Disclaimer: Harry Potter appartient à JK Rowling et cette traduction de l'histoire de Robst n'est pas utilisée à des fins commerciales.

Reviews: Bonjour à tous! Voici un nouveau chapitre (Merci à tous pour vos commentaires qui continuent à m'encourager à traduire cette histoire (incroyablement longue car je ne suis pas encore à la moitié!)

Chapitre 46 : Les héros de Poudlard

Leur plaisante virée matinale pour faire du shopping fut immédiatement oubliée dès que les Grangers rentrèrent chez eux, car ils virent que Sirius, très impatient les attendait. « Bordel, vous étiez où ? »

Voyant la détresse de Sirius, ils comprirent immédiatement que la situation était sérieuse. « Il y a eu une autre attaque ? »

« Oui, Henrica, Hermione et Harry sont à l'infirmerie de Poudlard. Leur état n'est pas critique et le problème a été réglé. C'est tout ce que je sais et je devenais dingue à vous attendre chez vous. Il faut aller à Poudlard immédiatement. »

Emma était trop choquée par les nouvelles pour dire quelque chose, elle sentait sa tête tourner. Dan passa un bras autour de sa femme, lui offrant tout son soutien. « Nous avons envie d'y aller mais comment ? Je croyais que nous ne pouvions pas voir Poudlard ? »

Sirius avait déjà glissé un bracelet sur le poignet d'Emma et en tendit un à Dan. « Cela devrait neutraliser les enchantements repousse-moldus et vous permettre d'entrer dans le château. J'ai également un portoloin qui nous emmènera aux abords du château. Bill Weasley m'a donné ces bracelets par cheminette en me demandant de vous emmener à Poudlard aussi vite que possible. Apparemment c'était le chaos là-bas quand il a appelé et Bill n'a pas eu le temps de m'en dire plus. Etes-vous prêts ? »

Puisqu'ils n'avaient pas encore retiré leurs manteaux, les deus Granger acceptèrent rapidement. Quelques secondes plus tard, ils atterrirent dans une vallée écossaise et virent un château magnifique qui ne pouvait être que Poudlard. Un gros chien argenté quitta la baguette de Sirius et fonça vers le château.

« C'était une sort de message pour avertir Barchoke que nous sommes arrivés. » Sirius remarqua que les lieux grouillaient d'aurors et il vit même un escadron de gobelins entièrement recouverts de leurs armures quand ils passèrent le portail. S'il devait se référer au nombre de gardes actuellement à Poudlard, ce qui était arrivé devait être vraiment énorme.

« Vous voulez parier que nos enfants sont impliqués dans tout ce foutoir ? » Personne ne lui répondit car Emma et Dan pensaient comme lui.

Ils entrèrent par les grandes portes du château et tombèrent aussitôt sur Barchoke. « Comment vont-ils ? Peut-on les voir ? »

« Emma, ils vont se remettre et pourront certainement reprendre l'entrainement d'ici le week-end prochain. J'ai besoin d'avoir une petite discussion en privé avant de vous les montrer, il faut que vous sachiez ce qu'il s'est passé. »

Dan voulait juste voir Hermione, et il voulait la voir maintenant. « On ne peut pas y aller maintenant et parler après ? »

« Il y a des choses que vous devez savoir avant, il faut que vous me fassiez confiance. Nous rentrerons dans les détails plus tard mais il faut que vous soyez conscients de certaines choses avant d'entrer dans l'infirmerie. »

Les menant vers la salle de classe la plus proche, Barchoke demanda au trio de s'asseoir avant de commencer à parler. « Il y a eu une attaque ce matin, je crois que le compte était de trois aurors pétrifiés ainsi que neuf élèves – Susan et Hannah faisaient parties des victimes. Notre groupe a fait des recherches pour savoir ce qui les a attaqués et ils ont trouvé la nuit dernière la créature en question – un basilic. »

Sirius laissa tomber sa tête dans ses mains. « Non, non non, dites moi s'il vous plait qu'ils n'ont pas affronté un basilic ? »

« Ce n'est même pas la moitié de ce qu'il s'est passé. Sirius, un horcruxe appartenant à Tom Jedusor avait possédé une élève pour contrôler la bête, et ils ont dû l'affronter également. » Puis Barchoke expliqua aux Granger ce qu'était un basilic et Dan et Emma comprirent immédiatement pourquoi le gobelin avait insisté pour qu'ils s'assoient.

« Le message laissé sur le mur était le suivant : "son squelette reposera à jamais dans la Chambre", et ce squelette aurait été celui de Parvati Patil. »

Emma pleura ouvertement pour la pauvre fille alors que Barchoke continua son histoire. « Ils ont découvert l'entrée de la Chambre alors que le château était évacué. Harry m'a envoyé un signal pour me dire qu'ils avaient des ennuis et j'ai compris qu'il fallait que je vienne aussi vite que possible – ils ne savaient si nous allions arriver à temps pour sauver Parvati – et il s'avère que nous serions certainement arrivés trop tard. »

Dan essaya de consoler sa femme sanglotante. Ils connaissaient mieux Padma mais ils appréciaient aussi sa jumelle. Il commençait aussi à mieux comprendre dans quelle situation s'étaient trouvés leurs enfants.

