choix et devait en supporter les conséquences. Elle avait choisi d'aimer cet homme, un homme qui n'éprouvait pas de sentiments d'amour pour elle. Elle n'avait pas choisi de tomber enceinte mais elle avait choisi de l'accepter néanmoins.
Je suis une Serpentarde. Nous choisissons d'assumer les conséquences de nos actions.
Le soir d'Halloween, tout le château était devenu une ruche pour le festin et le bal. Le quartier des Serpentards n'était pas étranger à cette activité. Lorena avait attendu que la dernière fille quitte les lieux pour se préparer. Elle était restée allongée sur son lit, les rideaux tirés tout autour, en silence. Personne ne lui avait prêté la moindre attention. Elle venait de prendre une douche et avait enfilé la jolie chemise longue blanche, ainsi que ses bas. Le médaillon des Rogue pendait à l'extérieur de son vêtement, entre ses seins.
Une fois les autres filles parties, Lorena sauta de son lit comme le diable hors de sa boîte, pour mettre sa robe. C'était facile et elle mit ses chaussures aussi. Puis elle courut à la salle de bain, où elle fut complimentée pour sa tenue par le miroir enchanté. Elle jeta un charme sur elle-même pour son maquillage (discret) et sur ses cheveux pour les arranger. Le médaillon des Rogue complétait son accoutrement en ajoutant une jolie touche brillante. Elle rangea sa baguette dans un fourreau discret attaché à la ceinture couleur d'argent qui embellissait sa taille. En moins de dix minutes, elle était prête pour rejoindre la Grande Salle.
Elle y arriva rapidement car elle ne voulait pas rater le début du bal. Enfin, tout le monde serait là avant l'ouverture, pour le discours du Directeur et autres. Cela lui donnait une quinzaine de minutes environ, suffisamment pour se préparer et y aller.
Elle parvint à retrouver son chemin rapidement vers le Hall d'Entrée où tout le monde s'était réuni. Elle resta en haut des escaliers. Une fois là, elle rencontra d'autres étudiants des autres Maisons. "Dites-moi seulement, est-ce que le Professeur Rogue se trouve dans le Hall ?" demanda-t-elle à l'un des garçons.
Les yeux du garçon balayèrent les lieux. "Oui, derrière le Directeur, à côté du Professeur McGonagall."
"Excellent, merci."
"Tu es très jolie comme ça," murmura le gamin avant qu'elle puisse répondre. Lorena se contenta de lui sourire.
Le Directeur était au milieu de son discours. Lorena pressa les autres étudiants à se frayer un chemin discrètement dans le Hall. Quant à elle-même, c'était là une toute autre question. En particulier dans cette magnifique robe verte.
Alors que l'auditoire applaudissait le discours du Directeur, Lorena décida de se montrer. Elle agrippa la rampe latérale de l'escalier – ce n'était pas le moment de rater une marche et de tomber.
Elle commença à descendre les escaliers avec un calme aussi digne que possible. Au début, personne ne sembla avoir remarqué. Puis soudain, un membre du personnel avait vu quelqu'un dans les escaliers.
Severus observait la jolie apparition avec une intensité dans les yeux sans précédent. "Non… ce n'est pas possible…" murmura-t-il à lui-même, cependant suffisamment fort pour que Minerva – qui se tenait à ses côtés – l'entende. Dès qu'il eut reconnu Lorena, il marcha rapidement pour la rencontrer pratiquement au bas des marches.
Tout le monde était surpris de voir le Maître des Potions traverser le Hall à la rencontre d'une personne. C'est alors que tout le monde tourna la tête vers la fille qui se tenait là. Certaines personnes sursautèrent. D'autres murmurèrent "Oh, qu'elle est belle !" et autres délicatesses. Ils virent le Maître des Potions venir à sa rencontre. C'était là des plus inhabituels car c'était là un fait bien connu que le Professeur Rogue ne dansait jamais ni même n'appréciait les bals donnés à Poudlard.
Tout le monde avait reconnu Lorena. Son regard gris pâle et vide ne pouvait tromper personne. Elle affichait un minuscule sourire sur les lèvres, qui adoucissait son visage.
