Chapitre 55
Les Avengers étaient entrés ensembles sur le marché, mais rapidement ils se séparèrent attirés par différentes étales. Peter, lui, était resté avec Stark et il observait autour de lui avec frénésie, essayant de tout voir et de tout sentir. Stark l'observa faire avec un large sourire, amusé par l'attitude d'enfant de Peter.
Ils parcoururent les chemins du marché un moment avant que Peter ne s'arrête devant une étale de bijoux, ces derniers étaient tous faits avec le même métal et la même pierre, un alliage d'or et des pierres à l'intérieur qui bougeaient telles des petites paillettes semblables à une galaxie en mouvement.
- Qu'est-ce que vous en pensez, monsieur Stark ? demanda Peter.
- Très joli gamin, commenta l'ingénieur, son regard louchant sur un magnifique collier qui irait si bien à Pepper.
- Je vais prendre le bracelet pour ma tante May.
- Combien pour le bracelet et ce collier ? demanda Stark.
Les négociations qui suivirent cette question furent amusantes du point de vue de Stark et du marchand. Les deux mortels repartirent avec les bourses un peu moins pleines. Ils parcoururent encore quelques mètres avant que Stark n'entraîne l'enfant vers un stand contenant divers matériaux et minéraux. Stark passa l'heure suivante à acheter divers pierres et pépites de métal. Il essayerait de le dupliquer à la maison, après que Loki lui ait expliqué les propriétés de chacun des métaux qu'il venait d'acquérir.
Il eut à peine le temps de tout ranger, que Peter l'entraînait déjà vers un stand vendant de la nourriture.
De leur côté, Clint et Natacha s'étaient surtout dirigés vers un stand d'armes tenu par un Alf acariâtre. Natacha avait jeté un coup d'œil aux diverses dagues qui s'y trouvaient, mais hésitait encore à les acheter, préférant attendre de voir si Clint allait prendre quelque chose ou pas. L'archer lui était en train de manipuler les divers arcs qui se trouvaient posés là, essayant d'en trouver un qui conviendrait à son fils. Le tout sous le regard suspicieux du vieil Alf.
- Qu'est-ce que tu en penses, Natacha ?
- C'est toi l'expert, répliqua la jeune femme.
Cette remarqua attira un reniflement moqueur de l'Alf, auquel les deux ne prêtèrent pas attention. Loki leur avait bien dit qu'ici ils seraient considérés comme inférieurs, même si la cape devrait les aider à ce niveau-là, ils savaient que certains n'en tiendraient pas compte.
- Combien pour l'arc ? demanda alors Clint.
Le marchand eut un nouveau reniflement.
- Je ne vends pas mes créations à des personnes qui sont trop faibles pour les apprécier, grommela-t-il.
Clint fronça les sourcils et s'apprêta à répliquer, lorsque Natacha posa sa main sur son bras.
- Laisse, s'il n'est pas capable de reconnaître un excellent archer lorsqu'il en rencontre un alors c'est que ses arcs ne doivent pas être bons.
Le marchand s'offusqua alors sous le regard attentif des badauds qui connaissaient bien le vieil Alf pour être très difficile avec les clients. C'est à se demander comment il faisait des bénéfices.
- Mes arcs sont excellents, mortelle, mais je ne les laisserai pas entre les mains d'un néophyte.
- Comment pouvez vous savoir qu'il en est un, vous ne l'avez jamais vu utiliser un arc.
- Vous n'êtes que des mortels, répliqua le marchand. À peine assez vieux pour le tenir correctement.
- Qu'est-ce que vous en savez ? répliqua l'assassin.
- Très bien gamine alors je te propose un marché, je vais lancer cinq cibles, s'il arrive à tous les avoir alors il pourra garder l'arc et n'importe quelle arme de mon étale, mais s'il échoue alors vous devrez me donne tous les deux votre bourse et l'intégralité de ce qu'elle contient.
Il y eut alors plusieurs murmures désapprobateurs parmi la foule alors que Natacha jeta un regard à Clint. Ce dernier acquiesça doucement, avant de sortir de son sac son propre arc et cinq flèches. Le marchand eut un ricanement avant de sortir cinq pièces de cuivre. Rapidement une partie du chemin fut dégagé et certains magiciens s'approchèrent se tenant prêts à arrêter les flèches avant qu'elles ne blessent quelqu'un. Ce genre de concours n'était pas rare pendant le festival.
Puis le marchand jeta les pièces aussi loin et aussi haut qu'il le pouvait. Clint les observa un bref instant et d'un mouvement ample et souple, il décocha ses cinq flèches. Lorsque l'un des magiciens revint avec les flèches et les pièces, tous se figèrent en voyant ces dernières transpercées à leur centre. Le vieux marchand resta bouche bée alors que les badauds applaudirent Clint et lui donnèrent des tapes dans le dos.
Puis Barton se tourna vers le marchand qui l'observa avec un regard méchant et pendant un moment les deux mortels pensèrent que l'Alf allait revenir sur sa parole. Mais ce dernier fit le tour de son étale, s'empara de l'arc que Clint avait regardé ainsi que d'une quinzaine de flèche avant de les emballer et de les tendre à l'archer. Clint les prit avec un remerciement calme alors que Natacha demanda à avoir les deux dagues qui l'intéressaient. Lorsqu'ils s'éloignèrent le marchand était déjà en train de houspiller un autre client qui avait touché une arme avec des mains sales.