« Ils avaient un plan, un plan sacrément bon, ils avaient aussi un auror, Henrica et le fantôme de Serdaigle pour les accompagner et ils ont décidé d'essayer de sauver Parvati. » A ce moment Barchoke se tourna vers le maraudeur. « Il faut voir le basilic pour croire à la taille de ce satané serpent et leur plan leur a permis de crever l'un des yeux mortels du basilic. Henrica s'est transformée en sa forme aviaire et a attaqué l'autre œil, mettant sa vie en danger. Elle est actuellement pétrifiée mais elle sera de retour à elle d'ici quelques heures. Sirius, je te conseille de garder proche de toi cette grande guerrière ! »

Le maraudeur hocha la tête, ne comprenant pas ce qu'il se passait.

Puis Barchoke s'adressa de nouveau aux Grangers. « Puisque l'Auror Tonks protégeait maintenant Parvati, alors inconsciente et Henrica, pétrifiée, les quatre jeunes ont entrainé le basilic aveuglé dans une danse macabre. Harry et Hermione essayaient de l'affaiblir en lui infligeant des blessures répétées avec leurs épées quand la chance a tourné. Hermione était en train de reculer quand elle a glissé sur une flaque de sang. Voyant qu'elle avait des ennuis, Harry a été forcé de tuer la créature en enfonçant son épée dans son corps et jetant un sort explosif… »

Sirius en comprit immédiatement les conséquences. « J'imagine qu'il a été touché par le contrecoup ? »

« Ça l'a propulsé de l'autre côté de la Chambre comme l'un de ces mannequins qu'il a l'habitude de détruire. Mais la tête du basilic a également atterrit sur Hermione. Ses crocs étaient heureusement loin d'elle, mais la tête a écrasé ses jambes… »

Dan se leva d'un coup avant même de comprendre ce qu'il s'était passé. « QUOI ! Vous nous avez dit qu'elle allait bien, et avoir les deux jambes écrasées ne correspond pas à 'bien' dans mon vocabulaire. »

La voix de Barchoke se durcit aussitôt. « Vous oubliez Dan que votre vocabulaire ne correspond au notre. Les os pulvérisés ont disparu grâce à un sort et elle a reçu une potion qui va réparer sa peau. Ce soir, on lui administrera une autre potion qui fera repousser ses jambes. Hermione pourra marche d'ici quarante huit heures. »

Dan fut abasourdi et il se rassit. Barchoke n'en avait pas encore fini. « J'ai couru dans cette Chambre et ai vu Neville agenouillé devant mon fils inconscient tandis que Padma tenait la tête de notre fille sur ses genoux. Nos enfants étaient couverts de sang et j'ai crains le pire. J'avais soixante dix gobelins en armure derrière moi et Amélia avait amené une douzaine d'aurors. Si nous avions dû combattre cette chose, nous n'aurions pas réussi à la battre sans perdre de combattants. Ils n'ont pas seulement vaincu la bête mais Neville a détruit l'horcruxe et ils tous survécu ce qui est un fait à lui tout seul ! »

Maintenant il allait donner les nouvelles dont il redoutait le plus la réaction des Granger. « Ils sont acclamés comme des héros et à juste titre. L'infirmerie de Poudlard est sous le contrôle des gobelins et personne ne s'approchera d'eux tant que mes guerriers seront là. Ma nation respecte énormément la bravoure et l'honneur et ils se sont attachés à notre courageuse fille. Tellement qu'une escouade de centurions veille sur elle en son honneur dans l'infirmerie et ces gardes réagiront instantanément à toute forme de menace. »

Quelque chose dans la façon dont parlait Barchoke dérangea Dan. « Même si je suis ravi qu'Hermione soit protégée, que vouliez vous dire avec cette dernière remarque ? »

Le gobelin ne laissa aucune place à l'ambiguïté, Dan devrait comprendre exactement ce qu'il voulait dire. « Si quelqu'un commence à crier après Hermione, ils réagiront à cela comme si c'était une insulte - et au pire une menace. C'est la compagne d'un centurion, une amie de notre nation et une héroïne à présent. Les camarades centurions d'Harry vont la protéger jusqu'à qu'il soit de même à le faire. »

Comme Barchoke s'y attendait, Dan semblait choqué. Mais il valait mieux qu'il soit choqué que transpercé par la lame d'un gobelin. Emma hocha la tête pour montrer qu'elle avait compris et se promit d'essayer de calmer Dan. Mais elle voulait aussi savoir quelque chose. « Comment va Harry ? »

« Il serait plus simple de lister les os qu'il ne s'est pas cassé. Il est toujours inconscient mais devrait bientôt se réveiller. Il sera aussi guéri d'ici quarante huit heures. » Puis Barchoke tenta une offre de paix avec Dan. « Le Ministre de la Magie est déjà dans le château et notre Directeur va bientôt arriver. Ils comptent se rendre dans la Chambre pour voir ce qu'il s'est passé, et je vous invite avec Sirius de les accompagner. Peut-être qu'en voyant la créature par vous même, vous serez plus à même de comprendre ce que nos enfants ont vécu. »

Dan se tourna timidement vers sa femme. « Suis-je si horrible ? »

Prenant la main de son mari, Emma essaya de son mieux de rassurer son mari sur le fait qu'il était un bon père. « Horrible n'est pas le mot que j'aurai utilisé, Dan. Notre fille fait maintenant parti d'un monde totalement différent et il faut que tu essaies de canaliser ton inquiétude pour ta fille et tout ira bien. Parvati était en danger et rien n'aurait pu empêcher Padma d'essayer de la sauver. Nous savons tous qu'Harry ne l'aurait pas laissé descendre toute seule et qu'Hermione non plus. »

Tout le monde était d'accord avec Emma même si la mère n'en avait pas fini. « Hermione va être allongée sur ce lit, inquiète pour Harry et notre réaction. Je propose que nous attendions que tout le monde se calme et qu'ils soient guéris avant de se réunir en tant que famille et de discuter de ce qu'il s'est passé. Ils sont toujours avec nous et maintenant, j'ai envie de les voir. »