Tout le monde, y compris Alastor Moody. Son œil magique l'avait détaillée et il devait avouer qu'il la trouvait délicieuse. Malheureusement, le Maître des Potions avait été plus rapide que lui. Il les vit se rencontrer au milieu de la salle. Il avait le sentiment bizarre qu'il y avait quelque chose entre eux. Son état d'esprit d'Auror avait enregistré la façon dont la paire interagissait ensemble. Pas grand-chose mais des signaux faibles qui parfois en disaient beaucoup pour lui, ce qui constituait la base sur laquelle sa constante vigilance était bâtie. Il soupira.
De toutes façons, je ne peux pas danser. Mais quand même, elle est splendide !
Severus vint à elle. "Mlle Nottingham…" Lorena reconnut sa voix et son sourire s'élargit.
"Professeur Rogue ?"
"Donnez-moi la main afin que je puisse vous guider."
Elle lui tendit la main pour qu'il la prenne. Dès qu'ils entrèrent en contact l'un avec l'autre, ils reçurent tous les deux un choc qu'ils cachèrent soigneusement. Severus la guida à l'intérieur de la Grande Salle.
On pouvait entendre un peu de musique qui jouait dans le fond. Les musiciens se préparaient pour le bal lui-même, accordant leurs instruments.
Pendant ce temps, la scène n'avait laissé personne indifférent. Minerva et Albus échangèrent un regard qui en disait long. Les autres enseignants étaient surpris de voir que le Maître des Potions s'était décidé à faire le premier pas. Ce type de premier pas.
Les étudiants aussi furent surpris. Les plus âgés, en particulier les Serpentards, se rappelaient n'avoir jamais vu le Professeur Rogue s'intéresser à un bal donné ici par le passé. Ils pensèrent seulement qu'il faisait cela pour guider une étudiante aveugle de sa propre Maison.
Les filles détaillèrent la tenue de Lorena et la trouvèrent vraiment jolie. Elles connaissaient ses goûts pour ce type de vêtements mais avaient eu rarement l'occasion de la voir habillée ainsi, car elle portait toujours son uniforme et ses robes d'école par dessus. De plus, cette robe était réellement belle, tant par le tissu, que la couleur et le dessin, tandis que ses robes du week-end étaient très simples la plupart du temps.
Quant aux garçons… ils la déshabillèrent du regard. En fait, les plus jeunes remarquèrent qu'elle n'était plus une fille mais une bien jolie jeune femme. Qui n'aurait jamais cru que c'était là la jeune aveugle de Serpentard ? Au fait, comment cela se faisait-il qu'il y avait d'aussi jolies filles chez Serpentard ?
L'attention d'un des garçons fut particulièrement capturée. Drago Malefoy en restait bouche bée, comme s'il la regardait pour la toute première fois de sa vie. C'était vrai, elle était richement habillée, belle et classe. Dans ses vêtements, elle ressemblait à une sorcière… pur-sang et sa beauté avait quelque chose… Elle n'est pas de ce monde, pensa-t-il, sans comprendre sa propre pensée. Pendant un instant, il oublia Pansy Parkinson pendue à son bras. Il avait complètement oublié que la belle fille accompagnée par le Professeur Rogue était une « sale Sang-de-Bourbe aveugle » selon ses propres normes.
Severus se Lorena trouvaient au milieu de la Grande Salle désormais. Albus jeta un coup d'œil à Minerva une dernière fois. Un petit sourire mutin du professeur écossaise répondit à l'éclat malicieux pétillant dans les yeux bleus du Directeur. D'un geste vers l'orchestre situé derrière lui, il leur fit signe de commencer à jouer afin que le seul couple sur la piste de danse puisse ouvrir le bal.
Les premières mesures d'une danse commencèrent à jouer. "Oh, une valse !" fit Lorena suffisamment fort pour que Severus puisse l'entendre. Elle s'arrêta dans ses pas. Le Maître des Potions la regarda. Il était clairement écrit sur le visage de la jeune femme qu'elle voulait danser. S'il te plaît.
Severus perçut sa requête par leur contact télépathique. Il se rapprocha d'elle et posa une main sur sa taille, tandis que les doigts de son autre main se mêlaient à ceux de sa cavalière. Lorena remarqua alors qu'il ne portait pas son habituelle robe noire de professeur. Sinon, il était habillé comme à l'accoutumée – elle avait reconnu le tissu de sa redingote noire quand elle avait posé un main sur sa poitrine.
