Harry Potter et le Prophétie du Triangle
Épilogue
Par-dessus les ruines
« Dans un sens littéral, les maisons représente la transfiguration de l'expérience religieuse. » écrit le folkloriste Robert St George. Les habitants de la Nouvelle Angleterre du dix-septième siècle disaient de Dieu que c'était un architecte, et pour le Puritain passionné, élever une maison aux spécifications divines dans ces endroits sauvages et désolés était un acte divin qui retenait temporairement les effets de la faute d'Adam. « La construction d'une maison, » disait St George, « était conçue comme un effort héroïque pour arrêter le temps, suspendre la décomposition, et interrompre le flot de ruine qui avait commencé avec la chute d'Adam. »
--Tracy Kidder, House
« Tu verras. »
Harry avait été sur le point de donner le mot de passe à la gargouille en dehors du bureau du professeur Dumbledore. Il s'arrêta, surpris. « Je verrai ? » lui demanda-t-il.
« Oui, Harry Potter. Tu comprendras. »
« Oh, »fit-il, déçu. Cette sorte de vision. Il avait été incroyablement excité un instant, même s'il avait déjà dit que ce ne serait pas juste que sa vision soit rétablie de quelque manière que ce soit. Il était content d'avoir retrouvé Sandy, après que Rogue l'ai remise en forme avec quelque obscure potion, mais ses prédictions semblaient toutes avoir un double sens ces derniers temps, ce qui lui donnait mal au crâne.
Ginny serra son bras. « Ca va Harry ? Je pense que le professeur Dumbledore va pouvoir t'expliquer pourquoi il a attendu pour te voir. »
Il acquiesça, donna le mot de passe, et elle entra avec lui. La sensation de monter l'escalier en spirale sans rien voir était assez particulière. Quand ils atteignirent la porte, Ginny lui plaça la main dessus et elle apposa ses lèvres contre celle de Harry.
« Je te vois plus tard, Harry. »
Il y a tant de significations pour le verbe 'voir', pensa-t-il, l'écoutant descendre les escaliers. Seulement quand il put dire qu'elle était vraiment partie, il se retourna et rechercha le heurtoir en forme de griffon, ne le laissant retomber qu'une seule fois. Il n'était pas sûr de ses sentiments pour Dumbledore en ce moment, mais il ne se sentait pas très enclin à lui pardonner de l'avoir fait attendre deux jours avant de le rencontrer.
« Entrez. »
Harry ouvrit la lourde porte et entra lentement dans le bureau du directeur. Il pouvait entendre les bruits de rotation et les tintements des délicats instruments d'argent que Dumbledore gardait là. Harry avança en hésitant, redoutant de se cogner dans quelque chose, et il heurta soudain son tibia dans quelque chose de dur qui arrivait à hauteur de genou et qui s'avéra, après investigation, être une chaise. Tu pourrais quand même m'aider un petit peu, pensa-t-il avec irritation, s'asseyant assez maladroitement.
« Bien, Harry. Très bien. » Tu apprends à gérer un peu, déjà. » Sa voix était entièrement trop joyeuse au goût de Harry.
« C'est tout ce que vous avez à dire ? » dit sèchement Harry, son tibia encore douloureux.
« Bien, comme j'ai dit au petit déjeuner, je m'excuse de ne pas t'avoir rencontré plus tôt, mais j'ai été assez occupé à m'acquitter de mes tâches auprès des familles qui ont perdu des êtres chers, et des infortunés qui ont été sévèrement blessés. » Il fit une pause. « Je suis désolé de dire que je viens de recevoir une missive concernant Colin Creevey. » Il soupira profondément et dit « Mr Creevey a poussé son dernier soupir. Il a vaillamment combattu ces deux derniers jours, mais… »
Harry avala sa salive, se souvenant du visage ouvert et enthousiaste de Colin, de sa joie inabattable. « Je suis désolé d'entendre cela, sir. » dit-il très doucement. Il avait maintenant l'impression d'être quelqu'un de petit, de mesquin. Il avait eut à l'idée de se plaindre que Dumbledore ne s'était pas occupé de sa cécité, mais au final, il n'était pas à l'infirmerie ou à Ste Mangouste, et il avait perdu la vue seulement parce qu'il avait lancé le sort d'Enuma Elish. Il avait décidé de faire cela, même s'il n'avait pas consciemment décidé d'abandonner sa vue.
« Je pense que la première chose que je devrais te dire est quelque chose sur moi que seul mon frère Aberforth sait. Même les professeurs ici, à l'école, ne savent pas ce que je vais te dire, et tout ceux qui le savaient sont morts depuis longtemps… »
Harry se redressa sur sa chaise, se demanda ce que cela pouvait bien être. « Oui, sir ? » dit-il, attendant d'entendre ce que Dumbledore avait à dire. Il sentit une partie de son hostilité emportée.
« Harry, ce que je voulais te dire, c'est que je suis né aveugle. »
Cela prit quelques instant à Harry pour digérer cela. Il fronça les sourcils et dit finalement. « Quoi ? » Il était incapable de formuler une réponse plus cohérente tellement il était choqué. Il peut entendre Dumbledore glousser et trouva impossible de ne pas se l'imaginer avec ses yeux bleus brillants qui étincelaient d'amusement. Aveugle ? Comment est-ce que Dumbledore pouvait être aveugle ? « Mais… Mais sir… »
« Oui, Harry, j'oserai dire que tu es confus. Laisse-moi 'expliquer. Quand je suis né, mes yeux avaient une sorte de film blanc dessus. C'est pour cela que mes parents m'ont appelé Albus en fait. J'étais complètement aveugle, à cause d'une maladie qu'avait contracté ma mère pendant sa grossesse. Mes parents étaient moldus, tu te souviens. »
Harry déglutit, sa tête tournant. « Mais.. Mais vous n'avez jamais semblé aveugle ! Il y a tellement de fois où vous m'avez regardé dans les yeux, et … »
« Je n'ai pas dit que j'étais encore aveugle, Harry. J'ai dit que je suis né aveugle. L'été de mes onze ans, nous avons été visités par le directeur adjoint de Poudlard, un certain professeur Blythe. Il a informé mes parents que j'étais un sorcier, et qu'une place m'attendait à Poudlard. Ils l'ont informé, cependant, qu'aller à l'école était hors de question pour moi, comme j'étais aveugle de naissance. Le professeur Blythe ne s'est pas arrêté pour si peu. Il leur a expliqué que je pouvais, avec leur permission, recevoir de puissant yeux magiques qui pourraient me permettre de voir. Ils furent bien sûr tout excités, comme moi. »
« Le professeur Blythe m'a pris à Ste Mangouste pour que j'ai des yeux qui, disait-il, seraient d'un adorable bleu étincelant, pas que j'ai la moindre idée de ce 'bleu' ou 'étincelant' veuille dire. Maintenant, bien qu'il soient rarement utilisés, les yeux magiques qui avaient alors été développés étaient comme celui d'Alastor, sauf qu'il avaient l'air un peu plus naturels que le sien. Alastor a voulu un œil qui n'avait pas l'air naturel. Un avantage pour l'auror, tu sais, pour faire perdre son sang-froid à l'ennemi. Et tous cas, après avoir reçu mes yeux, j'ai pu voir. Mais pas comme la plupart des gens voient. C'est possible, avec le temps, d'apprendre à contrôler ce que l'on voit avec des yeux magiques, mais j'étais très jeune. Quand je les ai reçus, je n'étais même pas allé chez Ollivander pour chercher une baguette, et je n'avais pas la moindre idée de comment contrôler ma magie. Je pouvais voir à travers plusieurs épaisseurs de bois, à travers les os, les murs de pierre, le plomb, et bien sûr, les habits… »
Il s'éclaircit la gorge, et Harry se souvint de Parvati qui avait été assez dérangée par l'œil magique du faux Maugrey au bal de Noël. Il se souvint aussi de Mercy lui parlant de ses yeux, et de récents développements qui lui permettaient de voir le monde normalement, sans avoir d'effort à faire.
« Bien, tu peux voir à quel point cela pouvait être un problème pour un garçon de onze ans, j'imagine. » dit Dumbledore, gloussant un instant. Harry imagina encore ses yeux bleus étincelant. « Ou plutôt, comment le directeur et mes professeurs considéraient que cela était un problème. Je trouvais cela merveilleux, naturellement. J'ai réussi à commettre nombre de méfaits au début de ma première année, jusqu'à ce que mon responsable de maison trouve une solution. » Harry essaya d'imaginer un très jeune Dumbledore se mettant en difficultés à cause de ses yeux magiques, mais il ne réussit pas. Il ne pouvait simplement pas l'imaginer autrement que adulte, que ce soit avec ses cheveux blancs familiers ou avec les cheveux auburn que Harry avait vu quand il était allé dans le journal de Jedusor.
« Il a expérimenté des lunettes magiques de différentes puissances. » expliqua Dumbledore, « mais ce n'étaient pas des lunettes ordinaires, destinée à faire voir plus clair celui qui les portait. Celles-ci étaient conçues pour bloquer le plus gros de ce que je voyais avec mes yeux magiques, pour me faire voir comme les personnes autour de moi. Elles marchèrent, et je me vis ordonné de les garder pendant tout le temps où je ne dormais pas. Les professeurs et les préfets furent informés que si le jeune fauteur de trouble Albus Dumbledore était pris sans ses lunettes, il devait recevoir une retenue et perdre des points de maison… » Il gloussa encore. Harry avait l'impression que lorsqu'il était jeune, il n'avait pas toujours suivi cette règle.
« Mais sir, » dit-il en réfléchissant aux ramifications de cela. « si vous portiez la sorte de demi-lunes que vous avez maintenant, vous pouviez aisément regarder par-dessus quand vous vouliez… »
« Ah, mais en ce temps, j'avais de grosses lunettes rondes, un peu comme celles que tu avais quand tu es arrivé ici, Harry. Oui, tu as raison, c'est bien pratique de regarder par-dessus mes lunettes actuelles pour voir ce qui se passe ici, dans le château. En fait, je les ai faites à partir de mes anciennes lunettes le jour où j'ai été embauché ici pour enseigner afin qu'il soit pour moi plus facile de garder un œil, ou les deux, sur les élèves. » Il y avait un ton malicieux à sa voix. « Quand je choisis de ne pas être distrait par les nombreuses choses que je peux voir, je regarde à travers mes lunettes. Je pourrais simplement le contrôler en me concentrant, mais j'ai choisi de dédier mes pouvoirs de concentration à d'autres choses, et de cette façon, j'ai juste besoin de regarder par-dessus pour voir de très nombreuses choses… » Harry secoua la tête, pensant au regard pénétrant de Dumbledore. Il était bien plus pénétrant que Harry l'avait jamais imaginé. Et si ses yeux étaient comme celui de Maugrey, cela signifiait aussi…
« Vous pouvez voir à travers les capes d'invisibilité ! » s'écria Harry, réalisant brusquement cela.
Dumbledore rit. « Bien sûr que je peux, Harry. Tu ne penses pas que je t'aurais donné quelque chose qui t'aurait rendu possible de te cacher de moi, n'est-ce pas ? Ton père n'a jamais su. Tu vois, Harry, je suppose qu'il y aura toujours des gens pour se promener dans le château, tard la nuit. Mais on doit avoir des règles et des pénalités, afin que cela ne devienne pas anarchique. Rôder quelque peu est habituellement assez inoffensif, après tout, mais mes yeux me donnent un avantage sur les élèves les plus rusés. C'est pourquoi je n'ai vu aucun mal à te donner la cape de ton père. Si je voulais savoir ce que tu allais faire, ou craignais que tu te mettes en danger, j'aurais quand même pu l'apprendre. Et comme les sorties nocturnes des élèves se réduiraient probablement à presque rien si les élèves réalisaient que j'ai des yeux magiques, comme ils craindraient d'être découverts, je préfère garder mon petit secret. »
Harry se renfrogna, une pensée lui venant en tête… Finalement, il sur ce qu'il avait essayé de se souvenir. « Vous nous avez vu ! Ron et moi. Nous étions sous la cape d'invisibilité dans la cabane de Hagrid quand Fudge est venu le prendre à Azkaban, quand nous étions en deuxième année… Vous nous avez regardé droit dans les yeux, et j'étais certain que la cape d'invisibilité avait cessé de fonctionner, mais Fudge ne nous a pas vu, alors j'ai pensé que j'étais juste paranoïaque. Et quand Malfoy est venu vous dire que vous étiez renvoyé par le conseil des gouverneurs, il ne nous a pas vu non plus… Mais vous saviez que nous étions là tout du long ! Les choses que vous avez dites… »
« Oui, Harry. En fait, j'étais inquiet d'en avoir trop dit, et que vous deux découvriez mon petit secret… »
« Hermione l'aurait fait, si elle avait été là. » dit Harry, se sentant un peu dégoûté. « Elle avait compris que Remus était un loup-garou bien avant nous… »
Dumbledore émit un petit rire. « Oui, j'oserai dire que Miss Granger aurait compris, si elle m'avait vu regarder dans votre direction et entendu ce que j'ai dit. »
Harry était confus. « Mais ce que je ne comprends pas c'est …. Pourquoi me le dire maintenant. ? »
« Tu es presque prêt à quitter l'école, Harry. Tu es mon préfet en chef. Et… Et je voulais te rassurer sur ta… Situation. »
« Ma cécité, vous voulez dire. » dit-il, la voix dure.
« Oui, ta cécité. » acquiesça le directeur, comme si ce n'était pas quelque chose qui allait changer la vie de Harry. « Tu vois, j'ai vécu pendant plus de onze ans sans rien voir du tout du monde. Mes parents pensaient que j'étais destiné à être un fardeau pour eux pour le restant de leurs jours. Ils ne me l'ont jamais dit, mais j'ai développé une assez bonne audition, et aucune de leurs conversations 'privées' n'était vraiment complètement privée… »
« Votre audition ! » s'exclama Harry. « C'est comme cela que vous avez entendu la bombe à Azkaban, et les géants dans la forêt, quand ils se dirigeaient vers le château… »
« Oui, et je redoutais que quelqu'un comme notre miss Granger ne trouve là encore la vérité derrière mes yeux, à cause de ces choses. J'ai encore une acuité auditive remarquable, surtout vu mon âge, ce qui a aussi été très utile quand je suis devenu professeur de métamorphose. Je te suggère de commencer à t'entraîner à l'art d'être vraiment calme et en position d'écoute, Harry, afin que tes oreilles puissent t'aider à percevoir le monde plus complètement. Ton audition ne remplacera jamais ta vue, bien sûr, mais… »
« Oui, bien cela m'aiderait aussi si de nombreuses personnes ne pensaient pas que je suis invisible sans utiliser une cape. » Il raconta à Dumbledore l'examen du docteur Chaudhri et son diagnostic initial. Dumbledore s'éclaircit la gorge et eut l'air pensif.
« Bien, c'est vraiment intéressant en fait. Pourquoi penses-tu qu'elle est arrivée à cette conclusion ? »
« Pourquoi ? Parce qu'elle ne sait pas ce qu'elle fait. Et je ne sais pas vraiment pourquoi vous pensiez que me dire que vous étiez né aveugle m'aiderait. » dit-il, grognon. « Vous ne l'êtes pas resté, vous avez eu la possibilité de voir, avec l'aide des yeux magiques. Je n'ai pas cette possibilité. Et même si je l'avais… »
« … Tu n'en voudrais pas. » dit doucement Dumbledore. « Tu ne penses pas que ce serait bien. »
Harry déglutit, croisant ses bras sur son torse. « Bien, non. Même si je suis un peu… »
« … Tu as des remords ? Des regrets ? »
« J'ai des problèmes… A m'ajuster. Si… Si c'était facile… »
« … Alors ce ne serait à un sacrifice. Tu as raison, Harry. Et même si c'est une chose avec laquelle tu vas devoir vivre… Bien, peut-être qu'il y a une part de toi qui a le sentiment que ce ne devrait être facile, ou pratique… »
Harry sentit sa gorge se serrer. « Exact. » fut tout ce qu'il put dire.
Il entendit Dumbledore se lever et contourner le bureau. « Pour en revenir à Mr Malfoy… »
Harry secoua la tête. « Vous ne pourrez pas dire quoique ce soit qui ne l'ait déjà été par d'autres. Je n'aurais pas dû jouer avec la vie et la mort, il n'en valait pas la peine, j'aurais dû le laisser pour mort, c'est un crétin insupportable. Je sais que c'est vrai. Mais… Mais il… »
« Harry. Calme toi. Je n'allais pas t'attaquer. Je pense que j'ai une assez bonne idée de pourquoi tu as fait cela. En tant que personne récemment responsable de la mort de tant de gens, j'aimerais pouvoir dire qu'il y a eu une vie que j'ai pu préserver… »
Sa voix avait l'air indiciblement lasse et vieille, ce qui alarma Harry. « Mais sir ! Vous avez sauvé des vies ! Les géants ont tué tant de monde, et vous… »
« Exactement. Je n'ai pas pu trouver un moyen de les défaire et de les garder en vie. Tu peux ne pas être d'accord, Harry, mais je compte cela pour un échec. Oui, des vies ont probablement été sauvées en noyant les géants. La solution de Miss Kirkner était extrême… Mais probablement la seule. Je ne vais pas lui jeter la pierre pour sa rapidité de réflexion et son pragmatisme. Parfois… » Il soupira profondément. « J'ai autrefois eu de grands espoirs pour les géants, je pensais qu'ils voudraient travailler pour le bien. Mais la mère de Hagrid et ses amis étaient les seuls qui se sont sentis obligés de faire cela. » Il jura doucement et brièvement, dans sa barbe. « Je haies me tromper avec ces choses. »
« Vous… Vous vouliez croire en eux. Vous croyez dans les gens. Vous croyiez en Draco Malfoy, et vous avez raison pour lui, n'est-ce pas ? Il faisait tout ce qu'il pouvait pour essayer de combattre Voldemort, même s'il avait le sort d'Obéissance sur lui. »
« Oui, il faisait vraiment cela. Et il ne pouvait parler de cela à personne. Il était tout seul, isolé, et pourtant il a quand même trouvé la force de faire ce qui était bien, même s'il savait qu'il serait probablement vilipendé pour avoir semblé être un traître. »
Harry déglutit. « Je ne pouvais simplement pas le laisser mourir et être honoré à titre posthume pour ce qu'il a fait. J'avais… J'avais le sentiment qu'il méritait de vivre, d'être honoré de son vivant, d'avoir le début d'une nouvelle vie, et pas seulement un verre levé pour sa vie passée. »
Il entendit le froissement de tissu de la robe de Dumbledore et puis il sentit sa main sur son épaule. « Un très noble motif, Harry, c'est certain. Et un jour, je pense qu'il te sera sincèrement reconnaissant de lui avoir donné cette opportunité, ce nouveau départ. Quand il aura dépassé… »
« Quoi ? »
« Bien, quand il aura dépassé le poids d'être un héros. Tu connais toi-même la charge considérable que c'est. Je crains que Mr Malfoy ne soit pas bien préparé à ce qui va venir… »
« Vous lui avez déjà parlé, n'est-ce pas ? » dit Harry en serrant les dent. Vous lui avez parlé à lui, mais pas à moi.