Barchoke était ravi de leur réaction et même si cela aurait été cruel d'éloigner un père de sa fille, il n'aurait pas permis qu'un Dan enragé s'approche d'Hermione dans cette situation. Il se leva pour les mener à l'infirmerie. « Neville et Padma souffrent juste d'une fatigue liée au combat et nos guérisseurs de l'esprit sont en train de travailler avec Parvati pour s'assurer que l'horcruxe n'a pas fait de dommages permanents. Ramrao, Smita et Augusta sont déjà là et leurs réactions sont similaires à la notre. Il sera possible de les inclure à notre conseil de famille. Sirius, pour moi Henrica fait déjà parti de notre famille, elle a mérité ce droit aujourd'hui et bien plus aujourd'hui. Il nous faudra attendre une décision officielle mais le ministre devra prouver que Poudlard est sûr avant que les étudiants ne reviennent. Et cela n'arrivera pas aujourd'hui. Une fois que nos enfants seront suffisamment en forme, nous rentrerons à la maison. » Ils savaient tous qu'ils devraient déterminer ensembles où était cette 'maison'.

Dan remarqua les regards des sorciers et gobelins sur leur passage. Il interrogea Barchoke à ce sujet. « Ils savent tous qui vous êtes grâce aux photos de la Gazette. Ils savaient également ce que ces quatre premières années avaient accompli et c'est pour ça qu'ils vous regardent. »

Le nombre croissant des gardes leur indiqua qu'ils s'approchaient de l'infirmerie et les regards étaient maintenant accompagnés de signes respectueux ou de saluts. Emma eut l'impression de faire un bond en arrière dans les années cinquante car l'infirmerie semblait en être issue – surtout à cause des nombreux rideaux qui cloisonnaient les lieux. Barchoke les mena vers un des rideaux devant lequel se tenaient deux centurions. En posant les yeux sur sa fille, Emma oublia toutes ses questions et se concentra sur elle.

Dan resta debout en regardant les deux femmes de sa vie s'étreindre et pleurer à chaudes larmes. Il ne pouvait pas aller de l'autre côté du lit car le lit d'Harry était à côté de celui de sa fille et qu'Hermione tenait la main de son compagnon. Toute colère qu'il aurait pu ressentir à l'égard d'Harry disparut quand il vit le garçon inconscient. Harry semblait être passé sous un bus dans ses efforts pour sauver Hermione. Si la médecine magique pouvait vraiment guérir Harry en moins de quarante huit heurs, Dan serait vraiment impressionné.

Barchoke parla à Sirius. « Henrica est dans le box d'à côté. Hermione va être occupée un moment et Harry est toujours inconscient. Je pense qu'elle aura besoin de voir un visage familier quand elle sera guérie – car la dernière chose qu'elle a vu était des plus déplaisantes. »

Hochant la tête, Sirius s'écarta.

Neville ne pouvait pas supporter le silence plus longtemps. « Mamie, si tu veux me crier dessus alors vas-y. Je savais que j'allais avoir des ennuis mais j'y suis quand même allé – ils avaient besoin de moi en bas. »

« Neville une part de moi rêve d'hurler et de te punir jusqu'à ta majorité mais une autre part est emplie de fierté pour tes exploits. Je vais faire ravaler à mon idiot de frère toutes ces commentaires de cracmols. Mais la plus grande part de moi est simplement terrifiée à l'idée de te perdre. Nous sommes en train de retrouver lentement ta mère et ton père et te perdre à présent me tuerait. »

Voyant les larmes sur les joues de sa grand-mère alors qu'elle s'asseyait à côté de son lit, Neville se leva et la prit dans ses bras.

Augusta avait l'impression d'être dans un océan d'incertitudes et que ses repères étaient en train de changer d'orbite. Tout son monde avait été bouleversé par des évènements cataclysmiques. Et depuis que son petit fils était monté dans le Poudlard Express, leur vie avait changée dramatiquement. Amélia lui avait parlé avant qu'elle entre dans cette infirmerie et avait appris qu'une auror avait combattu aux côtés de son petit fils. Cette information était incroyable pour Augusta et ça commençait à la ronger – il fallait qu'elle sache si c'était vrai.

« Neville, as-tu vraiment affronté tu-sais-qui puis l'as tu détruit ? »

« Son nom est Tom Jedusor, mamie, et c'est lui qui a causé tout ça. Il se tenait devant Harry et se vantait et il nous avait oublié. Je peux t'assurer qu'il se souviendra à jamais des Londubat maintenant… »

La stoïque Augusta Londubat craqua à ce moment et sanglota de soulagement et de fierté en serrant son petit fils dans ses bras. Il faudrait cependant attendre un long moment avant qu'Alice et Frank apprennent cette nouvelle.

Ramrao était assis à côté du lit de sa fille et lui parlait de choses banales et sans importance. Il était évident qu'il préférait parler de tout sauf de l'éléphant dans la pièce – ou en dans cette situation de ce qui se passait de l'autre côté du rideau.

Les guérisseurs de l'esprit gobelins vérifiaient si tout allait bien chez Parvati après sa possession par l'horcruxe. Smita était avec elle et Padma et son père attendaient nerveusement le verdict.