"On joue à l'entremetteur, Albus ?" dit Minerva quand elle vit Severus mener Lorena pour danser.
"Vous parlez de notre cher Maître des Potions ? J'ai bien peur que cela soit fait depuis quelques temps déjà."
"C'est un joli couple en effet," continua Minerva. "Si un jour le Conseil d'Administration vous chasse de Poudlard, Albus, vous pourrez toujours vous reconvertir dans les agences matrimoniales."
Le vieux Directeur sourit. "C'est bon de voir les gens s'amuser." Il songea à l'épreuve qui attendait Lorena et Severus en compagnie du Seigneur des Ténèbres. "Tout particulièrement ces deux-là. Une union conclue au paradis."
Une douce valse lente avait démarré et c'était comme s'ils étaient seuls au monde. En fait, ils étaient le seul couple sur la piste de danse. Severus la regardait, le désir écrit sur son visage, ses yeux de charbon la dévorant. Lorena avait ses yeux vides fixés sur lui, un sourire sur les lèvres. Ce que ses yeux ne pouvaient exprimer, sa bouche le faisait. Elle appréciait cet instant, la joie la faisait rayonner encore plus. Elle était aveugle mais son sens de la musique et ses vieux souvenirs de valse compensaient son handicap. Par ailleurs, Severus la menait d'une main ferme. De loin, personne n'aurait pu se douter que la femme était aveugle.
"Vous êtes ravissante, ma chère," lui dit-il doucement.
"Je ne savais pas que vous saviez si bien danser, Professeur," murmura-t-elle.
Il lui sourit moqueusement. "Il y a beaucoup de choses que vous ignorez à mon sujet, Mlle Nottingham. Je suis tout à vous pour vous les découvrir," ronronna-t-il à voix basse.
Le sourire de la jeune femme s'élargit. Vu de l'extérieur, ils prenaient un plaisir évident à danser ensemble. Une minute plus tard environ, Severus fit un geste au reste du public pour qu'ils puissent les rejoindre sur la piste. Quelques couples s'avancèrent. Albus prit la main de Minerva pour la mener pour cette valse.
A présent, la piste de danse était remplie de couples tournoyant. Une autre valse démarra, son tempo plus rapide. Mais Lorena parvint à garder le rythme avec Severus qui la menait toujours fermement. Elle s'amusait vraiment et au fur et à mesure qu'ils dansaient, elle pouvait sentir que son « presque amant » se détendait et appréciait aussi l'instant présent.
"Est-ce que vous réalisez, Mlle Nottingham, que de nombreuses personnes, parmi elles des jeunes gens, sont en train de vous regarder comme des… loups affamés ? Il y en a toute une meute ici."
Lorena enchaîna avec son commentaire acerbe. "Vous êtes sûrement au courant que je peux me défendre, Professeur. Par ailleurs, avec quelqu'un comme vous, qui danse avec moi, je ne crois pas qu'ils seront beaucoup à oser m'enlever à vous."
"Je ne parierais pas sur ça, Mlle Nottingham. Drago Malefoy n'arrête pas de vous regarder à chaque fois qu'il le peut, c'est-à-dire, lorsque Mlle Parkinson ne prête pas attention."
"Oh ! Je croyais n'être qu'une « sale Sang-de-Bourbe aveugle » pour lui !" Elle pouffa de rire. "Certaines personnes ont la noblesse qui leur est conférée par la naissance, pas par leur qualités morales."
"Manifestement." Severus songea qu'il n'était lui-même qu'un sang-mêlé – c'est-à-dire, considéré même comme inférieur par certains de ces sorciers et sorcières sang-pur. Cependant, il était parvenu à grimper jusqu'au sommet de la hiérarchie de sa spécialité et de sa profession. Il ne devait le peu de richesse qu'il possédait, qu'à son dur travail. Il était l'espion le plus important à la fois pour l'Ordre et le Seigneur des Ténèbres. Il ne le devait qu'à son intelligence, ses qualités et ses compétences – pas à sa naissance.
Ils continuèrent à danser la valse suivante. Puis Severus la mena vers une table pour une boisson non alcoolisée. Etant donné la visite particulière qu'ils devaient faire plus tard, ils avaient tous les deux décidé de ne pas boire d'alcool du tout.