« Oui, Harry. J'ai trouvé cela sage. Je devais apprendre tout ce qu'il savait, comme nous sommes encore en train de rechercher les mangemorts, et il a pu nous conduire jusqu'à la pauvre mère de Miss Kirkner. Il a aussi requis un peu d'intimité, alors je lui ai fourni d'autres quartiers pour le restant du trimestre. J'ai jusque là réussi à le tenir à l'écart du public, mais cela n'a pas été facile. La presse le réclame pour lui parler… Ainsi que vous et Miss Weasley. Il n'y a aucun doute que cela persistera, une fois le trimestre fini. Quels sont tes plans pour cet été ? »
« Bien, je pensais… J'espérais demander du travail à votre frère. »
Il entendit le directeur rire. « Je pense qu'Aberforth appréciera beaucoup. Et il aura besoin de quelqu'un d'autre maintenant que Sam le laisse. »
« Il part ! » dit Harry, surpris. « A cause de Nita ? Quoi, un jardinier n'est pas assez bon pour elle ? » Il se hérissa au comportement de Sam, pensant à la manière dont les Anderssen et les Malfoy lui avaient probablement lavé le cerveau quand elle était jeune.
« Oh, non, pas du tout. Il a décidé de redevenir auror. »
Harry resta bouche bée. « C'est génial ! »
Dumbledore fit un bruit d'acquiescement. « Sam était un bon auror dans le temps. Il sera un recrue de valeur dans les rangs. Spécialement si l'on considère… »
« … Les gens qui sont morts à Godric's Hollow. » dit doucement Harry.
« Et pendant l'évasion de la prison aussi. Plusieurs gardes du ministère ont été tués par l'un d'eux qui travaillait pour Voldemort. C'est comme cela que l'évasion des prisons du ministère a pu se faire. » Il soupira, l'air à nouveau vieux et fatigué. « Alors, Harry. Tu peux honnêtement dire que tu es satisfait de la manière dont tout s'est déroulé ? »
Harry déglutit, pensant à Ginny, à Draco Malfoy en vie et commençant une nouvelle phase de sa vie. Il pensa à Ron et Hermione qui allaient bien, à Sirius qui allait épouser Alicia, et Rogue qui allait épouser Maggie. Il pensa aussi à Fred et Hagrid qui étaient morts, ainsi que Seamus, Colin, Tony, Parvati et sa sœur…
« Raisonnablement, je suppose. J'aurais aimé qu'autant de monde ne meure pas, et j'ai déjà entendu dire des gens 'S'il devait ramener quelqu'un, pourquoi cela n'a pas été…' »
« Oui, oui, cela va continuer un bout de temps, sans doute. Bien, on ne peut rien y faire, tu as joué à Dieu, Harry. Tu as décidé qui devait vivre ou mourir. Ce n'est pas quelque chose à faire à la légère. Personne ne peut faire cela sans se voir attribuer des arrières pensées. Au moins, tu as sauvé quelqu'un qui s'est sacrifié pour quelqu'un d'autre, ce qui a conduit à la chute du Seigneur des Ténèbres. Quand j'ai sauvé Tom, que c'était un jeune homme… Bien, regarde ce qui en est ressorti… »
« Vous espériez qu'il pourrait faire quelque chose de sa vie ! » dit Harry, horrifié que le directeur révèle ses sentiment sur ce qu'il avait fait.
« Oui, et si j'étais confronté à un autre jeune homme dans la même situation, je referais la même chose. Si tu devais le refaire, sauverais-tu Mr Malfoy à nouveau ? »
Harry réfléchit, se souvenant du visage immobile de Draco, les yeux fixes et grands ouverts, ses traits figés par le choc. Il pensa aussi au garçon sous la tente qui avait utilisé son énergie vitale pour aider Harry à rétablir le cours du temps…
« Oui sir, » dit-il résolument. « Oui, je le referais. »
xxxxx
Le monde magique avait été en ébullition depuis une grosse semaine. Les exemplaires de la Gazette du Sorcier qui atteignaient l'école indiquaient que les fêtes non-stop étaient la règle, et pas l'exception à Pré-au-Lard et sur le Chemin de Traverse, et même les journaux moldus que Hermione recevait de ses parents avaient des histoires de pluies de chouettes et d'étoiles filantes. Différentes histoires circulaient sur quel studio essayait de promouvoir son nouveau film avec ces effets spéciaux, et tout le monde niait ces allégations. (Ce qui n'empêchait pas les reporters de déclarer que c'était tel ou tel producteur qui avait commandité toute cette publicité.)
Une semaine s'était passée depuis les deux batailles, et la cérémonie avait finalement lieu sur le terrain de Quidditch de Poudlard en l'honneur des victimes. Harry espérait que cela aiderait à rappeler aux gens que ce n'était pas seulement le moment de célébrer la chute de Voldemort, mais aussi de pleurer ce qui avaient combattu dans le bon camp et avaient perdu leur vie. Il avait répété ce qu'il allait dire de très nombreuses fois, avec l'aide de Ginny et d'Hermione, jusqu'à ce qu'il ai tout parfaitement mémorisé. Quand ils se préparaient dans la salle commune, il lui dit. « Alors, je vais me lever, lancer le sort de Sonorus sur ma gorge… »
« Oh non, tu n'auras pas besoin de cela. » lui avait dit Hermione. « Le professeur Rogue a dit que ce serait vraiment fastidieux que chaque orateur lance le sort et l'enlève. Il a enchanté un tapis sur le podium. Quand on se tient dessus, tout ce que l'on dit est amplifié afin que tout le monde puisse entendre, et quand on descend, la voix redevient normale. »
Il avait acquiescé, pensant ce c'était une bonne idée. Il portait les habits que Mrs Weasley lui avait donné pour passer ses ASPICs, et sur lesquels il avait fait épingler son insigne de préfet en chef par Hermione. Elle avait aussi insisté pour lui épingler son Ordre du Phénix et son Ordre de Merlin, deuxième classe, comme elle portait les siens, et Ginny portait aussi son insigne de préfet et son Ordre du Phénix. Ron aussi portait ses Ordre du Phénix et son Ordre de Merlin. Hermione lui avait mis ce dernier afin qu'il n'air pas besoin de toucher l'argent. Harry pensa que Draco Malfoy porterait aussi son insigne de préfet et son ordre du Phénix. Quand Hermione lui dit d'arrêter de se trémousser et de tripoter ses décoration, il se sentit grognon et répondit « Oui maman. »
« Très drôle. »
Suivant les professeurs, Harry et Hermione devaient conduirent les élèves dans le stade, préfet et préfète en chef. Harry sentit la différence de texture quand ils atteignirent le sable de la poste autour du terrain, où il avait l'habitude de courir tous les matins, quelque chose qu'il n'avait pas fait depuis la bataille. Cela lui manquait, la sensation de courir, sans rien devant lui, sans soucis de trébucher ou de se cogner dans quelque chose. Il essaya de ne pas penser avec envie au jogging comme Hermione le conduisait dans les escaliers jusqu'au sommet des gradins, où ils seraient assis. Il avait été soucieux de ne pas paraître trop maladroit, mais quand il entendit les murmures furtifs sur sa route, sa grâce physique, ou plutôt son absence n'était pas ce de quoi on parlait.
« Le voilà ! »
« Oui, aussi aveugle qu'une chauve-souris. »
« Draco Malfoy ? »
« C'est ce que j'ai entendu. »
« Et des yeux magiques ? »
« C'est probablement ce qu'il fera. »
« Je pense aussi. Il n'y a aucune raison pour que Harry Potter soit aveugle… »
Il avait essayé de les ignorer. Il y avait un brouhaha général de personnes s'installant, nerveuses pour ce qui allait se passer. Cela promettait d'être une journée remplie d'émotions, et il était content d'avoir pensé à mettre plusieurs mouchoirs dans ses poches. Jusque là, cependant, ses yeux étaient secs. Il se sentait étrangement vidé de toute émotion comme il entendait le stade se remplir. Hermione lui dit que des centaines de chaises avaient été installées à même le terrain, pour augmenter le nombre de places assises, comme même les parents des élèves nés de moldus avaient été invités, parmi lesquels se trouvaient les siens. Il serra l'amulette dans sa main, voyant Ginny assise avec Lucy Bailey, la préfète de cinquième année de Griffondor survivante. Karl Fauth, l'autre préfet, était à Ste Mangouste, attendant qu'un nouveau bras remplace celui qu'il avait perdu en se battant contre les géants. Les cheveux blonds de Lucy bougeaient dans la brise, des cernes sombres sous ses yeux bleus. Ginny reniflait dans un mouchoir tandis que Lucy posait sa tête sur l'épaule de Ginny. Leur insignes de préfet brillaient au soleil, et les flammes de l'Ordre du Phénix de Ginny brillaient régulièrement à gauche, à droite, à gauche, à droite…
Harry avait continué à partager son lit avec Ginny, mais même quand Ron et Hermione avaient décidé d'aller dans le dortoir des filles de septième année pour un peu d'intimité (Lavender n'était toujours pas rentrée de Ste Mangouste), il ne s'était pas tourné vers elle pendant la nuit. Harry avait pensé, une ou deux fois, que Ginny pourraient vouloir faire quelque chose quand ils étaient seuls, quelque chose pour qu'ils se perdent dans leurs sensations physiques, un moyen d'oublier, mais il avait essayé cela avant, quand Dudley était mort, et il avait découvert que c'était monumentalement inutile. Après cela, il s'était senti mal d'avoir essayé d'utiliser Hermione pour combattre les rêves dérangeants où il voyait Dudley sauter du toit de son dortoir de Smeltings, Queudver se transformer en dragon avec la voix de Draco Malfoy, puis où il se retrouvait avec Ginny à Godric's Hollow, où elle se transformait en squelette…
Il n'avait jamais compris l'image de Poudlard en ruine qu'il avait vue dans son rêve, mais maintenant, il supposait que c'était une sorte d'avertissement, plutôt qu'une prédiction. Les géants avaient essayé d'abattre le château, et avaient réussi à détruire deux tours.
Le bruissement de la foule commença à diminuer. Le silence s'installa graduellement dans le stade. Dumbledore devait commencer, mais il attendit une longue minute, les laissant tous écouter les gazouillis des oiseaux, sentir le brise souffler. Finalement, il commença à parler.
« Bienvenus mes amis, pour ce moment de souvenir, de deuil, et de célébration. » dit-il lentement en solennellement. Le dernier mot surprit Harry, mais Dumbledore continua. « Nous devons nous souvenir de ce qui sont tombés, et les pleurer, mais nous devons aussi célébrer leurs vies, et leur bravoure, ainsi que la bravoure de ceux qui ont combattu, et survécu. Qu'aucun de ceux qui sont tombés ne soit oublié un instant, car c'étaient tous des héros de premier ordre. » dit-il fermement. « Notre préfète en chef, Miss Hermione Granger, va maintenant lire les noms des élèves tombés lors des Batailles de Poudlard et de Godric's Hollow. »
Hermione se leva et il entendit le bruissement de sa robe comme elle approchait du podium. Même amplifiée, sa voix semblait très petite. « Hannah Abbot, » commença-t-elle, « septième année, Poufsouffle. Barry Bagshoot, troisième année, Griffondor… » Il pouvait dire qu'elle essayait de garder sa voix égale, mais elle tremblait à l'occasion. Harry se demanda si elle pourrait lire jusqu'au bout. A chaque nom qu'elle lisait, il entendait un sanglot quelque part, parfois près, parfois loin. « Mandy Brocklehurst, septième année, Serdaigle. Colin Creevey, sixième année, Griffondor, » dit-elle en s'étranglant. Harry ne put empêcher les larmes de lui monter aux yeux comme il se souvint du petit Colin le suivant avec son appareil photo qui lui avait sauvé la vie, même s'il avait été pétrifié. Aucun appareil photo ne l'avait sauvé cette fois.
Harry pensa qu'elle aurait besoin de s'arrêter complètement quand elle atteignit les Patil. « Padma Patil, septième année, Serdaigle. Parvati Patil, septième année, Griffondor… » Elle semblait maintenant avoir un très mauvais rhume de cerveau, et elle put à peine dire les quelques derniers noms. Quand elle se rassit finalement, Harry lui prit la main et la serra. Elle posa sa tête sur son épaule, et émit un bref sanglot. Il lui tendit un mouchoir, ne sachant pas quoi faire d'autre.
« Et maintenant, » dit Dumbledore, « nous allons avoir un morceau de musique en l'honneur de nos élèves tombés. Nous n'avons pas eu de chœur à l'école depuis des années, mais de nombreux élèves se sont portés volontaires pour en former pour cette cérémonie. Je pense que vous reconnaîtrez tous le morceau choisi. Vous êtes invité à vous y joindre si vous le désirez. »
L'orchestra entama l'introduction, et Harry eut la gorge qui se serra quand il l'entendit. Il y eut le bruit sourd des élèves se levant. Les cuivres de l'orchestre firent retentir une fanfare, et puis les jeunes voix s'élevèrent en chanson, ramenant Harry un an en arrière, comme il se tenait sur les créneaux du château, se préparant à amener les membres du club de duel à la bataille…
« And did those feet in ancient time
Walk upon England's mountains green? »
Et l'on vit ainsi dans les temps anciens
Ces pieds fouler les vertes collines d'Angleterre ?
Il se souvint du sentiment de solidarité parmi les élèves comme les quinze membres du club de duel s'étaient envolés pour la forêt à la recherche de Rogue et Malfoy, de la vue des autres sur les remparts, attendant, ne sachant pas s'ils auraient besoin de se joindre à la bataille avec les quinze premiers…
L'orchestre joua un interlude, et puis, toute seule, la voix de Will Flitwick s'éleva, chantant le second vers. Harry se souvint du jeune Will se levant pour lui dans la Grande Salle, quand les autres croyaient qu'il avait fait quelque chose au professeur Flitwick et à Cho Chang. Sa voix claire et jeune résonna dans le stade. Quand il eut finit, une fanfare de cuivre précéda le dernier vers. Tout le monde se mit à chanter maintenant, les voix fortes sûres :
« Bring me my bow of burning gold!
Bring me my arrows of desire!
Bring me my spear: O clouds unfold!
Bring me my chariot of fire!
I will not cease from mental fight:
Nor shall my sword sleep in my hand
Till we have built Jerusalem
In England's green and pleasant land. »
Apportez-moi
mon arc d'or brûlant !
Apportez-moi mes flèches
d'ardeurs !
Apportez-moi ma lance : ô nuées
déployées !
Apportez-moi mon chariot de feu !
Je
ne cesserai pas le combat spirituel
Et mon épée
n'aura nul repos dans ma main
Jusqu'à ce que nous ayons
bâtis Jérusalem
Sur la terre verte et charmante
d'Angleterre.
L'orchestre finit la note finale et il y eut un moment de silence, suivi par de grondement étouffé de la chorale s'asseyant. Dumbledore se remit à parler, cette fois des professeurs qui étaient tombés lors de la bataille de Poudlard : le professeur Trelawney et Hagrid. Maggie monta sur le podium pour faire l'éloge de Trelawney, tandis que Dumbledore en personne parla de Hagrid.
« … la générosité d'âme de Rubeus Hagrid était aussi grande que lui, » dit Dumbledore à la fin, « et si je dois jamais avoir un aussi grand et loyal ami que lui, j'aurais véritablement beaucoup de chance. » Sa voix semblait tendue à Harry. Après une pause, il dit « Notre maître de potions, Severus Rogue, va honorer la mémoire de ses collègues avec un morceau de musique. » Harry déglutit, se demandant ce que Rogue allait faire. L'orchestre commença à jouer quelque chose qui lui était vaguement familier, et puis la voix profonde et forte de son beau-père retentit dans le stade :
« The people that walked in darkness,
that walked in darkness,
the people that walked, that walked in darkness
have seen a great light, have seen a great light...
The people that walked,
that walked in darkness have seen a great light. »
Les gens qui avançaient dans l'obscurité,
qui avançaient dans l'obscurité,
Les gens qui avançaient dans l'obscurité,
qui avançaient dans l'obscurité,
ont vu une grande lumière, ont vu une grande lumière..
Les gens qui avançaient dans l'obscurité,
qui avançaient dans l'obscurité, ont vu une grande lumière.
Harry l'écouta chanter, les paroles parfaitement énoncée, montant la gamme et la redescendant. Il semblait que tout le monde retenait son souffle comme il chantait, comme ils écoutaient et pensaient à l'obscurité dans laquelle ils avançaient depuis que Voldemort était revenu…
« And they that dwell,
that dwell in the land of the shadow of death,
and they that dwell, that dwell in the land,
that dwell in the land of the shadow of death... »
Et ceux qui vivaient,
Qui vivaient dans le pays de l'ombre de la mort,
Et qui vivaient, qui vivaient dans le pays,
Qui vivaient dans le pays de l'ombre de la mort…
Le pays de l'ombre de la mort. Oui, Harry avait l'impression qu'il avait vécu dans le royaume des morts depuis le moment où il avait osé ouvrir ses yeux et regarder le corps de Cedric Diggory. Peut-être que c'était pour cela qu'il lui avait semblé être à Poudlard quand il avait invoqué le royaume d'Ereshkigal. Cela représentait aussi la mort pour lui, l'endroit où il vivait chaque jour. Mais maintenant le monde entier était dans l'ombre pour lui…
...upon them hath the light shined,
upon them hath the light shined.
ont vu la lumière briller sur eux,
ont vu la lumière briller sur eux
L'orchestre finit, allant de plus en plus lentement. Pour une chanson avec un message qui était sensé être joyeux, elle avait l'air assez funèbre, selon Harry, bien qu'il ne puisse dénier que Rogue avait l'air assez puissant et autoritaire pendant qu'il la chantait. Il entendit Rogue s'asseoir, et Dumbledore se leva encore, sa robe bruissant.
« Merci professeur Rogue. Et maintenant, Eustache Bean, ancien directeur des Forces de l'ordre magiques, et dernièrement élu ministre de la magie… » Harry fut surpris. Il n'avait pas entendu parler de cela. « … va lire les noms des aurors qui sont tombé à Godric's Hollow. » Harry se souvint de la voix autoritaire de Bean lors du procès de Lucius Malfoy. Comme il lisait les noms, Harry reconnut des noms des aurors qui avaient été emprisonnés à Azkaban, des hommes et des femmes qui avaient survécu à cela seulement pour se faire tuer devant l'ancienne maison des parents de Harry. Le stade était très silencieux quand Bean lut les noms. Quand il atteignit la fin et se rassit, Dumbledore reprit la parole. « Et maintenant, Miss Ruth Pelta, en sixième année à Griffondor, va nous interpréter le Kaddish de Ravel en mémoire de ceux qui sont tombés à Godric's Hollow. »
Harry entendit Ruth se diriger vers Dumbledore. Quand elle commença à chanter, a capella, sa voix pure était le seul son dans le stade silencieux, et Harry eut les cheveux qui se dressèrent sur sa nuque. Il se souvint d'elle dans la synagogue de son père, les notes claires tombant comme des perles dans l'eau immobile… Mais soudain, elle commença à diminuer, sa voix tremblant. Il était assez proche pour pouvoir l'entendre chercher son souffle, et il chuchota à Hermione « Aide-moi. Je dois aller avec elle. » Ils se levèrent tous deux et rejoignirent Ruth, et quand Harry fut à côté d'elle, il posa son bras sur son épaule, se tenant à côté d'elle sur le podium, sur le tapis enchanté. Elle peinait encore, mais il joignit sa voix à la sienne, lui faisant un signe de la tête, et ensemble, ils chantèrent pour ceux qui étaient tombés, pendant que la foule écoutait en silence. Harry savait que sa voix n'était pas au niveau de celle de Ruth, mais son soutien l'aida à regagner en force et à poursuivre. Il savait qu'en réalité, elle chantait pour Tony, et il ne savait pas comment elle avait déjà pu chanter autant. Quand l'écho de la dernière note se fut éteint, ils descendirent du podium. Ruth le serra étroitement, et il lui chuchota. « Ca ira. Il faut du temps. »
Il la sentit l'embrasser sur la joue, et elle dit « Merci Harry. », la gorge serrée. « Je ne sais pas où tu as appris cela. » ajouta-t-elle, une note d'étonnement dans la voix, « Mais… Merci. » Hermione l'aida à se rasseoir, puis elle lui serra les épaules
« Comme si je ne pleurais déjà pas sans arrêt, il a fallu que tu fasses cela, Harry » sanglota-t-elle à moitié.