Smita sortir avec des larmes dans les yeux – mais cela ne voulait rien dire puisqu'elle pleurait depuis qu'elle était arrivée. « Les guérisseurs ont dit qu'elle allait s'en sortir. Il faut juste qu'on la pousse maintenant à nous parler de toute cette expérience… »

Padma n'attendit pas plus et se leva avant que ses parents ne puissent dire quelque chose. Ramrao prit sa femme dans les bras. « Allons y. Si quelqu'un peut s'occuper de Parvati, c'est bien Padma. Nous nous contenterons de l'écouter. »

Elle découvrit sa sœur recroquevillée en position fétale et regardant loin d'elle. « Pav, arrête de monopoliser tout le lit et fais moi de la place, ce sol est gelé – et tu sais déjà où je vais mettre mes pieds pour les réchauffer. »

Parvati s'écarta un peu mais garda son dos tourné, même quand Padma essaya de provoquer une réaction en mettant ses pieds froids sur les jambes de Parvati. Elle finit par se coller à sa jumelle, attendant que Parvati parle la première. Après tout, Padma était censée être la jumelle silencieuse.

Elle attendit quelques minutes, puis finalement Parvati réagit. « Comment peux-tu supporter d'être si proche de moi après ce que j'ai fait ? »

« Tu n'as rien fait, c'était ce bâtard de Tom Jedusor. Et puis de toute façon, avant la douche que j'ai prise tout à l'heure personne n'aurait aimé être proche de moi. Je peux te donner quelques conseils de beauté maintenant, je peux t'assurer que le sang de basilic n'embellit en rien ta peau ou tes cheveux. Mais ne t'inquiète pas pour Jedusor, Neville lui a réglé son compte. Il a poignardé ce stupide journal avec un croc de basilic. Tu l'as eu où d'ailleurs ? «

« Je croyais que ça venait d'Harry … »

« Harry ? »

« Rappelle toi dans le train, il m'a donné cette pile de livre sur Dumbledore. J'en ai gardé un et j'ai trouvé ce petit journal. Il était vierge dont j'ai décidé de l'utiliser comme journal intime, puis il a commencé à me répondre… »

Parvati sentit sa sœur se raidir. « Je sais, je sais, stupide non ? Voilà comment prouver que je n'étais pas faite pour Serdaigle. Je pensais que c'était peut-être un truc gobelin pour aider en cours. Je lui posais une question et la réponse venait aussitôt. Je pensais que c'était peut-être pour ça qu'Harry était si intelligent et on sait que les bons sorciers sont attirés par les sorcières intelligentes. Je n'ai pas réalisé que je répondais à plus de questions que j'en posais, c'était comme parler à un ami – un ami qui gardait mes secrets. Mais il semblait être très intéressé par Harry, et maintenant je sais pourquoi. »

Après quelques minutes de silence, Padma poussa sa sœur à continuer. « Que s'est-il passé ensuite, Pav ? »

« Je voulais être aussi intelligente que toi, le livre disait qu'il pouvait m'aider et commencer à m'apprendre la méditation. Mais j'ai commencé à perdre le fil des heures, des heures dont je n'avais aucun souvenir et mes notes ont commencé à chuter – donc j'ai arrêté de l'utiliser. Quand la fête d'anniversaire d'Hermione a été annulée, j'ai été tellement en colère que j'ai eu besoin de refaire de la méditation – j'avais été très stressée mais j'avais réussi à demander à un garçon de m'accompagner à cette fête. »

Padma serra sa sœur dans ses bras et cela lui donna le courage de continuer son histoire. « Heureusement Blaise a été très gentil et m'a demandé de l'accompagner au bal de Merlin et nous savons tous deux comment cette nuit s'est terminée. Quand tu es parti à Halloween, j'ai médité pendant la plus grande partie de la journée et j'ai ensuite découvert ce qui était arrivé à Luna. Je me suis senti mal et j'avais des doutes mais à ce moment, c'était comme si j'étais sous l'emprise d'un puissant sort de confusion – et je n'arrivais pas à laisser ce journal… »

« Je sais exactement ce que ça fait Pav, je suis tombé sur un truc comme ça avant… »

Parvati se retourna aussitôt et regarda dans les yeux de sa jumelle. « Tu ne me mentirais pas Padma, pas sur ça, hein ? »

« L'an dernier, nous sommes tombés tous les quatre avec Professeur Weasley et Henrica sur l'un d'eux à Poudlard – c'était le diadème de Serdaigle. Dès que je l'ai vu j'ai eu l'irrésistible envie de le prendre et de le poser sur ma tête. Neville a dû me retenir de force pendant que le professeur Weasley le mettait dans une boite pour l'emmener à Gringotts. Ils ont un moyen pour tuer l'horcruxe qui n'implique pas de se battre contre un foutu basilic. »

« Je n'arrive pas à croire que tu sois descendue pour m'aider… »

« Tu es ma sœur, bien sûr que j'allais venir. Harry a dit que tu faisais partie de notre famille et on sait toutes les deux qu'il ne vaut mieux pas s'en prendre à sa famille. »

« Comment vais je pouvoir les regarder dans les yeux après ce qu'il s'est passé ? »

« Encore une fois, Pav, je sais exactement ce que tu ressens. Nous attendions que le basilic arrive et ne sachant pas si j'en aurais encore la chance, j'ai attrapé Neville et je l'ai embrassé ! »

« Non ?! »

« Si, je l'ai embrassé. »

Après quelques secondes de silence, Parvati posa la question qui la démangeait. « Comment c'était ? »

A ce moment, Smita éloigna Ramrao. Elle était très contente de voir ses filles parler de choses normales comme des garçons, c'était mieux que de parler de seigneur des ténèbres et de basilic. C'était le signe prometteur que sa famille allait s'en sortir.