Lorena sirotait son jus de citrouille quand elle sentit une légère pression sur son bras. "Puis-je avoir la prochaine danse avec toi ?"
"Drago ?" Elle avait du mal à croire qu'il lui demandait de danser avec elle !
"Oui."
"Pour une surprise... Tu n'as pas peur de ce que Pansy peut en penser ? Toi, danser avec une… sale Sang-de-Bourbe aveugle comme moi ?"
"Allons, Lorena. Ne fais pas la bête."
"Oh non, Drago. Mais il se passe que Pansy et moi sommes dans la même Maison. Je ne veux pas l'avoir sur le dos pour le reste de l'année parce qu'elle aurait clairement compris tes intentions envers moi."
Lorena percevait bien que le jeune homme n'était pas content d'être repoussé. "J'aurais bien aimé danser avec toi, Drago, mais étant donné ma naissance, je dois refuser."
"Tu préfères la compagnie de Rogue, n'est-ce pas ?" fit-il avec colère.
"C'est le Professeur Rogue, tu veux. C'est un sang-mêlé d'après ce que je sais et il ne m'a jamais insulté à propos de ma naissance ou de mes origines. De plus, c'est un excellent danseur. Il se trouve que j'apprécie ces deux qualités qu'il possède."
"Laisse-moi seulement t'accompagner dehors alors. Je ne suis pas du style à faire… des confidences en public comme ça."
"Des confidences, Drago ? Tu me surprends." Elle posa son verre désormais vide. "Très bien. Guide moi, s'il te plaît, tu veux."
Drago regarda autour de lui. Pas de Pansy aux alentours. Il prit Lorena par le bras et la mena vers un coin discret de la Grande Salle. Une énorme citrouille s'y trouvait, les cachant pratiquement en entier.
"Bon, c'est quoi que tu voulais me dire, Drago ?"
"Je voulais m'excuser, Lorena."
"T'excuser ?" Là, pour le coup, c'était un choc. "Tu es plein de surprises, Drago."
"Je n'aurais pas dû te dire toutes ces choses à propos de…" Il était perdu dans ses paroles, ce qui était plutôt inhabituel. "A propos de toi qui est une Sang-de-Bourbe et tout ça. Tu es…"
Drago Malefoy qui s'excusait ? Pour ce motif ? Apparemment, cela valait bien la peine de se mettre Pansy à dos à l'avenir, après tout.
"Tu es belle, Lorena," fit-il d'une voix rauque où l'on pouvait entendre le désir. "Je ne parle pas de ta tenue… ou de ton bijou… ou… eu importe. Tu es seulement… étonnamment belle et je ne suis qu'un imbécile pour ne pas l'avoir remarqué plus tôt."
Lorena lui sourit. "Eh bien, Drago, voilà qui est plutôt inattendu." La pression sur son bras s'intensifia mais l'intention derrière n'était pas de faire du mal.
"Est-ce que tu accepterais de sortir avec moi alors ?" fit-il soudain.
Maintenant, c'était au tour de Lorena d'être perdue. Elle ne pouvait pas lui dire toute la vérité, qu'elle était grosse de l'enfant d'un autre homme – un homme qui n'était autre que le Directeur de la Maison de Serpentard – et déjà liée à lui. Sinon, il n'y avait aucune raison pour ne pas sortir avec Drago.
"Je ne crois pas que ce soit là une bonne idée, Drago. Et Pansy ? Elle a des sentiments pour toi. Par ailleurs, je ne crois pas que tes parents seraient très contents d'apprendre que tu sors avec une… Sang-de-Bourbe comme moi." N'importe quelle raison ferait l'affaire, sauf la vérité.
"Mais tu ne serais pas contre de toutes manières, n'est-ce pas ? Dis, qu'en penses-tu du prochain week-end à Pré-au-Lard ?"
"Je ne peux pas te promettre, Drago. C'est… Disons, si c'est seulement sortir à Pré-au-Lard, en tout bien tout honneur, et comme j'ai besoin d'un guide pour y aller, pourquoi pas." Elle ne pouvait pas lui dire qu'elle était promise et qu'elle attendait un enfant. Elle ne pouvait pas dire « non » brutalement car cet engouement soudain pour elle de sa part pourrait s'avérer utile ultérieurement. "Je pense que nous devrions retourner à la piste de danse. Certaines personnes pourraient s'inquiéter."