« Elle m'a appris cela. » lui chuchota-t-il. « C'est en l'apprenant… C'est comme cela que j'ai pleuré Jamie… Je ne pourrais jamais vraiment la remercier pour cela… »
« Je pense que tu viens de le faire. » lui dit Hermione, lui tapotant la main.
Dumbledore était à nouveau sur le podium, remerciant Ruth et Harry d'avoir chanté, et annonçant qu'Eustache Bean allait émettre quelques remarques. Bean revint sur le podium avec un pas lourd, il s'éclaircit la gorge et commença à parler. Harry fut horrifié. Bien que Bean ait commencé à parler de la terrible année que cela avait été, des nombreux sorciers et sorcières travaillant pour le ministère qui étaient morts, sa voix s'enfla quand il promit aux gens « … Et je vais continuer à me dédier, en tant que ministre de la magie, à éradiquer tous les mangemorts, et à garantir la sécurité de chaque personne magique de Grande-Bretagne ! » Il y eut des cris enthousiaste, et des applaudissements comme la foule rugissait son approbation. Soudain, ce n'était plus une cérémonie pour la mémoire, mais une campagne politique, au goût de Harry. Tu as déjà gagné, pensa-t-il, grognon, en direction de Bean.
Bean continua, promettant que personne ayant jamais été suspecté d'avoir supporté Voldemort serait autorisé à détenir un permis de transplaner, que le veritaserum serait utilisé dans tous les interrogatoires futurs, et qu'il veillerait personnellement à la construction de la nouvelle Azkaban. Elle serait construite sur l'île de Drear, qui était déjà incartable. Il sélectionnerait lui même les experts en créatures dangereuses qui s'occuperaient des Quintapèdes qui vivaient sur l'île, et qui feraient partie des mesures de sécurité remplaçant les détraqueurs. « … au moins jusqu'à ce que nous puissions trouver un moyen d'approcher les effets des détraqueurs sur les prisonniers… » Harry s'étouffa d'horreur à ces paroles.
« Le Seigneur des Ténèbres a sans doute trouvé intelligent d'essayer d'attirer ailleurs le directeur et le préfet en chef, et d'autres duellistes entraînés afin que les géants puissent attaquer ceux qui étaient restés derrière, les jeunes et les faibles, comme les français l'ont fait à Azincourt quand ils ont tué les garçons désarmés qui attendaient que leurs chevaliers reviennent derrière les lignes de front. »
A côté de lui, Hermione émit un reniflement indigné, et elle chuchota à Harry. « C'est des bêtises. Il n'y a aucune preuve historique de cela. Shakespeare a juste inventé ces choses quand il les a écrite dans Henri V. Et Neville et Dean ne sont ni jeunes, ni faibles. Pas plus que les Serpentards qui n'ont pas aidé du tout. »
« Cela fait de la bonne propagande pourtant, n'est-ce pas ? » répliqua Harry, d'humeur cynique.
Elle fit un bruit sceptique tandis que Bean continuait, disant que cela ne devrait plus jamais arriver, que pour protéger les enfants, des aurors sécuriseraient le domaine de l'école, y compris la forêt. « Jamais plus il n'y aura un camp de créatures dangereuses sur le seuil même de Poudlard, ni d'attaque sur nos précieux enfants ! » Harry se rebiffa pour le compte de Dumbledore. Il n'était pas à blâmer, mais on ne le savait pas avec ce que Bean disait. Puis Harry se remit à écouter plus attentivement quand Bean promit que le ministère surveillerait aussi de très près tous les Serpentards présents et anciens. Il émit aussi le vœux que les mouvements des créatures magiques partiellement humaines, et spécialement les vampires et les loups-garous, soient surveillés de près. « Les héros de Poudlard et de Godric's Hollow ne seront pas tombés en vain ! » s'écria-t-il. Les cris d'enthousiasme s'élevèrent à nouveau. Harry sentait le sang battre dans sa tête. C'était faux, c'était tout faux.
Quand la foule commença à se calmer à nouveau, Dumbledore parla. Il était de toute évidence revenu sur le podium. « Merci pour… Pour cela, M. le ministre. », dit-il, n'ayant pas l'air reconnaissant du tout. « Et maintenant » continua Dumbledore, « nous allons avoir le plaisir d'entendre un autre morceau de musique chanté par notre préfet en chef, Harry Potter, qui va chanter le vieil air Gallois Ar Jyd Y Nos. Notre préfète en chef, Hermione Granger, va l'accompagner au violoncelle. »
Harry et Hermione se levèrent et elle le conduisit à sa place. Il attendit pendant qu'elle s'asseyait sur la chaise qui l'attendait, avec son violoncelle déjà accordé. Quand il l'entendit frotter l'archet sur les cordes, il prit une grande inspiration, son cœur battant très fort dans ses oreilles tandis qu'elle jouait l'introduction trop brève. Il était très content de ne pas avoir à voir la foule en train de le regarder pendant qu'il faisait cela. A la place, il visualisa sa mère au chevet de son frère, et sa sœur, voyant son visage pâle et angoissé au funérailles de leur petit frère.
God, that madest earth and heaven,
Darkness and light;
Who the day for toil hast given,
For rest the night;
May Thine angel guards defend us,
Slumber sweet Thy mercy send us;
Holy dreams and hopes attend us,
This livelong night.
And when morn again shall call us
To run life's way,
May we still, whate'er befall us,
Thy will obey.
From the power of evil hide us,
In the narrow pathway guide us,
Nor Thy smile be e'er denied us
The livelong day.
Guard us waking, guard us sleeping,
And when we die,
May we in Thy mighty keeping
All peaceful lie;
When the last dread call shall wake us,
Do not Thou, our God, forsake us,
But to reign in glory take us
With Thee on high.
Dieu, qui a fait la terre et les cieux,
l'obscurité et la lumière,
qui a fait le jour pour le labeur,
et la nuit pour le repos,
puisse tes anges gardiens nous défendre,
que ta merci rende notre sommeil doux,
qu'il soit empli d'espoirs et de rêves sacrés,
pour cette très longue nuit.
Et quand le matin nous appellera
Pour avancer sur le chemin de la vie,
Puissions-nous toujours, quoiqu'il nous arrive,
Obéir à ta volonté.
Cache-nous du pouvoir du mal,
Guide-nous dans le sentier étroit,
Et ne nous refus pas ton sourire
Dans cette très longue journée.
Garde-nous lorsque nous sommes éveillés, garde-nous lorsque nous dormons,
Et quand nous mourrons,
Puissions-nous sous ta garde puissante
Tous reposer en paix.
Quand le dernier appel redouté nous réveillera,
Ô Dieu ne nous abandonne pas,
Mais prends-nous pour régner dans la gloire,
Avec toi dans les cieux.
Harry eut l'impression qu'il ne pourrait pas continuer à plusieurs reprise, mais il pensa à Jamie chantant vaillamment dans le cimetière, et il continua, même lorsque sa voix se brisait sur les mots, 'Garde-nous lorsque nous sommes éveillés, garde-nous lorsque nous dormons, Et quand nous mourrons,'… Avant qu'il ne quitte le podium, il sentit la main de Dumbledore sur son épaule. Harry lui fit un signe de la tête avant de suivre Hermione jusqu'à leurs sièges.
« Merci, Mr Potter. Et maintenant, j'ai dit que nous célèbrerions quelques personnes ici aujourd'hui aussi. Le ministre Bean et moi avons de nombreuses distinctions à attribuer, tant parmi les héros vivants des batailles de Godric's Hollow et de Poudlard, que parmi les morts. D'abord… L'ordre de Merlin, troisième classe. Attendez s'il-vous-plaît que j'ai fini avant de répondre. »
Comme Dumbledore lisait les noms, Harry sentit une vague de fierté à chaque fois qu'il reconnaissait celui d'un des membres du club de duel, qu'il soit encore en vie pour recevoir sa décoration, ou qu'elle lui soit attribuée à titre posthume, ce qui était le cas de beaucoup. Quand il dit « Williamson Flitwick », Harry ne sut pas de qui il parlait pendant un instant, avant de réaliser que c'était le jeune Will. Il déglutit, se rappelant de Will à sa première réunion de club de Duel. Harry avait suspecté qu'il serait un bon choix, et il avait raison, même s'il n'était qu'en troisième année. Il souhaitait maintenant pouvoir voir l'expression sur le visage de Will, comme il recevait l'Ordre de Merlin en troisième année. Ce devrait être quelque chose à voir…
Harry fut surpris quand les applaudissement jaillirent. Lui, contrairement à tous les autres, n'avait pas vu quand Dumbledore avait levé sa baguette et permis à la foule d'exprimer ses sentiments. Après que les récipiendaires de l'Ordre de Merlin troisième classe soient retournés à leur place, Dumbledore continua. « Reçoivent l'Ordre de Merlin, deuxième classe… » Une autre liste de noms passa devant Harry. La plupart semblait être des noms d'aurors ou de professeurs de Poudlard, bien qu'il y ait quelques élèves. Millicent Bulstrode était parmi les premiers noms, pour avoir combattu les autres Serpentards et aidé Mariah à rejoindre le lac pour parler au sirénéens. On cita aussi Hermione, et il se souvint qu'elle avait reçu l'Ordre de Merlin troisième classe suite au sauvetage d'Azkaban. Maintenant, elle était deuxième classe, comme Harry et Ron. Quand Dumbledore lut le dernier des noms, les applaudissements reprirent, un peu plus fort maintenant. Harry prit Hermione dans ses bras quand elle revint à son siège.
« Et maintenant, » dit Dumbledore, « je crois que vous êtes nombreux à attendre les Ordre de Merlin première classe. Je décernerai d'abord ceux qui sont à titre posthume, et ensuite pour ceux qui sont encore avec nous. Ce ne sera pas par ordre alphabétique, et je vais prendre un moment pour expliquer exactement ce que chacun des récipiendaire a fait pour mériter cet honneur… »
Parmi les récipiendaires à titre posthume se trouvaient Hagrid et Fred Weasley. Harry s'avança pour accepter la décoration de Hagrid pour le compte de sa mère, et Hermione lui dit que c'était Mrs Weasley qui s'avançait pour recevoir celle de Fred, alors qu'elle sanglotait sur la récompense de Hagrid.
Quand Dumbledore eut donné les honneurs à titre posthume, et qu'il passa à ceux qui étaient encore en vie, Harry fut bien surpris. Les deux premiers récipiendaires se trouvèrent être Bill et Charlie Weasley ! « Bill et Charlie ! » s'exclama Harry dans un murmure. « Tu savais ? »
« Je savais juste qu'ils allaient nous dire aujourd'hui ce qu'ils avaient fait. Je ne savais pas que cela allait être ainsi. » répondit-elle doucement.
Dumbledore expliqua que Voldemort avait gagné le support et la confiance de nombreux vampires. Bill et Charlie avaient fait un travail dangereux pendant des mois, avec l'aide d'un ami vampire de Roumanie (« Dimitri !» souffla Harry à Hermione.) Elle lui serra la main, ce qui signifiait probablement 'Tais-toi et écoute.'. Dumbledore dit que le jour des batailles, Bill, Charlie et Dimitri avaient réussi à empêcher les vampires qui étaient attendus à Poudlard et à Godric's Hollow de se joindre à la bataille. Ils en avaient emprisonné la plupart, et n'avaient tué qu'en légitime défense quand certains combattaient.
Quand il eut fini de parler, un rugissement d'approbation jaillit de la foule. Les autres Weasley semblaient être responsable pour beaucoup du bruit. (Dumbledore n'avait pas dit à la foule d'attendre cette fois). Bill, Charlie et Dimitri remercièrent Dumbledore, et Harry pensa, 'J'aurais dû savoir que Bill et Charlie faisaient quelque chose d'important'. Il ne pouvait pas imaginer les vampires en train de se joindre aux batailles. Il n'aurait pas été dur pour Dumbledore de lancer un sort pour obscurcir le ciel en plaçant des nuages devant le soleil. Puis il pensa au fait que Dimitri était ici (probablement intégralement recouvert), et qu'un vampire recevait l'Ordre de Merlin pour avoir combattu d'autres vampires, tout comme Ron l'avait fait avec les loups-garous. Les lois de Bean sur les non-humains auraient aussi un impact sur Dimitri, à moins qu'il ne retourne en Roumanie.
Dumbledore continua. « Ensuite, j'ai le grand plaisir d'honorer une élève qui finit sa sixième année. Une préfète de la maison Serpentard, dont la réflexion rapide, l'ingéniosité et les bonnes relations avec le peuple du lac nous ont permis de maîtriser les géants et d'éviter de nombreux autres morts et blessés. Je suis très heureux de décerner l'Ordre de Merlin première classe à Miss Mariah Kirkner. »
Harry était content pour Bill et Charlie, mais maintenant il applaudit encore plus fort, criant et sifflant, se sentant très satisfait qu'Eustache Bean doive épingler un Ordre de Merlin première classe sur une Serpentard. Il ne pensait pas que ce soit une coïncidence que Dumbledore ait choisi de mettre l'accent sur sa maison. Les applaudissements n'étaient pas aussi enthousiastes qu'ils l'avaient été pour Bill et Charlie, mais il continua quand même à applaudir fort.
Il l'entendit remercier Dumbledore, quand elle fut sur le podium, et il lui répondit avec sincérité. « Non, merci à vous, ma chère, merci à vous. » Quand Mariah eut quitté le podium, il se remit à parler. « Et maintenant,… Un autre Weasley. J'ai vu ce jeune homme grandir, passant d'un garçon qui lors de sa première année était prêt à se sacrifier pour une très noble cause et ses amis, en plus d'être un sacré joueur d'échec, à quelqu'un qui se plonge dans le danger sans pensée pour sa propre sécurité, mais seulement pour ceux qu'il cherche à protéger. Il a montré sa loyauté, sa bravoure et son ingéniosité à de nombreuses reprises, que se soit en jouant au Quidditch pour l'Angleterre, en secourant son maître de potions d'une Acromantula, ou en combattant ses semblables loup-garous au corps à corps, sans arme. Il est passé de torturé à Godric's Hollow, à auteur d'un sort qui a permis aux aurors et aux autres présents de maîtriser leurs opposant et d'assurer la victoire. En une journée, il est passé du statut d'otage de Lord Voldemort à celui d'une des personnes responsable de la victoire finale sur les forces des ténèbres. Je suis très heureux de décerner l'Ordre de Merlin première classe à Ronald Weasley. »
Harry et Hermione bondirent, applaudissant et criant comme des fous. Ron remercia Dumbledore d'une voix claire et profonde, et Harry souhaita avoir quelque moyen de le féliciter sur le champ. Mais cela devrait attendre. Dumbledore s'éclaircit la gorge une fois encore et il continua. « Le prochain récipiendaire est la personne avec laquelle Ron Weasley a lancé le sort qui a conduit à la victoire de Godric's Hollow. Mais avant cela, elle a été l'une des trois personnes directement impliquées dans la chute de Lord Voldemort. Elle a subi le Cruciatus, et elle voulait mourir pour le défaire. A cette fin, elle a utilisé sa connaissances des expériences de la jeunesse de ce dernier pour l'amener à la tuer… Et quand il a mordu à l'hameçon et tenté de le faire, son propre sort a rebondi d'elle sur lui et il a péri. Pour sa ruse et ses nerfs d'acier, je suis très heureux de décerner l'Ordre de Merlin première classe à Virginia Weasley. »
Le rugissement de la foule ébranla le stade, et Harry et Hermione furent à nouveau debout, applaudissant et criant eux même à pleine voix. D'ici et là ; Harry entendit les cris de « La fille qui a survécu ! La fille qui a survécu ! » Il sourit et applaudit jusqu'à avoir ses mains douloureuses. A la longue, ils se rassirent. Harry put faiblement entendre Ginny remercier Dumbledore et Bean. Il souhaita pouvoir voir son visage à cet instant, puis réalisa qu'il pouvait. Il saisit son amulette, la voyant se tenir à côté du podium, serrant la main de Dumbledore, son visage brillant presque autant que l'or de l'insigne de l'Ordre de Merlin sur sa robe. Harry pouvait voir un Dumbledore rayonnant comme il lui serrait la main, et soudain il ressentit une telle vague d'amour pour elle le dominer qu'il dut déglutir et se mordre la lèvre pour essayer de retenir ses larmes. Et elle m'aime aussi, pensa-t-il, soudain assez étonné par tout cela.
Il continua à tenir son amulette comme elle essayait de revenir à sa place, mais la foule n'en avait pas encore assez, continuant à applaudir, à crier et à taper du pied. Harry entendit Hermione rire à côté de lui. « Quand je pense qu'elle avait peur de te parler. » lui chuchota-t-elle. Il regarda Ginny pencher sa tête et rougir, s'esquivant finalement de sur le podium et essayant de retourner à sa place. Il se souvint avec affection de la petite fille qui mettait son coude dans le beurrier, et qui s'était pourtant dressée contre Draco Malfoy chez Flourish and Blotts. Le bruit commença à mourir, et quand Dumbledore se remit à parler, Harry fut surpris. Il avait été tellement pris dans sa contemplation de Ginny qu'il avait oublié que Dumbledore avait encore des décorations à remettre.
« J'ai d'abord été conscient de la ruse et de la bravoure du récipiendaire suivant quand il travaillé à mettre en prison son propre père pour ses activités de mangemort. » Harry sourit. C'était exactement la raison pour laquelle il avait ramené Draco. L'Ordre de Merlin, première classe ! Cela devrait changer sa vie Draco Malfoy officiellement reconnu comme un héros. C'était la nouvelle vie que Harry avait voulu pour lui. Elle commençait, et il sentit son torse soulever avec plus qu'un peu de fierté. J'ai aidé à ce que cela arrive, pensa-t-il. Il est ici aujourd'hui, recevant cela, et pas à titre posthume, parce que je l'ai ramené.
Ce que Harry ne comprenait pas était pourquoi Draco ne lui avait pas parlé depuis qu'ils étaient revenus de Godric's Hollow. Il lui avait envoyé Hedwige avec une note écrite par Ginny, parce que Draco n'avait pas mangé dans la grande salle, et Harry ne savait pas où étaient les quartiers privés que Dumbledore avait arrangés pour lui. Il avait renvoyé la note à Ginny, pas à lui, disant qu'il devait réfléchir à de nombreuses choses, et qu'il ne rencontrerait personne pour le moment. Ginny lui avait écrit d'autres mots, mais il n'avait reçu aucune réponse…
« Si ce n'était les action de cette personne, Lord Voldemort serait encore en vie en train de terroriser le monde magique. » continua Dumbledore.
« Ouais, il a probablement aidé à se débarrasser de lui seulement pour lui prendre sa place ! » cria une voix dans le stade. Harry fut surpris. Il ne pouvait pas imaginer que quelqu'un parle comme cela à Dumbledore.