Sirius était assis à côté d'Henrica, toujours pétrifiée et essayait de se remettre du tourbillon émotionnel qui le paralysait. C'était plus facile à dire qu'à faire. Les trois personnes les plus importantes pour Sirius Black avait affronté la mort et s'en étaient échappé que de très peu. C'était assez pour bouleverser qui que ce soit. Puis le maraudeur essaya de faire le point sur chacune de ces personnes pour calmer ses pensées.

Il avait aimé Harry James Potter dès l'instant où il avait tenu le bébé dans ses bras. Sirius avait senti quelque chose changer en lui et tout son monde s'était mis à tourner autour de cet enfant. Jusqu'à ce moment les bébés étaient pour lui quelque chose qui faisait glousser les sorcières et il évitait à tout prix de ne pas être impliqué avec des sorcières ayant ce genre d'envie – même s'il était toujours prêt à s'y entrainer avec une partenaire consentante. Mais quand il avait tenu son filleul dans ses bras, tout avait changé. Avec la bonne sorcière il pourrait en avoir envie et ne serait plus effrayé.

Il ne doutait plus du fait que son filleul avait déjà trouvé la bonne sorcière et l'amour que Sirius portait à Harry s'était étendu à sa magnifique et intelligente compagne, Hermione Granger. Regarder ce couple grandir était l'une des belles choses à lui être arrivé. Sirius se concentra ensuite sur la belle vélane allongée sur le lit.

Henrica étant pétrifiée dans sa forme aviaire, c'était une preuve de plus de son héritage de vélane. Quand sa main toucha la serre de sa main, Sirius sourit et comprit que quelle que soit son apparence, il était irrémédiablement amoureux d'Henrica Hobson.

C'était difficile de trouver une comparaison mais Sirius savait qu'il aurait autant pleuré la perte de cette sorcière que si cela avait été Harry. Merde, même ce foutu gobelin avait compris ce qui se passait dans son cœur !

Puis, Henrica commença littéralement à changer devant lui. Alors que la potion combattait la pétrification, le corps redevenait lentement à son état original. Les bras et les jambes se déraidirent et se transformèrent jusqu'à ce que Sirius tienne de nouveau dans sa main la main manucurée de sa splendide petite amie.

Quand Henrica reprit forme humaine, elle se mit à respirer et Sirius se pencha pour lui retirer ses lunettes de soleil.

« Attention avec ces lunettes mon amour, j'aimerai beaucoup les garder. Elles semblent m'avoir sauvé la vie… »

A ce moment, Sirius se pencha et l'embrassa délicatement sur les lèvres. « … et toi tu as sauvé tous les autres. »

Henrica sanglota de soulagement en l'entendant. « Oh merci Merlin. Tu avais l'air si sérieux, j'avais peur de demander. »

Montrant à quel point la situation était sérieuse, Sirius ne réagit pas à sa blague préférée. « J'étais si sérieux parce que j'avais trop peur de parler. T'avoir presque perdue m'a montré ma plus grande peur, je ne peux plus te perdre, Henrica. Veux-tu m'épouser ? » Pendant un instant, Sirius crut que la pétrification était revenue car Henrica ne bougea plus un muscle. Puis son visage se fendit du plus sourire qu'il avait jamais vu.

« Seulement si tu es prêt Sirius. Je peux attendre, tu sais. »

« Je pense que j'ai toujours été prêt, il fallait juste que trouve la bonne personne… »

« … Et tout ce qu'il fallait que je fasse c'est combattre pour un basilic pour faire de moi la bonne personne ? »

Sirius aimait le sens de l'humour d'Henrica, même dans de telles situations. C'était l'une des innombrables choses qu'il aimait chez elle. « J'ai eu un aperçu d'une vie sans toi et ce n'était pas plaisant. »

« Je suis désolée Sirius, j'ai essayé de les convaincre de ne pas descendre. Mais il aurait fallu que j'assomme Padma pour l'arrêter, et je n'aurais jamais réussi avec ses deux protecteurs. Ton filleul a aussi la capacité de rendre l'impossible possible, je pense que c'est parce qu'il n'arrête pas de faire choses impossibles. »

« Donc tu es descendue avec eux et tu les as protégés – je suis si fier de toi. » Il l'embrassa de nouveau avant de continuer. « L'an dernier, Noël était nul comme d'habitude mais le Nouvel an m'a été très bénéfique. Je pense que fêter l'anniversaire de ma nouvelle vie serait l'occasion parfaite pour une fête de fiançailles. Je sais que tu seras très occupée l'été prochain, mais pourrons-nous y caler un mariage ? »

« Sirius, je n'ai pas encore dit oui. »

« Et bien dépêche toi femme et ne me fais attendre. »

« Quelle est l'urgence ? Nous allons passer le reste de notre vie ensemble. »

Alors qu'Henrica le tirait vers elle pour l'embrasser, Sirius interpréta ça comme un oui.

Harry reprit lentement conscience, ses yeux étaient toujours fermés mais ses oreilles entendirent Hermione parler ave sa mère. Il sentait également la main d'Hermione dans la sienne. Il la serra un peu.

« Harry ? »

« Pas si fort Hermione, ma tête me fait mal. » Sentant qu'elle essayait de se pencher pour l'embrasser, Harry ouvrit les yeux et regarda les yeux bruns larmoyants.

« Je vais bien Harry, ou je vais l'être en tout cas. Mes jambes ont été écrasées et mes os vous repousser cette nuit. »

Il essaya de lever sa main pour toucher son visage mais il s'aperçut qu'il ne pouvait pas bouger.