"Je me moque de Pansy ! Ou de n'importe qui d'autre !" Ce disant, il attrapa Lorena tout contre lui et l'embrassa. En fait, il avait prévu de l'embrasser mais Lorena avait perçu ses intentions à l'avance et avait vite tourné la tête. Son baiser atterrit sur la joue de la jeune femme.
"Il se trouve que je m'inquiète, Mr Malefoy !" dit une voix profonde, soyeuse, dangereuse, derrière Drago. Le jeune homme se retourna et ses yeux gris rencontrèrent le regard noir de son parrain et Directeur de Maison. "Qu'est-ce que vous étiez en train de faire, Mr Malefoy ?" Il le savait, il avait surpris la conversation.
Lorena vint à la rescousse de Draco. "Tout va bien, Professeur. Drago ici…" Pendant une seconde ou deux, elle hésita. Elle avait perçu qu'il ne souhaitait pas que d'autres personnes sachent qu'il avait présenté des excuses à une Sang-de-Bourbe pour son comportement raciste. "Drago me demandait seulement de sortir avec lui pour le prochain week-end à Pré-au-Lard." Mieux valait ça que de dire la vérité. Elle sentit que le jeune homme se détendait, un sentiment de gratitude émanant de lui. Il avait probablement compté sur ses capacités de télépathe de contact car il avait toujours sa main posée sur le bras de sa camarade.
Severus observa son filleul avec suspicion. Le jeune homme ne vacilla pas et soutint son regard. Il savait parfaitement bien que Severus Rogue était un Légilimens doué. "Je peux voir que l'on vous a enseigné l'Occlumencie, Drago. Votre tante Bellatrix peut être fière de vous." Severus avait eu l'intention de rendre cette information utile pour Lorena.
"Je ne veux pas que vous fouilliez dans ma tête à propos de ma vie privée !"
Severus ricana. "Vous pouvez faire ce que vous voulez de votre vie privée, Mr Malefoy. Mais cette jeune dame ici a été placée sous ma protection, à cause de son handicap. Je ne tolèrerai en aucune façon qu'elle soit brutalisée !"
"Professeur, je peux vous assurer que Drago ne me brutalisait pas," dit Lorena en prenant la défense du jeune homme. "Pas du tout."
Serait-il jaloux ? Elle leva ses barrières mentales immédiatement. Elle avait raison, Severus avait tourné son regard de charbon vers elle. Il savait que ce serait inutile. Elle avait anticipé son mouvement vers son esprit et l'avait fermé en un rien de temps.
Il avait décidé de la croire. De lui faire confiance. "Mlle Parkinson est en train de vous chercher, Mr Malefoy. Filez !"
Le jeune homme ne dit rien mais son regard clair fusilla le Maître des Potions. Lorena laissa échapper un soupir une fois qu'il fut parti.
"Merci, Professeur," murmura-t-elle.
"Est-ce qu'il vous a fait du mal ?"
"Non, pas du tout. Il a même été courtois avec moi." Elle réalisa qu'il avait dû être au courant de ce qu'il s'était passé dans la salle commune de Serpentard, quand elle était revenue de la cérémonie du Serment Inviolable.
"Tant mieux. Venez avec moi. Nous en parlerons plus tard. Je veux danser avec vous. Maintenant !"
Elle sentit l'envie et le besoin dans son toucher. Il voulait l'avoir pour lui et lui seul. Avant que son Maître ne la prenne. Elle perçut combien Severus pouvait être possessif.
Lorena le suivit – elle n'avait pas trop le choix. Une autre valse commençait. Il posa une main sur la taille de la jeune femme. Sa prise était plus ferme cette fois. Ses doigts s'entremêlèrent aux siens dans une étreinte plus forte. Elle sentit qu'il voulait réaffirmer sa propriété d'elle sur elle.
"Est-ce qu'il vous a embrassée ?" demanda-t-il brusquement une fois qu'ils étaient sur la piste de danse.
"Il a essayé. Mais il a échoué." La pression dans les mains de l'homme se renforça. Elle frissonna. Elle n'aurait pas imaginé qu'il pouvait être jaloux. Du moins, supposa-t-elle, car il gardait ses boucliers mentaux à leur niveau le plus élevé. Mais ce que son esprit ne dirait pas, son langage corporel le faisait.