« Et c'est pourquoi c'est avec un grand plaisir » dit Dumbledore, ignorant le perturbateur, « que je décerne l'Ordre de Merlin première classe à Draco Malfoy. »
Harry avait l'impression qu'il avait voulu en dire plus, mais qu'il avait été coupé. Harry commença à applaudir comme pour les autres, et il entendit Hermione applaudir, mais il semblait que seul un petit nombre de personnes présentes faisaient ainsi, et quelques uns suivaient l'exemple de la personne qui avait déjà crié que Draco voulait prendre la place du Seigneur des Ténèbres. Harry entendit quelques commentaires amers dans les gradins en dessous de lui, et quelque part au-dessus.
« Encore un autre foutu Serpentard qui reçoit l'Ordre de Merlin ! »
« Maintenant, j'aurais tout vu ! Les mangemorts devraient recevoir le baiser du détraqueur, pas obtenir l'Ordre de Merlin ! »
« Il n'y a plus de détraqueurs, tu te souviens ? »
« Alors ils devraient rétablir la peine de mort… »
Harry déglutit, essayant d'applaudir plus fort. Hermione lui prit les mains, l'arrêtant. « Personne d'autre n'applaudit. » chuchota-t-elle.
Harry laissa tomber ses mains sur ses cuisses, écœuré. « Que se passe-t-il ? » demanda-t-il doucement.
« Dumbledore épingle l'Ordre de Merlin à Malfoy, et lui serre la main. Je pense que Malfoy va vomir. Il a l'air un peu vert. »
« Il a probablement entendu ce que ces crétins disaient… »
« Probablement. » Il ne pouvait pas dire à son ton factuel si elle était d'accord avec les crétins. Elle avait applaudit avec Harry au début, mais cela, raisonna-t-il, était probablement son réflexe de politesse habituel.
« Et maintenant, cela me donne un très grand plaisir de remettre la décoration suivante. Maintenant, bien qu'il soit préfet en chef de Poudlard, il n'a pas toujours été connu pour suivre les règles. En fait, il a probablement reçu plus de retenues qu'aucun autre élève qui soit jamais devenu préfet en chef… Mis à part son père. » Un rire parcourut l'assemblée. « Mais ce que je trouver particulièrement remarquable avec lui est sa capacité pour la justice et la compassion. Il n'hésitera pas à faire ce qu'il pense être juste, que la voie soit facile ou pas. Il est la troisième personne qui a contribué à la chute de Lord Voldemort, en utilisant la propre confiance de Voldemort en lui contre lui. Il est l'architecte du plan qui a finalement conduit à la victoire de Godric's Hollow. Et pour finir, si ce n'était pas le grand sacrifice qu'il a fait, nous n'aurions pas eu le récipiendaire précédent avec nous aujourd'hui. Je suis extrêmement heureux de décerner l'Ordre de Merlin première classe à Harry Potter. »
Sa réception n'était rien en comparaison de la réponse tiède que Draco Malfoy avait reçue. Il pouvait entendre crier de partout dans le stade, les pieds taper, les applaudissements donnaient l'impression qu'il y avait cinq fois plus de monde que ce que Harry pensait probablement présent. Hermione l'aida à se lever et à se diriger vers le podium. Quand il l'atteignit, il put sentir Dumbledore lui épingler l'Ordre de Merlin à sa robe, et puis lui prendre sa main pour la serrer. Le stade trembla sur ses fondations à cause du bruit, et Harry décida que cela avait été inutile de mémoriser son discours, parce que maintenant, ce qu'il voulait dire à cette foule n'avait rien à voir avec ce qu'il avait préparé, et il était content que ses amis ne sachent pas ce qu'il allait dire.
La foule se calma finalement. Dumbledore, la voix amplifiée, dit « Et maintenant, nous allons entendre quelques mots de Harry Potter. » Harry le sentit lui prendre le coude comme il s'avançait sur le podium, essayant de ne pas trembler, encore une fois content de ne pas pouvoir voir combien de monde était présent. Son cœur battait très vite, et il souhaitait presque n'avoir affaire qu'à un autre mage noir.
« Merci professeur Dumbledore. » commença-t-il à dire, essayant de garder sa voix calme. « Merci beaucoup pour beaucoup de chose. Merci de croire dans vos élèves, peu importe dans quelle maison ils sont. Merci d'avoir recommandé Mariah, et Draco, et Millicent pour l'Ordre de Merlin, parce qu'ils le méritent. Merci d'avoir cru en Severus Rogue et Arabella Figg et Alastor Maugrey, tous à Serpentard quand ils étaient à l'école. Mais il y a une chose pour laquelle je ne peux pas vous remercier : Je ne peux pas vous remercier de continuer à utiliser le Choixpeau ! »
Il entendit un murmure de confusion parcourir la foule comme il prenait une inspiration, se préparant à continuer. « Quand j'étais sur le point d'entrer en première année, quelques choses sont arrivées qui ont changé ma vie à jamais. Je veux dire, après avoir découvert que j'étais un sorcier. D'abord, j'ai rencontré Draco Malfoy, et je l'ai immédiatement pris en grippe. » Il y eut des rires à cela, ce qui convint à Harry. Il avait essayé d'alléger l'atmosphère. « J'ai entendu parler des maisons de l'école pour la première fois par Draco, qui parlait de Serpentard et Poufsouffle. Je ne savais pas ce que c'était, alors j'ai demandé à Hagrid. » Son nez commença à le picoter quand il pensa à Hagrid. « Il m'a dit qu'il n'y avait pas eu un seul sorcier qui ait mal tourné qui n'ait pas été à Serpentard. Maintenant, je sais que ce n'était pas vrai. Et Hagrid le savait aussi, mais il ne pensait pas aux exceptions ce jour-là. Et puis j'ai été réparti. Quand j'ai mis le Choixpeau, J'ai été horrifié. Il m'a dit que je pourrais être grand, et que la maison qui pourrait m'aider à faire cela serait… Serpentard. »
Harry entendit des exclamations de surprise et fit une pause pour l'effet. Il n'avait jamais pensé dire à tant de personne un secret aussi profondément enfoui, mais il savait qu'il ne pouvait pas garder cela secret plus longtemps. Les gens devaient savoir si l'on voulait changer une tradition millénaire. « Oui. Harry Potter. Un Serpentard. Cela aurait pu arriver. » Et c'est arrivé, dans mon autre vie, pensa-t-il. « J'ai été influencé en rencontrant quelqu'un qui avait déjà été réparti à Serpentard, quelqu'un que je n'aimais pas, et par ce que Hagrid, quelqu'un que j'aimais, avait dit. Avant même d'entendre la chanson du Choixpeau, ou de connaître quoique ce soit de Salazar Serpentard, je savais que la dernière chose que je voulais être était un Serpentard. Avant que le chapeau ait dit quoique ce soit, j'avais déjà pensé 'Pas Serpentard, pas Serpentard ». Il a voulu savoir si j'étais sûr, et il m'a finalement mis à Griffondor. J'ai été énormément soulagé de ne pas être l'un d'eux. »
Des acclamations montèrent de la foule, ce à quoi il ne s'attendait pas. Il leva ses main pour y mettre un terme et les bruits se turent. « Non, ne vous réjouissez pas. J'était un petit imbécile ignorant. Je ne savais rien d'autre sur Serpentard que des rumeurs et l'opinion d'une personne que j'aimais mais qui était biaisée. Et puis, quand j'ai été en deuxième année, j'ai découvert que j'étais Fourchelang. Serpentard était Fourchelang, et quelques personnes ont pensé que cela signifiait que j'étais son héritier, que j'avais ouvert la Chambre des Secrets. Je me le suis demandé moi-même. Le côté héritier. J'ai dit au directeur que je craignais que ce soit vrai, et que c'était la raison pour laquelle le Choixpeau avait suggéré Serpentard. J'ai même demandé au Choixpeau si j'étais dans la bonne maison. Mais le professeur Dumbledore m'a dit que j'avais choisi de ne pas être un Serpentard, et que c'étaient nos choix qui font de nous ce que nous sommes, plutôt que simplement nos capacités. Nos choix. » dit encore Harry.
« J'étais auprès de Viktor Krum quand il est mort dans la forêt l'an dernier. Il m'a dit qu'il n'avait pas eu le choix. Une fois qu'il a su qu'il était le petit-fils de Voldemort, il pensait que son futur était tracé, que son sang décidait de tout. Il avait tort ! Quel message reçoivent les Serpentards quand ils sont répartis ? Pensez-vous que beaucoup d'entre eux ont le sentiment d'avoir un choix de vie autre que celui de la réputation de leur maison ? Rare sont les Serpentards qui ne se sentent pas forcés ainsi, comme Mariah ou Millicent, ou Severus Rogue. Ou Draco Malfoy. Est-ce que nous aidons des enfants de onze ans en leur disant en substance 'Tu es un Serpentard maintenant, alors il y a de fortes chances pour que tu sois une personne vraiment méchante.' Est-ce que cela semble être un choix ? »
Il s'arrêta et écouta maintenant. Le stade était complètement silencieux. « Nous n'avons pas le droit d'ôter aux gens leur libre choix ! Quand je préparais les ASPICs d'histoire de la magie, ma bonne amie, Hermione, m'a dit que c'était un mensonge que les elfes de maison aimaient être réduits en esclavage. Elle a appris le nom du sorcier qui avait le premier lancé un maléfice aux elfes…, oui, un maléfice, et pas un charme, qui semble plus amical…, en leur faisant croire que faire quoique ce soit d'autre que du ménage était horrible et qu'ils devaient vouloir être esclaves des humains leur vie entière. Le sorcier qui a fait cela était un Poufsouffle, pas un Serpentard. Je demande solennellement au ministre de la magie de lever cette malédiction de sur les elfes, afin qu'ils puissent choisir où ils veulent travailler… Pour une paie. L'armée des elfes a sauvé de nombreuses vies à Godric's Hollow, et un elfe proche ami de moi a péri à Stonehenge, où les elfes ont aussi combattu les mangemorts, les dragons et les détraqueurs. »
« Levez la malédiction ! » entendit-il Hermione crier. Il entendit la voix de Ginny répéter le cri, puis celle de Ron, et bientôt, et il sentit qu'on tapait du pied et des mains derrière lui, et il commençait à penser que les gradins de bois allaient être réduits en miettes.
« Libérez les elfes ! Levez la malédiction ! » le chant résonnait dans le stade.
Harry se mordit les lèvres, se souvenant de sa promesse à Dobby. Il leva ses mains pour calmer la foule à nouveau, et il continua. « Bien ! Mais ne vous contentez pas de le dire. Faites que cela arrive. Forcez le nouveau ministre à le faire. Nous n'avons pas le droit de réduire à l'esclavage qui que ce soit, simplement parce que nous en avons le pouvoir. » Il pensa alors à quelque chose et poursuivit. « Alastor Maugrey m'a dit, une fois, que simplement parce qu'on peut faire quelque chose ne signifie pas que l'on doive le faire. Simplement parce que Serdaigle, Poufsouffle et Griffondor ont fait la paix avec Serpentard en utilisant le Choixpeau pour lui donner des élèves qui étaient comme lui ne signifie pas que nous devrions continuer ainsi.
« Je demande au conseil des gouverneurs d'arrêter d'utiliser le Choixpeau. Quand les première années arriveront à l'école, mettez-les au hasard dans les maisons. Il pourra toujours y avoir une compétition entre les maisons, et le tournoi de Quidditch, et tout cela. Mais quel bien cela fait-il de laisser les enfants être avec ceux qui sont comme eux pendant sept ans ? Quelle éducation reçoivent-ils s'ils n'apprennent pas à s'entendre avec ceux qui ne sont pas exactement comme eux ? Et combien d'entre nous ont le sentiment qu'après sept ans, ils sont exactement la même personne qu'ils étaient à onze ans ? Nous ne devrions pas dire aux première années 'C'est qui tu es pour le restant de tes jours.' Poudlard doit être un lieu qui ouvre des possibilités, et non qui les referme. »
Il se retrouva encore face à un mur de silence, alors il continua. « Si le ministère veut éviter la naissance de nouveaux mages noirs, alors faites sentir à tous les élèves qu'ils peuvent être n'importe quoi, peu importe la maison. Ce n'est pas une solution de garder la trace des anciens Serpentards. En tous cas, une fois que le Choixpeau ne sera plus utilisé, 'Serpentard' n'aura plus le même sens. Maintenant, je sais que j'ai dit que lorsque j'ai rencontré Draco Malfoy pour la première fois, je ne l'aimais pas » dit-il, avec un petit rire, « Mais depuis, j'appris à connaître un Draco Malfoy qui est brave et altruiste, et qui a fait bon usage de toute son intelligence de Serpentard. Si ce n'était lui, Voldemort serait encore là. Si ce n'était Mariah Kirkner, Poudlard, et probablement Pré-au-Lard aussi, seraient détruits, et Millicent Bulstrode a aidé à cela. Vous étiez assez silencieux quand ils ont reçu leurs distinctions, mais cette fois, je veux vous entendre vraiment les applaudir. Aux héros Serpentard de Poudlard et de Godric's Hollow ! » cria-t-il, applaudissant bruyamment.
La foule le suivit cette fois, tapant du pied et criant pendant un bon moment, et cette fois, il n'entendit personne médire.
xxxxx
« Je vous déclare maris et femmes. »
Harry sourit en entendant Dumbledore dire ces paroles, et les baisers résonnant qu'il entendit lui dirent que les mariés étaient aussi contents de cela. Une quinzaine de jours après la cérémonie, la petite foule qui emplissait la salle des Trophées de Poudlard, largement composée de Weasley et d'opérationnels, applaudissait et riait de joie. Harry se retrouva embrassé par les mariées, Alicia et Maggie, tandis que les Mariés, Sirius et Rogue, lui serraient la main et lui donnaient des tapes dans le dos. En tant que témoin, il avait du garder les alliances dans sa poche, inquiet que cela ait été une terrible idée de leur part d'avoir un témoin aveugle. Je voudrai sacrément que mon témoin voie ce qui se passe, pensa-t-il, incapable de se sortir la prédiction de Sandy de la tête, bien qu'il sourie et donne des tapes dans le dos de Severus, et serre la main de Sirius, tout en souhaitant pouvoir les voir tous les deux.
Spasmodiquement, il serrait son amulette, se demandant où était Ginny. Là, il pouvait la voir de l'autre côté de la pièce, debout, en train d'applaudir avec Ron, Hermione, Draco et Mariah. Elle ne portait pas une robe comme celle qu'elle avait eue pour le mariage d'Alicia et Roger, elle n'avait pas une coiffure aussi élaborée. Sa robe simple et rose n'avait pas d'ornementation, et ses cheveux tombaient dans son dos, comme d'habitude. Elle riait et applaudissait, ses yeux brillants pétillant, et Harry eut le cœur qui chavira. Il n'avait pas besoin qu'elle soit maquillée, il voulait juste la voir comme cela toujours, nature. En ce jour, il semblait continuellement entendre la voix profonde de Sandy dans sa tête.
Le Lion épousera la Fille.
Peut-être qu'elle parlait de Sirius, qui avait aussi été le Lion dans la Prophétie ? Mais Alicia n'était pas la Fille de Guerre, et ils se mariaient aujourd'hui, pas un an plus tard…
Un contact le surpris, et il tendit sa main, demandant « Je suis désolé, mais à qui est ce bras. »
« Harry. » fit la voix de Maggie
« Désolé, Maggie. » fit-il encore. « Je cherchais juste quelqu'un pour m'aider à traverser la pièce jusqu'à Ginny. »
« Nous allons dans cette direction de toutes façons, n'est-ce pas Severus ? » dit-elle à son époux, l'air assez possessive maintenant. Il lui sourit.
« Tu lui as passé la laisse, n'est-ce pas ? »
« Je ne suis pas un chien, Potter. » grogna Rogue, mais Harry pouvait entendre qu'il forçait l'hostilité. Il y avait une note d'amusement dans sa voix.
« Non, c'est vrai. Vous êtes marié maintenant. » Fit –il en souriant. Rogue émit un rire très satisfait.
Mais comme ils traversaient la salle, Maggie toucha son esprit et lui parla dans la tête, le faisant un peu sursauter. Quel secret caches-tu Harry, et à qui ?
Heu, de quoi tu parles, Maggie ? Il avait presque oublié qu'elle pouvait faire cela.
La couleur de ton aura ne ment pas. Elle est noire sur les bords. Tu gardes un secret. Confesse-toi.
Tu prévoies de devenir auror ? pensa-t-il, grincheux. Je n'ai rien à confesser. Je n'ai rien fait de mal .
Je n'ai pas dit cela, sauf que tu gardes un secret. Tu le cache à Ginny, n'est-ce pas ?
Il ne lui répondit pas, mais essaya de se concentrer pour lui fermer son esprit. Il ne savait pas si la couleur de son aura était due à la prédiction à laquelle il pensait, ou au secret de ce qu'il avait été prêt à sacrifier. Peut-être les deux. Il serra l'amulette et se vit approcher de Ginny, à une simple paire de pas d'elle. Elle lança ses bras autour de son cou et l'embrassa sur la joue, puis il la vit prendre Maggie dans ses bras, et l'embrasser, et son nouveau beau-frère eut même droit à un timide bisou sur la joue, Rogue se retrouvant un peu pris au dépourvu. Après tout, elle était encore son élève pour un an encore. Harry pouvait aussi voir Ron serrer la main du maître de potions, comme s'il n'avait pas été leur nemesis pendant des années, souriant au dernier membre de la famille, tandis que Hermione embrassait à son tour Maggie.
« Est-ce que ça va, Harry ? » lui chuchota Ginny à l'oreille, lui faisant lâcher l'amulette. Il la serra contre lui et acquiesça, n'osant pas parler. Pourquoi est-ce que Maggie doit voir les auras tout le temps ? pensa-t-il, se sentant un peu énervé.
La salle des Trophées avait été fermée pour la fête privée, les vitrines au milieu du plancher ayant été poussées pour pouvoir danser. Harry enleva son amulette, la tenant entre sa main et celle de Ginny comme ils tournaient avec soin sur le sol. Tenir l'amulette pour la voir permettait à Harry d'éviter de se cogner dans les gens, mais c'était étrange se voir soi-même en même temps, et de tourner. Cela lui rappelait les séparations corps-esprit qu'il avait apprises, mais maintenant, Ginny était toujours au centre de tout. Il n'était pas dans un état comateux, et le monde ne bougeait pas au ralenti.
Plus tard, Harry mangeait du gâteau, debout avec Sirius, Remus, Alex Wood, Bill et la personne qui accompagnait Bill. Harry ne savait pas pourquoi Alex Wood était là. Il savait que c'était un camarade d'école de Bill, mais il avait pensé que la cérémonie et la réception allaient être plus privées. Il ne savait pas trop non plus d'où sortait la femme qui était avec Bill.
« Je ne veux pas être impoli ou quoique ce soit, » essaya-t-il d'expliquer, « Mais pourquoi es-tu ici, exactement ? » demanda-t-il à Alex. Il y eut un silence malaisé avant que Remus ne réponde.