Emma était passée de l'autre côté d'Harry et se pencha pour l'embrasser sur le front. « Tes os doivent aussi repousser Harry, alors vas y doucement. »

« Tout le monde va bien ? Henrica ? Parvati ? »

Hermione posa sa tête sur le torse d'Harry tandis qu'Emma lui caressait les cheveux. « Vous êtes les plus gravement blessés, tous les autres pourront rentrer chez eux cette nuit. Nous espérons juste que vous pourrez sortir d'ici demain. »

Harry reconnut l'infirmerie de Poudlard mais il ne se souvenait pas comment il était arrivé ici. Maintenant qu'il savait que tout le monde allait bien, il était temps d'avoir des réponses. « Comment sommes nous arrivés ici et allons nous avoir beaucoup d'ennuis ? J'espère que Dan n'est pas trop en colère car même un nourrisson pourrait me battre en ce moment. »

Hermione serra la main d'Harry avant de répondre. « La peau du basilic était si résistante à la magie qu'ils ne pouvaient pas le faire léviter. Il a fallu près de trente gobelins avec des leviers en acier métamorphosés pour le bouger suffisamment pour que notre père puisse me déplacer. Je suis tombée dans les pommes à ce moment et je me suis réveillée ici. »

Sa mère prit le relais. « Personne ne vous dira rien jusqu'à ce que vous soyez en pleine forme et que toute la famille soit réunie. Les ennuis que vous allez avoir dépendront de ce qu'il se passe aujourd'hui. Tout le monde sauf Smita et moi est actuellement dans la Chambre, avec aussi plusieurs journalistes. Ils veulent voir la créature et ensuite le souvenir de l'auror sera visionné grâce à cet objet gobelin… »

Harry grogna et sa compagne lui répondit. « … oui, je sais, nous sommes foutus ! »

Dan faillit perdre connaissance quand il vit la mue de serpent, rien ne l'avait préparé à voir ça pour de vrai. Il se réconforta après avoir remarqué que ni Sirius ni Ramrao ne semblaient être mieux que lui. Barchoke dut éloigner un peu Augusta et la faire asseoir sur une chaise conjurée.

La seule chose qui permettait à Dan de continuer était de savoir que ses enfants étaient en sécurité dans l'infirmerie. Il n'enviait pas Barchoke qui avait dû venir ici sans savoir ce qu'il allait trouver. Il y avait tellement de sang que l'air avait un goût métallique. Il état d'accord avec le gobelin : il fallait fêter le fait que leurs enfants avaient survécu. Dan avait bien l'intention de boire quelques verres plus tard. Il remarqua que Minerva McGonagall avait également conjuré une chaise pour elle, juste à côté d'Augusta alors qu'Amélia installait le projecteur de souvenirs sur une table. Elle fut rejointe par le ministre de la Magie, Ragnok, Barchoke et les deux Weasley – il était temps.

Amélia demandé à tout le monde de s'avancer. Tous les aurors ou gobelins qui n'étaient pas nécessaires pour protéger Poudlard avaient demandé à venir dans la Chambre. Puisque le Ministre ne voulait rien cacher au grand public, il les avait laissés venir.

« Vous avez tous vu le basilic maintenant et les signes évidents de la bataille épique qui a lieu dans cette chambre. Ce que nous allons faire maintenant, c'est visionner le souvenir de l'Auror Tonks sur un projecteur gobelin de souvenirs. Cela ne nous montrera les choses que du point de vue de la personne dont on utilise le souvenir mais l'avantage est que tout le monde pourra regarder. Gardez vos questions pour plus tard, nous essaierons d'y répondre, si possible. »

Le souvenir commença avec l'entrainement d'Harry et Hermione, juste avant que l'alarme ne sonne. Ils purent tous voir que l'auror essayait de faire son travail et de protéger les deux étudiants. Mais tout changea quand Helena arriva. Tout le monde avait les yeux rivés sur le projecteur alors qu'ils revivaient l'évacuation de Poudlard et la découverte des corps pétrifiés. Amélia était bouleversée de revoir Susan et Hannah immobiles, mais elle se réconforta en pensant à Barchoke qui avait déjà envoyé les potions de mandragore à Sainte Mangouste. Elle fut également remplie de fierté en voyant que les aurors étaient devant les pétrifiés et avaient essayé de protéger les étudiants.

Ramrao pleura quand il vit Padma essayer d'arracher l'évier du mur à mains nues. Tout le monde haleta d'admiration quand ils virent la puissance magique jaillir de l'épée d'Harry. Quand Hermione proposa son idée pour aveugler le basilic, Dan sentit Sirius attraper son épaule avant de chuchoter. « Ces lunettes ont sauvé la vie d'Henrica, ta fille va avoir un super cadeau de Noël cette année ! »

Ils continuèrent à regarder les jeunes réfléchir à un plan d'action pour s'occuper du basilic, impressionnant tous ceux qui avaient vu le basilic actuellement mort sur le sol de la Chambre.

Dan et Sirius durent tenir Ramrao quand ils virent Padma secouer sa sœur en la suppliant de ne pas être morte, les jambes du pauvre homme faillirent le lâcher – puis Tom Jedusor apparut. Quand les quatre enfants se mirent à parler gobelin, les spectateurs commencèrent à murmurer, ils auraient certainement à répondre à certaines questions plus tard.