Il est jaloux d'un garçon par lequel je ne serai jamais attirée. Parce que ce garçon m'a embrassée – sur la joue – tandis que je lui ai refusé de le faire après qu'il m'ait… violée. Oh Severus ! Je t'aime mais je ne peux pas supporter ta brutalité. Lorena réalisa qu'elle devrait supporter Lord Voldemort d'ici quelques heures… Le Seigneur des Ténèbres était des plus connus pour manque total de pitié.
D'une certaine manière, Severus avait dû percevoir le léger changement chez sa cavalière. Il l'avait lu sur son visage. Une fois de plus, il pouvait clairement y lire l'angoisse. Sa main, ses doigts se firent plus caressant.
"Est-ce que vous avez peur, Mlle Nottingham ?" murmura-t-il.
"Je ne vais pas vous mentir, Professeur. Oui, j'ai peur."
Ils savaient tous les deux de quoi il s'agissait. La valse s'acheva. Ils allèrent à une table qui servait à manger. Severus la mena à une table où étaient assis d'autres membres du personnel, parmi eux Mme Pince, Poppy Pomfresh et Argus Rusard. La médi-sorcière commença à bavarder avec Lorena. Personne ne fit la moindre allusion au fait qu'elle avait dansé avec le Maître des Potions.
Lorena dansa avec d'autres cavaliers, pas uniquement avec Severus, mais aussi avec Dumbledore, Alastor Moody (qui avait réussi à vaincre sa répugnance première à danser due à son propre handicap), Drago Malefoy (qui avait fini par faire ce qu'il voulait avec elle) et d'autres garçons des autres Maisons, sous les yeux vigilants du Maître des Potions. Il avait estimé que la laisser danser avec d'autres hommes bloquerait les ragots – des ragots qui n'auraient pas manqué d'être suscités si elle n'avait dansé qu'avec lui exclusivement. Lorena apprécia beaucoup la soirée, ce qui lui permit de distraire son esprit de manière appropriée. Elle avait pu ne pas être populaire au sein de sa Maison, mais les garçons des autres Maisons ne rechignèrent pas à danser avec elle. Elle s'amusa bien et cela se voyait. Elle était rayonnante. Ce qui ne manqua pas d'accroître le sentiment de possessivité de Severus envers elle – bien qu'il ne le montrât pas comme d'habitude.
Après presque deux heures, on annonça un slow, accueilli avec grand enthousiasme par tous ceux présents. Bien évidemment, Severus connaissait cette danse moldue dont les jeunes semblaient particulièrement apprécier, en prélude au flirt et au pelotage. Par curiosité, il vit que Drago ne dansait pas avec Pansy. En fait, il avait disparu. Il prit la main de Lorena dans la sienne avant que quiconque n'ait la moindre chance de faire un mouvement vers elle. Après tous ces mâles qui avaient dansé avec elle, il voulait l'avoir pour lui tout seul.
La main de Severus sur la taille de Lorena l'attira plus près de lui. Elle se sentait mal à l'aise de se retrouver si proche de lui au milieu de tant de gens. "Détendez-vous, Mlle Nottingham," l'entendit-elle dire doucement.
"On pourrait faire des ragots, à nous voir ainsi ensemble, si proche l'un de l'autre."
"Vous ne pouvez pas voir autour, mais je peux vous assurer que la plupart des gens sont occupés à danser. Ou bien à s'embrasser déjà pour certains." Il y avait une pointe d'humour dans sa voix. Lorena ne pouffa presque de rire. "Ils ne prêteront même pas attention." Même si je vous embrassais moi-même, lui dit-elle dans sa tête. La télépathie de contact avait ses avantages. Ils continuèrent leur conversation mentalement.
-- Alors, c'était quoi l'histoire avec Drago Malefoy ?
-- Je vous en prie, gardez-le pour vous. Je ne pense pas qu'il aimerait que ça se sache. C'est pourquoi j'ai dit qu'il m'avait invitée, pour m'accompagner au prochain week-en à Pré-au-Lard...
-- Vous prenez soin de ses sentiments maintenant ? Qu'est-ce que c'est que ça ?
-- Il m'a présenté des excuses pour m'avoir appelée « Sang-de-Bourbe » et tout le tralala.