« En fait, je sors avec Alex. Tu n'as pas besoin de te soucier de la sécurité. Alex sait garder un secret. Bill a joué les entremetteurs, tu vois… »
« De toute évidence, tu sais aussi garder les secrets ! » dit Harry, surpris. « Depuis quand, heu… »
« Cela fait un moment, maintenant. » dit Alex, l'air heureux. « Mais cela a été de ci de là pendant un moment. Je pensais que son travail d'infiltration allait le faire tuer. Cela me rendait sacrément nerveux chaque fois qu'il quittait l'appartement pour se rendre à une réunion de loups garous… » Harry trouvait dur de ne pas s'imaginer Oliver Wood. La voix de son frère était exactement la même. « Sirius est le meilleur ami au monde de Remus. Il ne me serait jamais venu à l'idée de me répandre sur lui et son adorable épouse. »
Après cela, Harry n'osa pas demander à Bill avec qui il sortait. Juste alors, Molly Weasley les approcha et lui demanda d'une voix surprenamment impérieuse. « Alors, Bill. Cela te dérangerait beaucoup de me présenter ? » Harry arrêta de mâcher son gâteau, réalisa que sa bouche était ouverte, et la ferma brusquement, déglutissant avec difficultés. De toute évidence, Bill n'avait pas parlé de sa cavalière à sa mère.
« Heu, oui, maman. Je crois que tu dois te souvenir de Juliet, de quand j'était à l'école. Juliet Hathaway… JE veux dire MacDonald… Voici ma mère, Molly Weasley. »
« En fait, » répondit Juliet, du moins, Harry pensait que c'était elle, « tu avais raison au début, Bill. C'est Juliet Hathaway de nouveau, tu te souviens ? Depuis le divorce. »
« Le divorce ? » demanda suspicieusement Molly.
« Tu te souviens, maman. » fit maintenant la voix de Charlie. Harry ne savait pas quand il s'était joint à eux. « Quand je suis allé dans la réserve en Colombie Britannique entre ma cinquième et ma sixième année, et que j'ai appris tellement du mari de Juliet, Brendan, l'un des gardiens. »
« Ah, oui. Le gardien. » dit-elle vaguement. « Et depuis combien de temps cela dure-t-il ? » dit-t-elle à dessein. Harry se sentait extrêmement embarrassé pour Bill.
« Bien, je suis tombé sur Juliet sur le Chemin de Traverse, il y a un peu plus d'un an, et nous avons recommencé à nous voir… » dit Bill. Harry pensa avoir été le seul à remarquer la nervosité dans la voix de Bill, mais Molly l'avait aussi saisie.
« Et pourquoi avais-tu peur de me parler de cela ? »
Charlie s'éclaircit la gorge. « Tu ne penses pas que tu aurais mieux fait de lui dire, Bill ? » dit-il à son frère à voix basse.
« Me dire quoi ? » dit sèchement Molly.
Harry put entendre Bill et Charlie traîner des pieds par terre. Il se demanda ce qui leur arrivait. Il tira Sirius par la manche, lui chuchotant « Cela semble être une histoire de famille… »
« Bien, tu n'es pas loin d'être de la famille, Harry. » lui dit Molly. « Peut-être devrais-je aider mes deux fils aînés un peu, aucun d'eux n'ayant eu la décence de me dire, pendant près de seize ans, que j'avais une petite fille ! »
La pièce était complètement silencieuse après qu'elle ait dit cela, et tout ce que Harry put faire, était de rester bouche bée, incrédule. A côté de lui, il entendit Sirius marmonner. « Oh, ça va être l'enfer… »
« Tu savais ! » s'écria Charlie. « Alors… Tu n'avais pas besoin du tout que je te reparle de la réserve de dragon ! »
« Oui, je savais, grâce à Juliet. Nous correspondons depuis des années. Je sais aussi garder les secrets. » Harry savait déjà cela, à cause du secret sur ses filles aînées.
« Juliet ! » s'écria Bill.
« Bien, » dit nerveusement Juliet, « je ne pensais pas que c'était bien que ta mère ne sache pas. Je lui ai écrit il y a des années. C'était pendant que tu étais encore à la réserve, Charlie. Je voulais qu'elle sache à quel point j'étais reconnaissante que tu sois avec moi, en tant que parrain de Natalie… »
« Natalie ! » dit soudain Harry, incapable de se retenir. « Vous voulez dire… Natalie MacDonald ? »
« C'est exact. » dit doucement Juliet.
Comme toute l'histoire sortait, Harry comprit maintenant pourquoi Mrs Weasley avait dit à ses fils que s'ils causaient 'des problèmes' à une fille, elle les tuerait. Elle ne le pensait pas littéralement, bien sûr, mais ses sentiments à ce sujet ne tombaient pas des nues. Elle avait de l'expérience sur ce problème, sans que Bill, l'auteur, le sache, ni Charlie, gardien du secret de facto. Ce fut Charlie qui prit le plus gros de la colère de Mrs Weasley, comme il le lui avait caché, ainsi qu'à Bill, depuis le début.
« Bien, hum,… Il y avait toute cette histoire sur la Fille de la Guerre qui serait de notre famille. » bégaya Charlie. « Comment aurais-je su que ce n'était pas la fille de Bill ? Cela me semblait être une bonne idée de la garder secrète, plus sûr pour elle et tout… »
« Mmm » fit Mrs Weasley, n'ayant pas l'air convaincue. Elle ne dégagea toutefois pas complètement Bill, cependant, malgré le fait qu'il ait appris qu'il avait une fille il y a un an seulement.
« Bien, il n'a pas semblé y avoir un seul bon moment pour parler de cela, avec la guerre et tout. » marmonna Bill, penaud. Harry aurait aimé voir son visage, sans parler de celui de Molly Weasley. Harry ne pouvait toujours pas croire que la discrète quatrième année de Griffondor nommée Natalie MacDonald était la nièce de Ron et Ginny.
Ginny ! Il la rechercha avec son amulette, la trouvant debout avec Ron, à juste quelques pieds de là, une expression de surprise complète sur son visage. Il la prit dans ses bras.
« Tu as donc entendu ? »
« Que je suis tatie depuis que j'ai un an et demi ? Oui, j'ai entendu. Le fait est que j'ai le sentiment que Natalie est la seule qui ne sache pas que son vrai père est mon frère. »
« Bien, en fait, c'est exact. » admit Juliet. « Bill et moi avons parlé de cela. C'est très délicat. Brendan et moi nous sommes séparés à l'amiable, et Nat l'a toujours considérée comme son père… »
« C'est comme tu voudras, ma chérie. » lui dit Molly Weasley, surprenant Harry. « Personne ne veut bouleverser la pauvre fille. Mais tu as décrit Brendan comme une personne très compréhensive. Je ne pense pas que Natalie doit ressentir qu'elle a perdu le père qu'elle a toujours connu. Elle va juste en avoir un autre, sans parler, que peut-être que je pourrai arrêter de lui envoyer des pulls et des gâteaux avec la simple excuse que sa mère était l'amie de mon fils il y a des années ! » Elle rit en fait, et Harry sourit, se demandant combien de champagne elle avait bu.
« Tu lui as envoyé des pulls Weasley et du gâteau ? » dit Ron, l'air affronté.
« Oh, zut, j'en ai envoyé à Harry aussi, et tu n'as jamais sourcillé. » lui rappela-t-elle.
« Quand même… Nous avions une nièce au sein de notre maison pendant tout ce temps, et nous ne l'avons jamais su. » pressa Ron. Harry se souvint à quel point il avait été bouleversé quand il avait appris la disparition de ses sœurs.
Harry sentit Ginny quitter son côté et il serra l'amulette. Elle chuchotait quelque chose à l'oreille d'une jolie femme au cheveux sombres et aux yeux bleus. Elle avait l'air familière, et il réalisa en même temps qu'elle devait être Juliet, et que le Natalie avait le visage de sa mère. Contrairement à sa mère, il se souvint que les cheveux de Natalie étaient un mélange de brun et de roux. Il secoua la tête avec étonnement comme il regardait Ginny parler à la mère de sa nièce, puis elles relevèrent toutes deux la tête pour regarder les autres, souriant.
« Nous revenons. Nous allons chercher Natalie et lui dire, afin qu'elle puisse se joindre à la fête… » dit Ginny avec excitation. Avant qu'elle et Juliet ne partent, elle prit le bras de Harry et l'embrassa sur la joue.
« Je reviens tout de suite. Je vais chercher ma nièce ! »
Il rit, continuant à tenir l'amulette tandis qu'elle et Juliet trouvaient Natalie dans la salle commune de Griffondor. Elles se prirent les unes dans les bras des autres, pleurèrent et recommencèrent avant qu'elles ne sortent par le trou du portrait et ne redescendent les escaliers. Il lâcha l'amulette et sourit, sachant qu'aussi nombreux soient les membres de la famille Weasley, cela ne remplacerait jamais l'absence de Fred, mais il pensait tout aussi improbable qu'un seul membre de la famille puisse jamais se languir sans que tout le reste du clan ne soit là pour le soutenir et l'aimer.
Et donc la fête continua jusqu'aux petites heures de la nuit, avec finalement tous les membres vivants de la famille Weasley ensemble. Harry tint Ginny et dansa et pensa à la prédiction de Sandy, la tenant serrée contre lui, et ayant le sentiment que bien qu'ayant perdu une famille dans son autre vie, il avait trouvé une autre.
xxxxx
Le restant du trimestre passa très rapidement, à ce qui semblait à Harry. Cela aidait que Ginny et lui aient une chambre dans l'aile des professeurs, autorisée par rien de moins que Severus Rogue. (« Je m'occuperais de Molly si elle a vent de cela. » avait-il dit) Maggie l'avait conduit là après le mariage, et il avait été surpris que Ginny soit déjà là dans une robe de chambre rose diaphane, sans rien d'autre…
Soudain, son célibat résolu, maintenu depuis qu'il était rentré de Godric's Hollow, vola en éclats. Il ne pouvait pas se souvenir pourquoi il se l'était imposé, mais couché avec elle dans ses bras plus tard, écoutant l'aube qui s'approchait, il se souvint. Quelque chose à voir avec le sentiment qu'il ne méritait pas le bonheur alors que Fred était mort, et Hagrid, et Tony, et tous les autres. Comme il tenait son corps chaud, il pensa au mariage et à Natalie rencontrant sa famille pour la première fois, et il réalisa à quel point cela était stupide. Se refuser le bonheur parce que d'autres étaient mort aurait été nier ce pour quoi ils étaient morts. Était-ce pour rien ? Non, certainement pas. La vie continuait, et ils devaient à eux-même et à ceux qui étaient partis d'avoir autant de bonheur que possible tant qu'ils pouvaient.
Il serra Ginny contre lui et commença à glisser vers le sommeil, mais il se força à se réveiller. « Ginny ? »
« Hmm? »
« Je voulais parler à Draco à la fête, mais je n'ai pas eu la possibilité. Tu penses qu'il aussi une pièce dans l'aile des professeurs ? Peut-être que tu pourrais m'aider à le trouver, et … »
« Harry. » coupa-t-elle.
« Quoi ? »
« Bien, heu, j'ai parlé à Draco à la fête, et bien… Bien je voulais qu'il te parle. Mais il a dit que tu étais la dernière personne à laquelle il voulait parler en ce moment. » Elle se tut.
« Il a dit pourquoi ? »
« Non. »
Il n'avait pas pu parler à Draco pendant le restant du trimestre non plus. Maintenant son dernier jour à Poudlard était arrivé, et il se sentait assez engourdi, assis à la table de Griffondor pour la fête de départ, se cramponnant à l'amulette de temps en temps afin de pouvoir voir Ginny, mais aussi les bouts de la grande salle qui étaient visibles autour d'elle, les bannières des maisons, les autres élèves, les professeurs au loin, à la table des enseignants. Dumbledore n'avait pas nommé de vainqueur à la Coupe des Maisons, mais déclaré qu'elles étaient toutes victorieuses sur les ténèbres qui avaient menacé d'engloutir l'école, et à terme, tout le monde magique. Étonnamment, il y eut beaucoup d'acclamations à cette nouvelle. Harry avait un grand espoir pour le futur. En septembre, les première année seraient placés dans leurs maisons au hasard. Le conseil des gouverneurs avait accepté l'idée de Harry.
Après la fête, il fut temps de rejoindre la gare. Le professeur MacGonagall lui donna une chaude accolade, ce qui le surprit, et Mrs Figg fit de même, ce qui le surprit encore plus. Pendant un moment, il se demanda s'il devait lui demander de convaincre Draco de lui parler, mais il décida que non. Il dit au revoir aux autres professeurs qui étaient venus le voir partir, Severus Rogue étant le dernier, avec une longue embrassade et de vigoureuses tapes dans le dos, avant qu'il ne sorte du hall d'entrée. Il n'était plus un élève.
Ron guida Harry sur les marches du perron et dans le calèche sans cheval. Harry enleva ses lunettes (qu'il portait toujours, par habitude) et ferma ses yeux, sentant le petit mouvement ondulant comme ils roulaient sur la route de Pré-au-Lard. Quand ils furent presque à la gare, la voix de Sandy s'éleva de sous sa manche, disant la même chose qu'elle avait dite avant de rentrer dans le bureau de Dumbledore pour lui parler. Pas encore, pensa-t-il. Tu verras. Pas vraiment, pas de la manière dont j'aimerais…
Bien trop tôt, ils étaient arrivé, et ce fut au tour de Ginny de le guider cette fois, l'aidant à prendre pied sur le quai. Il hésita et il la sentit tirer son bras. « Viens Harry, afin que nous puissions prendre un bon compartiment tous ensemble. »
Il se dégagea doucement. « Je te rejoins Ginny. Donne–moi une minute, d'accord ? Toi, Ron et Hermione passez devant. Je vous retrouverai. »
Elle soupira et il entendit le bruit de ses pas s'éloigner. Prenant une grande inspiration, il se tourna vers l'endroit où il pensait que Poudlard se situait. Il l'imagina très vivement, les tours, les parapets, les fenêtres innombrables brillant dans le soleil couchant. Il l'avait vu tellement de fois, et maintenant qu'il partait, il ne pouvait même pas en avoir un dernier coup d'œil. Il pensa avec force, 'J'aimerais juste pouvoir le voir une dernière fois…'
Il n'avait pas pu revoir Sirius une fois de plus avant qu'il ne parte pour l'Amérique avec Alicia. Ils étaient partis la nuit après le mariage, et Harry s'était promis qu'il trouverait un moyen de leur rendre visite quand ils seraient installés. Il ne savait pas comment il ferait, comme l'idée de voyager sans voir le hantait, mais il était déterminé à trouver un moyen.
« Harry. » fit une voix gentille et familière.
« Dumbledore ! Je veux dire professeur Dumbledore… »
Le directeur rit. « Je te suggèrerai de m'appeler 'Albus', mais je ne pense pas que tu sois encore prêt pour cela. »
Harry déglutit. « Heu, probablement pas, sir. » il se mit maintenant à souhaiter pouvoir le voir avec le château. Le souhaiter simplement ne fera rien à l'affaire, se rappela-t-il.
« Vous ne venez pas nous voir partir, habituellement. » dit Harry, se sentant bizarre. Il cligna des yeux, se sentant étrangement lourd, comme s'il avait besoin de se poser.
« Non, c'est vrai. Cependant, ce n'est pas tous les jours que Harry Potter quitte Poudlard… »
Harry se sentit rougir. « Vous êtes simplement venu me dire au revoir, sir ? » là de nouveau. Il sentit sa tête de façon bizarre, presque comme si elle ne lui appartenait plus. Il y eu un bruit de vent dans ses oreilles qui lui rappela celui qu'il avait entendu en rentrant du Royaume de la Mort. Il se sentit distrait, et pensa encore 'J'aimerais juste pouvoir voir Dumbledore et Poudlard une fois de plus…'
Contre toute attente, il pensa voir quelque chose, un petite lueur pâle, comme une lumière distante par une nuit sans lune. La lueur grandit, main alors quelque chose la bloqua, une ombre posée au centre, tandis que la lumière passait des deux côtés, un peu comme la description qu'avait faite Maggie des auras. La chose était floue, mais Harry pouvait dire qu'elle était grande et bleuâtre. Harry cligna encore des yeux, incapable de comprendre ce qui se passait.
« Est-ce que ça va, Harry ? » le directeur avait l'air bien plus d'un père soucieux que d'un directeur.
« Je… Je ne sais pas ce que… » chuchota-t-il vaguement. La lueur devint de plus en plus forte, remplissant finalement tout son champ de vision. La Vision ! pensa-t-il. Je peux voir !
« Je… Je peux voir. Je pense. » ajouta-t-il, hésitant.
« Quoi ? » fit Dumbledore vivement. « Tu peux voir ? Que peux tu voir ? »
La lueur était trop brillante, lui rendant impossible de dire ce qu'était cette grande chose bleuâtre. Harry cligna des yeux, secouant la tête, essayant d'accommoder ses yeux. Puis il se souvint… Il ne portait pas ses lunettes. Il les prit dans la poche de sa robe et les sortit. Même avec elles sur le nez, tout ne devint pas immédiatement clair, mais il put dire ce qu'était cette grande chose qui était au milieu de la lumière maintenant.
« Je vous vois. »
Harry cligna des yeux encore, la netteté s'améliorant à chaque fois, et puis il était là : Albus Dumbledore, portant une robe bleu glace pâle et un grand chapeau assorti. La robe donnait à ses cheveux et à sa barbe une apparence légèrement bleutée aussi, et Harry regarda les yeux magiques scintillants du vieil homme souriant.
« Je peux vous voir ! » Il plongea sur Dumbledore, lançant ses bras autour de lui, et Dumbledore lui rendit l'accolade, le tapotant dans le dos.
« Mon cher garçon. » fit-il en s'étranglant, et Harry pensa être sur le point de pleurer.
Harry s'écarta de lui, riant. « Je peux voir, je peux vraiment voir ! » croâssa-t-il. Il secoua la tête. « Je ne sais pas comment, ou pourquoi, je sais juste… Oh, bon sang, je n'en sais rien, sauf que je peux voir ! »
Dumbledore lui sourit chaleureusement, et Harry avait beaucoup de peine à croire que les yeux bleus brillants n'étaient pas réels. « Je suis très, très heureux pour toi, Harry. »
Harry ne pouvait s'empêcher de sourire. « Nous sommes deux alors. Je… Je pensais simplement que j'aurais aimé voir Poudlard une dernière fois, et vous aussi, et ça… ça a commencé à arriver… »
Dumbledore fronça les sourcils maintenant. « C'est vraiment très curieux. » dit-il doucement, scrutant Harry. « Je me demande pourquoi la déesse a décidé de te rendre la vue… »
Harry haussa les épaules. « Je ne sais pas. Hermione pensait… Bien, je suppose que cela importe peu de vous le dire maintenant. Je lui ai demandé de ne rien dire à personne, mais… Elle voulait savoir ce à quoi je pensais quand j'ai offert de sacrifier ma vue, et je lui ai dit que je ne l'ai pas fait. J'ai offert… J'ai offert ma magie. Mais ensuite, quand nous sommes rentrés, j'étais aveugle. La théorie d'Hermione était que la déesse a vu que je voulais sacrifier quelque chose d'énorme, et qu'elle a été gentille avec moi. Bien, je ne l'ai pas ressenti ainsi quand j'ai réalisé que j'étais aveugle, mais… Mais elle a du décider que le sacrifice n'avait pas besoin d'être permanent ! Je peux voir à nouveau ! »
Mais soudain, là où Dumbledore avait eu l'air touché et heureux pour lui, il avait maintenant l'air indiciblement triste, et Harry s'émerveilla encore de l'expressivité de ses yeux magiques. « Qu'est-ce qui ne va pas, sir ? »
Dumbledore prit une grande inspiration. « Je… J'ai bien peur que ce ne soit pas aussi simple que ce que tu penses, Harry. Ceci… Ceci serait assez décalé de la part d'un dieu ou d'une déesse… »
« Vous voulez dire… Vous penser qu'elle peut me prendre autre chose en lieu et place de ma vue ? »
Dumbledore soupira. « Non, Harry. J'ai peur qu'elle ne l'ait déjà fait. » dit-il très doucement.