Quand le basilic fit son apparition et qu'Henrica se lança à son attaque, ce fut Sirius qui eut besoin de soutien. Après avoir crié leurs instructions à Tonks, le quatuor fit tout un tas de bruit et jeta même quelques maléfices à la créature aveugle pour la pousser à les suivre. Depuis sa position, Tonks n'avait vu que la moitié du combat entre les piliers mais c'était suffisant pour leur donner un aperçu de l'ampleur du combat.

Quand Padma et Neville attiraient la créature parmi les piliers, Harry ou Hermione surgissaient et blessaient la bête. Tonks avait cependant eut une vue parfaite des derniers moments de la bataille. Ils virent tous Hermione entailler le flanc du basilic avant de glisser sur le sol en tentant de s'échapper. Padma réagit immédiatement en se précipitant vers Neville pour l'aider à attirer la bête. Le basilic cependant ne voulait pas se retourner et soudainement un flou doré – Harry – surgit et une explosion retentit tandis qu'Harry voltigeait dans la Chambre.

Tonks avait ensuite regardé Jedusor se pencher au dessus d'Harry et le basilic sous lequel Hermione était coincée. Ils regardèrent Neville courir avec l'épée d'Hermione vers la tête du basilic, puis découper un croc ensanglanté et crier après Jedusor.

Quand Neville assena son coup fatal en le dédiant à ses parents, Augusta se leva et poussa un cri de victoire qui rivalisait avec le hurlement de Tom Jedusor. Neville s'approcha ensuite d'Harry alors que Barchoke surgissait dans la Chambre. Voyant son fils inconscient il donna des ordres aux gobelins derrière lui avant de s'approcher de Hermione. Le souvenir se termina avec Padma qui avançait tant bien que mal vers l'auror.

Le moment de silence qui suivit fut bientôt brisé par des applaudissements tumultueux et le bruit d'armes sur des boucliers.

Amélia réussit rapidement à se faire entendre. « C'est la première fois que nous visionnons ce souvenir alors j'espère que vous comprendrez que nous n'avons pas toutes les réponses à vos questions. Nous ne voulons pas être évasifs mais nous ne savons pas encore tout. La famille de ces jeunes héros est également là, alors s'il vous plait, soyez respectueux dans vos questions. »

La première question avait été prévisible et Amélia y répondit rapidement. « Oui, c'était Tom Jedusor, qui aime se faire appeler Lord Voldemort. Quant à l'importance de ce livre, je vais laisser l'Ambassadeur Barchoke en parler. »

La voix autoritaire du gobelin retentit dans la Chambre. « Le livre était un horcruxe, une des plus viles inventions de magie noire jamais crée et que nous recherchons depuis une décennie pour les détruire. Un morceau de l'âme de Voldemort était ancré entre ces pages, contrôlant la jeune sorcière qui a eu le malheur d'y confier ses pensées. Voldemort a déjà réussi à contrôler des sorciers bien plus sages et puissants que la jeune Mlle Patil, mais je suis ravi de vous dire que nos guérisseurs ont confirmé que nul fragment d'âme n'a survécu. Mr Londubat a très efficacement tué cette portion du Seigneur des Ténèbres. »

« Pouvez-vous nous dire où ils ont appris à se battre comme ça et quelle langue ils parlaient durant le combat ? »

Une nouvelle fois Amélia laissa la parole à Barchoke. « Mon fils est arrivé à Poudlard en étant déjà un guerrier et a entre temps atteint le rang de centurion. Après avoir visionné le souvenir de l'auror, je pense que tout le monde est d'accord pour dire que mon fils a mérité cet honneur. » Les gobelins présents frappèrent de nouveau leurs épées contre leurs boucliers.

« Les quatre amis travaillent très dur lors de leurs cours de défense chaque samedi et dimanche avec mon assistant, William Weasley et ce, depuis le début de leur première année. Ils parlent maintenant en gobelbabil pour que leurs adversaires ne puissent pas comprendre leur discussion. Vous avez pu en constater l'avantage dans ce combat. Comme le jeune Neville Londubat l'a dit, ses amis sont déterminés à protéger les arrières de mon fils depuis leur rencontre. En tant que père, vous ne pouvez pas savoir à quel point cela me rend humble et fier. »

Le ministre écarta habilement les questions sur les récompenses éventuelles et celle pour savoir à qui appartenait maintenant la carcasse du basilic, disant qu'il faudrait qu'il en parle avec plus de personnes, dont celles qui ne se trouvaient pas dans la Chambre.

La seule question qui causa un petit remue-ménages fut celle adressée à Tonks. « L'auror pourrait-elle nous expliquer ce qu'était ce mystérieux plan B ? »

Tonks était restée à côté de ses camarades aurors pour regarder le souvenir. Amélia lui indiqua d'un signe de tête de répondre à la question.

Elle essaya de regarder partout, sauf dans la direction de Mr Patil quand elle répondit. « Je surveillais de près l'état de santé de Miss Patil. Si elle venait à mourir, cela aurait signifié que Tom avait récupéré son corps – et cela aurait mon signal pour attaquer avec tout ce que j'avais. Voldemort n'avait pas de baguette donc cela aurait pu être notre seule chance de le tuer avant qu'il ne mette la main sur une baguette. »

Une question suivit aussitôt. « L'auriez-vous vraiment tué ? »

Tonks n'avait pas honte de sa réponse et elle durcit son ton. « Pour que Voldemort récupère son corps, il aurait dû assassiner Parvati Patil. N'oublions les quatre étudiants qui se battaient pour leurs vies. Voldemort avec un nouveau corps aurait certainement changé le cours de la bataille. Pour répondre votre question, j'étais prête à le décapiter sur le champ – et je l'aurais pleinement assumé. »