-- Vraiment ? Eh bien, vous avez raison. C'est une déclaration d'amour. Il est amoureux de vous !
-- Oh, voilà pourquoi vous avez un peu réagi avec exagération alors ? Vous sentiriez-vous… jaloux, Professeur ?
Il ne répondit pas.
-- Votre télépathie de contact s'est spectaculairement améliorée, reprit-elle.
-- Etre en contact avec votre esprit pendant les leçons d'Occlumencie s'est avéré particulièrement utile, Lorena. J'apprends vite.
-- Ca ne fait aucun doute. Vous n'avez pas répondu à ma question. Vous n'avez pas besoin d'être jaloux d'un garçon comme Drago Malefoy. Il me semblait vous avoir déjà dit que les adolescents ne m'intéressent pas.
-- Vous ne comprenez pas, Lorena. Il vous a embrassée, alors que vous me refusez ça !
Les bras de l'homme autour d'elle resserrèrent leur étreinte. A présent, elle pouvait sentir son érection. Elle frissonna.
-- Il ne m'a pas embrassée. Je ne l'ai pas laissé faire ça. Ou bien c'était alors vraiment innocent.
-- Il n'y a pas de baiser innocent, Lorena. Drago est désormais un adulte, tout comme vous. Tout comme moi. Il s'arrêta. Je vous veux, Lorena… Est-ce que vous pouvez le sentir ?
-- Oui, je peux le sentir. Mais ce ne sont que du désir, du manque, du besoin, de la convoitise charnelle.
-- C'est vrai. C'est aussi de la passion et… des sentiments. Vous vous souvenez de quoi se nourrissent les Serpents-d'Amour ? De soin. D'attention.
-- Vous n'étiez pas si prévenant et attentif quand vous m'avez contrainte il y a deux mois de cela, Professeur. Ai-je besoin de vous le rappeler ?
-- Je sais et j'en suis vraiment désolé. Ma passion, mon envie de vous, tout ce que je ressens pour vous, tout cela m'a emporté. Vous m'appartenez !
-- Professeur… dans quelques heures, c'est à Voldemort que j'appartiendrai, pour qu'il me mette enceinte. Je vous en supplie, aidez-moi !
Elle perçut une forte vague de réconfort venir de lui. Il pouvait le faire aussi, bien qu'elle n'en fût pas sûre. Peut-être que ce n'était là qu'une émanation de sa forte personnalité, irradiant tout autour. Elle était seulement si sensible, tellement en harmonie avec lui.
-- Je sais que vous avez peur, Lorena. Mais il vous faut reléguer ça dans un recoin bien éloigné de votre esprit. Je sais que vous pouvez le faire. Je ne serai pas loin, Lorena. Le Seigneur des Ténèbres ne vous tuera pas car il veut que vous portiez son enfant. Je jure de veiller sur vous autant que je le peux.
-- Merci, Professeur. Je n'aurai… pas peur aussi longtemps que je sais que vous êtes avec moi.
-- Nous y sommes tous les deux dedans, Lorena. Nous devons bloquer toute émotion, tout sentiment, en particulier ceux que nous pourrions… avoir l'un pour l'autre. C'est une question de vie et de mort. Souvenez-vous que le lien que nous partageons nous aidera à passer nos épreuves respectives.
-- Je le ferai, Professeur. Je le ferai pour vous. Parce que…
Elle voulait dire « Parce que je vous aime » mais elle se retint.
-- Nous devrions partir maintenant. Je suppose que vous souhaitez retourner à votre dortoir avant ?
-- Oui, s'il vous plaît. Je ne veux pas y aller habillée ainsi. Je préfèrerais porter quelque chose de plus… humble. Cette robe est pour des occasions joyeuses et festives. Et j'aimerais que cela reste comme ça. Par ailleurs, vous êtes supposé m'enlever de mon lit.
-- Je comprends. D'abord à votre dortoir. Puis nous nous rendrons à mes appartements et Transplanerons de là.
Elle hocha la tête en signe d'approbation. Le slow se termina. Ils rompirent leur communication télépathique. Ils quittèrent la piste de danse et rejoignirent Albus Dumbledore. Severus regarda le vieux sorcier. Ils échangèrent tous les deux un coup d'œil qui en disait long. Albus hocha la tête gravement. "Bonne chance à tous les deux," fit-il simplement.