Harry le fixa. « Que voulez-vous dire ? » mais ensuite, il regarda par dessus l'épaule du directeur, et ce qu'il vit dans la vallée devant lui le fit tomber à genoux, sanglotant, se frottant les yeux avec ses mains sous ses lunettes.
« Non, non, non, c'est pas possible… »
Là où le château de Poudlard aurait dû se trouver, niché dans le vallon feuillu, il n'y avait que les ruines d'une forteresse qui avait connu des jours meilleurs. On dirait qu'elle avait été abandonnée depuis des centaines et des centaines d'années. Disparues les grandes tours, avec l'étendard de Poudlard. Disparues les fenêtres lumineuses. Là où aurait du se trouver les portes d'entrée, une arche vide recouverte de lierre conduisait à un hall sans mur, les ruines de l'escalier de marbre blanc s'arrêtant en plein air, aboutissant en plein vide.
Il secoua la tête, la vérité heurtant son cerveau, mais il résista, fermant les yeux, se les frottant jusqu'à ce qu'ils lui fassent mal, sanglotant « Non, non, non… »
Dumbledore lui tendit sa main. « Debout, Harry. » Il ne dit rien de plus, mais haussa les sourcils, et Harry prit sa main, se levant doucement, ses yeux revenant sur les ruines du château de Poudlard. Il se tourna vers la gauche, et là où aurait dû se trouver le foisonnant village de Pré-au-Lard, il n'y avait qu'un collection de masure décrépies, le vent chaud et sec soufflant sur les herbes folles autour d'elles. Se tournant, Harry vit que même la gare de Pré-au-Lard avait l'air abandonnée depuis longtemps, la peinture pelant de telle sorte que l'on ne pouvait même plus lire le nom du village qu'il avait toujours vu en lettres dorées brillantes sur fond rouge, sur le panneau qui pendant au-dessus du quai, accroché à deux chaînes. L'une d'elle (les deux étaient rouillées), était cassée maintenant, de telle sorte que le panneau pendait verticalement, oscillant dans le vent.
Et le Poudlard Express… Il se tourna vers le train, qui semblait avoir été laissé sur ses vieux rails depuis au moins quatre-vingt ans. La rouille et la peinture pelée étaient la règle et non l'exception, là aussi, et Harry ne pouvait voir personne à travers les fenêtres crasseuses. Il semblait être vide et inutile.
Il se retourna pour regarder Dumbledore à nouveau, sa bouche s'ouvrant et se refermant en silence. Le directeur posa sa main sur le bras de Harry. La réalité de la main fit atterrir Harry, le forçant à penser. Tout cela n'avait pas été un rêve. Il n'avait pas imaginé qu'il était un sorcier, que Poudlard existait, il n'avait pas tout simplement inventé dans sa tête…
« Pourquoi ? » fit-il d'une voix étranglée, ce seul mot pouvant sortir de sa gorge.
Dumbledore secoua sa tête avec tristesse. « Je ne sais pas Harry. Il se pourrait que tu aies été temporairement aveuglé par la déesse pour te protéger de la vérité de ton sacrifice. Ou pour protéger les autres de la vérité. Ton combat pour faire sans ta vue a servi de diversion efficace pour ceux qui t'entourent, aucun d'eux ne semblant avoir saisi que tu avais perdu ta magie. »
« Mais… Mais… Je peux toujours comprendre Sandy, mon serpent, quand elle parle… »
Dumbledore eut l'air pensif un moment. « Intéressant. Il se pourrait que la déesse t'ai juste pris la magie que tu avais à ta naissance. Tu n'es pas né Fourchelang, mais tu as accidentellement reçu cette capacité quand Voldemort a tenté de te tuer. A quoi pensais-tu exactement quand tu t'es décidé sur ton sacrifice ? »
Harry se força à regarder Dumbledore dans les yeux, à arrêter de regarder le train et la station inutilisés, le village à l'air abandonné, et surtout, le château en ruine. « J'ai pensé… J'ai pensé, prenez-là, prenez toute la magie que j'ai eu au jour de ma naissance… »
Dumbledore acquiesça. « Bien, c'est précisément ce qu'elle a fait. »
« Mais pourquoi devait-elle cacher à moi ou à eux qui m'entourent quel était mon vrai sacrifice ? »
Dumbledore haussa un sourcil. » J'ai dit que c'était une possibilité, et je ne sais pas quel serait le motif pour une telle chose. Une autre possibilité est que la déesse n'est pas du tout responsable de ta cécité. »
Harry fronça les sourcils. « Qui alors ? »
Dumbledore lui lança un regard très pénétrant. « Tu ne te mets pas en colère facilement, Harry. Tu as toléré les Dursley pendant un bon moment, pourtant, quant ta tante a insulté la mémoire de tes parents, tu as fait de la magie accidentelle, et tu l'as faite gonfler. Pourquoi crois-tu que tu as réagi si fortement à ses remarques ? »
Harry réfléchit aux choses horribles que sa tante Marge avait dites. « Parce que… Parce que je ne savais encore rien de mes parents. Je… Je pense qu'une part de moi avait peur qu'elle ait raison. Je ne pouvais pas répliquer… Je n'avais rien en ma possession pour prouver qu'elle avait tort. »
Dumbledore acquiesça. « Tu étais en colère avec elle parce que tu craignais qu'elle dise la vérité. » Harry acquiesça, déglutissant, comme quelque chose, qu'il refusait de reconnaître, rampait sous son crâne. « Après, que tu m'ai parlé de ta réaction face à l'opinion médicale du Docteur Chaudhri, j'en ai parlé au docteur Anderssen. » dit-il. « Elle m'a dit que tu étais très en colère à la suggestion que tu souffres de cécité hystérique. »
Harry avala sa salive, regardant autour de lui. « Alors, vous dites que vous pensez qu'elle avait raison ? Que je me suis rendu aveugle afin de ne pas penser à ce qu'était le sacrifice ? »
Dumbledore lui pressa le bras. « Ton sacrifice, Harry, était l'essence de l'altruisme. Mais simplement parce que l'on est capable d'un tel acte ne signifie pas que l'on n'aura pas de remords ou de regrets, même si l'on croit quand même que dans les mêmes circonstances, on aurait refait exactement la même chose. Tu t'es dit que c'était la bonne chose à faire, et tu l'as cru, mais un part de toi n'a pas pu supporter de penser aux conséquences, et tu as donc trouver un moyen d'éviter d'y faire face. La cécité t'a permis d'ignorer ton sacrifice réel. Souviens-toi Harry, à quel point tu es suggestible… »
Harry regarda les yeux bleus scintillants. « Je pensais que c'était juste en lien avec ma magie. » sa voix tremblait comme il admettait cela. Oui, il avait tenté de cacher son sacrifice, même à lui –même, un exercice de déni qui lui avait volé sa propre vue.
Dumbledore haussa les épaules. « Les moldus sont connus pour faire la même chose Harry. Ils n'ont simplement pas assez de gènes magiques activés pour pouvoir utiliser au point d'en faire des sorts. En clair, tu as encore cette capacité, même sans la magie avec laquelle tu es né. »
« Me laissant simplement Fourchelang. » dit-il amèrement. Il attendit une seconde, au cas où Sandy ferait un commentaire, mais pour une fois, elle ne dit rien. « Et incapable de voir Poudlard, ou Pré-au-Lard, ou… »
« Oh, tu peux les voir. » dit simplement Dumbledore.
Harry leva les mains au ciel. « Bien, oui, je peux voir un château en ruine… »
« C'est toi, Harry. Tu vois les ruines parce que tu crois que tu devrais. Je suspecte que tu as pu, avec tellement de succès, te convaincre que tu étais aveugle parce que tu craignais, par-dessus tout, de ne plus pouvoir revoir Poudlard, comme tu étais au courant pour les sorts repousse-moldu. Ce que tu vois maintenant, » dit-il, montrant de la main les ruines distantes « est ce que tu t'attendais à voir en rentrant, et tu ne pouvais pas y faire face, alors tu ne l'as pas fait. Mais tu sais aussi bien que moi que tu n'as pas besoin de voir le château ainsi. Tu as permis à ta peur de dominer ta connaissance. Sans ta magie, tu es un cracmol, pas un moldu. Les cracmols peuvent voir à travers les sorts repousse-moldu. Et même les moldus qui s'attendent à trouver quelque chose de magique peuvent le voir, comme tu as pu le voir avec les parents de Miss Granger. Ils sont venus à la cérémonie à l'école, et tu les as vu sur le Chemin de Traverse, non ? » Harry acquiesça, fixant le château, mais incapable de voir un changement. « Crois Harry. » dit Dumbledore d'un voix douce et urgente. Les poils se dressèrent sur la nuque de Harry comme il se souvint de Rodney Jeffries guérissant sa brûlure.
Crois…
Il pensa à Draco Malfoy s'attendant à être en enfer pour ce qu'il avait fait, croyant qu'il serait puni…
Crois…
Et puis il pensa à Maggie et Hermione, qui avaient vu des photo de Stonehenge en ruine, incapable de le voir comme il était vraiment jusqu'à ce qu'elles aient fait un effort concerté pour aller au-delà de ce à quoi elles s'attendaient, pour changer ce qu'elles croyaient sur l'endroit…
Crois…
Harry cligna des yeux de façon répétée. Lentement, le château tel qu'il le connaissait se mit à trembler, comme s'il avait été caché par la métamorphose du Caméléon. Il poussa un soupir de soulagement, voyant le château tel qu'il le connaissait, grand, puissant et familier. A sa façon, Poudlard resterait toujours sa maison, cela ne faisait aucun doute. Il se tourna vers Dumbledore.
« Je peux le voir… »
Et ensuite, tout d'un coup, il tremblota et redevint un tas de ruines. Il fronça les sourcils, mais Dumbledore, voyant peut-être la déception sur son visage, lui pressa l'épaule. « Prends ton temps, Harry. Commence petit, avec le train, disons, comme tu dois le prendre pour rentrer à Londres. » Harry regarda encore le train, pensant très fort, se souvenant de la toute première fois où il avait vu le Poudlard Express quand il avait onze ans. Il se souvint de la vision de la locomotive vapeur rouge, des nombreux wagons, regardant Ginny courir après le train, le regard d'envie sur son visage comme son frère partait pour l'école. Il se souvint de sa rencontre avec Ron pour la première fois, et Hermione, tous les deux dans le train…
Il revint à sa vue et ne se retransforma pas en tas de rouille. « Je peux le voir, sir. Je… Je pense que ça ira. Le reste viendra avec le temps, vous avez probablement raison. » Il poussa un grand soupir et se sentit soulagé d'un coup, comme au même moment, il pensait 'Bon sang, je suis un cracmol'.
« Harry » dit Dumbledore, posant sa main sur son bras comme Harry commençait à s'avancer vers le train. « N'attends pas trop longtemps. »
« Attendre quoi ? »
« De le dire aux autres. Tes amis. Miss Weasley. Et… Mr Malfoy. »
La lèvre de Harry trembla, et il scruta à nouveau le paysage avec les ruines du château. Il ne pourrait que conserver l'image du château intact dans sa tête pendant quelques temps encore. « Draco ne m'a pas parlé depuis que nous sommes revenus, en tous cas. Je ne suis pas encore convaincu qu'il va me pardonner de lui avoir sauvé la vie, pas plus que Rogue ne voulait pardonner mon père. Et de toute évidence, je ne voulais pas que les autres sachent, ou je n'aurais pas fait de telles choses pour cacher la vérité, même à loi. Comment vais-je pouvoir leur dire que je n'ai plus de pouvoirs magiques ? »
Dumbledore le prit dans une accolade ferme et puis le tint à bout de bras, lui souriant chaleureusement. « Harry Potter, même comme cracmol, tu es sans doute la personne la plus magique que j'ai jamais connue. » Harry pencha sa tête, se sentant énormément timide en entendant le directeur lui dire cela. « Tu vas trouver un moyen. » continua Dumbledore, « Fais moi confiance. Mais plus important encore… Fais-toi confiance. Ainsi qu'à ceux qui compte le plus pour toi. » Il relâcha les épaules de Harry et hocha la tête. « Dépêches-toi. Ils t'attendent. »
Harry se retourna et vit le mécanicien au loin, sur le quai, se penchant en dehors de la locomotive, le regardant avec impatience. Harry fit un signe de la tête, avançant à grands pas vers le train. Quand il s'ébranla, il était encore à la porte du wagon. Il ouvrit la fenêtre afin de pouvoir se pencher au dehors et faire au revoir au professeur Dumbledore, qui était la seule personne sur le quai. Derrière lui, le village se modifia légèrement, et apparut, puis disparut, comme si Harry ne le voyait pas vraiment, mais plutôt un mirage. Prends ton temps, se rappela-t-il. Il était dans le train et pouvoir tout parfaitement voir. C'était un départ.
Je peux revoir Ginny, réalisa-t-il, son cœur bondissant à la pensée. Et plus juste avec l'amulette. Il sourit en descendant le couloir, vacillant quand le train parcourut une courbe. Je peux voir Ron, et Hermione, et Rogue, et Maggie, et…
Il s'arrêta, entendant la voix distinctive et incisive d'Hermione derrière la porte du compartiment devant lequel il passait. Il hésita avant d'entrer, regardant le verre dépoli de la porte, voyant pour la première fois le motif en spirale sur le verre. Il pouvait aussi voir des ombres bouger derrière. Les deux têtes rousses étaient probablement Ginny et Ron. Les deux sombres semblaient être Mariah et Hermione. La tâche claire ne pouvait être que Draco Malfoy.
Draco Malfoy. Draco devrait lui parler maintenant.
Il prit une grande inspiration et fit glisser la porte, regardant autour de lui, essayant de se dire qu'il préférait pouvoir voir plutôt que faire de la magie. Il força un sourire et entra, s'asseyant entre Ginny et Ron. Hermione, Mariah et Draco était assis en face.
« C'était très bien, Harry. » fit Hermione, avec un ton ressemblant bien trop à celui d'un dresseur de chien à son goût. « Si je n'étais pas au courant, je dirais que tu peux vraiment voir… »
Harry se tourna vers Ginny, la regardant droit dans ses grands yeux brun avant de l'embrasser, sentant sa surprise pour une fraction de seconde avant qu'elle ne succombe. Mais un instant après, elle s'écarta et le regarda avec incrédulité, ses yeux perforant ceux de Harry.
« Tu peux voir ! » fit-elle dans un souffle, la larme à l'œil. Harry lui fit un grand sourire.
« Oui. Je peux voir. »
Avec un cri inarticulé, elle se jeta à nouveau sur lui, démarrant le baiser cette fois. Quand elle lui permit de respirer à nouveau, il se tourna pour les quatre autres le regarder avec incrédulité.
Ron fut le premier à recouvrer ses esprit, avec un éclat de rire joyeux et un tape bien trop forte sur le dos de Harry, qui se retrouva au sol. Hermione l'aida à se relever.
« Désolé, Harry, j'ai juste… C'est génial ! »
Hermione le prit rapidement dans ses bras, commençant à pleurer. « Oh, Harry ! C'est tellement merveilleux ! Mais… Mais comment ? Quand ? »
« Alors c'est ce que Sandy voulait dire quand elle avait dit 'tu verras.' ! » s'exclama Ginny. « Elle ne voulait pas dire que tu comprendrais cette fois… »
« Quoi ? » fit Harry, fronçant les sourcils. « Tu peux comprendre Sandy ? »
« Bien, oui. Depuis… Bien, tu sais. Je pensais que tu avais réalisé ? »
« Non, pas du tout ! » Il la fixa, stupéfait. Elle rit.
« Mais ce qui est important, c'est que tu peux voir ! Seulement… Je ne comprends pas comment… »
Harry détourna les yeux de son visage. Draco Malfoy était visiblement secoué. Harry se demandé comment il avait atterri dans ce compartiment. Peut-être que c'était Ginny qui l'avait convaincu. Harry regarda Hermione et Ron. « Je vais tout vous expliquer, mais d'abord… » il tendit sa main à Ginny. « Je dois te parler Ginny. Il y a… Il y a quelque chose que je dois te dire. »
Ron eut l'air un peu alarmé. « Allons Harry… Tu ne penses pas qu'elle est un peu jeune pour… »
« La ferme Ron. J'ai dit 'dire', et pas 'demander'. Et occupe-toi de tes affaires. »
« Je pense qu'il s'agit de conseils pour les Fourchelangs. » dit-elle en riant, comme Harry prenait Ginny par la main et rouvrait la porte du compartiment, avançant dans le couloir et la traînant derrière lui. Ils n'étaient pas loin du bout du train, alors il ouvrit la porte donnant sur la plate-forme arrière. Quand ils furent debout ensemble, tenant le garde-fou, Harry put sentir le rythme du train vibrer dans son corps. Il regarda la verdure de part et d'autre des rails, mais il n'osa pas regarder vers l'endroit où il savait que le château se trouvait. Il en était vaguement conscient, dans le coin de l'œil, mais il évitait de la regarder. A la place, il se mit à regarder Ginny, prenant sa joue dans sa main. Elle ne riait plus.
Elle semblait trembler de bien plus que les simples mouvements du train, et soudain, il réalisa qu'elle avait peut-être pensé la même chose que Ron, qu'il allait lui demander de l'épouser. Rien ne l'aurait rendu plus heureux que ce que Ginny accepte de passer le restant de ses jours avec lui, et il savait que la prédiction de Sandy le garantissait pratiquement, mais comment pouvait-il lui demander d'être avec lui maintenant ? Je suis un cracmol. Il réalisa soudain que bien que sa mère lui ait dit qu'il ne pourrait pas simplement abandonner Ginny en guise de sacrifice, en abandonnant sa magie, il l'avait abandonnée quand même. Comme pouvait-il s'attendre à ce qu'elle reste avec lui alors que…
« Oh, Harry ! Est-ce que le château n'est pas magnifique ainsi ? Je ne me suis jamais tenue ici en rentrant à la maison avec le train… »
Il regarda son profil comme elle contemplait avec ravissement le château de Poudlard. Elle s'était détournée de lui, rougissant, et il avait décidé qu'il préférait simplement lui dire, avant qu'elle ne commence à s'attendre à ce qu'il lui présente une bague de fiançailles. Il prit une grande inspiration et se tourna pour le regarder. Là où il savait que se trouvait le château de Poudlard, niché dans sa verte vallée, il ne voyait que des murs écroulés, des ruines couvertes de lierre, devenant de plus en plus petites au fur et à mesure qu'ils s'éloignaient. Il n'avait pas l'énergie à ce moment d'essayer de voir ce qu'il savait être vrai. Il secoua la tête, des larmes lui piquant les yeux.
« Ginny, » fit-il en s'étranglant. « Je… Je ne peux pas le voir… »
Elle se tourna vers lui, alarmée. « Oh, Harry ! Ta vue repart ? Oh mon Dieu… » Elle se couvrit la bouche, horrifiée, puis saisit rapidement le garde-fou pour ne pas tomber. Harry la prit contre lui, enfouissant son visage dans ses cheveux. Il ne pouvait pas la regarder en face en faisant cela. Il savait qu'il aurait dû, mais il ne pouvait pas. Il la serra contre lui, lui chuchotant la vérité à l'oreille, les mots se heurtant. Les genoux de Ginny commencèrent à se dérober sous elle, et il continua à supporter son corps comme elle continuait à pleurer dans son cou.