Ragnok brisa le silence gêné qui suivit la déclaration de l'auror. « Auror Tonks, si jamais vous avez besoin d'un autre emploi, Gringotts serait honorée d'offrir un poste à une personne avec vos talents, votre courage et votre conviction. »

Le temps qu'elle avait passé avec Barchoke permit à Amélia de lire l'éclat malicieux dans le regard du directeur. Cela lui permit de pouvoir se permettre une réflexion spirituelle sans craindre de faire un mauvais pas. « Ambassadeur Barchoke, seriez vous assez aimable pour demander à votre directeur de ne pas essayer de me priver de mes meilleurs jeunes aurors. Mlle Tonks n'aura pas besoin de trouver un autre poste tant que je serais la direction du Département de la Justice Magique. »

Ragnok hocha la tête, souriant presque de cette gentille rebuffade car il avait atteint son but. La jeune auror qui avait le courage de faire ce qui était nécessaire avait maintenant publiquement la protection de sa directrice, et la presse en avait été témoin.

Quand quelqu'un demanda comment le journal était arrivé entre les mains d'une jeune étudiante, le ministre lui même intervint de nouveau. « Je dois vous annoncer que nous sommes en train d'enquêter grâce à une équipe composée à la fois du ministère et de nos amis gobelins de Gringotts. Nous suspectons que ces circonstances ne sont pas dues au hasard et vous pouvez être rassurés sur le fait que nous irons au bout du problème.

La une de la Gazette s'intitulait « Héros de Poudlard » et était suivie de six petites images des héros en question arrangées au dessus de la photo du basilic mort qui prenait toute la première page. L'histoire complète était écrite en détails pour les lecteurs et il n'y avait nul besoin d'embellir cette bataille déjà épique qui relatait un combat contre Voldemort et un basilic.

Ce serait certainement le sujet principal de conversation de tous les foyers de la Grande-Bretagne magique. Chez les Malfoy, le couple passa du silence complet à des hurlements immédiats.

« Tu as envoyé un horcruxe à Poudlard alors que notre fils y était – es-tu complètement fou ? »

« Je ne savais pas que c'était un horcruxe avant que tu ne me montres ce foutu livre – tu penses que je voulais le retour de notre maitre alors que nous n'avions rien à lui offrir ? Dobby ! »

Le petit elfe apparut en baissant la tête.

« Je t'ai envoyé à Poudlard pour récupérer ce livre et tu as échoué à… »

« Dobby a exécuté les ordres du Maitre à la lettre. Dobby a fouillé la chambre l'amie Patil de Harry Potter, toutes ses affaires et même sous l'oreiller sur lequel elle dort. Dobby n'a parlé à personne, Dobby n'est allé nulle part ailleurs et Dobby s'est fait invisible. »

Narcissa fut exaspérée par l'incompétence de son époux. « Tu n'as même pas donné le livre à la bonne sorcière et pourtant tu t'attends à ce qu'ils ne t'attrapent pas ! »

« Ce sont des jumelles identiques qui me tournaient le dos sur cette plateforme bondée ! »

« Tu aurais dû demander à Dobby de les vérifier toutes les deux, ou le grand Lucius Malfoy n'a-t-il pas compris qu'il pouvait une erreur ? C'est ton plan, ta catastrophe, et ni mon fils ni moi ne serons entrainés dans ce gâchis. Tu es tout seul maintenant Lucius et ne t'attends pas à ce que je joue à l'épouse idéale – je n'irais pas aux visites à Azkaban, ni pour toi, ni pour ma sœur. »

Draco regardait ce duel verbal mais son esprit était ailleurs. Son père avait peut-être donné le journal à la mauvaise Patil mais Draco savait qu'il avait fait une encore plus grosse erreur. Granger avait presque été tuée par ce basilic et Crow chercherai à se venger.

La génération de ses parents disait qu'il ne fallait jamais énerver un gobelin, mais la génération de Draco avait modifié ce dicton. Il ne fallait jamais énerver un gobelin et encore moins Harry Crow.

Lucius Malfoy avait commis un crime bien pire encore. Il s'en était pris à la petite amie de Crow. Azkaban était certes effrayant mais Draco redoutait que son père allait rencontrer les lames de Crow avant d'être envoyé à la prison sorcière. Et il n'y aurait qu'une issue possible : la mort de son père.

Le cafard accrochée au rideau de la pièce ne partageait pas les craintes de Draco. Rita était bien trop occupée à réfléchir à la façon dont elle allait dépenser tout l'or que ces révélations allaient lui apporter.

Gilderoy sauta la première page de la Gazette et chercha celle qu'il voulait, la page seize. C'était dur de voir s'il avait réussi à pose héroïque devant le basilic car l'image n'était pas très grande. Ils avaient cependant retranscrit au mot près son petit discours ce qui était bien – il détestait lorsque ses propos étaient modifiés. Il coupa soigneusement l'image, s'assurant que l'article en faisait aussi partie. Un article dans lequel le célèbre Gilderoy Lockhart soulignait les erreurs commises par les enfants – et pourquoi il serait bien mieux qu'ils reçoivent des cours de défense de sa part.

Il ignora sciemment les commentaires sous ce même article qui prétendaient que sa méthode pour tuer le basilic était ridicule et suicidaire. Gilderoy ignora aussi les rumeurs comme quoi, après l'alarme de Poudlard, il était parti en courant du château toujours dans ses pyjamas bleus en soie.

Gilderoy ajouta soigneusement ce nouvel exploit dans son album et commença à préparer son futur discours de directeur de Poudlard. Car après tout, après cet incident qui pouvait-on choisir d'autre ?