Lorena et Severus retournèrent au dortoir des filles de Serpentard. Il n'y avait personne là. En tant que Directeur de Maison, Severus pouvait accéder aux dortoirs de sa Maison, ceux des garçons comme ceux de filles – ce qu'il faisait rarement cependant. Lorena enleva rapidement sa robe et la chemise, qu'elle rangea dans son armoire. Elle enleva ses chaussures, ses sous-vêtements et ses bas. Elle enfila une longue chemise blanche toute simple. "Vaut mieux que j'ai l'air d'avoir été enlevée par vous de mon lit, ne croyez-vous pas ?" dit-elle. Severus approuva.
"Donnez-moi votre baguette, Lorena. On ne sait jamais, elle peut nous être utile." Elle obéit. Il la glissa dans sa manche droite, bien à l'abri.
"Est-ce que je devrais garder mon anneau et le médaillon aussi ?"
"J'y ai pensé depuis la dernière fois que nous nous sommes rencontrés. Ils sont reliés à votre magie élémentale. Cela devrait nous être des plus utiles. Habituellement, le Seigneur des Ténèbres ne prête pas attention à des détails qui ne se convertissent pas en pouvoir. Comme ceux-ci. Il ne sait pas que ces objets sont enchantés. Cependant… je ferai une exception pour l'anneau et le médaillon cette fois. Donnez-les moi."
Il ne voulait pas que le Seigneur des Ténèbres voie ce qui était écrit sur l'autre face du médaillon des Rogue. Propriété du Prof. Severus Rogue. Un aveu bien trop évident. Lorena ne questionna pas sa décision et lui remit le bijou.
Lorena enleva aussi l'anneau des Serpents-d'Amour et l'embrassa avant de le donner à Severus. Elle les embrasse ! Il était surpris par son geste mais ne dit rien. Il retrouva la chaîne qu'il portait autour du cou, sous ses vêtements, qui portait son propre anneau. Il glissa l'anneau dedans et cacha la chaîne sous sa chemise. Il les tapota gentiment pour s'assurer que les Serpents-d'Amour étaient confortables. Soin. Attention.
Elle était pieds-nus, comme si elle venait de sortir du lit. Même dans une tenue toute simple, elle paraissait belle et désirable. Elle avait aussi enlevé son maquillage grâce à un contre-charme. Elle avait aussi libéré sa longue chevelure couleur de jais. "Il aura mon corps, mais c'est tout ce qu'il aura, Professeur." Je t'aime, Severus.
"Je sais."
Severus la prit dans ses bras car elle était pieds-nus. Ils se rendirent rapidement à ses appartements, ne rencontrant personne sur le court trajet entre les dortoirs de Serpentard et son propre repaire. Une fois là, il mit sa cape de Mangemort sur les épaules, il glissa dans les poches de sa redingote les fioles qu'il avait prévues de prendre avec lui. Il enfila son masque, bénissant une fois de plus la cécité de Lorena. Il jeta une autre large cape noire de voyage, qu'il roula autour d'elle afin qu'elle ne puisse pas attraper froid et la prit dans ses bras. Ils Transplanèrent tous les deux pour les quartiers du Seigneur des Ténèbres – là où les emmènerait la Marque des Ténèbres.
Il était presque 11 heures du soir.
J'ai été inspirée par la scène du Bal de Noël dans le film "Harry Potter et la Coupe de Feu". J'ai bien aimé la façon dont Hermione fait son entrée dans le film. Et oui, je crois que Severus est un bon danseur. Il est si agile et gracieux dans ses mouvements. Par ailleurs, je crois que quelqu'un comme Drago peut changer, de là son comportement avec Lorena. J'ai toujours pensé qu'il n'était pas totalement mauvais. Comme pour Severus, tout le monde n'est pas noir ou blanc. (Bien qu'ils puissent être EN noir et blanc.) Il peut aussi avoir changé d'avis après avoir vu Lorena danser avec son parrain – après tout, c'est un Serpentard. J'espère avoir fait agir Severus conformément à ce qu'il est. Je ne suis pas toujours sûre, je me dois de faire attention, il aurait vite fait de me jeter un maléfice pour tout ce que je lui fais faire ! Merci de laisser des revues ! Plein de revues et d'encouragements ! Les muses ont faim !