« Non, non, ne me dis pas que tu as fait ça… »
« Je le devais, Ginny. » fit-il la voix serrée. « Il n'y avait rien d'autre qui… »
« Je le hais ! » s'écria-t-elle. « Je hais ce que tu as fait pour lui… » Elle se recula, son visage décomposé par l'angoisse.
« Mais Ginny… Comme aurais-je pu ne pas le faire ? Il a sauvé ta vie… »
Elle mordit la lèvre. « Je sais, je sais… Je sais que je ne suis pas juste… » Elle prit une grande inspiration, ses mains sur sa poitrine. « Je t'aime Harry. J'aime à quel point… A quel point tu es altruiste… »
« Non, ce n'est pas vrai, pas en ce moment. Et c'est bon, Ginny. C'était quand même la bonne chose à faire. » dit-il doucement. Elle acquiesça, ses lèvres pincées.
« Je sais cela, Harry, Vraiment. » chuchota-t-elle, « Et… Et je m'y habituerai… »
« Non, Ginny je ne peux pas te demander de… »
« Tu ne romps pas avec moi, Harry Potter ! » grogna-t-elle soudain, lançant ses bras autour de lui. « Tu n'as pas laissé Ron s'éloigner d'Hermione quand il est devenu un loup-garou. C'est toi que j'aime, pas ta magie. Je ne suis pas désolée pour moi… Je suis désolée pour toi… »
« Tu as fait quoi ? » s'exclama une fois familière. Draco Malfoy se tenait sur le seuil de la porte, la main sur la poignée, la bouche ouverte sous l'effet du choc.
Harry prit une inspiration. « Depuis combien de temps es-tu là ? Tu ne veux pas me parler, mais tu écoutes aux portes ? »
« Quoi, tu es le seul à pouvoir écouter aux portes ? » fit-il en reniflant. « Et je te parle maintenant. » Harry déglutit, jetant un coup d'œil à Ginny.
« Tu peux nous laisser quelques minutes, Ginny ? » lui demanda-t-il, espérant que Draco ne partirait pas.
Elle acquiesça et l'embrassa rapidement, passant à côté de Draco comme si elle avait peur de le toucher. Draco s'avança sur la plate-forme, refermant la porte derrière lui. Il se saisit du garde-fou, regardant le paysage s'éloigner comme le train continuer d'avancer, sans un regard pour Harry.
« Je n'aurais pas fait cela pour toi, Harry. »
« Si, tu l'aurais fait. Tu l'as fait. Si Ginny était morte, cela m'aurait tué. »
Il acquiesça. « Crois-le ou pas, j'ai pensé à cela. Pas dans la fraction de seconde avant que je… Bien, dès que j'ai vu que tu étais là avec Ginny. J'ai su ce qu'il voudrait faire… »
« Tu m'as déjà dit cela. »
« Ne me coupe pas. » trancha Draco, ne regardant toujours pas Harry. « Je me souviens avoir pensé… que tu t'effondrerais totalement si quoique ce soit lui arrivait. Je veux dire, regarde ce que tu as fait quand elle morte avant… Avant que tu ne changes le monde. »
Harry secoua la tête. « Mais ce monde n'aurait jamais dû exister, n'est-ce pas ? »
« Je sais cela. Et pourtant… Tout n'était pas si mal, n'est-ce pas ? » fit-il, sa voix se fissurant. « Il y avait ta sœur dedans, après tout. » Harry regarda son profil maintenant. Un larme descendait lentement sur sa joue. Une des rares fois où Harry avait vu Draco pleurer dans son autre vie, avait été quand il avait perdu Jamie…
« Tu te souviens ! » s'écria Harry. « Pas simplement de ce que tu as vu dans ma pensine. Quand tu es mort… »
Draco lui fit finalement face. « Oui, petit génie, je me souviens sacrément de l'autre vie. Bon Dieu, ça t'a pris un temps pour le comprendre. Pourquoi pensais-tu que je ne voulais pas te parler ? »
Harry fut secoué profondément, regardant l'autre garçon, son meilleur ami pendant tant d'années, le garçon que sa sœur aimait, avec lequel il avait traversé le pays pour rétablir le cours du temps. « Alors, tu… Tu te souviens vraiment… »
« De tout, oui. » Il sourit un instant. « Je me souviens de quand j'étais dans l'appartement de Granger à Londres, et que je la faisais se tortiller… »
Harry grogna. « Oh, bon Dieu. Ne lui dis pas que tu sais pour cela. Il y a une raison pour laquelle je ne l'ai pas mis dans ma pensine. Spécialement si tu ne veux pas que Ron t'arrache les poumons. »
Malfoy renifla. « T'inquiète, j'aime mes poumons là où ils sont, merci. » Il fit une pause, puis dit. « Pour ce que cela vaut, j'aime bien les souvenirs de quelques uns des tours que nous avons joué à Weasley. Très satisfaisant… »
« Oui, bien, nous étions de petits crétins quand nous faisions ces choses. » dit Harry, regardant le paysage qui défilait, n'osant pas regarder Draco.
« Je ne sais pas. Quelques uns étaient vraiment assez futés… »
Et puis Harry eut la surprise des surprises. Il retrouva son meilleur ami de son autre vie. Ils se tinrent sur la plate-forme, se souvenant ensemble de leur enfance, riant aux choses que Simon et Stuart avaient faites, se souvenant des tours qu'ils avaient montés avec Jamie, de leur répartition en première année, de leur entrée à l'équipe de Quidditch de Serpentard…
« Alors, pourquoi n'as-tu pas voulu me parler après que j'ai dit à tout le monde quels abrutis c'étaient de ne pas reconnaître ce que tu avais fait, à la cérémonie ? Pas un mot. »
Draco déglutit et baissa la tête. « Parce que je te haïssais. Je t'avais demandé de t'assurer que je ne me souviendrais de rien de cette autre vie, et quand tu m'as ramené des enfers… Tu m'as plongé dans un enfer différent. Tous ces souvenirs sont revenus au galop. Toutes les filles avec lesquelles j'ai été parce que je ne pouvais pas être avec Jamie comme elle était trop jeune. D'accord, tous n'étaient pas horribles… Mais le souvenir de la perte de Jamie l'était, et quelque chose d'autre à quoi je n'étais pas préparé du tout… »
« Quoi ? »
Il regarda Harry avec gravité. « Je t'ai dit à la fin, quand nous étions à Godric's Hollow, pour l'œuf du basilik. Mais je ne pense pas que j'aurais jamais mérité d'être pardonné pour cela. Toi et Ginny auriez pu mourir tous les deux. C'était stupide et lâche. Et je suis ici, debout, en pleine forme, en vie, parce que tu as abandonné ta foutue magie pour moi, celui qui ai fait cela. » Il déglutit, et Harry vit la culpabilité s'afficher pleinement sur ses traits pâles. Au soleil estival, il avait l'air très étrange, comme s'il n'était pas sorti pendant un an, ce qui n'était peut-être pas loin de la vérité.
« Tu as plus que rattrapé cela. » lui dit calmement Harry. « Je n'y ai pas pensé depuis des lustres. Cela te dévore encore de l'intérieur ? »
Draco eut l'air mécontent quand il dit « Oui, bien, j'ai eu quinze ans de souvenirs qui ont atterri dans mon cerveau il y a un mois de cela, et j'ai un peu de mal à tout trier. Et maintenant… Malédiction, cela est déjà assez pénible que tout le monde magique pense que tu es aveugle à cause de moi. Que va-t-il se passer quand tout le monde découvrira que tu es un moldu à cause de moi ? »
« Un cracmol. »
« Peu importe ! Tout le monde va vouloir ma tête sur un plateau ! Je vais recevoir des beuglantes vingt-quatre heures sur vingt-quatre ! Et des menaces de mort, et… » Harry rit. Draco lui lança un regard noir. « Qu'y a-t-il de si drôle à recevoir des beuglantes et des menaces de mort ? »
« Non, ce n'est pas cela… Je me souvenais juste de la fois où nous avions envoyé cette beuglante aux jumeaux… »
Ils parlèrent encore un peu, et se souvinrent beaucoup de Jamie, et Draco eut l'air un peu plus calme. Harry posa sa main sur son épaule. « Ne t'inquiète pas pour ce que le reste du monde va penser. Nous pouvons garder cela secret si tu veux. J'allais garder profil bas de toutes façons. Je peux faire une ou deux apparitions publiques, soigneusement calculées pour faire savoir aux gens que je peux revoir, et je suis sûr que toute hostilité contre toi va disparaître. Je vais retourner travailler pour Aberforth cet été. Quels sont tes plans ? »
Il haussa les épaules. « Je ne sais pas. Je vais aller au Chaudron Baveur quand j'arriverai. J'y resterai jusqu'à ce que je trouver un appartement quelque part. »
« Bien, j'ai contacté mon oncle et ma tante, et ils vont me laisser rester chez eux pendant l'été, jusqu'à ce que je me débrouille. La théorie originelle était que je connaissais leur maison les yeux fermés, alors c'était pour moi un meilleur endroit que le château d'Ascog. Je vais faire en sorte que l'histoire sur le retour de ma vue soit dans la Gazette aussitôt que possible, et tu vas recevoir une pluie d'offres d'emploi… »
Draco secoua la tète. « Et toi ? Je ne peux pas croire que tu ne pourras plus jouer au Quidditch. Quand je me souviens de ce match où tu as joué gardien pendant des heures et des heures… »
Harry sourit. « Plus jeune capitaine de l'histoire de l 'école. »
Draco lui donna un coup de poing sur l'épaule. « Et encore un vantard, dans les deux. Certaines choses ne changent donc jamais. »
Harry continua à lui sourire joyeusement. « Non. Certaines choses ne changent jamais. »
xxxxx
Quand ils revinrent dans le compartiment, les autres s'exclamaient et disaient, « Non : Que va dire votre mère ? » à Ron et Ginny .
Harry s'assit à côté de Ginny comme Ron disait. « Bien, c'est pour cela que je ne pense pas que Charlie va le dire à maman… »
Harry fronça les sourcils. Il avait cru qu'ils parlaient de lui d'abord. « Qu'est-ce qu'il y a avec Charlie ? »
Ron regarda furtivement autour de lui, comme s'il avait peur que sa mère traîne par la, pour écouter. « Bien, je l'ai entendu parler à Bill, au mariage, et il semble que lui et Dimitri fasse plus que simplement 'travailler' ensemble… »
Hermione lui frappa le bras. « Tu deviens une commère terrible, Ron Weasley. Je devrais te lancer un sort pour te boucher les oreilles. »
« Trop tard ma chérie, » dit-il joyeusement. « Et de toutes façons, j'ai parlé à Charlie après, et il me l'a dit lui-même. »
Harry resta bouche bée. « Bien, » dit-il. « Je peux comprendre pourquoi ta mère pourrait être, bien, un peu surprise. Tu suspectais quelque chose ? »
« Non. Et puis il y a le fait que c'est un vampire aussi, mais je dois admettre que Dimitri semble être bien. Mais Charlie plus de chose encore qu'il ne veut pas que maman sache… Il semble que Dimitri et lui sortent fréquemment avec une autre personne… »
« Beurk. » fit Draco. « Oui, ta mère pourrait supporter que ton frère soit avec un gars, même si c'est un vampire, mais deux ? Je ne pense pas qu'elle soit large d'esprit à ce point. »
Ron lui sourit. « Mais la troisième personne n'est pas un gars. C'est cette attrapeuse roumaine, Natasha Je-sais-plus-quoi. Les trois sont devenus très proches quand Charlie était dans la réserve, en Roumaine… »
Hermione frappa encore Ron, il rit simplement. « C'est bon, Hermione. On ne va sans doute pas plus dire à ma mère ce que nous faisons pendant la pleine lune, n'est-ce pas ? »
Hermione devint cramoisie à cela, et Harry ne put s'empêcher de rire à sa tête. Il prit la main de Ginny, en disant. « Bien, alors, ce que je vais vous apprendre ne va probablement pas vous sembler trop extraordinaire, n'est-ce pas ? » Prenant une grande inspiration, il expliqua aux autres qu'il était devenu un cracmol.
Il avait cependant tort quant à leurs réactions. Ron et Hermione furent dévastés, et Mariah se cramponna à lui, pleurant, en disant « Merci, Oh, merci, Harry. » Il réalisa qu'elle le remerciait d'avoir fait ce sacrifice pour ramener Draco, et il lui donna quelques petites tapes malaisées dans le dos.
Ils rirent et parlèrent de nombreuses autres choses pendant le restant du voyage, versèrent quelques larmes sur les amis disparus, et parlèrent même de la Prophétie.
« Je pense quand même que cela fait de toi un traître. » fit Ron avec truculence, croisant les bras et lançant un regard noir à Draco. « Je veux dire, elle dit 'mais le serviteur du Seigneur des Ténèbres trahira…'. »
« Oui, mais elle ne dit pas qui va être trahi, seulement qui va le faire. Et oui, je l'ai trahi, pas vrai ? »
« Je pense que tu as trahi à la fois Harry et lui. » dit logiquement Hermione.
« Oui, » marmonna Ron, « un traître à cinquante-cinquante. »
« Il n'avait pas le choix ! » dirent ensemble Ginny et Mariah.
« Allons, allons, » les réprimanda Harry, essayant de les pacifier. Changeant légèrement de sujet, il dit « Ce que je ne comprends pas, c'est la partie au début. Comment c'est Ginny ? »
« Tu veux dire le tout début ? 'Dans les temps à venir la chute du Seigneur des Ténèbres Est séparée par l'argent comme l'or…' »
« Oui. Qu'est-ce que cela veut dire ? J'ai pensé qu'une fois la Prophétie accomplie, cela serait clair… »
Draco Malfoy roula les yeux. « Bien, c'est assez évident, non ? » Tous les autres le regardèrent sans comprendre. Il leva les mains au ciel. « Cela veut dire 'dix-sept !' » Ils continuèrent à le regarder sans comprendre. « Comme dans dix-sept ans ? » continua-t-il, commençant à avoir l'air exaspéré.
« Heu, » dit Harry, « comment tu obtiens 'dix-sept' à partir de 'l'argent comme l'or' ? »
« Oh ! » s'exclama Hermione. « Il y a dix-sept mornilles d'argent dans un Galion d'or ! »
« Et Granger laisse les autres sur place au démarrage, une fois de plus… » fit Draco d'un voix traînante, les lèvres courbées. « Bien sûr, je t'ai laissé sur place, Préfète en chef… »
Hermione l'ignora. « Oui ! Cela fait presque dix-sept ans depuis la première chute… Pas exactement dix-sept ans, mais dix-sept années calendaires, en tous cas. De quatre-vingt-un à Quatre-vingt-dix-huit ! »
Harry secoua la tête. « Je ne pense pas que j'aurais jamais compris cela. Comment tu as fait Draco ? »
Il haussa les épaules. « Quand on n'a plus d'argent, on a tendance à beaucoup y penser. Après que ma mère m'ait renié, j'ai fait des rêves avec des mornilles d'argent et des galions d'or qui me faisaient la nique. »
« Ah, » fit Ron, hochant la tête. « Cela explique tout. Ta rapacité naturelle t'a aidé à résoudre l'énigme. » Harry pensa que Draco allait être contrarié, mais il rit même à cela. Malgré les meilleurs efforts de Harry pour distraire les autres, cependant, la conversation n'arrêta pas de revenir au fait qu'il était un cracmol. Il essaya de rassurer les autres pendant le restant du voyage, et alors qu'ils approchaient de Londres, Ron et Harry n'avaient plus l'air de vouloir massacrer Draco. Comme King's Cross était de plus en plus près, cependant, Harry prit Ginny plus près de lui, ne voulant pas la laisser partir.
« Nous trouverons comment nous voir pendant tes vacances. » dit-il. C'était étrange : tes vacances. Il allait travailler pour Aberforth. Plus de vacances d'été pour lui. C'était la période la plus active pour les paysagiste. Elle acquiesça, les yeux humides.
« Je sais, je sais… »
Et ensuite, ils se retrouvèrent tous sur le quai neuf trois quart, se prenant dans les bras les uns des autres, s'embrassant, se disant au revoir. Harry remarqua Bill et Juliet prenant leur fille dans leurs bras, ainsi qu'un autre homme, grand et charpenté, qui devait être le père qu'elle avait toujours connu. Quelque chose de doré brilla sur la robe de Nathalie, et il cligna des yeux, pensant qu'il avait rêvé. Il chuchota à l'oreille de Ginny et elle acquiesça. Il s'avancèrent à grands pas vers l'endroit où ils étaient, et Ginny salua Bill et Juliet, puis se pencha légèrement pour examiner l'amulette de Nathalie. C'était un design très simple, un lion qui avait exactement la même posture que celui sur le manteau de la cheminée de la salle commune de Griffondor. Il y avait une petite pierre rouge incrustée pour l'œil.
« Nathalie… Où as-tu eu cela ? » lui demanda Ginny.
Sa nièce lui sourit, et elle regarda l'amulette avant de revenir sur Ginny. « Elle appartenait à ma mère. Papa la lui offerte pour son anniversaire, avant qu'elle ne naisse. Elle me l'a donnée quand j'ai quitté la maison pour Poudlard. Elle est jolie, n'est-ce pas ? »
« Oui », acquiesça-t-elle. « Elle est très jolie. »
« Tiens-là souvent, quand tu n'es pas chez toi, et tu te sentiras bien. » lui dit Harry.
Elle acquiesça, l'air mystifiée. « C'est ce que je fais, et… Et c'est ce que je ressens. Mais… Comment sais-tu cela ? Et … Et tu peux voir, Harry ? »
Il leur sourit à tous et opina du chef, et il se retrouva à nouveau au centre d'un cercle de personnes lui donnant des tapes dans le dos et lui serrant la main. Nathalie la lui serrait convulsivement, rient, et il lui dit « Ne perds pas cette amulette, Nathalie. » Elle sourit et dit qu'elle ferait attention.
Ginny et lui la regardèrent passer la barrière avec ses trois parents, et puis d'autres personnes le trouvèrent pour lui dire au revoir. Neville ne lui lâcha pas la main pendant une bonne demi-minute avant de réaliser que Harry pouvait le voir, puis il lui donner un accolade écrasante tandis que Harry riait de son étonnement. Derrière les yeux de Neville, cependant, il y avait une ombre. Lui et Parvati n'avaient eu que peu de temps ensemble avant qu'elle ne meure. Harry savait comment cela faisait…
Finalement, même Draco lui donna une accolade pour lui dire au revoir, lui chuchotant. « Je ne suis plus en colère. J'aime bien me souvenir d'elle. Elle… Elle est un peu comme Mariah, non ? »
Harry lui donna une tape dans le dos, répondant, « Oui, il y a des similarités… » Draco lui sourit, avant de s'avancer vers la barrière, traînant sa malle derrière lui.
Quand tout le monde fut parti, Ruth Pelta fut la dernière à dire au revoir à Harry et Ginny. Elle fut aussi choquée qu'il puisse voir.
« C'est merveilleux ! Bien, tu sais où vous devrez aller pour votre lune de miel maintenant que tu pourras voir toutes ces merveilles, n'est-ce pas ? »
« Notre quoi ? » couina Ginny.