Steve et Bucky avaient décidé de rester ensemble pour parcourir les allées du marché. Ils s'étaient déjà arrêtés de nombreuses fois, mais n'avaient pas encore trouvé quelque chose d'extraordinaire à acheter. Parce qu'il fallait avouer que s'ils achetaient tout ce qui était intéressant, ils devraient acheter l'ensemble du marché. Ils passaient devant un stand tenu par un nain lorsque ce dernier les arrêta.
- Eh ! Vous êtes des amis de Loki.
Les deux mortels s'approchèrent du stand.
- Oui et vous êtes ? demanda Steve.
- Moi, c'est Bur, fils d'Ivaldi. Loki a été l'apprenti de mon frère aîné dans le temps. Il est là ?
- Loki ? Oui, il doit être quelque part.
- C'est un bras intéressant que vous avez là, remarqua alors le nain en observant le bras de métal de Bucky.
- J'ai perdu le mien dans un combat. Il est pas mal.
- Je pourrai vous en faire un mieux, nota Bur. Comme vous êtes des amis de Loki, je pourrai même vous faire une petite ristourne.
Les deux amis échangèrent un regard avant que Bucky ne reprenne la parole.
- Qu'est-ce qu'il aura de plus que le mien ?
- Il sera bien plus solide et les sensations que vous ressentirez seront les mêmes que si c'était un bras de chair. Sans oublier que je peux ajouter plusieurs sorts de bouclier qui vous protégeront des armes et de la magie.
- Mais ça ne doit pas être donné ? commenta Steve.
Bur donna son prix et les deux hommes se concertèrent un instant. À eux deux ils pouvaient se le permettre mais Bucky ne voulait pas que Steve dépense son argent pour lui, alors que Steve insistait. Finalement ce fut Steve qui s'avança vers le nain.
- Il vous faudra combien de temps pour le faire ?
- Si vous acceptez de me payer la moitié tout de suite et que je puisse prendre les mesures de votre ami, il sera prêt demain matin.
- Steve, tu n'as vraiment pas à faire ça, assura de nouveau Bucky.
- On aura besoin de tous les avantages possibles pour contrer Thanos, chuchota Steve pour que seul son ami l'entende. Puis, s'il est d'aussi bonne qualité qu'il le dit il ne faut pas rater l'occasion, on aura peut-être plus la possibilité de venir. Et… Ça me fait plaisir, avoua Steve en rougissant doucement.
- D'accord, soupira Bucky.
Steve se tourna de nouveau vers le nain et lui tendit sa bourse.
- Vous aurez le reste lorsqu'on aura le bras.
- Bien sûr, assura le nain. Si vous voyez Loki, saluez le de ma part et dites lui qu'il peut venir me voir.
Les deux soldats le saluèrent avant de s'éloigner, Bucky observant autour de lui pour trouver à son tour un cadeau à offrir à Steve avec le peu d'or qu'il lui restait.
Bruce, lui avait préféré rester un peu en retrait, ne prenant que les allées les moins fréquentées. Ce n'était pas parce qu'il contrôlait un peu mieux ses transformations qu'il n'y avait pas de risques et avec le monde autour, si le Hulk se montrait, il allait y avoir des dégâts.
Il était en train d'observer un étal de vêtements lorsqu'il sentit une petite main attraper la sienne. Surpris, Bruce se retourna et observa la fille qui tirait doucement sur sa main.
- Bonjour, commença doucement Bruce avant d'observer autour de lui, où sont tes parents ?
La petite fille ne lui répondit pas, mais continua doucement à le tirer. Bruce hésita un bref instant avant de la suivre. Il fut guidé à travers les allées du marché jusqu'à un stand tenu par deux femmes. La plus jeune des deux devait avoir l'âge physique de Bruce et elle fronça les sourcils lorsqu'elle vit la petite fille.
- Talya, qu'est-ce que tu fais ? soupira la jeune femme. Je suis désolée si elle vous a attiré des ennuies.
- Non, elle n'a rien fait de mal, rassura Bruce.
La petite fille lâcha alors sa main pour rejoindre la femme plus âgée de l'autre coté du stand et elle lui murmura quelque chose à l'oreille.
- Ne gronde pas l'enfant, ma fille, commanda la vieille femme. Elle ne fait qu'aider notre invité. Tout comme moi, elle est capable de sentir certaines choses chez les autres.
Bruce se tendit en entendant cela. Est-ce qu'elle parlait du Hulk ?
- Tu es un berzerker, n'est-ce pas ? Ta colère te donne une grande force ?
La vieille fit le tour du stand pour se tenir devant Bruce.
- Hum. Mais tu ne contrôles pas ton pouvoir.
- Je… Pas vraiment, bafouilla Bruce. Je ne peux pas le contrôler lorsque je me transforme.
Il n'était pas du genre à s'étaler sur sa vie privée et encore moins sur l'autre, mais ici les choses impossibles semblaient possibles et la vieille femme lui a dit que l'enfant voulait l'aider. Peut-être pouvaient-elles l'aider avec le Hulk.
- Peut être parce que tu n'es pas en harmonie avec lui, nota la vieille femme. Combien de temps lui parles tu ?
- Lui… parler ?
- Je vois, murmura-t-elle en se dirigeant vers le stand, elle prit un bracelet et un collier avant de revenir vers lui. Le bracelet t'empêchera de te transformer et le collier te permettra de lui parler dans ton sommeil. L'important pour un berzerker est l'harmonie entre les deux êtres.
Bruce hésita et bafouilla un instant, avant que la vieille femme ne les lui mette entre les mains et ne lui donne le prix, ce qui fit bafouiller encore plus Bruce, parce que ce n'était pas donné.
Finalement, le scientifique retourna dans les allées avec dans son sac un collier, un bracelet et une bourse beaucoup plus vide.
