Chapitre 54

Les jours passaient. Nos deux mangemorts forçaient leurs méthodes afin de faire plier Ron. Mais lui avait cessé de parler. Personne n'avait pu lui arracher plus que des cris. Jonathan ne venait que six jours par semaine, mais Lira profitait justement du dernier pour entrer dans l'esprit de Ron, qui ne se doutait de rien, pensant qu'il ne s'agissait que de simples rêves. Elle ne s'arrêta qu'un jour, pour le fameux repas du Nouvel An que Narcissa avait tenu à origaniser (du moins, c'était ce que la famille entière pensait, car, en réalité, Bellatrix y était pour quelque chose, ayant une idée derrière la tête).

En arrivant, Lira salua sa mère, sa tante et, plus brièvement, son oncle et son cousin. Ce repas se déroula simplement, sans excès, avec une noble froideur. Mais ce ne fut pas tant cela qui fut important mais ce qui se passa après. Alors qu'elles s'en allaient, Bellatrix annonça, enfin, à Lira :

- J'ai parlé au Seigneur des Ténèbres, il y a quelques temps. J'y ai appris certaines choses te concernant et permettant de retrouver Potter.

- Puis-je savoir ce qu'il vous a dit, exactement ? Demanda Lira.

- Ron Weasley. J'imagine que ce simple nom doit te rappeler ce qu'il en est.

- En effet, il est dans ma cave depuis un moment. Je fais ce que je peux pour le forcer à parler, ou du moins, à nous aider à la retrouver.

- Et depuis ce temps tu n'en as parlé à aucun de nous.

- Je tiens à gagner seule, avec Jonathan, les honneurs que me donnera le maître pour cela.

- Ne penses-tu pas que d'autres auraient tout autant besoin de cela ?

- Je me permet de vous rappeler qu'il est mon père et, par conséquent, je tiens à avoir un place privilégiée à ses yeux.

- Je suis censée être son amante mais sais-tu depuis combien de temps il ne m'a pas touchée ?

- Non, et je ne pense pas en avoir besoin. De plus...

- De plus, il m'a choisie. Il est une époque où il m'a désirée alors qu'il ignorait ton existence et n'aurait pas demandé à ce qu'elle soit si je...

- Peut-être est-ce le cas, mais il n'a jamais montré un manque de confiance envers moi. Je me dis parfois que je suis moins en déshonneur que vous.

- Je ne suis pas en "déshonneur", hurla Bellatrix en posant sa baguette sur la gorge de Lira. Il est simplement trop occupé avec Potter pour...

- Ce n'est pas ce que dirait Rogue, certains disent qu'il a pris ta place à ses yeux.

- Endoloris.

La douleur intense que ressentit Lira, ainsi que ses cris, la ramenèrent à une époque où elle venait de devenir une mangemort. Elle n'était qu'une enfant alors mais avait déjà en tête ce que devait défendre une Black De ce qu'elle devait devenir.

- Je te prierais de faire plus attention à tes paroles, à l'avenir.

- Bien, mère.

- Passons chez toi.

- Comment ?

- Si j'ai bien compris Weasley est là-bas, dans ce cas, tu vas me dire tout ce que j'ai à savoir sur lui avant que je n'aille lui rendre une brève visite.

- Bien, mais ce sera l'unique fois. Il s'agit d'un mission qui n'appartient qu'à Jonathan et à moi.

- Je n'aurai pas besoin de plus.

Lira dut s'y prendre à deux fois avant de pouvoir se relever et transplaner sans que ses jambes ne la lâchent. Une fois chez elle, elle expliqua brièvement la situation à Bellatrix. Bien évidemment, elle ne mentionna pas la legilismencie qu'elle usait sur Ron. Puis, elle lui indiqua la porte de la "prison".

Lira ne vint pas avec sa mère, pour que dans l'esprit de Ron, cela ne soit pas quelque chose venant d'elle où Jonathan. D'ailleurs, si Bellatrix échouait, elle espérait faire passer cela pour un rêve, afin de pouvoir, fidèle à ses souhaits, récolter certains privilèges auprès de Voldemort.

J´étais endormi. Une de ces nuits où aucun rêve ne venait me tourmenter. Je ne pouvais prétendre bien dormir, mais, disons que la dureté du sol et le manque de nourriture étaient les seules choses qui gênait mon sommeil... en plus de la pensée des souffrances des dernières semaines, bien que cette journée ait été particulièrement clémente. Un immense désespoir m'envahi donc lorsque je vis la porte s'ouvrir sur une silhouette dont je crus d'abord que c'était Lira. Les torches ne s'allumèrent pas et mes yeux, déjà habitué à l'obscurité, reconurent quelqu'un d'autre, que j'avais déjà croisé au ministère : Bellatrix Lestrange. Je frissonnais. Je ne savais comment je pourrai résister à cette puissance-là.