« Oh, allons, » dit-elle, « vous allez vous marier tous les deux à un moment ou un autre, non ? »
Harry passa son bras autour de Ginny, et, la regardant dans les yeux, il dit « Oui, bien sûr que nous allons nous marier. Dans environ un an, n'est-ce pas, Ginny ? »
Elle déglutit, et répondit d'une petite voix tremblante. « C'est vrai. Nous… Nous ne pensions pas que quelqu'un d'autre savait. » Elle le regarda un instant encore avec des yeux brillants avant de se tourner vers Ruth ? « Alors, dis-nous. Où devons-nous aller passer notre lune de miel ? »
« Bien, c'est une cité moldue avec des images de lions ailés partout, très approprié pour Harry… »
Plus maintenant, pensa-t-il, se souvenant de ses vols avec Ginny, quand il était en griffon. Mais ils n'allaient pas révéler cela à Ruth à ce moment.
« Il n'existe pas un tel endroit. » dit Ginny en riant. « Une cité moldue avec des griffons d'or ? »
« Mais à l'endroit dont je parle, ils ne les appellent pas griffons d'or. Tony et moi devions y aller… » dit-elle tristement, balayant rapidement un larme errante. « Je parle de Venise, bien sûr, Ninny-Ginny. Combien de fois je t'en ai parlé ? »
« Ne m'appelle pas comme cela, » dit Ginny en riant. « Tu sais que j'en ai horreur. J'avais oublié pour les lions ailés. Vraiment. »
« C'est juste trop dommage que l'été prochain arrive si vite… »
« Trop vite pour quoi ? » voulut savoir Harry.
« Pour que l'opéra soit reconstruit. Il était magnifique. Si l'on pouvait m'accorder un vœu, se serait d'y chanter un jour… Malheureusement, il a brûlé il y a deux ans, mais je suis certaine qu'il sera rebâti. On ne l'appelle pas la Fenice pour rien. »
Elle leur dit au revoir et se tourna pour passer la barrière. Soudain, Harry pensa à quelque chose. « Attends Ruth ! Qu'est-ce que veut dire Fenice ? »
Ruth leur fit un sourire bienveillant à tous les deux.
« Le phénix. »
Et puis elle avait disparu. Ginny se tourna vers Harry et il déglutit, la regardant dans ses yeux sombres. « Alors… Tu le pensais vraiment ? » dit-elle dans un souffle, l'air effrayée.
« Pensais quoi ? »
« Ta demande ! » dit-elle, ayant l'air de craindre une plaisanterie.
Le cœur de Harry battait douloureusement dans sa poitrine. « Je t'ai fait ma demande, n'est-ce pas ? Bien, d'une certaine manière. » Il fronça les sourcils. « Je n'ai pas fait du très bon boulot, n'est-ce pas ? Pas comme Percy… »
Elle rit. « Si tu m'avais fait ta demande en mariage de la même façon que Percy l'a faite à Katie, j'aurais pensé que tu étais un imposteur utilisant du polynectar. Elle était parfaite » assura-t-elle, se haussant pour presser ses lèvres contre celles de Harry. Il la serra contre lui, essayant de lui montrer à quel point il l'aimait et voulait être avec elle, n'ayant plus peur de la rendre misérable. Quand leurs bouches se séparèrent, ils appuyèrent leurs fronts l'un contre l'autre, et Harry sentit comme une étincelle quand leurs cicatrices se touchèrent.
« Nous nous marierons après ta septième année, nous nous passerons une merveilleuse lune de miel à Venise. » promit-il. « Et nous regarderons les lions ailés, et nous souviendrons de nos vols au-dessus de la Forêt Interdite. » Elle acquiesça, et commença à pleurer. Il rit, l'embrassant pour chasser ses larmes. « Ne pleure pas Ginny. » chuchota-t-il, la tenant à nouveau serrée contre lui.
« Je n'y peux rien. C'est ici que je t'ai vu pour la première fois, sur le quai, et maintenant tu me fais ta demande ici… Tu vas simplement devoir faire avec quelques larmes, Harry, j'en ai bien peur. Mais de bonheur. » Elle lui sourit avec amour, et il lui rendit son sourire.
« D'accord alors. C'est permis. Nous y allons ? Nous devons créer une émeute et annoncer la nouvelle à tout le monde, après tout. »
Elle rit comme il lui prit la main et qu'ils avancèrent volontairement vers la barrière.
xxxxx
Harry vit que les Dursley n'avaient pas l'air trop ravis pendant que les Weasley et Hermione les prenaient dans leurs bras et les embrassaient, lui et Ginny, en découvrant que Harry pouvait voir et en apprenant la bonne nouvelle de leurs fiançailles. Sa tante et son oncle se tenaient mal à l'aise à la limite du parking, et Harry pouvait voir une petite distance entre eux, comme s'ils ne voulaient pas se tenir trop proches l'un de l'autre. Après avoir pris Ginny dans ses bras une dernière fois pour lui dire au revoir, et qu'elle soit grimpée dans un taxi avec Ron et Hermione (qui allait rester au Terrier quelques temps), il s'avança vers son oncle et sa tante, tirant sa malle sur un chariot, Hedwige perchée dessus sur sa cage, comme d'habitude.
Et puis il sut. Il sut ce qu'il pouvait dire pour les rendre heureux.
« J'ai de bonnes nouvelles. » dit-il en souriant, car pour eux, ce seraient de bonne nouvelles, de très bonnes nouvelles. Personne d'autre de sa connaissance ne le prendrait ainsi, mais soudain, il fut très content que ce soit le cas pour eux. Il n'aurait jamais pensé qu'il pourrait faire quoique ce soit pour les rendre heureux, et pour la première fois de sa vie, il avait le cadeau parfait à leur offrir :
Un Harry sans magie.
Sa tante et son oncle eurent l'air abasourdis. « C'est vrai ? Alors…. Ma sœur ne se verra plus gonflée, et toutes ces saletés ? » dit Vernon Dursley, suspicieux. Cette nouvelle semblait les avoir tous les deux distrait du fait qu'il n'était clairement plus aveugle, comme Ginny le leur avait écrit. Ils n'en dirent pas un mot.
Harry l'assura qu'il ne pouvait plus faire de magie du tout, pensant qu'il n'était pas vraiment nécessaire de lui parler de l'exception de Sandy, comme il n'avait jamais dit à son oncle qu'il pouvait parler aux serpents. Son oncle ne sembla même pas tressaillir à l'utilisation du mot 'Magie'. Sa tante, ayant clairement récupéré de la perte de ses pouvoirs, et aussi clairement déterminée à reprendre sa quête pour une vie normale, renifla et s'avança vers la voiture, grimpant sur le siège passager, sans dire un mot.
Elle fixa Harry pendant quelques temps dans le rétroviseur comme ils avançaient. Harry supposa que tout ce qu'elle pouvait probablement voir était son front et ses cheveux, et il s'était préparé à se voir ordonné une visite chez le coiffeur. Elle ne dit rien du tout avant qu'ils ne soient sur l'autoroute, prenant la direction de Little Whinging.
« Bien ! » fit finalement tante Petunia. « Peut-être que maintenant on va pouvoir te convaincre de te débarrasser de cette cicatrice ridicule ! »
THE END
Épilogue
Des nouvelles de quelques personnes cinq ans après que Harry Potter ait quitté Poudlard…
Eustache Bean et Cornelius Fudge - Eustache Bean fut effectivement nommé ministre de la magie après que Fudge ait reçu un vote de défiance. Bean accepta de lever le sort de sur les elfes, et il décida que ce n'était pas pratique de surveiller les anciens Serpentards, constituant près du quart de la population magique, ni de garder assez de veritaserum sous la main pour chaque interrogatoire. Poudlard reçut quelques aurors comme gardes, mais Dumbledore les utilisa pour entraîner les membres du club de duel, qui continua d'être une activité populaire à l'école. Après avoir quitté son poste, Fudge trouva une place au bureau de liaison avec les centaures à laquelle il se cramponne (illusoirement) encore cinq ans plus tard.
Dennis Creevey - Dennis sortit brièvement avec Jamaica Thomas (la sœur de Dean), quand il fut en septième année et qu'elle était en sixième, pendant une période où elle et Will Flitwick étaient séparés. Il sortit ensuite avec Gabrielle Delacour quand Jamaica et Will se réconcilièrent. Après sa septième année, il alla travailler au ministère comme employé de bureau eu département des forces de l'ordre magiques. Sa relation avec Gabrielle ne tint cependant pas, et il est actuellement célibataire, et son frère lui manque beaucoup.
Will Flitwick et Jamaica Thomas - Après un bref moment difficile pendant leur sixième année (cf ci-dessus), Will et Jamaica se sont réconciliés, et un an après avoir fini l'école, ils se sont mariés. Will a suivi une formation d'auror, et Jamaica est allée travailler dans une pépinière magique. Son patron est un certain Neville Londubat. Ils vivent dans un petit appartement de Londres.
Dean Thomas – Toujours artiste, Dean a passé sa longue convalescence à dessiner et à faire des croquis, et après cela, il a décidé d'aller dans un école d'art moldue. En finissant sa formation d'artiste, il a pris un poste d'apprenti chez l'un des meilleurs spécialiste du portrait magique en Grande-Bretagne, et maintenant, il a un studio populaire à Londres où il est payé pour créer des portraits mouvants des sorciers et sorcières les plus en vue d'Europe.
Ruth Pelta – Sentant toujours l'appel du chant, après avoir terminé Poudlard, Ruth est entrée au Conservatoire Royal pour étudier l'opéra. Après y avoir fini ses études, elle a déménagé en Amérique où elle les poursuit à l'Académie des Arts Vocaux de Philadelphie (à la suggestion d'Hermione). Elle a encore envie de chanter à la Fenice, à Venise, qui a finalement été reconstruite un peu plus de quatre ans après son départ de Poudlard.
Neville Londubat – Neville dirige maintenant la plus grande pépinière magique de Grande-Bretagne, fournissant la plupart des ingrédient botaniques requis pour les potions des grands et petits apothicaires. Quelques années après son départ de l'école, il a rencontré sa femme, une collègue botaniste de Belarus, ancienne élève de Durmstrang, et cinq ans après Poudlard, ils vivent maintenant heureux à Glastonbury et attendent leur deuxième enfant. La première, une fille appelée Fern, a deux ans.
George, Angelina, Rufus et Rowena Weasley – George continue à être l'esprit créatif derrière les confiseries des Weasley, et sa femme, Angelina, a pris en charge la gestion de l'affaire comme Percy est trop occupé avec sa carrière d'auror pour y consacrer du temps maintenant. Rufus et Rowena sont rentrées à l'école de Pré-au-Lard à quatre ans, et sont un défi permanent pour leurs professeurs.
Percy et Katie Weasley – Ils travaillent tous deux comme aurors, et n'ont pas prévu d'avoir d'enfants avant quelques années encore. Ils continuent à vivre à Bout-du-Lard avec la famille de George et Angelina.
Charlie Weasley – Dumbledore a proposé l'ancien travail de Hagrid à Charlie, et ce dernier a accepté. Il dit à sa mère qu'il ne sent pas encore enclin à 'se poser', malgré les fréquents 'appels du pied' de cette dernière. (Elle n'est pas consciente du fait que Dimitri et Natasha sont des visiteurs réguliers de Poudlard) Charlie vit dans l'aile des professeurs du château, comme la cabane de Hagrid n'a pas été reconstruite après avoir été détruite par les géants. A la place, le Jardin Commémoratif Rubeus Hagrid occupe l'ancien site de sa demeure, où le professeur Chourave a fait pousser une bonne partie de sa flore la plus létale en tribut à la préférence de Hagrid pour les choses dangereuses. Les élèves les plus incorrigibles ont souvent pour retenue d'aller arracher les mauvaises herbes qui y poussent. Les goûts de Charlie en créatures magiques, à part les dragons, s'avèrent plus bénins que ceux de Hagrid, et le soin aux créatures magiques est devenu très populaire.
Bill Weasley, Juliet Hathaway et Natalie MacDonald – Bill et Juliet se sont mariés civilement peu après le mariage de George et Angelina, et ils ont tous deux, avec Natalie, aménagé dans un cottage dans le village d'Ottery St Catchpole, pour être proches d'Arthur et Molly. Natalie est devenue préfète en chef lors de sa septième année, rendant sa mère et ses deux père très fiers. Bill est retourné travailler pour la Gringotts (filiale de Londres), et Juliet a continué son travail aux éditions Sweetbriar. Elle a édité la biographie de Draco Malfoy, et elle est maintenant sur une histoire de la guerre.
Nita Anderssen et Sam Bell – Nita a ouvert un petit cabinet sur le Chemin de Traverse, et donne à l'occasion des consultations à Ste Mangouste. Elle reste en contact avec ses parents adoptifs, écrit à sa tante Cissy à la Nouvelle Azkaban, et voit aussi ses frères et sœurs et Arthur et Molly régulièrement. Elle et Sam sont encore nerveux quant au mariage, mais Molly espère que dans un an ou deux, ils vont changer d'avis, surtout que Nita continue de vivre dans l'appartement de Sam, en banlieue de Londres. Sam a progressé dans les rangs du ministère pour devenir assistant du responsable des forces de l'ordre magiques (sans que cela ait à voir avec ses relations personnelles avec son chef), et en tant qu'ancien résident d'Azkaban, il travaille pour faire davantage de la Nouvelle Azkaban un lieu de réhabilitation.
Maggie Dougherty et Severus Rogue – Dumbledore a proposé le poste de professeur de Divination, et elle l'a accepté. (On l'appelle professeur Dougherty, pour éviter la confusion avec l'autre professeur Rogue.) Elle et Severus passent leurs été à naviguer avec l'oncle de ce dernier, et invitent les membres de la famille, et Harry, à les rejoindre à bord du Patricia pour des longueurs de temps variables. Actuellement, ils n'ont toujours pas en vue d'être parents, quelque chose que Molly essaye de changer.
Molly et Arthur Weasley – Arthur est le chef du département des forces de l'ordre magiques, ayant la main sur son ancien bureau (Détournement des objets moldus), ainsi que sur les aurors de la Nouvelle Azkaban, efficacement assisté par Sam Bell. Molly passe son temps à adorer ses petits enfants, Rufus, Rowena et Natalie, et taquine 'subtilement' ses autres enfants pour qu'ils lui en donnent d'autres à adorer, où, pour le cas Charlie, unique célibataire maintenant, pour qu'il se marie.
Remus Lupin et Alex Wood – Remus et Alex sont encore en couple, cinq ans plus tard, et ils rendent régulièrement visite à Sirius, Alicia et au petit Arne (bien que ce ne soient plus leurs noms), ainsi qu'à Harry et Ginny. Remus est responsable des Relations avec les êtres partiellement humains au ministère, et Ron est son assistant responsable des affaires pour les loups-garous. Alex est entraîneur assistant pour le Puddlemere United, l'équipe de son frère.
Sirius Black et Alicia Spinnet Davies – Ils habitent maintenant sur l'île d'Hogarth, au large de la côte du Maine. Sirius s'appelle Newf Lyon ('Newf' est le diminutif de 'Newfoundland'NDT : Terre Neuve. Alicia est connue comme son épouse Lizzie, et le petit Arne grandit maintenant sous le nom de James Lyon. Sirius s'occupe d'une pêcherie de sorciers, et Alicia enseigne aux enfants à l'école du village. Ils ont en vue d'envoyer 'James' à la Bleecker Street Academy pour les garçon quand il sera assez grand (une école de magie de Greenwich Village, à Manhattan).
Arabella Figg et Alastor Maugrey – Dumbledore a réussi à convaincre Arabella et Alastor d'enseigner la défense contre les forces du mal en équipe, et leurs querelles et leurs duels pendant les leçon sont déjà devenus légendaires, tandis que celle des professeurs de DCFM ne durant qu'une année est devenue une chose du passé.
Vernon et Petunia Dursley –Vernon continue de diriger l'Usine de perceuse Grunnings, et Petunia est finalement devenue responsable de la société royale d'horticulture locale, bien que tous les ans, Dunkirk ruine ses chances de pouvoir faire pousser des roses Princesse Diana dignes d'un prix. Harry ne l'a toujours pas convaincue de venir lui rendre visite pendant sa fête des fleurs locales, mais il ne désespère pas.
Albus Dumbledore – Albus Dumbledore continue de diriger Poudlard, bien que cinq ans après la septième année de Harry, il commence à sentit qu'il serait peut-être temps de prendre sa retraite et de laisser les rênes à Minerva MacGonagall.
Draco Malfoy et Mariah Kirkner – Draco a pris quelques années pour écrire sa biographie. Lors de sa publication, elle a été un best-seller, et il est devenu plus célèbre et demandé que Gilderoy Lockhart. Cinq ans après avoir quitté l'école, il voit encore Mariah ici et là, mais il sort aussi parfois avec d'autres sorcières. Il n'est pas encore habitué à l'idée d'être une célébrité, et il a acheté une équipe de Quidditch, les Tutshill Tornadoes, largement pour pouvoir prendre le poste d'attrapeur. Mariah travaille au Ministère, dans les transports, et elle attend encore qu'il voie la lumière.
Ron Weasley et Hermione Granger – Ron travaille pour Remus et s'occupe des affaires liées aux loups-garous au Ministère. Hermione et lui se sont mariés trois ans après avoir quitté l'école (elle a conservé son nom de jeune fille, au grand chagrin de Molly), et ils n'ont pas d'enfant en vue dans les projets en ce moment. Hermione travaille au département des mystère où elle est langue de plomb, et elle passe son temps libre à essayer de faire arrêter son mari d'essayer de lui tirer les vers du nez. Ils habitent dans un vieux manoir près de Stratford-upon-Avon.
Ginny Weasley – Ginny est devenue préfète en chef en septième année, et a passé son temps à languir Harry, s'occupant en jouant attrapeuse pour Griffondor, et en servant comme capitaine du Club de Duel. Peu après avoir fini sa septième année, elle a épousé Harry et ils ont passé leur lune de miel à Venise. Suite à cela, elle est partie vivre avec lui en Amérique, où elle a pris un poste d'instructrice de vol à Cresheim Hall, dans les environs de Philadelphie (une école magique pour fille, jumelée avec Bleecker Street).
Harry Potter – Après avoir passé seulement la moitié de l'été à travailler pour Aberforth, Harry a voyagé en Amérique pour rendre visite à Sirius, puis il a continué à voyager de ci, de là, avant de se décider à poser sa candidature à l'université moldue de Philadelphie. En mai suivant, il est rentré en Grande-Bretagne et a épousé Ginny début juillet. Elle a directement commencé à travailler (cf. ci-dessus) alors qu'il continuait ses études. Après avoir reçu un diplôme en éducation physique (il avait le sentiment que les sport était son seul talent réel), il a pris un poste dans une école de Quaker où ses élèves le taquine régulièrement lorsqu'il parle de football à la place de soccer et de rounders à la place de baseball. Ginny et lui vivent dans un cottage dans les bois près de Cresheim Hall, où elle enseigne sous son nom de jeune fille et cache à dessein à ses élèves qu'elle est mariée à Harry Potter. Trois ans après s'être mariés, ils sont devenus parent de David James Potter. Après avoir déménagé à Philadelphie pour continuer ses études d'art lyrique, Ruth Pelta est devenue une de ses baby-sitters régulières quand Harry et Ginny veulent sortir (sauf quand c'est pour aller écouter un récital de Ruth). Ils ont deux chats, MacKenzie et Bainbridge, et partagent aussi leur maison avec un petit serpent de jardin du nom de Sandy, avec lequel ils conversent régulièrement. A part ses interactions avec Sandy, Harry n'a plus fait de magie depuis qu'il a lancé le sort d'Enuma Elish. Malgré les souhait de la tante de Harry, Ginny et Harry ont toujours leurs cicatrices assorties.
xxxxx
THE END